‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 3)Chapitre 123 sur 169 · CIDRE · texte numérisé non relu

CIDRE

sste, ces différents cidres peuvent se mêler ensemble dans des proortions Tariables.

La liqueur ainsi obtenue est reçue d'abord dans un baquet placé nos la table du pressoir, et passe au travers d'un panier d'osier Bmpli de paille, sur laquelle s'arrête le plus gros marc. On le retire Dsaite pour le mettre dans de vastes tonneaux dont l'oriflce est ecouvert d'une simple toile, ou de leur bonde placée sens dessus lessous, de manière que la moind,re force puisse la renverser. Alors 'opère la fermentation, dite tumultueuse^ et ce n'est que deux mois fiés que les tonneaux peuvent être bouchés.

La consommation du cidre à Paris et dans la banlieue, de 1851 à \%Sky a été de 32 906 hectolitres. Ce qui donne, pour chaque habiaot, dans la même période, une moyenne annuelle de 31,124.

Le cidre est sujet à plusieurs altérations spontanées. L'acidité n'est JM considérée comme une maladie, surtout en Normandie, et dépend noTent du mode de préparation. Il arrive, surtout au cidre resté Ittigtemps sur la lie, ou provenant des terrains froids ou humides, ie«e tuer ou de se brunir au sortir du tonneau, ce qui ne tarde pas à le laire tourner complètement au vinaigre. Le graissage s'arrête par les soutirages, des additions d'alcool, de sucre et de poires concasiées, mais ne permet plus au cidre de se conserver; enfin, lorsqu'on itrop longtemps conservé la liqueur sur la lie, la fermentation putride s'en empare, laquelle la rend infecte et incapable de servir kiQtre chose qu'à la distillation.

Le cidre peut être altéré par l'addition de chaux, de cendres, de inie, de litharge, de céruse.

La litharge et la céruse ont été souvent ajoutées au cidre de mauwse qualité pour en corriger l'acidité. L'addition de la litharge au idre parait avoir été d'une pratique habituelle en Normandie, car on rouve dans les arrêts du parlement de Rouen, en 1775 et 178/i, qu'il st défendu de se livrer à cette fraude, c'est-à-dire à la désacidificaion des cidres par le plomb. Il y a quelques années, plusieurs cas rempoisonnementtrès graves ont été déterminés à Paris, par du cidre tovenant d'une grande brasserie où l'on s'était servi, pour clarifier, l*ane mixture plombique.

En outre, en trouve dans un rapport de MM. Chevallier, Ollivier rAngers] et Page, la description d'accidents sérieux éprouvés par Insieors personnes, pour avoir fait usage d'un cidre placé pendant iMx jours, au moment de sa fabrication, dans un réservoir de bois looblé de plomb : exemple qui démontre que ceux qui préparent les boissons fermentescibles doivent s'abstenir de l'emploi de vases le plomb dans la préparation de ces boissons.

On reconnaîtra la présence de la litharge et de la cémse dans le

Sn CIMETIÈRES.

cidre par i'évaporation à siccité de cette liqueur, et par l'incinération de Textrait. Le résidu, traité par l'acide nitrique, éfaporé de nouveau, et repris par l'eau, fournira une liqueur qui précipitera en blanc par le sulfate de soude, en jaune par Tiodure de potassium et le chromate de potasse, en noir par Thydrogène sulfuré. Le cidre conservé dans des vases de zinc ou de cuivre peut conserver des tels de ces métaux.

Souvent on a vendu des cidres préparés avec le sucre de fécule, la cassonade, le vinaigre ; des cidres fabriqués de toutes pièces avec des fruits secs et aromatisés avec la cannelle. M. Chevallier parle encore de cidre fabriqué avec les fruits du cormier, lequel fournit une boisson propre à étancher la soif, mais devient un poison asiei violent, si on le fait dans un vase de terre vernissée.

Le bon cidre, dit Lebmann, est, après la bière, le meilleur succédané de l'eau-de-vie; pris avec modération, il convient à la plopirt des hoomics, qui le trouvent agréable et désaltérant C'est à son boo marcbé, dans plusieurs cantons de la Suisse, tels que Thurgovii, Appenzell, Saint-Gall, Zuricb, qu'on doit attribuer que les résultats di l'abus de l'eau-de-vie, si communs dans d'autres cantons, soient inconnus. En consultant les médecins du pays, on acquiert la conviction que le cidre n'y entraine pas de suites fâcheuses particulières, i moins qu'il n'ait été préparé avec des fruits verts, ou qu'il ne soit mal fait ou altéré.

Bibliographie. ~ Dictionnaire dé Viniuêtrie^ etc., 1855, U III, p» 407. - Cb. Roesch, De l'abus des boissons sjïiritueuses {Annales à'kygiène^ etc., t8S8i t XX, p. 373).— Chevallier et Oilifier(d'Aoger8), Reeherehes chimiques et méikf légales sur plusieurs cas d'empoisonnement déterminés par l'usage de têàre emtesm^ «M sel de plomb en dissolution {Annales d'hggiène, tffc, iSAS, t XXVII, p. iOi)« -* Chevallier, Dictionnaire des altérations, etc., S* èdit, 1857, 1. 1, p. ISA. — L. Kàd, Duddre, de son analyse, de sa préparation, de sa conservation et des falsiftânmi qu'on lui fait gubir {Annales d'hygiène, etc. 1861, 2* férié, tome XVI, p. m].

CIGARES. — Voy. Tabac.

ClNETIÈREii. — Lorsque les premiers chrétiens devinreot nombreux, disent les auteurs du Traité de la salubrité doMlfi grandes villes, ils reçurent en don, des gens riches, plusieurs fonds de terre destinés aux inhumations publiques : telle fut l'origiDe des cimetières. Bientôt ceux-ci se multiplièrent; ils furent d'abord situés, comme les tombeaux des anciens llomains, le long des grands chemins les plus fréquentés, puis transférés autour des églises, et enfin hors des villes.

Jusque dans le siècle dernier, en effet, on vit des cimetières eiistff au sein môme de la capitale; c'est au centre des bour^ et des^il-

rm *^

iages que l'on voyait les tombes se grouper autour des églises, et les prêtres ainsi que les grands personnages se faisaient inhumer dans rintérieur même des édifices consacrés au culte.

Un décret du 23 prairial an XTI (12 juin 1804), revenant aux règles déjà posées par }es législations anciennes sur les sépultures, et voulant prévenir les accidents qui, plusieurs fois, étaient résultés du dépôt des cadavres dans les souterrains des églises, défendit d'inhumer dans les endroits où Ton se rassemble pour Texercice du culte. Ce décret, après avoir défendu (art. 1*% titre !•') toute inhumation dans les églises, temples, synagogues et autres lieux consacrés au culte, ainsi que dans l'enceinte des villes, bourgs et villages, décide qu'il y aura, hors de ces centres d'habitations et à la distance de trente-cinq à quarante mètres au moins de leur enceinte, des terrains consacrés à l'inhumation des morts (art. 2) ; que les terrains les plus élevés et exposés au nord seront choisis de préférence ; qu'ils seront clos de murs de 2 mètres au moins d'élévation et plantéti d'arbres, sauf à prendre les précautions convenables pour ne pas gôner la circulation de l'air (art 3).

Le môme acte a réglé la dimension et l'espacement des fosses. Chaque inhumation, dit l'art. &, aura lieu dans une fosse séparée de §■,5 à 2 mètres de profondeur]sur 8 décimètres de largeur, laquelle lera ensuite remplie de terre bien foulée. Les fosses seront (art. 5) distantes les unes des autres de 3 à 4 décimètres sur les côtés, et de 3 à 5 décimètres à la tète et aux pieds. Puis, pour éviter le danger qu'entraîne le renouvellement trop rapproché des fosses, il est dit (tri 5) que l'ouverture de celles-ci, pour de nouvelles sépultures, n'aura lieu que de cinq ans en cinq ans ; et qu'en conséquence les terrains destinés à servir de sépulture doivent être cinq fois plus étendus que l'espace nécessaire pour y déposer le nombre présumé des morts qui peuvent y être enterrés chaque année. La règle générale qui a été posée plus haut n'est pas sans exception. Quelquefois il arrive que l'on autorise, par honneur, les inhumations dans les églises, les temples, les monuments publics.

D'un autre côté, le décret du 23 prairial an XII porte (art. \k) que « toute personne pourra être enterrée sur sa propriété, pourvu que ladite propriété soit hors et à la distance prescrite de l'enceinte des ▼illes et bourgs, c'est-à-dire à 35 mètres au moins. »

Relativement à la distance à laquelle tout cimetière doit être des • habitations, il y a un décret du 7 mars 1808 qui est ainsi conçu : « Art. 1". Nul ne pourra, sans autorisation, élever aucune habitation ni creuser aucun puits à moins de 100 mètres des nouveaux cimetières transférés hors des communes en vertu des lois et règlements. — Art. 2. Les bfttitsents existants ne pourront également être restaurés

ni augmentés sans autorisation. Les puits pourront» après visite contradictoire d'experts, être comblés en vertu d'ordonnance du i^fet du département, sur la demande de la police locale. »

Deux observations essentielles sont utiles à consigner ici. La première, c'est que le décret ci-dessus rapporté n'est applicable qu'aux cimetières transférés hors des communes, et qu'on ne saurait s'en prévaloir pour interdire aux propriétaires d'immeubles qui entourent un ancien cimetière le libre usage de leurs propriétés (Dec. min, du 17 mars 1839, Loiret). La seconde, c'est que, lorsqu'une commune a transféré son cimetière à 35 ou &0 mètres de son enceinte, en exécution de l'article 2 du décret du 23 prairial an Xn, il ne serait ni juste, ni d'ailleurs vraiment utile d'étendre les prohibitions prononcées par le décret du 7 mars 1808 sur un rayon de iOO mètres du côté des habitations ; celles-ci devant, par le fait de la translation dn cimetière à la distance légale, être considérées comme exonérées de toute servitude. C'est donc seulement du côté des terrains non bâtis que doivent porter les prohibitions {Cire, du 30 décembre 18&3).

L'aliénation des cimetières supprimés est aussi l'objet de C€r> taines règles qu'il est bon de rappeler. « Aussitôt, dit le décret de prairial an XII, art. 8, que les nouveaux emplacements seront disposés à recevoir les inhumations, les cimetières existants seront fermés et resteront dans l'état où ils se trouveront, sans que l'on puisse en faire usage pendant cinq ans. » Et l'article 9 ajoute t A partir de cette époque, les terrains servant actuellement de cimetières pourront être affermés par les communes auxquelles ils appartiennent, mais à condition qu'ils ne seront qu'ensemencés ou plantés, sans qu'il puisse y être fait aucune fouille ou fondation pour des constructions de bâtiment jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné. »

Une disposition'antérieure, celle de l'article 9 de la loi du 15 mai 1791, porte que « les cimetières ne pourront être mis dans le commerce que dix ans après les dernières inhumations. » C'est la régie ordinairement suivie par l'administration centrale en cette matière, d'après un avis du conseil d'État du 13 nivôse an Xni, portant qœ les terrains qui ont servi aux inhumations peuvent être vendus on échangés sous les conditions exprimées par les règlements et à U charge par la police locale d'en surveiller soigneusement l'exécution. (Cire, du k pluviôse an XDI.)

Nous n'aurions que très incomplètement traité la partie vraiment hygiénique de cette question, si nous ne cherchions à poser les conditions de salubrité qui doivent présider au choix des lieux d'inhumation, à la disposition des fosses, à certaines conditions accessoires telles que des plantations dans les cimetières ; enfin à b

durée des concessions de terrain et à l'abandon des cimetières. Cli«liK des llevu d'iiihviiiatloii. — La topographie proprement dite des cimetières peut donner lieu à plusieurs considérations utiles : telles que l'exposition et la connaissance des vents qui soufflent sur remplacement à choisir, le degré d'élévation du sol, la distance des villes et des habitations, des cours d'eau, etc.; enfin la nature môme, soit chimique, soit physique du sol. Nous allons passer en revue chacun de ces points.

Exposition. — Les vents portant les miasmes putrides sur les habi*

tations qui sont dans leur direction, il faut arrêter ce transport ou en

diminuer les effets. Les moyens reconnus les plus efficaces sont de

placer, autant qu'il sera possible, les cimetières au nord et à l'est, à

.l'abri de montagnes ou de forêts, qui rendent moins vif le cours de

ces vents. Ceux qui soufflent des deux autres points de l'horizon,

presque constamment chauds et humides, qualités qui augmentent

l'activité de la putréfaction, porteront les miasmes soit sur la pente

de la montagne, soit parmi les arbres de la forêt, où leurs propriétés

Dobibles ne trouveront pas à s'exercer, ou même seront modifiées

par leur décomposition.

Si la disposition des lieux ne permettait d'établir le cimetière que dans une plaine, on l'éloignerait des habitations plus que celui placé au pied d'une montagne ou d'une forêt, et, entre la ville et lui, on formerait une plantation d'arbres élevés, qui couperait le cours du veot, et préserverait, au moins en partie, des fâcheux effets d'un pareil voisinage. Le coiu*s d'une rivière entre une ville et un cimetière serait encore une utile protection ; mais l'embarras des communications ne permettra pas toujours de l'utiliser.

On tiendra toujours compte, dans l'orientation d'un cimetière, eu ^ard aux centres de population, des vents régnant le plus habituellement dans la localité, des courants d'air que déterminent les gorges de montagnes, la direction des vallées, les grands cours d'eau, etc.

En Prusse, la distance des cimetières, par rapport aux villes,

est de iOO à 1000 pas; à Sigmaringen, de 275 pieds; à Bade, de

717 pieds. Gmelin conseille une distance de 1000 à 2000 pieds ; Atkin-

Son, 500; Copland et Walker, 2000; le docteur A. Riecke, 150 pas

Pour les communes de 500 à 1000 âmes ; 500 pas pour les communes

plus peuplées.

IVAtwre dv 0OL — La nature du sol est une des circonstances qui exercent le plus d'influence sur les phénomènes que produit la décomposition des corps inhumés dans un cimetière.

La situation, le degré d'humidité, la constitution physique et la nature chimique du terrain, telles sont les principales conditions que â'on ait à considérer»

C'est surtout par le plus ou moins d'humidité qui en résulte, qae Ja situation d'un terrain peut influer sur la marche de la putréfaction. L'humidité est un élément essentiel de la décomposition des corps; celle-ci marchera donc d'autant plus lentement que l'élévation, la pente d'un terrain, la température et les vents auxquels il sen exposé le tiendront dans un état de sécheresse plus habituel. Dans les terrains bas au contraire, destinés à recevoir les eaux des parties environnantes, à l'abri des vents, plus rapprochés des couches on des infiltrations d'eau qui se rencontrent dans beaucoup de localités d'une certaine profondeur, la putréfaction marchera le plus rapidement possible. M. Vingtrinier, dans son beau rapport sur les cimetières de Rouen et des environs, après avoir signalé l'influence désastreuse des émanations cadavériques sur la population agglomérée, insiste sur l'importance qu'il y a à bien choisir le terrain. Il faut éviter avec un soin réel qu'il soit disposé de manière à recevoir des eaux des terrains supérieurs et à les transmettre aux plans inférieurs, en charriant alors des matières animales en putréfaction dont l'odeur est infecte. Ailleurs, si l'eau ne s'écoule pas, elle r^ le terrain humide à ce point que les cadavres soulevés sont portés à la surface de la tombe, et quelquefois même en contact avec l'air. Un mot d'explication 6ur l'importance que l'on doit attacherai plus ou moins de rapidité avec laquelle se développe la putréfactkm dans les cimetières est ici nécessaire.

Dans un grand nombre de localités, villes ou villages, raccroissement, quelquefois considérable de la population, finit par déterminer l'encombrement de cimetières qui n'avaient pas été construits dans une semblable position. Si la décomposition s'y opère lentement, il faut rouvrir les anciennes fosses avant que les cadavres précédemment inhumés en aient disparu : de là, sans parler des convenances profondément outragées par cette espèce de violation de la sépultmt, de graves inconvénients pour la santé publique. Les terres ainsi remuées autour de cadîivres encore en voie de fermentation patride déterminent le dégagement de miasmes essentiellement nuisibles aux fossoyeurs d'abord, et ensuite à tous ceux qui respirent l'air du cimetière ou môme l'atmosphère environnante. Ensuite, en renouvelant ainsi à des époques trop rapprochées le dépôt de cadavres an sein d'une terre incapable de les décomposer dans le temps voulu, on arrivera bientôt à cet état de saturation des cimetières dont nous parlerons tout à l'heure, et qui est une des pires conditions quïb puissent acquérir.

On choisira donc, pour l'emplacement des cimetières, des terrains secs et aérés, de préférence aux terrains bas et humides. Seulement une condition qui est la conséquence nécessaii^ do retard appt^

dans la décomposition des cadavres, est la suivante : que le terrain soit suffisamment étendu pour qu'une fosse ne soit jamais ouverte dans un endroit ayant déjà servi de sépulture, sans que la décomposition des cadavres précédemment inhumés y soit complètement accomplie. On s'assure aisément, lorsque Ton consulte les travaux des Conseils d'hygiène des départements, que cette condition est loin d'être remplie dans une foule de cimetières de province, qui, daûa beaucoup de localités, se rapprochent de l'état où se trouvaient, avant les réformes contemporaines, les cimetières des églises, où se trouvent encore aujourd'hui les cimetières de la ville de Londres. Cependant, comme on ne peut songer à laisser envahir indéfiniment le sol utile aux vivants par les demeures consacrées aux morts, il fkut une mesure dans cette règle de modérer le travail de décomposition des corps. S'il faut se garder de demander à l'humidité et à la température des moyens artificiels de hâter leur destruction, il faut chercher dans la nature même du terrain des éléments propres à l'accomplir dans un espace de temps qui permette d'utiliser d'époque en époque les mômes parties d'un cimetière.

La nature chimique des terrains exerce efi*ectivement une influence importante sur la destruction des cadavres. L'action des terrains argileux est moins énergique que celle des terrains calcaires. Les premiers ont l'inconvénient de former avec les cadavres une masse compacte qui se dessèche rapidement et ne se laisse ensuite que très difficilement pénétrer par les insectes, les fluides aériformes et l'humidité. Les terrains du Campo-Santo de Pise passaient pour empnmter à une terre fortement alcaline la propriété de consommer les cadavres avec une extrême rapidité. On voit derrière le village do Joal^ k la côte de Sénégal, des amas d'écaillés d'huîtres qui ont une destination religieuse et sont peut-être une mesure d'hygiène et de salu* brité publique : c'est au centre de ces immenses tertres de substance calcaire que les habitants de Joal ensevelissent leurs morts.

