BLANCHISSEUR
entoure, les positions fatigantes quVlles sont obligées de consenor pendant des journ(^es entières, le eontact fréquent de liquides plus ou moins acres et irritants, et de matières sordides, les exposent à un grand nombre de maladies.
Les rhumatismes, les affections catarrhales, l'aménorrhée, l'œdème des membres inférieurs, les varices, les ulcères aux jambes surtout, telles sont les maladies les plus communes des blanchisseuses, et celles qui paraissent résulter le plus directement de la nature de leur travail.
L'ûcreté de la lessive leur occasionne souvent des gerçures aux mains, qui peuvent devenir assez considérables pour amener des accidents sérieux. M. Pâtissier a vu plusieurs de ces ouvrières dont les mains étaient devenues calleuses ; leurs doigts, demi-fléchis, ne pouvaient s'étendre qu'incomplètement. Nous avons constaté, sur les mains et les avant-bras des blanchisseuses, l'existence de callo- ' sites nombreuses produites par la pression du battoir, ou du rebord soit du baquet, soit du tonneau sur lequel elles prennent leur point d'appui. Autour de ces callosités on trouve, au contraire, le reste de la peau ridé et ramolli par le séjour habituel dans l'eau.
Les vapeurs de la lessive peuvent déterminer l'asphyxie, lorsqu'elles se dégagent dans un endroit rétréci, et où il n'existe pas de courant d'air bien établi : M. Pâtissier en rapporte un exemple.
M. Benoiston de Châteauneuf a rangé la profession de blanchisseuse parmi celles qui disposent à la phthisie, en soumettant le corps et surtout les extrémités inférieures à l'action de l'humidité.
Nous ne pensons pas que les blanchisseuses soient exposées à contracter des maladies contagieuses pendant les opérations qui constituent le blanchissage lui-même; mais il ne serait pas impossible qu'en recevant et en triant le linge à blanchir, elles ne vinssent à contracter le germe d'afift^clions transmissibles. Elliotson a cité pourtant l'exemple d'une blanchisseuse qui aurait contracté lamorre en lavant des linges qui avaient été souillés par un malade atteint de cette grave affection. Nous parlerons à l'article Buanderie des émanations nuisibles qui peuvent résulter des eaux ayant servi au blanchissîige. Halle attribuait à cette cause les maux de gorge gangreneux et les fièvres intermittentes que l'on observait, à ce qu'il parait, fréquemment chez les blanchisseuses qui habitaient les alentours de la rivière des Gobelins.
Dans les fabriques où l'on blanchit les tissus de laine au mojfende In vnpevr du soufre, les ouvriers occupés à étendre les pièces qui s^ déroulent entre les cylindres ont les mains dans un état tout particulier. La peau est ramollie par le contact de l'acide sulfureux; l'épiderme, complètement blanchi, est ridé, soulevé et détruit par
places. Cette disposition est surtout marquée au pouce et à l'index, parce que ce sont ces deux doigts qui saisissent et tendent les pièces, au même degré à Tune et à Tautre main, l'ouvrier ayant soin, pour éditer que la peau s'altère trop profondément, de changer de place et d'occuper alternativement les deux extrémités du cylindre.
Quant aux effets des vapeurs de soufre sur les ouvriers qui netr toient les étoffes de soie ou blanchissent les tissus de laine au moyen de ce procédé, nous renvoyons à l'article Soufre.
Bibliogvaphie. Pâtissier, Traité des maiaditê det artisam. Parit, 18SS, p. S5S. — Bcooistoa de ChAteauiiettr, De Cinfluence de certaine» professions sur U développe' ment de la phthine pulmonaire {Annales d'kypène^ etc., t. VI, 1831, p. SO. ^ A. Tardlm. Recherches médico-ligaUs sur Videntité {Annales d^hygiène, etc., L XLII, i8Â9,
MêA. — La culture dii blé occupe en France plus de 5 500 000 hectares, c'est-à-dire plus des 2/5" de l'étendue des terres cultivées. La quantité de semences employées est de 11 000 000 d'hectolitres pour une production de 70 000 000 d'hectolitres; ce qui donne entre la récolte et la semence un rapport approximatif de 6 1/3 : 1, eteD\iron 1 Z\k hectolitre de blé par individu. Sur 137 000 000 d'hectolitres produits par la France, l'Angleterre, la Belgique, l'Espagne, la Suède, la Pologne, la Hollande et la Prusse, on voit que nous figurons pour plus de la moitié.
Depuis 1829 jusqu'en 18/iO, l'importation du froment en grain et en farine s'est élevée à 270 892 kUl francs, et nous n'en avons exporté que pour k% 129 \ik francs, au prix moyen de 20 francs. L'importation équivaut à 1 128 718 hectolitres , ce qui donne en poids 90 297 hkSS kilogrammes, ou quatre jours et demi de nourriture.
Ainsi, production proportionnelle au nombre des habitants insuffisante, importation nécessaire pour fournir à quatre jours et demi de nourriture, cela ne semble-t-il pas indiquer que tous les efforts devraient se diriger vers la culture du blé ? Et cependant, depuis longtemps déjà le blé se vend à vil prix, ou au moins à un taux insufiisant pour couvrir les frais de sa culture. C'est un exemple entre mille qui prouve combien les questions de ce genre sont complexes, et impossibles à résoudre utilement si l'on n'étudie tous les éléments divers qui les composent.
Mais ces questions, bien qu'elles touchent au cœur de l'hygiène publique, appartiennent trop exclusivement à l'agriculture pour que nous nous étendions ici sur la production et la culture du blé. La conservation du blé et l'emploi de cette céréale dans la panification, lels sont les points qui fixeront surtout notre attention.
TAKOIIU. — DICT. D*HT6. T. I. \1S
ai8 BLÉ.
n gérait important do posséder une analyse exacte de la composition du bié; il serait permis de se rendre compte, par ce moyen, d'un grand nombre de questions qui n'intéressent pas moins les transactions privées que la subsistance publique. Mais la science manque à ce sujet de données précises, et qui surtout puissent être utilisées dans un intérêt pratique.
M. Millon pense que le plus important est d'arriver à déterminer les proportions iVeou et d(; iifpief/x que le blé renferme : ce sont les matériaux inertes, les parties non alimentaires des céréales; quand on en a fait le compt^', on connaît par différence la proportion vraie des principes assimilables.
M. Millon, après avoir comparé les différentes méthodes de déshydratation dos farines dos céréales, a reconnu qu'on arrivait à U déshydratation la plus coniplèto et la plus rapide de la farine en la chauffant de 160 à 165 degrés durant cinq ou six heures. On obtient toute la précision désirable en opérant sur ^ à 5 grammes de matière: on les introduit dans un tube de verre à minces parois, et Ton tieot e«lui-ci plongé dans un bain d'huile, que Ton chauflb par une lampe à Talcool.
