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CERVUS

CÉRYNIA

manuel de théologie pastorale, qu'il édita plus tard : Methodus sacramentorum S. Ecclesiae catholicae, Cracovie, 1537. Son autre ou\Tage, De moribus Ecclesiae catholicae, 1530, est une anthologie des écrits de S. Augustin. Il enseigna aussi la grammaire latine à l'université de Cracovie et publia de ses cours trois ouvrages, en 1533 : Institutiones grammaticae, Syntaxis, et Quaestiones de declinatione et constructione octo orationis partium, avec, en appendice, un recueil de prières et une sorte de catéchisme (un des premiers ouvrages de ce genre). Il s'appliqua en outre à l'étude du droit, en particulier du droit municipal, et publia dès 1531 sa Farrago actionum civilium iuris Magdeburgensis, rééditée quatre fois depuis (1542, 1546, 1558 et 1607, ces deux dernières éditions posthumes); puis un Epitome pontiftcii ac caesarei iuris de cognationibus, nuptiis, iure dotium et donationibus, édit. en 1534. Cette même année, Cervus fut nommé recteur de l'école cathédrale à Lwow. N'étant encore que clerc minoré, il obtint du conseil municipal une prébende inférieure de la cathédrale (1538); deux ans après, il devint chanoine en la même église et fut ordonné prêtre en 1541. Il reçut vers le même temps un canonicat en la cathédrale de Plock, ainsi que la prévôté de l'église S. -Nicolas à Lwow. En 1540, il publia encore trois ouvrages juridiques, dont un dictionnaire latinopolonais des termes du droit et un traité De regulis iuris utriusque.

M. Wiszniewski, Hist.literatury, vi, Cracovie, 1840-1857, p. 130; IX, 178, 313. — D. Zubrzycki, Kronika miasta Lwowa, Lwow, 1844, p. 154, 166. — Wl. Wislocki, Acta rectoralia uniuersitatis Cracoviensis, i, Cracovie, n. 3093. — St. Kutrzeba, Historia zrodel daivnego prawa polskiego, II, Cracovie, 1926, p. 277-278. — J. Skoczek, Dzieje Iwowskiej szkoly katedralnej, Lwow, 1929, p. 160-71. — • Kultura staropolska, Cracovie, 1932, p. 47, 61. — H. Barycz, Ceruus, art. dans Polski slownik biograficzng, m, Cracovie, 1937, p. 235-236, résumé ici.

J. OSTROWSKI

CÉRYNIA ou CYRÉNIA (Kepûveia, KuprivEia), évêché de l'île de Chypre, dépendant de Salamis. Le nom de Cérynia, originaire de l'Achaïe, indique nettement que la ville fut une colonie grecque. Cependant les trafiquants sémites y possédèrent un pied-à-terrç au temps des Perses, comme le prouve un fragment d'inscription phénicienne trouvé dans la localité. La forme Kupr|V£ia est byzantine et influencée par le nom de Cyrène en Lybie. Quant à la tradition d'après laquelle Cyrénia aurait été fondée par Cyrus, elle est récente et sans aucun fondement. On trouve aussi le nom de la ville sous la forme Ceraunia (KEpocuvla) et même Coronè (Kopcbvri). Les croisés l'appelèrent Cérines.

Elle se manifesta pour la première fois dans l'histoire au iV s. av. J.-C, quand son roi se rangea du côté d'Antigone contre Ptolémée I", ce qui ne l'empêcha pas d'ailleurs de tomber entre les mains de Séleucus, allié de Ptolémée. Elle ne joua qu'un rôle effacé jusqu'aux croisades. C'était un petit port assez mal abrité des vents du Nord; mais il servait d'escale aux pèlerins qui se rendaient en Terre sainte et de centre commercial avec les côtes de Caramanie. Les croisés y construisirent, entre 1191 et 1211, un château fort qui passait pour inexpugnable; il subit plusieurs sièges et ne fut jamais pris que par capitulation. Cérynia est aujourd'hui une petite ville maritime de 2 200 habitants, dont 600 musulmans, située sur la côte septentrionale de l'île de Chypre, au nord de Nicosie. Elle est entourée d'une campagne plantureuse qui lui a fait donner le surnom de ■< Jardin de Chypre ». Elle ne conserve aucun reste antique et n'a de remarquable que le château fort des croisés qui est assez bien conservé.

