L. Van Hee
CHAAGE (Notre-Dame de), Cavea ou Chagia, à Meaux. En 1135, avec l'approbation des autorités ecclésiastiques, quelques chanoines de la cathédrale S.-Étienne de Meaux se retirent pour mener la vie régulière dans une ancienne église paroissiale, édifiée sur les ruines d'un amphithéâtre romain et ayant, dit-on, servi jadis de cathédrale. L'évêque Manassès, qui méritera le titre de rector et fundator, et le chapitre favorisent cette initiative et assurent le temporel du nouveau monastère. Entre autres ressources, les réguliers jouissent d'une prébende, des annales des autres bénéflciers et de cinq paroisses. Par contre, ils doivent assurer le service hebdomadaire à la cathédrale et voient leurs élections contrôlées par le chapitre. Ce statut, analogue à celui de S. -Quentin de Beauvais, est caractéristique pour les communautés formées par une sorte de dédoublement des chapitres séculiers.
Pour assurer la discipline régulière, les convertis choisissent leur premier abbé, Élie, à S. -Victor de Paris. Assez ferme durant les premières années, le lien avec la maison mère ne tardera pas à se relâcher dans la suite. Les seuls événements marquants du xii" s. sont la fondation du prieuré de Juilly en 1184 et les difficultés avec S.-Étienne au sujet des annates. La discipline subit un premier fléchissement au milieu du xiii« s. Au début du xvi" apparaissent les abbés commendataires. En 1642 la communauté s'aflilic à la congrégation de France.
Liste des abbés, dans Coll. christ., viii, 1716-21.
Invent, des arcli. départ, de Seine-et-Marne, ii, 57-59, // 203-211; IV, suppl. 13, n. 844-45. — Bibl. nat., Paris,
CHAALIS 2r,0
; coll. Baluze, vol. li, p. 20.3-08. — Chronicon..., bibl. Sto- Gene%iève, ms. 727. - - T. Duplessis, Hist. de l'Église de
I Meaux, Paris, 1731, t. i, 141-44, 569-74; ii, 458-59. Go//, christ., viii. 1715. - Pour plus de détail, L.-H. Cottine^u, i, 662.
Ch. Dereine.
CH AAL IS,fC/ia/;sii//n, Karolilocus (parfois coni fondu avec Carus locus, « Cherlieu »), illustre abbaye I cistercienne près d'Ermenonville, dép. de l'Oise, dioc. ! de Beauvais (jadis Senlis). Ce n'était à l'origine qu'un î petit prieuré dépendant de Vézelay; pour une rente i annuelle de dix sous, il fut vendu à l'abbé de Pontigny, qui y envoya une colonie de ses moines ayant à leur tête André de Baudiment, premier abbé. D'autre part, le roi de France, Louis VI le Gros, voulut doter l'abbaye (charte de donation : 10 janv. 1136, d'après Luchaire, op. cit. infra) en mémoire de son cousin, Charles le Bon, comte de Flandre, lâchement assassiné à Bruges en 1127 (cf. Bertulf, supra, viii, 1111). Louis VII le Jeune entra pleinement dans les vues de son père; il confirma ses donations et fit lui-même d'autres libéralités. Le clergé et la noblesse imitèrent ces exemples; l'abbaye royale atteignit ainsi un haut degré de prospérité. En 1151, elle créait une maison fille : la Merci-Dieu, Misericordia Dei, au diocèse de Poitiers.
