CHALCIS
de Platon doit beaucoup à ses prédécesseurs grecs, en particulier à Posidonius et à Adraste d'Aphrodisias. Il l'est aussi qu'il est chrétien, qu'il connaît les Écritures et qu'il utilise les Hexaples d'Origène. Le commentaire de Ch. a été très lu durant le Moyen Age qui, jusqu'à la fin du xii« s., lui a dû le meilleur de sa connaissance sur Platon : au cours du xii'' s., on a même écrit un commentaire du commentaire de Ch. Le principal intérêt de Ch. est le témoignage qu'il rend aux préoccupations philosophiques de certains chrétiens de langue latine dès la première moitié du iv"= s., ce qui est la date probable de son activité littéraire.
ÉDITIONS : Augnstus .Justinianus, Paris, 1520. — J. Meursius, Leyde, 1617. — F. G. A. MuUach, Fragm. philn.',oph. graecor., ii, Paris, 1867. p. 149 sq. — .1. Wrobel, Leipzig, 1876.
Voir : D. Tamilia, De Chalcidii aelate, dans Sludi ilal. di fllol. class., VIII, 1900. — B. W. Switalski, Der Chalcidius- Commentar zu Platos « Timaeus », dans Beiirdge ziir Geschichte der Philosophie des Mitlelalters, m, 6, Munster, 1902. — M. Schanz, Geschichte der rôm. Liter., iv, 1 : 2' éd., Munich, 1914, § 823, p. 137-39.
G. Bardy.
1. CHALCIS (XcAkIs), évêché de la province d'Europe, dépendant d'Héraclée. La ville, qui n'eut jamais d'importance, a été identifiée avec le village d'Inecilv. On ignore quand elle fut dotée d'un évêché. Celui-ci ne figure sur aucune liste épiscopale avant celle de Léon le Sage, au début du x« s. (H. Gelzer, Ungedruckte und ungeniigend verôffentlichle Texte der Notiliae episcopalimm, dans Abhand. der kgl. baijer. Akad. der Wiss., part. I, t. xxi, sect. m, Munich, 1900, p. 552). Cependant on lui connaît un évêque au vixi<= s., Sisinnius, qui prit part au II« concile de Nicée (787) (Mansi, xii, 995 B, 1099 B; xiii, 388 D).
Le titre de Chalcis ne seriible pas avoir été conféré dans l'Église grecque ni dans l'Église romaine.
2. CHALCIS (XaÀKÎs), évêché de la province de Grèce ou Hellade I", dépendant d'Athènes, puis métropole. La ville de Chalcis, capitale de l'Eubée, est située sur la côte occidentale de cette île, au bord d'un canal étroit qui la sépare de la Béotie, à laquelle elle est unie par un pont. Elle fut fondée probablement avant la guerre de Troie par une colonie ionienne. Quand elle se fut développée, elle essaima à son tour des colonies en Calabre et en Sicile. Elle fut l'alliée de la Béotie contre Athènes. Battue par celle-ci, elle dut subir son hégémonie, même après la guerre contre les Perses. Cependant toute l'île se révolta en 411 av. J.-Ch. et reconquit sa liberté pour quelque temps. Au temps d'Alexandre le Grand, la ville occupait une étendue assez considérable, puisque Dicaearchus lui attribue 70 stades de tour. Elle était alors ornée de gymnases, de temples et autres édifices publics. La position de Chalcis en faisait une place de guerre importante. C'est pourquoi les divers conquérants de la Grèce s'en emparèrent tour à tour : Macédoniens, Antiochus, Mithridate et enfin les Romains. Le consul Mummius la prit d'assaut et la détruisit (192 av. J.-Ch.). Elle se releva assez vite de ses ruines. Justinien la restaura et l'embellit à son tour. Au Moyen Age elle prit le nom du canal qui la sépare de la Béotie et s'appela Euripe (EûpiTTOS), d'où l'on fit Égripont, Negroponte, à cause du pont qui la relie au continent. Ville de 17 000 hab., elle est aujourd'hui la capitale du nôme (département) du même nom.