Cérynia eut peut-être un évêché d'assez bonne heure. Le premier titulaire connu serait S. Théodote, qui aurait été martyrisé sous Licinius; sa fête se célèbre le 19 janv. Le P. H. Delehaye a émis des doutes motivés sur l'authenticité du personnage ou au moins sur son attribution à Cérynia {Anal. BolL, XXVI, 1907, p. 258-59). — Zénon assista au concile d'Éphèse (431) et en signa les actes, Mansi, iv, 1125 D, 1168 C, 1217 D, 1467 A; vi, 873 C. — Rufus prit part au Brigandage d'Éphèse (449), Mansi, vi, 859 C, 926 A. — On ne trouve plus de titulaire qu'à partir du xvii« s. Timothée fut un des évêques grecs venus alors à Rome pour y faire l'union (L. Allatius, De Ecclesiae occidentalis et orientalis perpétua consensione, 1648, 1. III, c. ii, n. 7, col. 1092). — Lugaras (peut-être doit-on le confondre avec le précédent) fit profession de foi catholique à Rome en déc. 1646 avant d'aller prendre possession de son siège, Lequien, m, 1232. — Nicéphore assista au synode des évêques de Chypre au sujet des erreurs calvinistes, Lequien, II, 1074. — Léonce était évêque de Cérynia en 1672 (Ricaut, Hist. de l'état présent de l'Église grecque et de l'Église arménienne, c. m, 1692, p. 104). — En 1733, c'était Gérasime, Lequien, m, 1232. — La liste est complète depuis le début du xix* s. : Eugène, ?-avr. 1811 (Mansi, xl, 50 C). — Laurent, élu en mai 1811, mis à mort par les Turcs en 1821 (ibid., 93 E). — Damascène, 19 déc. 1821-mai 1824. — Charalambos, 8 juin 1824-oct. 1844. — Chariton, 20 nov. 1844- 8 déc. 1851. — Mélétius, 20 janv. 1852-t mars 1862. — Chrysanthe, 19 avr. 1862-t déc. 1871. — Mélétius, 19 janv. 1872-t mai 1880. — Chrysanthe, 1" juin 1880t avr. 1889. — Cyrille Papadopoulos, 3 mai 1889- 5 avr. 1895. — Cyrille Basiliou, élu le 26 avr. 1895, proclamé archevêque de Chypre, le 9 févr. 1908, mais non reconnu, réélu régulièrement à ce siège, le 11 nov. 1916. — Macaire Mariantheus, nommé en 1917, exilé par les Anglais pour avoir pris part au mouvement insurrectionnel d'oct. 1931 {Échos d'Orient, xxxi, 1932, p. 78) ; il put rentrer au printemps de 1947 et fut élu archevêque de Chypre le 24 déc. 1947. — Cyprien, 1948. Pour les métropolites d'Eugène à Cyrille Basiliou, cf. TToveXXriviov A£\!n<coiJia èôviKfjs âKcrrovTaeTTipiSos, 1821-1921, vi, 'EkkAtictIc- KAfipos, p. 168.

Cérynia ne posséda pas d'évêché latin pendant les croisades ni pendant le royaume de Chypre ou la domination vénitienne. L'île ne comptait que quatre sièges soumis à Rome : Nicosie, archevêché, Paphos, Limassol et Famagouste, évêchés. Le diocèse de Cérynia était compris dans les limites de l'archidiocèse de Nicosie (Mas-Latrie, Hist. des archevêques latins de l'île de Chypre, dans les Archives de l'Orient latin, ii, 207-08; Hackett, A History of the orthodox Church of Cyprus, 587-88). Cependant Lequien (m, 1229-32) donne une liste de neuf évêques latins de Cérynia, de 1301 à 1535. Il a dû les confondre avec ceux de Cyrène en Afrique ou d'autres sièges. La liste des évêques titulaires est elle-même très difficile à établir à cause de l'imprécision des renseignements que nous possédons sur l'identité de leur véritable siège. Nous donnons ici celle de l'Ann. pont, de 1916, p. 399-400, sans d'ailleurs pouvoir certifier qu'elle est exacte : Arnaud de Arceto ou Acerto, O. S. A., 20 avr. 1517, sufîragant à Aire. — - Nicolas Melchior, O. P., 12 avr. 1518, auxiliaire à Lucques ou à Nardo. — François Martyran, O. F. M., 18 déc. 1523. — Ardouin de Saint-Germain, 30 mai 1533. — Balthasar de Heredia, O. P., 11 févr. 1536-6 juin. 1541, suffragant à Urgel. — Pierre Gau, O. P., 15 mars 1542-49, suffragant à Urgel. — Jean Punyet, O. F. M., 25 oct. 1549-?, suffragant à Urgel. — Jean-Pierre Fortiguera, 4 juin 1567-26 avr. 1574, suffragant à Monreale.

CERYNIA

CESAIRE D'ARLES

Lequien, ii, 1073-74; m, 1229-32. — Oberhumer, Kerynia, dans Real-Encyclopàdie Pauly-Wissowa, xi-1, 344-47.

