‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 62 sur 282 · Charles- Joseph Couthaud, th. doct · texte numérisé non relu

Charles- Joseph Couthaud, th. doct

Archiues. — Départ, de Maine-el-Loire : 2.3 art. A/oiiuance et domaine (xw s. -1572); invent, de meubles et d'argenterie (XVIII» s.); précis historique par dom .Jean Elye (1787). — Bibl. nat., Paris : nouv. acq. lat. 2473, copie de cartulaire. — Angers, bibl. munie, ms. 1022, notes sur l'abbaye. — Caen, bibl. munie. : coll. Mancel, ms. 4, n. 31, du 28 avr. 1388. — Lille, arch. : 27 H, n. 78, corresp. des abbés de Loos avec ceux de Chaloché (xviii» s.).

Andegauiana, xxviii, 127-33, 9« centenaire de l'abbaye de Chaloché. — M. Aubert, L'archil. cisterc. en France, i, ii, 1943, passim. — Cottineau, i, 673. — J. Denais, L'ahhaye de Chaloché, dans Beviie de l'Anjou hisl., 1873. — Gall. christ., XIV, 720. — Guilloreau, Extr. d'obit. de Chaloché, La Flèche, 1904. — .Tanauschek, Origines cisterc. Vienne, 1877, p. 97.

— Manrique, Annales cisterc, ann. 1148, cap. vu, n. 10; cap. XV, n. 33. — Potthast, Berj., .3048, 5416. 25.J.33. — Statuta cap. gen. ord. Cisterc, i-viii, éd. Louvain, 19.33- 41, passim.

J.-M. Canivez.

CHALON (Amrdée de). Voir Amédée de ChalON, II, 1147.

ALON-SUR-SAONK 286

CHALON-SUR-SAONE.— I. ville. —

I. Site et topographie. II. Histoire sommaire. III. Institutions religieuses. IV. Monuments religieux. V. Conciles.

I. Site et topographie. — Le site de Chalon, Cabillonum, Cabilonnum, Cabito, a été fréquenté par l'homme dès l'époque paléolithique et la ville s'est créée dès qu'il y eut du trafic commercial en Gaule. Elle est située en effet à un coude de la Saône, à l'endroit où celle-ci est le plus rapprochée des plateaux bourguignons et où, jusqu'aux chemins de fer, voyageurs et marchandises passaient de la voie fluviale à la route de terre et inversement. Les objets trouvés dans les dragages de la Saône remontent à l'époque de la Tène, au iii« s. avant notre ère. Chalon était alors le point de départ d'une route qui, en ligne droite, par Beaune, Fleurey-sur-Ouche et Châtillon, menait à la haute vallée de la Seine. A l'époque romaine, la ville fut sur la grande voie d'Agrippa de Lyon au Rhin; de celle-ci s'y détachait un embranchement vers Besançon et un autre vers Autun et Sens. On a reconnu avec précision le tracé de l'enceinte du iii^ s., en forme de demi-ellipse appuyée à la Saône, de 1 300 m. de développement et d'une superficie de 15 hect.; sa position vis-à-vis de l'île S. -Laurent implique l'existence des deux ponts dont la présence de l'île facilitait la construction alors qu'elle aurait compliqué le passage par bac. Cette enceinte romaine est entièrement comprise dans le lit majeur de la Saône; ses fossés, creusés à quelque distance des murs et sans communication avec la rivière, étaient maintenus pleins, quel que fût le niveau de celle-ci, au moyen d'une dérivation amenant l'eau d'une dizaine de km. en amont; cette dérivation date peut-être seulement du haut Moyen Age; c'est à tort en tout cas qu'on y a vu un bras naturel. Au point le plus élevé de la ville, à l'angle sud-ouest de l'enceinte, s'élevait une sorte de donjon, le Chàtelet. Dans le haut Moyen Age apparaît autour de la cité une série de faubourgs : S. -Jean de Maisel ou de Vieil- Maisel {de veteri macello, c.-à-d. de la vieille boucherie et non pas de la léproserie comme on le répète à tort), le long de la voie de Lyon; près de celle d'Autun, autour de l'abbaye S. -Pierre, le bourg S. -André; sur celle de Langres, Ste-Croix, dit aussi S. -Alexandre; la i Massonnière, formée d'une rue unique entre le flanc ouest de l'enceinte et le fossé; Ste-Marie le long de la Saône; en outre, dans l'île, S. -Laurent avec, au delà du bras appelé Genise, les Chavannes ou Eschavannes. Après l'incursion des Grandes Compagnies en 1362, on protégea S. -Jean et la Massonnière par des palissades qui furent reconstruites en briques au milieu du xv s. avec un développement plus considérable; mais l'enceinte était toujours entièrement comprise dans le Ht majeur de la Saône et toujours protégée par la dérivation. De 1547 à 1555 fut construit un nouveau rempart, en pierre, bastionné; il fut poussé jusqu'à la crête du coteau et engloba l'abbaye de S. -Pierre, le bourg S. -André et une partie de Ste-Croix; sa création entraîna la destruction de l'église Ste-Croix et le bouleversement du réseau routier constitué alors encore par les voies romaines. Ste-Marie et S. -Laurent furent également protégés par des fortifications en partie en terre. Après l'occupation passagère par les protestants en 1562, une citadelle fut élevée pour surveiller la ville; elle occupa le point le plus élevé de l'enceinte, là où celle-ci formait un angle qu'il suffisait de couper par une courtine transversale; la construction de ce mur et le dégagement de ses abords amenèrent la destruction complète du bourg S. -André. Le milieu du xvi« s. marque la transformation complète d'une topographie qui n'avait guère changé depuis l'époque romaine.