Les différentes farines d'une môme année présentent peu de dil>férences d'hydratation. Sur 26 échantillons de provenances diffé^ rentes, mais comprises dans un certain myon, la Beauce, la Brie, la Picardie, la Normandie, la (ilhanipagne, le minimum d'eau était ll!i,63 pour 100, ot le maximum 16,68. Dos échantillons de farine provenant de localités plus éloignées, exotiques ot indigènes, et de trois années différentes, ont doiuio pour maximum 18,2, et pour minimum U,0. M. Péligol a tix)uvé do son cùté de 13,2 à 15,3 pour 100. Il y a loin do là aux différences étendues qu'on avait signalées antorieuremont. M. Millon pense que les quantités d'eaa qui atteindraient 20 ot 25 pour 100 doiv(»nt caractériser des années pluvieuses au nionionl de la récolte, ou bien des localités exc«|h ttonnelles; hors ces conditions spocialos, elles signalent cerlainemeot une addition d'eau coupable.
La farine est presque toujouis moins hydratée que le blé d'où elle provient, par le fait mCiwv du moulin. La différence est plus tranchée si le blé a été accidont(»llemont mouillé, parce que le son retient la plus grande partie do l'humidité ; mais pour l'eau de végétation, elle se partage ontro la farint» ot le son.
Le degré d'humidité du blo ou de la farine n'intéresse pas seulement au point do vue de la proportion roollo dos parties alimentairec qu'ils contiennent, ou égard à leur poids; il touche également lis question si importante do la conservation du blé; car si un blésec peut se conserver presque indéfiniment, les blés humides s'âvarieo^
avec la plus grande facilité. A cet égard, M. Boussingauit fait remâr^ quer que les blés d'origine méridionale sont plus durs, plus cornés que ceux du Nord. Ils paraissent plus riches en principes azotés, et, renfermant moins d'humidité, se conservent mieux.
1^ séparation du ligneux do la farine, sous forme de son, s*opère au moyen du blutage. Plus une farine est blutée, plus son prix s'élève : la blancheur et une proportion élevée du blutage sont des con* ditions recherchées et chèrement payées, mais par suite de préjugés que M. Millon s'efforce de combattre, en montrant que le son entraîne avec lui une quantité considérable de matières assimilables.
Il est certain d'ailleurs qu'on s'est singulièrement exagéré la proportion de ligneux contenue dans le blé, et pour la séparation duquel OD prélève une quantité de son qui est de 15 à 20 et même de 25 pour 100 du poids de la farine brute.
M. Boussingauit évahie le ligneux à 7,5 pour 100 du poids du blé. M. Millon affirme que la proj)ortion la plus forte de ligneux qu'il ait trouvée dans les farines de blé tendre ne dépasse pas 2,28 pour 100, H celle du blé dur 1,25. Le procédé mis en usage par ce chimiste consiste» à faire bouillir quinze à vingt minutes la farine brute avec <le IVau acidulée (1 partie d'acide hydroch torique pour 2 d'eau distillée , puis après, un lavage à l'eau distillée, avec une lessive conlenant : eau distillée, 10, et potasse caustique, 1, et en procédant à un nouveau Livage.
L'analyse du son lui-même a donné à M. Millon de 5 à 10 pour i 00 de ligneux, do 2,25 h 2,42 pour 100 d'azote* tandis que la farine brute n'en renferme que 0,02], 3,6 de matière gi-asse, 50 d'amidon, de dexlrine et de sucre, et 5,7 do sels. M. Boussingauit vivait déjà trouvé dans le son 20 pour 100 de gluten, et dans la farine brute 13,4 seulement, et 14,3 dans le blé. Le son est donc une substance essentiel- If ment alimentaire, et la proportion considérable qu'on en sépare de la farine constitue une perte énorme et un sacrifice complète* ment inutile.
a Après avoir terminé la partie chimique de ce travail, ajoute M. Millon, en ce qui concerne le son, je me suis assuré qu'il ne conduisait pas à des vues spéculatives. Du blé a été moulu sous mes yeux; les sons, mis à part, ont été remoulus finement, ajoutés à la farine, et le pain, fabriqué ainsi avec le hlo tout entier, était d'une qualité très remarquable.
» J'ai recherché également si Ton pouvait espérer de réduire le son à la partie ligneuse du grain, on le reportant plusieurs fois à la meule et en le portant ensuite au blutoir. Du son passé ainsi quatre fois à la meide et au blutoir contenait seulement 2 pour 100 de xAm <în ligneux,* fi pour 100 m lieu de 9. Mais la quantité de gluten
s*était élevée en proportion, et ie son qui renfermait après la pre* mière mouture 13 pour 100 de gluten, en renfermait jusqu'à i6 après le quatrième blutage. Il me parait à peu près impossible d'atteindre jamais, par des moyens mécaniques, à une séparation complète da ligneux et des parties alimentaires de la farine. »
Cependant M. Péligot, qui s'est également occupé de Tanaljrse chimique du blé, ne croit pas, comme M. Millon, qu'on puisse a?€C avantage laisser le son dans la farine destinée à faire le pain. 11 pense que, pour le pain de première qualité, les inconvénients de la présence du son résultent principalement de l'existence, dans ce produit, d'une forte proportion de matière grasse, qui s*y trouve en quantité triple de celle qui sert dans la farine. La matière grasse, dont l'existence est indispensable à la panification, parait avoir pour fonctions de retenir le gluten; peut-^tre, lorsqu'elle existe en trop grande quantité, l'enveloppc-t-elle de manière à s'opposer aux transformations qu'il doit subir.
Voici, du reste, suivant M. Péligot, les proportions des divers élé» ments constituants du blé :
Eau 13,2 à 15,2 pour 100.
Matière grasse 1,0 à 1,9
Albumine 1,^ à 2,6
Dextrine 5,4 à 10,5
Gluten 8,1 à 19,8
Amidon 55,1 à 67,1
Sels minéraux 1,/i à 1,9
Cellulose 1,A| à 2,2
M. Péligot n'a pas trouvé de glycose dans le blé.
Le poids du blé est généralement considéré comme l'indice le plus sûr de sa bonne ou de sa mauvaise qualité, et TadministratioD de la guerre ne reçoit pas de blés pesant moins de 73 kilogrammes l'hectolitre. M. Boussingault donne comme moyenne le chiffre de 77 kilogr. Cependant il est permis de croire que, parmi les trois cents variétés de blé-froment qui ont été décrites, il est des conditions non susceptibles d'en modifier le poids spécifique, et qui peuvent cependant influer sur ses qualités alimentaires ou sur son aptitude à h panification.
