‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 83 sur 282 · L. Van Hee · texte numérisé non relu

L. Van Hee

CHAPDELA INE (Auguste), né le 6 janv. 1814, neuvième enfant d'une famille normande qui avait caché des prêtres sous la Révolution. Obligé de travailler aux champs, il dut attendre sa vingtième année avant de commencer le latin. Admis au grand séminaire de Coutances en 1839, il y devint le « bon et saint Chapdelaine ». Prêtre en 1843 et quelque temps vicaire, il aimait la retraite et l'étude. Très austère, il jeûnait le vendredi et le samedi.

Entré aux Missions étrangères à trente-sept ans, il part d'Anvers en mai 1852 et atteint Hongkong en 1853. En 1854, il est au Kwangsi. A peine arrivé à Silin, il est arrêté, puis relâché. Bon nombre de familles embrassent la foi. Pendant la persécution il se cache chez un vieux néophyte. En févr. 1856, les satellites arrivèrent à Yaochan. Furieux de ne pas trouver l'Européen, ils battent les femmes, pillent le village et arrêtent la catéchiste, Agnès Ts'ao. Le matin du 25 févr., des mandarins se présentent, suivis de deux cents soldats. Le missionnaire est arrêté avec quatre chrétiens. Au prétoire, le sous-préfet lui fait infliger trois cents coups de bambou, mais les bourreaux ne s'arrêtent que lorsque le corps est tout ensanglanté. Jusqu'au lendemain soir, Ch. reste à genoux sur des chaînes de fer tendues, maintenu au moyen de cordes qui le tiennent suspendu par les pouces et les cheveux. Le 26, il reçoit trois cents coups de semelle sur les joues. Attribuant le silence du martyr à un sortilège, le juge fait égorger un chien pour lui verser le sang tout chaud sur la tête — stupéfaits du courage des missionnaires, attribuant leur force d'âme à des procédés magiques, plus d'une fois les mandarins les arrosèrent avec du sang de chien : c'est que le sang du chien (du chien noir surtout) était considéré comme antidote de la magie. — Chapdelaine mourut le 4 mars 1856.

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