BAGNES
£n comparant entre eux les groupes dans les deux catégories, on reconnaît qu'il y a plus d'aveugles que de soiu*ds-muets dans sept groupes, les 2% 3% 5% 6% 10% 12* et 13*; plus de sourd»-inuets que d'aveugles dans cinq groupes, les 8*, 11% 14% 15* et 16*, et que la pro* portion est k peu près la même dans les cinq groupes restants, !«*, à*, 7% 9* et 17^ Quant à ce dernier groupe (Provence), on remarquert combien il est peu favorisé sous ce double rapport, puisqu'il occupe le dernier rang pour les sourds-muets, et i'avant-âemier pour les aveugles. La Corse, où les rapports sont encore plus défavorables dans l'une et dans l'autre catégorie, vient à la suite de la contrée dont elle n'est séparée que par un bras dé mer, et donne un nouveau degré de force aux résultats constatés par Texamen auquel M. Dufau s'est livré.
Bibliographie. — BUtoire de CaiminUtration ie$ êeeaun publiée en Frtmu^ pir k baron Dupin. Paris, 1820. — De la biênfëUanee publique, par le baron de Gértnéb. Paris, 18S9. •— Codé de l'adminiêtration die éUbUeeêmenle de MM/tfisMM» ptriLè Valtefille. Paris, 4889. — Répertoire dee établieeemente de Men/Waaiutf» par B. Doiie» Paris, 18ÀS. -— Notice hietorique iur l'hoepiee dee Quinu^Vingte, par le docteur Ui Roardon. — Encyclopédie nouvelle^ arL CiciTi, par Th. Fabas. Paris* 1SS7. *— 5fifii* Hque comparée dee aveuglée et dee eourde-muete en France^ par P.- A* Dafiiu. Pirii, 185i
AZOTJLTES. — Voy. NrrRATES.
AZOTI91JE (Acide). — Voy. Nitmoue (Acide).
BACHES. — Voy. Plomb.
BAGIVES. — Les bagnes, établissementsjpénitentiaires maritimes où sont détenus les condamnés aux travaux forcés^ bien que leor disparition soit décidée en principe, existent encore, et nous ne pouvons les rayer de notre cadre.
Les bagnes sont caractérisés beaucoup plus par la population qu'ils renferment que par les conditions mômes de leur propre orglnisation. Le forçat est lliomme de peine de nos arsenaux maritimes. On l'emploie à la grande ou à la petite fatigue, soit dans le port, soit dans les ateliers spéciaux, s'il est pourvu d'une profession. Ceux d'entre les condamnés qui le méritent par leur bonne conduite et leur intelligence sont employés dans les bureaux comme écrivains, ou dans les hôpitaux comme infirmiers. Mais les conditions morales dans lesquelles ils se trouvent, non moins que les rudes travaux qui leur sont imposés, exercent sur la mortalité des bagnes une influence prononcée. Il résulte d'une statistique dressée par M. Ghassinat, sur 118 119 hommes ou femmes, forçats ou condamnés dans les miF sons centrales de force ou de correction, que les chances de mort annuelle étant égales à 1 dans la vie en liberté, elles sont égales à
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,8& pour les forçats dans les bagnes, h 5,09 pour les hommes, et ,59 pour les femmes dans les maisons centrales. Dans lés bagnes, »s chances de mort les plus grandes existent pour la période de rente à quarante ans ; dans les maisons centrales, elles se montrent leur plus haut degré à l'époque de la puberté, dans les deux sexes. )*un autre côté, la vieillesse confirmée se trouve moins bien du égime des bagnes que de celui des maisons centrales, quoiqu'il en •oit autrement pour tous les autres âges.
C'est, en général, pendant la première année que la mortalité est le plus considérable dans les bagnes, plus tard dans les maisons Motrales. Les habitants des campagnes, les individus employés à l'exploitation du sol ; d'un autre côté , les soldats, les marins, et en même temps, les vagabonds, les mendiants, succombent en beaucoap plus grand nombre, toutes choses égales d'ailleurs, dans les baffes, que les condamnés placés dans les autres conditions profes^ noonelles. Viennent ensuite les forçats ayant exercé une professioa active, puis les catégories des professions libérales, et, en dernier Beo, les ouvriers des diverses professions sédentaires, habitants des villes pour la plupart : leur mortalité est représentée par 121, quand edie des autres catégories est de 130, 132, 147 et 151.
