BITUME
BITIJMR. — On appelle bitume^ des substances liquides ou visqueuses ou solides, combustibles, composées surtout de carbure d'hydrogène, beaucou]) plus analogues aux huiles et aux poix végétales qu'aux minéraux proprement dits. On les divise en plusieurs espèces : le naphte, le pétrole, bitumes liquides; le maltheou pissasphalte, bitume glutineux, et Tasphalte (bitume de Judée, des momies s bitume solide. On a pensé, en s'appuyant surtout sur la ressemblance qui ej^ste entre certains bitumes naturels et les matières bitumineuses qu'on extrait de la houille, que les bitumes provenaient du règne végétal, et résultaient d'une sorte de distillation naturelle des houilles. Mais les géologues, revenant à l'opinion des anciens, pensent plutôt que les bitumes, comme les dépôts de sel, de soufre, de gypse, comme les sources thermales, minérales, sont des produits volcaniques indirects, ou une ncruvelle sorte de manifestation de l'activité de ces causes souterraines qu'on désigne généralement sous le nom ^agents platoniques.
Le bitume asphaltiiquc ou pissasphal tique existe dans beaucoup de points du globe. Les Égyptiens s'en serv<iient pour la préparation de leurs momies^ et les briques employées à la construction des murs de Habylone étaient réunies entre elles par du bitume. On en a trouvé en France, depuis un certain nombre d'années, des gîtes nombreux et assez considérables. •
Ces bitumes sont aujourd'hui très employés dans les constructions, cl surtout pour le dallage des trottoirs; on a également essayé d'en faire des chaussées pour les voitures. On a extrait du noir de fumée du résidu bitumineux des usines à gaz.
Que l'on se serve de bitume naturel ou du résidu des usines à gaz, il faut épaissir ou solidifier avec de la craie cette substance natui*ellenient pâteuse ou fluide. Pour cela, on la ramollit dans de grandes chaudières, et pendant cette opération il se dégage des vapeurs composées elles-mêmes de principes volatils, très odorants, qui pénètrent partout, et qui probablement, plus pesants que l'atmosphère, ne sont pas disséminés aussi facilement que beaucoup d'autres vapeurs dans la masse d'air environnante.
Ces vapeurs qui, pour beaucoup de personnes, ne sont pas très désagréables lorsqu'elles se trouvent très étendues, deviennent acres, pénétrantes et insupportables, quand elles sont concentrées. On les a vues autour de l'usine de M. Briantais, aux Thèmes, près Paris, imprégner le linge que les blanchisseuses étendaient pour le sécher, et un pareil voisinage peut rendre difficiles à habiter les propriétés qui y sont exposées.
Voici quelles ont été les conclusions d'un rapport de Parent-Duchàlelet sur cette matière : L'odeur du bitume, développée avec
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un cortflin degré d'intensité et d'une manière conlinnelle dansllnlérieur d'une niaisc^n, doit en faire fuir eeux qui ne sont pas con- Irainls par des raisons majeures dy demeurer;. la présence de celle odeur, dans l'intérieur d'une maison et dans les appartements qui la composent, doit en écarter les personnes qui auraient rinteotion de venir l'occuper, et par conséquent nuire à la valeur de la propriété, il paraît certain cependant que ces émanations n'ont rien de nuisible h la s<anté; néanmoins elles pourraient incommoder sérieusement des personnes nerveuses ou délicates.
Li fabrication du granit bitumineux avec le goudron de la houille expose en outre à des risques d'incendie; aussi a-t-elle été classée pour ccMte cause dans la deuxième classe des établissements dangereux. Cette fabrication .doit se faire dans des lieux isolés, entourés de murailles élevées, et les ateliers ne doivent pas être contigus aui maisons d'babitation.
Le Conseil d'bygiènc* et de salubrité de la Seine a proposé d'Imposer à towM fabricants de bitume et à tous les ateliers où Ton se sertira de matières analogiMS les conditions suivantes :
1* I^s ateliers pour la préparation et la confection des bitumes ne pourront étn contigus aux babitations.
2" Les bitumes liquides ou goudrons employés comme matière première seroit placés et conservés dans des citernes ou bassins étanches, recouverts au moins de 2 décimètres d'eau ; ces bassins seront enclos.
.3» I^ concentration des goudrons ou bitumes, pour être amenés à Tétat de pissasphalte, ne pourra avoir lieu que dans des appareils distlllatoires.
A» Le foyer du fourneau à distillation aura son ouverture à reitérteur, et ne pourra communiquer avec la partie de l'atelier ou la pièce où les réfrigérants cl tases de r(^ception de l'huile volatile sefont établis.
5* La partie de Patelier des bitumicrs où se fera la distillation sera même isoM du reste de l'atelier ou dos magasins; elle sera construite en matériaux ImDorobw* tibles, charpente de fer.
6° Les chaudières où se fait le mélange du goudron avec les matières terremei seront recouvertes d'une hotte dont le tirage sera déterminé par une des cheminées de l'établissement.
V Les chaudières seront garnies du couvercle à bascule avec soupape décrit dans le rapport.
g"" Les chaudières portatives pour l'application du bitume sur placé seront garnies du même couvercle.
9" Les fabricants de bitume seront de plus astreints^ 50 conformer aux condIthNH particulières qui pourront leur être prescrites en raison des circonstances qni >< peuvent être prévues ici.
10* Les fabriques qui travailleront en observant les conditions prescrites d-dessus devront être considérées comme appartenant à la deuxième classe.
11^ Le Conseil^est d'avis que celles qui travailleront sans observer lescoodl-