La citadelle fut déclassée, après de nombreuses

CHALON-S

TJR-SAONE

demandes des habitants, en 1788; l'emplacement en fut loti et coupé par la nouvelle route de Paris; le rempart tourné contre la ville, détruit. Sur la rive gauche de la Saône, un second bras fut creusé en 1789 pour recevoir une partie des eaux en cas de crue. En 1814, la ville était encore entièrement enfermée dans l'enceinte du xvi^ s. où tous les vastes enclos des couvents avaient été morcelés et bâtis; à partir du règne de Louis-Philippe, elle la déborda largement, s'étendant surtout au Nord et à l'Ouest.

II. Histoire sommaire. — Les événements politiques sont relativement rares dans l'histoire de Chalon et celle-ci est avant tout la description de son activité commerciale et du développement de ses institutions. Au moment de l'arrivée de César, la ville faisait partie du peuple des Éduens; en 52, pendant que César était devant Gergovie, les habitants attaquèrent les Romains « qui s'étaient établis là pour commercer ». De l'époque du Haut Empire, nous ne savons que ce qu'apprend l'archéologie : Chalon est avant tout un port où débarquent les amphores de vin du Midi et où l'on charge à destination de la Méditerranée les lingots de plomb de la Grande-Bretagne. Une inscription révèle le culte ofTiciel rendu à la déesse Saône : Deae Sauconnae oppidani Cabilonnenses. Au Bas Empire c'est une ville de garnison où réside le préfet de la flotte de la Saône. De simple castrum la ville devient ciuitas. Dès le ii'' s. le christianisme s'y était introduit (voir Diocèse). Chalon est souvent cité à l'époque mérovingienne; ce fut la résidence de plusieurs souverains, Théodebert d'Austrasie à la fin de son règne, puis Contran (562-93) et son successeur Thierry; l'atelier monétaire est très actif. Puis c'est le silence jusqu'au ix« s. En 834, Lothaire révolté contre son père s'empara de la ville dont le comte, Guérin, avait pris le parti de Louis le Pieux; elle fut incendiée. Au x« s., avec le comte Lambert (t 978), Chalon devint le centre d'un comté qui comprenait non seulement le pagus Cabilonensis ou Chaunois, mais la région qu'on appela plus tard le Charolais. Vers 1079, à la mort du comte Hugues II, le comté fut partagé entre deux de ses neveux et la ville elle-même morcelée également; une des parts, avec le Châtelet, fut bientôt acquise par le duc de Bourgogne; l'autre resta à la branche issue de Gui de Thiers, qui comprit trois comtes du prénom de Guillaume (plutôt que deux comme on l'a cru longtemps), la comtesse Béatrice (1200-27), mariée à Étienne d'Auxonne, puis séparée, et son fils Jean. Guillaume II, par ses violences contre Cluny, provoqua une intervention de Louis VII qui occupa le comté et le tint quelque temps sous séquestre (116C). Jean, en 1237, échangea sa part avec le duc Hugues IV, contre des terres en Franche-Comté, tout en gardant le nom de Chalon. Mais, dans des circonstances mal connues, les évêques s'étaient constitué un domaine temporel important, comprenant une quinzaine de villages et une partie de la ville. On en voit généralement l'origine dans une cession en gage faite par l'un des comtes après le partage de 1080, mais le territoire engagé alors ne correspond pas au domaine épiscopal tel qu'il est connu plus tard. Pour la cité même, il y a peut-être eu un pariage entre l'évêque et le duc. A la fin du xiii<= s., le chapitre et le vicomte ayant renoncé à leur part de juridiction, le statut politique de Chalon fut le suivant : l'évêque possédait Ste-Croix et la Massonnière; S. -André était à l'abbé de S. -Pierre et le reste des faubourgs au duc. Quant à la cité, la partie occidentale en était détenue par le duc et la partie orientale ou « cloître » par l'évêque. Le duc tenait en fief de l'évêque tout ce qu'il possédait à Chalon. Ste-Croix et la Massonnière, mais non le « cloître », relevaient directement du roi et ressortissaient au bailli royal de Mâcon. Tout le reste de l'agglomération était du du-

ché; le duc y avait un bailli, à titre occasionnel d'abord, puis d'une façon permanente depuis le début du xiv« s. Toute la rive droite était du royaume de France, mais S. -Laurent et les Eschavannes étaient en terre d'Empire; le parlement ducal, après avoir rendu à Beaune des sentences dont on pouvait appeler au parlement de Paris, venait à S. -Laurent juger en dernier ressort les causes de la partie du duché sise outre-Saône. Tous les habitants de la cité, sujets du duc ou de l'évêque, constituaient une « communauté », mentionnée déjà en 1221, dont faisaient partie Ste- Marie et, avec une certaine autonomie, S. -Jean et S.- Laurent. En 1254, pour désigner six procureurs chargés de représenter la ville, les habitants devaient donner chacun une délégation individuelle par devant l'ofïicial, suivant les règles du droit privé; mais en déc. 1256, le duc, qui en 1234 avait déjà fixé le chiffre de la taille, créa quatre « prud'hommes », plus tard appelés échevins. L'échevinage, à la tête duquel un maire ne fut placé qu'en 1565, travailla sans cesse à augmenter ses droits et à les étendre à toute la ville au détriment de l'évêque.

