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C. Laplatte

CHALUS (AiMEWic UE). Voir Aimeric de Cha- Lus, I, 1174-76.

CHAM. Voir (^hammuensi ek.

CHAMALIÈRES,

Arvernensc, dans les dioc, caut. et arr. de Cleriiiont (Puy-de-Dôme). Le comte de S.-Geiiès, sur le conseil de l'évêque S. Prix ( Praejectus ) , y fonda, vers 665, une abbaye de moniales sous les règles des SS. Benoît, Césaire et Colomban. Par la suite, celle de S. Benoît seule prévalut. Cinq églises y furent édifiées; celle de S. -Pierre était occupée par les moniales, celle de Ste- Cécile par les moines. Au xvii« s., ces communautés furent remplacées par un collège de douze chanoines.

— On y conservait le corps d'une Ste Thècle. A la reconnaissance qu'on en fit, en 1684, on découvrit une inscription du ix« s. identifiant cette sainte locale, ou soi-disant locale, avec Thècle, la martyre d'Iconium, supposée contemporaine de S. Paul. — L'église principale fut reconstruite en partie au xii« s. et au xvii« s. Son entrée est précédée d'un narthex remarquable.

Beaunier-Besse, Abbayes et prieurés de l'aiir. France, V, 88. — Cottineau, 676-77. — H. et E. du Banquet, Église j de Cit. près de Clermont-Ferrand, dans Rev. d'Auvergne, i XLVi, 1932. p. 1-68. — Gall. christ., n, 321. — Mabillon, | Ann., 1, 328. — G. Morin, La formation des légendes provençales, dans Rev. bénéd., xxvi, 1909, p. 24-31. — - Tardieu, Hist. de Montferrand et de Chamalières, Clermont, 1876.

R. Van Doren.

CHAMARD (Dom François), bénédictin, né à Cholet (Maine-et-Loire) le 16 avr. 1828, ordonné prêtre le 17 déc. 1853, entra à Solesmes le 14 août 1854, fut envoyé à Ligugé le 23 juin 1865; de 1890 à 1894 fut prieur de S.-Maur de Glanfeuil. Réfugié en Belgique par suite des expulsions, il mourut à Chèvetogne le 9 juill. 1 908. — Dom Chamard s'occupa de l'histoire du Poitou et publia, en 1863, les Vies des saints personnages de l'Anjou. Il s'intéressa surtout à l'étude des origines chrétiennes et à l'histoire apologétique de l'Église, et dans son ouvrage Les Églises du monde romain et notamment celles des Gaules pendant les trois premiers siècles (1873), se fit l'âpre défenseur de l'apos- j tolicité de ces églises. Sous forme d'annales (1869-89), il continua l'Histoire ecclésiastique de Rohrbacher. Son meilleur travail traite des Reliques de S. Benoît (1882); il établit le caractère historique de la translation au vi« siècle.

Bull. S. Mart. et S. Ben., xvi, 308-12. — P. de Montsabert. Le R. P. dom Chamard, dans Bull. S. Mort, et S. Ben., XVII, 1909, p. 108-17; Id., Dom Fr. Chamard, Ligugé, 1909.

— Polybiblion, 1908, p. 177. — «eu. d'hist. eccl., ix, 1908, p. 642. — Catholicisme, ii, 878.

R. Van Doren.

CHAMAY (Henri de), O. P., remplaça comme inquisiteur du Languedoc Jean Duprat, nommé évêque fl'fivreux le 11 avr. 1328, et exerça sa charge jusqu'il la date de nomination de son successeur, .\yinoii de Caumont (20 janv. 1337). Ses actes de pro-

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cédure sont inclus aux mss. A'XF// et xxviii du fonds Doat à la Bibl. nat. de Paris. On lui doit en particulier le renouvellement par Philippe VI de Valois des privilèges accordés aux inquisiteurs par les rois de France {Ordonnances des rois de France, ii, Paris, 1723, p. 40). Le roi fit plus encore, en signifiant aux sénéchaux de Nîmes, de Carcassonne et de Toulouse de les respecter (Hist. de Languedoc, x. Toulouse, 1889, Preuves, col. 37-38).