Le siège épiscopal remonte probablement assez haut. Cependant le premier titulaire connu de façon certaine est Constantin, qui signa en 458 la lettre des évêques de sa province à l'empereur Léon à propos du meurtre de Protérius d'Alexandrie (Mansi, vu, 612 C). Depuis lors le nom de Chalcis fait place à celui d'Euripe, sous lequel signent désormais les évêques (voir Eubipe,
CHALCIS — CHALDIA
infra). Chalcis a reparu dans les listes épiscopales au XIX* s. L'éparchie s'appela Euripe jusqu'en 1833, date de l'organisation de l'Église de Grèce. Elle reçut alors le nom d'Eubée, mais la loi de 1852 lui rendit son ancien titre de Chalcis. Celle de 1900 annexa à l'éparchie de Chalcis celle de Carystos dans le sud-est de l'île. En 1923, Chalcis fut promue au rang de métropole en même temps que les autres évêchés de l'ancienne (irèce. Le diocèse comprend maintenant toute l'île d'Eubée et les îlots avoisinants. Il compte 120 églises paroissiales desservies par autant de prêtres séculiers. Il existe également six monastères avec une trentaine de moines.
Évêques connus dans la période moderne : Christophore Stamatiadès, élu en févr. 1882, refusa ('EKKArj- CTiacTTiKfi 'AAtiOeio, II, 1882, p. 308). — Eugène Dépastas, 1882-t fin juill. 1902 (ibid., xxii, 352). — Pantéléimon, 12 oct. 1906-tl907 (ibid., xxvi, 615). — Chrysostome Probatas, juill. 1907-t 1917 (ibid., xxvii, 422; xxxvii, 32). — Grégoire, déjà en 1922.
On connaît au moins un évèque catholique de Chalcis pendant la domination latine. C'est Théodore, converti du schisme en 1205, et dont parle une lettre du pape Innocent III en 1208 (Potthast, Reg., 306, n. 3552). Depuis lors l'évêché est connu sous celui de Nègrepont. Le titre de Chalcis a été conféré assez souvent dans l'Église romaine depuis le xix« s. : Paul Marouchian, 19 avr. 1832-9 avr. 1838, vicaire patriarcal arménien à Constantinople. — Henri Altmayer, O. P., 4 avr. 1884-27 nov. 1887, coadjuteur à Bagdad. — Sévère Garcia, 1""' juin 1888-t 1890, ancien év. de Tunja. — Antoine Dos Santos, 26 juin 1890-tl896, ancien archev. de Bahia. — Pierre Facciotti, 19 avr. 1897-t 20 avr. 1913, ancien év. de Ferentino. — Charles Pietropaolo, 29 avr. 1913-t 29 juin 1922, délégué apostolique au Venezuela. — Jean-Baptiste Fallize, 9 oct. 1922-t 24 oct. 1933, vicaire apostolique de Norvège. — Gallus Steiger, déc. 1933, abbé de Peramiho.
Le Quien, ii, 212-1.5. — Smith, Dictionartj of Greek and Roman Geography, i, 569-70. — Oberhummer, dans Pauly- Wissowa, III, 2078-88. — G. Capsalès, XcAkIs, dans McyàXT) êXXîiviKf) éyKUKXoiraiSeia, xxiv, 427-28. — Ann. pont., 1916, p. 388.
R. Janin.
3. CHALCIS (XaÀKÎç), métropole de la Syrie I". Cette ville fut du temps des Romains la capitale d'une province florissante, la Chalcidique, que les ravages causés par les diverses invasions ont rendue presque complètement déserte. C'est aujourd'hui Qennesré ou Qennesrin, vocable employé au moins depuis le vii« s., ainsi qu'il appert de la Chronique de Michel le Syrien. Ce fut un centre monophysite important; il possédait un monastère qui fournit plusieurs évêques à l'Église jacobite (Chronique de Michel le Syrien, trad. Chabot, m, 499, 452, 453, 454).
Métropolites orthodoxes. — Tranquille condamna l'hérésie des noétiens (iii« s. ; Praedeslinatus, hérésie 30). — Thélaphius fut un des membres du conciliabule de Philippopoli, dissident du concile de Sardique (341 ; Le Quien, ii, 785). — Magnus assista au concile d'Antioche en 364 et souscrivit la lettre des Pères à l'empereur Jovien (Socrate, Hist. eccles., III, xxv). — Eusèbe, ordonné par Eusèbe de Samosate, prit part au premier concile de Constantinople (381 ; Mansi, m, 569 D; Théodoret, Hist. eccles., "V, iv). — Apringius assista à celui d'Éphèse (431; Mansi, iv, 1229 A). — Antoine (Le Quien, ii, 785). — Jamblique prit part au concile d'Antioche qui condamna Athanase de Perrhé (ibid., u, 786). — Romulus ou Romanus était à celui de Chalcédoine (451), dont il souscrivit les actes (ibid., vi, 568 D, 941 E, 1090 B). — Domnus signa en 458 la lettre des évêques de sa province à
l'empereur Léon sur le meurtre de Protérius d'Alexandrie (ibid., VII, 548 D). — Romanus fut chassé de son siège par Pierre le Foulon en 477 (Théophane, Chronographia, 134). — Domitius ou Démétrius prit part au V« concile œcuménique (553; Mansi, ix, 175 B, 192 D, 391 B). — Vers la fin du vi« s. Probus fut nommé métropolite de Chalcis et envoyé en ambassade à Chosroès par l'empereur Maurice (Théophylacte Simocattas, Historia, V, 15). On n'a pas de preuve que la métropole orthodoxe de Chalcis ait subsisté au delà du vi" siècle.