Orfila, afin de connaître l'influence des terrains sur la marche de la putréfaction, et en même temps le genre d'altération que chacun de ces terrains fait éprouver à la matière animale, a fait des expé« riences avec des parties d'un même cadavre enveloppées d'un même linge et enterrées au même moment. Quatre terrains ont été soumis è l'expérience. La terre de Bicêtre, jaunâtre, calcaire, ne présente aucun des caractères des terres végétales. La terre du jardin de la Faculté de médecine de Paris diffère de la précédente en ce qu'elle contient beaucoup moins de matière organique azotée, et renferme des détritus de végétaux dont la décomposition est déjà très avancée; aussi est-ello noire et ofl*re-t-ellc l'aspect d'une terre végétale; du imte, elle est également très ncbe en carbonate do chaux et contient

aussi une assez grande quantité de sulfate de chaux. Le terreau est principalement caractérisé par la forte proportion de détritus de végétaux quil renferme. Ces détritus sont loin d'être aussi pourris que ceux qui existent dans la terre du jardin; en sorte que le terreaa constitue véritablement un terrain beaucoup plus végétal : il est principalement formé d'acide silicique et de carbonate de chaux. Le s^le de carrière est essentiellement siliceux et très ferrugineux; on y voit quelques traces de mica et à peine de carbonate de chaux.

Il résulte des expériences faites dans ces quatre terrains : 1* Que la putréfaction est loin d'avoir marché dans chacun d'eux avec h môme rapidité. 2"" Qu'elle a été beaucoup plus lente dans le sable et beaucoup plus prompte dans le terreau que partout ailleurs, jusqu'au moment où il y a eu une certaine quantité de gras de cadavre de formé. 3* Qu'à cette époque la décomposition putride a Eût au contraire beaucoup plus de progrès là où il y avait moins de gras, comine dans la terre de Bicètre, que dans le terreau et dans la terre du jardin qui en renfermaient davantage; et que si dans le sable où il ne s'était point formé de savon, la putréfaction était beaucoup moins avancée, cela tient à ce que ce terrain jouit, à un très haut degré, de la propriété de ralentir la décomposition, k"* Que tous les terrains ne sont pas également propres à opérer la saponification de nos tissus, et qu'en général le terreau et les terres végétales semblent être ceux qiii la déterminent le mieux et le plus promptement. 5* Que cette transformation graisseuse parait commencer par la peau et le tissa cellulaire sous-cutané, pour gagner ensuite les muscles. 6* Que, quelle que soit la rapidité avec laquelle a lieu la putréfaction jusqu'à l'époque ou la saponification a envahi une assez grande partie de h peau, elle s'arrête en quelque sorte dès cet instant, ou du moins ne «uit plus la même marche, puisque, au lieu de se ramollir de plus en plus, de devenir pultacés et de disparaître, les tissus sous-jaceots passent au gras, et finissent par former une masse d'un blanc gri* sàtre, sèche, dans laquelle il n'est plus possible de les reconnaître.

Nous ne devons pas omettre de mentionner la présence de ^a^ senic dans certains terrains qui servent à la sépulture. Ce fait, dont on ne saurait méconnaître l'importance au point de vue de la méde* cine légale, est loin d'avoir la même portée en ce qui touche l'bj' giène publique. Le retard que les préparations arsenicales apportent dans les phénomènes de la putréfaction se montre-t-il également sur les cadavres inhumés dans les terrains arsenicaux?

La nature du sous-sol doit être encore soigneusement étudiée dans le choix de l'emplacement d'un cimetière, sous d'autres points de vue. Ainsi la proximité de l'eau ou au contraire d'une coocfae rocheuse qui ne permettrait pas de donner aux sépultures la proton

deur exigée par les règlements, au moins 1 mètre 50 centimètres, rend les terrains tout à fait impropres à servir de cimetière. Un terrain où Ton ne peut creuser à 2 mètres de profondeur sans que l'eau vienne à paraître, en quelque faible quantité que ce soit, doit être absolument rejeté. Quant à la nature rocheuse du sous-sol, on pourra y suppléer en transportant de la terre friable dans une épaisseur convenable, comme il avait été question de le faire pour un cimetière voisin de Marseille.

Dans la même ville, en 1832, le Conseil de salubrité constatait que le cimetière du quartier Saint-Louis, très peu étendu, ne présentait que quelques points isolés où Ton pût creuser les fosses à une profondeur convenable, le rocher étant presque à découvert en divers lieux de ce cimetière, et surtout sur les parties latérales. Ainsi la dernière fosse qui avait été creusée n'étant qu'à 85 centimètres de profondeur, le cercueil reposant sur le rocher n'avait pu être recouvert que de 65 centimètres de terre ; ce qui est évidemment insuffisant, les émanations putrides résultant de la décomposition des cadavres devant nécessairement s'élever et se répandre dans l'atmosphère, puisqu'il est bien reconnu que, pour éviter cet inconvénient, il fout que chaque fosse ait 2 mètres de profondeur, et que le fond de la fosse repose sur la terre meuble, afin que les liquides puissent s'infiltrer, et que les gaz putrides résultant de la décomposition ne puissent pas se dégager dans l'atmosphère.

Le voisinage des ruisseaux, torrents, etc., doit encore être sérieii* sèment pris en considération.

n faut d'abord s'assurer avec certitude que l'élévation du terrain do cimetière, comparée à celle de l'autre rive du cours d'eau, mette i l'abri de toute inondation. On doit ensuite prendre toutes les précautions possibles pour qu'il ne puisse s'établir aucune communication, par infiltration, entre le terrain du cimetière et le lit du cours d'eau. L'excès d'humidité autour des cercueils et l'altération de l'eau par le mélange de produits de décomposition offriraient, à des degrés divers, de sérieux inconvénients. Dans une semblable circonstance, le Conseil d'hygiène et de salubrité du département des fiouches-du-Rhône a décidé, à l'effet de préserver le ruisseau d'un moulin voisin d'un cimetière à construire, que le mur de clôture serait établi à 3 mètres de distance du ruisseau, sur des fondations en maçonnerie hydraulique de 75 centimètres d'épaisseur; et que le bas des fondations serait amené à 1 mètre au-dessous du niveau du fond du ruisseau. Avec cette précaution, il a paru que les eaux qui s'infiltraient dans le sol, et qui pourraient ainsi y puiser des matières organiques, ne pouvaient dépasser les limites du cimetière qu'à une proir qui rendrait, impossible leur mélange aux eaux du niisseaUé

Il ne faut pas oublier cependant qu'à Londres, on a vu les infiltrations de matières organiques provenant des cimetières pénétrer dans des puits et des égouts, à travers non-seulement la brique, mus encore le ciment, à 30 pieds de distance. Ce n'est sans doute qu'au bout d'un temps assez éloigné que de semblables phénoaiènes s'observeront à de telles distances et à travers de pareils obstacles; mais c'est surtout au point de vue de l'avenir que l'on doit s'occuper d'éventualités de ce genre, et nous n'hésitons pas à proscrire toute construction de cimetière à une distance plus rapprochée que 15 mètres de tout cours d'eau, égout, puits, etc.

Il semblerait résulter d'un fait rapporté par M. Ouérard que la filtration à travers les cimetières, des eaux destinées aux usages domestiques, loin d'avoir l'influence f&cheuse qu'on lui a attribuée, peut parfois produire des effets jusqu'à un certain point avantageux. Dans une visite qu'il fit avec ses collègues du Conseil de salubrité au cimetière de l'Ouest, il eut l'occasion d'examiner l'eau du puits creuséaa milieu du terrain : cette eau, au lieu d'ôtre crue, comme la nature calcaire du sol devait le faire supposer, dissolvait le savon, cuisait les légumes, etc.; elle était limpide, inodore et de bon goût. Barruei, qui faisait partie de la commission du Conseil, jugea aussitôt que, dans sa filtration à travers un terrain imprégné de sels ammoniacaux, le sulfate calcaire qu'elle renfermait avait été décomposé ; que, par conséquent, cette eau devait contenir des sels à base d'ammoniaque. L'analyse vint confirmer l'induction de ce savant chimiste.

Indépendamment du voisinage immédiat d'un cours d'eau, il faut s'assurer que le terrain occupé par un cimetière ne puisse se couvrir d'eau dans aucune circonstance. Plusieurs cimetières récemment construits en Angleterre l'ont été dans de telles conditions, qu'ils se trouvent submergés tous les hivers. Nous n'avons pas besoin d'insister sur le vice d'une pareille installation, auquel il n'est possible de remédier aujourd'hui qu'au moyen de dépenses incalculables.

Fosses. — Le degré de profondeur et de largeur des fosses, l'espace qui les sépare, leur destination à un ou plusieurs cadavres, tels sont les points divers qui nous intéressent spécialement.

La profondeur des fosses a été fixée dans presque tous les pays par des règlements administratifs. Orfila pensait, contrairement à l'opinion de M. Leigh, que la pression exercée par le sol retarde h putréfaction. Le docteur A. Riecke dit aussi que plus la fosse est profonde, plus la putréfaction est lente à s'accomplir. Vicq d'Âityr pensait avec Maret, que si trois ans suitisent pour qu'un corps soit détruit dans une fosse de 4 à 5 pieds, ce temps ne suiBrait pas dans une de 6 à 7 pieds, parce que la pression retarde la putréfaction. II est probable, du reste » que le degré de compacité du s^l ^ »

élément important de cette influence de la profondeur de l'inhumation sur la marche de la putréfaction.

En France, les fosses doivent avoir de 1 mètre 50 centimètres à 2 mètres de profondeur, sur 8 décimètres de largeur, et être distantes Tune de l'autre de 3 à /i décimètres sur les côtés (décret du 23 prairial an XII). Mais ces prescriptions importantes sont loin d'être toujours rigoureusement suivies. C'est ainsi que, dans le cimetière dé Marseille, dont nous avons déjà signalé Tétat d'encombrement, les fosses parallèles sont séparées par une épaisseur de terrain si exigué, qu'elles nécessitent, de la part des ouvriers chargés de les creuser, des précautions très minutieuses. Cette économie dans l'emploi des surfaces dont on dispose, disent les rapporteurs du Conseil de salu* bhlé des Bouches-du-Ilbùne, serait très louable si elle n'avait pour conséquence de h&ter la saturation des terres et de mettre obstacle à la destruction des cadavres. Il est évident que ce surcroît d'action désorganisatrice que celles-ci doivent favoriser ne peut s'effectuer qu'à la condition de leur faire atteindre, dans un délai très court, la limite de leur saturation de matières animales. La masse de terre ne se trouve donc plus en rapport avec celle des cadavres. Cet état d'encombrement peut avoir sur la salubrité publique une action dont il importe de prévenir les effets.

Voici quelle est la profondeur réglementaire des fosses, dans diverses parties de l'Europe : Autriche, 6 pieds 2 pouces ; Hesse- Darmstadt, de 5 pieds 7 pouces à 6 pieds 1/2 ; Munich, 6 pieds 7 pouces; Francfort, U pieds 7 pouces; Stuttgard, 6 pieds 6 pouces pour les adultes, 5 pieds U pouces pour les enfants ; Russie, de 6 à

10 pieds; l'évoque de Londres prescrit de 4 à 5 pieds. On trouve dans le rapport fait par le docteur Sutherland, sur la pratique des inhumations en France et en Allemagne, que dans quelques parties de cette dernière contrée, la profondeur des fosses irait jusqu'à

11 pieds.

Quant à l'étendue en surlace du terrain concédé, elle varie dans les différentes contrées. C'est dans les cimetières de Stuttgard que l'on trouve les proportions les plus considérables sous ce rapport : 10 pieds de long sur 5 de large (mesure de Wurtemberg) ; la fosse est creusée au milieu de cet espace.

Il n'est pei*mis d'inhumer qu'un seul corps dans les fosses privées. En Allemagne, également partout, à une seule exception près, la loi ou la coutume obligent de ne placer qu'un seul corps dans une fosse. Mais à Leipzig, on en met quelquefois deux ou trois. Mais il existe en outre des fosses dites fosses communes, larges tranchées où Ton place côte à côte un grand nombre de cercueils, et qui offrent des particularités sur lesquelles nous reviendrons.

Plantoilons. — Parmi les conditions accessoires de l'installation des cimetières, il en est une qui présente un intérêt particulier. Nous voulons parler des plantations. Leur utilité n'a pas été jugée de la même manière par tous ceux qui se sont occupés de la réforme hygi^ nique des cimetières. Il est vrai que des plantations accumulées sans règle et sans mesure dans les cimetières peuvent, en recouvrant le sol d'un épais ombrage et en interceptant la libre circulation de l'air dans ses couches les plus inférieures, s'opposer à l'évaporation de l'humidité du sol, qui ne s'élève pas sans entraîner des produits de décomposition, et à la dispersion des molécules, qui ne peuveDt, sans cette condition, arriver au degré de dispersion qui peut seul les empêcher de nuire.

Mais ne saurait-on trouver, dans la plantation méthodique et discrète d'arbres dans les cimetières, de réels avantages, à la place des inconvénients signalés par les auteurs que nous venons de citer?

Le docteur Priestley avait déjà fait remarquer que les végétaux, en aspirant les émanations putrides, étaient propres à purifier l'air. M. Pellieux, dont nous citerons, en traitant des inhumations, les recherches intéressantes sur les gaz méphitiques des caveaux mo^ tuaires, met les plantations d'arbres au nombre des principaux moyens d'assainissement des cimetières. On sait, dit-il, que les végétaux absorbent l'acide carbonique pour en fixer le carbone à leur profit, en dégageant l'oxygène. Si l'on établissait dans les caveaux un double conduit d'air qui introduisit celui du dehors à mesure que l'air intérieur serait chassé extérieurement, ces caveaux s'assainiraient d'une manière parfaite, et les arbres, en absorbant les gaz en quelque sorte au fur et à mesure de leur production, contribueraient également à l'assainissement de l'atmosphère.

Les plantations des cimetières sont, du reste, d'un antique usage, qui semble consacrer leur utilité. Le trente-cinquième statut do règne d'Edouard V^ a pour titre : Ne rector arbores in cœmeteriopnh stemat. Nous ne rechercherons pas ici ce que les cimetières peuvent gagner en décence ou en agrément, dans l'établissement de plantations diverses ou dans le choix d'arbres symboliques. Mais nous signalerons un point de vue d'après lequel les arbres des cimetières poa^ raient remplir un but utile, non-seulement par leur feuillage, mais par leurs racines encore.

Le remarquable rapport, déjà plusieurs fois cité, du General Boœri(f healthy énumère, parmi les conditions qui tendent à régulariser l'étolution des produits de décomposition, l'action d'une abondante et vigoureuse végétation. Il résulte du témoignage des fossoyeurs, sacristains et autres employés des paroisses,- que la décompositioo

marche invariablement avec plus de rapidité dans le voisinage des racines des arbres, que dans les auti'es parties du cimetière; que la terre est toujours plus sèche autour des racines qu'ailleurs ; que les Obres des racines se dirigent du côté des tombes, et souvent pénètrent dans les fentes du bois des cercueils. Il est donc probable que ces racines sont activement et incessamment employées à absorber les produits de décomposition, à mesure qu'ils se forment, et préviennent de cette manière leur dégagement à la surface du sol, et ainsi leurs pernicieux effets. Le docteur Sutherland dit s'être assuré, à Paris, que lorsqu'une fosse ne renfermait qu'un seul cadavre, les arbres que l'on pourrait planter à la surface suffiraient, en absorbant les parties nutritives du sol, pour abréger la période de sépulture de ce corps.

Nous résumerons ainsi ce qu'il faut considérer dans cette impor** tante question des plantations dans les cimetières. Des plantations trop serrées et disposées sans réflexion peuvent être nuisibles en recouvrant le sol d'un épais feuillage, qui en entretient l'humidité et hit obstacle à l'évaporation des vapeurs chargées des produits de décomposition, et en opposant une barrière à la libre circulation de l'air et des miasmes qu'il entraine avec lui. Mais il est facile de remédier à de pareils inconvénients.

Les allées des cimetières seront plantées dans la direction des lents les plus habituels ; les arbres droits et élancés, comme les ifs, ieroot préférés aux cèdres, dont la branchure est horizontale, aux * saules pleureurs dont les rameaux flexibles retombent en couche épaisse jusqu'au sol; les trembles, les peupliers d'Italie, dont les ienilles toujours en mouvement agitent et tamisent l'air en quelque sorte, au feuillage plus lourd et plus épais du tilleul et du marronnier. On se gardera surtout de changer un cimetière en bosquets. Ceux-ci ne pourraient que servir de réceptacle aux miasmes condensés. Des arbres élancés, des troncs dégagés, permettront à l'air de circuler partout. Ne serait-il pas utile, si les observations du docteur Sutherland et les remarques faites dans les cimetières d'Angle- IttTe sont justes, de prescrire la plantation d'un arbre sur chaque

losse?

. Bvrée de« «•laoeMitoias de terrain. — Il est nécessaire, loiis peine de voir les cimetières envahir peu à peu le domaine des vivants, de réitérer les inhumations dans les mêmes emplacements ; l'époque à laquelle ces inhumations successives peuvent être pratiquées est généralement fixée par des règlements. On appelle cmttmon de terrain la durée de temps durant laquelle il est interdit de rouvrir une ancienne sépulture pour y ensevelir un nouveau cadatre.

TAUNIU» —MOT. D*BTG. T. !• 3S

Parmi ce» concessions, les unes sont purement réglementaires, et concernent, soit les fosses communes, soit les fosses priTées, au sujet desquelles il n'a été pris aucun arrangement particulier; les autres se traitent de gré à gré^ pour une durée de temps quelconque.

On remarquera que, pour ces dernières concessions à temps ou môme à perpétuité, elles peuvent avoir pour effet, si elles se multi* plient^ do rétrécir indéfiniment la surface disponible d'an cime* tièrc, et d'entraver ainsi le service régulier des inhumations en empé* chant d'utiliser les terrains pour des inhumations successives au terme voulu par les règlements. C'est ainsi que le conseil centml dé sain* brité du déparlement des Bouches-dU'Rhône prévoyait, l'année de^ nière, que la ville de Marseille serait obligée, dans un avenir très prochain, de renoncer au système des concessions particulières, à cause de Tinsuflisance du terrain, insuffisance telle qu'il a fallu bire servir les allées elles-mêmes d'auxiliaires aux fosses communes.

Une des mesures les plus propres à prévenir de pareils résultatsi c'est de proportionner l'étendue des cimetières à la population qu^ib sont appelés à desservir. Le décret de i80& exige, pour les empift* céments des cimetières, des dimensions telles, que le même lieu ne puisse servir à de nouvelles inhumations qu'après un laps de temps de cinq ans, temps qui a paru suffisant pour la destruction des cada« vres. Il suffit alors d'établir une proportion entre la moyenne de h mortalité et la dimension des fosses, pour connaître l'étendue qa'il fout donner à un cimetière. Le Conseil de salubrité des Bouches-du- Rhône, dont nous ne saurions prendre trop souvent pour guide le remarquable rapport, établit qu'une inhumation exige 2 mètres carrés de terrain ; mais cju'en tenant compte des enfants décédés et des indigents inhumés sans cercueil, et occupant ainsi moins de surfoce, on peut admettre qu'un mètre et demi de terrain suffit pour ime inhumation. Mais nous pensons qu'il est sage de prendre 2 mètres carrés comme base des évaluations, d'abord parce qu'il ftut vsw égard aux éventualités qui peuvent résulter d'épidémies répétées oa d'un accroissement rapide de population, et ensuite parce que llnhn* mation des indigents sans cercueil ne saurait ^tre admise là où l'assistance publique est sérieusement organisée. Partout l'administintioa doit, comme ii Paris, fournir gratuitement des cercueils aus fflal'heurcux à qui leur famille ne peut en procurer. Si nous admeftM la moyenne indiquée pour Marseille, c'est-à-dire une mortalité ite 3 pour iOO, dans une })opulation de 100 000 âmes, par eselnpl^t nous trouvons que 6000 mètres carrés sont nécessaires pour sabfrâir aux inhumations d'une année; mais le laps de temps esdgé poat procéder, dans le même emplacement, à des inhumations succewWi^ étant de cinq ans, il faut multiplier ce chiifre par 5, ce qd dMOf

30 000 mètres de terrain pour une population de 100 000 âmes. Il faut, bien entendu, ajouter à cela les allées, les bâtiments de ser* vice, etc.

