‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 3)Chapitre 152 sur 169 · COURS · texte numérisé non relu

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ques médecins, parmi les meilleurs observateurs, M. Nat. Guillot, entre autres, ont cru remarquer qu'un travail prolongé avec la ma chine à coudre, produisait un affaiblissement cl même une paralysie locale du membre inférieur occupé à faire mouvoir la pédale «inalogue à l'affection des doigts de la main, décrite sous le nom de para- Ivsie des écrivains.

OOUIiKURS. — La préparation des couleurs fines expose les ouvriers à des accidents dus principalement à l'inspiration des poussières et à la nature vénéneuse des bases métalliques. M. Chevallier qui a fait sur ce sujet de bonnes observations, conseille avec un grand sens d'aérer les ateliers et de ne pas y accumuler les ouvriers; de ne se servir pour le tamisage, que de tamis garnis de couvercles, de broyer et de tamiser à part les substances toxiques. Il serait utile aussi de déterminer la durée de trîivail qui est de treize heures par jour. L'attention du Conseil de salubrité de la ville de Paris a été éveillée en 1829 sur les dangers de la réunion du commerce des couleurs et de celui de l'épicerie. Uien, en effet, ne peut exposer à plus d'accidents que la réunion de ces deux professions ; car la céruse ou blanc de plomb, qui sert d'excipient à presque toutes les couleurs, est une matière sans saveur, éminemment dangereuse. Les couleurs vertes ont pour base le verl-de-gris souvent uni à Tiirsenic; les couleurs jaunes et rouges sont presque toutes faites aussi avec du plomb et de l'arsenic ; et tous ces articles, vendus à tout venant concurremment avec des substances alimentaires, parles mêmes individus, peuvent donner lieu à des accidents qu'il est important de prévenir. C'est dans cette vue que le Conseil de salubrité a proposé de publier une ordonnance qui devra régler la vente des couleurs, et dont la disposition principale serait la séparation complète des commerces des couleurs et de l'épicerie. [Voi/, Bonbons.)

Bibliographie. — De Moléon, ColUciion des rapports généraux sur les travaux du Conseilde salubrité de la ville de Paris, 1843, t. II, p. 108. — A. CUeTallier, Note sur la santé des ouvriers qui préparent les couleurs fines {Annales d'hygiène et de médecine légale, L IX, 2« série, p. 342). — J. Lefort. Chimie des couleurs pour la peinture à l'eau et à l'huile, Paris. 1855.

COURS. — Une cour, disent MM. Monfalcon et de Polinière,, est un espace libre ménagé dans l'intérieur de la maison pour distribuer aux appartements qui s'ouvrent de ce côté l'air atmosphérique et la lumière solaire ; elle remplit d'autant mieux cette fonction qu'elle a plus de surface. Vastes et bien percées, les cours donnent un accès facile au soleil et à Tair, surtout si elles ne sont pas environnées de murailles trop élevées ; mais telle n'est pas leur disposition ordinaire.

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Comme leur éleiidue est prise aux dépensde la capacité des appartements, les entrepreneurs les font presque toujours aussi petites ' que possible, et ils les entourent de murs d'une très grande hauteur. Ainsi rétrécies, elles sont obscures, humides, malsaines, et deviennent une espèce de cloaque dans lequel stagne un air lourd et infect. Beaucoup sont tellement exiguës qu'elles ne présentent pas en surlace le dixième de celle des bâtiments environnants. Larges et bien disposées, les cours sont un élément puissant de salubrité pour les maisons; trop étroites et sombres, elles deviennent une cause d'insalubrité.

Bibliographie. — MoDtfalcon el dePolinière, Traité delà salubrité dans les gronda willes, 18Â6, p. 56. — Joire {AnnaUs d'hygiène^ etc,^ t. XLV). — Notice des arehiteeta sur tes logements insalubres,

€OIJT£LI£liS. — On nomme couteliers Tartisan qui fabrique et le marchand qui vend el répare les couteaux, ciseaux, rasoirs et autres instruments tranchants. La fabrique des instruments de chirurgie et des armes blanches appartient à la môme industrie. Le coutelier, nous nous en occuperons ici spécialement comme fabricant, doit non-seulement savoir travailler l'acier, forger, limer, tremper; il doit encore savoir travailler des matières très différentes, le bois, la corne, l'ivoire, l'écaillé, etc.

