‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 3)Chapitre 25 sur 169 · AMPHITHÉÂTRES · texte numérisé non relu

AMPHITHÉÂTRES

études anatomiqucs, à Paris, dans la seconde moitié du xvni' siècle. Le premier amphithéâtre fut ouvert par ce grand chiinjrgien, rue du Plâtre-Saint-Jacques (1760-4 770) ; les établissements de ce genre se multiplièrent. Tolérés par la police, qui n'exerçait sur eux aucune surveillance, ils étaient toujours alimentés parles cadavres des cime- * tières, plus encore que par ceux des hôpitaux ; installés pour la plupart dans des maisons délabrées, des rues étroites, des localités insuffisantes, ils étaient une cause incessante de scandale et d'insalubrité. Les débris de cadavres étaient jetés dans la rivière ou dans les fosses d'aisances, et souvent brûlés dans de vastes foyers, qui demeuraient en activité pendant six mois de l'année.

Au commencement de ce siècle, la Faculté de médecine de Paris fit constniire des pavillons de dissection dans le jardin des anciens Cordeliers, et une première ordonnance de M. le préfet de police Dubois défendit, le 17 octobre 1803, d'ouvrir un amphithéâtre sans une autorisation spéciale. Mais la surveillance de la police était impuissante à remédier aux inconvénients sans nombre qu'entraînait la multiplicité des cimphithéâtres particuliers ; ceux des hôpitaux ajoutaient aux causes d'insalubrité inséparables d'une grande réunion de malades. Le 19 octobre 1813, parut une ordonnance annonçant la suppression définitive des amphithéâtres. Les bâtiments de la Pitié et de la Faculté de médecine furent exclusivement affectés aux dissections et à la pratique des opérations, et les cadavres des hôpitaux à l'entretien des amphithéâtres. Quelques hôpitaux cependant consenèrent pendant longtemps encore des amphithéâtres particuliers de dissection : ainsi Bicétrc, la Salp^îtrière, Saint-Louis, Beaujon, Saint- Antoine, la Charité, les Enfants et la Maternité, auxquels il faut ajouter les hôpitaux militaires.

Cet état de choses dura jusqu'en 183/i, époque où, par une ordonnance dont nous donnons le texte à la fin de cet article, les derniers amphithéâtres particuliers furent supprimés et remplacés par l'établissement de Clamart; ce qui réduisit à deux : l'un à la Faculté de médecine, dit de V École pratique, l'autre sur l'emplacement de l'ancien cimetière de Clamart, dit des hôpitaux, les amphithéâtres destinés i l'élude de l'anatomie et des opérations chirurgicales.

Parent-Duchâtelet a cherché h démontrer que les amphithéâtres (\c dissection ne présentaient pas l'insalubrité qu'on leur attribue généralement. S'appuyant sur sa propre expérience et sur celle de tous les anatomistes et chirurgiens éminenls qui ont pris part aux grandes études anatomiques du commencement de ce siècle et de la fin du siècle dernier, et ont vécu, pour ainsi dire, au sein de ces cloaques infects qui constituèrent les premiers amphithéâtres de dissection, il affirme qu'on n'obsenait des maladies ni plus fréquentes, ni d'un

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autre caractère, chez les élèves les plus assidus, que chez les autres jeunes gens placés dans les mêmes conditions d'âge et de genre de vie. Si la mortalité a diminué dans les hôpitaux depuis que les amphithéâtres ont cessé d'y exister, c'est qu'aussi depuis cette époque des améliorations considérables ont été introduites et dans leur hygiène et dans leur institution. Les dissections prolongées et le séjour au sein des miasmes dégagés par les cadavTCs en putréfaction déterminent, il est vrai, certaines indispositions : dyspepsie, diarrhée, céphalalgie, mais toujours passagères, à moins qu'il ne faille invoquer l'influence d'une prédisposition tellement prononcée, que la part de la cause occasionnelle devrait alors se réduire à bien peu de chose. Les blessures anatomiques seraient le seul accident sérieux que puissent délerminer les études faites sur le cadavre; mais cette sorte » d'accident n'intéresse pas précisément l'hygièno publique.