Le bagne de Rochefprt, aujourd'hui supprimé, présentait en parti-* enlier les conditions les plus défavorables, que les forçats patla-* geaient, il est vrai, avec les habitants de Rochefort et de ses environs, mais dans une proportion à peu près semblable à celle que nous avons indiquée plus haut. Quelque amélioration avait été obte* me, il est vrai, depuis le commencement de ce siècle, avant lequel^ nivant M. Villermé, la mortalité était telle, que la condamnation aux tnviDx forcés, pour le plus court terme actuel, équivalait, pour la très grande majorité de ces malheureux, à la peine de mort.
La mortalité, sur une population moyenne de 1689 individus, dont tige moyen était de trente-quatre ans et demi, a été :
De 1767 à 1778, de 1 sur. àfi9
De 1779 i 1790, de 1 sur 3,57
De 1791 à 1802, de 1 sur 3,86
De 1803 à 181&, de 1 sur. 7,61
De 1816 à 1827, de 1 sur. 11,51
Le nombre moyen des maladies excédait en général de beaucoup le nombre des hommes : de 1810 à 1820, il a été comme 6 est à 6.
n ne faut pas attribuer seulement à l'insalubrité de Rochefort i'ihionne mortalité qu'indiquent les relevés précédents, . Voici un tableau comparatif de la mortalité des marins, ouvriers efteldats, c'est-à-dire de la partie de la population de Rochefort qui
vivait dans les conditions les plus rapprochées possibles de celles dont les habitants du bagne pouvaient recevoir rinfluence, et de la mortalité des forçats.
Marins, ootriert et toldats. Forçait.
De 1800 à i808, 1 décès sar 19,11 gaérisons; 8»62 goérisons. De 1810 à 1819, 1 décès sar 27,19 gaérisons; 17,70 goérlsMis. De 1820 à 1825, 1 décès sur 40,35 guériaons; 13,78 gnérlioiis.
On a remarqué que le suicide est rare j>anni les forçats. Un relevé du bagne de Brest n'a constaté que 11 suicides de 1829. à 1839 : c'est moins de 1 par an. L'influence et l'utilité des bagnes seront examinées à l'occasion du Système pÉinTENTUiRS.
SîblîogrAphM. — VHIermé, Note gur la mortdUé parmi Ui formaté du ka§9e it Koekefort {AnnaUê éPkffgiinê^ «fc, 1881, t. VI, p. 18). — ChassSnat, De U marte- Hti inné U$ bagnêê^ etc. (AnnaUê â^ky^e^ e/e., t XXXII, p. SfO). -« Liiiftff», lê$ farçûtê coniiiirii êon$ h rapport phytiotogipiê^ wutral et inteilaetweif iii^,lS4i
BAinrS. — L'utilité de la vulgarisation des bains, au point de vue de l'hygiène publique, ne saurait être contestée. Non pas que l'on n'ait exagéré peut-être les avantages de quelques bains pris de temps en temps par des gens voués, par leur profession, leurs habitudes et leur pauvreté, à un oubli d'eux-mêmes aux conséquences duquel une pratique aussi rare ne saurait remédier; peut-être a-ton méconnu les inconvénients possibles de bains chauds prolongés, plutôt én^ vants que toniques, augmentant la susceptibilité du corps à Tégani des variations de température, pris sans précautions par des individus sans cesse obligés de réagir contre les mauvaises conditions que les privations, certains travaux et une mauvaise hygiène, entr^ tiennent autour d'eux.
Cependant on ne saurait nier qu'à un point de vue très généitif il ne soit conforme, et aux principes de l'hygiène et aux progrès biti entendus de la société, de populariser l'usage des bains et de les mettre à la portée du plus grand nombre d'individus possible. 11 eil d'ailleurs plusieurs professions dont nous parlerons tout à l'heure, et dont l'exercice exige impérieusement l'emploi fréquent de bains et de lotions, afin de prévenir les dangers du contact prolongé de ce^ taines substances nuisibles.
Des progrés incontestables ont été déjà réalisés sous ce rapport Si les bains n'ont pas encore été mis à la portée de la plus giîmde partie de la population pauvre des villes, cependant leur usage est devenu facile et habituel pour toute la bourgeoisie, et pour b partie la plus aisée et la plus intelligente, disons aussi la plus rangée de la classe ouvrière.
