‹ Dictionnaire d'horticulture illustréChapitre 649 sur 1136 · AT VER AIR TS · texte numérisé non relu

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euvent introduire dans leurs délassements la

romenade hygiénique et se reposer dans la

ontemplation de beautés naturelles.

A Paris, le total des pares et des jardins pu-

lies dépasse quatre-vingt-dix. L’aménagement

des Champs-Elysées et des bois de Boulogne et

e Vincennes est un exemple de la vive impul- - Gion qui fut donnée à l’embellissement et à l’as-| .

| | | | | sainissement de Paris pendant les premières - hnnées du second empire. Le pare Monceau a - Gubi une rénovation complète ; il est devenu un | rand jardin de style décoratif, entretenu de la açon la plus brillante. De petits jardins de - même style ont embelli la plupart des places . le Paris; on leur à donné le nom de squares. - Le parc des Buttes-Chaumont est un merveil- - {eux exemple de la facon dont on a pu tirer . barti de terrains incultes et informes, éventrés - bar des carrières. L'établissement du jardin du Lrocadéro - bartie de la colline calcaire de Passy. Enfin le - barc de Montsouris, avec lequel on a utilisé les - ferrains mouvementés et incultes qui s’éten- » Haïent des bords de la Bièvre jusqu’au plateau | ie Montrouge, a été conçu dans le style paysa- . Ker le plus moderne.

- | A Lyon, le beau parc de la Tète-d'Or a été - tonquis sur les terrains malsains des bords du . Rhône. Marseille a le Prado. Les pares de Ver- . Lailles, de Saint-Cloud, de Trianon, de Fontaine- - bleau, sont les plus beaux spécimens du style symétrique. Les jardins des Tuileries et du | “uxembourg sont de plus anciennes créations. 4 Les jardins publics les plus remarquables, . parmi ceux des autres villes de France, sont eux de Bordeaux, Lille, Rouen, Tours, Angers, | Froyés, Montpellier, Caen, Rennes, Toulouse, imes, Avignon, ete En Angleterre, le jardin de South-Kensington, sppartenant à la société royale d’horticulture, - tstde style symétrique. Les parcs et jardins publics les plus remarquables sont ceux de . Birkenhead, de Glasgow, d'Edimbourg ; de Sefton, à Liverpool; Hyde-Park, Richmond-Park, )t. James’-Park, Victoria-Park, etc., à Londres; hœænix-Park à Dublin; Cannon-Hill-Park à Birmingham.

! En Allemagne, Berlin possède le Thiergarten K le pare de Charlottenburg. IL faut citer

ussi le Grosser Garten, à Dresde ; l'Englischer arten, à Munich; Rosenthal et Johanna-Park, Leipsig ; Flora, à Cologne; le Palmengarten Francfort; les Jardins creux à Hambourg, etc. | En Autriche, il faut signaler le Prater et le are de Schœnbrunn, à Vienne; le Volksgarten {tle Kaisergarten, à Prague.

La Russie a le Jardin Alexandre à St-Pétsbourg; le parc Alexandre et le jardin de

ence dans les villes ou autour d'elles, par.

‘action de ce phénomène, en purifie l'air vicié Gênes; les parcs publics de Turin, de Li- - Enfin. par l'existence des pares et des jardins |

ême temporaire, du moindre coin de terre,

a nécessité la disparition d'une

JARDIN

jes pares publics sont les poumons des cités | Peterhof, à Moscou; les parcs publics de Kiew bopuleuses».! Les végétaux absorbent de l'acide | et

de Varsovie.

L'Italie a le parc du Pincio et la Villa Borghèse, à Rome; les jardins Boboli, à Florence; la promenade de l’Acqua-Sola, à

vourne, de Caserte, etc.

L'Espagne a le Prado, à Madrid ; l’Alaméda.

à Grenade, et la Florida. à Vittoria.

La Hollande a le Bois (Het Bosch). à La Haye, et Nieuw-Park,à Rotterdam. La Belgique a le Bois de la Cambre, à Bruxelles, etles pares d'Anvers. Le Portugal, la Roumanie, le Danemark, le Grand-Duché de Luxemburg et la Bulgarie, ont chacun leur capitale agrémentée d'un parc public.