Quelle que soit la justesse des considérations "^développées par Parent-Duchàlelet sur l'exagération des idées généralement reçues touchant l'insalubrité* des amphithéâtres de dissection, il ne saurait y avoir de doute qu'il n'y ait une grande importance â assainir autant que possible ces établissements, et dans rintér(^t de ceux qui les hantent, et dans celui du voisinage. Les plaintes des habitants des propriétés voisines des amphithéâtres de dissection ont souvent été légitimes, et l'auteur que nous avons cité en fait certainement trop bon marché.

Il y a a considérer, à cet égard, la nature des corps à disséquer, ^e modo de dissection des cadavres, la conservation des débris provenant des dissections, la macération des pièces anatomiques, et enfin la disposition du local destiné à cet usiige. Sur ce dernier point, il nous suffira de dire que la salle elle-même doit être suffisamment éclairée, chauffée et ventilée, et proportionnée h la quantité de pe^ sonnes qu'elle peut recevoir. La meilleure manière de l'éclairer est de faire venir le jour par en haut.

Mais le vrai moyen d'assainissement des amphithéâtres consiste à prévenir le développement de la imtréfaclion chez les sujets destinés aux dissections, et c'est à M. le docteur Sucquet que sont das les procédés employés ave:* succès dans les amphithéâtres de Paris* « Tous les sujets destinés aux dissections sont, peu après leur arrivée, injectés «avec le sulfite de soude : les sujets entiers par la carotide^ où l'on pousse quatre litres de liquide; les sujets ouverts, par les îirtères sous-clavières, iliaques et carotides. Le liquide injecté, transsudant à travers les parois des vaisseaux, ne tarde pas à imbiber tous les tissus, et au bout de quelques heures on peut injecter au suif le système artériel des sujets destinés à l'étude de l'angiologie. Chez les sujets ainsi préparés, à mesure que l'on décomTe les tissus, on les

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roiive fermes et doués do tontes leurs apparences normales ; cepenant les parties disséquées ne tardent pas à s'altérer au contact de air. Aussi, tous les matins les sujets sont visités, et à l'aide d'une pongc on imprègne légèrement de chlorure de zinc les préparations Qciennes dont ta putréfaction est à craindre. Les tissus les plus avanés perdent, sous l'influence de ce réactif énergique, toute odeur et ouïe putrescibilité. Grâce à ces soins, les cadavres peuvent se conserrer de quinze à trente et même quarante jours , sans que l'on en éprouve la moindre incommodité. » Ce moyen est employé depuis 1845. Pour empêcher l'action de la liqueur sur les instruments de dissection, M. Sucquet donne le précepte suivant : Lorsque les solutions de sulfite de soude marquant 24 à 25 degrés Baume ont été rendues neutres, au lieu d'y ajouter de l'oxyde ferreux, on les fait séjourner pendant quarante-huit heures sur de la limaille de zinc. Il se fait une petite proportion de sulfite de zinc, et les solutions désinfectantes perdent toute leur action sur les instruments.

Dans les villes de province où existent des écoles de médecine qui n'ont pas d'amphithéâtres spéciaux pour les études anatomiqaes, celles-ci peuvent être tolérées dans les hôpitaux. Il en est de môme pour les hôpitaux militaires. Mais on devrait ne les autoriser que sous la condition de l'application des moyens d'assainissement qui viennent d'être indiqués.

Les amphithéâtres de dissection à Paris sont actuellement régis par une ordonnance de police du 25 novembre 1834, dont voici les dispo- MtioQs :

ORDONHARCE CONCERICAIfT LES AMPHITHÉÂTRES D^AIfATOMIC

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