— A. Battandier, Ann. pont., 1916, p. 399-400. — I.-C. Péristiannès, KepOvEia, dans MtyàXri èXAr)viKfi ÈyKUKXoTrai5£(a, XIV, 281. — notvEXXi^viov XeÛKcona èâviKÎiç éKOTOvraeTriplSos VI, 1821-1921, 'EKKXeCTfa-KXfjpos, 168.

R. Janin.

1 . CÉSAIRE, martyr à Nicomédie en Bythinie, est signalé le 20 avr. par le martyrologe romain avec Victor et d'autres martyrs. Le synaxaire de Sirmond donne un résumé de leur histoire. D'autres livres liturgiques les placent le 18 ou le 19 en diminuant leur nombre ou en les séparant. La source qui les a inspirés est inconnue, mais doit, elle-même, avoir été altérée. Quant à l'endroit du supplice, Nicomédie en Bythinie, il ne se trouve au martyrologe que depuis Baronius. Une tradition postérieure a réclamé ces saints pour l'Espagne, mais sans le moindre titre.

A. S., avril, ii, 745-46. — Mort. Rom., 609, 613, 617. — Synax. Eccl. Constant., 609, 613, 617.

R. Van Doren.

2. CÉSAIRE (Saint), diacre et martyr. Le martyrologe romain cite au 1" nov. à Terracine un Césaire diacre. Emprisonné avec le prêtre Julien, il fut comme lui enfermé dans un sac et précipité à la mer. Les sacramentaires gélasien (version sangalienne) et grégorien ont, de fait, au 1" nov., le natale d'un Césaire. Mais le texte du martyrologe provient de la Passion (B. H. L., 1511-16) qui, bien que rédigée entre le v^ et le vi« s., a l'allure d'une fable. Elle unit indûment Césaire et Julien, les place sous Néron, et les fait venir d'Afrique. Des recensions postérieures mettront ces martyrs en rapport avec SS. Pierre et Paul, ou attribueront aux suffrages de Césaire la guérison de Galla Placidia ou encore parleront de la translation des reliques à Rome.

Les deux saints sont cités aussi par les ménées grecques, mais au 7 oct., avec un éloge emprunté à la Passion (B. H. G., 2, 284), tandis que Césaire seul est encore rappelé par le martyrologe hiéronymien au 21 avr., sans doute à cause de la dédicace d'un oratoire en son honneur à cette date. Aujourd'hui, dit-on, les reliques de Césaire et de ses compagnons, Julia, Félix, Eusèbe, reposent sous le maître-autel de Terracine. Ces derniers, cités par le martyrologe romain au 5 nov., ont été imaginés par la Passion.

A. S., nov., 1, 84-130 ; m, 32-33. — L. Pont., éd. Duchesne, 1, 371, 377, n. 12. — Lanzoni, 148-50; Id., A proposito delta Passione di S. Cesario di Terracina, dans Riv. di archeol. crist., I, 146-48. — Mari. Hier., éd. Delehaye, 201, 581-82.

— Mort. Rom., 488-89. — Synax. Eccl. Const., 115-18, 185-88. — Tillemont, Mémoires, ii, 132-573.

R. Van Doren.

3. CÉSAIRE, martyr. Le martyrologe romain porte au 3 nov. un groupe de saints martyrisés à Césarée en Cappadoce (sous Dèce) : Germain et ses compagnons, et parmi eux un Césaire. Cette liste provient de Florus qui a repris une lecture défectueuse du martyrologe hiéronymien qui les 3, 4 et 5 nov. confond le nom de la ville de Césarée (Cessari) avec un nom de personne.

MaH. Hier., éd. Delehaye, 584-87. — Mort. Rom., 493.

R. Van Doren.

4. CÉSAIRE (Saint). Le martyrologe hiéronymien honore le 4 nov. un saint africain du nom de Césaire, Cesarius, Caesarius ou Cessarius. Dans le ms. le plus important, celui d'Echternach, il revient même deux fois ce jour. Le même nom se lit également le 3 et le 5 nov. avec l'indication de lieu in Cesarea; le 4 nov., il est placé avant deux saints dont le second, Porfyri, est celui d'un martyr légendaire de Césarée de Cappadoce (Van de Vorst, Une Passion inédile de S. Porphyre le Mime, dans Anal. Boll., xxix, 1910,

p. 270-75). Il s'agit ici de la déformation d'un nom de lieu.

Mari. Hier., éd. de Rossi et Duchesne, 139; éd. Delehave, 585-86.

J. Perron.

5. CÉSAIRE, martyr (28 déc), est cité au martyrologe romain d'après Baronius, qui l'a placé sous Galère Maximin et à Arabissus (Arménie), sans d'ailleurs mentionner ses sources. Mais Arabissus est la ville de Cataonia, en Cappadoce australe. Cependant il n'existe aucun témoignage qu'il y eut là un culte de ce Césaire.

Mart. Rom., 604-05.

R. Van Doren.

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