Dans l'Amérique du Centre et du Sud, on remarque l’Alaméda, à Mexico,et les pares publics de Rio-de-Janeiro, de Lima et de Buenos- Ayres.

Les grands parcs publics se multiplient dans l'Amérique du Nord. Ceux de New-York, Brooklyn, (Chicago, Montréal, Albany, Boston, San- Francisco, Saint-Louis, Cincinnati, etc.,sont les plus remarquables. Aux Etats-Unis, lorsqu'on fonde une ville nouvelle, on prévoit à l'avance les limites dans lesquelles elle pourra s'étendre et l’on donne en conséquence aux parcs publies, au fur et à mesure qu'on les crée, des dimensions considérables, dont on n’a pas d'exemples dans l’Ancien continent.

Historique de l'Art des jardins. !1

Après celle qui fit de l’'Empyrée un jardin céleste, la conception la plus idéale des jardins est assurément celle du Paradis terrestre, dans

lequel toutes les religions du globe ont placé | le berceau de l'humanité. Les Orientaux l'ont | placé en Asie-Mineure, entre le Tigre et l’Eu- | phrate, ou encore près de Damas. Les Hindous l'ont placé à Ceylan. Le jardin des Hespérides fut celui de l’âge d’or chez les Grecs. Chez les | peuples qui avaient déjà doté le Nouveau | Monde, avant qu’on en fit la conquête, d’une civilisation relativement avancée, les Mexicains entre autres, on retrouve la même conception avec les jardins de Tzatzitépec.

Au IV: siècle avant J.-C., les Chinois possédaient des parcs à l’aspect paysager.

Chez les Egyptiens, les jardins d’Osiris ou d'Ammon furent célèbres. En déchiffrant des hiéroglyphes, Champollion est parvenu à en | reconstituer les scènes. Non-seulement les fleurs formaient des parterres, mais elles ornaient aussi les appartements. Avec les Dattiers, Oliviers, Grenadiers, Myrtes, ete., on a reconnu l’'Hyphæne thebaica et le Ficus Sycomorus. Hérodote a décrit ces jardins, et Strabon, les riches cultures maraichères de Mem phis.

En Assyrie, Niebuhr, M. Guillaume Lejean et d'autres voyageurs ont retrouvé les fondations de ces fameux jardins suspendus de Babylone,

| 1 Nous avons essayé de résumer ici quelques-uns | des plus intéressants chapitres de l’Ari des Jardins, | de M Ed. André; ouvrage qui restera l’un des plus | E

| remarquables monuments de l’enseignement paysa- ! gœiste et horticole

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dont Diodore de Sicile nous a laissé la des- :

cription. Ils se composaient de terrasses carrées, disposées en un amphithéâtre à plusieurs étages. et soutenues par d'énormes colonnes. On a exagéré la surface de ces jardins : elle a pu être évaluée exactement à ur hectare cinquante-deux ares.

C'est à la suite de renseignements fournis par Xénophon sur les jardins de Cyrus, que l'Art des jardins s’introduisit chez les Grecs. Mais la fièvre de la vie publique d’une part, et l'extrême densité de la population dans un territoire aussi restreint que l’Attique, d'autre part, devaient assurément laisser prendre à l'Architecture Le premier pas sur l’Art des jardins; aussi n’en constate-t-on la véritable expansion dans l'antiquité, qu'avec celle des fastes de Rome.

A Rome, et sauf à l’époque antérieure aux Tarquins, le goût des jardins progressa rapidement. La magnificence des jardins de Lucullus était proverbiale. La villa d'Arpinum, où naquit Cicéron, était une sorte de parc paysager abondant en beautés agrestes. Tacite à décrit les parterres que planta Salluste sur le Quirinal. Horace et Virgile, dans leurs poëmes, ont signalé les plantes qui avaient attiré leur attention, ainsi que les méthodes de culture usitées à leur époque. Les Géorgiques sont remplies, à cet égard, des renseignements les plus curieux.

La plantation des arbres en quinconces était en usage à Rome du temps de Pline l’ancien.