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So 1816, on pouvait compter 500 baignoires publiques dans les difrents quartiers de Paris; mais de 1817 à 1831» les eaux du canal de Ourcq ayant été livrées à la consommation, on en vit le chiffk*e s'é^ !ver considérablement En 1831, il existait 2374 baignoires fixes, l 1059 pour bains à domicile, plus 335 sur bateaux : ce qui faisait Q tout 3768 baignoires. En 1852, sans compter les hôpitaux/ 5958 aignoires dont 4064 sur place : on distribuait annuellement, en ne omptant pas les quatre grands établissements du pont Marie, du 'ont-Neuf et du pont National, 1818500 bains, pour lesquels il est ODcédé en moyenne une quantité de 18 185 hectolitres d'eau de )âne, de Grenelle et de TOurcq. M. Husson ajoute pour les quatre iliblissements de bains chauds situés sur la rivière, 350 000 bains ; pour les hôpitaux et hospices qui ont un service externe de bains I099OO; et pour les 21 établissements de bains froids sur la Seine et sur le canal Saint-Martin, 500000; ce qui porte à 2778 400 le iombre de bains chauds et froids pris annuellement à Paris.
Cependant il est un grand nombre de personnes pour la bourse ou pour les habitudes desquelles les bains sont encore demeurés inac- Ntsibles. Une carte dressée au ministère de l'agriculture et du com« Berce démontre que les établissements de bains sont groupés dans ks quartiers les plus riches de Paris, tandis que les lavoirs et les btunderies sont placés dans les quartiers les plus pauvres.
Le prix des bains s'est cependant fort abaissé à Paris : de 1 franc fills coûtaient, il y a quelques années encore, ils sont descendus à K centimes; en général, 60 et même 45 centimes par abonnement, pin de moitié moins qu'au xiii* siècle.
Mais les progrès accomplis ne sont qu'une raison d'en exiger d'kntres. L'Angleterre, fort arriérée jusque-là, puisque le prix des hiios s'y était maintenu entre 4 et 5 francs, a pris, il y a quelques Mées, l'initiative des bains à prix réduit pour la classe ouvrière. ibos ne devons laisser perdre ni l'exemple qu'elle nous a donné, ni Ici expériences qu'elle a faites. C'est dans ce double objet que IL Dumas, ministre de l'agriculture et du commerce, après avoir Bommé, le 6 novembre 1849, une conunission chargée de recueillir 01 France et à l'étranger tous les documents relatifs aux moyens de créer dam les grande centrée de population des bains et lavoirs publics^ liait présenté à l'Assemblée législative, le 31 mai 1850, un projet de loi portant une demande de crédit de 600 000 francs, pour encounger dans les grandes villes la création d'établissements modèles pour les bains et lavoirs à prix réduit On remarque, en effet, que l'étude des bains et des lavoirs, que nous sommes obligé de scinder ici en deux articles, a toujours été abordée simultanément
C'est en 1842 que le premier établissement de baips publics fut
fondé à Liverpooi : un grand nombre de Tilles industrielles suivirent cet exemple, et en août 1846 et juillet 18/i7, une loi ftit adoptée par le parlement pour autoriser les paroisses à emprunter pour fonder des établissements de ce genre.
Les bains, en Angleterre, sont généralement divisés en deux classes :
Premiën! classe. . \^ * * ?» <«"»^
« ,. , (Froid. 10
Deuxième classe. . < . ,
(Ghaod. 20
Ces établissements ont été promptement fréquentés par la clasie ouvrière; car une seule administration donne plus de 100000 baiu par an.
Dans rétablissement û*E(ùton square^ créé par une association particulière, Il j a U9 cabinets de bains de 1'* et de 2* classe; 2 bassins de natation : l'un de 1^*, l'autre de 2* classe; plus un lavoir.
Dans rétablissement, dit modèle, de Gouhton square, les cabinets de bains, séparés par un mur d'environ 2 mètres de haut, contleih nent chacun une baignoire, une chaise et une glace. La baignoin est de fonte, recouverte d'un émail blanc, ayant plus de 60 centimètres de large et 60 centimètres de profondeur. Il est accordé à chaque baigneur de 182 à 227 litres d'eau pure, chaude ou Ih)id6, ne servant qu'une fois, et deux ser\iettes pour la l'^ classe, une pour la 2*. L'établissement comprend en outre 6 bains de vapeur et M bains à douche.