Les couteliers, et spécialement les ouvriers chargés d'aiguiser les instruments tranchants, les émouleurs ou aiguiseurs, sont exposés à des accidents dont les plus importants peuvent être occasionnés par la rupture des meules, et de moins graves par dés coupures. Enfin, comme tous les ouvriers employés dans des ateliers où se trouvent des machines mues par la vapeur, ou une force considérable quelconque, il est encore une série d'accidents graves qui peuvent les atteindre ; mais nous n'avons pas à insister ici sur ces derniers. Nous avons déjà eu l'occasion, en parlant des ouvriers aiguiseurs, de mentionner les accidents que peut causer la rupture des meules. A Nogent-le-Roi (Haute-Marne), où se fabrique la plus grande partie de la coutellerie dite de Langres, et où l'on comptait en 1836 jusqu'à 3300 ouvriers couteliers, on avait observé à cette époque dix cas de rupture de meules, ayant presque tous occasionné des blessures sérieuses. Il parait que les accidents de ce genre éUiient encore beaucoup plus fréquents à une époque antérieure. Sept ou huit grandes meules se sont fracturées à la manufacture d'armes de Kligental dans l'espace de cinq ans; trois ont éclaté pendant le travail ; deux ouvriers seulement ont été blessés. De grandes précautions doivent donc ôire prises avant

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lie faire usage des meules à aiguiser. 11 est bon non-seulement de les visiter avec soin pour s'assurer si elles n'ont pas de fissures, mais encore de les faire marcher avec une grande rapidité avant de s'en servir. En outre, différents appareils ont été établis dans le but, soit de prései*ver au moins en partie les ouvriers aiguiseurs des accidents causés par la rupture des meules en interceptant les éclats de la meule brisée, soit de prévenir une des causes de cette rupture en supprimant les coins de bois qui maintenaient la meule sur l'arbre de fer sur lequel elle était montée.

Quant aux coupures que peuvent se faire les ouvriers aiguiseurs, on en a vu quelquefois résulter de ce qu'un corps gras ayant été ré^ pandu sur la meule, l'ouvrier laisait glisser involontairement la pièco qu'il aiguisait. Il est facile d'éviter cette cause d'accidents. Nous n'avons pas besoin d'insister sur les blessures que les ouvriers peu-» vent encore se faire par maladresse.

On observe quelquefois des varices et des ulcères aux jambes chez les couteliers. Le repassage par la voie humide, destiné à remplacer le repassage à sec dont les inconvénients sont asses graves à cause de la poussière qu'il développe, produit une atmos* phère d'humidité qui peut devenir la cause de douleurs rhumatis* maies. On a vu encore de jeunes apprentis dont la taille s'était déformée par suite de la position nécessitée par le repassage. {Voy. Aiguiseurs.)

Bibliographie. — Chevallier, Des accidents auxquels sont exposés les coutelUrê^ rémouleurê et aiguiseurs (Annales d'hygiène^ etc., t. XV, p. 2&8, 1836). — Cas de mort fMir explosion d'une meule à repasser en plein sur le visage {Annales d'hygiène^ etc, i8é8,UXXX, p. &5&).

COIJWKRTIJMERS.'— La fabrication des couvertures de laine est rangée dans la deuxième classe des établissements insalubres. Elle participe à la fois des inconvénients du battage des tapis et du blan* chissagedes étoffes. Le duvet de laine en suspension dans l'air, l'odeur d'huile rance elles vapeurs sulfureuses, quand les persicnnes sont mal construites, constituent les dangers auxquels sont particulièrement exposés les couverturiers.

CJOUVHEUR^i, — Nous emprunterons quelques renseignements sur l'état de couvreur aux registres d'une association de prévoyance fondée en 1815, à Paris, sous le nom de Société de la montagne et de la Sainte-Trinité.

Sur une durée de dix-sept années consécutives, commençant au 1" janvier 1815 et se terminant au 31 décembre 1831, les relevés donnent 1087 individus, parmi lesquels 1/6* de 21 à 30 ans;

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73/i de 31 à 50, et 197 de 50 à 80 ans. Pendant le même espace de temps, la société a payé à ses membres 7590 journées de maladies, ce qui fait une moyenne de 7 (6,98) par année et par individu.

