en Angleterre, Lawes et Gilbert
M. Müntz a montré que cet apport peut s’élever à 8 kilog. par hectare, dans les régions tropicales où les phénomènes électriques sont très intenses.
Ammoniaque. — Divers expérimentateurs se sont appliqués à doser l’ammoniaque dans les eaux de pluie; les données recueillies par Boussingault. Barral, Lawes et Gilbert, Müntz et Aubin.sont nombreuses et montrentque l'apport d'azote à cet état varie de 3 k. 5 à 7 k. 2 par hectare et par an.
En réunissant l’azote sous forme nitrique et ammoniacale (la forme organique est négligeable), on voit que l’apport fait gratuitement à l’agriculture par les eaux pluviales est en résumé fort peu élevé et de beaucoup inférieur aux besoins des végétaux.
Fig. 31. — AKEBIA QUINATA Dcne.
M. Schlæsing s’est attaché à doser, par des procédés extrêmement ingénieux.{l’ammoniaque qui circule dans l'atmosphère à l’état de carbonate et il a fixé pour Paris la teneur moyenne de l’air en ammoniaque à 2 mg. 25 par 100 mc.: loin des centres populeux, M. Müntz trouve seulement 1 à 2 mg. Des expériences de M. Mayer. de M. Schlæsing., de M. Müntz, il résulte que les parties feuillues et le sol lui-même ont la faculté d'emprunter à l'atmosphère une fraction de cette ammoniaque. Si l’on considère que la circulation de l'air à la surface d’un hectare est extrêmement rapide, on voit qu'il y a là une
AIR
source gratuite de nourriture azotée pour les végétaux qui est loin d’être négligeable.
Vapeur d’eau. — [L'air est toujours plus ou moins chargé d'humidité, le taux en varie incessamment; on la mesure à l’aide des hygromètres et des psychromètres. En été, la chaleur solaire activant la vaporisation de l’eau, l'air approche de la saturation, tandis que par le froid, l’air est beaucoup plus sec; plus humide au dessus des mers, des lacs et des fleuves, il est plus sec au dessus des plaines arides. Les abaissements de température dans l’air saturé d'humidité déterminent la production de la rosée, des brouillards, des nuages, de la pluie, de la gelée et de la neige.
Poussières de l'air. — Quand on examine un rayon de soleil pénétrant par une fente dans une chambre obscure, on est surpris d'y voir en suspension un si grand nombre de poussières ; leur existence n’a d’ailleurs pas lieu de nous surprendre, le vent suffit à expliquer leur présence. Ces poussières sont minérales ou organiques ; parmi les premières, on constate le sel marin près des mers, le carbonate et le phosphate de chaux, la silice, un peu partout. Bien plus importantes sont Îles poussières organiques et parmi elles les germes de microbes et moisissûres. Mettons dans un ballon un liquide fermentescible, laissons-le exposé au libre accès de l'air, on le verra bientôt entrer en décomposition; si au contraire, on oblige l'air à déposer ses vermes, en le filtrant par exemple à travers du coton, le liquide reste intact. C’est Ià le point de départ des admirables travaux de M. Pasteur.
A:1C.1Gr
Air (Physiolog. végét.). Les plantes puisent dans l'atmosphère plusieurs gaz qu’elles utilisent comme aliments. On pourrait y faire figurer l'oxygène, dont le rôle sera examiné à l’article Respiration.
L’acide carbonique, qui existe dans l’air en si faible proportion ($/16.o00), fournit le carbone nécessaire à la grande majorité des plantes vertes. Ce gaz est décomposé par les cellules à chlorophylle sous l’action de la lumière. (Voir Nutrition.)
La propriété d'assimiler l'azote libre de l’air estheaucoup moins générale; cela paraït étrange, lorsqu'on pense à la grande quantité de ce gaz répandüe dans l'atmosphère.
L'azote libre est assimilé par de petites algues (Nostoc) qui vivent à la surface des terres humides ; cette propriété a sans contredit une importance réelle pour l’agriculture, particulièrement pour les terres laissées en jachère.
Les Légumineuses sont également capables d'assimiler l’azote élémentaire, mais à la condition de porter sur leurs racines de petits tubercules ou nodosités, dans lesquelles vit un microbe spécial, le Rhizobium. Grâce à cet organisme, les pois. les trèfles, les vesces, Les lupins, etc, prospèrent dans les sols privés d'engrais azotés; on en à obtenu de très belles récoltes dans du sable calciné additionné de matières minérales. Dès que les nodosités se développent sur leurs racines, on voit les Légumineuses croître avec vigueur, contrairement aux plantes d'autres familles cultivées dans les mêmes con-