La seule règle à laquelle puisse être soumise la durée des concessions de terrain est le temps nécessaire pour que la décomposition des corps soit consommée d'une manière complète. Mais ce que nous arons dit plus haut des conditions multiples et variées auxquelles est soumise la marche de ce phénomène fait comprendre aisément qu'il ne saurait y avoir rien d'absolu dans cette fixation. Les auteurs varient singulièrement d'opinion sur le temps nécessaire à la destruction du cadavre enterré, ce qui tient probablement à la difTérence dés conditions dans lesquelles ils ont observé. Gmelin fixe de 30 à UO ans; Wildberg, 30 ans; Frank, de 24 à 25 ans; Walker, 1 ans; Tyler,

44 ans; Tagg, propriétaire d'un cimetière à Londres, 12 ans; Maret, 3 ans, dans une fosse de quatre à cinq pieds. M. Orfila a trouvé, dans la plupart de ses expériences, les cadavres déjà presque réduits à l'état de squelettes, au bout de quatorze, quinze ou dix-huit mois, même enterrés dans des bières.

Aussi la législation ne varie pas moins dans différents pays. Voici un relevé des époques fixées dans plusieurs parties de l'Europe : Hesse-Darmstadt, 30 ans; Prusse, 30 ans; Sigmaringen, 20 à 25 ans; Prancfort-sup-le-Mein, 20 ans; Wurtemberg, 18 ans; Leipzig,

45 ans; Milan (1791), 10 ans; Stuttgard, 10 ans; Munich, 9 ans; France, 5 ans.

On emploie quelquefois la chaux vive potlr hâter la décomposition des corps. Frank rapporte que c'est une des prescriptions du Talfnnd. H y aune ordonnance de l'empereur Joseph (1784) qui prescrit de remplir la fosse avec de la chaux.De semblables prescriptions ont ctîstéen Hesse-Darmstadt (1786) et à Milan (1791).

lie l'aliandieii dc« elmctlèrcs. — Une question d*un grand intérêt est celle qui se rapporte à l'abandon des cimetières. On abandonne les cimetières dans deux circonstances : ou parce qu'ils sont devenus, par leur insuffisance et un état d'encombrement, impropres à «crvir plus longtemps de lieu de sépulture, ou parce que des raisons de convenance y font renoncer^ pour choisir un autre emplacement.

Quelques mots sur ce que l'on appelle saturation du sol des cimetières trouveront ici leur place.

Nous avons déjà plusieurs fois parlé de la saturation du sol des cimetières, condition qui provient de ce que des cadavres nouveaux y étant incessamment inhumés avant que les cadavres plus anciens aient eu le temps de se consommer, le sol devient impropre à opérer les changements qui constituent la putréfaction ; il se sature.

516 CLMETIÈRES.

Celle saluraliui), mot que nous employons après Orfila et après les médecins anglais, s'observe dans deux circonstances : soil dans certaines parties de cimetières, ainsi dans les fosses communes oii un nombre disproporlionné de cadavres se trouve accumulé dans un espace donné, soil dans un cimetière tout entier, lorsqu'on a continuellemenl devancé, dans les inhumations secondaires, le temps nécessaire à la décomposition des cadavres précédemment inhumés.

Le passage suivant, emprunlé à un rapport du docteur Sutherland, donnera une idée exacte de terrains saturés par la matière organique en décomposition. « Dans plusieurs cimetières que j'ai visités moi-même, le sol semble uniquement formé d'os écra&és et d'an terreau animal onctueux. Je voyais, il y a peu de jours, creuser une fosse dans un cimetière de Whilecross-street, appartenantà la paroisse de Saint-Giles. Cette fosse avait six pieds de profondeur cl semblait avoir été creusée dans une muraille d'os humains. Le fossoyeur, i chaque coup de pioche, écrasait ou éparpillait sur le sol de larges fragments d'os ; près de là gisaient cinq crânes, dont quatre entiers, et les ossements autour de moi, qui paraissaient appartenir à bien des squelettes différents, étaient tellement frais, qu'il semblait que les parties molles vinssent à peine d'en être détachées. Le sacristain me disait pourtant qu'on n'avait pas touché, depuis vingt ans, à cette partie du cimetière; mais cela prouve la nécessitéd'un espace suffisant pour assurer la décomposition. »

On remarquera surtout cette circonstance, que cette partie du cimetière de Whilecross-street n'avait pas été touchée depuis vingtaos. il est donc permis d'établir, avec M. Michel Lévy, qu'au bout d'oo temps qui varie suivant la qualité de leur sol et le rapport de la masse des terres avec celle des cadavres inhumés, les cimetières atteignent les limites de saturation des matières animales et deviennent impropres à provoquer la fermentation putride.

Fourcroy et Thouret avaient déjà attribué la formation du gras de cadavre, trouvé en si grande quantité dans le cimetière des Innocent^f à ce que la terre qui recouvrait les corps avait été promptement saturée des gaz provenant de la première période de putréfaction. Orfila a proposé la môme explication de la saponification des cadavre> dans les fosses communes : a La cause de cette saponification, dit-ili parait tenir à ce que la terre, étant trop peu abondante autour de l'immense quantité des corps contenus dans les caveaux, ne tarde pas à être saturée des produits volatils de putréfaction ; dès lors elle ne hâte plus la décompositicn putride par sa disposition à recewir les produits. »

En effet, d'après les remarques du môme auteur, on n'a presque

jamais observé celte transformation complète dans des corps isolés oa enterrés seuls ; c'est dans les fosses communes seulement que l'on observe des saponifications complètes, et surtout dans les couches inférieures de cadavres. Une des conditions de leur formation parait être une inhumation profonde. Enfin, cette transmutation ne s'établit pas également bien dans les diverses espèces de terre. Est-ce à cela qu'il faut attribuer le silence de la plupart des médecins anglais qui ont signalé l'état de saturation des cimetières de Londres, sur l'existence de la saponification. L'encombrement du cimetière de Marelle, encombrement tel qu'il a fallu utiliser les allées pour pratiquer des inhumations, et pendant l'épidémie du choléra, jeter les morts pêle-mêle dans des puits appartenant à d'anciennes bastides aujourd'hui comprises dans le cimetière, n'a donné lieu non plus à aucune observation sur ce sujet.

n est donc permis de croire que, lorsque le sol est saturé de matières organiques en voie de décomposition, cette heureuse transmutation, qui tarit en quelque sorte le foyer de putréfaction, ne peut pas toujours s'accomplir. La décomposition continue alors à s'opérer, mais avec une lenteur relative, car la surface du sol n'en continue par moins de produire avec une activité funeste des émanations putrides dont le cours n'est plus subordonné qu'aux vicissitudes de l'atmosphère elle-même. Alors on trouve, non pas des cadavres saponifiés, ce qui ne réclame que trois ans de séjour dans la terre (Orfila), mais au bout de plusieurs années, des parties molles encore reconnaissables ; au bout de vingt ans, des os encore frais en apparence.

On a cité des exemples d'accidents graves déterminés par d'andennes sépultures dont le siège venait à être mis à découvert. A Biom, en Auvergne, dit Vicq d'Azyf, on remua la terre d'un ancien eimetière^ dans le dessem d'embellir la ville. Peu de temps après, on lit naître une maladie épidémique qui enleva un grand nombre de personnes, particulièrement dans le peuple, et la mortalité se fit surloot sentir aux environs du cimetière. Le même événement avait eansé, six ans auparavant, une épidémie dans une petite ville de la même province appelée Ambert.

Un emplacement où avait été situé un couvent de filles de Sainte- Oeneriève à Paris fut destiné dans la suite à la construction de plusleors boutiques. Tous ceux qui les habitèrent les premiers, surtout les plus jeunes, souffrirent à peu près les mêmes maux, que l'on attribua avec raison aux exhalaisons des cadavres enterrés dans ce terrain.

Les remarques que d'anciens observateurs, Haguenot, Maret, etc., ont foites sur l'atmosphère lourde, nauséeuse, des églises qui ser-

vaient de lieux de sépulture, se rattachent au même ordre de faits; M. Chadwick, dont le traité sur les classes pauvres et le savant rapport font autorité en Angleterre, rapporte une observation extré* o^ement intéressante qui doit trouver place ici : a Dans le cours des recherches que je faisais de concert avec M, le professeur Owen, dit ce savant observateur, nous eûmes à examiner la santé d'un boucher, qui nous mit sur la trace d'un ordre de faits asseye curieux. Cet homme avait habité longtemps Bear-yard, près de Glareroiiirket, où i} était exposé à deux influences également redoutables, car aa naaison était située entre une boucherie et Tétalajte d'une tripière, Amateur passionné d'oiseaux, il ne put jamais en conserver tapt qu'il logea en cet endroit* Ceux qu'il prenait Tété ne vivaient pa$ plus ds huit jours dans leur cage. Entre autres odeurs malfaisantea, celle qui leur nuisait le plus était la vapeur du suif qui s*exha}e d0ft tripes pendant l'opération du dégraissage. Il nous disait ; u Voua pouvez suspendre une cage à n'importe quelle fenêtre des greniers q«i entourent Bear-yard, et pas un oiseau n'y restera vivant plus d'une semaine, » Quelque temps auparavant» il habitait une chambre daoi Portugal-straet, au-dessus d'un cimetière très peuplé. Il Toyait soi^ veut le matin s'élever du sol un brouillard épais, dout l'odeur offei^ Wi l'odorat. Les oiseaux y mouraient vite ; bref, il ne put les cooi^ server qu'en tran$pprtant son domicile dans Yere-street» Glar^^narkM» i^u d^là de? liniitas dans lesquelles agissent les émauatio^s 4oi|t nom parlons. ))

Nous avons» de notre côté, entendu raconter bien des fois pir des personnes qui occupaient à Paris l'une des maisons coutiguMl l'église Saint-Séverin, que, par certains temps doux et humides, il s'élevait du sol, qui avait pendant des siècles servi aux inhumatioQp, une vapeur épaisse et visible, et tellement nauséabonde, qu'elle forçait h tenir les fenêtres closes, sous peine d'încou^^mpdité i^ rieuse.

Enfin, il n'est pas sans intérêt de rappeler que des inhumaliee^ provisoires ayant eu lieu, en 1630, au marché des lupoiHiuts, nu* l'emplacement de l'ancien cimetière, au milieu df) la piUPtîe quif^ trouve entre la fontaine et les abris du marché, du côté d^ la ru^ 4^ la Ifingerie, on creusa une fosse d'environ douze pied§ do lOQg sur $ept de large, et environ dix de profondeur. Quand le ^vé ^ été enlevé, et sous une couche de sable d'envirqu mi d^miiH^ de profondeur, on découvrit dans une terre noire ^t grasie, uor grande quantité d'ossements, des débris de cercueils ^t m^e d^ bières assez bien conservées qu'il fallut briser, et d'où s*éch%ppèMl des miasmes tellement fétides, qu'un des ouvriers fut subJt^l^^'^*

suffoqué.

CI&ŒTIÈRES. Sig

Les faits que nous venons de rapporter, et il ne serait pas difflcile de multiplier les exemples de ce genre, intéressent autant sans doute rhis^oire des inhumations actuelles dans les caveaux ou dans les églises, que celle des cimetières abandonnés ; mais il était utile de les reproduire ici afin de rappeler qu'il ne suffit pas de fermer et d'interdire un lieu de sépultures pour que tout danger cesse d'exister, et que toutes précautions deviennent inutiles.

Les articles 8 et 0 du décret du 2S prairial exigent que les cime« tières qui viennent à être fermés ne servent à aucun usage, au moins pendant dix années. Ils peuvent être ensuite affermés, mais n'être qu'ensemencés et plantés sans qu'on puisse faire aucune fouille ni fondation pour constructions, jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné.

Les précautions nécessitées par l'abandon d'un cimetière ne seront pas de môme nature lorsqu'il s'agira d'un cimetière abandonné par suite d'encombrement, et sans doute parvenu à l'état de saturation» ou lorsqu'il ne s'agira que de placer en un lieu plus convenable un cimetière entretenu jusque-là suivant les règles de la salubrité.

Dans le premier cas, ainsi que pour les cimetières actuels de Londres, qui ne tarderont sans doute pas à être tous fermés, il est difficile de préciser à quelle époque il sera possible de les utiliser sans danger. Nous n'hésiterons pas môme à renvoyer à un temps très reculé la possibilité d'y établir des habitations. Jusque-là tout travail de nature à creuser le sol à une profondeur qui se rapprocherait de celle des anciennes sépultures, pourrait déterminer les effets les plus funestes chez les ouvriers qu'on y emploierait, et avoir égaler ment des conséquences nuisibles pour les habitants du voisinage. Jusque-là nous nous bornerons à conseiller d'utiliser cette action, que nous avons signalée plus haut, de la Végétation sur les produits de décomposition. S'il est vrai que les végétaux, au moyen de l'absorption exercée par leurs racines, hâtent la consommation des produits organiques enfouis dans le sol, et s'en emparent à leur profit, il y a tout lieu d'espérer qu'ils pourront être usités très effica-* cernent pour assainir les anciens cimetières, et enfin ce sera un moyen d'utiliser des terrains qui ne pourraient, presque indéfiniment, être employés à aucun autre usage sans danger. Il faudra se garder, en fidsant ces plantations, de creuser des trous trop profands, dans la crainte de tomber sur quelque foyer de décomposition propre à ftnirnir des miasmes délétères. Si l'on peut être suffisamment ren^ saigné sur les règles suivies dans un cimetière, relativement à la profondeur des inhumations, on se réglera là-dessus. On voit, du reste, que nous ne considérons pas comme utile, d'une manière absolue, la prfscription qui ne permet en France de semer ou de

520 ClRCONaSION.

planter la superficie d'un ancien cimetière que dix ans après sa fermeture. Cependant il nous parait indispensable de soumettre à la surveillance et à l'autorisation spéciale de Tadministration toute espèce de tentative pour utiliser un cimetière abandonné pendant l'espace de temps indiqué.

Dans les cimetières qui ne présenteront pas le caractère de saturation, les règles prescrites par l'administration seront suffisantes pour prévenir tout accident. Cependant nous pensons que, dans les cimetières où il y aura eu des fosses communes, la partie consacrée à ces dernières devra être signalée comme devant être l'objet de précautions plus grandes et plus longtemps observées que les autres portions du cimetière. ( Voy. Décès, Exhumations et Ihhum atigns.)

Bibliographie. — D'Arcet, Projet pour la conêtruetion d'une »atlê d'emkumMim et d'autopêie (Annales d'hygiène^ etc.^ t. III). — Bayard, Mémoire 9ur ia paUee in cimetières (AnnaUi d^kygiène^ ete,^ 1887, t XVII, p. 296). — Goérard, DetiiiAinMiionê §t des eœhumationt iout le rapport de l'hygiène (Uièse de concoart, 1888). — Gaérard, Asphyxie pendant une exhumation [AnnaUê d'hygiène^ er«.» 18A0, LXXIH, p. 181). — Bayard, Mémoire eur la topographie médicale de$ 10*, tl* ai IS* «mtéissew^entt de la ville de Paris {Ann, d'hyg.^ etc.,, 18&4* t. XXXIU p. 306). ^ MmIfiilcoo et de Polinière, Traité de la salubrité dans les grandes villes, 1846, p. 187. ^ Lirois, Supplément au Dictionnaire de médecine, art. IifncKATiosrs. Paris, 18M. — A. Pellieaz, Observations sur les gaz méphitiques des caveaux w^ortuahes ibi cimetières de Paris {Ann, d'hyg,, ete„ t. XLI, p. 1S7). ^ A. Tardieu, Voiries et eimetiàres (Ihèse de concours. Paris, 1852). — Report of the gênerai haard ofkeeWt on a gênerai scheme for extramural sépulture. Loodon, 1850* — Report on mgenffel seheme of eœtramural sépulture for country towns» Londoo, 1851, — CoUeetion ia rapports des Conseils d'hygiène et de salubrité de la Seine, de la Seine- Inférieure, Ai Nordy des BoucheS'du'Rhône, du Rhône, de la Gironde, de la Loire^Inférieure, êe U Nièvre, du Finistère, de l'Aube, etc,

CIRCJONCmON. — La circoncision, opération qui consiste i retrancher Textrémité du prépuce, a, comme on le sait, une origine religieuse sous Tauf orité de laquelle cette pratique, essentiellement hygiénique, s'est transmise jusqu'à nos jours. Voici le texte de cette prescription, que les annales bibliques font remonter à Tan du monde 2107, c'est-à-dire à 3736 ans avant l'époque actuelle. <( Voici le pacte de Talliance éternelle que Dieu fait avec son peuple jusqu'à la dernière génération. Vous couperez votre prépuce en signe de cette alliance. Tout enfant màie sera circoncis le huitième jour de sa naissance, qu'il soit libre ou esclave, qu'il appartienoe ou non à votre race. Celui qui conservera son prépuce entier sert maudit. »

Cette prescription de la circoncision est certainement en rapport avec la fréquence des affections blennorrhagiques dans les climats ou «lie a été d'abord en vigueur ; aussi la trouve-t-on reproduite, aio^

CIRCONaSION. 521

que bien des emprunts faits aux lois mosaïques, dans la religion mabométane, qui porte à un haut degré le caractère d'application spéciale aux populations qui lui sont soumises.

On s*est demandé si, dans les conditions au milieu desquelles nous vivons, la circoncision pourrait avoir quelque objet utile pour nos populations occidentales. Des auteurs sérieux, et en dernier lieu M. le docteur Claparède, ont soutenu que les accidents soit blennor* rfaagiques, soit syphilitiques, seraient moins communs, moins graves, el plus faciles à reconnaître chez les circoncis que chez ceux dont le prépuce très développé retient et cèle môme quelquefois, à une dliservation un peu superficielle, les germes de ces affections., Ces faits auraient besoin d'être appuyés de preuves plus décisives ; et il est impossible de songer à généraliser et à rendre obligatoire cette pratique, que les Israélites seuls ont conservée parmi nous.

