AUTOPSIES
points seront traités dans des articles séparés. Nous avonç dû nous contenter de les énumércr succinctement.
Aucune loi spéciale n'a jusqu'ici réglé la police intérieure des ateliers et manufactures. Elle demeure donc à peu près abandonnée à la vigilance des chefs d'établissement, à leur humanité, aux scru* pôles et à l'intérêt des ouvriers dont ils se servent Et cependant ces grandes exploitations, qui réunissent quelquefois jusqu'à cinq cents, mille et même plusieurs milliers d'ouvriers de tout Age et de tout sexe, méritent à bien des égards et à un haut degré la sollicitude de l'administration. Il faut rechercher les dispositions applicables à la police des ateliers dans les diverses parties de la législation industrielle. (Voy. Établissements, Machines, Travail des enfants. Etc.)
Bibliographie, — MoDlfalcon el de Polinière, Traité iê la ialuhrité àtmê U$ graniêê •iMet, i8A0. — DUihmnaire général d^adminiêtratwn, Paris, iSAO. — Càllêêtion ofi» cMk d«9 oréaimaneiê M potUê,
A1JT#PSIEii. — ^ L'ouverture des cadavres^ quand elle n^est pas ordonnée par la justice, ne peut être pratiquée, soit dans les hôpitaux, dans un but scientifique, soit dans l'intérieur des familles, comme préliminaire de l'embaumement ou pour rechercher la cause de la mort, que sous certaines conditions d'hygiène et d'ordre publies.
Dans les hôpitaux, les autopsies ne peuvent avoir lieu que s'il n'y a aucune opposition formulée explicitement et par écrit par les parents ou les proches des décédés, et si le corps n'est pas réclamé.
Dans les familles, de grands abus ont pu se produire. L'article 77 du Code civil, en interdisant de procéder à aucune* inhumation avant vingt-quatre heures à dater du décès, contenait bien implicitement la défense de procéder à l'ensevelissement, à la mise en bière, à l'autopsie, au moulage. Cependant cette disposition de la loi était tous les jours enfreinte par les &miiles même des décèdes, et par les médecins ou autres appelés par elles pour pratiquer les opérations ci-dessus. L'autorité a dû s'efforcer de faire cesser un tel état de choses, et c'est dans ce but que M. le préfet de police et M. le préfet de la Seine ont pris, à la date du 6 septembre 1839 et du 21 janvier iB&l, différents arrêtés ayant pour objet de pounoir à ce grave intéréL Nous donnons le texte de la première ordonnance.
OlDONNANCS DU 6 SEPTEMBRE 1839, CONCERNANT LE MOULAGE, l'aUTOPSUS^ l'embaumement et la MOMIFICATION DES CADAVRES.
Nous, conseiller d'État, préfet de police,
Considérant qu*ll importe que les cadavres ne soient soumis, avant les délaià fixée par la lof pour proeéder aux Inhumations, à aocmie opération eapaUe de
modifier leur (!iai, ou de transformer en ûécbs rdcl une mort qui ne serait qu^apparentc ;
Considérant que Tautorité, chargée de velUor à la salubrité publique, doit Oser les délais qui peuvent être accordés, selon les circonstances, pour surseoir m inhumations et prescrire les mesures de précaution que nécessiterait la consemtion des cadavres au delà du terme d^usage ;
Vu les arrêtés du gouvernement des 12 messidor an VIII et 3 brumaire an IX|
L'ordonnance de police du 25 janvier 1838, concernant les s^utopsies.
Ordonnons ce qui suit :
Article i^. A Paris et dans les autres communes du ressort de la préfectore de police, il est défendu de procéder au moulage, ù Tautopsie, à l*embaiiiiieiM8t ou à la momlGcation des cadavres, avant qu'il se soit écoulé un délai de vingtquatre heures depuis la déclaration du décès à la mairie, et sans qu'il en ait élé adressé une déclaration préalable au commissaire de police, à Paris, et au maire dans les communes rurales.
Art. 2. Cette déclaration devra indiquer que l'opération est autorisée par h famille ; elle fera connaître, en outre, l'heure du décès, ainsi que le lien etl'beuc de Topération.
