‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 90 sur 282 · CHARITÉ-SIIR-LOIRE (LA · texte numérisé non relu

CHARITÉ-SIIR-LOIRE (LA

— CHARITON

mais il est difTicile de lui assigner une date précise. — Pierre IV Payen des Landes, 1646, résigna en faveur de son neveu, t 15 janv. 1664. — Jacques Martineau, nommé en déc. 1663, après six mois échangea La Charité contre l'abbaye des Vertus et le prieuré de S. -Vivant en faveur du suivant, f 1681. — Nicolas Colbert, év. de Luçon, puis d'Auxerre. Après six mois, à son tour, résigna en faveur de son neveu. — Jean-Nicolas Colbert, nommé en 1665. Fut nommé coadjuteur de l'archev. de Rouen, archev. et primat de Carthage, 4 août 1680, t 10 déc. 1707. — Frédéric-Constantin de La Tour d'Auvergne, chan. de Strasbourg, nommé en 1707. — Frédéric- Jérôme de Roye de La Roçhefoucauld, prieur à La Charité; coadjuteur de Cluny, 29 sept. 1738; abbé de Cluny, en 1747, à la mort de son oncle. — Dominique de La Rochefoucauld, vie. gén. de l'archev. de Bourges, reçut de ce dernier la commende de La Charité et la coadjutorerie de Cluny, fut nommé archev. d'Albi le 30 avr. 1747, de Rouen le 5 avr. 1759; nommé abbé de Cluny en 1757, il céda La Charité au suivant. — François-Joachim de Pierre de Bernis, commendataire, 1757, card. -diacre en 1758, archev. d'Albi le 30 mai 1764.

C. Aveline, Petite hist. de La Charité, La Charité-s. -Loire, 1924. — Baunier-Besse, Abbayes et prieurés..., vi, 94. — P. Beaussart, L'église bénédictine de La Charité-s. -Loire, La Charité, 1929. — Cottineau, 705-06. — Gall. christ., xii, 403. — R. de Lespinasse, Cartulaire du prieuré de La Charités.-Loire ( Nièvre), ordre de Cluni, Nevers, 1887. — .1. Locquin, Neiiers et Moulins. La Charité-s. -Loire, coll. Les villes d'art célèbres, Paris. 1913. — Mabillon, Annales O. S. B., IV, 134, 562; v. — L. Serbat, La Charité, dans Congr. archéol. de France, lxxx« sess., 1916, p. 374-400.

R. Van Doren.

1 . CHARITON, martyr, est cité le 23 janv., par un synaxaire de Grottaferrata (xii« s.), comme compagnon de S. Clément d'Ancyre.

A. S., janv., m, 71. — Sgnax. Eccl. Constant., 417-41.

R. Van Doren.

2. CHARITON, martyr en Syrie le 6 mars (?). A cette date le martyrologe hiéronymien porte Cari, Attonis. Certaines variantes lisent Cariaitonis. Mais ce ou ces personnages ont-ils jamais existé?

A. S., mars, i, 361-62. — Mort. Hier., éd. Delehaye, 128.

R. Van Doren.

3. CHARITON est mentionné au 1" juin par le synaxaire de Constantinople, avec Justin, comme martyrs romains. Mais les documents latins les ignorent.

.4. S., juin, I, 16-22. — Sgnax. Eccl. Constant., 721-22.

R. Van Doren.

4. CHARITON, martyr, 3 sept. Le martyrologe romain cite Chariton avec Zénon et ajoute qu'ils furent précipités dans un foyer ardent. Ce détail et l'union des deux noms proviennent des ménées et n'ont aucune base historique.

A. S., sept., I, 615. — Mart. Rom., 377. — Synax. Eccl. Constant., 18.

R. Van Doren.

5. CHARITON, martyr, mentionné par le synaxaire de Constantinople au 9 sept. Le personnage est inconnu par ailleurs.

Sgnax. Eccl. Constant., 32.