Mais cette opération, plutôt religieuse que chirurgicale à leurs yeux, est souvent pratiquée par des mains inexpérimentées. C'est sous ce rapport surtout qu'elle devra fixer notre attention. Nous empruntons à Lallemand la description du procédé suivant, qui s'était conservé d'une manière traditionnelle parmi les Juifs. L'extré^ mité du prépuce est tirée en avant par l'opérateur ; un aide repousse le gland en arrière, et le bistouri coupe dans l'intervalle les parties tendues. Quelque précaution qu'on prenne, il y a toujours beaucoup plus de peau enlevée que de membrane muqueuse; d'ailleurs, la rétraction du fourreau de la verge est considérable, à cause de sa longueur et de son élasticité. Il reste donc une surface saignant^, de 1 ou 2 centimètres, entre la circonférence de la peau et celle de Il membrane muqueuse. Parmi les hommes routiniers que la synagogue charge de cette opération, l'usage s'est conservé de déchirer avec les ongles la membrane muqueuse du côté opposé au frein, afin de pouvoir renverser la surface interne en dehors, jusqu'à ce qu'elle $oit en contact avec la peau, après avoir abstergé avec la bouche le sang qui couvrait celle-ci.

Il y a deux reproches graves à faire à ce mode opératoire : d'abord la déchirure de la muqueuse avec les ongles, procédé barbare et qui a dû causer plus d'une fois des accidents assez graves, puisque des médecins juifs ont adressé à cet égard des réclamations au conseil des anciens; ensuite la succion, qui, entre autres conséquences, pourrait avoir celle de propager de l'enfant à l'opérateur (mohel)y et vice tvrftt, une infection syphilitique.

Une ordonnance royale, en date du 25 mai 18^5, répondant à un TCBU émis par le consistoire lui-même, porte^ article 52 : Que nul ne peut exercer les fonctions de mohel et de hchohet s'il n'est pourvu d'une autorisation spéciale du consistoire de la circonscription; et

que le mokel et le nehùhet sont soumis, dans rexenrice de leon foB:^ tions, aux règlements émanés du consistoiro départemental et approar vés par le consistoire central.

C'est en vertu de cette ordonnance qu'un, arrêté consiatorial du 12 Juillet 185^ a réglementé la circoncision qui doit s'opérer par des procédés rationnels, en présence ou par les mains d'an hoinuM de l'art, dans laquelle la succion est proscrite et la plaie abttei|;ée avec une éponge imbibée de vin. Il est regrettable d'avmr à ajouter que ces sages prescriptions ne sont pas toujours observées, et que la commission d'hygiène du huitième arrondissement à Paris a qu | signaler en 1859 des accidents survenus chez leajeupes israfiUtespsp suite d'infraction aux règl^s posées par Tarrèté consiatorial.

BibliogrtplM». * Micbel Léry, TrmU d'kgçUm, «t éêMo$. Psrii. i857« i«^ D$ la 0irtonçi$ion pi du bapUm$f au poiut depuêda ia umté fu^iqu^ pir ]» dorleor 9v- Jaîçl» médecio à Carpentras (Vauduse) {Annàla d'hjiffiénêy ete.t U XXXItl, p. 321}* — Vanier (du Havre), Cause morale de la cireonçinon des ifraéliîes, inêtituiian fH' ventive de l'onanisme des enfants et des principales eauses d^épuiseaiemt» Paffs, 1817, in-8. *— Claparède, De la eirconeision, de son importance dans ta fenniiteêt éem$ Vital. Paru, ISSi.

CIBB. — Voy, Bougies.

CIlilB Jk C^Cnw^TBH* — Les fabriques de cire à cacheter soat comme celles d'essence et de vernis» rangées dans la deuxième classe des établissements h cause du danger d'incendie.

(^ISKLIGRS, — Voy. Aiguiseurs.

CraCRNCS. — Voy. Engrais, Prrrs,

CITÉS OWRIÈRBS. — Les cités ouvrières consistent dans

un assemblage de bâtiments ou de maisi)ns modèles, constmits spi* cialement pour servir d'habitation aux classes ouvrières.

Ces cités, dont le nom seul est récent, sont la réalisation d'une idée philanthropique, qui, sans ôlre tout à fiait nouvelle, ne remonte cependant qu'à un petit nombre d'années. Elles ont été dès le principe destinées h porter remède à l'un des maux les plus cruels que peut amener Tagglomération des hommes dans les grands centres industriels et manufacturiers, c'est-à-dire l'habitation de lieux essen* ticllement insalubres où des familles entières manquent à la fois d'espace, d'air et de lumière.

Le tableau hideux que présentent dans les grandes villes eertaims habitations des pauvres, tableau tracé avec une si efifrayante éneifie par MM. VlUermé, Frégler, Blanqui, Lestiboudoiâ» KoUHUernard.

crrÉs ouvRiiiiKs» m

Ebrington, Henry Robarts, Grainger, était bien fait pour éveiller "li sollicitude des hommes qui aiment à faire le bien. Parmi lea moyeni qui ont été proposés et tentés pour combattre cet état de choses, et sans omettre la législation nouvelle sur les logements insalubres que nous aurons à étudier plus spécialement [voy. Habitations), on doit (.lacer la construction de cités ouvrières dans lesquelles un nombre plus ou moins considérable d'ouvriers auraient pu ^tre lQgé3 couver rablement et à bien meilleur marché que dans le9 maisons particuy Hères. Le mouvement qui s'est produit dans les idées, sous Tinfluence de la révolution de 1848, a donné une importance nouvelle aux projetf de cités ouvières qui se rattachaient en apparence aux vues d'^issis? tance qui occupaient les esprits et même les pouvoirs publies, 11 n# fout pas oublier toutefois, que, dans les départements et à Tétranger, ces projets, ou au moins quelque chose de fort analogue, avaient éH en partie exécutés, et que Ton pouvait y trouver des modèles bon» h suivre.

U existait à Naples, depuis plus de vingt ans, un édifice considérer blés de six étages, consacré {l la classe ouvrière sous le nom de VAlbergo dei Poveri, qui ne contenait pas moins de 2600 habitants, et dont le dernier étage était occupé par des ateliers divers,

6n France, dès Tannée 1835, M. Villermé signalait avec de justes éloges Tadmirabie établissement créé à Mulhouse par un de ce$ manufacturiers dont il est bon, suivant la remarque du savant hygiéniste, A de montrer les efforts et les sacrifices faits depuis longtemps pour soulager, ou mieux encore pour prévenir la détresse de leurs ouvriers. » Il n'est pas sans utilité de reproduire Tintéressante des? cription qu'en donne M* Villermé : « Frappé des conséquences f&cbeuses qui résultent à Mulhouse, pour un nombre considérable d'ouvriers, de la manière dont ils sont logés, le maire de cette ville. If. ^ndré Kœchlin, a fait bAtir, pour trente-six ménages d'ouvriers fie ses ateliers de construction, des logements où chacun a deux chambres, une petite cuisine, un grenier et une cave pour moins de le moitié de loyer qu'ils payeraient ailleurs, pour 12 ou 1 S francs par mois. En outre, et sans augmentation de prix, à chaque logement est i^ttaché un jardin pour y cultiver une partie des légumes nécessaires ^u ménage, et surtout pour habituer l'ouvrier à y passer le temps qu'il donnerait au cabaret. Mais, pour jouir de ces avantages, il faut entretenir par ses propres mains son jardin, envoyer ses enfants à récole, s'abstenir de contracter une dette quelconque, et chaque semaine faire un dépôt à la caisse d'épargne, et payer 15 centimes à le caisse des malades de rétablissement. Cette dernière condition donne droit, lorsqu'on est malade, h 1 f^. 50 c. par jour, aux visites dti médecin et à la fourniture des remèdes. » Cet essai de M. A*

Rœchlin a parfaitement réussi, et a trouvé non-seulement en Alsace, mais dans d'autres départements de la trance, plus d'un imitateur. Le même excellent obsen-ateur a vu surtout depuis 18&1, dans plusieurs localités, des familles d'ouvriers attachés aux manufactures de coton et de laine, aux verreries, aux mines de houille et aux établissements métallurgiques, être logées à très bon marché dans des espèces de cités dont le \1ce commun était le défaut d'isolement asseï complet des ménages. Mais plusieurs propriétaires de ces usines avaient fait construire aussi à leurs frais, et avec une utilité que l'expérience confirme chaque jour, des maisonnettes assez spacieuses, très commodes, convenables à tous égards, auxquelles ils joignirent souvent et gratis un terrain ou jardin, €t même parfois un appentis et une petite étable à porc. Chacune de ces habitations était pour une seule famille. On les voyait surtout, ainsi que les espèces de cités dont il vient d'être question, au-dessus des mines nouvellement ouvertes ou de celles dont l'exploitation prenait beaucoup de déT^ loppement. Nous tenons de M. Baumes, conseiller d'État, notre éminent collègue au Comité consultatif d'hygiène publique, qu'il existe dans le] déparlement de l'Hérault une petite commune ouvrière do nom de Villeneuvette uniquement formée par une fabrique de draps autrefois établie par Colbert. Une enceinte carré renferme de petites maisons ; les portes du mur d'enceinte sont fermées chaque soir, et ies clefs remises au propriétaire. Le gouvernement de la comnrane est abandonné aux ouvriers.

Ces entreprises, tout à fait particulières, et formant en quelque sorte une annexe de certaines usines ou manufactures, devaient recevoir en Angleterre, en Belgique, en Prusse, en Allemagne, uneexteosion beaucoup plus grande, et prendre un caractère de généralité qui leur méritait véritablement le nom de cités ouvrières.

En iSkky fut fondée à Londres sous le patronage de la reine et la présidence de son royal époux, une Société d^amêlicrûtm du sort des classes ouvrières^ qui entreprit avec la plus grande ardeur, et comme une des branches les plus importantes de ses travaux. a l'exécution do plans et modèles pour l'amélioration des logements des ouvriers à la fois dans la capitale et dans les districts manalàcturiers et agricoles. » M. Henry Roberts, architecte de la Société, a rendu un compte fort intéressant de ces travaux dans un mémoire qui a été traduit et publié par ordre du président de la République finnçaise, et qui renferme les documents les plus importants sur le sujet dont nous nous occupons.

Une première construction comprit un rang d'habitations modèles pouvant loger vingt-trois familles et trente femmes seules. Le but principal qu'on s'est proposé dans la disposition intérieure de ces

CITÉS OUVRll»ES. 525

maisons a élé de réunir toutes les conditions de salubritéi de bienêtre» de moralité pour les ouvriers et leurs familles. Une attention toute spéciale a été apportée à la ventilation, à la fourniture de Teau et à son écoulement. Neuf de ces familles occupent chacune une maison tout entière ayant une chambre commune au rez-de-chaussée, avec un réduit ou un cabinet fermé, assez grand pour contenir les lits des jeunes gens ; deux chambres à coucher au premier et une petite cour sur le derrière, au prix de 7 fr. 50 c. par semaine. Les quatorze autres familles sont réparties dans sept maisons ; chaque famille occupant un étage de deux chambres avec toutes les commodités convenables, et conune on arrive à Tétage plus élevé par une porte extérieure différente de celle qui coiiduit aux appartements inférieurs, les locataires respectifs peuvent n'avoir aucune communication. Le prix pour chaque famille est de 4 fr. 35 c. par semaine. Un lavoir et on terrain pour faire sécher le linge sont mis à la disposition des locataires moyennant une faible rétribution. Enfin, le bâtiment du centre sert pour trente veuves ou femmes âgées. Chacune a sa chambre avec Tusage d'un lavoir commun pour toutes au prix de 1 fr. 85 c. par semaine, chiffre que Ton croit pouvoir être porté à 2 fr. 50 c. Encouragée par la location immédiate de son premier rang de maisons, et par les riches souscriptions que lui valut l'approbation publique, la Société entreprit peu de temps après un modèle d'habitation garnie pour ouvriers dont nous n'avons pas à nous occuper ici. Nous ferons remarquer toutefois un fait qui prouve d'une manière bien frappante les résultats avantageux de ce système de logements perfectionnés : c'est que, tandis que le choléra faisait d'effroyables ravages dans les bouges sales et infects du voisinage, il épargnait la maison de la Société, dans laquelle il ne se montra qu'un seul cas sur cent quatre habitants.

Il [est bon de signaler quelques modifications avantageuses qui ont pu être réalisées ultérieurement dans la ^disposition des maisons modèles. Ainsi l'addition d'un troisième et môme d'un quatrième étage, et la construction d'escaliers extérieurs découverts, conduisant par une galerie de derrière aux étages supérieurs, de manière à obvier aux nombreux désagréments qu'entraînent les escaliers intérieurs conununs à plusieurs familles, c'est là le plan adopté dans le plus important de tous les édifices modèles de la Société. Celle-ci n'a pas manqué de voir son exemple suivi soit par des particuliers, soit par d'autres associations. Une charte royale du mois d'octobre 1845 a notamment autorisé V Association métropolitaine pour V amélioration des demeures d* ouvriers^ qui a ouvert une première rangée de maisons construites pour cent dix familles, et qui ont toujours été occupées depuis leur achèvement,

52é CITÉS OUVRIÈRES.

«a grand bénéfice des locataires dont la santé a été heureusement modifiée par les bonnes et salubres dispositions des logements. L'Association a également établi des garnis pour les hommes seols. Enfin^ dans quelques villes de province, quelques tentatiTes ont été faites dans la mOme voie.

Mais ce qui mérite une mention toute spéciale, c'est la cOnstrao tion de cottages entreprise par les grands propriétaires, et offrant dans des espèces de villages modèles des logements assainis et améliorés pour les ouvriers de la campagne, f^ Société pour l'amélioration du sort des classes omrières s'est empressée d'adopter cette idée et de publier pour cet obje}, des plans que l'on trouvera dans l'excellent mémoire de M. H. Roberts,

En résumé, il existe jusqu'ici, à Londres, huit établissements modèles disséminés dans les divers quartiers de la métropole. Quatre d'entre eux appartiennent à la Société pour Vaméliot*atimi des ciasm laborieuses^ deux à la Société métropolitaine pour l'afnélioration in classes industrielles ; un a été établi par les soins d'un vénérable pasteur aidé de personnes charitables ; le dernier a été fondé par lord Kinnaird. M. Grainger a compté, au moment de sa visite et dam quatre de ces établissements consacrés à des femilles, 1238 habitants dont 726 enfants, jouissant de toutes les conditions hygiéniques les mieux calculées. Sur ce nombre, l'honorable délégué du Genend board of health n'a constaté que 11 morts, dont 8 enfants ce qai porte la mortalité annuelle à 1 pour 100, tandis que cette même mortalité surpasse quelquefois, en Angleterre, 2 pour 100. I^ fièvre typhoïde, le choléra, le typhus, les affections miasmatiques, si communes dans certaines localités de Londres, n'ont pas paru au sein de la population des maisons modèles. Six de ces établissements, dont la population est de 1507 individus, n*ont fourni depuis leur ouverture qu'un seul cas de typhus. Ces chiffres, quoique provenant d'one statistique encore bien restreinte, peuvent déjà faire pressentir les résultats bienfaisants qu'il est permis d'attendre de ces institutions.

La Belgique n'a pas tardé à mettre à l'étude et à essayer rétablissement des cités ouvrières, et M. Baradère, consul général de France à Anvers, adressait à M. le ministre de l'agriculture et du commerce les renseignements suivants concernant l'érection projetée d'une cité ouvrière dans la banlieue de Biiixelles.

Un arrêté royal, en date du 15 septembre 18/i9, approuve une convention conclue le 13 du mt^me mois, entre M. le ministre de Tintérieur et M. Gomand, propriétaire à Bruxelles, pour l'érection d'aae cité ouvrière sur le territoire de la commune dixelles, convention par laquelle le gouvernement s'engage, sous diverses conditiofli

ftivorables à la classe ouvrière, à accorder un subsiide et à faire une avance de fonds à M. Gomand. Gomme cette convention pourrait servir de modèle à d'autres arrangements du même genre, nous croyons devoir la faire connaître en son entier. En voici le texte :

ce Article 1*'. M. Gomand, propriétaire, à titre de la vente ^i lui en a été faite par M. le comte de Piequelmont, suivant acte passé devant M* Morren, notaire à Bruxelles, d'un terrain situé en la com«« mune dlxelles, rue de la Croix, contenant en superficie environ 1 hectare,, s'engage à établir sur ce terrain un quartier d'ouvriers, e<Hnpo8é r

» D'un bâtiment destiné au logement d'ouvriers célibataires, et Mnifirenant un réfectoire et cbauffoir communs, avec dépendances, oti Idcal destiné à servir de salle d'école, un Ic^ement pom* l'institU'^ leur et une salle de bibliothèque ;

» D'un bâtiment destiné à servir de buanderie commune avec Héchoir à l'étage et pompe d'alimentation, et comprenant en outre des salles de bains;

9 D'une blanchisserie commune;

n De vingt maisons à deux étages, avec cour et jardin ;

» De vingt-deux maisons à un étage, avec cour et jardin:

n De quatre maisons destinées à servir de boutiques.

I» Les plans de ce quartier, dressés en double, et signés par les contractants, demeureront annexés à chacun des originaux de la présente convention, dont ils feront partie intégrante. ' » Art. 2. Le gouvernement désirant seconder l'entreprise de M. Gomand, et voulant, en attachant à l'exploitation du quartier projeté certaines conditions favorables à la classe ouvrière, donner à eetté entreprise un but philanthropique, s'engage :

n 1* A accorder à M. Gomand un subside de ^000 francs pour l'établissement, dans l'axe de la rue delà Croix, d'un égout public destiné à faciliter l'écoulement des eaux ménagères et pluviales^ ainsi que des vidanges du quartier projeté, lequel égout aura son ])oint de départ à l'intersection de la rue Gomand et de la rue de la Croix, et s'étendra jusqu'au débouché de cette dernière rue sur la chaussée d'Ixelles, où il s'embranchera à l'égout communal.

n Moyennant ce subside, M. Gomand fera construire, à ses frais exclusifs, ledit égout, ainsi que les embranchements destinés à y déverser les eaux du quartier, et se conformera pour ces constructions aux plans et cahiers des chaînes adoptés par l'administration communale d'Ixelles.

» La propriété de l'égout à construire dans la rue de la Croix appartiendra à la commune d'Ixelles, qui sera chargée de pourvoir EUX fhiis de son entretien et aura le droit, en compensation, d'appli-

528 Cirte OUVRIÈRES,

qucr à son profit, à tous les propriétaires riverains des terrains noa bâtis de ladite rue, M. Gomand excepté, les dispositions du règlement communal en date du 11 octobre 18i!i0, relatif à Taccès des égouls particuliers aux aqueducs communaux.

2*" A prôter à M. Gomand, sans intérêt, une somme de 20 000 fr.

» Art. 5. Le quartier projeté et toutes ses dépendances seront affectés en hypothèque, au profit du gouvernement, à la sûreté do remboursement de son prêt de 20000 francs.