Les variétés infinies que le blé comprend se groupent en deux grandes catégories : ble tendre, blé dur. Ce dernier se trouve principalement dans les climats méridionaux; il difl'ère de l'autre essence par la ténuité de son enveloppe corticale, par la richesse des principes nutritifs qu'il renferme et par la compacité du grain. Grâce à ces propriétés, le blé dur laisse moins de son, donne plus'de farine, el
BLÉ. ii^
die-ci pit)€ure uu plus fort rendement; par suite, le pain qui en jrovient ressort à un prix beaucoup plus modéré. Mais pour obtenir es résultats, il faut moudre le blé dur avec intelligence, et affleurer arfaitement ses gruaux, rebelles à l'action d'une meule qui ner serait las dirigée par une main habile ; opération dont la difficulté avait ait acxîrédiler pendant longtemps la pensée que le fabricant de pâtes Jimentaires pouvait seul manipuler ce beau produit, sous la force inergique du levier dont il se sert pour le pétrissage.
L'Algérie, qui récolte presque exclusivement du blé dur, en a exporté, en 185^, deux millions. d'hectolitres; elle en ignora longtemps toute la richesse. En 1851, l'administration militaire donna l'exemple , et le pain nécessaire aux troupes fut fabriqué en entier avec des farines de cette essence. Stimulées par la cherté de ces dernières années et par les dispositions habiles de l'autorité, l'industrie meunière et la boulangerie civile ont imité l'armée, et la population européenne de la colonie a cessé de demander à Marseille des farines de blé tendre pour la fabrication du pain. Affranchie , dès ce moment, d'importations du dehors, l'Algérie recommence son rôle traditionnel de grenier de la métropole. Depuis 1853, les blés durs entrent pour une large part dans les transactions de la place de Marseille ; ils composent aussi de nombreux chargements dirigés sur le Havre et sur Dunkerque, soit pour le commerce, soit pour l'adminis- ^tion de la guerre.
En résumé, les blés d'essence dure, et plus particulièrement ceux de notre colonie, procurent à la France les avantages indiqués citprès : (( Ils sont appelés à donner un grand développement à notre fabrication de pâtes, dont l'Italie avait autrefois le monopole; — ils faciliteront l'entretien des approvisionnements miUtaires; — enfin ils seront du plus utile secours à l'alimentation publique, surtout en les employant comme mélange avec des arines de blé tendre. » Afin (p'on puisse mieux apprécier ce dernier avantage, on fera observer fie, par les motifs développés plus haut, le produit en pain de SOO kilogrammes de blé dur équivaut à celui de 360 kilogrammes de Mé tendre, soit une économie d'un cinquième.
On aura pu admirer h l'Exposition universelle la belle qualité des blés durs algériens, celle non moins remarquable des farines de cette essence produites par quelques usines de notre colonie. La meunerie parisienne mérite aussi des éloges pour la perfection qu'elle a apportée à la mouture de ces blés destinés à la garnison de la capitale ; les fabricants du reste de la France peuvent donc se procurer facilement les informations nécessaires pour arriver à un résultat semblable, qui mérite d'attirer l'attention générale.
En définitive, il résulte des expériences faites aujourd'hui que.
grâce à uDe moiitui*e perfectionnée , il est possible de tirer du blé dur un pain blanc susceptible dv supporter la comparaison avec le pain de blé tendre, et que dès lors le blo dur de l'Algérie, grâce à ses qualités essentiellement nutritives, peut ^tre introduit utilement dans la panification française avtT uu sans mélange de farine de bl4 tendre.
Il est prouvé expérimentalement que le grain du froment augmente en poids dans les régions tempérées, et diminue en s avançant vers le sud, et que, par une contre-épreuve, le contraire a lieu. Cent grains de blé de Bellemberg, venant du midi de la France ou de» contrées avoisinant la mer Noire, pesaient liO ; sous le climat de Paris, le même nombre de grains a pesé 66 ; le blé Pictet, pesant &2 1/2, a donné 79, etc. Sur cinquante-quatre variétés de blé du Midi cultivées à Paris, deux seulement ont diminué de poids, et les autres au contraire ont prodigieusement gagné.
Le blé« menacé pendant son développement par un certain nombre de plantes, dont les plus nuisibles sont des cryptogames, Uredo mbigoy U, carboy U, caries, auxquelles on attribue la rouille, le noiroa moucbet, le charbon, la carie, rencontre, lorsqu'il est conservé à i'état de grains, des ennemis plus redoutables encore dans le règne animal : la calandre ou charançon, Talucite des grains ou teigne des ■blés sont les plus redoutés.
Le premier soin à prendre pour la eoiisorvatiou des blcs est de leor assurer une ventilation convenable et de les préserver de Phumidité. Le blé mouillé germe facilement, et, dans ces deux conditions, le rendement en fai-ine et en pain diminue notablement. M. Millon a calculé le poids et le rendement du blé mouillé et germé provenant de la récolte de 1850 dans le départenn^nl du \ord ; il a trouvé, par demi-hectolitre :
Blé non mouillé nrain, 78 liv. i'arion, 58 liv. Pain, 70 liv.
Blé non mouillé et germé. 72 51 63
Blé germé et mouillé. . . 68 44 56
Par ces raisons, le blé doit être soigneusement ventilé et conservé dans des greniers bien établis, ("u^relés ou planchéiés, grillagés aoz fenôtres. C'est dans les greniers que h» charançon exerce ses ravages d*autant plus funestes que cet inst.'cle se multiplie avec uue effrojable rapidité. On a constaté que, lorsque la température ne s'abaisse pas au-dessous de il degrés, il suffit de 12 paires de charançons dans un hectolitre de blé pour qu'il surgisse une population de 75000 individus, dont chacun consomme par année trois grains pour sa subsistance. Indépendamment de la perle éprouvée parce qui est maof^«
le blé qui reste s'altère, suivant M. fioussingault, par suite des moisissures et de la fermentation que font naître les grains avariés. L'entassement du blé dans des silos est le moyen de conservation le plu^ précieux que Ton connaisse. On découvrit en 1707, dans la citadelle de Metz, du blé conservé depuis 1552, et l'on put on faire du pain qui ne différait eu rien de celui préparé avec des farines nouvelles. MaijS tous les terrains ne sont pas propres ji la conservation du blé en silos, et ce moyeu ne saurait être employé qu'exceptionnellement dans notre pays, où les froments contiennent une trop forte proportion d'eau.
