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Evelyn à décrit les plus beaux parcs et jardins d'Angleterre conçus en ce genre: ceux de lady Brook, à Hackney, de lord Craven, à Caversham, de lord Essex, à Cashiobury, de lord Pembroke, à Wilton, de sir J. Child, à Wanstead-House, de M Burschnell, à Wells, etc.
Loudon a cité, d'après Bray, les jardins de Kew, d’Althorp. de Beddington, de Marden, d’Albwise, de Howards, et de Swallowfeld.
De 1691 date l’Essai sur les jardins d’Epicure, publié par sir W. Temple. Les conceptions de cet auteur empruntaient beaucoup à l’art architectural de la Rome antique. Elles furent réalisées par la comtesse de Bedford, dont les jardins passèrent pour le plus beaux du temps.
Loudon et Wyse, les plus célèbres pépiniéristes d'alors, dessinèrent, dans le style propre de Le Nôtre, les jardins de Wollaton-Hall, puis ils continuèrent ceux de Kensington, qu’avait fait commencer le roi Guillaume. Loudon créa Wanstead (Essex) et Edger(Herefordshire). Wyse créa Blenheim. Bridgeman leur succéda.
IL fit disparaître les broderies et les arbres
sculptés. IL eut l’occasion d'appliquer de plus larges conceptions, qu'il sut exécuter sobrement, à Kensington, auquel la reine Caroline lui fit ajouter 300 acres.
En 1728, le D' Blackwell transforma la terre du duc de Chandos selon les préceptes de Le Blond, dont l’ouvrage, Théorie et Pratique du Jardinage, avait été traduit en anglais.
William Kent, peintre décorateur, avait été envoyé en Italie par Lord Burlington. Il en revint avec le goût formé et quitta, comme Le
l’Art des jardins Ses premières créations, Burlington-House et Exton-Park, sont de style symétrique. On était alors en 1730.
Création du Style paysager.
C’est au moment même où le style symétrique jouissait de la plénitude de sa vogue, que furent tentés, en France, les premiers essais de style paysager, par Charles Rivière Dufresny.
Dufresny, né en 1648, fut, dans sa jeunesse, valet de chambre de Louis XIV. Il s’adonna aux beaux-arts et à la littérature, mais plus particulièrement à l’Art des jardins. Il choisissait de préférence les terrains irréguliers, et lorsqu'il devait tracer un jardin sur un sol plat, il le rendait montueux;!l ce furent là les premiers «vallonnements». C'est dans ce genre que Dufresny créa le parc de Mignaux près Poissy, les jardins de l’Abbé Pajot, à Vincennes, et ceux du Chemin creux, au faubourg St-Antoine. Il soumit à Louis XIV, sur sa demande, deux plans pour Versailles. Le roi recula seulement devant l’excessive dépense que leur exécution eût entraînée. Dufresny mourut en 1724, c’està-dire six ans avant que Kent ne songeât à adopter le nouveau style.
C’est donc à tort que l’on a attribué à Bridgeman les premiers essais dans ce genre. Mais il est juste de reconnaître que s’il n’en eut pas le mérite, il eut du moins celui de porter les pre-
1 Dufresny, Œuvres complètes. Paris 1747. Notice biographique, p. 13 et suiv.
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miers coups aux exagérations qu’avaient engendrées le style symétrique.
D'autre part, dès le XVI: siècle, le Tasse, en décrivant les jardins d'Armide, dans la Jérusalem délivrée (1575), eut assurément une conception de limitation de la nature par les jardins. Le chancelier François Bacon, qui mourut en 1626, protestait aussi contre la froideur du style symétrique, et demandait qu'on ajoutât aux jardins d’alors des <endroits négligés comme spécimens de la nature sauvage».
Milton, devenu aveugle en 1652, composa son immortel poème le Paradis Perdu, qui vit le jour en 1667. La description qu'il y fait du jardin d'Eden peut fournir les éléments d’un magnifique jardin paysager.
Les beautés de l’œuvre de Milton furent mises en lumière par Addison en 1694, puis en 1712, époque à laquelle Addison parla plus spécialement des jardins conçus selon l’idéal du poète. Pope reprit le même thème en 1713, dans le Guardian, ainsi que Thomson, de 1726 à 1780, dans son Poëme des Saisons.