» Art. 6. En considération de l'avantage que lui fait le gouverne* ment en lui accordant un subside de kOOQ francs et un prêt de 20 000 francs sans intérêt, M. Gomand s'engage :

» l*" A mettre à la libre disposition de Tadministration communale d'ixclles, moyennant une indemnité annuelle de 200 francs qui loi sera payée par cette administration, les locaux comprenant la salle d'école, le logement de l'instituteur et la salle de bibliothèque.

» 2'' A fixer le maximum de ses prix de location : A 20 fiâncs par mois pour une maison à deux étages ; à 12 francs par mois pour une maison à un étage ; et h U francs par mois pour une chambre d'ouvrier, garnie d'une couchette de fer, d'une table et d'une chaise, aver jouissance du réfectoire et du chauffoir communs.

» U est entendu que ces stipulations concernant le maximum des loyers ne s'appliquent point aux maisons formant l'angle des bitinicnts, et qui sont destinées à servir de boutiques^ et dont M. Gomand réglera la location comme bon lui semblera.

» Z"* A n'admettre comme locataires des maisons à construire que des personnes dont l'administration communale d'Ixelles aura c«1ifié la moralité.

)) U^ A stipuler dans ses baux, comme condition expresse, à laquelle toute sous-location, par les locataires principaux, doit être subo^ donnée : qu'aucun logement pour une famille ne pourra être composé de moins de deux pièces ; qu'aucune personne dont la moraliti n'aura pas été au préalable attestée par l'administration communale d'Ixelles ne sera admise comme sous-locataire; qu'un seul étage ne pourra être occupé par plus de six personnes ; qu'il est formellement interdit de convertir les souterrains en chambres à coucher.

» 5** A faciliter, pour tous les habitants du quartier, et aux prix fixés par un tarif qui sera approuvé par l'administration communale d'Ixelles, la jouissance en commun de l'espace destiné au blanchissage, de la buanderie et du séchoir, ainsi que des salles de bains.

)) ô*" A ne point construire dans l'intérieur de la cité de puits d'absorption, dits puits perdus,

» Art. 7. Les engagements contractés par M. Gomand dans l'article qui précède sont ici acceptés par M. le ministre de l'intérieur aa

profit de radministration cemmunale d'Ixelles, qui aura le droit de tenir la main à leur stricte exécution.

» Toute contravention à ces engagements soumettra M. Gomand ou ses successeurs, propriétaires du quartier projeté, à des dommages et intérêts au profit de la commune d'Ixelles, et dont l'importance sera fixée par le juge compétent. Ces contraventions seront constatées par l'administration communale d'Ixelles. II est d'ailleurs bien entendu que les engagements contractés par M. Gomand, et qui constituent la condition de prêt gratuit fait par le gouvernement, continueront d'exister après îé remboursement de ce prêt. »

Ce projet a donné lieu à un rapport extrêmement important de M. Villermé, au Comité consultatif d'hygiène publique, à l'examen duquel M. le ministre l'atait soumis. Dans la discussion que souleva ce rapport, M. Moreau de Champlieux fit connaître quelques faits lleins d'intérêt résultant d'une expérience fournie par l'organisation ta personnel de l'administration des douanes, et qui ne sont pas sans analogie avec ceux que nous étudions ici. On compte 25 000 employés Ayant de 600 à 900 francs d'appointements, et répartis sur les côtes et sur les frontières de France. L'administration s'est préoccupée de l'importance qu'il y avait à procurer à ces employés des logements à lK>n marché. Et actuellement cette pensée est réalisée pour un tiers environ. Dans les campagnes, on a bâti de petites maisons contiguês, ayant des entrées distinctes et isolées, et dont la construction pre- Hiiére revient environ à 1000 francs par homme. Dans les villes, on a élevé des bâtiments qui coûtent à peu près le double. Pour citer un ttemple de la manière dont sont organisées ces habitations corn* idunes : au Havre, on a construit un vaste édifice, qui revient à 1000000 de francs environ, et qui contient kOO à 500 employés, dont 1/3 composé de célibataires et 2/3 ayant femmes et enfants. Sntre les célibataires et les ménages, la séparation est complète. Pùur les familles, il existe des logements de diverses grandeurs. Mais parque cette réunion d'individus puisse subsister, il faut une autotité armée de très grands pouvoirs. Au Havre, un capitaine et deux lieutenants habitent la caserne et veillent à l'exécution dérèglements dont on ne peut s'imaginer la minutieuse sévérité, en tout ce qui concerne l'assainissement et la propreté. Quand plusieurs avertisse^ menis n'ont pas suffi, on renvoie et l'on révoque même le délinquant. Ilalgré tout, cependant, il est d'une extrême difficulté de maintenir la concorde. N'est-il pas permis de penser, d'après cela, que dans ime cité ouvrière où il y aurait seulement 100 ménages, sans une «ntorité véritablement militaire, il serait impossible d'obtenir l'ordre ?Confiera-t-on la surveillance à un simple concierge? Et celui-ci .sera-i-U forcé de recourir, à l'occasion, au juge de paix, au com-

TABMCU. — DICT. D*BTO. T* I. 34

missaire de police et à toutes les lenteurs de la procédure ordinaire?

Pour terminer Tcxposé des tentatives faites à l'étranger, au sajet des cités ouvrières, nous devons mentionner Tenstence d'une Société établie à Berlin pour y construire des habitations saines et commodes, à Tusage des ouvriers. Cette Société, dont les ressources se composent d'actions industrielles et de dons volontaires, n'entend pas édifier, comme celle de Londres, de vastes bâtiments de pierre, véritables casernes d'ouvriers, où beaucoup reçoivent un gtte pour la nuit, mais de petites maisons do 8 à 12 logements disséminés dam les divers quartiers de la ville. A la fin de 1849, elle en comptait déjà 13 qui se louaient rapidement. Elle n'y admet que des personnes ayant au moins cinq années de résidence à Berlin, possédant im mobilier, exerçant une profession avouable et jouissant d'une réputation intacte. La plus grande exactitude dans le payement des termes est rigoureusement exigée. Les célibataires n'y logent pas sans une famille de leur parenté, ou qui réponde d'eux. Enfin, par une condition toute spéciale, et par suite d'une combinaisan finan» ciëre assez problématique, chaque locataire pourrait, après un séjoo de trente années, devenir propriétaire de son logement

D'après les faits que nous venons de citer avec détail» il semble qne l'idée des cités ouvrières eût pu être facilement et utilement appliqaée à Paris. Et pourtant, nous avons regret de le dire, elle n'a reço qu'une exécution très restreinte. Plusieurs associations s'étaient formées dans le but de faire édifier dans chacun des arrondissements de Paris des cités ouvrières, où les travailleurs eussent trouvé soit de petits logements non meublés, soit des chambres garnies ; os verra par le rapport que nous citerons plus bas quels ont été les résultats obtenus. Depuis \%5U quelques essais nouveaux ont été entrepris, notamment la cité de l'Impératrice et} celle de la me dr Charonne. Mais malgré ces efforts, il est impossible de méconnaître que ces divers établissements n'ont que médiocrement réussi.

Ce défaut de succès, dans une ville comme Paris, tient à des causes trop diverses pour être indiquées ici. Mais nous ne pouvons passer sous silence les objections principales qui ont été faites aux dtés ouvrières, à celles du moins qui sont conçues d'après un plan trop étendu. Sans nous arrêter aux considérations étrangères à la salubrité, qui ont été mises en avant par Amédée Hennequin et M. Grûn, et qui ont trait surtout au caractère d'indépendance et d'indiscipline des ouvriers de Paris, et aux dangers que pourraient offrir pour h tranquillité publique ces agglomérations, si favorables aux menées anarchiques, nous devons rappeler que M. Villermé, dans le rapp<tft que nous avons déjà cité, s'est élevé avec un peu de sévérité peut-être contre l'établissement des cités proprement dites» et leur extenaiop»

qu'il considère comme très peu désirable, el, du reste, comme presque aussi peu praticable. Nous ne pouvons mieuj^ faire que de reproduire textuellement les conclusions du rapport, auquel le nom de l'auteur donne tant de poids :

a Les cités ouvrières ne doivent s'ouvrir que pour des ménages ou des familles. Y loger les célibataires du sexe masculin ne saurait se justifier sous aucun rapport. Autant qu'il est possible, il faudrait que chaque cité se composât exclusivement de petites maisons non con- Iigu68. Il serait d'ailleurs bien à désirer que chacune de ces maisons construite, distribuée et tenue de manière à être constamment propre et salubre, eût son jardin et n'admit qu'une famille ou deux au plus. Chaque logement devrait se composer de deux ou trois pièces habitables, dont une ^ feu, et avoir son entrée particulière. Toutes ces pièces devraient être bien closes, bien éclairées, bien aérées et suffisamment grandes. Les fenêtres et portes seraient disposées de telle manière, qu'étant ouvertes on pût n'être pas vu chez soi par les plus proches voisins, ni apercevoir ce qui se passe chez eux. Afin de mieux isoler les ménages les uns des autres, il serait convenable de bâtir toutes les maisons d'une cité ouvrière sur un môme alignement. Par cette disposition les locataires n'apercevraient, rentrés chez eux, que la campagne ou leurs jardins, et les communications avec les Toisins seraient rendues moins fréquentes. Il est d'ailleurs presque superflu défaire remarquer ici combien de pareilles demeures peuvent être utiles à la vie de famille, par conséquent au travail, à Téconomie, aux bonnes habitudes et au bien-être ; tous avantages que procurerait bien difficilement l'habitation dans de grandes cités imvrières, au milieu de centaines de personnes dont le voisinage trop immédiat, je pourrais dire le contact forcé, à chaque instant, serait une gêne continuelle et insupportable.

9 Enfin, il faut rappeler, en terminant, que partout où la population ouvrière est en grand nombre, il ne sera jamais possible de fournir des logements convenables à tous ceux qui en font partie : que les ouvriers qui gagnent les moindres salaires seront toujours fiduits à demeurer dans les logements les moins chers, c'est-à-dire dans des logements incommodes, insuffisants et peu salubres, des Biaisons délabrées ou mal tenues.

s II résulte encore de tout ce qui précède qu'au lieu de bâtir un oumument ressemblant à une vaste caserne, pour y réunir i!iOO à SOO individus de la classe ouvrière, il vaudrait beaucoup mieux acheter de bonnes maisons ordinaires, ou môme les louer à long bail, «snf à les approprier à leur nouvelle destination, ou mieux encore, ta est possible, donner à chaque famille sa maisonnette. De cette naniàre» il est vrai, on n'aurait pas un édifice dont les proportions

colossales frappent tout le monde et servent de prétexte à|des promesses illusoires ; mais avec le môme sacrifice d'argent, on ferait modestement plus de bien à un nombre beaucoup plus grand de personnes. »

Nous n'ajouterons qu'une simple remarque^ c'est que cette promiscuité que Ton impute aux cités ouvrières, et qui est en somme le principal reproche qu'on leur adresse, est, par le fait, beaucoup plus grande dans le régime actuel des habitations, soit de la classe ouvrière, soit de toute autre classe. Il est même bon de faire obse^ ver que les ouvriers se groupent naturellement dans des quartiers distincts, où se trouvent de vastes cours, des maisons immenses capables de loger des centaines de familles, et qui présentent tous les inconvénients prétendus des cités ouvrières, sans offrir les conditions de salubrité, de propreté, d'ordre et d'économie que nous avons vues réunies dans des établissements modèles de Londres et de quelques autres localités. En résumé, il y a dans la fondation des cités ouvrières une idée utile et qui eût mérité d'être poursuivie, dans l'intérêt bien entendu des classes laborieuses.

L'important rapport que l'on va lire, témoignage de la sollicitude ardente du gouvernement pour l'amélioration du sort des classes ouvrières, achèvera de faire connaître les phases principales de cette grave question hygiénique.

RAPPORT A l'empereur DU 5 AVRIL i85JU

Sire, par discrets en date des 22 janvier et 27 mars 1852, Votre Majesté i affecté une somme de dix milUoos de francs à Tamélioration des logcmeals des ouvriers dans les grandes villes manufacturières.

Je viens, Sire, vous rendre compte de remploi du crédit et de la aituatk» des divers établissements qu'il a servi à fonder.

Créée en 18/i9, sous le patronage de Voire Majesté, la cité Napoléon est ie premier établissement fondé en vue d'offrir aux ouvriers des logemeats convenables. Placé au centre d'un quartier populeux, ce vaste établissement se tnwve néanmoins dans les meilleures conditions hygiéniques ; il renferme me vM^ d'asile, des bains, un lavoir et un séchoir ; il a coûté 700 000 fr., et compica^ cent quatre-vingt quatorze logements destinés, soit à des ménages d^oavrierssat à des célibataires ; il est actuellement habité par cinq cents personnes ; son xtwm net est de 26 liU7 fr.

La situation prospère de cet établissement est due à l'initiative et aux enoov»' gcments du gouvernement, qui, par applicadon du décret du 22 Janvier i852fi> a accordé une subvention de 200 000 fr., et aux efforts de la société piopriélalfc. à laquelle vient de s'adjoindre une puissante compagnie.

Le décret du 22 janvier 1852 ne tarda pas à produire sonefiet dans les dépvtements comme à I^aris ; on chercha les moyens de procurer anx ouvriers des logements commodes et salobres; de nombreux projets farent étudiés descifi*

offrirent lear eooconrs, et des compagnies se formèrent pour seconder les Toes da gouTemement.

Deax traités furent passés' presque simollanément, au nom de PÉut, avec deux de ces compagnies, représentées, J'une par MM. Emile et Isaac Pereire, l'autre par MM. le baron delleeckeren, sénateur, et William Kennard.

MM. Perdre se sont engagés à faire construire des cités ouvrières jusqu'à condurence d^une somme de U 550 000 fr., moyennant une subvention du gouver- •ement égale au tiers de la dépense. Dans les habitations desUnées aux ouvriers câiMtaires, le prix de location d'un cabinet garni a été fixé à 20 c. par nuit. La location des logements des ouvriers mariés a été fixée à raison de 7 fr 50 c. par année et par mètre superficiel.

MM. Pereire ont déjà construit deux b&timents considérables, situés, le premier k la Chapelle, le second à Batignolles.

Ces deux bAtiinenUi, presque entièrement termUiés aujourd'hui, pourront êke mis en location dans trois mois an plus tard. Ils ont été construits sur le mCme plan et ne diffèrent que par la distribution intérieure des locaux.

La maison de la Chapelle, destinée prhicipalement aux ouvriers chefs delamtlle a ^tre étages élevés snr caves, dont chacun présente trente-sept chambres à feu. La appartements sont parquetés en chêne et se composent chacun de deux (ittmiMres à fèu et d*une cuisine. Le prix moyeu de chaque logement est d'envi* m 325 fr.

L^tabliasement de Batignolles est exclusivement affecté aux ouvriers célibitaires. Il a aussi quatre étages contenant chacun quarante-huit cabinets garais.

En vertu de deux traités passés avec le gouvernement le 31 mai et le 21 juillet 1853, MM. de Heeckeren et Kennard se sont aussi engagés à faire constmire une série de b&timents jusqu'à concurrence d'une somme de iUOOOOfr.

L'Ëlat leur accorde une subvention égale au tiers de la dépense. Cette compagnie a préparé divers projets qui vont recevoir leur exécution. Déji on vaste itAtiment situé rue de Montreuil a été acheté par elle ; il sera rccoostroit en partie et approprié au logement des ouvriers mariés.

A répoque où Votre Majesté décida qu'un prix de 5000 fr. serait décerné à fiotenr du meilleur projet pour la construction de bâtiments destinés au logeméat d'oovriers, MM* Puteaux présentèrent des plans qui furent jugés dignes d*^pprobation, et qui leur firent attribuer une partie de cette récompense. Quatre maisons coastmites d'après ces plans furent élevées sur im terrain longeant le booiefard Macas. Ces maisons ont trois étages : le premier et le seco«Ki comprennent deux logements composés chacun de deux chambres et d'une cuisUie. Us sont looés, en moyenne, an prix de 200 à 225 fr. Quatre chambres à feu avec iMve forment le troisième étage. La dépense totale de ces constructions éuint et 1S8 000 fr., l'État a accordé une subvention de 62 666 fr.

Sfx maisons semblables seront construites à Batignolles et à Grenelle par IUL Pnieaox.

Ainsi, grftce aux mesures qui ont été prises, et que je viens de rappeler à Votre Majesté, Paris contiendra bientôt 6000 logements environ, destinés soit aux ouvriers célibataires, soit aux ouvriers mariés. Une grande partie de ces logements

sont construits, les autres sont en construction ou sont Tobjet d€ conceHlonsdtNit les résultats ne se feront point attendre.

L'exemple donné par la ville de Paris n'a pas été perdu pcrar les détHUlemeots. A Tépoque où s'éleTait la cité Napoléon dans Paris, une soclétét qil looielois ne fut définitivement constittiée qu'au commencement de Tannée i850, te fomaità Marseille pour la création d'une dté ounière.

Cette société, fondée sous les auspices de MM. de Montricber, Cbaponnièrai H. Bergasse, Reymond et Ghaix, a reçu une subvention de 60 000 fr., die cm aujourd'hui dans la situation la plus florissante. Les testes bfttimenle de li dH ouvrière de Marseille suffisent à peine à loger les ouvriers qui âemutdtBt ài^jf établir; elle contient cent quarante-cinq chambres mtabléet, on Jtrdin^uireMiO* rant, des bains, un lavoir et une infirmerie.

Les malades reçus à l'infirmerie sont soignés gratuitement par on iilédedo;le soir, des leçons de lecture, d'écriture, d'arithmétique et de dessin soDt donfci gratuitement aux locataires. Cet établissement peut être considéré établissement modèle, et qui répond avec due eiactitode reoMirqneble à k du gonvemement.

Le succès de cette entreprise suggéra à ses autenrs la pensée d*élefcr snrd^ très points de la mfime ville diverses constructions pomr le logement des owrkn mariés ou célibataires. Le gouvernement approuva le projet qui loi fbt mmaki et accorda à la compagnie marseillaise une seconde subvention de 200 000 fr.

Mais, si heureux qu'aient pu être les efforts faits à Marseille ponr réUbUssemait des cités ouvrière^, il faut cependant reconnaître que de toutes les villes oà di semblables édifices se sont élevés, Mulhouse est celle qui est entrée de la manièrt la plus complète dahs les vues de l'administration. Le système adopté par li compagnie mulhousienne, à la tête de laquelle figurent MM. Dolfus, Frédéric et Jean Zuber, Steinbach, Ijuguenin, Eugel, Em. et Mcolas Kœchlin. Ed. Trap^ Em. Kœchlin-Schouch, réunit à un degré qu'il parait difficile de sorptaser toiM les conditions que doivent remplir les constructions de cette nature.

Les bâtiments de la société mulhousienne forment plusieurs groupes de nai* sons présentant l'aspect d'une véritable cité, et dont chaoone est destinée à ose seule famille. Devant les habitations s'étendent des jardins d'un are de superficie, qui ont leur issue sur des rues de iiuit mètres de large^ bordées de trodain plantés d'arbres.