Durant son premier siècle d'existence, Chaalis four- ! nit un évêque à Senlis, Amaury (1154-67), un archevêque à Bourges (1183), Henri de Sully, frère d'Eudes, qu'L^rbain III créa cardinal (1186), un second archevêque à Bourges, S. Guillaume de Donjeon (1199- 1209, canonisé en 1218); plusieurs autres seraient à i citer. Nombreux furent les abbés remarquables, que Rome ou le chapitre général de Cîteaux chargeaient de I missions importantes. Les sciences ecclésiastiques j furent en honneur à Chaalis; parmi les écrivains nous : voyons particulièrement Jacques de Thérines et sa plaidoirie au concile de Vienne (1312), Guillaume de ] Digulleville et son Pèlerinage (vers 1330). A l'époque de la Renaissance, Chaalis voit se succéder une série de prélats — hommes énergiques — théologiens et admi- I nistrateurs : Jean Le Fel, Robert de la Tourotte, Si- 1 mon Postel. Malheureusement la commende apparaît ! sous la pourpre d'Hippolyte d'Esté, appelé cardinal de i Ferrare. « Politique habile, amateur de jouissances j raffinées, ce prélat magnifique prit soin de bien orner sa nouvelle abbaye, mais ses moines mouraient de faim. » Son neveu hérita de tout. Plus tard, on eut un petit-fils du Grand Condé, le trop fameux comte de ; Clermont, qui se désintéressa totalement de son béné- I fice, moyennant une rente de 45 000 livres. De Chaalis, ! il faut aussi évoquer le souvenir de la bibliothèque (v. infra) et de l'architecture (infra). Actuellement subsiste encore une chapelle du xni" s., mais l'église est en ruine. Les bâtiments et jardins appartinrent un temps au prince Joachim Murât; en 1902, ils étaient acquis par Mme E. André-Jacquemart qui en fit un musée qu'elle légua en mourant à l'Institut de France.
Série des abbés d'après la Gallia : 1. André de Baudiment, 1136-42. — 2. Amaury, 1142-54. — 3. Didier, 1155-60. — 4. Humbert, 1160-71. — 5. Enguerrand, 1174-81. — 6. Pierre I", 1182-87. — 7. S. Guillaume de Donjeon, 1187-99. — 8. Adam, 1202-17. — 9. Eudes, 1218-21. — 10. Jean 1^' de Caen, 1221-27. — 11. Milon, 1227-38. — 12. Jean II d'Arbone, 1239-55.
— 13. Pierre II Thomas, 1258-70. — 14. Jean III Norman, 1270. — 15. Jean IV de Senlis, 1280. — 16. Laurent de Marceaux, 1282-90. — 17. Daniel
1 de Plailly, t 1296. — 18. Réginald de Roquemont, t 1308. — 19. Jacques de Thérines, 1308-17. — 20. Jean V Picard, 1317-26. — 21. Jean VI de Gaillo 1326-t 1337. — 22. Enguerrand de Gournai, 1337-4
— 23. Laurent II de Marceaux, 1343-52. — 24
CHAALIS — CHABORA
Jean VII de Gaillon, 1352-72. — 25. Gautier le Comte, 1375-79. — 26. Jean VIII Dubois, 1380-97. — 27. Laurent III de la Rue, 1412-18. — 28. Paris de Beaune, 1418-21. — 29. Alain de Sorel, 1438. — 30. Jean IX de Senlis, 1438-55. — 31. Guy d'Autun, 1456, devient abbé de Pontigny, puis de Cîteaux, 1458. — 32. Pierre III de Virey, devient abbé de Clairvaux, 1471. — 33. Jean X Le Fel, 1471-1501. — 34. Robert de la Tourotte, 1501-23. — 35. Simon Postel, 1523-41. — 36. Card. Hippolyte d'Esté, 1541-72.
— 37. Louis d'Esté, 1572-86. — 38. Julien de Saint- Germain, év. de Césarée, 1586. — 39. Achille de Harlay, 1589. — 40. Abel de Montliard, 1601. — 41. Louis de Lorraine, card., 1601. — 42. Charl. -Louis de Lorraine, card., 1630. — 43. Jean d'Estrades, év., 1642. — 44. Jules-Paul de Lionne, 1668. — 45. Louis, comte de Clermont, 1721. — 46. Jean deBoisgelin de Cucé, 1779.
Bibliothèque. — Catal. des niss. de Chaaiis dressé vers la fin du XII» s. : ms. 351, fol. 123-27, bibl. de l'^^senal, Paris, et reproduit au l. viii, 439 du Catal. des mss. des bibl. de France, .\rsenal. — Au xvii* s.. Ch. Le Tonnelier dressa un autre catalogue : ms. 4630, fol. 24-46, bibl. de l'Arsenal. • — En 1713, dom Martène parlait avec éloge de la bibl. de Chaaiis, Voijafie litt., i, part. II, p. 258.