Art. 3. Les maires et les commissaires de police devront nous transmettre oei déclarations, après s'être assurés que l'on s'est conformé ans déclaratioos de l'art. !«'.
Art. U. Il n'est fait exception au\ dispositions de la présente ordonnance qui pour les cadavres des personnes dont le décès aurait été constaté Judiciaire ment.
Art. 5. Les infractions aux dispositions qui précèdent seront constatées pt des procès-verbaux qui nous seront adressés pour être transmis aux tribimasi compétents.
Art. 6. Les dispositions de la présente ordonnance ne sont point appUcabki aux opérations qui sont pratiquées dans les hôpitaux et hospices et da:i8 les amphithéâtres de dissection légalement établis*
{Voy, AsiPiniHÉATRES, Embaumement, Inhumation).
Bibliographie. -— Ad. Trébuchet, Jurisprudence de la midednêf dé U ekimr§ki^ de la pharmacie en France. Paris, 183^. — Livois, Supplément dm Dktiaimainiit dictionnaire$tViTX. Inicmation. Paris, 1851. — Collection ogUieUe dee orâwnmieti i^ foHee.
A1ITORISATIOIV9. — Voy. Établissements classas.
A^^ElIGIiKIH. — Sans parler de rétablissement des Quinze-Vingts dû au roi saint Louis, jusqu'à la fin du siècle dernier, on ne s'étiil pas occupé du sort ni de rinstruclion des aveugles ; on les recenit sans difficulté dans les hôpitaux, mais leur avenir n'avait d'autre perspective que les secours de la charité.
En 1780, Yalentin Haûy imagina une éducation spéciale pour te jeunes aveugles, et fui encouragé dans ses essais par rAcadémie de» sciences. C'est sur ses indications que la Société philanthropie
mda, en 178&« l'institution actuelle» qu'un décret des 21-29 juillet 791 reconnut comme établissement public et mit à la cha]*ge de État. Un autre décret des 28 septembre et 12 octobre de la même nnée réunit cet établissement à celui des sourds-muets ; enfin la k)nTention, par un troisième décret du 10 thermidor an ni, porta le 30 à 86 le nombre des places gratuites, et le soumit à une nourelle organisation.
Suivant le docteur Julien, on compte en Prusse environ ISOOO aveugles sur une population de 15000000 dliabitants, nnîron 1 sur 1600. En Belgique, d'après un recensement officiel exécuté en 1855, on comptait 4117 aveugles de tout âge sur h 155 000 habitants, ou environ 1 sur 1000. Ce rapport est à peu prés le même en France. En Danemark, il a été trouvé de 1 sur 798. En Angleterre, il ne serait , suivant M. de Gérando , que de 1 sur
Il existe actuellement en Europe et en Amérique un assez bon nombre d'établissements destinés aux jeunes aveugles. Les plus conndérables sont ceux de Londres et de Liverpool, lesquels comptent chacun plus de 100 élèves. Celui d'Edimbourg mérite d'être cité comme un modèle. Dans le Wurtemberg et à Zurich, on a imaginé de rapprocher l'institut des aveugles de celui des sourds-muets, comme l'Assemblée constituante avait projeté de le faire en France. H. de Gérando a vu, dans ces deux instituts, les sourds-muets et les •veugles se promener deux à deux, chaque sourd-muet tenant un «fcugle par la main.
L'institution des Jeunes Aveugles à Paris est le seul établissement de ce genre qui existe actuellement en France. Elle est aujourd'hui considérée comme un établissement mixte d'hospitalité et d'éducation, et soumise à une organisation spéciale.
L'idée féconde de HaOy, digne émule de l'abbé de l'Épée, dont le frincipe consistait à suppléer la vue par le toucher, est aujourd'hui complètement réalisée. Les sciences, la littérature, la musique, le^ arts et métiers sont enseignés aux jeunes aveugles, et quelques-uns parviennent à y exceller. On remarque, parmi les travaux manuels^ ceux du vannier et du tisserand comme les plus propres à développer leur habileté. Malheureusement cette admirable institution est beaucoup trop restreinte, puisqu'elle compte à peine ime centaine de pensionnaires sur les 50 ou M 000 aveugles qui existent en ftance.