C’est ainsi que, préparée par sa littérature, l'Angleterre se mit à la tête du mouvement et que Kent adopta résolument la nouvelle méthode, alors qu’en France on s’en tenait généralement à l’ancien style.
Kent fit d'abord Claremont et Esher, puis Stowe, au marquis de Buckingham. Beaucoup d'autres résidences, transformées par lui, ont été décrites par Walpole, Wathely et Mason.
Parmi les landlords qui, à cette époque, s'inspirèrent de Pope et d’Addison et dirigèrent eux-mêmes leurs travaux.il faut citer Shenstone, qui à laissé un remarquable ouvrage publié en 1764 (Unconnected thoughts).
Kent mourut en 1748. Après lui, vinrent Wright et Brown. Le premier dessinait ses plans sans diriger les travaux. Le second, ancien garçon-jardinier, fit de belles créations, mais souvent empreintes d'insuffisance artistique. Les massifs toujours ronds, la plantation d'arbres en ceinture, et la pièce d’eau au contour toujours régulier, sont la manière de Brown. Elle eut de nombreux imitateurs, et de sa mort (1783) date une décadence momentanée dans l’art des jardins en Angleterre.
Cependant, en France, le sentiment de la nature commençait à se propager, sous l’impulsion des œuvres de J, J. Rousseau. Son ami, le marquis René de Girardin, transforma, suivant ses indications, sa propriété d'Ermenonville, et publia, en 1777, un ouvrage sur ses travaux (De la composition des Paysages, Genève). Cette publication suivait de près l'Essai sur l’Architecture, de Saugier (1763), les Observations on modern Gardening, de Wathely (1770), et la
Théorie des jardins, de Morel; architecte à Lyon
(1776). Ces quatre ouvrages sont les meilleurs traités de l’époque sur l’art des jardins, et le domaine d’Ermenonville resta longtemps le modèle des jardins paysagers,
Quelques parcs bien dessinés datent de l’époque qui suivit: Méréville, à M. de Laborde, dessiné par Huübert-Robert; Bagatelle, planté sous la direction du comte d'Artois; le petit Trianon, Monceau, etc.
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En Angleterre, le goût des jardins paysagers® se releva avec Repton et sir Uvedal Price, Ce dernier fit une guerre acharnée à Repton, mais! c’est à celui-ci que la postérité a donné raison. J. Loudon, qui vint après eux, se rangea dus côté de Repton, dont il continua les enseigne ments.
A partir de 1769 jusqu’à la publication des” Plans raisonnés de jardins, que fit Gabriel Thouin” en 1819, l’art des jardins ne fit aucun progrèsl et l’on ne signala guère que la restauration, sous Joséphine de Beauharnais, de la Malmaison,» par Berthoud.
Cette période fut surtout marquée par l’intro-! duction d’une foule d’ornements accessoires : L ruines, urnes funéraires, pierres druidiques,® temples de Diane, etc. On donna à ce mouvement\ le nom de style romantique.
Thouin dessina Saint-Ouen, pour Mne de Cayla.
Après lui, et jusqu’à l'avènement de Napoléon IT, l’art des jardins resta stationnaire ; le nom seul de Bellangé, qui planta l'Elysée en 1828, mérite d’être retenu. !
Mais sous le second Empire, Paris devait être le théâtre d’une sorte de renovation des l’art des jardins. Nous avons énuméré autre!
part! les principales créations naturelles qui * ont embelli et en même temps assaini la capi-\ tale de la France. Elles sont dues à l'impulsion k du préfet d'alors, M. Haussmann. Les premiers ! travaux, ceux du Bois de Boulogne, furent \ d’abord dirigés par M. Varé. Lorsque fut créé | le service des Promenades et Plantations, la direction passa aux mains de M. Alphand, qui! fut secondé par .d’habiles lieutenants, tels que M. Barillet-Deschamps. ù |
Le style des créations du second Empire est | empreint d’une physionomie propre, qu’on re-\ trouve, par exemple, dans le jardin qui a été établi sur l'emplacement des anciennes pépi- | nières du Luxembourg, et dans les squares qu'on ! établit encore aujourd’hui. Cette physionomie | se dégage de la quasi-régularité des courbes, | de l'introduction des plantes tropicales et des | plantes à feuillage ornemental trop souvent | sroupées en corbeilles régulières, et, quelque- | fois même, de la trop grande profusion de ces corbeilles. Le goût des plantes à feuillage panaché s’est développé aussi à la faveur de ce style, que l’on a justement désigné sous le nom de décoratif; mais ce goût a dégénéré en une imitation de la tapisserie, imitation à Jaquelle on a donné le nom de Mosaïculture, et dont on abuse parfois. )
Dans les grandes créations récentes, le développement du style décoratif parait s'être arrêté aux Buttes-Chaumont. Il suffit en effet de comparer ce parc à celui qui a été établi à Montsouris, pour se rendre compte de la diffé rence de leurs caractères. Le parc de Montsouris est d’un effet paysager plus grandiose.