C. Douais, Documents pour servir à l'histoire de l'Jnguisition dans le Languedoc, Paris, 1900. — Lea, Hist. de l'Inquisition, trad. S. Reinach, ii, Paris, 1900-02. — J.-M. Vidal, Bullaire de l'Inquisition au XIV' s., Paris, 1913 (voir la table des matières).

(i. MOLLAT.

CHAMBARAND, Campus «ru/irfw.s, abbaye de cisterciens-trappistes fondée en 1868, près de Roybon. dép. de l'Isère, dioc. de Grenoble. Mgr Ginouilliac. avant de quitter le siège de Grenoble pour relui de Lyon, avait acheté le terrain nécessaire, l'abbé Coiubalot avait fait don d'une ferme qu'il possédait dans cette même région, et l'abbé de Sept-Fons, Jehan, baron de Durât, avait envoyé une colonie de ses moines. Les débuts furent extrêmement pénibles en raison du sol ingrat; deux prieurs s'y succédèrent rapidement : dom Alphonse quitte en 1870 et dom Jérôme Guénat en 1873. Le troisième, dom Antoine Gaillard, devint abbé en 1878. Dom J.-B. Chautard le remplaça en 1897 jusqu'à son élection à Sept-Fons en 1899. Depuis lors des moniales trappistines ont remplacé les moines.

E. Beaumont, Sept-Fons moderne et contemporain (1789- 1936), Moulins, 1938. — Janauschek, Origines cisterc. Vienne, 1877, p. lxxvi. — Nortet, N.-D. de la Trappe de Chambarand, Grenoble, 1876.

J.-M. Canivez.

CHAMBARLHAC (Philippe de). Natif du Périgord, il étudia le droit civil et acquit les titres de professeur et de docteur. La i)rotectiou du cardinal Arnaud de Via, neveu de Jean XXII, lui procura des bénéttces, canonicats et prébendes à Mende et à S. -Pierre de Rome (27 et 28 déc. 1326), qu'il put cumuler avec ceux de S. -Front de Périgueux — la provision datait du 20 juin 1324 — et de Compostelle (24 sept. 1332). L'archidiaconé de Gand et un canonicat à Tournai (4 oct. 1333) lui échurent encore (G. Mollat, Lettres communes de Jean XXII, v, n. 19795; vi, n. 27391 et 27396; xii, n. 58443; xiii, n. 61667, 61668). — Le 1" sept. 1332, Philippe recevait de la Chambre apostolique 40 florins d'or afin d'atteindre Rome, où le pape l'avait chargé de veiller à la bonne gestion des offrandes déposées sur l'autel de la confession, à S.- Pierre (K. H. Schâfer, Die Ausgaben der apostolischen Kammer unter Johann XXII., Paderborn, 1911, p. 536, et G. Mollat, op. cit., xii, n. 58391). Un document du 30 nov. 1332 (ibid., n. 59050) lui attribuait le titre de chapelain pontifical et un autre du 20 juin 1333 {ibid., n. 60597) celui de vice-recteur du patrimoine de S. -Pierre. Dès sept. 1332, Philippe avait été mandaté afin de recevoir la soumission de Viterbe, révoltée contre l'Église romaine. Il prit possession des clefs de la ville et du château de Sipicciano et leva toutes les sentences d'excommunication précédemment promulguées contre les rebelles. Jean XXII apprécia ses talents et le dota de la lourde charge de recteur du patrimoine (1" juill. 1333) (Mollat, op. cit., xii, n. 61317).