R. Van Doren.

6. CHARITON (Saint), fondateur de colonies d'ermites (laures) en Palestine au iv« s., fêté dans l'Église grecque le 28 sept. D'après sa Vie (voir injra), Chariton, membre d'une famille en vue d'Iconion, confesse la foi sous Aurélien (270-75); libéré à la mort du persécuteur, il se met en route pour Jérusalem, et non loin de la Ville sainte tombe aux mains de brigands qui le séquestrent dans une caverne; ceux-ci meurent bientôt tous ensemble pour avoir bu du vin empoi-

sonné; à l'emplacement de la caverne, Chariton fonde la laure de Pharan, avec la « Vieille église » qu'il dédie sous l'épiscopat de Macaire de Jérusalem, un des Pères de Nicée. Bientôt, incommodé par les foules qu'attirent ses miracles et sa réputation de sainteté, il décide de quitter Pharan; après avoir fait ses recommandations à ses disciples, il se retire dans une autre grotte, au désert de Jéricho : c'est l'origine de la laure de Douka. Il fonde ensuite de la même manière la laure de Souka ou « Vieille laure », à environ 14 stades de Thécua; à Souka, il élit domicile dans une grotte inaccessible où il fait jaillir miraculeusement une source, et qui portait encore du temps de l'auteur le nom de KpepaCTTov toO àyîou XapÎTCovoç. Prévenu par Dieu de l'imminence de sa mort, il retourne à Pharan, et adresse avant de mourir une longue exhortation aux moines des trois laures réunis autour de lui.

La Vie grecque de S. Chariton a été publiée sous sa forme métaphrastique {B. H. G., 301) par le P. J. Stiltingh, en 1760, dans les A. S. (sept., vu, 612-21), puis, en 1864, dans P. G. (cxv, 899-918). La Vie ancienne, dont la recension métaphrastique est un remaniement, n'a été éditée qu'en 1941 {Bull, de l'Inslihit hi.it. belge de Rome, xxi, 16-46).

L'auteur ne donne sur lui-même que des renseignements vagues. A la fin de son œuvre (c. xlii), il explique qu'il écrit longtemps après les faits qu'il raconte, et sans le secours d'aucun document écrit. Il Car des autres saints ascètes qui brillèrent par leurs vertus monastiques bien plus tard [que S. Chariton], on a écrit la vie, soit de leur vivant, en cachette, soit immédiatement après leur mort... Mais personne du temps de S. Chariton n'a recueilli sa vie par écrit, car les moines étaient rares [en ce temps-là], et même les chrétiens étaient très peu nombreux, et de plus pourchassés par les persécuteurs. C'est seulement par tradition orale que les moines des monastères fondés par S. Chariton se sont transmis successivement les uns aux autres les faits et gestes du saint, et ont ainsi conservé jusqu'à nous [le souvenir] de ce que nous avons raconté. »

Comme l'a montré le P. Stiltingh (loc. cit., p. 609-10, n. 8-14), l'auteur qui parle ainsi devait vivre à une époque notablement postérieure à celle de S. Chariton; il écrivait vraisemblablement au vi" s., et peut-être à l'exemple de Cyrille de Scythopolis.

L'hagiographe déclare, on l'a vu, qu'il tient tous ses renseignements de la tradition orale. 11 semble que l'on puisse se fier à cette tradition orale pour l'essentiel de ce qui est rapporté dans la partie proprement monastique de la Vie (c. xiii-xxv); les laures de S. Chariton pouvaient avoir conservé fidèlement le souvenir de leur fondateur, et le récit ne semble pas devoir grand chose à la pieuse imagination de l'auteur. Il faut sans doute lire avec plus de défiance la première partie de la Vie, où sont racontées la confession de Chariton sous Aurélien (c. ii-viii) et l'histoire de brigands qui lui advint ensuite; cette partie a une allure plus légendaire et, s'il y a quelque vérité dans le récit de lc*(onfession, l'auteur semble bien en tout cas faire erreur en plaçant cet épisode sous l'empereur Aurélien (270-75), car il est difficile de concilier cette donnée chronologique avec l'autre, de bien meilleur aloi, qui fixe la dédicace de l'église de Pharan sous l'épiscopat de Macaire de Jérusalem (314-33 environ). Dans la recension remaniée du Chronographicon sijntomon de Nicéphore le Patriarche (f 815), recension qui a vu le jour vers l'an 850, peut-être à Jérusalem, une interpolation au texte de Nicéphore place la confession de Chariton sous le règne de Tacite (275-76) (éd. C. de Boor, Nicephori archiepisc. Constanl. opuscula fiistorica, Leipzig, 1880, p. 95, cf. p. xxxiv); cette interpolation dérive sans doute de la Vie.

CIIAIUTON

CHAULE MA(ÎNF,

L'hagiographe fait mourir S. Chariton à Pharaii (c. xxxvn); dans une lettre de 817 {Epist., ii, 17, P. G., xcix, 1169 C), Théodore Studite exprime à l'higoumène de la laure de S. Chariton (c.-à-d. de Souka) le désir qu'il aurait de visiter le tombeau du saint.