Les maisons se divisent en deux classes, d'après leur importance détermiaée par le prix de location. Leur nombre total est déjà de trois oents^

Celles de la i'* classe sont groupées par quatre et entourées de jardins.

Celles de la 2^ classe sont alignées au fond des jardins et adossées an nar de fond et de côté.

Le prix de location ne peut dépasser huit pour cent du prix de revient De plus, l'ouvrier locataire peut acquérir au prix de revient l'habitation qu'il occupe. Les constructions ont été faites de telle sorte que l'ouvrier, détenu propriétaire, puisse, à peu de frais, agrandir son logement en proportion de raccroine ment de sa famille. Dans leur état actuel, ces maisons peuvent recevoir dif OH six personnes. Elles sont bâties sur caves voûtés, et se composent dedeai étages et d'un rei-de-chanssée. Toutes ces constructions sont extiêmeaul avancées.

Les dépentea étant évaluées à la somme de 650000 fr., une subvention de 150000 fr. a été accordée à la compagnie mnlhousienne.

Ce systène^ le meillenr de tous, sous tous les rapports, vient d'être appliqué i Paris dans un projet approuvé par le gouvernement et en cours d'exécution, ^MM. Emmanuel Martin, propriétaire, et Mulier, architecte de ladté mulhourfenne.

Sur un terrain spacieux situé entre les rues de Beuiliy et de Picpus, MM. Marte et Huiler se proposent de construire, pour le logement des ouvriers mariés, dix maisons divisées par groupes et entourées de jardins. Des bains, un 9 un técboir, une salle d'asile, seront à la disposition des locataires. Une dt 300 mètres de longueur traversera la cité dans toute son étendue* Chaque Mittitioo le composera d'une cave, d'un rex-de-diaussée comprenant deux lÊèem^ d*on premier étage formé de trois chambres, et d'un grenier.

Le prix de location sera de 865 fr. par an on i fr. par jour. Si à cette somme Nsfrier peut ajouter cinquante centimes par jour pendant quinxe ans, il devien* im, au bout de ce temps, propriétaire de la maisou qu'il habite. Par ce moyen, Ipoorra acquérir au prix d'une somme de 2900 fr., versée par petites fractions liqtilnze ans (ce qui porte à 183 ft. le montant de chaque annuité), un lmmeu<^ Me d^ue valeur d*environ 6000 fr.

Ihie sobvendon de 2/i3 000 fr., représenunt le tiers de la dépense totale, a ét^ Ittordée à M. Emmanuel Martin.

Cette Ciculté d'acquérir mise à la portée des ouvriers doit être généralisée aetuit que possible ; elle exercera nécessairement une influence des plus heureum sur leur bien-être .

D'autres projets encore ont été présentés et seront bientôt en cours d'exécution» lait à Paris, soit dans les départements et notamment à Rouen et à Lille.

L'exécution de ces projets est subordonnée h l'obtention de la subvention du iers à fournir par l'ÉtaL Mais il esta remarquer, en même temps, que toute idée isepéculation est étrangère à ces entreprises et que les compagnies s'Interdisent, fÊt leors statuts, tout bénéfice supérieur à l'intérêt ordinaire des capitaux

Bb résumé, 3 892 082 fr. de subvention ont été accordés sur le crédit de Ms millions. Il reste donc disponible une somme de 6 107 917 fr. Voîd le tableau des concessions faites au moyen de ce sacrifice :

LofeoMiito poor ontriera Logemaats pour omrrien mariés «idflfUoët àl'liabitatioii

câibaUdrM. d'une famille eotière.

A Paris 5300 800

A Marseille. 150 »

A Midhotisei .... » 300

ToUl 5/^50 1100

Oe bref exposé serait incomplet si, en tei minant, j'omettais de mentionner la iMttition d*une société de bienfaisance pour l'amélioration et le bon marché Im iogemenis d'otivriers. Cette société, à la tête de laquelle sont placés MM. De- Demadre, Oaiilardin, Cochin, Périer, Thayer, a demandé à être reconnue étabUsaement d'utilité publique. Laconduaion procbaiae de cette aihire

2fisurcra un nouvel cl utile aoxiliaire an goufernement de Voire Majesté dans

Tœuvre bienfaisante à laquelle il a donné une si lieureuse impulsion.

Signé de Febught,

Bibliographie. — liaffort ntr Ut cités ouvrièret^ par M. Villermé {AmmaUi éPk§-

gièM^etc, t. XLIII, p. 541). — Tableau de Vétat pAyttfiie et morai ^cmmrkn^fu

M. Yillernié. Parii, iS&O. ~~ Du elatmi dangeretues de la population dans loê §raaitt

9iUeê^ par M. Frégier. Paris, 1840. — Du hakitatiomê deê cloue» omrièru^ fit

Henry Roberis, traduction publiée par le ministre de rafricnhare et du awniBeicei

Paris, 1850. — Rapport turle choiera à LUle, par M. Th. Lestlboudois, Lille, 18S1.

*- Rapport tur l'auainiuemênt du habitations de la clauê pautnre de im wAU de UBt,

par M. Kolb-Bernard, dans les Trawaum du Conseil central do salubrité dm dépmrmtnt

du Nord. Lille, i84S. — État do la question du habitations ci dos logmmants irnscèubm,

par M. A. Grfin. — First report of the commissionnêr for iuptirimg into tàê sfaltsf

large towns and populous districts, London, 1844. —• Report of tke gemered boari t(

kealth on the présent staie of certain paris ofthe mctropolis and on tha wèodêl isigm§

houMsofLondon, by R. D. Grainger. Londres, 1851. ^ Joire. Logeasemu dupasBsnei

dêl'ouvrier, considérés sous le rapport de ChygUna pudique ci priuit {ÂnmeUu d^kgfitau

Paris, 1851, 1. XLV, p. 290). De la condition physique du classu ouvrières, rénliail

de l'état de leurs habitations et des heureux effets du awUliorationa samitairu rkas'

Wient adoptéu en Angleterre^ par H. Roberts in-8. TViiii, de l'anglais. Paris* 1855. —

Les populations ouvrières et les industriu de la France dans le mouocmant social it

XiX* siècle, par;A. Audiganne. Paris, 1854, t. II, p. 804.— X^ iet néceuité debéfir

du maisons pour loger les clasus moyennes {ouwriers); de la possibilité de faire ia

constructions, en retirant un intérêt raisonnable de son argent, par A. Chevallier {an.

d'hgg, et de méd. lég. , 1. VIII, S* série, p. iOO et 478). — Société fondée d Bastings, es

1857, pour V amélioration des logements d'ouvriers. — Étudu sociale» kygiéniqms et

médicalu sur les ouvriers employés aux travaux du port du Hawrt^ par le dœMar

Lecadre.

CliARIFICATlON. — Les liquides destinés aux usages alimentaires ou domestiques ont tous plus ou moins besoin d'être déba^ rassés de certaines matières étrangères qu'ils tiennent en suspension, ou, en d'atitres termes, d'être clarifiés. L'eau, le vin, le linaigre, rimile, etc., sont, dans ce but, soumis à certains procédés qui n'ont pas tous pour nous un égal intérêt et qui seront, d'ailleurs, exposés plus utilement lorsque nous traiterons de chacun des sujets auxquels ils se rapportent. [Voy, Bière, Cidre, Eau, Filtrage, Foxtairi, Huile, Vin, Vinaigre, etc.)

CIjIIIATS. — On donne le nom de climat à Tensemble des conditions physiques qui résultent, pour les différentes régions du globe, de leur situation respective à la surface de la terre, et qui sont de nature à exercer sur les êtres organisés une influence spéciale.

L'étude des climats forme, à elle seule, sous le nom de climatoiùgie, une science véritable, ou, tout au moins, une partie essentielle de la physique et de l'hygiène générales. Nous ne pouvons, pour ce double motif, entrer dans les développements que comporterait so

si vaste sujet. Mais il est impossible de passer sous silence les prin^ cipes de climatologie et de météorologie sur lesquels repose en grande partie la salubrité des différents lieux habitables. Ne pou» vant donner à cet égard que des notions nécessairement fort Incomplètes, nous nous attacherons à faire ressortir les points capitaux de rétude des climats au point de vue de Thygiène publique, et nous terminerons par quelques mots sur le climat de la France en partienlier.

La nature des différents climats est déterminée : par la latitude, par la longitude, par Taltitude, par l'exposition topographique, par la nature du soi. D'où découlent les conditions variables de chaque climat : l"" température, 2^ état hygrométrique, 3^ pression atmosphérique, A"" direction des vents, 5® lumière, électricité et magnétisme, 6"" nature des eaux et productions du sol.

Avant d'aborder l'étude de chacune de ces conditions, il est une remarque générale à faire. C'est que le principal élément, celui qui domine tous les autres dans la constitution des climats, c'est la tempe* rature. Ses variations déterminent presque à elles seules tous les autres phénomènes météorologiques, d'où résultent les différences des climats, et dont on peut trouver l'origine presque exclusive dans la distribution de la chaleur à la surface du globe. C'est sur elle qu'est fondée la division des climats, en climats solaires et climats réels. Les premiers seraient déterminés par les [positions successives de la terre par rapport au soleil ; mais M. de Humboldt, après Mairan, a montré que cette action fixe, invariable et permanente du soleil, d'où résultent les climats solaires, est sans cesse modifiée par des causes perturbatrices essentiellement changeantes et transitoires, telles que le mélange des températures des différentes latitudes amenées par les vents, l'altitude, le voisinage des mers, l'inclinaison, la nature chimique, la couleur, la force rayonnante et Tévaporation du sol, la direction des chaînes de montagnes, la forme des terres, leur masse, la quantité de neige qui les couvre pendant l'hiver, etc., circonstances qui constituent les climats réels.

Il n'est sans doute pas besoin de loiigs détails pour rappeler en quoi consistent les éléments des divers climats que nous avons pré* cédemment énumérés : latitude, longitude, altitude, exposition, nature du sol.

La latitude^ c'est-à-dire la situation d'un lieu par rapport à l'équa^ leur mesurée par les degrés parallèles, exerce sur la constitution des climats l'influence la plus puissante. C'est en raison de son action sur la température que l'on divise la surface de la terre en cinq zones : la zone intertropicale ou torride, qui comprend les régions sur lesquelles le soleil vient frapper à plomb deux fois dans le cours de

l'année; les deux zones tempérées, qui s'étendent de chacun des tropiques au cercle polaire correspondant; les deux zones glaciales, qui sont placées sous les pôles. A ces trois zones se rattache la division des climats en chauds, tempérés et froids.

La longitude^ qui est l'angle que forme le méridien du lieu avec un premier méridien pris arbitrairement, se calcule chez nous à partir du méridien de Paris^ et se divise en longitude orientale à Test de ce méridien, et longitude occidentale à Touest. Elle n'agit sur la nature du climat qu'en raison de la proximité ou de l'éloignemeni des grands bassins océaniques.

Valtitude d'un lieu s'étend de la hauteur qu'il occupe an* dessus du niveau de la mer, et doit être considérée comme l'un des éléments climatériques les plus importants. On peut dire, d'une manière générale, que son influence est tout à fait analogue à celle de la latitude, en ce sens que de la base au sommet d'une montagne les phénomènes météorologiques présentent des variations semblables à celles que l'on observe sur une plus vaste échelle deféquateur aux pôles, si bien que la terre pourrait être considérée coinime formée de deux montagnes adossées par leur base à l'équateur. Nous aurons occasion de montrer quelles conséquences capitales, surtout par rapport à la température et à la pression atmosphérique, découlent de l'altitude des lieux et exercent leur action sur les ôtres vivants.

Eu égard à leur exposition topographique^ on doit non-seulement étudier les localités dans leur orientation, mais encore examiner leur situation continentale, littorale ou insulaire, la direction des chatnei de montagnes, circonstances qui modifient si puissamment les climats, soit par le caractère des vents régnants, soit par l'état hygro* métrique de l'nir, soit encore par les variations de température qui en dépendent.

Enfin, la nature du sol ne peut être considérée comme indifférente dans la détermination des climats. Ce n'estjpas que la science possède encore des données précises sur le mode particulier d'actioo des différents éléments géologiques. Mais, outre celles qu'il est permis de leur supposer, il en est d'autres plus facilement appréciables qui résultent des conditions extérieures, telles que l'état plus on moiii& perméable du sol, son humidité ou sa sécheresse, sa nature maréesgeuse, l'existence à sa surface de forêts et de grandes nuisses de verdure, circonstances d'où résultent secondairement la chaleur, b force rayonnante et l'évaporntion du sol.

Tels sont les éléments constitutifs fixes des climats, ceux dost dépendent les conditions variables de chaque climat. C'est à ces dernières que se rattachent en réalité les caractères climatorisia

GLIBIATS. 539

proprement dits; mais en les passant en revue, nous constaterons à chaque pas l'influence essentielle de la latitude, de la longitude, de l'altitude, de l'exposition générale et de la nature particulière du sol dans les différentes localités.

lo Températarc.—- La recherche et la constatation delà tempe* rature, nous l'avons dit déjà, dominent toute la climatologie. C'est là à la fois le premier résultat delà latitude et des autres conditions que nous avons indiquées, et la principale influence qui se fait sentir sur les êtres organisés.

Considérée d'une manière générale, la température atmosphérique,

dont la source réside presque exclusivement dans l'action du soleil,

varie naturellement suivant la hauteur de cet astre au-dessus de

l'horizon. Chaque jour présente un maximum et un mlnimun Û0

température. Le minimum tic se trouve jamais plus tard que setvt

heures du matin, jamais plus tôt que trois heures ; le maximum ne

rarie guère suivant les climats, et répond à deux heures ou trois hétl*

res de l'après-midi. La température, prise à l'aide du thermomètre

tounié vers le nord à neuf heures du matin, à midi, à trois et k

neuf heures du soir, donne une moyenne équivalente à la moyenne

des vingt-quatre heures. Cette moyenne se trouve entre sept heures

du matin (pour le mois de juillet] et dix heures du matin (pour le

mois de janvier). Quant à la moyenne de l'année, elle est assez bien

représentée par la moyenne du mois d'avril et du mois d'octobre ;

mais au point de vue de la climatologie, il est une donnée beaucoup

plus importante et plus pratique : c'est celle de la température de

ITiîver et celle de l'été. Nous verrons en effet que deux moyennes

égales peuvent correspondre à des climats fort différents : l'un k

températures uniformes, et tel que les hivers soient doux et les étés

sans chaleur; l'autre à températures extrêmes, tel que les étés soient

très chauds et les hivers très froids.

Si nous recherchons quelles sont les circonstances qui font varier la température moyenne d'un lieu, nous voyons ces variations dépen^ dre : de la latitude, de la hauteur au-dessus du niveau de la mer, de la durée relative des jours et des nuits, du voisinage des mers, des vents. Les climats, relativement aux variations de tem** pérature, sont tantôt constants, tantôt variables, tantôt excessifs,

La latitude détermine des différences énormes dans la température moyenne des lieux. A l'équateur, C'est-à-dire a 0 degré latitude, la température moyenne est de 27 à 30 degrés ; à U6 degrés (latitude de Paris), elle est de 10%8; à 60 degrés latitude, 0 degré, à+ 5degrés; au pôle, à 90 degrés latitude, — 25 à 30 degrés. Les maxima et les mioima varient suivant les latitudes de -h 47'',4 à — 56 degrés, ce qui donne une différence de 103 degrés.

5aO CLIMATS.

Il ne faut pas croire du reste que, dans toute retendue d'un même degré parallèle, Tégalité de température moyenne se maintienne. M, de Humboldt a montra dans Tun de ses travaux les plus admirables que, si l'on réunit par une ligne tous les points géographiques dont la température moyenne serait la même, s'ils étaient tous au niveau de la mer, ces lignes, désignées sous le nom d'isoihermet^ ne sont pas parallèles à l'équateur, mais décrivent des courbes plus ou inoins sinueuses suivant les influences secondaires qui peuvent contre-balancer celles de latitude. L'examen de la direction des lignes isothermes montre que le point de chaque méridien qui possède la plus haute température ne coïncide pas partout avecl 'intersection de ce méridien et de l'équateur, et que, à égalité de latitude, la température moyenne est plus élevée en Europe qu'en Asie et en Amérique, et plus basse dans les pays intérieurs que sur le littoial.

La température s'abaisse à mesure que l'un s'élève dans l'atmo* sphère. L'air, en raison de sa diathermanéité, ne peut être échauffé directement par les rayons solaires ; c'est par leur contact avec la terre que des couches successives s'échauffent. Aussi, les lieux les plus élevés sont-ils en rapport avec une atmosphère plus froide, et de plus, sont souoûs à une évaporation plus facile et à un rayonnemcnl nocturne plus actif. Guy-Lussac, dans son célèbre voyage aérostatique exécuté au mois de juillet, avait : à 0 mètre, à 10 heures du matin, une température de + 27*, 75 ; à 6977 mètres, à trois heures de relevée, — 90 degrés.

Cette influence de l'altitude se montre d'une manière non moins remarquable dans l'identité de la température moyenne obsenrée dans certains lieux placés à des latitudes très différentes. Ainsi, la température moyenne de Saint-Pétersbourg, par SQ^^^SO de latitude, à 0 mètre d'élévation, est la même que celle de la métairie d'Antisana par 1 degré de latitude, à ^000 mètres au-dessus du niveau de la mer, c'est-à-dire — 3*,5. MM. de Humboldt etBoussingault ont multipliéà cet égard les observations, et on leur doit des résultats du plus haut intérêt. Les recherches zoologiques et botaniques confirment d'une manière éclatante ce grand fait de l'abaissement de la température du pied au sommet des montagnes, de môme que de l'équateur aux pôles.

Dans les CordUlères, pu* 5* lalitudo. HatiUur.

Cumana 0 mèu 27^,05

Ansnma-Nneva 1050 23%7

Latacunga 2861 15<>,5

Antisana 6070 3*,Â

Neiges perpétnelles 6500 i*,6

Glacier d'Antisana • . . • . 5600 — i%7

CLLMAl^. 5M

En résumé, il résulte des nombreuses observatioos de Hamond, Kaemtz, Schouw^ Guérin, Martins et Bravais, que la température décroit de 1 degré par 180 mètres d'élévation, chiffre peu différent de ceux de 190 à 195 mètres admis par de Humboldt et Boussin* gault,

La température moyenne est d'autant plus constante que les jours et les nuits ont une durée plus égale. En Laponie, à Bosekop, par 70 degrés latitude, durant quatre-vingt jours de nuit continuelle, la température ne varie, pendant les ving-quatre heures, que de — 9%31 il — 8°,9^. Les saisons ont à cet égard, on le comprend, une influence considérable, et l'on voit des différences très grandes entre les maxima et les minima de température pour les différents lieux.

£n Guinée, où la durée des jours est de douze heures, on ne trouve entre la température moyenne des diverses saisons qu'une différence de 2 degrés, tandis qu'à Paris, où la durée des jours varie de 9 heures 45 minutes k iU heures 30 minutes, les variations de la température moyenne de l'hiver à l'été sont de 15 à 20 degrés. A Saint-Pétersbourg, où le climat commence à devenir excessif, la diffé* rence entre le maximum et le minimun est de 26 degrés.