Nous trouvons dans des expertises judiciaires faites à Cherbouiy en MiiiUy sur du blé vendu après avoir été attaqué par des charançons, des détails propres à donner une idée des ravages exercés par C0# diptères. Lorsqu'on ouvrit le sac où étaient renfermés les blésàana^ lyser, il s*en échappa une odeur fort désagréable ; la première appiàrence était celle de blé au moins de moyenne qualité; mais, eo examinant de plus près, on vit qu'un grand nombre de grains de blé et de grains d'orge qui y étaient mélésj étaient complètement ou iQComplétemenl vides, logeant encore des insectes morts ; une abop- (iante poussière d'un blond clair, et non terreuse, adhérait au^ mains; un certain nombre de grains étaient réunis ensemble par fermentation, accolés sans autre intermédiaire qu'une légère moisis- Mire. Ce blé produisit du pain de couleur bise, mat, exhalant qu^nd ou le coupait une odeur infecte. Tous les éléments de cette farine, isolés, furent trouvés altérés, de mauvaise odeur; le gluten, dépour\iJ délasticité, contenait des corps étrangers dont on n avait pu )e débarrasser, (juatre espèces d'insectes avaient été rencontrées dans ce blé : le Calandra granaria^ le Calandra oryzœ, VApate longulus et le Margm ferrugineits. Les deux premières seules sont propres hxx% réréales. Du reste il est reconnu, et Farmentier l'avait déjà signalé, que la présence de ces insectes par eux-mêmes ne saurait ajouter au pain des qualités nuisibles. Un premier rapport, fait par des experts de Cherbourg, conclut que ce blé était gâté^ parc(; qu'il ne contenait que le tiers de gluten que Ton rencontre dans le pain ordinaire ; qu'il était corrompu par la présence d'un grand nombre d'insectes morts; enfin, qu'il était nuisible à la santé. Un certain nombre de personnes qui avaient acheté et mangé de ce pain en avaient été indisposées, ou navaient pu supporter son odeur. Aussi, malgré un rapport plus favorable de MM. Chevallier, Lassaigne etOllivier (d'Angers), déclarant que la présence des charançons dans le blé ne peut le rendre insalubre; que l'emploi dans la paniûc<ition de farines provenant de blé charançonné n'a jamais produit d'accidents ; qu'il était facile de dé barrasser par le lavage le blé en question des insectes et des corps
étrangers qui le salissaient; enlin que les experts eux-mêmes avaient fait usage sans le moindre inconvénient de pain fait avec ce môme blé, un jugement fut rendu par le tribunal de Cherbourg, le 11 janvier 18^5, lequel condamnait à 6 francs d'amende et aux frais, montant à 1382 francs 90 centimes, plus à la destruction du blé saisi, les vendeurs de ce blé « comme ayant exposé en vente des comestibles gâtés, corrompus et nuisibles. »
Un grand nombre de procédés ont été proposés pour prévenir le développement des charançons , ou pour détruire ceux-ci lorsqu'ils se sont formés, ou encore pour les forcer & abandonner le grain. Les uns sont basés sur la ventilation, les autres sur l'élévation de la température ; d'autres sur la rotation combinée avec la vcnlilatiou, au moyen de greniers mobiles dans lesquels, en dépensant peu de forces, on met en mouvement des quantités considérables de blé dont on favorise en môme temps la dessiccation. M. Caillac a recommandé plus récemment lo goudron, dont l'odeur est mortelle pour les charançons, ou au moins les fait fuir, et permet, par le déplacement successif d'un tonneau enduit de goudron, de les pourchasser jusqu'à ce qu'on en soit enlin débarrassé. Mais aucun de ces moyens n'a complètement réussi, ou au moins n'a encore été sanctionné par une expérience sufflsante.
M. L. Doyère a attaché son nom à des recherches persévérantes sur cette question, et l'on nous saura gré d'en présenter ici un résumé exact. Depuis Duhamel, c'est-à-diro depuis un siècle, l'attention des physiciens ou des naturalistes ne s'y était jamais arrêtée qu'en passant, et dans les tentatives faites à plusieurs reprises, avec plus ou moins d'éclat pour conservei- des grains, l'oubli ou l'ignorance des premiers principes de la science fut poussée jusqu'à l'extrême. Ces tentatives réussirent néanmoins souvent, et ce fut surtout en demandant la cause probable de ces succès à la théorie des fermentations que M. Doyère crut pouvoir annoncer que des grains, au degré de siccilé où beaucoup se trouvent, même chez nous, se conserveraient sous terre indénniment, sans altération et sans déchet, s'ils y étaient renfermés driHs des v.ises clos et imperméables à l'humidité; que ce devait être la solution complète et pratique du problème. Il ajoutait que l'on trouverait la confirmation de ces vues, si l'on allait étudier les restes des greniers souterrains dans lesquels il se fit autrefois des réserves durables, au dire des historiens, et les pratiques analogues qui sont encore en usage dans certaines contrées.
« Ces vues furent exposées dans mon mémoire surl'alucite, en juillet 1852, ajoute M. Doyère. Je n'avais voulu, dans l'origine, que montrer la voie qu'il fidlait suivre et les études qu'il y avait à faire; mais l'accueil que ce programme reçut de l'administration de Tagricul-
lure, oi la position que j'occupais alors, me firent un devoir de son- ^'er à le remplir. Je demandai donc et j'obtins immédiatement une mission pour les pays où Temmagasinement souterrain des grains se pratiqua jadis et se pratique encore aujourd'hui. A en croire les opinions reçues et les dires que l'on s'est plu à réunir dans certains ouvrages, je devais y être témoin de faits qui renverseraient toutes mes idées, et il y avait là une source d'objections, d'incertitudes et de retours vers les mauvaises pratiques, dont il fallait débarrasser le terrain avant d'aller plus loin dans la voie des déductions scientifiques. C'était d'ailleurs une épreuve qu'il fallait subir; elle a été décisive. J'ai parcouru l'Andalousie, allant partout où l'on m'indiquait des silos des anciens Maures ou quelques traces encore subsistantes de leurs procédés de conservation; j'ai été voir ensiler dçs grains et vider des silos en Estramadure : j'ai visité les silos de Tanger et recueilli sur ceux du Maroc entier des renseignements précis. Je suis resté un mois dans les provinces d'Oran, d'Alger, à étudier la manière dont les grains des Arabes se conduisent dans la terre, et ce qui reste des greniers romains de l'ancienne Numidie, et les constructions extérieures au sol que le ministère de la guerre a fait exécuter pour loger les approvisionnements de l'armée d'Afrique, et les greniers souterrains de MM. Ihipré de Saint-Maur et Ch. Héricart de Thurj', les habiles et courageux colons d'Arbal ; je connais les greniers d'abondance de Burjasot, près de Valence, et les silos de Barcelone par les rapports très détaillés que m'en a faits M, Hudelo, qui est allé les examiner pour moi, après m'avoir accompagné jusqu'à Cordoue; nulle part, et ni dans ce que j'ai vu par moi-môme, ni dans les récits qui m'ont été faits avec un caractère imposant la croyance, je n'ai rien trouvé qu'il n'eût été possible de prédire, môme d'après les seules notions de science qui s'enseignent dans toutes nos écoles. »
M. Doyère, après être entré dans des développements étendus sur les silos des Maures, sur ceux qu'il a vus fonctionner encore à Rota, sur les greniers souterrains des Romains et enfin sur les simples trous creusés dans la terre que M. Temaux eut la malheureuse idée de vouloir imiter à Saint-Ouen près Paris, termine en disant : « Ainsi la recherche de ce qui dut se passer autrefois et l'observation de ce qui se passe aujourd'hui nous conduisent irrévocablement aux mêmes conclusions, savoir : que partout où se trouvent les conditions qui empêchent ou modèrent les fermentations, les grains se consenent sous terre; que la conservation, quant à ses résultats et à sa durée, est en raison directe du plus ou moins de perfection avec laquelle ces conditions sont remplies ; que partout où la conservation souterraine n'a pas réussi, c'est que ces conditions manquaient. »
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Quelles sont, avec précision, ces conditions? Les recherches que l'auteur a entreprises l'ont conduit k recohnaltre que par des températures égales ou inférieures à 15 degrés centigrades, comme celles du sol il 2 mètres de profondeur et au-dessous :
l"* Dans les grains sains contenant moins de 16 pour 100 d'eau il ne se produit qu'une fermentation alcoolique excessivement faible et sans développement de goilt ni d'odeur, ap))réciable seulement par les procédés les plus délirais de la chimie. D'ailleurs cette fermentation mCme, presque tout à fait théorique si le blé ne renferme pas plus de 15 pour 100 d'eau, s'arrête dans les vases fermés après qu'elle y a déterminé l'absorption complète de l'oxygène, et son remplacement par l'acide carbonique.