Sources. — Vie prémétaphrastique, éd. G. Garitte, dans Bull, de l'inslit. hist. belç/e de Borne, xxi, 1941, p. 16-46. — Vie métaphrastique, dans B. H. G., 301 : éd. J. Stiltingh, dans A. S., sept., vu, Anvers, 1760, p. 612-21 : éd. de Paris, 1867, p. .572-81 ; 2« éd. indépendante de la première, dans P. G., cxv, Paris, 1864, col. 899-918. — Notice du synaxaire grec, dérivée de la Vie, éd. H. Delehaye, dans Synax. Eccl. Constant, (dans A. S., Propylaeum de nov.), Bruxelles, 1902, col. 85-86. — Vie géorgienne de S. Chariton, conservée dans le codex Addil. 11281 du British Muséum, fol. 145 r"- 162 V» (xi" s.) : J. O. Wardrop, A Catal. oj Georg. Maniiscripls in the Brit. Mus., Londres, 1913 (appendice à F. C. Conybeare, A Catal. of the Armenian Maniiscripts in the Brit. Mus.), p. 397-405; cette version représente la recension prémétaphrastique. Une version géorgienne de la recension métaphrastique est conservée dans le ms. 20 d'Iviron, fol. 105 r''-113 r° : R. P. Blake, dans Rev. de l'Orient chrétien, xxix, 1933-34, p. 127, n. 15. — Version arabe d'une des deux Vies grecques dans le ms. arabe .395 du Sinaï (daté de 1328- 29) : Le Muséon, lxiii, 1950.

Travaux. — J. Stiltingh, dans A. S., sept., vu, Anvers, 1760, p. 607-12; Paris, 1867, p. 568-72. — F. Oltarzevsklj, Palestinskoe monasestvo s IV do VI vjexa, dans Pravosl. Palest. Sbornik, xv-2, S.-Pétersbourg, 1896, p. 24-41. — F. R. Génier, Vie de S. Euthyme le Grand, Paris, 1909, p. 7- 15 (coll. Eludes palest. et orient.) — S. Schiwietz, Dos morgenldndische Mônchtum, u, Mayence, 1913, p. 131-36. — ."j. P. Kirsch, art. Chariton, dans L. T. K., u, 1931, col. 841.

— G. Garitte, La Vie prémétaphrastique de S. Chariton, dans Bull, de rinstilut hisl. belge de Rome, xxi, 1941, p. 5-50. — F. Drexl, dans Ifijz. Zeilschr., xm, 1942, p. 314. — P. Peeters, dans A. Bail., i.x, 1942, p. 230-31. — P. V. Corbo, dans La Terra santa, xxii, 1947, p. 159-62. — Sur les laures fondées par S. Chariton, voir A. Couret, La Palestine sous les empereurs grecs (326-636), thèse, Grenoble, 1869, appendice, p. vi-x. — C. Schick-K. Marti, dans Zeilschr. d. deutsch. Palestina-Vereins, m, 1880, p. 6-11, 37-39. — S. Vailhé, Les premiers monastères de la Palestine, dans Bessarione, ni, 1897-98, p. 39-58; Id., dans Reu. de l'Orient chrétien, iv, 1899, p. 524-25 (Souka), 528 (Crémaste), ,528- 29 (Douka); v, 1900, p. 42 (Pharan); x, 1904, p. 333-58. — S. Schiewietz, Das morgenlàndische Mônchtum, u, 1913, p. 136-43. — H. Leclercq, art. Laures palestiniennes, dans D. A. C. L., VIII, 1966-72. — F.-M. Abel, Géographie de la Palestine, u, Paris, 1938, p. 307, 404, 471 (coll. Études bibl.).

— Carte des monastères et laures de Palestine à la fin du volume de M.-.I. Rouët de .Journel, Jean Moschus. Le Pré spirituel, Paris, 1946, coll. Sources chrétiennes.

G. Garitte.

CHARLAS (Antoine), 1634-98, ecclésiastique français qui fut mêlé à la querelle de la régale, au cours de laquelle il seconda Caulet, évêque de Pamiers. Il naquit à Puymaurin (Comminges), en 1634, étudia à l'université de Toulouse où il fut l'élève du dominicain Raymond Maillât, théologien insigne et réformateur de la discipline religieuse dans son ordre. Sur recommandation de ce dernier, il est, dès 16.57, nommé par Caulet, évêque de Pamiers, vice-secrétaire de î'ofiîcialité ; en 1660, il est agrégé au chapitre de N.-B.-du-Camp; en 1670, il est promu ofïicial et directeur du séminaire; en 1678, vicaire général.