La fin du xiii<' s. fut marquée par l'apogée des foires de Chalon. Celles-ci sont citées dès le x« s. (921, 938, 953); vers 1275, alors que leurs revenus étaient morcelés entre le duc, l'évêque, le chapitre et de nombreux seigneurs, le duc Robert II en créa de nouvelles dont il entendit avoir seul le bénéfice; il fut contraint de dédommager les parties lésées, mais garda désormais la haute main sur toutes les foires; il accorda des avantages aux marchands et institua un « maître des foires ». Les foires de Chalon se substituèrent alors partiellement à celles de Champagne et jouèrent un rôle international; les marchands italiens y rencontraient ceux des Pays-Bas; elles se tenaient deux fois par an — les foires froides au début du carême, les foires chaudes en août — au faubourg S. -Jean, partie dans des halles permanentes ou « loges », partie dans les prairies. Le principal objet des transactions était le drap, mais on y vendait aussi les fers, les chevaux, les épices, les pelleteries, la poterie d'étain. La guerre de Cent Ans amena la décadence. Les privilèges accordés par Philippe le Bon et Charles le Téméraire ne purent arrêter le déclin de ces foires supplantées par celles de Genève et de Lyon.

Lors de la réunion du duché de Bourgogne à la couronne, devant les intrigues des partisans de la duchesse Marie et à la suite de cas de rébellions plus ou moins isolés, les représentants du roi se transportèrent à Chalon avec des forces considérables, en mai puis en juill. 1477, pour exiger des habitants le renouvellement du serment de fidélité; la seconde fois douze bourgeois furent exécutés. S. -Laurent fut brûlé dans des circonstances inconnues. Le rattachement du duché au domaine royal amena l'unification de la ville en faisant disparaître la distinction entre territoire royal et territoire ducal; par un accord de 1495, appelé traité de Baudricourt, du nom du gouverneur de Bourgogne qui servit d'arbitre, les échevins se firent reconnaître par l'évêque le droit d'exercer leur juridiction sur les métiers et leur autorité en matière de guet et garde dans toute la ville y compris la Massonnière; seul S.- Laurent conserva une demi-autonomie mal définie qui ne fut supprimée qu'en 1790. Mais la séparation de la Bourgogne et de la Franche-Comté fit de Chalon une ville frontière et elle en subira les inconvénients jus qu'à la fin du xvii* s.; les fortifications furent sans cesse renforcées entraînant à chaque fois de nouvelles démolitions de maisons.

En 1496, lors d'une peste, l'assemblée générale des habitants décida « que l'on mectra sus le jeu et mistère du glorieux ami de Dieu, Monsieur S. Sébastien » et désigna des acteurs et des machinistes qui jurèrent

CHALON-S

UR-SAONE

d'assister « à toutes les récitations générales ». En 1545, le protestantisme est signalé à Chalon; alors que le peuple restait fidèle au catholicisme, la Réforme gagna les bourgeois les plus riches, marchands ou hommes de loi, qui constituaient presque exclusivement l'assemblée des habitants et parmi lesquels se recrutaient les échevins. Ceux-ci laissèrent prêcher à partir de 1559 les ministres François Guilletat, puis Antoine Popilloa; l'année 1561 fut très troublée. A l'annonce de la prise de Lyon par les protestants (29- 30 avr. 1562), les échevins armèrent leurs partisans et agirent en maîtres. Les pillages d'églises commencèrent le 5 mai et se poursuivirent méthodiquement. Les ofTiciers royaux, ne disposant d'aucune force, multiplièrent en vain les concessions, puis quittèrent la ville, qui ouvrit ses portes, dans la nuit du 22 au 23, à l'armée de Montbrun, venue de Lyon. Mais, battus par Gaspard de Tavannes, lieutenant du roi en Bourgogne, dans une escarmouche aux portes de la ville, les protestants évacuèrent celle-ci le 31 mai. Soixantedix-sept condamnations à mort furent prononcées, mais par contumace, et trois personnes seulement furent exécutées, dont le ministre Guilletat. Une garnison permanente installée dans une citadelle surveilla dès lors la ville. Une partie des protestants chalonnais retourna d'ailleurs à l'ancienne religion et Chalon montra un grand zèle pour le catholicisme; en 1568 fut créée une confrérie du S. -Esprit, première forme de la Ligue; en 1576, lors de la préparation des cahiers pour les États de Blois, un « comité de vigilance » catholique signala à la population la tendance modérée des cahiers élaborés dans une assemblée restreinte et les fit reviser dans un sens plus intransigeant. Après l'assassinat du duc de Guise à Blois, Mayenne s'assura de Chalon (18 déc. 1588). Des lieutenants dévoués, aidés à la fin de troupes napolitaines fournies par l'Espagne, conservèrent jusqu'au bout la place à la Ligue, malgré les tentatives des royalistes, malgré l'évêque Pontus de Thiard, partisan de Henri IV, malgré les habitants lassés de la guerre civile. Mayenne se réfugia à Chalon après Fontaine- Française; et la trêve avec le roi fut signée au château de Taisey, à une lieue de la ville. La paix de Folembrai laissa celle-ci comme place de sûreté à Mayenne, sous le gouvernement de son fils pour six ans. Le culte protestant fut interdit pendant ce temps.