La pacification du domaine ecclésiastique exigeait de l'habileté et de l'énergie : Philippe arracha, par la force des armes, Orchia, qu'avait usurpé Lando Gatti, et réduisit à l'impuissance un agent de désordres. Amelia cl Todi donnèrent aussi de gros soucis au recteur. Jean XXII n'eut qu'à se louer de son zèle. Légiste

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avant tout, son serviteur lidèle voulut mettre un terme définitif aux contestations perpétuelles que les sujets de l'Église soulevaient à tous instants, en commençant la recollection des parchemins attestant les droits que possédait le S. -Siège. Le fruit de ses recherches formera l'amorce du précieux Regislram curiae patrimonii beali Pétri iii Tiiscia, encore existant aux Archives Vaticanes.

Remplacé par Hugues Augier le 13 sept. 1335, Philippe fut destiné par Benoît XI l à la carrière diplomatique (J.-M. Vidal, Lettres patentes et closes de Benoît XII, I, n. 527). En 1336, il franchit les Pyrénées afin d'amener le roi de Majorque et le vicomte de Rocaberti à conclure des trêves (Vidal, op. cit., n. 835-39, 845 et 895). Des lettres de créance du 4 déc. 1336 lui enjoignirent de liavaillcr à conclure la jjuix entre Philippe \1 du N'alois el Édouard III, roi d'Angle terre. Des aniliassadeurs des deux princes avaient solhcité de Benoit Xll de s'interposer entre eux. Mais les exigences du roi de l-rance rendirent stériles les négociations entamées et Philippe de Chambarlhac reçut des lettres de rappel, le 6 févr. 1337 (G. Daumet, Lettres closes, patentes et curiales de Benoît XII, n. 238, 241, 244, 246 et 270). Il fut plus heureux dans la suite, en rétablissant la concorde entre la maison de Savoie et les dauphins de Vienne qui étaient en lutte depuis de longues années (ibid., n. 335 et 357). Le 30 janv. 1338, une dernière tâche lui restait à accomplir, celle de lutter contre les usurpateurs des biens ecclésiastiques qui avaient profité des bouleversements politiques en Savoie et en Dauphiné pour arrondir leurs domaines ; leur faire rendre gorge fut difficile {ibid., n. 402 et 403).

A un homme qui avait bien servi l'Église, une récompense s'imposait. Benoît XII le pourvut de l'évêché de Sion (22 mai 1338) et Clément VI de l'archevêché de Nicosie (25 sept. 1342). Transféré sur le siège de Bordeaux le 21 juiU. 1360, Philippe de Chambarlhac mourut en juin 1361, à S.-Thibéry (Hérault).

Œuvres. - Rapport sur la situation politique du patrimoine de S. -Pierre adressé au pape et publié par R. Cessi, Roma ed il patrimonio di San Pietro in Tuscia dopo la prima spedizione del Bavaro, dans Archivio délia società romana di storia patria, xxxviii, 1914, p. 57-86.

M. Antonelli, Vicende delta doniinazione puiitificia nel pa- Irimonio di San Pielro in Tuscia dalla Iraslazione delta Sede alla reslaurazione delV Albornoz, Rome, 1904, p. 75-82 et 198. — P. Fabre, Registruin curiae patrimonii Reati Pétri in Tuscia, dans Mélanges d'archéol. el d'hist., ix, 1889, p. 298- 320. — A. Sorbelli, Vilerbo nella storia delta Chiesa, i, Viterbe, 1007. — C. Calisse, / prefeiti di Vico, Home, 1887. - - A. Theiner, Codex diploinaticus dominii temporulis Sanctae Sedis, I et ii, Rome, 1861. — G. Krmini, 7 rettori provinciali delta slato delta Chiesa, (la Innocenzo III ail' Albornoz, dans Rivista di storia del dirilto italiano, iv, 1931, p. 29-101. — J. Gremaud, Rull. de la Soc. d'bisl. et d'archéol. du Périgord, VI, 1879, p. 273-76. — De Mas-Lastrie, dans Archives de la Soc. de l'Orient latin, u, part. I, 1884, p. 267-72. — Mémoires et documents de la Soc. d'hist. de Suisse romande, 1876-80, XXX, 577-78; xxxii, 141-44. — H. de Montégut, Philippe de Chambarlhac, évègue de Siou, arclievèque de Rordeaux, dans Rull. de la Soc. d'hist. et d'archéol. du Périgord, xxxiv, 1907. — Gall. christ., u, 836.