Métropolites jacobites (monophysites). — Isidore fut chassé de son siège par Justin I" en 518 (Chronique de Denis de Tell Mahré, dans la Chronique de Michel le Syrien, ii, 171). — Hanania, sacré vers 825 (ibid., m, 454). — Thomariqa, vers 835 (ibid., m, 454). — Athanase, vers 870 (ibid., m, 457). — Ignace, vers 900 (ibid., III, 460). — Thomas, vers 915 (ibid., ni, 462). — Syméon, vers 945 (ibid., m, 464).
Le titre de Chalcis de Syrie ne semble pas avoir encore été conféré dans l'Église romaine.
Smith, Dictionarii of Greek and Roman Geography, i, 598. — Escher, dans Pauly-Wissowa, m, 2090-91. — Le Quien, II, 785-88.
R. Janin.
CHALDÉENNE (ÉGLISE). — Voir D. T. C, XI, 225-323.
CHALDIA (XaA5îa, XaASeîa), évêché grec de la province du Pont Polémoniaque, dépendant d'abord de Néocésarée, puis de Trébizonde, promu ensuite archevêché et métropole. Aucune liste épiscopale ne signale cet évêché avant la période turque, mais son existence est attestée par d'autres documents à partir du xiv« s. Le Syntaqmation de Chrysanthe de Jérusalem lui donne le titre d'archevêché (1717). De fait, cette promotion avait eu lieu sous l'évêque Sylvestre (1624-53). A cette époque, l'évêché de Chaldia était déjà uni à celui de Chériana. Il devint métropole en juill. 1737. Le 18 mars 1900, son titulaire reçut le droit de s'appeler « hypertinios et exarque de l'Hélénopont » (dans 'EKKAriCTiaoTiKTi 'AAriôeiot, xx, 121). Ce métropolite résidait à Giimiishane. Le nom de Chaldia n'est pas en effet celui d'une ville, mais celui d'une région. Clergé et fidèles ont disparu pendant la guerre grécoturque de 1919-22 ou ont été échangés à la suite du traité de Lausanne qui l'a suivie.
Évêques, archevêques et métropolites connus. — Callistrate, à la fin du xiv* ou au début du xv« s. (Vizanliiski Vremennik, v, 679). — Sylvestre, 1624-53 (A. Papadopoulos-Kérameus, 'l6poaoÂu|jLr|TiKTi BigAioeriKTi, I, 212). — Euthyme Phytianos, déc. 1653, juiU. 1656, 1661 (A. Papadopoulos-Kérameus, op. cit., i, 347; 'AvâÂEKTa MepoCToÀuiiriTiKfis Ztox., i, 303; Sathas, Bibliotheca graeca medii aevi, m, 588). — Grégoire Phytianos, 1680, 5 mai 1681 (A. Papadopoulos- Kérameus, 'lEpoaoAupriTiKT) BigAio6r|Kr|, i, 303). — Philothée, 1694-1717 (ibid., i, 215, 216). — Grégoire Phytianos, archevêque, 12 sept. 1717-31 (ibid., i, 206, 215, 243, 347). — Ignace Codour, 1733, f 1749 (ibid., I, 546; 'AvâXeKTa 'UpocroA. Itox-, iv, 55, 56-57). — ■ Ignace Photianos, 1749-? ('O ÎEpôç vupcpaycoyôs, 116). — Denys, janv. 1767 (ibid., 116). — Théophile, 1850-juill. 1864 ('EKKXr|CTiaaTiKfi 'AX^Qaa, ii. 529, n. 5; XXI, 210). — Germain, 14 juill. 1864-mai 1905 (ibid., II, 529, n. 5; xxv, 230). — Laurent Papadopoulos, 10 mai 1905-24 oct. 1922 (ibid., xxv, 230). — Basile Combopoulos, 24 oct. 1922-? Lors de cette nomination la métropole avait en fait cessé d'exister.
Le titre de Chaldia n'a pas été conféré dans l'Église romaine et il ne figure même pas dans les listes de la Consistoriale, comme ayant été probablement établi après le schisme.