Le xvii« s. fut marqué par l'établissement de nombreuses maisons religieuses et par le développement des œuvres d'instruction et d'assistance; les protestants assez nombreux furent en butte à l'hostilité des autorités; leur temple, bâti hors de la ville, sur la rive gauche de la Saône, rasé pour des raisons militaires en 1636, ne fut, sous des prétextes divers, jamais reconstruit; la révocation de l'Édit de Nantes entraîna le départ de plusieurs familles notables. La conquête de la Franche-Comté en 1674 mit fin à la situation de ville-frontière et, au xviii« s., malgré une tutelle administrative étroite qui rendit illusoires les libertés municipales, malgré des finances souvent précaires, l'état de Chalon s'améliora; le commerce se développa; les remparts furent aménagés en promenades; les portes médiévales qui gênaient la circulation, détruites; tout le front de l'enceinte le long de la Saône fut remplacé à partir de 1762 par des quais bordés de beaux immeubles; le canal du Charolais, aujourd'hui du Centre, creusé.

Lors des réformes de la Révolution, Chalon perdit son évêché, Mâcon lui fut préféré comme chef-lieu du département, mais le siège du tribunal y fut fixé. Sous la Terreur, la ville posséda une Société populaire très remuante; de nombreux suspects furent enfermés aux Cordeliers, mais six exécutions capitales seulement eurent lieu. Pendant l'Empire, Chalon bénéficia du blocus continental qui développa les échanges inté-

DicT. d'hist. et de géogr. ecclés.

rieurs : les Chalonnais furent en majorité d'ardents partisans de Napoléon et offrirent une résistance honorable aux Autrichiens en janv.-févr. 1814.

L'introduction des bateaux à vapeur amena l'apogée de la navigation sur la Saône et par conséquent celle de l'activité de la ville comme point de transit. Les premiers projets de chemins de fer prévoyaient seulement une ligne de Paris à Chalon et la voie fut tracée en conséquence. Le prolongement du chemin de fer sur Lyon a mis fin au rôle séculaire de Chalon en tant que lieu de transbordement. C'est actuellement une ville toujours active, mais à cause du commerce local et d'industries assez nombreuses. La [jopulation, qu'on peut évaluer à 4 000 hab. pour le castrum romain, s'élevait, pour la ville entière, à 7 000 hab. en 1700 (par suite des destructions du xvi« s., ce chiflre est certainement inférieur à celui du Moyen Age), à 11 000 au début du xix«s. et à 20 000 sous le second Empire; elle est de plus de 30 000 actuellement.

III. Institutions religieuses. — 1° Paroisses et cimetières. — Les anciennes paroisses de Chalon étaient S. -Vincent et S. -Georges (voir plus loin Chapitres), qui se partageaient le territoire de la cité; S. -Jean de Maizel; S. -André dont l'église fut détruite en 1562 et le territoire uni à S. -Georges; Ste- Croix, dont dépendaient deux chapelles, S. -Alexandre (à laquelle, au xiii" s., était jointe une recluserie), et S.-Jean-des-Vignes qui, après la destruction de l'église Ste-Croix en 1547, devint le siège de la paroisse désormais extérieure à la ville; Ste-Marie et S. -Laurent. Sauf S. -André qui appartenait à l'abbaye S.- Pierre, ces églises étaient des prieurés et dépendaient d'abbayes hors de Chalon : S. -Jean, de Cluny (depuis le x« s.); Ste-Marie, ancienne abbaye, de Fructuaria en Piémont (1024) puis de S.-Bénigne de Dijon (1087- 1778); S.-Laurent, de S.-Marcel, puis de l' Ile-Barbe près de Lyon (1070-1760); Ste-Croix, de l'abbaye, puis collégiale S. -Pierre de Mâcon. La vie conventuelle y cessa très tôt. Le Concordat ne rétablit que deux paroisses : S. -Vincent et S. -Pierre, celle-ci dans l'église ci-devant abbatiale; il s'y ajouta, en 1855, S.-Cosme, commune alors annexée à Chalon et dont le curé sous l'Ancien Régime était souvent compté dans le clergé de la ville, puis au xx« s. le Sacré-Cœur et Ste-Thérèse. S. -Jean, Ste-Marie, S.-Laurent, Ste- Croix possédaient leur cimetière, mais les défunts de la cité, y compris évêques et chanoines, continuaient d'être ensevelis dans la nécropole gallo-romaine située sur le coteau à la bifurcation des voies d'Autun et de Langres; la tradition romaine s'était sans doute conservée grâce à l'abbaye de S. -Pierre qui, établie à l'emplacement du cimetière antique, bénéficia du monopole des inhumations. Ce n'est qu'en 1284 qu'un cimetière, avec une chapelle Notre-Dame, fut créé à la Motte, à l'est de la cité; S. -Pierre dut reconnaître son existence en 1301. En 1375 seulement, l'évêque Nicolas de Vères obtint du pape l'autorisation pour les évêques et les chanoines de se faire inhumer dans la cathédrale; dès lors les laïcs aisés élirent aussi leur sépulture soit à S. -Vincent, soit dans les différents couvents ; le cimetière de la Motte servit à la sépulture du commun jusqu'à 1778, date à laquelle les inhumations dans les églises cessèrent et où un nouveau cimetière fut aménagé plus loin de la ville.