Jusqu'ici ce n'était que par approximation qu'on avait pu déterminer le nombre des aveugles et des sourds-muets en France. L'un des derniers recensements officiels a rempli cette lacune en produisant à cet égard des données auxquelles les recensement^ subsé« Titono. — ncT. D*n«. t. u 12
quents lyouteronl un plus haut degré d'exactitude; car, comme on sait, en statistique, c'est par la constatation des mômes faits à de certains intenailes réguliers qu'on découvre et qu'on établit la vérité. Quoi qu'il en soit, les résultats obtenus en 1851 présentent d^à quelques aperçus comparatifs fort curieux que M. Dufau a signalés dès 1856. Le nombre total des aveugles est de 37 666; celui des sourds-muets, de 29 512.
Rapport à la population : 1 aveugle sur 950 habitants ; 1 sourdmuet sur 1212 habitants.
C'est-à-dire qu'on compterait près d'un quart d'aveugles de plus que de soiu'ds-muets ; disproportion considérable, et qui ne s'est pas encore présentée dans les contrées où l'on s'est livré à de telles recherches. En général, les nombres se sont à peu de chose près équilibrés, et parfois c'est celui des sourds-muets qui s'est trouvé le {dus élevé. Ainsi en Prusse, qui est le pays dans lequel les recensemrats paraissent avoir été opérés pour ces deux classes d'iniirmes avec le plus de soin, on a trouvé, il y a quelques années, 1 aveugle sur 1378 individus, etl sourd-muet sur 1269; d'où résulte, comme o& voit, que c'est ici le nombre des sourds-muets qui l'emporte d'ua douzième environ.
Si l'on rapproche ces données relatives à la Prusse de celles que présente noli'c pays, ou reconnaît qu'il y a dans le royaume allemuid un peu moins de sourds-muets et beaucoup plus d'aveugles qu'ea France. Depuis longtemps, au reste, on a établi, pour ce qui codcerne les aveugles, que le nombre s'en accroît au fur et à mesure qu'on avance des régions centrales de l'Europe vers le pôle ou vers l'équateur. Ce principe trouverait sou application dans les calculs qui attribuent plus d'aveugles à la France qu'à la Prusse. Comme oo le verra ci-après, au sein même de la France, le rapport s'élève dam la région méridionale ; d'autre part, il est constant que la proportion du nombre des aveugles est bien plus forte vers les latitudes polaires que dans les zones tempérées. Ainsi c'est 1 aveugle sui* 500 à600 hi* bitants qu'on compte en Nonége. On ne connaît pas le rapport dis aveugles à la population dans les contrées qui avoisinent la hgnl èquinoxiale, mais tout donne à croire que le nombre en est tris élevé.
Relativement aux sourds-muets, c'est une autre loi qu'a révéléf l'étude des faits : le nombi*e s'en accroît dans les diverses contréel en raison de leur situation plus ou moins élevée au-dessus du cooh mun niveau, de telle sorte que les régions montueuses en pfésentent toujoiu's plus que les plaines. On a reconnu, par exemple, qu'il est tel canton suisse qui renferme, relativement, quatre à cinq fois plus de sourd s*muets que la France moyenne. Un lîap-
»ani témoignage va venir ci-après k Tappui de cette observation. Lo recensement de 1851 ne détermine ni le sexe ni l'âge des aveulies et des sourds-muets français. A l'étranger, des renseignenents précis sur ces deux points ont amené d'intéressants résultats. Unsi, on ^it que^ bien qu'il naisse un peu plus de garçons que de illes, quand ou fait le recensement d'une contrée, il s'y trouve touours un peu plus de fenunes que d'hommes. Eh bien, c'est jusiemeAt le tait contraire qui se présente lorsqu'il s'agit d'aveugles et de sourds-muets. Le nombre des individus du sexe maseulin affectés d'une de ces infirmités l'emporte dans une assez forte proportion. Ainsi, en Prusse et dans les contrées limitrophes, on compte 100 aveugles hommes pour 87 aveugles femmes, et 100 sourds-muets pour 76 sourdes-muettes !
