ROSIER
fente sur le côté. Pour opérer avec succès et surtout avec plus de facilité, il convient de butter, autour des pieds sur lesquels on désire opérer,avec de la terre légère mais substantielle, puis d’effeuiller les pousses sur leur partie à enterrer et d'y exécuter avec soin une incision à partir d'un œil, de bas en haut, en entamant la moitié de l’épaisseur du bourgeon, sur une longueur de 11j2 em. à 2 em. L’enracinement se produit facilement sur cette sorte de languette maintenue écartée par suite de la courbure des bourgeons marcottés et fixés au sol à l’aide d’une petite fourchette en bois. Le sevrage peut se faire dès le mois de septembre. On obtient ainsi de très beaux sujets francs de pied notamment sur les variétés Thés, Bourbons, Noisettes et la pluplart des Hybrides remontants.
Drageonrage. — A surtout son utilité pour les variétés qui drageonnent abondamment, comme les R. Cent-feuilles et les R. de Provins. Le drageonnage s'exécute en février-mars.
Bouturage.— Deux procédés sont aujourd’hui en usage pour la propagation du Rosier par le bouturage. Pour chacun d’eux il faut avoir recours aux boutures à talon mi-herbacées.
Le premier procéfé, le plus ancien, se pratique à froid, sous cloches, à l’exposition du Nord, en septembre-octobre, en sol sablonneux comprenant 1}; terre de bruyère siliceuse, 1/3 sable de rivière, 1/3 terreau de feuilles bien décomposé, le tout intimement mélangé. Le sol bien nivelé et suffisamment tassé, reçoit 2 ou 3 rangées de cloches, en observant un jeu facile de 5 em. entre chacune d'elles. Les bou-
| tures se repiquent ensuite près à près à 11 cm.-
2 cm. les unes des autres, en les bornant bien et leur donnant une mouillure de fond. Elles restent à l’étouffée durant l'hiver et on les abrite au moyen de litière sèche et de paillassons pendant les grands froids. En avril, elles sont enracinées ; on les met alors séparément en godets de 7 ou de 8 cm. sur couche tiède, pour les planter définitivement en pépinière dans le courant de mai.
Le second procédé, mis en pratique par nous, au Muséum, en 1890, diffère du précédent en ce que les boutures sont repiquées sous châssis, assez près du verre, fin juillet ct. d'août, sans air et sans ombre, en plein soleil, mais à la condition de bassiner fréquemment, et plus ou moins selon l'intensité de la chaleur solaire.
Par ce procédé, l’enracinement est rapide et s’effectue avant l'hiver, de sorte qu'on gagne du temps. Il n’y a qu’un inconvénient: la nécessité d’une surveillance incessante.
Pour obtenir en juillet-août de bonnes boutures àtalon, nous nesaurions trop recommander de préparer celles-ci 25 jours avant l'opération au moyen de la serpette-bouture Huré.
Greffage. — Le meilleur sujet pour le greffage du Rosier est l'Eglantier commun (Rosa canina), soit pour l'obtention du Rosier tige ou demitige, soit pour celle du R. greffé bas. Cependant pour cette dernière forme on peut encore Trecourir au Multiflore de la Grifferaie, mais il a l'inconvénient de drageonner fortement, de sorte qu'il faut le surveïiler. sy
Le mode de greffage généralement usité en
ROSIER. = pareil cas est l'écussonnage, soit à œil poussant pratiqué vers la mi-juin, soit à æ21 dormant exécuté dans la seconde quinz. d'août. Nous n'hésitons pas à recommander ce dernier procédé comme le plus pratique, celui qui donne les meilleurs résultats.
Pour l’éducation du Rosier tige ou demi-tige, les Eglantiers doivent être ni trop gros, ni trop grêles, bien droits, non ramifiés, mesurant environ 5 cm. de circonférence à 50 cm. de hauteur au dessus du sol; ils présenteront en outre | peu d’épines, une écorce gris verdâtre, des pieds munis autant que possible de jeunes radicelles, et non de ces gros moignons toujours si défavorables à la reprise.
La plantation des Eglantiers se fait par lignes | distantes de 40 cm. l’une de l’autre et à 30 cm. sur la ligne; toutes les deux lignes il est nécessaire de laisser un intervalle de 60 cm. comme sentier permettant de circuler plus librement au moment du greffage.
Pendant la végétation, on ne conserve que les 8 ou 4 bourgeons les mieux distribués au sommet de la tige. Lorsque ceux-ci ont acquis 15 à 20 cm. de longueur, on éborgne les 2 ou 3 yeux du dessus de chaque bourgeon, et tout contre la tige, dans le but d'obtenir là, plus tard, une surface lisse pour l’écussonnage.
Les greffons se choisissent parmi les pousses ayant fleuri. Les écussons s’inoculent sur le dessus des rameaux ménagés et tout contre l'Eglantier, Lorsque ceux-ci sont jugés trop faibles, on peut écussonner directement sur le corps même du sujet et immédiatement au dessous de chaque rameau.
Pour l’écussonnage à œil dormant, il faut se garder de tailler les ramifications de l’Eglantier peu de temps après le greffage. Cette opération ne doit se faire qu'après la chute des feuilles, en novembre.
Au printemps suivant, en avril, lorsque les jeunes greffes ont de 12-15 em. de longueur, il convient de les pincer et de les tuteurer au moyen de petites ramilles maintenues au haut de l’Eglantier par des attaches en Osier.
Pour l'obtention des Rosiers nains greffés bas, les sujets se plantent en lignes à 80 cm. sur le rang et à 40 cm. entre les lignes. Les écussons se posent alors près de terre, sur le collet du sujet au préalable nettoyé et préparé. Ce sont ensuite les mêmes soins de taille que pour l'Eglantier tige, en réservant ici un onglet de 15-20 cm. sur le sujet, qui servira à accoier la jeune greffe au début et lui servira de tuteur.
Les spécialistes pratiquent encore, au printemps, en février-mars, en serre ou sous châssis, la greffe en 1/2 fente sur table, sur de semis Eglantiers, de 2 ans; de même que les greffes en triangle ou en incrustation et à l'anglaise, simple ou compliquéé, qui donnent de très bons résultats, en choisissant comme greffons des rameaux plutôt moyens que trop gros, à yeux rapprochés et à moëlle aussi peu abondante que possible. (Pour l'exécution, voir ces différentes greffes à l’article greffage.)
Plantation. —— La meilleure époque de plan- | jon. — tation du Rosier est février-mars pour le Centre — Jean Pernet. — Luciole. —