‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 3)Chapitre 148 sur 169 · COSMÉTIQUES · texte numérisé non relu

COSMÉTIQUES

1er roagies lu feo, par la yapeur d'eau ; et enfin, défendre de se servir d'huile non épurée pour enduire la corne pendant l'apla* tissage.

()OWVI€HOIVS. — Les cornichons sont ordinairement préparés, dit M. Chevallier, dans des bassines de cuivre rouge non étaméj afin de leur donner la belle couleur verte que l'on y recherche. Cette préparation vicieuse des cornichons, qui peut avoir une funeste influence sur la santé des consommateurs, se reconnaîtra de la manière suivante. On incinérera une certaine quantité de cornichons suspectés ; les cendres, traitées par Tacide nitrique étendu, seront évaporées à siccité, puis le résidu, repris par l'eau pure, fournira une liqueur qui, dans le cas où elle contiendra du cuivre, se colorera en bleu foncé par l'addition de l'ammoniaque, en brun marron par le cyanure jaune ; une lame de fer bien décapée, plongée dans cette solution, préalablement acidulée, se recouvrira d'une légère couche de cuivre métallique. Le moyen le plus simple consiste à enfoncer dans le cornichon une aiguille ou une pointe de Paris, qui se recouvrira au bout de quelque temps d'une couche de cuivre métallique, si le cornichon contient de ce métal. [Voy. Conserves, Cuivre).

CWRBMBRlfiS. — Voy. TANNERIES.

COSMiSTlfllJfiS. — Sous le nom de cosmétiques, on comprend toutes les substances ou préparations employées dans la toilette, soit aux soins extérieurs de propreté, soit comme artifice de coquetterie.

L'ensemble des pratiques auxquelles s'applique l'usage de ces préparations composait, dès l'antiquité, tout un art qui s'est plutôt simplifié qu'agrandi sous l'influence des idées modernes, et qui, suivant l'expression de Galien, heureusement restaurée par Requin, constitue la cotmétique.

Nous n'avons pas à entrer ici dans les applications variées des cosmétiques et dans des considérations qui ont trait exclusivement à l'hygiène privée. Mais il n'est pas sans intérêt pour la santé publique d'étudier la composition de certaines préparations qui, débitées et employées sans mesure et sans contrôle, peuvent exercer une action plus ou moins nuisible sur l'économie.

La cosmétique comprend l'entretien de la peau, des cheveux et de la barbe, des ongles et des dents. La prodigieuse variété des substances qui se rapportent à l'un ou à l'autre de ces usages, ne nous permet pas d'en parcourir la série presque innombrable. Nous nous contenterons de passer en revue les principrux groupes, en

6û0 COSMÉTIQUES.

nous attachant seulement aux préparations nuisibles soil par elles-mêmes, soit par les altérations ou falsifications qu'elles peuvent subir.

Les cosmétiques sont empruntés soit au règne minéral, soit au règne végétal, plus rarement au règne animal, et se présentent sous la forme d'eaux aromatiques, de vinaigres, d'essences, de teintures, d'huiles, de savons, de crèmes, de pommades, d'opiats, de pÀies, de baumes, de poudres, etc., dont les bases varient.

Les préparations en petit nombre dont les éléments sont tirés do règne animal, telles que le blanc de baleine, la civette, les graisses, et celles qui viennent du règne végétal, peuvent être altérées et falsifiées de bien des manières. Mais la plupart du temps ces altérations ne portent que sur la qualité des cosmétiques, et ne sont pas de nature à atteindre en quoi que ce soit la santé des consommatean. Elles consistent dans la substitution de substances inférieures, plus grossières et moins coûteuses aux essences fines, aux alcoolats aromatiques, aux huilei; fines, aux baumes, etc., et constituent one spéculation ou une fraude, mais non un danger pour la santé publique. Cependant il arrive trop souvent que des substances métalliques se trouvent mélangées à certains cosmétiques soit à cause de leur mauvaise préparation, soit à cause de leur conservation dans des vases de cuivre ou de plomb. C'est ce qui arrive principalement pour les eanx spiritueuses, les essences, les huiles. D'autres substances et notamment les graisses, sont exposées à des altérations naturelles qui les rendent irritantes et qui doivent en faire proscrire l'usage.