G. MOLLAT.

CHAMBÉRY. — l. ville. — I. Histoire sommaire. II. Cathédrale. III. Ste-Chapelle. IV. Églises paroissiales. V. Établissements religieux.

I. Histoire sommaire. — La ville de Chambéry est construite au pied de la colline au haut de laquelle se trouvait la station romaine de Léinenc, mentionnée par V Itinéraire d'Antonin (Lemnicum) et par la Table de Peutinger (l.emencum). Elle est située dans inie petite vallée au sol sablonneux et maivcageux, ([u'arrosent les torrents de la Leysse et de l'.Mbane, à la

jonction des routes de Lyon, de Grenoble, de Genève et de l'Italie.

Les premières mentions de Chand)éry (Camberiacum) ne remontent pas plus haut que le xr' s. En 1288. le comte de Savoie. Amédée V le (irand, lit l'acquisition du château qu'il agrandit et fortifia, pour y fixer : sa résidence et faire de Chambéry sa capitale. Amé- . dée VI, dit le comte Vert, commença en 1371 la construction de nouveaux remparts; et l'érection de la i Savoie en duché, en 1416, donna à la ville un éclat nouveau par la cour nombreuse et brillante qui vint s'y fixer.

Chambéry tomba aux mains des Français en 1536, sous le règne de François l'"'; et l'occupation dura jusqu'au traité du Cateau-Cambrésis, en 1559. qui restitua le duché au tluc Emmanuel-Philibert. En 1562. celui-ci. ; sans doute pour elle |>lus à l'abri en cas de nouvelle j guerre, li\a sa résidence à Turin, laquelle devint bienj tôt la capitale du duché. Chambéry ( ounul de nouveau l'occupation française sous Henri l\ . de 1600 à 1601; sous Louis XIIL de 1630 à 1631, et sous Louis XIV, de 1703 à 1713. Pendant la guerre de Succession d'Autriche, ce furent les Espagnols qui entrèrent dans la ville à deux reprises, en 1 742 et en 1 743. I En 1792, les Français s'emparèrent encore de Cham- 1 béry, y amenant la Révolution qui en fit le chef-lieu du 1 nouveau département du Mont-Blanc; situation qui ' dura jusqu'au traité de Paris, en 1815. Enfin, en 1860, j par l'annexion définitive de la Savoie à la France, Chambéry devint le chef-lieu du département de la Savoie. Ajoutons que la ville connut encore l'occupation allemande de 1942 à 1945.

Au cours de son histoire, en plus du joug que l'étranger lui fit subir à maintes reprises, Chambéry eut plusieurs fois à souffrir de grandes calamités, comme furent les inondations provoquées par des pluies torrentielles en 1550, 1551 et 1553, ce qui nécessita l'établissement d'une digue dont la construction et l'entretien coûtèrent des sommes considérables; comme les ravages de la peste en 1551 et 1564; comme aussi la Terreur qui y régna en 1793 et la dictature du sinistre Albitte en 1794; sans compter l'épouvante provoquée j par l'invasion des Voraces en 1848. Le dernier en date ! de ces malheurs est le bombardement de l'aviation î anglo-américaine dont les appareils lâchèrent sur Chambéry, le 26 mai 1944, plus de 400 bombes, causant en un instant la mort de 120 personnes et jetant par terre un nombre considérable de maisons.

