‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 60 sur 282 · CHA[,1)IA · texte numérisé non relu

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CHALLONER

MeyiXri éA^TlVlK^) éyKUKXoiraiSeia, xxiv, 430. — Chr>-santhe Philippidès, 'EKKXT)aia TpatrEjoOvros, dans 'ApxEÎov novTOU, v-vr, 1936. p. .">3n, 569, 573, r><t1, 593-9."), 604, 6R3.

R. Janin.

CHALEIVIOT (Dom Claude), cistercien français, t 1667. Entré à l'abbaye de Chaalis, il en devint prieur; il occupa cette même fonction à Royaumont et fut élu abbé à la Colombe (1648), au diocèse de Bourges, aujourd'hui de Limoges. Il était de l'étroite observance, mais sans le zèle outré d'Étienne Maugier et autres. Instruit et docteur en théologie, il composa plusieurs ouvrages : des Annales cisterciennes en deux tomes, qui ne furent pas imprimées et ont disparu; une histoire de l'Église de France qu'il préparait quand la mort le saisit, ainsi qu'une édition de certaines œuvres de Pierre le Chantre. Le seul travail qui reste de lui est Séries sanctorum et beaiorum ac illustrium virorum S. O. Cisterciensis (Paris, 1666; 2« éd. en 1670). L'auteur s'était proposé de corriger le Menologium Cislerc. de Henriquez (1630) et de le compléter. Intention louable, mais le résultat fut déficient, eu égard surtout aux exigences actuelles de la critique historique.

P. Féret, Les docteurs de la faculté de théologie de Paris, V, Paris, 1907, p. 295. — Sér. Lenssen, Aperçu hist. sur la vénération des saints cisterciens, Tilbourg, 1946, p. 107. — Ch. de Visch. Biltliotheca script. S. O. Cisterc, Douai, 1649, p. 78.

J.-M. Canivez.

CHALETRICUS (Saint) (inscription), Chalactericus (Fortunat), Caletricus (Vie de S. Lubin et livres liturgiques), Caltry, Calais, Calétric. « Nous n'avons rien de S. Calétric, a écrit très judicieusement Baillet, hors l'épitaphe que lui fit Fortunat de Poitiers, l'endroit de la Vie de S. Lubin où il est parlé de sa maladie, et les souscriptions des conciles. » Le nom de ce saint i)ersonnage suit, sur la liste épiscopale de Chartres, celui de S. Lubin et précède celui de Pappolus. Il ne peut avoir été élu avant 552 ni après 557 ; il mourut au plus tard en 573.

N'étant encore que prêtre, il fut guéri d'une grave maladie après avoir reçu de S. Lubin une onction d'huile bénite. Il assista au concile de Tours en 567 et à celui de Paris entre 556 et 563. Fortunat l'appelle « l'espoir du clergé, le protecteur des veuves, le pain des pauvres » et célèbre, en même temps que ses vertus, la beauté de son visage et son talent de chantre. Il nous apprend aussi que l'évêque Calétric mourut âgé seulement de trente-huit ans.

Le sarcophage du saint évêque fut retrouvé, vide, en 1703, lors de la démolition de l'église des SS.-Sergeet-Bacche près de la cathédrale, à l'entrée de l'évêché. Il est aujourd'hui conservé dans la crypte de la cathédrale. On y lit une inscription primitive, constatant que Calétric mourut un 4 sept, (pridie nonas septembris), mais le mot pridie a été martelé et oclobris a été substitué à seplembris. Cette altération a été faite à une époque inconnue, pour mettre d'accord l'inscription avec le calendrier liturgique qui commémorait S. Calétric le 7 oct. Cette date est celle d'une invention déjà mentionnée dans le martyrologe chartrain écrit vers 1028 : Civilaie Carnosis invenlio corporis Sancti Calelrici. On -se contentait, le jour de la fête des SS. Serge et Bacche, de faire à leur olTice mémoire de S. Calétric, ce qui explique l'absence de leçons historiques. A une date qui n'est pas connue avec précision, mais que l'étude des mss. liturgiques chartrains permet de situer au cours du troisième quart du xiv« s., on voulut faire mieux : il y eut en l'honneur de S. Calétric une fête spéciale, fixée au 8 oct., et comportant un office complet. Depuis 1917 la fête est célébrée le 4 sept., anniversaire de la mort du saint, jour que l'on a supposé, sans preuve, avoir été celui d'une fête primitive.

