‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 3)Chapitre 164 sur 169 · DORURE SUR MÉTAUX · texte numérisé non relu

DORURE SUR MÉTAUX

l'autre avec le pôle positif. Le même bain peut servir, pour ainsi dire, indéfiniment, si Ton a soin d'y plonger des lames du métal à précipiter, que Ton a mis en communication avec le pôle positif de la pile, par l'entremise d'une des tringles. A mesure que le métal de la dis-> solution se dépose sur les objets qui communiquent avec le pôle né* gatif, au moyen de l'autre tringle, à laquelle ils sont accrochés, il se dissout une quantité équivalente du métal fixé au pôle positif, et le bain conserve une composition constante, si la surface des lames métalliques est à peu prés égale à celle des objets à recouvrir. Les objets qui doivent être dorés sont soumis au dérochage, mais non au ravivage. L'épaisseur de la couche d'or déposée varie suivant le temps de l'immersion.

L'art du doreur au mercure a plusieurs sortes d'inconvénients, qui découlent des opérations qu'il comporte. Ces opérations consistent dans la préparation de l'amalgame d'or, le dérochage, la dorure, la volatilisation de l'amalgame , le bnmissage, le passage an mat, le traitement des déchets, le ramonage des cheminées.

Ces diverses opérations ont pour cause d'insalubrité : 1* la volatilisation du mercure ; 2'' le dégagement d'acide hyponitrique ; 3* le contact d'acides nitrique, sulfurique et cyanhydrique avec les mains des ouvriers ; U'' le contact du mercure et du nitrate acide de mercure dans les mêmes circonstances ; 5^ la respiration possible de vapeurs de mercure ^ de vapeurs acides, de suie ou de cendres contenant des composés mercuriels ; ô"" toutes ces émanations mercurielles ou acides peuvent se répandre dans les habitations voisines; V le déversement des eaux sur la voie publique peut occasionner la destruction des matériaux de pavage et des parois des égouts.

On trouvera à l'article Mebcure ce qui est relatif à l'action toxique de ce métal, surtout lorsqu'il existe à l'état de vapeur; nous nous contenterons d'exposer ici les prescriptions hygiéniques générales qui concernent l'art du doreur au mercure, prescriptions empruntées au Conseil de salubrité de la ville de Paris, et, pour la plupart, à l'esprit inventif de d'Arcet.

Une forge construite d'après le système de ce chimiste, c'est-àdire munie de ses fourneaux d'appel pour chacune des opérations où il y a un dégagement de vapeurs, prévient tous les dangers qui proviennent de la volatilisation ; il faut avoir soin également d'établir des ouvertures aussi étroites que peut le permettre l'exécution des opérations de l'ouvrier, et de donner à l'atelier une aération capable de bien alimenter le tirage des fourneaux d'appel , en ayant soin de placer vis-à-vis des fourneaux des vasistas à soufflet. U'Arcet a appelé Pattention sur les courants descendantn qui peu-

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vent s'opérer cl<ins une cheminée, et sur les causes qui peuvent les faire naître. On conçoit les dangers qui pourraient résulter de pareils courants, établis dans les cheminées des doreurs, lorsque celles-ci sont tapissées d'une suie mercurielle, ou remplies encore de vapeurs acides ou mercurielles, après des opérations récemment terminées.

On a recommandé aux ouvriers, dans le but d'éviter le contact du mercure et de l'amalgame d'or et des acides avec les mains, l'usage journalier de gants de vessie ou de taffetas ciré. M. le colonel Paulin a proposé des gants particuliers pour les ouvriers qui se servent de la gratte-brosse. Les ouvriers sont invités, dans le même but, à laver fréquemment leurs mains dans des eaux savonneusesi afin de saturer les acides dont les mains sont souvent empreintes. Mais on sait malheureusement comment sont observées, dans la pratique, les plus sages recommandations.

11 est encore des précautions à prescrire eu égard au ramonage des cheminées. Le ramoneur doit être vêtu de telle sorte que toutes les parties de son corps, la figure exceptée, soient à l'abri delà poussière, et une éponge humide doit être placée devant le nez et la bouche, de manière que, pendant l'acte de la respiration, il ne puisse s'introduire dans les poumons aucune parcelle de suie. On doit même, avant son ascension dans la cheminée, foire passer dans le tuyau de fumée une quantité notable de vapeur d'eau; elle a poui* objet d'éviter la formation de la poussière et de condenser toutes les vapeurs existantes.

Voici maintenant les précautions indiquées par le Conseil de salubrité pour préserver les voisins des conditions d'insalubrité dans lesquelles ils peuvent se trouver placés.

La cheminée de la forge du doreur est, en définitive, le canal d'échappement de toutes les émanations insalubres. Ces émanations sont portées à une distance d'autant plus grande qu'il existe un meilleur tirage et plus de feu dans la cheminée ; leur quantité est proportionnelle 1^ rimporlance de l'établissement. Il suit de là qu'en thèse générale un doreur par le procédé du mercure est un voisin insalubre et parfois dangereux. De là la nécessité de prescrire une surélévatiou de ces cheminées, quel que soit d'ailleurs le combustible employé, et cette élévation devra être d'autant plus grande que le quartier sera plus populeux. Ordinairement le Conseil de salubrité demande 2 à Z mètres au-dessus du faîtage des maisons voisines, dans un rayon de 25 mètres.

Enfin le versement des eaux de dérochage sur la voie publique est une source de dégradation du sol par les acides que ces eaux con* tiennent. Le Conseil de salubrité conseille de saturer ces eaux ao

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