C'est là, en effet, le fait capital au point de vue de l'influence sanitaire. En effet, dans les climats excessifs, les êtres vivants ont non-seulement à résister à des températures extrômes, mais encore, et surtout, à se prêter à des variations considérables.

Ces différences entre les moyennes de température estivales et hibernales deviennent très évidentes si l'on trace sur la mappemonde des lignes qui réunissent les lieux où la moyenne est la môme pour l'hiver, et ceux où elle est la môme pour Tété. Ces courbes qui ne sont parallèles ni à l'équateur ni aux lignes isothermes, sont dites dans le premier cas isochimènes, dans le second isothères. En suivant leur direction dans l'ancien continent, par exemple, on voit qu'à mesure qu'on s'éloigne de la côte occidentale, elles ont de la tendance à se rapprocher, les isochimènes s'abaissant vers le sud, les isothères s^élevant vers le pôle ; de telle sorte que c'est dans l'intérieur du continent que l'on trouverait les hivers les plus froids et les étés les plus chauds^ et par conséquent les variations les plus étendues entre les extrêmes de température. La raison de ce fait se trouve principalement dans l'influence du voisinage des mers que nous allons indiquer.

Le voisinage des mers rend la température moyenne plus constante aussi. Dans les lies et sur les bords de la mer, toutes choses égales d'ailleurs, les variations sont beaucoup moindres. En Irlande, par 55 degrés latitude, le myrte ne gèle pas en hiver, et cependant

le raisin ne mûrit pas. Il n'y fait donc pas si chaud en été ni si froid en hiver qu'à Paris, quoiqu'il y ait plus de 7 degrés de latitude de différence. Aux tles Féroé, par 62 degrés latitude, la température moyenne est en hiver de + ft^jS, et en été de + 12 degrés. Il n'y a donc de variations qu'entre 8 degrés, et les lacs n'y gèlent pas. Ea Angleterre, sur les côtes du Devonshire, les oranges mûrissent en espalier, et la température moyenne est en hivec de + S ou 6 degrés, et en été de + ^^ degrés, ce qui constitue une différence de ô oo 6 degrés seulement. En Sibérie, au contraire, par 62 degrés latitude, comme aux Iles Féroé, mais dans une contrée continentale, le climat excessif offre une température moyenne de + i7*,5 en été et — UO degrés en hiver, d*où une différence de 57 degrés entre l'hiver et l'été.

Cette loi, ainsi que le démontre Kaemtz, se retrouve'partout, et justifie la distinction des climats en marins et continentaux, les premiers dans lesquels les moyennes de l'hiver et de l'été diffèrent peu, et qui sont par conséquent des climats constants ; les seconds où elles s'éca^ tent au contraire l'une de l'autre, et qui sont ou variables ou excessifs. L'influence du voisinage des mers n'est donc pas d'augmenter ou de diminuer d'une manière absolue la température moyenne d'un lieu déterminé par la latitude» l'altitude, les vents dominants, etc.; elle a pour effet de diminuer l'étendue, la fréquence et la soudaineté des variations de température. Dans les plus petites lies où cette action se produit le mieux, elle offre des résultats tré» remarquables, et va jusqu'à contre-balancer l'influence de la position équatoriale et jusqu'à modifier profondément la nature du climat On peut citer comme exemples Madère, les Açores, l'Ile de Wight, etc., où les extrêmes de température et le caractère de chaque sais<m diffèrent notablement de ce que sembleraient indiquer la latitude et les autres conditions topographiques.

Les vents agissent encore puissamment sur la température, soit en déterminant dans l'atmosphère des courants qui mêlent Itf couches d'air et les refroidissent, soit en apportant dans un lieu li température des lieux qu'ils ont parcourus, ce qui explique comment les vents du nord sont plus frais que ceux du midi. Après la latitndc et la hauteur, ce sont eux, dit M. le professeur Martins, qui exercent la plus grande influence sur la température moyenne des, saisons. Nous aurons à revenir sur cette action des vents qui constitue Ton des éléments cliraatcriques les plus importants.

2° État hjsi'«m^ti*'4««* — L'humidité de l'air ou sa sécheresse occupent parmi les agents climatériques un rang presque égal à la température. Étroitement lié à celle-ci et presque sous sa dépendance, l'état hygrométrique de l'atmosphère joue le rôle le plus

important dans la production des maladies et dans l'influence diverse des climats sur l'homme. Il est bien entendu que l'humidité ne se mesure pas par la quantité absolue de vapeur d'eau que l'air contient, mais par le rapport de celle-ci à la quantité qu'il pourrait contenir.

Le degré de l'humidité atmosphérique varie suivant plusieurs causes : elle augmente d'une manière générale, à mesure que la température diminue, de l'équateur aux pôles; et, à température égale, elle augmente à mesure que l'on se rapproche des côtes. En effet, les couches d'air qui sont en contact avec la mer sont à peu près complètement saturées de vapeur d'eau ; et, toutes choses égales d'ailleurs, les climats continentaux sont moins humides que le littoral ou les tles et les régions péninsulaires. Les variations que l'humidité éprouve en raison de l'altitude sont moins nettement définies. Les observations les plus récentes de Raemtz, Martins et Bravais, mettent hors de doute, contrairement à l'opinion ancienne de de Saussure, de Luc et de Humboldt, que s'il est vrai que sur les montagnes la sécheresse peut être extrême, en moyenne l'humidité est aussi forte au sommet qu'au bas. L'influence des vents sur l'humidité est encore plus incertaine et plus variable. S'il est difficile de la spécifier pour chaque sorte de vent, on peut dire d'une manière générale que l'humidité qu'apportent les vents vient surtout des lieux qu'ils ont traversés.

Outre ces conditions hygrométriques qui varient dans les divers points du globe, il existe d'autres causes de variations dépendant des heures du jour et des saisons. Les mois de décembre et de janvier dans les régions tempérées et continentales sont les plus humides, tandis que ceux d'août et juillet sont les moins humides, bien qu'il y Mt dans l'atmosphère le plus de vapeur d'eau. Au mois de janvier, dans les mêmes contrées, le minimum de tension, c'est-à-dire le moment où l'humidité relative est la moins considérable, correspond à huit heures du matin, et le maximum à deux heures de l'après-midi. D est bon d'ajouter que, dans un climat continental, la quantité de vapeur ne cofncide pas toujours avec la plus haute température, comme cela s'observe dans les pays maritimes.

L*eau atmosphérique n'est pas toujours à l'état de vapeur invisible. Klle peut se condenser sous forme de vésicules creuses remplies d'air laturé, état vésiculaire, ou sous forme de gouttelettes. Elle donne aussi naissance aux différents météores aqueux ! brouillards, nuages, pluies, grésil, neige, rosée, etc» Ces phénomènes n'ont pas tous la même importance au point de vue climatologique, et ce n'est pas ici le lieu d'exposet* leur origine et les conditions de leur formation* . ferons remarquer que, pour la plupart, ils sont subordonnés

aux influences locales. Nous dirons seulement avec M. Martins, que le voisinage de la mer, des rivières et des montagnes, rend les brouillards plus communs. La fréquence des rosées et des gelées blanches dépend de la fréquence des nuits sereines, combinées avec un air chargé de vapeur d*eau.

Mais il est un hydrométéore qui est trop essentiellement lié à la nature des climats, pour que nous n'entrions pas dans quelques , détails. Nous voulons parler de la pluie, dont il importe de considérer, d'une part la quantité annuelle, et d'une autre part la distribution dans les diverses saisons. Il existe à cet égard une grande différence entre les diverses zones terrestres et entre les différentes localités. Ainsi le nombre des jours de pluie va en diminuant du nord au sud, tandis qu'au contraire la quantité d'eau qui tombe est plus considérable à mesure que l'on s'approche de l'équateur. £t, à paît les circonstances locales, telles que le voisinage des mers, ou des grandes chaînes de montagnes, ou de vastes forêts, on peut dire que les endroits où il pleut le moins souvent sont ceux où il pleut le plus abondamment. La quantité d'eau tombée dans une seule averse peut acquérir des proportions énormes, surtout dans les régions tropicales, où l'air saturé de vapeurs laisse précipiter des torrents de pluie sous l'influence du moindre refroidissement ou de Faction des vents.

C'est cette dernière cause, en effet, qui parait jouer le principal rôle dans la production des pluies de la zone torride; c'est sousTiofluence des vents propres aux diverses saisons que celles-ci se pa^ tagent d'une manière très régulière en saison humide et saison sèche, et que les pluies se reproduisent d'une manière vraiment périodique, tantôt une fois, tantôt deux fois par an. La périodicité des pluies disparaît à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur. Et tandis qu'entre les tropiques les plus grandes quantités de pluie tombent pcndaut que le soleil est au zénith, c'est-à-dire dans une saison qui correspond à notre été, au nord des tropiques, c'est surtout en hiver quH pleut abondamment. Mais la loi reste partout la même, et si Ton compulse les importants résultats recueillis par le savant Kaemtz, os voit que la distribution des pluies dans les différentes contrées tient à la direction et à la nature des vents ; et que les conditions de l'extrême sécheresse se rencontreront dans les climats continentaux, très éloignés de la mer, très élevés au-dessus de son niveau et isolés par des chaînes de montagnes, ainsi que M. de Humboldt l'a observé pour le plateau central de TAsie.

3® Pression atmiMiphérlqae.—- Les efiets que le poids de l'air produit sur l'organisme vivant sont trop considérables pour qoeles influences climatoriales capables de faire varier la pression almospbé-

rique ne semblent pas devoir acquérir une très grande importance. Cette pression, variable avec les circonstances météorologiques, est de 1033 grammes par centimètre carré de surface^au niveau de la mer» où le baromètre marque 760 millimètres. Elle diminue assez rapidement, à mesure que Ton s'élève dans l'atmosphère, environ 1 millimètre par 10 à 1^ mètres. Elle diminue également à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur.

Une remarque préliminaire essentielle à faire, avant d'examiner celte partie de la climatologie, c'est qu'il faut distinguer avec soin la diminution permanente de la pression, suivant chaque localité avec les variations soudaines, ou même avec les oscillations régulières du baromètre. M. le professeur Gavarret a très Justement insisté sur cette distinction. Les lieux habités sont placés à des hauteurs très diverses, et leurs populations soumises normalement à des pressions extérieures très différentes. Le tableau suivant en fournit la preuve évidente.

Hauteur Prenioo

LocalitM. barométrique. |»ar centimàtre carré.

Bords de la mer 760 millim. 1033 grammes.

Paris. 756 1028

Mexico 583 793

Quito 553 752

Antisana A70 639

On le voit, de grandes villes ont été fondées et ont prospéré dans des régions du globe où la pression atmosphérique est très inférieure i la normale barométrique. Et malgré cette différence énorme entre le maximum et le minimum de pression, la vie des êtres organisés fee JVaratt en ressentir aucune atteinte. M. Gavarret en a donné la itlaon, à la fois très ingénieuse et très frappante. Les vrais dangers de la diminution de la pression extérieure viennent, suivant lui, du dégagement des gaz normalement dissous dans le sang. Mais chez les dires qui vivent habituellement sous une pression barométrique très lUble, la proportion des gaz du sang se modifie de manière à se mettre en équilibre avec les pressions extérieures, et à faire dispaftttre ainsi toutes les causes de perturbation.

Ces considérations sont de nature à enlever à l'étude des différences ktfométriques beaucoup de son importance en climatologie. Et l'on doit en Urer cette conséquence, que la diversité de la pression moyenne, comparée dans les différents lieux, ne constitue qu'un caractère secondaire des climats. Nous nous bornerons donc à indi* fQer rapidement les particularités qui se rattachent aux variations da baromètre.

Les premières que nous ayons à noter sont les variations diurnes

tAftOlBU. — DICT. D^BTG. T. I. ^"^

qui cousisteul daus les oscillations régulières de la coionne barométrique correspondantes à certaines heures du jour que l'en d^gne ^ous le nom d'heurei tropiques. Ces oscillations dépendent en graBde partie de la position géographique du lieu où Ton observe. Près ëe î'équateur, les différences entre le maximum et le minimum scot très grandes. 11 n'en est pas de même dans les latitudes éleYécf : non-seulement la variation diurne est moindre, mais encore elle est marquée par des oscillations irrégulières. Dans rhémisphére boréal, la loi de la variation barométrique diurne montre que depuis midi le baromètre baisse jusqu'à trois ou cinq heures du soir, moment QÙ il atteint son minimum ; puis il remonte, et son maximum tombe entre neuf et onze heures du soir. Il baisse de nouveau, et l'on obsene un second minimum vers quatre heures du matin, et un second maximum vers dix heures. Les heures tropiques sont plus tardives le matin et plus hâtives le soir en hiver qu'en été. Quant à l'amplitode de ces oscillalions diurnes, elle est surtout étendue dans la saison chaude et dans les régions équatoriales, en tenant compte de l'altitude. Raemtz a déduit, des nombreuses observations qu'il a recueillies, cette loi que les oscillations barométriques ont d'autant plus d'étendue, que les changements thermométriques sont plus grands. Ces oscillations inverses de la pression atmosphérique et de la température sont, d'ailleurs, le plus souvent en rapport avec les çha^igements de vents. Le baromètre atteint son maximum quand les vents soufflent du nord et de l'intérieur des continents; son maximum, quand ils viennent de l'équateur ou de la mer.

Outre ces variations en quelque sorte régulières de la colonne barométrique, il en est d'accidentelles qui tiennent à des causesdife^ ses, telles que les pluies, les tempêtes. Ces variations présentent pour chaque mois une amplitude moyenne qui diffère suivant les localités* Raemtz a tracé des lignes isobarométriques qui réunissent les différents points où l'amplitude est la même.

&° Direction des vent*. — Les vents, suivant ^expression da professeurMartîns, sont les grands arbitres des changements atmosphériques; ajoutons qu'ils exercent sur la salubrité des lieux et sur la natuie des climats l'influence la plus directe. Us renouvellent l'air des villeii comme le fait remarquer Kaemtz, et adoucissent les climats du nord en leur apportant la chaleur du midi. Sans eux les pluies aeniient incil* nues dans l'intérieur des continents qui se transformeraient en déserti arides. Résultant des changements de densité qui surviennent dut l'atmosphère, et des difiérences de ten^pér^ture qui existent entwdei pays voisins, les vents forment des courants qui se dirigent des liens où l'air est le plus dense, vers celui où il l'est le moins. Leur dii6etion est indiquée par le point de l'horizon d'od ils sooflleiit. Une

remière loi posée par Kaenitx est la suivante : Si deux régions voisiis sont inégalement échauffées, il se produira dans les couches supéeores un vent allant de la région chaude à la région froide, et à la irfece du sol un courant contraire.

Les vents présentent, dans les différentes régions du globe, des ifiérences climatériques très importantes.

Sur les bords de la mer, réchauffement inégal de la terre et de la ler amène, à mesure que le soleil s'élève au-dessus de l'horizon, une rise de mer. La plus grande force correspond au moment du maxilom de température de la journée ; et, par un effet inverse, un vent e terre souflle à la fin de la nuit, et le maximum de force coTnide avec le moment du minimum de température des vingt-quatre eores.

Un phénomène tout à fait analogue s'observe dans les montaçqes h il existe des alternative!» de courant ascendant diurne et de couint descendant nocturne que M. Fournet explique par réchauffement es cimes au soleil levant qui détermine le courant ascendant, tandis ne réchauffement de la plaine, plus considérable dans la journée w celui de la montagne, détermine vers le soir un courant desceniint

On rencontre entre les tropiques des vents d'est qui ont reçu le tom particulier de vents alizés^ et qui résultent de la combinaison le mouvements de l'air échauffé avec la rotation de la terre. En effet, I M forme un courant supérieur de l'équateur vers les pôles, et un 0orant inférieur des pôles vers l'équateur; c'est-à-dire un vent du iord dans l'hémisphère boréal, un vent du sud dans l'hémisphère BStraL Mais ces deux directions se combinant avec le mouvement le la terre d'occident en orient, il en résulte un vent de N.-E. pour otre hémisphère, et du S.-E. pour l'autre. Les vents alizés ne se font Hitir que dans une zone limitée. Mais en même temps qu'ils soufflent Éns les régions inférieures, le vent d'ouest règne constamment dans m régions supérieures de l'air entre les tropique^.

Dtns l'océan Indien les vents alizés sont troublés par l'influence de I conformation des continents africain et asiatique, et des différences o température qui existent entre eux et la mer. On trouve alors des nts réguliers qui régnent pendant l'hiver et pendant l'été et que )mi nomme mouêsonsy soufflant dans l'hémisphère boréal du N.-E. ■ hiver et du S.-O. en été, tandis que dans l'hémisphère austral l'alizé e 8.-E. règne pendant toute l'année. Cette succession de vents ilpiliers se rencontre dans d'autres contrées, quoiqu'elle ne soit nulle mri aussi remarquable que dans l'océan Indien. Toutefois la Médîemnée a ses moussons connues sous le nom de vents étésiens.

Noos ne pouvons donner l'indication, même sommaire, des diffé-

5'j8 CLI3iATS.

renies circonstances qtii fout varier la directioa des venls. Dans le^ légions tempérées, quel que soit le sens dans lequel ils souflleiit, ik se font en général sentir plutôt dans les contrées vers les^idles ik se dirigent que dans celles d'où ils viennent. Une coosidéralion pli» importante et véritablement capitale en climatologie, c'est cdle des propriétés que les vents empruntent aux pays sur lesqods ils passent Ainsi, les vents d'ouest qui soufflent de la mer sont b^uooup pte humides que les vents d'est qui traversent les continents. Dans le midi de l'Europe, les vents du nord sont célèbres par leur violence et leur àpreté. De plus, on y observe un vent du sud noo moins froid que le vent du nord et connu sous le nom de mistral. Dans les désaU et les plaines sablonneuses de l'Asie centrale et de l'Afirique dont le sol aride est si fortement chauffé par le soleil, on voit s'élever le simoun ou harmattan^ vents brûlants qui emportent des nuages de sable et sont la terreur des voyageurs du désert et de leurs montureii En Europe, le solano d'Espagne, et leftrooœ'd'Italie, portent avec en une chaleur desséchante et jette ceux qui s'y exposent dans une insm^ montable langueur. On ne peut terminer ces considérations sur lei propriétés des vents, sans rappeler l'influence des chaînes de montagnes sur la constitution des climats. En effet, dans les pays chauds, les vents qui rencontrent sur leur passage les zones élevées où b végétation a perdu le caractère des régions torrides se rafindctûsseot et vont tempérer les chaleurs des contrées voisines, remplissant ains le même office que les vents de mer. On peut comparer à cet igui le vent qui a soufflé sur le grand désert de l'Afrique et dont ïtÊA brûlant se fait sentir sur l'Egypte, les lies de la Méditerranée et b côte méridionale de l'Europe, avec les effets des vents qui, des sommets de l'Himalaya ou des Andes, vont modérer la température dei continents asiatique et américain.