A. S., mars ii, 315-49; oct., iv, 278. — Duchesne, ii, 1900, p. 422. — Fortunat, Poematunv 1. IV, vi, dans P. L., i.xxxviii, 159. — Gnll. christ., viii, 1744, 1096. - Lépinois et Merlet, Cartulaire de N.-D. de Chartres, i, 1862, p. xxx. — Le Blant, Recueil des inscript, clirét. de la Gaule, 1, 1856, p. 305. — Merlet et Clerval, Un ms. chartrain du XI' s., 1893, p. 34.

Y. Delaporte.

CHALIVOY, Callovium, Chaliveyum, Challonel, ancienne abbaye cistercienne sur la comm. de Herry, départ, du Cher, dioc. de Bourges. A l'origine, un ermite, Julien, et quelques disciples à qui Geoffroy de Magnac fait don d'un terrain à Font-Just (1133). Iterius de Boneuil confirme la donation en 1138, y ajoutant le conseil, presque une condition, de se donner à l'ordre de Cîteaux. L'abbé de Bouras (Bonus radius) accepte d'y envoyer une colonie de moines avec Richard, premier abbé, et l'on s'installe à Chalivoy, à deux lieues de Font-Just. Des donations pieuses permettent à la jeune abbaye de prendre son essor.

En 1277, l'abbé fut déposé par le chapitre général qui, l'année suivante, dut priver Bouras de ses droits de paternité sur Chalivoy pour les confier à Pontigny

— ils seraient ainsi mieux exercés. Le premier abbé commendataire que l'on signale est l'évêque d'Orléans, Jean de Morvilliers (1563 ou avant); mais à cette date Chalivoy semble ruinée; elle reprit vie cependant. L'église, brûlée deux fois au cours des guerres de religion, fut rebâtie au xvii« s. Les statuts capitulaires de Cîteaux font mention de cette abbaye jusqu'au terme du xviii« s. Depuis lors les bâtiments conventuels ont disparu, et l'église a été totalement transformée pour servir d'habitation privée.

Abbés. — 1. Richard, 1138-50. — 2. Mansel, 1153. — 3. Guillaume, 1156, 1162. — 4. Ulric I", 1170. — 5. Geoffoy, 1176. — 6. R. — 7. Élie, 1180-85. — 8. Ulric II, 1188-91. — 9. Bernard, 1198. — 10. Amand I", 1220-33. — 11. S. — 12. Étienne I", 1255.

— 13. Laurent I", 1267. — 14. Amand II, 1270. — 15. Guillaume II, 1279-95. — 16. Jean I", 1302. — 17. Henri, 1323. — 18. Laurent II, 1327. — 19. Étienne Quinaut, 1437. — 20. Jean Jaillet, 1440-49, élu à Fontmorigny. — 21. Alman, 1450. — 22. Bertrand Gallois, 1467-1503. — 23. Toussain Gillet, 1503.

— 24. Guillaume Bouchetel, 1549-52. — 25. Jean de Morvilliers, év. d'Orléans, commendataire, 1503. — 26. Guillaume Foucaut, 1581-1611. — 27. Palameder de Fondria, 1626. — 28. Eustache Picot, 1637-51. — 29. N. Girard. — 30. Antoine de Furetière, 1663-88. — 31. Pierre de Beaumont de Chantelou de Bearnier, 1688. — 32. Hervé de Goazanvot, 1710.

-Archives au dépôt départ, du Cher : 83 art.. Invent, de titres (1445), un cart. des xiv" et xv s. signalé par Stein, n. 824 — Galt. christ., ii, 192. — Janauschek, Orig. cisterc. Vienne, 1877, p. 52. — Manrique, Ann. cisterc, ann. 1138, cap. XV, n. 1, 2. — Martène et Durand, Thésaurus, m, 1264. — Statuta cap. ijen. ord. Cisterc, i-viii, éd. Louvain, 1933-41, passim.

J.-M. Canivez.

CHALKIAS (Jean), théologien grec (xvii"xviii^ s.). Voir D. T. C, ii, 2208.

CHALLANT. Voir Chalani.