Architecture. — - M. Aubert, L'archit. cisterc. en France, Paris, 1943, i, ii, passim. — C. Enlart, Orig. frnnç. archit. goth. en Italie, Paris, 1894, p. 229, 230, 275. — L. Gillet, Abbaye de Chaaiis et musée Jacquemart-André, Paris, 1914.
— Lefè\Te-Pontalis, L'église abbatiale de Chaaiis, Caen,
Archives. — Départ, de l'Oise, 34 registres, 309 liasses : bulles (xii«-xiv" s.); donations (xii'-xiii» s.); sceaux (xn"- XIII» s.); inventaire (xviu' s.); comptes (xviii« s.); registre des noviciats, professions et sépultures (1766-85). — Arch. nat. : L 1002. — Arch. départ, de Seine-et-Marne : 257 H 1 (H 44), carte géométrique de la seigneurie de Stains (1740). — Bibl. nat. Paris : mss. lut. 9170, copies et invent, des titres (xvii»-xvni« s.); 9976-9982, copies et extr. de chartes; 9983, ibid. (xvi» s.); 9984, ibid. (1532); 10400, fol. 40, fragm. cart.; 11003, cart. in-S" (1390); 17113, extr. par Gaignières (xvii" s.); mss. fr. 20901, n. 65; nouv. acq. lat. 2316, chartes originales (xii'-xiii» s.); coll. Bastard, sceaux, n. 234; coll. Moreau, ms. 790; coll. Duchesne, t. Lxxiv, fol. 112, extr. d'obituaire. — Bibl. de la Chambre des députés : ms. 346, fol. 118; ms. 347, fol. 119. — Carpentras, bibl. munie. : ms. 1791, fol. .598. — Chaumont, bibl. munie. : ms. 79, lettre de l'abbé .Tean (1484).
Cottineau, i, 662. — L. Delisle, Catal. des actes de Philippe Auguste, Paris, 1856, n. 85, 314, 2099 et p. 531. — Gall. christ., x, 1508. — L. Gillet, L'abbaye de Chaaiis, dans Revue des Deux Mondes, 1912, p. 427 sq. ; Le Tasse à l'abbaye de Chaaiis, Paris, 1914. — Jaffé, 8267, 9626, 10690, 11086, 12463, 13749. — Janauschek, Origines cisterc. Vienne, 1877, p. 44. — Jean de Jlontreuil, description de l'abbaye, dans Martène, Amp/issima.., ii, Paris, 1724, col. 1388. — A. Luchaire, Louis V7, Annales de sa vie..., Paris, 1890, n. 563, 596; Études sur les actes de Louis VII, Paris, 1885, n. 18, 62, 182, 195, 279, 605, 624, 792. — Manrique, dans Ann. cisterc, ann. 1136, c. ix, n. 1, 5, Lyon, 1642, 1, 5. — E. MuUer, Vingt-neuf chartes orig... Chaaiis, Senlis, 1892. — Potthast, Rey., 3239, 3919, 4388, 5373, 5811, 9528, 25678. — Statuta cap. gen. ord. Cisterc, i-viii, éd. Louvain, 1933-41; les Indices donnent la synthèse des nombreuses références concernant Chaaiis. — Trois lettres du Mercure de France (1736-1740), rééd. Paris, 1923 (il s'agit particulièrement des visites du roi S. Louis à Chaaiis).
J.-M. Canivez.
CHAALIS (Adam de). Voir Adam, abbé de Chaaiis, i, 465.
CHABANEL (Noël). Voir Noël Chabanel (Saint).
CHABANNES (Adhémar de). Voir Adémar de Chabannes, I, 535-40.
CHABANNES (Rosalie de), moniale cistercienne-trappistine sous le nom de Sœur Augustine. Née en 1770 d'une famille noble de la Gascogne, elle
entra âgée de dix-huit ans à l'abbaye cistercienne de S. -Antoine de Paris. La Révolution ne tarda pas à l'en faire sortir; elle échappa de justesse à l'échafaud. Voulant continuer sa vie religieuse, elle court en Suisse où s'était réfugié, avec un groupe de moines, dom Augustin de Lestrange, maître des novices à la Trappe. Elle devint bientôt supérieure des trappistines du Valais. Mais il fallut fuir la Révolution toujours menaçante; elle suivit donc alors les moines dans leurs invraisemblables pérégrinations à travers l'Europe. En 1802, elle fut envoyée en Angleterre comme fondatrice. Elle y créa, en effet, le monastère de Stapehill qu'elle gouverna jusqu'en 1844. Depuis 1935, Holy-Cross de Stapehill, par Wimborne, dans le Dorsetshire, est devenu abbaye.