C’est, croit-on, à Cnéus Matius, ami d’Auguste,

qu'il faut attribuer la première idée de donner, |

par la tonte, des formes artificielles aux arbres. Sous Néron, deux centurions, nommés Severus et Celer, dessinèrent pour l’empereur des jardins que l’on doit considérer comme le point de départ du style paysager moderne. On a pu relever, il y a une trentaine d'années, les emplacements d’un certain nombre de jardins urbains du temps d’Auguste.

Pline le jeune a laissé de ses villas des descriptions tellement précises, que Félibien en 1699 et Castell en 1728 ont pu en publier les plans. L’un de ces plans, celui de la villa de Pline le jeune, en Toscane, est figuré dans l’ouvrage de M. Ed. André aussi complètement que possible.

Cette villa était divisée en trois parties distinctes :

19 Les alentours immédiats de l'habitation, qui comprenaient l’xippodrome, grandes avenues plantées d'arbres; la gestatio, lieu de repos ombragé; le xystus, parterre de fleurs entouré d’allées couvertes.

20 Le labyrinthe, formé d’un bois épais traversé par des allées entrelacées et embrouillées à dessein. ;

30 Le bois sacré, vallon parsemé de massifs, d'arbres avec une prairie qui traversait une dérivation du Tibre. C’est là que les divinités avaient leurs temples.

Trois catégories de jardiniers se partageaient les soins de la culture: l’hortulanus pour les fleurs, Le {opiarius pour les bosquets taillés, et l'olitor pour le potager.

entouré del

tés de France pour leur beauté. Le fils du Jar- |

Le

JARDIN

Mais les jardins romains renfermaient un grand nombre d’ornements architecturaux * temples, bains, eaux jaillissantes, arcs de tri“ omphe, colonnades, etc., auxquels il faut joindre” la pergula, bosquet symétrique en treillage re couvert de Vignes ou d’autres plantes grim“ pantes, et qui s’est perpétué jusqu'à nos jours” en Italie sous le nom de pergola.

La décadence vint bientôt après l'apogée. La profusion dans les jardins des ornementationsk luxueuses autant qu’artificielles devait bientôts en éloigner le bon goût. Les horizons enchanteurs de l'Italie disparurent bientôt sous l’en-« vahissement d’une architecture et d’une sculpture abâtardies. |

Puis l’Art des jardins resta pendant de longsb siècles enseveli sous les ruines causées par l'in-w vasion des Barbares. C’est aux religieux du moyen-âge que l’on est redevable de la conser-W vation des quelques traditions qui, ayant sur-U vécu à la tourmente, furent recueillies par less premiers chrétiens et abritées dans les mo-W nastères

La civilisation s'était néanmoins réfugiéen pour quelque temps à Byzance, mais les jardins \ de la capitale de l’empire d'Occident procé-! daient plutôt du génie oriental. A part cette exception et celle qui se manifesta à la faveur, de l'établissement passager des Maures en Es-h pagne (X° siècle: fondation des huertas (jar-w dins) de Valence, et de l’Alhambra), il faut compter jusqu’au XVIe siècle avant d'observer l le réveil de l'Art des jardins. ,

Le premier livre qui en traite fut composé par Pierre de Crescence, sénateur de Bologne, » vers 1305. Traduit en 1373 en français par, ordre de Charles V, il fut imprimé pour la pre-\ mière fois en 1471.

Vers la fin du XVesiècle, Laurent de Médicis, v protecteur des arts, créa à Florence de grands | jardins dont la composition était évidemment |. inspirée de celle des villas de l’ancienne Rome. | De cette époque datent les villas Médicis, Do- | ria, Borghèse, Colonna, etc. Les jardins Boboli, \ à Florence, datent de 1440. |

Vers 1546, le Sénat de Venise fonda le pre mier jardin botanique, à Padoue. On était alors en pleine Renaissance. Francois I fai-! sait restaurer Fontainebleau et construle 4 Chambord. L'influence du goût italien, qui lui | même s'inspirait des procédés de l’ancienne Rome, guida les dessins des jardins français: En |" 1565 parut la Maison rustique, traduction eb \ importante amplification du Prædium rustieum de Ch. Estienne. En 1575, Merlet publia lAbrégé KW des bons fruits, qui fut suivi, en 150, du Jardin & délectable, de Bernard de Palissy. 1?

