‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 38 sur 282 · C. Laplatte · texte numérisé non relu

C. Laplatte

CERNE, Cernel ou Cerne abbas, abbaye bénédictine située à une distance d'environ 7 milles de Dorchester au comté de Dorset, dédiée d'abord à S. Pierre, ensuite à Notre-Dame, S. Pierre et S. Benoît, auxquels, plus tard, on ajouta S. Edwold. Nous sommes peu renseignés sur les débuts de cette fondation. A en croire le chroniqueur, Guillaume de Malmesbury {De gestis pont., Rolls Séries, lu, 184-86), S. Augustin de Cantorbéry aurait été mal reçu, voire même chassé, par les habitants de cet endroit. Prophétisant leur conversion, il dit à ses compagnons : Cerno Deum (Deum = El), qui et nobis reiribuet gratiam et furentibus illis emendationem infundat animant. Ils se convertirent effectivement à la vraie foi et pour leur administrer le baptême le saint fit jaillir une source qui s'est conservée jusqu'à nos jours. Cette légende tardive paraît peu vraisemblable et les historiens modernes n'en tiennent pas compte.

Ce qui est mieux attesté, c'est le séjour près de ce puits d'un solitaire, S. Edwold, qui après le martyre de son frère, S. Edmond, roi d'East Anglia, en 870, vint s'établir à Cerne et y mourut. Peu après sa mort, un riche habitant du voisinage, Egilward, y construisit un monastère sous le vocable de S. Pierre. {Vita S. Edwoldi, éd. Horstniann, Nov. Leg. Angliae, Oxford, 1901, I, 362-64; Leland, Cotlect., m, 65.) De ce début de vie monastique à Cerne nous ignorons tout, ainsi que la suite de son histoire, jusqu'au grand renouveau du x"" s. A. M. Ryan (A map of old English monasteries and Retated Ecclesiastical Fouitdations A. D. 400-1066, CorneH University Press. 1939) n'en tient pas compte. Dom D. Knowles, par contre, y fait allusion et estime que, comme la plupart des monastères anglo-saxons à la fin du ix<' s.. Cerne passa aux mains des clercs séculiers (The monastic Order in fÙHjland, Cambridge, 1940, p. 34). .\u témoignage de Leland (loc. cit.) il n'y avait, à un moment donné, que trois moines dans le monasteriolum ad Fontem S. Augustin:.

Le merveilleux renouveau dans l'ordre monastique inauguré en Angleterre par S. Dunstan vers 943 ne larda pas à se faire sentir à Cerne. A la suite d'une translation des reliques de S. Edwold, Aethelmar ou .\iliner, alderman du roi Ethelred, quelquefois nonuné duc de Cornouaille, reconstruisit le monastère et y rétablit l'observance religieuse. Ego volo, écrit-il dans la charte de fondation (987), ut illic habitent servientes et vacantes Deo, et iis cainrnodis utantur qui sanclam regulam beaii lienedicti vita et moribus leneant. (Cf. Dugdale, Mon. angl., 11, 625-26.) Il offrit le monastère achevé à S. Dunstan, alors archevêque de Cantorbéry, et à Aelfheah (ou Eli)hege), évèque de Winchester. Rien ne nous ai)])rend d'où vint la nouvelle communauté, niais il est probable qu'elle essaima de S. Swithins à Winchester. Ce qui est certain, c'est que Aelfheah choisit pour la charge, non pas d'abbé, comme l'on a longtemps cru, mais de maître des novices de la nouvelle fondation le célèbre prédicateur .Velfric. Celui-ci arriva de Winchester formé à la vie monastique par S. Ethehvold lui-même, promoteur bien connu de la réforme dans les monastères, et sous la direction duquel il avait fait de fortes études (voir AiiLFRic, supra, i, 648-50). Pendant son séjour à Cerne, il composa les ouvrages suivants : iiremier volume des Homélies (entre 990 et 991), De temporibus anni (991), second volume des Homélies (991 ou 992), une grammaire latine (994), un recueil de Vies de saints (995), un glossaire latin-anglo-saxon (997), traduction de la Bible (commencée avant 998, achevée vers 1003), une lettre pastorale écrite pour son

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