CHALLONER (Richard), évêque de Debra, vicaire apostolique du district de Londres, naquit à Lewes, dans le Sussex, le 29 sept. 1691, de parents presbytériens. Sa mère, devenue veuve, entra en service dans des familles catholiques : Sir John Gage, puis Lady Anastasia Holman. Cette dernière avait pour aumônier un prêtre des plus distingués, John (jother, connu par ses ouvrages de controverse. Il s'intéressa à l'enfant, l'instruisit, le reçut dans l'Église catholique en 1704, puis le fit admettre au col-

CHALLONRR

lège de Douai en 1705, à l'âge de quatorze ans. Le jeune Richard, intelligent et laborieux, fit d'excellentes études. A vingt et un ans, il fut chargé de la classe de rhétorique et de poésie; un an plus tard il enseignait la philosophie. Prêtre en 1716, vice-président du collège et professeur de théologie en 1719, il reçut en 1727 le doctorat en théologie à l'université de Douai. Mais l'enseignement n'était pas sa vocation définitive : il demanda à travailler aux missions et en 1730 fut admis dans le clergé du district de Londres par le vicaire apostolique Mgr Gifïard. Challoner se livra avec ardeur au ministère dans les quartiers pauvres de Londres. Il y joignit l'apostolat de la plume. Déjà à Douai il avait publié un petit livre de piété : Think wetl on't, « Pensez-y bien ». En 1732 parurent deux livres de controverse : The imerring authority of Ihe CathoUc Church in mallers of failh, et The Grounds o/ the Catholic doctrine contained in the profession of faith published bij Pope Pius the Fourth. Un peu plus tard deux petits tracts : A Roman Catholick's reasons why he cannot conform to the Protestant Religion, et The touchstone of the new Religion (1734). Ces livres étaient écrits très simplement, mais avec beaucoup de clarté et de logique : aussi furent-ils bien accueillis. A cette époque également il entreprit une traduction anglaise de V Imitation. Un autre ouvrage sorti de sa plume en 1737 lui attira des désagréments : The Catholic Christian instructed in tlie Sacrament, Sacrifice and Cerenwnies of the Church^ La préface réfutait non sans ironie les écrits d'un Dr Middleton, qui avait attaqué les cérémonies de l'Église. Celui-ci prit très mal la critique et porta plainte devant les magistrats. Challoner, pour éviter l'application des lois pénales, dut quitter pour un temps l'Angleterre. A peine était-il de retour que le président du collège de Douai mourait, après l'avoir demandé pour son successeur. La nomination était faite, quand Mgr Petre, qui en 1734 avait succédé à Mgr Giffard, insista pour avoir comme coadjuteur le Dr Challoner, dont il avait fait son vicaire général, et dont il déclarait ne pouvoir se passer. Rome accéda à la demande, et Mgr Challoner fut sacré en 1741 évêque de Debra et coadjuteur de Mgr Petre. Dans l'intervalle il avait écrit un petit livre destiné à une grande fortune : The Garden of the Soul (1740), recueil de prières, de méditations et de conseils, simple mais substantiel, qui se répandit très vite et eut dans la suite d'innombrables éditions. De nouveaux devoirs s'imposaient à Mgr Challoner, car c'est lui qui allait, en fait, gouverner le district, le vicaire apostolique étant âgé et valétudinaire. Tout en continuant à s'occuper des fidèles de Londres, il dut visiter le vaste district (six comtés, toute la partie sud-est de l'Angleterre). Les catholiques y étaient peu nombreux et très dispersés, ce qui ne facilitait pas les visites. Le surcroît de charges n'interrompit pas l'activité littéraire du coadjuteur. En 1741, il publia les Memoirs of Missionary Priests en deux volumes, simples notices des martyrs et des confesseurs de la foi de 1577 à 1682; l'année suivante, un nouveau livre de controverse : The Grounds of the old Religion, réponse à une nouvelle attaque du Dr Middleton; en 1745, Britannia Sancta, Vies des principaux saints anglais, écossais et irlandais. Un peu plus tard il entreprit une nouvelle traduction anglaise de la Bible, pour remplacer celle de Douai-Reims, très imparfaite. Ce travail fut terminé en trois ans, malgré les multiples occupations de l'auteur. C'est lui qui dut faire toutes les démarches dans un long conflit de juridiction entre les religieux et les vicaires apostoliques. Ceux-ci eurent gain de cause par im décret de Benoît XIV en 1753. Cette même année parurent les méditations pour tous les jours de l'année. Considérations upon Christian truths and Christian dulies.

ouvrage de solide piété et de doctrine, qui eut de nombreuses éditions et fut traduit en plusieurs langues. Mgr Challoner écrivit aussi en 1755 une Vie des Pères du désert, The Wonders of God in the wilderness, et une Vie populaire de Ste Thérèse.

