‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 3)Chapitre 149 sur 169 · COTON · texte numérisé non relu

COTON

Bibliographie. -«- P. Ménière, Uê vitemeni» tt tes eoiméiiqutâ^ thèse de concours. Paris, 1837. — Requin, Encyclopédie nouvelle, art. CosMiTiQOBS. Paris, 4838. — Clie- ▼allier, Dictionnaire dêt altération» et faUifieatiom des nibttance» alimemtairez, Paris, 4850, 1. 1, in-S. — A. Caaena? e, Traité de» maladiei du cnir chevelu^ snin de e^mseUt kygiiniqueB iur le» »oin» d donner d la chevelure. Paris, 4H50. — Marc et Chefallier Coloration de» ckeveuao ; occident» qu*»Ue peut occa»ionner {Annale» éthygiène^ etc., t. VIII, p. 8SA). — Orfila, Mémoire »ur le» caraetèrt» (fue Con peut tirer de la eoutear de» cheveux pour rieoudre le» tpieêtion» d'identité {Annale» d*h$giène^ etCy L XIII, p. &d6). — A. Cherallier, Note $ur le» coemétiquu^ leur campotition^ leedanfen qu*iU préeentent $ou» le rapport hygiéni^e {Ann. d'hyg, et de méd. lég., t. XHI, S* série, 1861. — O. Réreil, Mémoire eurle» cotmétique» {lu à l'Académie de né^ eine, 1861).

€)0TOM. — L'industrie cotonnière, dit le docteur Thouvenin (de Lille), à qui nous empruntons quelques détails sur les diverses opérations qu'elle comporte, emploie aujourd'hui en France plus de 1000000 d'individus, parmi lesquels 150000 enfants de huit à seize ans.

Le coton, apporté brut dans les manufactures, est soumis d'abord au battage, par lequel on obtient l'élimination d'une grande quantité de poussière et la désagrégation des filaments de cette substance. Le battage se fait ou à la mécanique, ou à la main. Le battage à la mécanique est généralement usité, pour le filage de coton en gros et en moyen, en Alsace, dans les Vosges, dans la Seine-Inférieure ; dans le Nord, où l'on file une grande quantité de coton fin, pour tulles et dentelles, le battage à la main est encore en usage dans un grand nombre de filatures. Le coton, posé sur des claies maintenues sur des tréteaux, est frappé continuellement et à' tour de bras avec des baguettes d'osier, et laisse échapper dans l'atelier de» nuages de poussière irritante et de duvet cotonneux qui pénètrent dans la bouche, les narines, la gorge, les voies profondes de la respiration, et couvrent les vêtements, la figure et les cheveux des ouvriers.

La deuxième opération est le cardage, qui consiste à introdoire graduellement et successivement dans plusieurs métiers une portion de coton qui s'allonge et s'amincit jusqu'à devenir propre au filage. Ce sont ordinairement de jeunes filles ou de jeunes femmes qui sont chargées de ce travail nullement fatigant, mais qui exige une grande surveillance et des mouvements continuels, mais très modérés. Le coton cardé est porté dans les ateliers de filage.

Les fileurs sont uniquement occupés à surveiller le métier, à loi donner l'impulsion nécessaire ; les rattacheurs s'occupent continuellement à rattacher les fils de coton qui se brisent ; les uns et les autres sont presque toujours debout et dans un état de locomotion presque continuelle. Le fil est ensuite dévidé et mis en écheveaiu par de jeunes ouvrières.

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M. Villermc a éliulié avec beaucoup de soin l'influence que Tindustrie cotonnière pouvait exercer sur la santé des ouvriers ; il a fait justice de quelques reproches mal fondés qu'on lui avait adressés ; il a fait voir que, dans la plupart des filatures, Tespace, très suffisant pour les ouvriers qu'elles renferment, était joint à une ventilîition assez convenable. Mais certaines circonstances, parmi les opérations que nous avons indiquées, sont loin de présenter la même innocuité. J.e battage du coton, la température élevée des ateliers de filage et le nettoyage ou l'aigiwsage des cardes fixeront, sous ce rapport, notre attention.

Le battage à la main est excessivement fatigant par les mouvements désordonnés et violents des bras et de tout le corps, la position verticale trop prolongée et la transpiration abondante qu'il occasionne. Mais ce qui est beaucoup plus grave, c'est un nuage épais de poussière irritante et de duvet cotonneux qu'il laisse échapper, et qui se dépose sur les ouvriers, les salit, s'attache surtout h leurs vêtements de laine, à leurs cheveux, à leurs sourcils, à leurs paupière», à l'entrée du conduit auditif, à l'ouverture des narines, à la barbe, et leur donne, pendant le travail, un aspect fort extraordinaire. Il s'en introduit en outre dans le nez, la bouche, et jusque dans les voies profondes de la respiration.

Le battage à la mécanique n'est point fatigant, mais^ suivant M. Villermé, il offre la môme insalubrité sous le rapport des poussières qu'il développe. Il résulte de Jà des toux opiniâtres et des affections de poitrine très graves, que les médecins du pays désignent sous les noms expressifs de pneumonie cotmineuse^ ou de phthisie cotonneuse. Aussi la plupart des ouvriers batteurs à la main quittentils ce genre de travail dès qu'ils trouvent de l'ouvrage ailleurs. Il est rare qu'on les garde plus de deux ou trois ans, et, en général, on en charge successivement et à tour de rôle tous les ouvriers de la fabrique. Mais on a inventé en Suisse, .si nous ne nous trompons, des machines qui, sous le nom de batteurs-ventilateurs^ fonctionnent en ne développant qu'une petite quantité de duvet et de poussière. Il est à désirer que l'usage s'en répande partout.

Nous n'avons pas à nous occuper ici du cardage, auquej nous avons consacré un article spécial.

M. Villermé signale encore comme une cause d'insalubrité, moindre cependant que la précédente, la température élevée qu'il est nécessaire d'entretenir dans plusieurs ateliers.

Le filage exige une température d'autant plus élevée qu'on fabrique des fils plus fins ; sans cela ils se briseraient h chaque instant. Une température de 15 à 25 degrés et l'absence de tout courant sont des conditions exigées pour une bonne fabrication. Enfin, dans cer-

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