II. La cathédrale. — Quand, en 1779, Chambéry fut érigée en évêché. on choisit pour cathédrale la vaste

! église des Franciscains conventuels, construite en 1439 j et consacrée en 1488 en l'honneur de S. l'^rançois d'Asj sise, laquelle était devenue j)aroisse en 1777 i)our remplacer l'église S. -Léger démolie.

Le nouvel évèque, qui devait relever immédiatement du S. -Siège, hérita des prérogatives et des revenus du j doyen de la Ste-Chapelle du château, dont le chapitre j fut transféré à la cathédrale.

j C'est à l'église S. -François qu'en 1453 on avait déposé le S. Suaire avant son transfert à la chapelle du château en 1502. Désafi'ectée en 1793, la cathédrale devint, comme temple décadaire, le théâtre de toutes les mascarades révolutionnaires. En 1802, le Concordat la rendit au culte, mais avec pour patron non plus S. F"rançois d'Assise, mais S. François de Sales.

III. La Sainte-Chapelle. — Construite par Amédée VIII au commencement du xv« s., la chapelle

i ducale du château de Chambéry prit le nom de Ste- ! Chapelle en 1502, quand elle abrita le S. Suaire, qui ' devait être transféré bientôt â Turin, en 1578, en même temps ([uc la cour se transporta au delà des monts. La Sle-(;iiai)elle était soumise iinmédiatenienl au î S. -Siège et le doyen avait juridiction sur son chapitre

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composé de douze chanoines. Ce fut ce chapitre qui, en 1779, passa à la cathédrale lors de la création de l'évêché de Chambéry.

IV. Églises paroissialks. — Chambéry comptait anciennement trois paroisses : S. -Pierre de Lémenc, S. -Léger et S. -Pierre de Mâché, auxquelles vint s'ajouter, après la Révolution, celle de Notre-Dame.

1° S.-Pierre de Lémenc. — Le prieuré de S. -Pierre de Lémenc est le plus ancien établissement religieux de Chambéry. Restauré en 1029 par le roi de Bourgogne Rodolphe III et sa femme Ermengarde, il appartenait à l'ordre de S. -Benoît et dépendait de l'abbaye lyonnaise d'Ainay, ce qui ne l'empêchait pas de servir en même temps de paroisse. Le prieur était curé de tout le territoire de Chambéry et avait juridiction sur toutes les églises. Au xvu« s., les Bénédictins furent remplacés au prieuré de Lémenc par les l-'euillanls, puis par les l'raneiscahis. .Aujourd'hui ce sont les religieuses de la Visitation qui Loccupent. - L'église coini)orte une crypte apj)elée N.-D.-sous-lerre. avec un baptistère vieux de plus de mille ans. qui est le monument chrétien le plus ancien de la Savoie et l'un des plus anciens de toute la France.

2" S. -Léger. — Cette église, dédiée à S. Léger, évêque d'Autun. était primitivement la seule paroisse située à l'intérieur des murs de Chambéry. Fondée au XI" s., l'église avait été rebâtie au xin«. Mais dès le début du xvi» s., le bâtiment menaçait ruine et on décida de le démolir. Toutefois, ce ne fut qu'en 1760 que ce projet fut mis à exécution. La paroisse fut alors transférée à la Ste-Chapelle, puis à l'église S. -François en 1777.

3° S.-Pierre de Mâché. — Au xiv" s., le comte de Savoie fit construire près du château de Chambéry, là où se trouve aujourd'hui le passage Henri-Murger, une petite église qui prit d'abord le nom de S.-Pierre-sousle-Château. Elle était destinée à desservir tout le quartier situé au pied du château, ainsi que le faubourg de Mâché. Mais un jour vint oii les habitants dudit faubourg se plaignirent d'être séparés de leur paroisse par les murs de la ville, dont les portes étaient souvent fermées. En conséquence l'église fut démolie en 1718 et rebâtie en dehors de l'enceinte en 1721. L'église actuelle date de 1832 et porte le nom de S.-Pierre de Mâché.