5* Ij«Hilèrc, électricité, Hiaf^aétlMne. — Les phénoméott optiques, électriques et magnétiques, qui jouent en météorologie k principal rôle, sont loin d'avoir la même importance dans la conslî' tution des climats, ou du moins n'exercent sur les êtres organisés qu'une influence mystérieuse qu'il est très difficile de définir. L'actiot de la lumière ne peut guère être séparée de celle de la chaleur. Qoib^ k Félectricité, on sait qu'elle est répandue dans l'atmosphère, oàb versent sans cesse l'évaporation et les combustions qui s'accomplisseot à la surface du globe. La terre, d'après les belles expériences de Peltier, est chargée d'électricité résineuse, et l'espace céleste d'électricité vitrée ; de là des influences qui se font sentir dans l'atmosphère, et dont les nuages sont en quelque sorte les intermédiaire Les orages, qui sont la manifestation la plus frappante de ces rnooTements électriques, se montrent surtout, et avec la plus grande no-

CLIMATS. 5/i9

ence, dans les régions intcrtropicales pendant la saison humide, ^s les climats tempérés, ils s'observent presque exclusivement tendant Tété, à l'heure de la plus haute température diurne. Si Ton elle les yeux sur la carte que M. Berghaus a donnée de la distribuion géographique des orages à la surface de l'Europe, on reconnaît [oe ntalie, entre Milan et \aples, la mer Adriatique, la Dalmatie et l'Aimnie forment une région elliptique où les orages sont au nombre de 2 k U5 par an. A mesure que l'on s'avance vers le pôle, les orages leviennent plus rares, et au delà du 70" degré de latitude, ils sont iresque inconnus,

6* Matvire des eavix et pr^dvictioii du moI. — Si l'on conidère les climats au point de vue de leur influence sur les êtres ÎTants, et particulièrement sur l'homme, on reconnaît que celle-ci le se manifeste pas seulement dans les conditions atmosphériques et nétéorologiques, mais encore dans les qualités des eaux et dans la mUxre des espèces végétales et animales que l'on rencontre dans les liirerses localités. Nous n'avons pas besoin d'insister sur l'importance grgiénique de ce dernier élément.

Les eaux, que nous étudierons à part, et avec tout le soin que lérite une pareille question, empruntent toujours quelque chose aux errains à travers lesquels elles coulent, et les éléments dont elles e composent ne peuvent manquer de modifier d'une manière spéciale BS organismes dans lesquels elles pénètrent. Les usages de l'eau renient suffisamment compte de l'importance capitale de cette influence fimatérique.

Quant aux productions du sol, elles ont ce double effet de servir

caractériser les différents climats par leur nature et leur nombre, I d'agir secondairement, soit sur la température, la lumière, l'élecricité, l'état hygrométrique, la direction des vents dans une contrée, ait par leurs propriétés alimentaires et antres sur la constitution les habitants eux-mêmes.

Relativement au premier point, une science vraiment nouvelle, la lêùgm'phie botanique, a été créée par le génie de M. de Humboldt. éÊS recherches entreprises jusqu'ici sur les causes de la distribution tes végétaux à la surface du globe font voir, ainsi que le dit très jusement M. Martins, que le climat est la plus puissante de toutes. Et es rapports qui existent entre la physionomie des flores des difléentes zones terrestres et les climats auxquels elles correspondent ont soumis à des lois déterminées.

Si Ton marche du sud vers le nord, on parcourt des régions végéales différentes, limitées par les courbes isothermes. Le savant proésseur de Montpellier a tracé les règles d'après lesquelles on peut lélerminer la limite boréale des principales espèces de végétaux. Le

550 CiiMATS.

choix des plantes n'esl pas indifférent. U est en effet des végéttui qui peuvent vivre et se reproduire sous les climats les plut divers : tels sont la bourse-à-pasteur, la dent-de-lion, le serpolet Ils doivent donc ôtre rejetés pour caractériser les zones végétales, de môrae que tes plantes cultivées que rhomuie, à force de soins et de peint, parvient à faire végéter sous un ciel qui n'est point Dût pour éllei, Les végétaux qui serviront à caractériser un climat doivent réunir certaines conditions, dont la première est de se trouver à l'état sauvage dans les contrées qu'ils habitent. En général, on préfère dans ce but les arbres, tels que les lauriers, les chênes, les hêtres, les châtaigniers, les pins, les sapins, etc. M. Schow a divisé de cette façon l'Europe en quatre régions principales : i* la région des arbres à feuillage toujours vert; 2"" celle du chfttaignier et do chêne; 3"^ celle du chêne et du hêtre ; k"* celle du pin et du bouleau ; régions qui correspondent assez bieu aux régions agricoles, qui sont respec* tivement caractérisées par la culture de Tolivier, de la vigne, des céréales, et l'absence de toute culture. La végétation des montagnes, si bien étudiée par M. Martins, présente en petit l'image de celle di la terre considérée dans son ensemble. Au pied de la montagne on trouve la flore qui correspond au climat de cette région ; mail à mesure que l'on monte, les végétaux de la plaine disparaissent pour faire place à d'autres plantes qui appartiennent toujours à desrégiofli plus froides. De sorte que, ainsi que nous l'avons montré déjà, s'élever dans l'atmosphère ou marcher vers le pôle, c'est travonir successivement des zones de plus en plus boréales, jusqu'à ce qm l'on arrive à la région des neiges éternelles.

Au point de vue de leur action sur l'homme, on peut dire d'uni manière générale que les productions du sol sont étroitement liées à la nature des habitants ; les conditions de leur acclimatement sont communes. Une merveilleuse harmonie, admirablement décrite par les grands peintres de la nature, Buffon, Bernardin de Saint-Pieirt, G. Cuvier, de Humboldt, expliquée enfin avec cette intuition supérieure et ce beau langage qui lui est propre, par M. Dumas dans ses Leçons de statique chimique^ s'établit entre l'homme et les plantes qui l'entourent, et assurent par leur intime union les conditions de U vie universelle.

Nous venons de passer en revue et d'étudier isolément les éléments divers des climats et les conditions secondaires qui caractérisent chacun d'eux; mais ce serait se faire une idée bien fausse et bien incomplète de leur nature que de la réduire à cette vue étroite. La censtitution des climats est complexe, et ne se compose que de la réunion et des rapports de ces éléments entre eux. Nous avons ëi

comment la situation d'un lieu pouvait déterminer et modifier sa température ; mais celle-ci elle-même, on Ta vu, est la condition k laquelle se rattachent Tétat hygrométrique^ les vents, les productions dv soi, etc., etc. On ne peut, si l'oh envisage Tinfluence climatoriale sar les êtres organisés, scinder ou isoler Taction de ces différents agents naturels. Pour n'en citer qu'un exemple, il importe au plus baiit degré de distinguer avec soin, dans les régions équaloriales, les elimats chauds et humides des climats chauds et secs. Et cette combinaison des éléments climatoriaux, qui constitue, à proprement parler, la climatologie comparée, ne doit pas être perdue de vue un seul instant lorsqu'on cherche à déterminer l'action des divers eli* inata sur l'homme et les conditions de l'acclimatement.

Cette dernière question a été déjà exposée par nous dans les premières pages de ce livre, et nous n'avons pas à y revenir. Nous rappellerons seulement que l'organisme, modifié dans son ensemble par l'influence du climat, acquiert une susceptibilité particulière qui ta manifeste non-seulement par une prédisposition morbide spéciale, niais encore dans l'exercice de toutes les fonctions, et notamment dans l'alimentation. Les régies hygiéniques qui découlent de cette condition générale ne sauraient trouver place ici ; elles varient trop ioivant les circonstances locales pour qu'il n'y ait pas un grave inconténient à les indiquer sommairement et d'une manière en quelque aorte banale. Cette grande question de l'influence des climats sur la constitution physique et morale de l'homme, qui a occupé les plus éminents esprits, ne saurait être réduite aux proportions étroites du cadre que nous nous sommes tracé.

Nous terminerons par un court aperçu emprunté au grand et beau travail de M. Martins sur le climat de notre pays.

Du CLIMAT DE LA FRANCE. — La Fraucc a ce rare privilège de réunir des climats fort divers et dont le type existe dans les pays voisins. ■Ile est comprise par sa partie continentale entre les isothermes é€ 15 et de 10 degrés, et, en comprenant la Corse et l'Algérie, entre eelles de 20 et de 10 degrés. Si l'on note la température moyenne des principales villes où elle est le mieux connue, on trouve pour les hait villes suivantes supposées au niveau de la mer : Pau, l/^*,7 ; Marseille, l/i%3; Toulouse, 13%&; Orange, 13%3; Lyon, i3*,7; Paris^ 11' ; MeU, 10%7 ; Strasbourg, 10%6.

D'une manière générale, on voit que les isothermes vont de l'est k l'ouest. Les températures extrêmes, mesurées avec un thermomètre à l'ombre, sont au maximum de &0*,2 à Orange, en juillet 1830, et ao minimum, dans les plaines, de — 38 degrés à Mulhouse, en février 1830. Les différences entre les moyennes estivales et biber-t

nales sont assez étendues pour qu'on distingue en Fraucc des climats excessifs ou continentaux, et des climats constants ou marins. Ainsi, sur les bords de TOcéan, à Brest, à Cherbourg, la diffërence entre la moyenne de l'hiver et celle de Tété est de 10*,&, tandis qu'elle est eo Alsace, de 17% 7. Si Ton suit la ligne isothère, on voit que ceUe de 20 degrés part de Tembouchure de la Gironde, coupe la Loire au niveau de Moulins, la Saône à son confluent avec le Doubs et le Rhin, non loin de Mulhouse. L'isochimène de 5 degrés coupe la presqulle de rArmorique à Saint-Brieuc, descend parallèlement à la côte ; puis au niveau de la Rochelle, elle se dirige vers Test, coupe le Rhône k la hauteur de Valence et se prolonge vers le golfe de Gônes. Â part ces conditions ordinaires de la température moyenne en France, on observe quelquefois des hivers extrêmement rigoureux, et des étés d'une chaleur et d'une sécheresse extraordinaires.

Une question d'un haut intérêt, mais très difficile à résoudre, c'eit celle de savoir si les climats en général et celui de la France en pa^ ticulier, ont changé dans la suite des siècles. M. Fuster a produit, en faveur de l'opinion qui admet que le temps a apporté des modifications profondes dans la constitution de notre climat, des arguments qni ont été vivement attaqués au point de vue historique par M. Ludovic Lalanne, et au point de vue climatologique et agricole par MM. de Gasparin et Martins. M. de Gasparin nie absolument que les climats se détériorent. Dans sa conviction, les climats ont un cours régulier permanent dépendant des lois générales de l'univers, et par consé> quent immuables comme elles. M. de CandoUe ne croit pas davantage aux changements de climats, et il s'appuie pour le prouver sor la distribution naturelle des plantes. Pour la France notamment, M. Martins a parfaitement montré que les preuves tirées des modifications qui auraient pu survenir dans la culture n'étaient que spécieuses, et qu'en réalité rien n'établissait que le climat de notre pays eût varié. Ce que l'on peut dire seulement, c'est que des changements peu étendus sans doute dans la constitution physique du globe, el par suite dans les climats, peuvent être produits soit par les progrés des sociétés humaines, soit par des causes géologiques presque inaperçues en raison de la lenteur de leurs effets.

La direction moyenne des vents dans toute la France est S.-S.-0. Quant à leur distribution, on peut, avec M. Foumet, diviser le pays en quatre régions : 1*" région du vent de S.-O., qui comprend les côtes occidentales de Bordeaux à Dunkerque, le massif central et la vallée du Rhin ; 2"* région du vent du N. : vallée de la Saône et du Rhône, de Dijon à Viviers ; 3* région du vent d'O. : bassin de la Garonne et de l'Aude; û" région du vent de N.-O. (mistral) : bassin de l'Héraolt et du Rhône jusqu'à Viviers. Le vent de S.-O. est le vent plofieca

ans toute la France, excepté au pied des Pyrénées, et dans le bassin e la Saône et du Rhône.

La France présente les plus grandes différences sous le point de vue ela quantité absolue de pluie qui tombe dans Tannée ; et ces pluies Mit trop irrégulièrement distribuées sur la surface du territoire pour ne Ton en déduise des considérations utiles. Quant aux orages, qui nt une si grande importance en climatologie, la France appartient à I ré^on des orages d'été. Dans le nord, si l'on trace deux lignes lent l'une passe par Brest, Cherbourg et Dunkerque ; l'autre par la tocbelle, Orléans et ChAlons-sur-Marne, toute la zone comprise entre es deux lignes compte de 12 à 20 orages par an, le nombre des irages allant en croissant du N. au S. Au S. de la seconde ligne et

1*0. de la chaîne des Cévennes, on compte 10 à 20 orages dans année, et d'autant plus qu'on s'avance davantage du S. vers le N. Enfin, dans une région comprise entre Lyon, Arles, les Cévennes et e Piémont, région qui embrasse tout le groupe des Alpes françaises, e nombre annuel des orages est en moyenne de 25 ; à Marseille, il l'est que de il

Les autres phénomènes météorologiques n'offrent rien qui soit pariculier au climat de la France.

M. Martins a divisé la France en cinq régions climatoriales : i« Le limât vosgieti ou du N.-E.; 2* le climat séquanien ou du N.-O., qui •ffrent tous deux l'exemple de climats assez froids, mais dont l'un tl continental, comme celui de l'Allemagne, et l'autre marin, <Hmne celui de l'Angleterre; 3"^ le climat girondin ou de S.-O.; W^le limât rhodanien ou du S.-E., qui offrent la même différence, mais ;Qi sont beaucoup plus tempérés; 5^ le dernier, dit clitnat méditermèéen ou provençal, forme une exception en France et fait partie du roupe météorologique de la Méditerranée. Pour les détails si nportants et si dignes d'être connus, accumulés dans les nombreuses bser^ations de notre savant ami, nous ne pouvons mieux faire ne de renvoyer au livre dans lequel il les a consignés. {Voy, Accu-

ATEMENT, AiR, DÉFRICHEMENT, ËAU, MÉTÉOROLOGIE, REBOISEMENT, etC.)

BibliogrAphie. — Nous aTODS déjà signalé, à Pariicle Acclimatuibist, auquel nous «■ferrons pour compléter celui-ci, l^impossibité d^énumérer ici les ou? rages presque Monbrables qui traitent de la climatologie et de la météorologie^ soit en général, soit

Toecasion d*une région particulière. Nous nous bornerons à citer ceux que nous aroos pÉeialg^ent consultés. — Kaemti, Caun complet de météorologie^ traduit et annoté ■rCb. Ifartias. Paris, 1858. — Météorologie de la France, par Cb. Martins, dans ^mrieu Paris, 18^5. — Annuaire météorologique, parCh. Martins, Brafais,etc. Paris, 848- 1860, etc. — Collection de l'Annuaire du hureau dee longitudeê. Paris. — A. de [«Bbohit, Voyage dam lee régiom équinoxialee, — A. de Humboldt, Des lignée iioiker» m et de la dietrihiiion de la chaleur tur le globe. Paris, 4817. — A. di Humboklt, UeêUrekÊê rar Uêekednee de montagnee et la climatologie comparée* Paik» 1881. —

55ii CLOUTIERS.

A. de Hainboldl, Tableauœ de la nature^ èdilioo noaircUe, Inidvile par Glu Gtlmàj. t>aris, 1850. — Comoi, par les mêmes. — Reckerckeâ mur lêê eaute» été Tfkimomnkn éleetripui de Catmotphére^ par Peilîer (Annfidtt de chimie et de fkfftifme^ S* térif, L IV). -^ MairaD, De la cause générale du froid en hiver et de la ckeUemr ai ai (Jfew^réê de l'Académie du êdentei, année €719). — Btmatfuee (fimirmlea emrîâUmpinture du §lohe terreetre et dê$ ctpaceê planitaireê^ par Poarier {Amnmieê éeeàiwdeetà phytique, iSSA). — Traité de météorologie^ par GoUe. *- IH l'imfmemea dee eHautte m t homme, par Foissac. Paris, 1837. — Diuoun tur lee révohaiamêdmglohe^ par Cafiv, Parié, 1880. — Dee ehangementi dan» le climat de la Frmmee^ par Poster. Paris» ISéS* ^ Bâpport tur le précédent travail, par M. de Gasparin {Comptes remdus des siaam dé l'Académie des sciences, Paris, i8&A« ete.). ~ £lcf grandis forHs et ta Geak « àe l'ancienne France, par Alfred Maary, {Mimoiree sur Us etnti^tés mmUmalatt étrangères, publiée* par la Société des antiquaires de Flrmue^ nouvelle liriez t DL Paris, 18A9). — Le climat de l'Italie soms le rapport hggiéaiqma et mUéieal, fÊ tSd. Carrière. Paris, i8&9. — Topographie médieaie dee diauits interiropicmuet, park docteur Dotroalau [Ann. d'hyg, et deméd. lég., t. X, S* série« p. 5 et SAI }. — lHa eliwutts de montagnes considérés au point de vue médical^ par LooAard (de Geièic), f» édltiM. Gcoère, 1858. — Influence dm dimat et Alger tur lés affhetiotu ehi^ulpm de la poitrine, par le doetear Picira Saata {Ann^ ^Apf . et dêwM. I^» u XIV, fsMp. p. A6 et iài, et t XV, i« série, p. At). - Dk dimmt de Madère, Movft» PItli. Mml^ peUi<>r, 1859. — Le climat de Madère et son in/luence thérapeutUim tmr UphtUeki par Barrai, irad. da portugais. Paris, 1858.

CliOA^VES. — Voy. PciSAEDS.

C1.0CHB. — Voy. PiONGErR.

CliOUTlERM. — Noti8 possédons, sur l'industrie des clootitfi ronsidëréeau point de vue de Thygiéne, des documents pleins dH' térét, recueillis par M. le docteur Masson, dans le canton de Chirl*ville (Ardennes), par suite de Tenquéte décrétée le 35 mai iS58 ftf l'Assemblée constituante, sur la question du travail agricole et ind» triel. Ce travail montre, delà manière la plus évidente, quelle inflocnei certaines professions peuvent exercer sur la santé, et de quelle minière l'hygiène peut corriger les abus de l'ignorance et de U roatioi. 11 serait à désirer que Ton possédât des renseignements anssi priôi sur toutes les professions.

Les cloutiers ardennais se réunissent d'ordinaire au nombre de six ou sept pour travailler dans une même boutique, en général trop étroite et mal éclairée, au feu de la même forge, dont le soufflet est mis en mouvement par im chien. Ds travaillent debout, entre la foifc et une enclume, où successivement ils étirent, parent, coupent lu clous et en forment la tête. C'est avec le marteau qu'ils agissent ineet' samment, le mouvement continuel des extrémités supérieures ooatrastant avec l'immobilité complète des jambes. Les enfants, garçcMtf et jeiues filles, sont envoyés à la forge dès Tàge de sept à huit los.

Le cioutiar a de hautes jambes, la gauche plus élevât que la droili

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