Annales de l'abbaye d'Aiguebelle, i, ii. Valence, 1863. — Comte de Charencey, Hist. de l'abb. de la Grande-Trappe, II, Mortagne, 1911, p. 414. — Dom Lamb. Nolle, Das Cisterzienserinnenkloster Stapehill, dans Studien..., 1937, p. 321. — Odyssée monastique. D. de Lestrange et les Trappistes pendant la Révolution, Grande-Trappe, 1898. — Vie de dom Antoine de Beauregard, Paris, 1840, p. 74. — La Trappe in England; C.hronicles of an unknow monastery, Stapehill, 1937.
J.-M. Canivez.
CHABAS, évêché d'Égypte. Voir Cabasa,xi, 13.
CHABERT (Bernard). Voir Bernard Chabert, vin, 660-61.
CHABORA, Habora, Haboura, Hâbûr, Khâbûr, ville de Mésopotamie, située près du confluent du Hâbûr et de l'Euphrate, identifiée par plusieurs, à tort, avec Circesium (Dussaud, op. infra cit.), ce qui ressort aussi des listes épiscopales de la Chronique de Michel le Syrien qui distingue les deux diocèses. Nous avons trouvé trace des titulaires suivants de cet évêché jacobite : Dioscore (667), cité dans le ms. syriaque Berlin 179 (Sachau 221), fol. 110 v°, qui gouvernait également le diocèse jacobite de Singâr; Étienne (759-767-68); Ézéchiel (vers 965) et Jean (vers 1004), tous deux en même temps métropolites de Dara; Bar Turca (1130); Jean (1125-65); Daniel (1222) ; Timothée (1580). Deux évêques de Habora sont encore cités dans le Liber vitae, diptyques que le patriarche d'Antioche, Siméon Ignace, fit dresser en 1648 et qui sont conservés dans le nis. Vat. syr. 39 (S. E. Assemani et J. S. Assemani, dans Bibliothecae aposlolicae Vaticanae codicum manuscriptorum catalogus, ii, Rome, 1758, p. 275 sq.), à savoir : Abraham et Jean; ce dernier gouvernait en même temps les diocèses de I.'arran et de Nisibe et la liturgie syriaque jacobite possède une anaphore qui lui est attribuée, composée, d'après A. Baumstark (Geschichle der syrischen Litercdur, Bonn, 1922, p. 294), en 1221-22. Un Abraham de I.Iabora est cité dans le ms. British Mus. Add. 17 231 (W. Wright, Catalogue of the Syriac mss. in ihe British Mus., i, Londres, 1870 sq., p. 300, col. 2) comme auteur d'un sedrâ en l'honneur de S. Jean l'évangéliste; est-ce le même personnage que l'évêque mentionné plus haut?
Le Quien, ii, 1485-90. — J. S. Assemani, Bibliotheca orientons, ii, Rome, 1721, p. 111, 227. — J. B. Abbeloos- T. J. Lamy, Gregorii bar Hebraei chronicon ecclesiasticum, I, Louvain, 1871 sq., col. 322, n. 1; 520, 688. — Pauly- Wissowa, xi-1, col. 505 (au mot Kirkesion). — J.-B. Chabot, Chronique de Denys de Tell Mahré, Paris, 1895, p. 60, 90; Chronique de Michel le Syrien, m, Paris, 1905 sq., p. 466, 469. — E. Sachau, Verzeichnis der syrischen Handschriften der kgl. Bibliolhek zu Berlin, ii, Berlin, 1899, p. 587, col. 1 ; Zur Ausbreitung des Christentums in Asien, dans Abhandl. der preuss, Akad. der Wiss., Phil.-hist. Klasse, Berlin, 1919, p. 46. — R. Dussaud, Topographie historique de la Syrie antique et médiévale, Paris, 1927, p. 4.58, 487. — G. Levi Délia Vida, Documenli intorno aile relazioni délie
2 fi a
Chie.ie orientali con la S. Sede, Cité du Vatican, 1948, p. S6, 89, dans Sliirli e Tesli, 143.