Il avait soixante-sept ans lorsque son vieil évêqu Mgr Petre, mourut en 1758. Il devenait par le fait vicaire apostolique, mais cela ne changea rien à sa vie austère et laborieuse. Cependant il obtint un coadjuteur, Mgr James Talbot. Il lui confia la visite des comtés, se réservant l'apostolat de Londres où résidaient les quatre cinquièmes des fidèles du district. Il continua donc le ministère des âmes, prêchant, confessant, assistant les pauvres. Les conférences ecclésiastiques furent rétablies, l'évêque les présidait luimême. Grâce à une sage économie du temps, il menait de front cette activité extérieure et le travail littéraire. Vers cette époque furent publiés un supplément au Britannia Sancta : A Mémorial of ancient British piety, plusieurs traductions : des Confessions de S. Augustin (1762), de V Introduction à la vie dévote, d'un petit traité de S. Jean Chrysostome. En 1772 il révisa le catéchisme de Douai : Abridgement of Christian doctrine. Son dernier ouvrage est un extrait de l'histoire de la Bible (1777). La question de l'éducation des enfants et des clercs avait toujours attiré son attention. Il fonda deux collèges, l'un à Standon Lordship, l'autre à Sedgley Park. Grâce à ses efforts, les collèges anglais de S. -Orner et de Valladolid, laissés vacants par l'expulsion des jésuites, furent conservés au clergé anglais; celui de Lisbonne fut réformé. On était toujours sous le régime des lois pénales. Certes, ces lois n'étaient plus rigoureusement appliquées; mais elles subsistaient comme une menace perpétuelle. En 1765 un certain William Payne, alléché par la prime de 100 livres accordée aux dénonciateurs des prêtres, se mit à faire le métier de délateur. Que d'ennuis ne causa-t-il pas? Mgr Challoner lui-même fut accusé, avec quatre de ses prêtres, et n'échappa à un dangereux procès que grâce à une fausse manœuvre du délateur. L'évêque allait voir poindre l'aube de temps meilleurs. En 1778, les catholiques obtinrent un léger adoucissement des lois pénales. C'était bien peu de chose : ce fut assez, cependant, pour provoquer une vague de fanatisme, qui aboutit aux émeutes Gordon en 1780. Tandis que les chapelles et les demeures des catholiques étaient livrées au pillage et à l'incendie, qu'une populace en délire le cherchait pour le maltraiter, Mgr Challoner, retiré chez un ami, priait. Il dut ensuite s'occuper à réparer les ruines accumulées en quelques jours. Il avait quatre-vingtneuf ans. Le 10 janv. 1781 il eut une attaque de paralysie, et mourut paisiblement deux jours après. Son œuvre restait. Non seulement il avait formé de bons prêtres et laissé lui-même l'exemple d'une sainte vie, mais ses livres continuèrent longtemps, continuent encore, à entretenir la foi et la piété des fidèles. Ses restes, ensevelis au caveau de la famille Barrett à Milton (Berkshire), ont été solennellement transférés à la cathédrale de Westminster le 1" mai 1946.

.1. Bamard, Life of Vener. and Rev. Richard Challoner, Londres, 1784. — J. Milner, Brief account of ihe life of the Riçihl Rev. Richard Challoner, Londres, 1798. — Ch. Butler, Biographical account of Right Rev. Dr. Challoner, Catholic Spectator, 1824. — M. Brady, Annals of Ihe Catholic Hierarchy of England and Scotland, m, Londres, 1877, p. 164. — E. H. Burton and Noian, Sevenlh Douay Diary, dans Catholic Record Society, 1928. — E. H. Burton, The Life and times of Bishop Challoner, 2 vol., Londres, 1909. — M. Trappes-Loniax, Bishop Challoner, Londres, 1936. — D. Gwynn, Bishop Challoner, Londres, 1946. — Richard Challoner, essais publiés par la Westminster Calhedral Clironicle, 1946.

P. Chauvin.

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