Charlas joua un rôle de premier plan dans la querelle de la régale. Son rôle a été ainsi défini par son dernier historien, Mgr Vidal : « Parmi les hommes de son entourage, celui à qui François-Étienne de Caulet, évêque de Pamiers, paraît s'être le plus confldemment livré, c'est Antoine Charlas, à qui il remit le soin de sa propre conscience, puis la direction de son séminaire, enfin, à titre de vicaire général, le gouvernement du diocèse. L'homme se distinguait en effet par une intelligence vive, une science vaste et un solide jugement. Il fut le penseur et le théologien du groupe qui entourait l'évêque; aussi vertueux d'ailleurs que ses saints confrères et de bon conseil plus

qu'aucun d'eux. » Charlas collabora à la rédaction des écrits de Caulet contre la régale : « M. du Ferrier, écrit Laborde, a fourni la matière du Traité sur la régale:

1 mais MM. Charlas, Cazenave et Jullien l'ont mis en la forme qu'il est. » Ces trois auteurs avaient des conférences à Toulouse où Cazenave et Jullien résidaient. Il faut noter que Charlas était un modéré, qu'il don-

1 nait à Caulet des conseils de prudence qui n'étaient pas toujours suivis. C'était aussi son confesseur et c'est lui qui l'assista à ses derniers moments. Caulet mourut le 7 août 1680; aux obsèques, (charlas, désigné comme exécuteur testamentaire, fit un discours au peuple. Le chapitre lui conféra, ainsi qu'à Cerle, des pouvoirs de vicaire capitulaire. Ils furent tous deux obligés bientôt de s'enfuir pour se dérober aux recherches de la police. Charlas mena quelque temps une vie errante, fuyant de cachette en cachette, mais, nul asile n'étant sûr pour lui en terre de France, il lui fallut s'expatrier et chercher refuge à Rome (1683 ou 1684), où il vécut comme un ascète, très estimé du pape et de plusieurs cardinaux. Cependant la police française ne l'oubliait pas et, en 1687, il fut impliqué dans le procès dirigé contre le médecin Peysonnel de Marseille qui servait d'intermédiaire et faisait passer la correspondance des réfugiés. Il fut condamné au bannissement à vie et ses biens furent confisqués.

A Rome il ne borne pas son activité aux affaires de la régale; il s'occupe du quiétisme et dans cette affaire il seconde les agents de Bossuet qui, dans sa correspondance, l'appelle Nicodème. Cependant la mort de Cerle (vers 1691) l'obligea à s'immiscer plus avant dans l'administration de son diocèse : c'est lui qui communique en tant que vicaire général la bulle d'indiction du jubilé; Mgr Vidal a publié in extenso la très belle lettre qu'il envoya à cette occasion aux fidèles de Pamiers. Le 2 juill. 1692, il rend une ordonnance prescrivant des prières publiques pour le roi, la famille royale et l'État. Il mourut le 7 avr. 1698. Il logeait alors chez les oratoriens de la Vallicella; tombé dans une sorte de léthargie, un médecin français essaya de l'en tirer par un remède violent qui le tua. Il fut inhumé à Ste-Sabine. Ceux qui l'avaient connu décernèrent de grands éloges à sa mémoire. C'était « un oracle » pour les cardinaux qui le consultaient. Il avait été « le penseur et l'écrivain du groupe antirégaliste », combattant également les théories gallicanes dont il fut le contradicteur acharné. Son Tradatus de libertatibus a été inscrit à l'Index par décret du 4 juin 1721.

j Œuvres principales. — Tradatus de libertatihus

j Ecdesiae gallicanae..., 1682; De la puissance de l' Église, ou réponse au traité historique de Monsieur Maimbourg...; Du concile général..., Liège, 1688; Primatus jurisdidionis Romano pontifiai assertus..., Cologne, 1700; Causa regaliae penitus explicata..., 1685 ; Disputatio theologica de opinionum deledu in quaestionibus moralibus.

.J.-M. Vidal, Antoine Clicu-las, Castillon-en-Couserans, 1934, extr. du Bull. hist. du dioc. de Pamiers (avec portrait de Charlas). — R. Naz, dansD. D. Can., m, 617. — Mgr Martin, Les origines du gallicanisme, i, Paris, 1939, p. 30.

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