Arn. Van Lantschoot.
CHACHAPOYAS, ville du Pérou, dép. d'Amazonas, fondée par Alonso de Alvarado en 1586, anciennement appelée Ciudad de la Frontera ou San Juan de la Frontera; depuis le 4 juill. 1843, siège d'un évêché, fondé à Maynas en 1805 et suffragant de Lima.
Évêque de Maynas. — Hippolyte Ant. Sanchez Rangel, fr. min., 27 juin 1805; trans. à Lugo, 18 déc. 1824. — Vacance.
Évêques de Chachapoyas. — Pierre Ruiz, 12 sept. 1853-t 1863. — François Sol. Risco, 27 mars 1865; dém. — Joseph J. Yrala, salés., admin. apost. ; év. 8 juin 1904; dém. — Émile Lisson, 16 mars 1909; archev. de Lima, 1918. — Octave Ortiz Arieta,
Gams, 142; suppl., 133. — Cath. Enc, m, 551; suppl., i, 174. — Enc. Espasa, xvi, 1382.
É. Van Cauwenbergh.
CHACO. Voir Concepcion de Paraguay.
CHACON (Alonso). Né à Baeza (Andalousie), vers 1540, Chacon prit l'habit des frères prêcheurs au couvent de S. -Thomas à Séville, où il fut régent des études. Nommé pénitencier à S. -Pierre de Rome, il s'adonna à l'étude des antiquités romaines et chrétiennes. Aussi, lorsqu'en 1578 (31 mai) un affaissement du sol révéla l'existence de galeries souterraines sous la i>i^7)a Sanchez, Chacon entreprit-il l'étude de cette nouvelle catacombe. Les croquis qu'il en fit exécuter, ainsi que dans d'autres cimetières romains (catacombes de Priscille et de Novella), constituent de nos jours le ms. Vat. lat. 5409. Écrivain prolixe, la critique s'est parfois montrée sévère à l'égard de ce dominicain, que ses contemporains ont considéré comme un archéologue et un historien de valeur. Seules, de nos jours, les Vitae et res gestae Summorum pontiflcum, dans l'édition que le P. Oldoini en donna en 1677, sont encore utilisées. Chacon travaillait à leur impression (1" éd., Rome, 1601) quand il mourut. Son décès se place certainement avant le 19 mai 1599, très probablement, au témoignage de De Thou, le 4 févr. de cette année.
N. Antonio, Bibl. nova hispana, i, 1783, p. 18-19. — Quétif-Échard, ii, 344-46. — J.-B. De Rossi, La Roma sotterranea cristiana, i, Rome, 1864, p. 15-17. — .1. Wilpert, Die Katakombengemàhie und ihre alten Copien..., Fribourgen-Br., 1891, p. 4-23. — G. Mercati, La data délia morte del P. Ciacconio, dans Studi Romani, ii, 1914, p. 354-56. — Enc. Espasa, xvi, 1377. — A. Zucchi, Roma domenicana, IV, Florence, 1943, p. 103, 197-98.
M. -H. Laurent.
CHAD (Saint). Voir Ceadda, xii, 13.
CHADIRA, Hazlra, Alhazïra, localité de Babylonie, située non loin de Takrit, et siège d'un évêché nestorien. L'existence de ce dernier est attestée pour l'année 1257, du fait que son évêque I5ô'yahb participa en qualité d'archidiacre à l'ordination du catholicos Makkîkhâ IL
Le Qiiien, ii, 1313 sq. — J. S. Assemani, Bibliolheca orienialis, Rome, 1719 sq., ii, 4,55; iii-l, 556; m-2, 736. — G. Hoffmann, Aits2ùge aus syrischen Akten persischer Màrtyrer, Leipzig, 1880, p. 186 sq. — H. Gismondi, Maris Amri et Slibae ilo patriarchis nestorianoriim commenlaria, II» part., trad. lat., Rome, 1897, p. 69. — E. Sachau, Zur Ausbreitung des Cliristentums in Asien, dans Abhandl. der prenss. Akad. der Wiss., Phil.-hist. Klasse, Berlin, 1919, p. 34-36.
Arn. Van Lantschoot.
CHADUC (Blaise), oratorien français (1608-94). Voir D. T. C, II, 2189.