2» Vers le chiffre de 16 pour 100 d'eau, l'altération des grains commence à se produire et preiul une activité rapidement croissanti» avec l'humidité par rapparilion des réactions qui caractérisent les fermentations caséeuse et butyrique. i)n sait que M. Lucien Bonaparte avait déjà reconnu les produits de cette dernière dans les grain> avariés.
II faut donc, pour que les blés si> conservent, qu'ils contienneat moins de 16 pour 100 d'eau; mais cette condition existant, il est impossible d'imaginer ce qui l(*s ferait se gâter plutôt dans des vase^ clos sous terre qu'à l'air libre, et M. Doyère va faire voir dans son mémoire qu'il y a, pour qu'ils s'altèrent à Tair libre, des causes qui n'existent pas dans des vases clos sous terre. Ces causes sont racUoo môme de l'air qui se renouvelle sans cesse; l'humidité, qui est variable comme celle de l'atmosphère: la tempémture, qui atteint on dépasse pendant la moitié de l'année le degré au-dessus duquel toutes fermentations prennent un(» activit6 extrême.
Quelle est la proportion d'eau contenue dans les blés tels que l'agriculture les produit et les livre au ronunerce? M. Doyère a trouvé 8 à 12 pour 100 en Espagne immédiatement après la récoite. Les blés de l'Algérie sont plus humides, et ceux que les Arabes retirent de leurs silos pour les porter sur les marchés égalent presque, sous ce rapport, nos blés humides de France eux-mêmes. L'humidité de> blés de France est extrêmement variable. Les plus secs contiennent 1^ à 16 pour 100 d'eau; mais sur /i6 échantillons de blés du Calvados que M. Doyère a reçus au connncHicenient de 1854, six seulement en contenaient moins de 18 pour 100. et deux en contenaient SI Ainsi, dit^il, tous nos blés sont loin d'être conservables, s'ils ne trouvent pas dans les procédés employés pour arriver à ce but des conditions qui neutralisent les effets de l'humidité. Il consacre une partie de son mémoire à examiner, sous ce rapport, les divers procédés qui ont été proposés, il leur adresse des objections qui lui
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paraissent deToir rester sans réponse autre que des succès bruis, qui s'expliquent par l'état des grains, par le peu de durée des expériences et par Tinsuflisance des constatations. Les grains secs, pour se conserver, n'ont besoin que de n'être pas rendus humides, et l'on n'a jamais songé à se guider sur la détermination directe de l'humidité des blés pour mettre les procédés en expérience ni pour apprécier leurs résultats. Cet oubli frappe de nullité les conclusions que Ton !»V»t cru en droit d'admettre en faveur de cerlains d'entre eux, du moins quant à la généralité de leurs applications.
Les procédés fondés sur l'emprisonnement des grains dans des vases fermés et remplis par des atmosphères artificielles, n'ont aucune raison suffisante dans la science, et sont en contradiction avec ce fait, que du blé humide se gâte dans un fiacon bouché, quoique Foxjr- Kèue y disparaisse rapidement, remplacé par l'acide carbonique. <Mnt à ceux qui reposent sur l'aérago et la ventilation, ils améliorent Tétat des- grains qui s'échaufient spontanément, en les ramenant ^a«s cesse à la température atmosphérique : c'iîst là le principe de leur utilité pratique ; mais, pour qu'ils empêchassent la fermentation, ainsi qu'on croit pouvoir le promettre, il faudrait ou que l'air fût un priiiijpe aniiseplique, ce que personne n'oserait seulement énoncer, ou que les fermentations des grains humides ne pussent avoir lieu pur des températures de 15 à 50 degrés, comme celles qu a l'air introduit du dehors dans les greniers pendant plus de la moitié de iinnée en France ou en Algérie, ce qui est k peine plus sérieux, ou enfin que la ventilation possédât un pouvoir dessécliant tel, que tous iesi^ratns dussent être ramenés promptement à l'état sec. Cette dernière hypothèse exige d'être discutée^ et M. Doyère consacre a cette discussion un passage assez étendu de son mémoire, dans lequel il montre {mr les expériences mêmes qu'on se croirait le plus en droit de lui opposer, que la ventilation n a qu'un cifet très limité pour dessécher de grandes masses de grains humides. D'ailleurs, cet efiet doit varier dans une pratique aveugle, comme l'état hygrométrique de l'atmosphère elle-même, et la ventilation est un moyen aussi efficace pour humidifier les blés secs que pour sécher les blés humides. A égalité de température et d'humidité des grains, la ventilation, romparée à l'état de repos, triple la production de l'acide carbonique dan» une couche ou dans un grenier perfectionné. Tel est le résultat des expériences directes que M. Doyère a faites pour s'éclairer sur l'eifet réel de ces pratiques.
Sa conclusion- est que la seule solution qui puisse promettre, avec Tielque apparence de raisons sérieuses, de conserver les grains indéfiniment, sans altérations et sans déchet, c'est celle qui consiste à les loger sous terre, suffisamment secs, dans des vases hermétique-
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ment clos, et qui joint h ces avantages fondtimentaux Tavantagc énorme de n*enlra!ner aucuns frais autres que Tintérôt des capitaux immobiliers. Le système de constructions aujourd'hui exécuté sur une grande échelle , et qui parait propre à réaliser cette solution dans toutes ses exigences, se compose de vastes flacons de tôle très mince, préservée contre l'oxydation par un revêtement extérieur et par une enveloppe en maçonnerie de béton qui porte toutes les charges. Des regards pratiqués à la partie supérieure permettent de surveiller sans cesse, au moyen d'une sonde, les grains qu'ils contiennent, et d'obtenir ainsi sur leur état une sécurité entière. D'ailleurs, avant de les ensiler, M. Doyère détermiAc leur degré d'humidité par une application nouvelle de l'hygromètre de De Saussure, dont il a fait pour cet objet une étude toute particulière, et il sèche ceux qui sont trop humides dans une étuve réglée par l'emploi do thermomètre, emploi justifié par ses expériences antérieures, pour l'application de l'étuvage à la destruction des insectes des grains. Ces greniers, d'après ce qu'ont coûté les constructions faites à Paris et dans des conditions extrêmes de prix et d'épaisseur, ne reviendraient qu'à environ 3500 francs pour des capacités de 1000 hectolitres.