Jardin d'hiver. Voir Serres.
JARDIN FRUITIER. Le jardin fruitier réclame une situation favorable, abritée des gelées pins tanières, des brouillards fréquents, des hour: rasques, vents de mer, mistral, et même des cha-
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JARDIN FRUITIER. — leurs excessives. Une bonne terre est toujours préférable, surtout quand la couche arable reposesur un sous-sol qui n’est pas imperméable.
y renoncer et chercher une situation meilleure. Est-il nécessaire d’ajouter que le voisinage de habitation est tout à l'avantage du jardin fruitier. alors que la proximité d’un marché, d’une gare d'expédition est obligatoire lorsqu'il s’agit d'une œuvre de spéculation.
La clôture du jardin s'obtient avec un fossé, une haie sèche ou vive. Un mur est plus coùû- \teux, mais il offre l'avantage de permettre sur ses deux faces la culture d'arbres fruitiers. qui. palissés au soleil ou à l’ombre, auront une Hé fication plus certaine et plus avantageuse. ‘Sous un climat froid, une succession de murs ‘parallèles ou de refend, à l’intérieur, concentre - {la chaleur, s'oppose aux courants contraires et nte d'autant la production fruitière.
D'ailleurs, en dehors du Jardin, un rideau de grands arbres verts, placé en travers, du côté habituel des vents violents, serait de première utilité.
Si la clôture extérieure est un ruisseau. une cloison. palissade, grillage, etc. il esttoujours faile de construire un mur chaperonné à quelques mètres en dedans, ce qui permettra d'utiliser ses deux façades. La muraille, sur des assises solides, haute de 2 m. 50 à 3 m., sera recouverte d'un crépi gris clair d'autant plus blanc qu'il | ÿ aura plus de chaleur à lui procurer. Le treilage qui le garnitse composera delattes en bois . 5e croisant en formant des parallélogrammes, ou de lattes en bois dressées verticalement sur des fils de fer placés horizontalement, ou tout autre système.
! Une plate-bande de 1 m. 50 étant laissée au pied du mur, nous le planterons d’après l’exposition solaire :
Façade Est: Pêchers, Abricotiers, Vignes; : » Sud-Est: Pêchers, Vignes; » Sud: Vignes, Pêchers; | » Sud-Ouest: Vignes, Pêchers, Abricotiers ; > Ouest: Poiriers, Pruniers, Cerisiers; > Nord-Ouest: Poiriers, Pommiers, Cerisiers ; Nord: Pommiers, Poiriers, Groseilliers ; Nord-Est : Poiriers, Cerisiers, Pruniers, | . Abricotiers.
| Le Figuier se plaît aux angles où la chaleur p | |
me
e concentre. Le Framboisier et le Groseillier réfèrent garnir les plates-bandes et les expoüuons où le soleil ne pénètre pas.
: Le sol du jardin est préparé par un défonlement général ou partiel (les chemins exeptés). Ce labour profond doit entamer surtout P sous-sol, s’il est de bonne composition, croiser es diverses couches de terre végétale, extraire -$ pierres trop nombreuses et les racines qui \ourraient s’y trouver.
Le nivellement est caleulé — si possible — e façon que le centre, légèrement creusé, déage l'humidité surabondante de la ligne fronére bordée par le mur. Dans ce cas, les allées Talent remplies de pierrailles et de scories ù renfermeraient un tube de drainage: une
En dehors de ces conditions, il vaudrait mieux |