Les jardins du château d'Anet, appartenant L au duc d'Aumale, étaient alors les plus reépu: #

dinier d’Anet, Claude Mollet, devint jardinier h. du roi Henri IV. Il dessina, en 1595, les jardins | de Monceau et de Saint-Germain et le par h.

terre voisin de l'étang de Fontainebleau: ne planta beaucoup d'arbres fruitiers, dont il pro- IN pagea les meilleures sortes. Enfin, il créa le he premier les parterres de broderies. Ses traVaux sont consignés dans un Théâtre des plans et W un. |

jardinages, qu'il publia en 1614, Ils marquent - (bien l'évolution des embellissements mièvres de

la Renaissance vers les larges conceptions de LeNôtre En 1612 fut dessiné, par de Camp, le

ljardin du Luxembourg. Une partie de l’ancien . (tracé subsiste encore près du palais du Sénat.

. imiers enseignements dans les jardins de Riche-|

ft = db

‘En 1639, Boyceau de la Baraudière, intendant des jardins royaux, publia un Traité de jardimage, dans lequel il consigna les divers précep- Ites de l’art des jardins en usage à cette époque.

trique, dit style français.

| Création du Style symétrique.

| Le Nôtre, fils d’un jardinier des Tuileries, était né en 1613. Il abandonna la peinture pour

so dont il puisa, croit-on, les pre-

lieu, à Rueil. Il traca, pour Fouquet, ceux du

château de Vaux. C'est après la disgrâce du,

surintendant des Finances que Louis XIV l'appela pour créer le parc de Versailles.

| Le Nôtre rapportait tout à la ligne droite et à la symétrie, mais il recherchait la grandeur et la majesté. Ses principaux jardins sont:

Vaux. Trianon, Clagny, Marly, Meudon, Saint- Cloud, Sceaux, Chantilly, Fontainebleau et Versailles, en France; Greenwich et Saint- James, en Angleterre; les villas Pamphili et Ludovisi, en Italie. Il en dessina aussi en

Suède, en Allemagne et en Espagne. Parmi ses créations, Versailles est <un chef-d'œuvre Qui commande l'attention même de ses détrac-| I Nôtre, son premier métier pour se livrer à

Leurs. On peut, en effet, ne pas en aimer le

style et le trouver monotone, même ennuyeux, | mais qui oserait refuser au parc de Versailles

une largeur de conception en rapport avec les lignes monumentales des bâtiments qu'il ac- Lompagne et avec l'éclat des costumes et l’élésance de la cour contemporaine ?»1

: Le Nôtre mourut en 1700. Il restera la personnification la plus éclatante de l’Art des jardins au siècle de Louis XIV.

À l'étranger, le style symétrique fit sentir son influence à des degrés divers, IL modifia peu les parterres hollandais, chez lesquels les lécoupures et les entrelacements procèdent Deaucoup de sectionnemonts de cercles, et, par ce fait, décèlent un genre particulier. En Auriche, les jardins de Schœnbrunn, dessinés par Fe 0 en 1696, dérivent du style symétrique.

2e style présida encore à la création, en Allemagne, des jardins du palais d'Anspach, en . 715, et de ceux de Schwetzingen, dessinés par l'électeur palatin, Charles-Théodore, vers le milieu du XVIIe siècle. En Russie, Le Blond, lève de Le Nôtre, fut appelé par Pierre-lesrand et créa Peterhof.

Mais c’est surtout en Angleterre que le goût

sénéral se décida pour les jardins français, à à Suite de la transformation, par Le Nôtre, le Greenwich et de Saint-James. De cette poque datent le grand hémicyele de Hampon-Court, qui resta inachevé, et les parcs de

lhatsworth et de Beaconsfeld.

1 Ed. André, L'Art des jardins. Paris 1879.

OT, ei |

Ce document précise la dernière étape des prolorès de cet art avant la création du style symé-|

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