Sous le rapport de Tftge s'établit également un rapprochement très furieux. On est sourd-muet dès le berceau, tandis qu'on peut devenir aveugle dans toute la durée de l'existence. De là naturellement il résulte qu'il doit y avoir relativement un bien plus grand nombre de jeunes sourds-muets que de jeunes aveugles. On a calculé, en effet, que dans le royaume qui nous a déjà fourni d'autres données intéressantes, sur 100 sourds-muets, il y en a 70 de 1 an i Pè ans, et 30 au-dessus de cet âge ; le rapport se trouve à peu près renversé pour les aveugles, qui, sur 100 individus, n'en présentent que 2li âgés de 1 an k 30 ans, et, par conséquent, 76 au-dessus de eet âge.
Les mêmes recherches ont permis d'établir une longévité comparative très marquée en foveur des aveugles.
11 faut émettre le vœu que les prochains recensements permetten, de fériâer jusqu'à quel point ces résultats sont conformes aux faits que présente notre pays à cet égard.
M. Dnfou, au sujet de la répartition des deux catégories d'êtres entre les diverses portions de notre territoire, a essayé de montrer tout ce qa'il y a de défectueux dans le classement des données statistiques par départements disposés selon l'ordre alphabétique. Il en résulte, en effet, que des parties du territoire entre lesquelles il n'y a lacune sorte d'analogie se trouvent capricieusement rapprochées, de manière à présenter un amalgame conftis de rapports où se perdent l'esprit et la mémoire. Au contraire, en groupant un certain nombre de départements contigus et entre lesquels existent des liens naturels, on diminue le nombre des rapports, on obtient des données plus importantes, on arrive à des rapprochements" d'un haut intérêt.
C'est la méthode que M. Dufau adopte dans ce travail. Les départements sont distribués, en dix-sept groupes de cinq départements
chacun, {a Corso restant en dehors. Ces groupes se composenl comme suit :
I. Aisne, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Somme (Picardie, etc.). n. Calvados, Eure, Manche, Orne, Seine -Inférieure (Normandie). IH. Côles-du-Nord, Finistère, 1 1le-et-Vilaine, Morbihan. Loire-InlërieiiR
(Bretagne).
IV. Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe (Anjou, etc]L V. Eure-et-Loire , Loiret , Seine , Seine-et-Marne , Seinc-ct-Oisc (Ilc-cfc-
France, etc.), VI. Ardennes, Aube, Marne, Haute-MarnCt Meuse (Champagne}. VU. Côte-d*Or, Doubs, Jura, Uaule-Sa6ne, Yonne (Bourgogne). Vlli. Meurthe, Moselle, Haut-Rhin, Bas-Rhin, Vosges (Loraine, etc.). IX. Cliarenle, Charente-Inférieure, Deux-Sèvres, Vendée, Vienne (Poitou, elc). \. Aveyron, Dordogne, Gironde, Lot, Lot-et-Garonne (Guyenne). XL Gers, Landes, Basses-Pyrénées, Haules-Pyrénées, Lot-et-Garonne (G»
cogne).
XIL Ariége, Aude, Haute-Garonne, Pyrénées-Orientales, Tarn (Languedoc),
XIII. Ardèche, Gard, Hérault, Hante-1/Oire, Lozère (Languedoc).
XIV. Cantal, Corrèze, Creuse, Puy-de-Dôme, Haute- Vienne (Auvergne, etc.). XV. Allier, Cher, Indre, Nièvre, Saône-et-Lo{re(Berry, etc.).
XVl. Ain, Drôme, Isère, Loire, Rhône (Lyonnais, etc.)* XVII. Basses-Alpes, Hautes- Alpes, Bouches-dn-Rhône,Var,Vauclase (Provence).
D'après ces bases, M. Dufau obtient le tableau ci-après :
Groupes.