2° Chapitres. — Le chapitre cathédral S. -Vincent apparaît à la fin du ix® s. Dès la fin du siècle suivant, chaque chanoine avait sa maison particulière; soumis de nouveau à la vie régulière, sans doute depuis la réforme grégorienne, le chapitre fut encore une fois sécularisé à une date indéterminée après 1218. Le nombre des chanoines, qui varia officiellement de vingt à trente, fut en fait le plus souvent inférieur à ces chiffres; le droit de collation aux prébendes appar-

C IIA L()\-SI' H-S A ONK

tenait au chapitre seul qui l'exerçait tantôt eu corps, tantôt individuellement. Le chef du chapitre fut d'abord le prévôt, qui disparut à la fin du s. (le prévôt du cloître des xiii« et xiv« s. est un oflicier subalterne), puis le doyen ; ensuite venaient le chantre et le trésorier. Les chanoines, astreints à fort peu de résidence, se faisaient assister ou suppléer par quatre prébendiers, deux sous-chantres, et des « choriaux » ou prêtres habitués, dont le nombre à la fin du xV s. dépassait cinquante. La cure de S. -Vincent était unie au chapitre et les fonctions curiales exercées par un chanoine, puis, à partir du xv^ s., par un vicaire perpétuel amodiateur. Les rapports furent souvent tendus entre le chapitre et l'évêque qui prétendit quelquefois au droit de présentation aux prébendes ou à la juridiction sur les chanoines. Le chapitre était sous la garde royale, mais ses possessions, divisées en neuf vidamies, relevaient du duc et non pas directement du roi.

L'église S. -Georges est citée dès 834; elle était paroissiale sous le patronage de l'abbaye de S. -Pierre lorsque Odard de Bourgogne, sire de Montaigu, y créa en 1323 un chapitre auquel fut unie la cure, confiée d'abord à un chanoine, puis à partir du xvii« s. à un vicaire perpétuel. 1-e nombre des chanoines, théoriquement de douze, puis de treize, plus le doyen, fut toujours plus faible; il y avait aussi des choriaux.

3° Abbayes urbaines. - - L'abbaye bénédictine d'hommes de S. -Pierre s'éleva d'abord sur le coteau au nord-ouest de la ville, au milieu de la nécropole romaine et probablement sur le tombeau d'un saint ])ersonnage. La tradition attribuait sa fondation à S. Flavius, évèque au vi<= s., mais son existence n'est formellement attestée qu'en 864, lorsque l'évêque Gerbaud la réforma. L'abbaye fut sous la garde royale jusqu'en 1285, date à laquelle le roi abandonna ce droit au duc. L'essentiel de l'histoire du monastère dans cette première partie de son existence consiste dans la longue querelle qu'il soutint contre les évêques au sujet du droit exclusif d'inhumation qu'il prétendait posséder, ainsi que nous l'avons vu, querelle dont l'incident le plus violent se produisit en 1333 lorsque les moines attaquèrent et dispersèrent à la sortie de la ville le convoi funèbre de l'évêque Bertaut de la Chapelle qui avait demandé à être enseveli dans son village natal. Le 7 mai 1562 les protestants Saccagèrent l'abbaye et expulsèrent les moines; elle fut ensuite englobée dans la citadelle et transformée en caserne, l'église rasée. On a des descriptions assez précises du monastère à cette époque, fortifié, avec une grande église à deux clochers, riche en reliques et en œuvres d'art. Les moines, après plusieurs asiles temporaires, achetèrent des maisons au faubourg S. -Jean en 1570 et y reconstituèrent leur abbaye; ils construisirent une chapelle (consacrée en 1580), puis des bâtiments conventuels (1684-86), enfin de 1698 à 1713, sur les plans du bénédictin dom Vincent Duchesne, une église plus vaste, aujourd'hui paroissiale. L'abbaye s'affilia à la Congrégation de S.-Maur en 1662. En 1768 il n'y avait plus que huit religieux, et quatre en 1790, bien que les revenus n'eussent cessé de croître de la fin du xvi« s. à la Révolution, atteignant près de 10 000 livres en 1768, car le domaine hors de Chalon était très important.