Les registres de la société ne remontent pas à une époque antérieure au 1*' janvier 1822. La proportion relative des mdadies et des accidents ou blessures depuis cette époque jusqu'au 51 décembre 1831, le nombre des journées d'indemnités payées pour des maladies provenant de blessures ou accidents survenus pendant l'exercice de la profession, a été de 1168. A l'aide de celle donnée, ajoute M. Descamps, à qui l'on doit la communication de ces détails, et en ayant égard au nombre des ouvriers qui composaient la société avant 1822 et depuis, nous pouvons, sans crainte d'erreur en plus, évaluer à 1650, ou à 22 sur 100, le chiffre des journées de maladies que la société a dû payer, depuis sa formation, pour les seuls accidents ou leurs suites. Si l'on déduit ces 1650 des 7590 qui avaient été constatées d'une manière générale, il reste 59U0 pour le cas de maladies proprement dites, ou, terme moyen annuel, 5,/!i6 par individu, proportion fort inférieure à celle de 6 1/2 à 8 jours, que présentent la plupart des autres ouvriers à Paris, d'après les recherches faites par M. Descamps et aussi par M. Villermé.

L'état de couvreur paraît donc un état salubre par lui-même, mais, en même temps, un des plus dangereux. Les registres de la Société de la Sainte -Trinité mentionnent 56 accident.*? à dater de 1822, et depuis 1815, époque de sa formation, Zk décès, parmi lesquels 16, ou près de la moitié, ont été occasionnés par des chutes. Sur ce dernier nombre la mort a eu lieu 9 fois immédiatement. C'est, d'après M. Lombard, dans la profession de couvreur qu'il y a, toute proportion gardée, le plus de ces morts violentes accidentelles.

Bibliographie. — Descamps, Surle$ couvreurs et gur une tociétâ de êecours mutuiU qu'Us forment dam la ville de Paris {Annales d' hygiène^ «(c, 1834, t. XII, *p. SI].

CRÈCHES. — Les crèches sont des établissements charilables destinés à recueillir, tous les jours ouvrables et pendant les heures de travail, les enfants au-dessous de deux ans apparteainl à des mères pauvres, de bonne conduite et travaillant hors de leur domicile.

Quels que soient les avantages que la classe ouvrière paraisse devoir tirer de l'institution des crèches, laquelle assure aux enfants les soins qui leur sont nécessaires, en môme temps qu'elle permet à la mère de se procurer un salaire quelquefois indispen-

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sable à sa famille, les progrès de cette inslilulion se sont fait attendre. Cependant depuis le 14 novembre 1864, époque de la fondation de la première crèche k Paris, celles-ci se sont multipliées, tant à Paris, où il en existe une trentaine, que dans les départements. Les relevés de la société des crèches pour Tannée 1856 donnaient les chiffres de 2500 enfants admis, et en tout 160 000 journées de présence à la crèche.

Le local affecté à Tusage d'une crèche se compose le plus communément, outre le logement de la première berceuse chargée de recevoir chaque jour les enfants à leur arrivée, d'une cuisine, d'une lingerie où sont déposés les vêtements des élèves, d'un vestiaire senanl de lieu de dépôt de ceux qu'ils quittent en entrant, d'un séchoir, d'un cabinet, d'une salle de jeux, d'une salle de berceaux, d'un balcon ou d'un jardin bien exposé.

Chaque crèche, en attendant qu'un règlement d'administration publique place sous la surveillance légale de l'autorité toutes celles qui sont actuellement fondées ou qui seront établies dans la suite, possède : 1° un conseil d'administration chargé d'arrêter le budget des receltes et de prendre des mesures pour alimenter les ressources de l'établissement; 2° un comité de dames nommant et surveillant les inspectrices et les berceuses; 3** et un comité médical de cinq membres au moins, qui règle tout ce qui a rapport aux soins hygiéniques et médicaux des enfants.

La crèche est ouverte les jours ouvrables, depuis cinq heures et demie du matin jusqu'à huit heures du soir; elle est fermée les jours fériés.

Les conditions d'admission sont : que la mère soit pauvre, travaille hors de son domicile et se conduise bien ; que l'enfant ne soit pas malade, qu'il ait été vacciné ou le soit dans le plus bref délai, et qu'il soit âgé de moins de deux ans.

Aucun enfant n'est reçu par les berceuses que sur le vu d'un bulletin d'admission signé par la dame chargée d'admettre, et visé par un médecin du comité; ce bulletin demeure au secrétariaL

La mère apporte son enfant en état de propreté, fournit le linge nécessaire pour la journée, et paye 20 centimes par jour de présence, et seulement 30 centimes quand elle a deux enfants; elle vient allaiter exactement son nourrisson aux heures des repas. Ouand l'enfant est sevré, la mère garnit un petit panier pour ja journée ; elle reprend son enfant chaque soir et le conserve près d'elle toutes les nuits, tous les jours fériés, toutes les fois qu'elle s'en retourne au logis.

Les dames, les médecins et les membres du comité administratif veillent à ce qu'on donne aux enfants les aliments et les soins convenables à leur âge. Un médecin visite la crèche tous les soirs.

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