4° Notre-Dame. — L'église N.-D. n'est autre que l'ancienne chapelle du collège des Jésuites, reconstruite à la fin du xvi« s. et consacrée en 1646. Elle fut confiée en 1777 aux Franciscains et devint paroisse après le Concordat, en 1803.

V. Établissements religieux. — 1° Avant la Révolution. — 1. Hommes. — Il y avait à Chambéry, avant la Révolution, des chanoines hospitaliers de S.- Antoine de Viennois (xii« s.); des hospitaliers de S.-Jean de Jérusalem; des franciscains conventuels ou cordeliers (1220); des dominicains (1418); des franciscains de l'Observance (xv« s.); des jésuites (1564); des capucins (1580); des augustins (1616); des carmes (1639).

2. Femmes. — Les couvents de femmes étaient ceux des clarisses urbanistes (xiii« s.); des clarisses réformées (1470); des ursulines (1613); des bernardines de la Réforme de S. François de Sales (1620); des visitandines (1624); des carmélites (1634); des annonciades (1641).

2° État actuel. — 1. Hommes. — ■ Les capucins sont établis au faubourg de Montmélian; et les frères des Écoles chrétiennes, à l'orphelinat du Bocage.

2. Femmes. — En plus des visitandines et des carmélites, qui revinrent après la Révolution, on trouve les filles de la Charité de S. -Vincent de Paul, à l'orphelinat (lu Bocage; les sœurs de Charité au grand séminaire, dans les hôpitaux, les ouvroirs et les patronages; les

sœurs de S.-Josepit (1812), qui ont a Chambéry leur maison-mère, et sont établies à l'orphelinat et dans diverses cliniques; les sœurs du Bon Pasteur (1839); les sœurs gardes-malades de N.-D. Auxiliatrice (1869); les sœurs de V Immaculée-Conception.

Beaunier-Besse, Abbayes et prieurés de l'ancienne l-'rance, IX, Province ecclésiastique de Vienne, Paris et Ligugé, 1932, p. 177-88 (—Arch. de la France mon., xxxvi). — Abbé F. Bernard, Les origines féodales en Savoie et en Dauphiné, Grenoble, 1949 (ouvrage très important). — Burlet, Les cordeliers de Chambéry, dans Mém. Soc. savais, hist. archéol., IV« sér., v. — Burnier, Hist. du sénat de Savoie et des autres compagnies judiciaires de la même province, dans Mém. Acad. Savoie, II» sér., vi et vu. — Le Carmel de Chambéry, fondation tic la princesse Marie-Liesse île Lnxembourij, 1634. Souvenirs de la dispersion et chronique de la restauralion, 1792- isys. Tournai, 1910. T. (lhapperon, Cliambéry à la fin du Xrv s., Paris, 186;i. - Chevalier, T.-B., tii 1-42.

— J. Cochon, [.'éijli.se des Cordeliers devenue la cuthédrale de Chambéry, diiiis Mém. Soc. savois. hist. archéol., j.\ m, 1918.

I Costa de Beauregard, La din ltes.se de \'enlailour, lonilu- , I Irice du Carmel de Chambéry, dans Savoie lillér. et scientif., j 1921. — Louis Dimier, Hist. de Savoie, des origines à l'annexion, Paris, 1913. — Fivel, Le château et la Ste-Chapelle de Chambéry, dans Mém. Soc. savois. hist. archéol., vi. - Fodéré. Narration hist. et topogr. des convens de l'ordre de I S.-François en la province anciennement appellée de I Bourgonyne, Lyon, 1619. — Grillet, Dictionn. histor. littér. et statistique des dép. du Mont-Blanc et du Léman, Chambéry, 1807, 3 vol. in-S" : v Chambéry, n, 30- 192. — Fernand Hayward, Hist. de la maison de Savoie, Paris, 1941-43, 2 vol. — A. de Jussieu, La .Ste-Chapelle du château de Chambéry, dans Mém. Acad. Savoie, II" sér., x. — Henri Ménabréa, Hist. de Savoie, Paris, 1933. — Léon Ménabréa, Hist. municipale et politique de Chambéry, Chambéry, 1846. — Micalod, L'église de Lémenc, Chambéry, 1906.