Lancharre est un hameau de la commune de Chapaize, canton de .S.-Gengoux. Le monastère est cité au début du XIII* s. avec le titre de prieuré. Malgré la qualification de sanctimoniales ordinis Sancli Benedicti donnée aux religieuses, ce fut plutôt pendant toute la première partie de son existence un collège de chanoinesses nobles; elles avaient chacune une maison avec jardin et des domestiques. Depuis 1542 les archiprieures, comme on disait, étaient nommées par le roi et toujours choisies dans la puissante famille du Blé

j d'Huxelles. Marie du Blé, nommée en 1611, procéda à ' une réforme complète du monastère. Ayant obtenu l'autorisation de l'évêque et, grâce à son frère, gouverneur de la ville, celle de la municipalité, eUe acquit des terrains à Chalon au faubourg S. -Jean et y transféra le monastère conformément aux prescriptions du concile de Trente (1626): puis elle rédigea une constitution inspirée de la Règle de S. Benoît; l'évêque approuva cette règle et donna à la prieure le titre d'abbesse (1638), ce qui fut approuvé par le pape en 1666. Seize religieuses adoptèrent la réforme ; quelques-unes seulement la refusèrent et restèrent jusqu'à leur mort à Lancharre oîi subsiste une partie de l'église romane, avec de belles pierres tombales des xiii" et xiv« s. La vie du monastère demeura dès lors régulière et fervente; il y avait vingt-sept religieuses à la fin du xvii« s. Les abbesses furent en règle générale choisies par le roi parmi les plus nobles familles de la région. Les revenus s'accrurent, passant de 2 700 livres en 1667 à 13 400 en 1786. De Lancharre dépendirent les deux prieurés de Puley et de La Chaux (voir Diocèse).

4° Autres établissements religieux. — Couvents d'hommes. — Les carmes s'établirent au faub. S. -Jean en 1324; les cordeliers, dans l'île S. -Laurent en 1451. Les minimes furent appelés par Mayenne en 1595. Les ! capucins s'installèrent en 1604 à S. -Jean-des- Vignes, 1 aux i)ortes de la ville. Les oraloriens offrirent en 1624, ; sans résultat, de se charger du collège; ils créèrent I néanmoins une maison qui devint en 1675 le séminaire diocésain. Le collège, mentionné dès la fin du xv s. à son emplacement actuel et dirigé par la municipalité sous le contrôle du chantre de la cathédrale, fut cédé en 1634 aux jésuites, grâce à l'intervention du prince de Condé, gouverneur de la province, les protestants et le parlement de Dijon ayant fait échouer toutes les tentatives effectuées dans ce sens depuis 1608; après l'expulsion des jésuites, le collège fut confié à un principal laïc qui entra en conflit avec le Bureau, puis en 1784 aux prêtres missionnaires de S. -Joseph ou joséphisles de Lyon.

Couvents de femmes. — Un couvent de clarisses fut fondé en 1328 au faub. Ste-Marie: la discipline s'étant très relâchée, elles furent remplacées en 1611 par des carmélites venues de Dijon. Les jacobines s'installèrent en 1621 au faub. S. -André; les ursulines en 1627 (après un échec en 1616) et les visiiandines en 1636 s'établirent au faub. S. -Jean.

5° Ordres militaires. — Les templiers avaient au faub. S. -Jean une commanderie qui est citée depuis le début du xii^' s. ; elle relevait du grand prieuré de Champagne et était le chef-lieu d'une « baillie » dont dépendaient huit maisons (voir Diocèse). Tout à côté s'élevait une maison de l'ordre de S.-Jean de Jérusalem ou de l'Hôpital, mentionnée en 1333, qui dépendait de la commanderie de Bellecroix. Sa chapelle était dédiée à Ste Croix et il ne faut pas la confondre avec la paroissiale de ce nom. Malgré la cession en 1312 des biens de l'ordre du Temple à celui de l'Hôpital, les deux établissements chalonnais restèrent distincts et en 1646 le commandeur de Bellecroix céda le sien aux religieuses de Lancharre.

6° Assistance. — Les hospitaliers de S. -Antoine de Viennois, ou antonins, eurent une commanderie dans la cité depuis 1240 environ; elle subsista jusqu'à la suppression de l'ordre en 1777. Cinq douzièmes des biens furent attribués à l'ordre de Malte, le reste au chapitre cathédral. Il est à remarquer que les archives de cette maison, transférées à la commanderie de Pont-à-Mousson, sont actuellement aux archives de Meurthe-et-Moselle.

Une léproserie ou Maladière, avec une chapelle sous le vocable de la Madeleine, existait à 1 km. environ de la cité, le long de la route de Chagny; elle était encore

r.HAI.ON-SUR-SAONE

utilisée comme telle au début du xvi« s. On la confond souvent à tort avec l'hôtel-Dieu S.-Éloi, cité depuis le xiii« s. et qui est peut-être le xenodochium dont Grégoire de Tours attribue la fondation à l'évêque S. Agricole. Cet hôtel-Dieu se trouvait à proximité de la porte septentrionale de la cité, sur la voie d'Agrippa. Il était administré par un maître ou recteur. Lors de l'inva- .sion suisse en 1513, il fut rasé avec une partie des bourgs S.-André et Ste-Croix. Après un rétablissement provisoire dans le même quartier, l'hôpital fut reconstruit dans rUe S.-Laurent de 1528 à 1546 et administré par la ville avec une communauté de » sœurs servantes » organisée en 1632 sur le modèle de celle de l'hôtel-Dieu de Beaune.