Des expériences qui ont duré près de six mois, ont justifié entièrement les prévisions dans lesquelles elles avaient été conçues. Ensilés dans le courant du mois de juillet, tous les blés se sont refroidis progressivement jusqu'à ce qu'ils aient été en équilibre de température avec le sol. Celui qui contient 19 pour 100 s'altère, mais avec une extrême lenteur; un autre qui contient 17 pour 100 d'eau, n'a éprouvé encore aucune altération; mais l'oxygène a disparade l'air qu'il contient, et est remplacé par de l'acide carbonique. Enfin, deux blés, déjà précédemment altérés, ont été ensilés après qu'on les a eu réduits, par la dessiccation artificielle, à ne contenir plus que iU et 13 pour 100 d'eau ; ils ont perdu le goût et l'odeur qu'ils avaient» et ont si peu fermenté pendant un été et un automne passés sous terre, qu'ils n'ont pas altéré l'air contenu avec eux dans les silos d'une manière appréciable.
Un peu plus tard, M. Doyère a ajouté un perfectionnement impo^ tant en assurant la destniction complète des insectes qui peuvent résister à l'ensilage dans les blés secs. II a employé à cet effet le sulfure de carbone, dont 5 grammes^ suffisent pour anéantir sans retour dans 100 kilos de grains tous les insectes et tous leurs germes, sans faire subir au grain la plus légère altération, sans lui communiquer aucune qualité nuisible, sans modifier son odeur ni son goût
11 est un document propre à compléter les renseignements que nous venons de rassembler sur l'intéressante question de la conser-
vatioii des grains, c'est le rapport de M. le maréchal Vaillant sur les greniers conservateurs, à Toccasion de Tinvention de Philippe de Girard.
« En 18àA, fea M. Philippe de Girard a présentée TExposition des produits de llndustrie, les dessins d'an projet de magasin à grains, en déclarant quMl faisait hommage de son invention an gonvemement Aucune administration pubUqœ n*ayant adopté ce projet, qai n*a pas non plus, à notre connaissance du moins« reçu d'exécution dans les établissements de Tindustrie privée, la conception de Pliilippe de Girard parait être restée sans application immédiate.
Dix ans plus tard, en 1856, M. IJenii lluart, négociant en grains, est venu proposer à l'administration de la guerre l'adoption d'un modèle de grenier qu'il a monté à Cambrai, dans son propre établissement, d'après un système dont il a pris tMrevet en 1852. Après un mûr examen de ce système, la commission supérieure des subsistances militaires ayant proposé au ministre d'en faire l'essai sar une vaste échelle, cette expérience fut aussitôt entrepfise dans les magasins de la manutention du quai de Billy.
Prévenue de ces Ikits, et croyant reconnaître dans le grenier de M. Uuartl'exécntioa presque conforme du projet oublié de M. de Girard, madame la comtesse de Vernède, nièce de ce dernier, mue par un sentiment de piété pour la mémoire de ton oncle, a revendiqué pour lui la priorité et l'honneur de l'invention. Afin qw la question fût jugée souverainement, elle a prié l'Académie d'en vouloir bien connaître, et lui a présenté, à l'appui de sa réclamation, les dessins et les mémoires de Philippe de Girard.
Les pièces communiquées par madame de Vernède renferment une exposition complète, sinon détaillée, du système de grenier de l'illustre inventeur de la filature mécanique du lin.
Ce grenier se compose d*ime réunion de silos extérieurs, rangés les uns à côté des antres, et formés par des cloisons en bois ou en maçonnerie reposant soit sur des poteaux, soit sur des voûtes. Chaque silo est terminé à sa partie inférieure par one trémie ou pyramide renversée construite en tôle ; tous sont fermés «et recooTerts par un plancher commun percé d'ouvertures pour verser le blé. Une ooîerlure pratiquée à la partie inférieure du fond pyramidal de chaque silo est firmée par une coulisse qui permet ou arrête à volonté la sortie du grain.
Le remtiage du blé s'opère, à l'intérieur de chaque silo, au moyen d'un chapelet à godets placé, suivant Taxe du silo, dans une galno verticale ouverte à sa inrtie Inférieure, laquelle est suspendue à un décimètre environ au-dessus du fond de la trémie. Le blé peut ainsi passer par-dessous le bord inférieur de la gaine et remplir toujours le sommet de la pyramide. Là il est pris par des godets da chapelet qui l'élèvent et le déversent sur un crible en toile métallique placé à impartie supérieure du silo; ce crible laisse glisser le blé sur le sommet du tas et fait tomber dans une boite, mobile sans doute, les petits grains et les charançons. U moufement de rotation est donné à l'axe supérieur du chapelet soit par une n^nivellc, soit par une mactiine à vapeur.
La ventilation s'opèit an moyen d'un courant d'air que l'on force à passer à univers toute la masse du grain renfermé dans le silo. A cette elfet, la trémie en ^le est garnie sur ses quatre laces intérieures d'une série de planchettes inclinées
qui, comme des lames de jalousie, se rccouirent mutuellement en laissant entre elles un espace ?idc pour le passage de Pair. Ces planchelles ne reposent pas immédiatement sur les parois du fond, mais sur des supports qui les soutiennent à un pouce environ au-dessus de ces parois, de manière à former un entre-fond où Tair peut circuler librement. On peut, dit l'inventeur, an mo^ de ceue ' disposition, forcer Tair à traverser la masse du blé, soit en le comprimant daas Tentrc-fond, et dans ce cas, Tair passant entre les planchettes monte k travers la masse et va sortir par la partie supérieure ; soit en produisant un vide partiel dans Tenire-fond, et dans ce cas, Tair extérieur est forcé de descendre à travers la masse du blé, en vertu de la pression atmosphérique: c'est ce dernier moyen que préfère t>hilippe de Girai-d.
A cet eflfet, il place, au-dessous de chaque série longitadlnale de siloa, aa canal qui règne dans toute la longueur du magasin et qui communique, par des mbes, avec l*enlre-fond de chaque silo. A Textrémité de ce canal* un ventilaleor à force centrifuge extrait Pair des tuyaux et produit, par suite, un courant d^aérage de haut en bas, à travers la musse des grains emmagasinés.