A plus forte raison doit-on apporter une grande réserve dans l'usage des préparations dont les poisons minéraux forment h base.

L'arsenic entre dans la composition de la plupart des poudres épilaloires, et notamment du rusma oriental, qui est un mélange de chaux et de réalgar. On peut en trouver également dans les préparations où entre du bismuth arsenical. C'est ce qui arrive pour le blanc de fard ou blanc de perle (sous-nitrate ou tartrate de bismuth), et ce dont on s'assurera en le faisant bouillir dans l'eau distillée, laissant refroidir, en essayant le liquide filtré par l'appareil de Marsh.

Le plomb carbonate, qui peut être employé pour falsifier le blanc de perle, sert aussi à la composition des fards particuliers, soit du blanc de Krems ou d'albâtre, soit du blanc de vinaigre. Mais le plomb fait surtout partie des cosmétiques usités pour teindre les cheveux en noir. On emploie soit le sulfate de plomb môle à lachani hydratée et à l'eau, soil la litharge broyée avec la craie ou la silice et la chaux vive hydratée, soit enfin la solution d'acétate de ploffll» mise en contact avec l'acide sullhydrique. Ces divers composés peu*

COSMÉTIQUES. Odl

vent entraîner après eux les mêmes accidents que les autres préparations saturnines.

Le nitrate d'argent, appliqué également en solution sur le cuir chevelu, et désigné sous les noms de eau de Chine^ eau de Perse, eau d'Egypte, eau de Chypre, eau de Java, eau d'ébène, peut produire, on le comprend, des effets extrêmement nuisibles, et il existe de nombreux exemples dans lesquels on a pu constater à la fois TineflOcacité et les dangers de ces différents cosmétiques.

Le mercure, soit à l'état métallique, soit à l'état de sulfure, incorporé dans des poudres épilatoircs, notamment celle de Laforest, dans les liqueurs de teinture, comme l'eau de Chine et la liqueur russe, dans certaines émulsions ou laits destinés à faire disparaître les taches de rousseur, tels que là liqueur de Gorland, \elait ontéphé" ligue, ïémulsion de Duncan; dans certains fards, certaines pÀtes ou pommades, communique à ces préparations des propriétés toxiques très actives, qui en rendent l'emploi extrêmement dangereux.

Nous avons vu que la chaux entre dans un très grand nombre de cosmétiques ; elle ne contribue pas peu à les rendre irritants.

L'alun, comme toutes les substances astringentes, mêlé à quelque poudre odorante, n'est pas toujours exempt d'inconvénients.

11 est des substances inertes et inoffensives qui devraient être toujours préférées à ces préparations nuisibles, dont l'usage devrait être absolument proscrit. En effet, on a peine à comprendre, en présence des graves accidents qui ont plus d'une fois été produits par ces cosmétiques débités sur les places publiques ou prônés avec éclat, comment l'autorité que la loi arme de pouvoirs suffisants reste inactive, et comment aucune mesure restrictive n'a été prescrite. Les Conseils de salubrité, les savants chimistes qui ont fait de cette questien une étude spéciale, M. Chevallier, M. 0. Réveil, ont à plusieurs reprises fait entendre à cet égard les plaintes les plus vives et les plus justes, et plus d'une condamnation a été prononcée à l'occasion d'accidents causés par des cosmétiques.

Mais la vente des cosmétiques soulève des questions graves et non résoli^s. Nous comprenons qu'on se demande s'il ne conviendrait pas d'assimiler les cosmétiques aux médicaments, et d'exiger que ceux qui renferment des principes actifs soient exclusivement délivré» par les pharmaciens ; nous croyons néanmoins cette confusion inutile et dangereuse. L'autorité administrative à laquelle est confiée la tutelle de la santé publique a très formellement le droit d'agir par une surveillance active, par la saisie, par la dénonciation à la justice contre les débitants de produits reconnus dangereux et nuisibles à la santé, et en particulier contre les cosmétiques vénéneux; il n'est donc pas besoin de nouvelles mesures.

TARDIEU. — DICT. D'iIYG. T. I. 4V

Page 1