'L'hôpital général, ou hospice S. -Louis, ou Charité, destiné aux vieillards, aux orphelins et aux vagabonds, fut projeté en 1682 par l'évêque. L'opposition de la municipalité retarda la réalisation jusqu'en 1685; situé au faub. Ste-Warie, il fut desservi par des religieuses d'un ordre spécial, puis par des sœurs de S. -Vincent de Paul. Celles-ci, depuis 1660, administraient une œuvre fondée par des laïcs et appelée la Providence.

IV. Monump;nts religieux. — Les bâtiments conventuels du nouveau S. -Pierre, de Lancharre, des cordeliers, des ursulines, des visitandines, datant du xvii» s., subsistent presque intacts, ainsi que l'église du Temple, du xiii" s., et la nouvelle église S. -Pierre, très modifiée; il reste des parties importantes de la chapelle des carmes (xv s.) et quelques vestiges intéressants de Ste-Marie (xi«-xv^ s.); du premier S. -Pierre demeurent deux bâtiments, surtout du xv s., dans l'un desquels a été établie en 1852 une chapelle surmontée depuis 1873 d'une statue de la Vierge en exécution du vœu fait par la ville en 1870. L'hôpital qui, outre un bâtiment du xvi« s., encore tout gothique, comprend des constructions de toutes les époques, a perdu en 1854 son ancienne chapelle - grande salle des malades, mais en conserve les vitraux (milieu du xvi« siècle).

La cathédrale S. -Vincent paraît avoir occupé de tout temps l'emplacement actuel contre le rempart romain; son vocable est attesté dès le début du vi<^ s.; tout ce qui a été dit au sujet d'un vocable antérieur et sur les circonstances de son changement est hypothétique ou erroné. La cathédrale est orientée au Nord- Est, avec une brisure très nette de l'axe. Les deux absidioles, les collatéraux voûtés d'arêtes, les croisillons du transept presque entièrement recouverts de berceaux brisés, les piliers et les grandes arcades du chœur et de la nef sont romans et appartiennent au type clunisien caractérisé par l'emploi fréquent de l'arc et du berceau brisés et de pilastres cannelés (les cannelures des piliers de la nef sont modernes); on peut les dater du xii*" s. ; l'absidiole sud peut être du xi«. Au xiii« s. on entreprit de reconstruire la cathédrale sur le même plan sans déambulatoire, mais avec une plus grande élévation; l'abside tout entière et la partie supérieure du chœur et de la croisée présentent les caractères du gothique bourguignon du xiii« s. : fenêtres étroites, galeries de circulation au-dessus du triforium, têtes sculptées à la retombée des arcs; c'est sans doute l'œuvre du doyen Artaud de Varennes vers 1230. Une seconde campagne commença au début du XIV' s. ; sur la partie inférieure romane on construisit alors le triforium de la nef, les fenêtres hautes et la toiture; les voûtes entreprises à la fin du xiv s. furent terminées en 1439. En 1460 commença la démolition du clocher nord de la façade; en 1486 on replaçait les cloches dans le nouveau clocher qui ne fut jamais entièrement terminé et resta recouvert d'une toiture provisoire; au Sud subsista un clocher très simple, roman ou plus ancien, dont la flèche fut remplacée

I vers 1660 par un dôme à lanterne. A partir du début du xv" s. jusqu'au xvr s., on construisit les chapelles latérales et on multiplia les autels; le chœur, qui comprenait la croisée du transept, fermé en avant par un jubé du xiii' s., fut clos des deux côtés par de petites chapelles jointives du type des chantry chapels anglaises, cas à peu près unique en France. La cathédrale fut saccagée par les protestants en 1562; en 1778 les chanoines démolirent jubé, chapelles de la clôture du chœur, autels, tombeaux; la Révolution détruisit ou endommagea gravement les clochers. Les restaurations du xix« s. furent souvent malencontreuses : reconstruction des clochers de 1827 à 1844 dans un style néo-gothique très contestable, réfection de chapiteaux, remaniements intérieurs exécutés sans goût. Au nord de la cathédrale, l'ancien évêché, surtout du xvii« s., possède encore une tour d'enceinte médiévale.

I Au Sud le cloître, morcelé à la Révolution, a été

I reconstitué; il présente encore trois galeries des xiv<=

î et xv^ siècles.

I V. Conciles. — Trois conciles rassemblèrent à Cha- I Ion les évêques de tout un royaume mérovingien : celui I de 579, convoqué par Contran, déposa les évêques d'Embrun et de Gap; celui de 603, à l'instigation de Brunehaut, déposa S. Didier, évêque de Vienne; le troisième, réuni le 25 oct. d'une année indéterminée, entre 643 et 652, par Clotaire II, promulgua vingt canons de discipline ecclésiastique. Le concile réuni en 813 par Charlemagne fut l'un des plus importants de la fin du règne; puis il n'y eut plus que des. synodes provinciaux; celui de 873, rassemblé à S.-Laurent, attribua à l'abbaye S. -Marcel cette église, reprise par l'évêque de Chalon; celui de 894, tenu à S. -Jean de Maizel, acquitta un moine accusé d'avoir empoisonné l'évêque d'Autun Augier. Au xi« s., trois conciles provinciaux furent tenus par les légats pontificaux, en 1056, 1064 et 1072, ce dernier comprenant aussi des prélats des provinces de Vienne et de Besançon; celui de 1064 fixa les droits de Cluny à l'encontre de l'évêque de Mâcon. D'autres conciles se tinrent à l'abbaye S. -Marcel (voir ce nom).