Tels sont les traits essentiels du grenier de Philippe de Girard. Nous noai sommes attaché, en les exposant sommairement, ft reproduire le plus tcxloellement possible la description môme de l'inventeur. C'est asseï pour permettre d'apprécier le mérite du projet.
Les silos, soit souterrains, soit construits au^essus du sol, offrent ravantage incontestable de contenir, dans un espace donné, une plus grande quantité de grains que toute autre espèce de magasin, ils semblent aussi posséder, mieax que tout autre grenier, la propriété do mettre le blé à Pabri des lardns.
Ce dernier avantage parait surtout avoir frappé Philippe de Girard, qui sVlait proposé particulièrement Pétude d'un grenier d'abondance, dans lequel divers propriétaires pourraient déixiser leur récolte, avec toute garantie d'une bonae conservation et en toute si^curité contre les vols et les substitutions.
Mais, on Pa dit depuis longtemps et mainte expérience l'a prouvé, si le blé se garde fidèlement dans les silos, il no s'y conserve pas dans Pimmobilité, sousk climat du >'ord, et il est indispensable do Pagller et de Paérer, pour eu éviter U détérioration.
l'hilippe de Girard a reconnu, comme ses devanciers, la nécessité de cette double opération ; mais, toujours préoccupé de la condition de sécurilé f^ dominait le problème qu'il s'était imsé, il s*est ingénié à trouver le m^iyen d'exécuter la manutention du grain à l'intérieur même de chaque silo. G'eai, nossle répétons, le caractère particulier de In solution qu'il a proposée pour l'emmigHi* nage des blés, et de \h les inconvénienis ({ue l'examen fait reconnaître dans ni appareil.
Ces inconvénients consistent dans le défaut d'énergie de la manutention. Il J * lien de croire, autant qu'on peut le préjuger, en l'absence de toute expérieacif que les procédés de remuage et de ventilation proposés par Pliilippe de Gim^ ne s'opiMseraient pas avec efiicacité ù la fermentation du grain emmagaiioé jtf grandes masses.
En elTet, le gi-ain n'est véritablement remué dans le silo qu'an moment oiil est pris au fond de la trémie par les godets du chapelet, et surtout au oioaeii où il est déversé par eux sur le crible et de là sur le sommet du taa. Ije lloa1^
ment descensioDoel de la marâe du graiD dans le silo, moaTement très lent et sans agitation» ne constitue pas un remuage*
Or, en admettant que le traYail du chapelet procure on remuage suffisant, ce qui n^est pas démontré pour nous, encore faudrait-Il que toute la masse du grain y participAU II est fort douteux qa*il en arrive ainsi dans le silo de Ptiilippe de Girard.
On sait, en effet, que si Ton pratique une ouverture dans le fond d*un vaisseau
quelconque rempli de blé, Pécoulement s'opère suivant un cône très peu ouvert,
dont les sections liorizontales sont partout semblables à la figure de Toriflce de
tortie. Le sommet du tas, d'abord horiiontal, sMnfléchit peu ii peu, des parois du
récipient au centre du cône, suivant un talus de 80 degrés environ, et toOt
Miour du cône en mouvement le grain reste immobile, de sorte que, si les grains
de blé écoulés sont, par un mécanisme quelconque, rejetés sur le tas au fur et A
Biesare de leur sortie, il arrivera que ces grains seuls recevront un mouvement
continu, auquel la masse ne participera pas.
Il est propable que ce phénomène si différent de ceux que présent<*nt les fluides, doit se produire dans le silo de Philippe de Qirard, bien que le chapelet occupe Tane do cône en mouvement et malgré rindinaison des faces de la trémie, il y a lieu de craindre que les godets reprenant sans cesse et exclusivement, en Ims de leur course, les grains qu'ils ont élevés et rejetés sor le sommet du tas, ne donnent le mouvement qu'à une minime portion, toujours la même, delà masse emmagasinée.
On ne saurait donc pas beaucoup compter sur refOcacité de ce remuage, piD* biblement incomplet ( et mallieureosement le procédé de ventilation mis en r «Qvre par Philippe de Girard ti'esi pas de natui-e à stippléer A cette insuffisance f de la manutention.
f U ne suffit pas en effet d'aérer le blé en vase clos pour le rafraîchir, il fàot en outre le ventiler à l'air libre pour le porger de la poussière, des matières étrangères, des grains cariés et cloques, des détritus animaux et végétaux qui s^ trouvent mêlés et qui liâtent sa fermentation. L'aérage, comme le pratique f Philippe de Girard^ c^st-A-dire on courant d'aspiration ou d'insufflation traversant la couche de blé dans le sens de sa hauteur, à savoir dans le sens de sa plus grande dimension, et n'ayant qu'une issue étranglée, serait sens doute impuissant i dégager le grain des impuretés qu'il contient, et A prévenir la contagion que i en impuretés développent 11 ne saurait surtout suffire, sans le complément d'nne i citation qui semble manquer ici, à arrêter la reproduction et les ravages des I iaectes. Pendant les jours humides, d'ailleurs (et le mauvaise saison, dans nos ciiaiats, en amène souvent de longoes séries continues), le Jeu du ventilateur devra être suspendu, ainsi que le recommande Philippe de Girard loi-même. •Montons que l>ien des causes inhérentes à la difficulté de la construction vien^ drent s'opposer, en outre, au fonctionnement régulier du ventilateur, lequel «tigela fermeture hermétique des parois de chaque silo et des canaux d'aspl- ^lion.
Ainsi, selon toute apparence du moins, car, à défaut d'expérimentation du système nous ne pouvons l'apprécier qu'A l'aide d'Inductions théoriques, la com- ^lifon de Philippe de Girard présente un égal défaut d'énergie dans les procédés du remuage et de la ventilation, double opération si essentielle pourtant
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pour assurer la bonne conservation des grains. L'imperfection tient, on le Yolt,ii cetic obligaiion rigoureuse, que Philippe de Girard avait crosimposerd^exécoler Ja manutention en vase clos, sans que la main de l'homme pût approcher do grain. Le génie de Tinventeur n'a pu lutter victorieusement contre les difficolléi de cette condition restrictive, dont il nous parait s'être étrangement exagért l'importance en général, et qui nous semble n'en avohr ime réelle que pour le cas particulier du magasin banal qu'il avait en vue.
Nous croyons hors de notre sujet de discuter ici les conditions économiqaesde rétablissement et du fonctionnement de ce mécanisme. An point de vue où TAeidémie doit se placer, cette question est dn moins toute secondaire ; et il est pl« intéressant de rechercher quelle est la part d'invention et de propriété scientiiqiie qui doit revenir à Philippe de Girard dans la conception de Tappareil que mm venons de décrire.
L'idée de remuer le grain dans les silos n'est pas nouvelle, et Philippe de Giranl ne songe pas à en revendiquer l'invention.