— Gabriel Pérouse, Le château de Chambéry, dans Mém. Soc. savois. hist. archéol., LViii; Id., Le vieux Chambéry, guide histor. et archéol., Chambéry, 1937. — Perrin, L'église paroissiale de S.-Léger à Chambéry, dans Mém. Soc. savois. hist. archéol., vu; Id., Les hospitaliers et la commanderie de

I S.-Antoine de Chambéry, dans Mém. Acad. Savoie, IV" sér., II. - Perrin et Bouvier, Le premier collège de Chambéry, ibid., XI. — Ral)ut, JJocuments relatifs au couvent de S.-Dominique de Chambéry, dans Mém. Soc. savois. hist. arcliéol., I et II; Id., Les Antonins de Chambéry, dans Mém. Soc. savois. hist. archéol., vit. — De Saint-Andéol, d'Oncieu et Pillet, Le baptistère de Lémenc, dans Mém. Acad. Savoie, 11" sér., IX. — B. Secret, Le Bon-Pasteur de Chambéry (1839-1939), Chambéry, 1940. — Fr. Trépier, Ste-Claire hors ville et l'hôpital militaire de Chambéry, dans Mém. Acad. Savoie, IV" sér., ni, 1890.

II. DIOCÈSE. — I. Origines et histoire sommaire. II. Liste des évêques. III. Établissements religieux. IV. Pèlerinages.

I. Origines et histoire sommaire. — Le diocèse de Chambéry (Camberiensis) est l'un des derniers en I date des diocèses de France, non pas seulement du fait de l'annexion de la Savoie eu 1860, mais encore parce que sa création ne remonte qu'à la fin du xviii^ s. Jusqu'à cette époque, le territoire de la ville et des environs relevait du diocèse de Grenoble, suffragant de Vienne. C'était ce qu'on appelait le décanat de Savoie, ou de S. -André, dont cinq paroisses, y compris celle de S. -André, furent ensevelies dans les abîmes de Myans, en 1248, par l'éboulement du mont Granier.

Les ducs de Savoie voyaient de mauvais œil leur capitale et cette portion de leurs États placées sous la juridiction d'un évêque français. Plusieurs fois des démarches furent entreprises pour mettre fin à cet état de choses. Ce fut d'abord la régente du duché, Yolande de France, veuve du duc Amédée IX, qui parvint à obtenir du pape Sixte IV une bulle en date du 20 juin 1474, qui soustrayait le décanat de Savoie à la juridiction de l'évêque de Grenoble. Mais Louis XI en prit ombrage, et deux ans phis tard, sur son intervention, le pape dut révoquer sa bulle. Un nouvel essai fut I tenté par le duc Charles 111 auprès du pai)e Léon X,

qui aboutit à l'érection de Cliainbéry en archevêché, le 21 mai 1515. Mais, cette fois encore, le roi de France, qui était François I"^', rendit cette décision sans elTet. Ce ne fut qu'au xviii'^ s. que le roi de Sardaigne Victor- Amédée III put enfin aboutir. Après entente avec Louis XVI et l'évêque de Grenoble, il obtint d'abord du pape Pie VI que le décanat de Savoie fût soustrait

clergé. Le serment fut imposé à tous les prêtres, el l'émigration du clergé commença.

Le diocèse fut supprimé par la Révolution, qui créa celui du ÎSIont-Blanc, avec pour chef un évêque constitutionnel dont le siège fut fixé à Annecy. Mgr Conseil, le premier évêque de (^hambéry, pour avoir refusé le serment et protesté contre la nomination d'un intrus,

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