La plus ancienne histoire de Clialon, De l'origine des Bourgongnons... plus ilcs antiqiiilez d'Autun, de Chalon, de Mascon... (Paris, 1581, in-fol.), par P. de Saint-Julien de I Balleure, bien que publiant des documents, n'est plus utile \ aujourd'hui que par une vue cavalière de la ville et le téinoi- ' gnage de l'auteur, doyen du chapitre cathédral, sur les événements contemporains. — L'ouvrage fondamental reste celui du jésuite Cl. Perry, Hist. civile et ecclésiastique, ancienne et moderne, de la ville et cité de Chalon (Chalon, 1659, in-tol.), rédigée dans un ordre strictement chronologique, mais bien informée. — L'illustre Orbandale ou l'histoire ancienne et moderne de la ville et cité de Chalon (Chalon, 1662, 2 vol. in-4'>), du minime L. Bertaut, prolixe et au plan compliqué, n'est intéressante que par les documents qu'elle donne. — Les histoires de V. Fouque (1844) et de l'abbé L. Chaumont (1885; 2' éd., 1915) sont des compilations à I peu près sans valeur.

; Les principales études relatives à l'histoire et à l'archéoj logie religieuses et donnant la plupart une bibliographie ] sont, dans l'ordre de la notice ci-dessus : P. Gras, Les fortifications et la topographie anciennes de Chalon, dans Mém. de la Soc. d'hist. et d'archéol. de Chalon, xxx, 194,3. — M. Canat, Précis concernant « le jeu et mistère de Monsieur S. Sébastien », joué à Chalon-sur-Saône en 1497, dans Bull, du Comité des travaux historiques, ii, 1850; P. Uesnard, Les débuts de la Réforme et la confrérie du S.-Esprit à Chalon, I .\utun, 1922, 19 p. — H. Batault, Notice hist. sur les hôpitaux de Chalon, Chalon, 1884, in-S"; Essai hist. sur les écoles de Chalon, dans Mém. de la Soc. d'hist., vi, P« part., 1872; Notice hist. sur l'abbaye des bénédictines de Lancharre, ibid., lu, 1'" part., 1851-5.3; P. Besnard, Recherches hist. sur l'abbaye de S.-Pierre de Chalon, Autun, 1910-12, 2 brochures in- I 8°; Les cordeliers et les cordelières de Chalon, dans Revue d'hist. franciscaine, iv, 1927, n. 4; Les capucins de Chalon, ibid., VI, 1929, n. 1 ; Les processions à Chalon .lous l'Ancien Régime, Autun, s. d., 36 p. — P. Gras, Les anciennes cha-

CHALON-SUR-SAONE

pellex de la. calhédralf S.-Vinrent. dans yifrn. de la Snc. d'hisl.. xxxr. 1940.

II. DIOCÈSE. — I. Origines. II. Étendue et circonscriptions. III. Liste des évêques. IV. Établissements religieux.

I. Origines. — La tradition considère comme apôtre du Chalonnais S. Marcel, martyrisé près de Chalon dans le village qui porte aujourd'hui son nom,

compagnon de S. Valérien martyrisé à Tournus. Ses .\ctes le rattachent à la persécution lyonnaise sous Marc-Aurèle et sa mort se placerait donc en 177 ou peu après. Certains passages incompréhensibles de cette Passion semblent altérés ou interpolés, mais l'existence même du saint, objet d'un culte ancien dans un grand nombre de diocèses, paraît incontestable. Dans la Notitia dignitatum, au début du s., Chalon est encore qualifié de castrum; la ville appartenait

Carte de l'ancien diocèse de Chalon-sur-Saône.

Léyende. du plan rte la ville. A, Cité; B, faubourg S. -Jean de Maizel avec ses deux enceintes du xiv» et du xv s.: C, S. -André; D, Ste-Croix; E, La Massonnière; F, Ste-Marie; G, S. -Laurent; H, Les Eschavannes. — 1, cathédrale S. -Vincent; 2, Les Antonins; 3, Collégiale S. -Georges; 4, Les Oratoriens; 5, Les Carmes; 6, Maison des Hospitaliers, puis abbaye de Lancliarre; 7, le Temple; 8, nouvelle abbaye de S. -Pierre; 9, S. -Jean de Maizel; 10, les Ursulines; 11, les Visitandines: 12, Hôtel-Dieu S.-Éloi, puis .Jacobines; 13, Ste-Croix; 14, S. -André; 15, ancienne abbaye de S. -Pierre, devenue citadelle; 16, S. -Jean des Vignes; 17, Les Capucins; 18, Collège; 19, Chapelle de la Motte et cimetière; 20, les Minimes; 21, la Charité; 22, les Clarisses, puis les Carmélites; 23, Ste-Marie; 24, le nouvel hôpital; 2.">, S. -Laurent; 26, les Cordeliers.

CHALOiN-S

Page 1