Il ne parait pas que la plupart des établissements de Londres solefit encore parvenus à égaliser leurs recettes avec leurs dépenses; miii il faut dire qu'il y a peu d'années qu'ils fonctionnent, et que qad* ques-uns d'entre eux sont construits avec un luxe inutile. Cepeftdant, des deux que nous avons désignés plus haut, le premier réalise déjà quelques bénéfices, et le second parait devoir être, dans peu de temps, dans des conditions aussi avantageuses.
Il n'avait été fait jusqu'à ces derniers temps, en France, rien de semblable à ce qu'ont créé, en Angleterre, les souscriptions parties* Hères et les paroisses. Cependant il y a déjà longtemps que M. Chevallier a signalé les avantages que l'on pourrait tirer, pour créer économiquement des établissements de bains, de l'emploi de Vet» perdue des machines d vapeur. Il est à regretter, disait*il, que dans une ville comme Paris, où il existe un grand nombre d'indigents, on n'ait pas encore utilisé les eaux chaudes en les réunissant dans des bte* sins, où la classe malheureuse pourrait prendre ce qui lui sertit
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lécessaire jponr le lavage de son linge, pour des bains et pour tous es usages domestiques.
En effet, TÉtat, la ville, Tindustrie privée, possèdent, dans Tinté^ leur de Paris, des machines à vapeur dont Teau de condensation lescend aux égouts, emportant avec elle une température moyenne le + 30 degrés, qui n'est point utilisée et qui pourrait Tétre. La seule machine à vapeur de Chaillot fournirait un volume de 200 hectoUtres par jour, ce qui permettrait de délivrer 700 bains. Rien n'empêcherait même de porter ces eaux à distance ; car il résulte d'expériences faites, en 1849, sur les conduites alimentées par les eaux chaudes du puits artésien de Grenelle, que le refroidissement de Veau en mouvement, dans des tuyaux posés sans aucune espèce de soin en terre, n*est que de i",3 environ pour chaque 500 mètres de parcours, et qu'en maintenant le liquide au repos pendant huit heures, au moyen de la fermeture de robinets placés aux extrémités de la conduite, le refroidissement n'a été, dans les points où Ton a eherché à en déterminer la loi, que de 1*,70 en huit heures.
Du reste, il est à notre connaissance que, dans un grand nombre de nos villes industrielles, dlionorables chef^ d'usines ont utilisé de eette laçon les eaux de condensation de leurs machines à vapeur en établissant des baignoires dont ils laissent la disposition à leurs ouvriers. C'est là un exemple qui mérite d'être cité.
Le prix 4e revient des bains dans le centre de Paris, en tenant compte du chauffage, du personnel, des loyers et impositions, des êtux et des frais généraux, est d'environ UÎ centimes. A la Salpê- Irière, où il n'y a à comprendre ni loyer, ni personnel, les frais de chauffoge et d'entretien du matériel sont de 20 centimes.
M. Darcy propose d'instituer, dans les établissements de bains, des classes différentes, comme il existe des places différentes dans les chemins de fer. Il suppose que, la ville concédant l'eau gratuite- Dent pour la classe inférieure seulement, et les frais, soit de luxe d'établissement, soit de personnel, étant relativement beaucoup moindres (puisque, quelle que soit l'importance d'un établissement, un chauffeur et un receveur suffisent également), le prix de revient des bains pourrait, de &7 centimes, descendre à 22 centimes. Que si l'on usait de l'eau chaude que peuvent fournir les usines, cette économie nouvelle permettrait de réduire à 12 centimes le prix de nerient des bains destinés à la classe pauvre.
Le projet dû à la libérale initiative du gouvernement, et destiné à doter notre pays d'une institution bienfaisante au double point de vue de l'assistance et de l'hygiène, reçut la sanction des pouvoirs publics; et nous devons reproduire ici la loi du 3 février 1851, rela^* tive à la création d'établissements modèles de bains et lavoirs pu^
blics ; nous y joignons la circulaire minislériello qui a eu pour objet d'assurer Texécution de celte loi. La confiance du ministre à qui étaient confiés les intérêts de la santé publique nous a appelé à laire partie de la commission constituée en vertu de l'article 2 de la loi. Nous avons pu, en appréciant le bien qui aurait pu résulter de llnstitution projetée, regretter que les communes n'aient pas répondo en plus grand nombre à Tappel qui leur avait été fait, et que lenf inertie ait presque partout paralysé les intentions libérales Jn législateur.