CHAFFRE (Saint), abbé de Carméry. D'après la Vita, Theofredns, dont le nom en languedocien devint Chaffre, était né à Orange et fut le 2" abbé de Carméry. Lors de l'invasion des Sarrasins, après avoir mis ses moines en sécurité, il resta près de son monastère pour le protéger contre les attaques des barbares; il tomba victime de son dévoûment. Son martyre, selon toute probabilité, se place en 732. — Chaffre jouit d'un culte très ancien (19 oct.), bien que son nom n'ait pas été repris par le martyrologe romain. Ses reliques, conservées dans l'église abbatiale, furent cachées à la Révolution française. Il y en eut une reconnaissance en 1822.
Ce S. Chaffre ou Theofredus est le même que Teofredo ou Eufredo du 11 oct., titulaire de Cervere et Cherasco. Ces églises primitivement dépendaient de Carméry, mais en 1457 furent unies au monastère de S. -Pierre de Savigliano. On fît alors de Teofredo un saint de Cherasco ou un martyr thébain; et même, l'église d'Alba croyait posséder son corps.
A. Boit., XVI, 104. — A. S., oct., v, 646-47; viii, 515-26. — G. Arsac, Le monaslier S. Chaffre, Le Puy, 1907. — B. H. L., 8103-05. — Ceillier, xn, 45. — H. L. Fr., iv, 60-61; vn, 411-12. — Mabillon, Acta S. Bened., 2' éd., Iii-l, 449-50. — Savio, Il monastero di S. Teofrede di Cervere ed il culto di S. Teofredo, dans Miscell. star, ilal., 1897, p. 57-77. — A. Ferma, Sull' origine del culto di S. Cliiaffredo, dans A. Doll., lxvui, 362-68.
R. Van Doren.
CHAGNOALD. Voir Caonoald, xi, 174-75.
CHAIGNON (Pierre), écrivain ascétique, S. J. (1791-1883). Voir D. T. C, ii, 2189-90.
CHAISE-DIEU, Casa Dei, abbayes de prémontrés : 1. au dioc. d'Auch, voir Case-Dieu, xi, 1268; — 2. au dioc. d'.Arras, voir Vi cogne.
CHAISE-DIEU (LA), Casa Dei, SS.-Vital-et- Agricola, ensuite S. -Robert, abbaye de bénédictins, au dioc. de Clermont, auj. du Puy, arrond. de Brioude (Hte-Loire). Ce monastère, le plus important de l'Auvergne, eut comme premier abbé S. Robert de Turlande, qui y vécut d'abord en ermite (1043), puis établit une communauté (1046) approuvée par le roi Henri I" en 1052. Dès le début la Chaise-Dieu fut l'objet de nombreuses libéralités. Elle devint bientôt chef d'une congrégation qui compta 8 abbayes, 90 prieurés en Auvergne, 186 en France, 17 en Espagne, Suisse et Italie. Ces maisons constituaient un groupe très centralisé. Leurs supérieurs, d'après les prescriptions de Pascal II et d'Eugène III, étaient élus par l'abbé et les moines de la Chaise-Dieu, et aucun dignitaire ne pouvait être nommé sans leur assentiment.
Les huit premiers abbés furent tous canonisés. Parmi eux se signale S. Robert Seguin qui aida à la fondation des chartreux. Le pape Clément VI, moine de la Chaise-Dieu, combla le monastère de ses faveurs. Il fit élever à ses frais la splendide église abbatiale (1344-52), construite par l'architecte Hugues Moret. Il la choisit comme lieu de sépulture. Sous l'influence de Richelieu, qui fut abbé commendataire, la Chaise- Dieu fut unie à la Congrégation de S.-Maur en 1640. — L'église, devenue paroissiale, a été conservée. Elle possède un chœur avec 144 stalles, un jubé remarquable du xvii" s., une danse macabre du xv« s., 17 riches tapisseries exécutées d'après les dessins de Tadeo Gaddi. Parmi les bâtiments conventuels, qui subsistent encore pour la plupart, se trouvent deux galeries du cloître du xv« siècle.
Liste des abbés. — Robert, 1046-t 16 avr. 1067. — Durand, év. de Clermont en 1078. — Robert Seguin,