« On a proposé depuis longtemps, dit-il, des magasins en forme de tour crème que l'on remplirait de blé, et dont on retirerait de temps en temps qoelqnei mesures par la partie inférieure pour les reporter à la partie sopérlenre, ce qtri occasionnerait nécessairement un mouvement sur toute la masse. >
Ajoutons que Dartigues a proposé de conserver le grain en le plaçant dans une série de trémies superposées les unes aux autres, et par lesquelles toute la masse de blé s'écoulerait successivement pour être successivement reportée de la trémie inférieure à la trémie supérieure. « Mais, dit Philippe de Girard, as manœuvres, qui, pendant le travail, mettraient le blé à la discrétion des oavrien, priveraient cette sorte de magasins d'un des principaux avantages que J'ai ci vue..., et j'ai dû trouver un nouveau moyen pour exécuter l'opération dans chique silo sans en retirer le blé. J'emploie, à cet effet, un appareil que j*ai vu dm un grand nombre de moulins en Angleterre et qui sert à élever le blé du rex-de* chaussée aux étages supérieurs. 11 consiste en une chaîne sans fln, qui porte om série de godets, et qui est suspendue entre deux axes prismatiques autour do» quels elle se meuL On voit que cet appareil n'est autre que le noria ou chapdet que l'on emploie fréquemment dans le Midi à l'élévation des eaux. »
Ainsi, de l'aveu même de l'hilippe de Girard, ni l'idée de remuer le grain des silos, ni le procédé qu'il emploie dans ce but, ne sont à lui. 11 n'est en posscaiiNi que de la combinaison qui consiste à opérer le mouvement dans Tintérieur mèM du silo.
Quant au procédé de ventilation proposé par Philippe de Girard, IHnvenlioi en appartient tout entière à Duhamel du Monceau. Cet illustre agronome, apiès avoir, lui aussi, renfermé le blé dans de grandes caisses de forme cubiqne, a ei également l'idée de faire traverser la masse du grain par un courant d'air. It insufQa d'abord ce courant au moyen de simples soufflets en cohr, puis à Vûk de ventilateur à force centrifuge, et enfm avec le soufflet de l'ingénieur aiiglii* Halos.
Il consacra longtemps sa patience et ses soins à ses expériences d'aérage,(i sans doute le résultat de ses essais ne lui inspira pas une pleine confiance, p^ qu'il jugeait nécessaire de dessécher préalablement, dans des étaves dnofi^ Jusqu'à 90 degrés, le blé qu'il confiait à ces caisses ventilées.
A une époque plus rapprochée de nous (1841), mais antérieure encore au projet qui nous occupe, hU Vailery, dans son ingénieux modèle de grenier mobile, bien connu de Philippe de Girard, qui en fait mention dans son mémoire, fait aussi passer un courant d'air au travers du blé qu'il emmagasine.
Ici encore Philippe de Girard s'est borné à suivre une route déjà frayée, sans y imt on pas de plus que ses devanciers.
Ainsi, et pour nous résumer, nous pouvons assurer, sans crainte de nous montrer injuste envers un homme qui a d'ailleurs de si nombreux et de si grand» tlues à la qualification d'inventeur, que le grenier de Philippe de Girard n'est rien autre chose qu'une combinaison, projetée en vue d'cme application toute particulière, des procédés connus avant lui pour l'emmagasinage et la conservation des blés. Cette combinaison lui appartient, mais aucime partie du mécanisme qui la compose n'est sa propriété.
Cette conclusion nous diq»enserait, à la rigueur, de l'examen comparatif du grenier de M. ilenri iluart, à qui le reproche a été adressé d'avoir emprunté* ans modifications notables, les principes et les procédés de Philippe de CriranL Mù» Timportance qui s'attache au grand problème de la conservation des grains (ait on devoir à l'Académie de ne laisser passer inaperçu aucim des efforts sérieosenient tentés pour le résoudre.
Le grenier que Al. Uuart a construit à Cambrai est d'une contenance d'environ 10 000 hectolitres. Il est divisé en dix compartiments verticaux, recouverts d'un pbBcher commun et ayant cbacun dans œuvre 10 mètres de liauteur, U mètres de longueur et 3 meures de largeur.
Us parois de chaque compartiment sont formées par un coffrage horiiontal de pUaches de sapins assemlilées à rainures et languettes, et clouées sur des monunis également de sapin, qui sont espacés d'un mètre. Pour résister à la poussée da grain, les montants opposés sont reliés deux à deux par des tirants de fer rond» ao nombre de six. De la partie supérieure à la partie inférieure du grenier, l'espacement de ces tirants diminue progressivement* en même temps que leur force augmente jusqu'au diamètre de 25 millimètres.
Le fond du compartiment, formé par un coffrage semblable à celui des paroiSi otdbposé suivant une double pente à Ub degrés, ets'appuie sur des poutrelles de apin espacées d'environ 35 centimètres, qui reposent sur des semelles de chêne portées par im mur de maçonnerie. Il présente ainsi deux angles dièdres de M degrés, à la saillie desquels une ouverture de ô centimètres de largeur est ■énagée sur toute la longueur de l'arête, pour l'écoulement du grain. Des trappes, disposéesentre chaque cours de poutrelles, s'ouvrent et se ferment à volonté pour donner ou arrêter récoulement.
Un conduit mobile, .qui peut glisser au-dessous de chaque trappe, reçoit le grain à sa sortie du compartiment et le déverse dans un auget horixontal, parallèle aux arêtes du iond.
Le grain est mis en mouvement, dans cet auget, par une vis dont la spirale porte à chaque pas ime petite palette qui le retourne, comme ferait un coup de pelle, et il est conduit par cette vis dans un petit réservoir, où il est reçu par les godets d'un élévateur juxtaposé à la paroi extérieure du compartiment. Cet ^fateur consiste en une courroie sans (in, enroulée verticalement sur deux poolies, dont l'inférieure, recevant l'axe carré de la vis, en règle le mouvement,
TAMblBU. — - INCT. D*BYC. T. 1. 16
et dont la sapérieure est commandée par un arbre de coacbe longitudinal armé de poulies, qui, placé au-dessus des compartiments, est mû par une machine I ▼apear disposée à Tétage supérieur du magasin.
Les godets de l'élévateur, après a?oir transporté le grain aa-deaaiia du oonpartiment dans lequel il était renfermé, le déversent, au OMyeii d^iin eoiidBlt,8iir le plan incliné d'un crible ventilateur mis en mooveBMnt par l*élé¥ateiir fari* même, he grain y est rafraîchi et débarrassé de la poussière, det ballea, des grenailles, des insectes, vers, aludtes et charançons qull contenait ati rnooNal de l^mmagasinage. Ainsi nettoyé, il glisse sar le plancber supérieiir du compartiment, dans lequel 11 retombe en pluie par ane fente étroite ménagée dans le plancher.
Le monvement descensionnel da grain dans IHotéfienr des companiraetfs s^opère par tranches verticales et par couches horiaontales, de telle aone qaH suffit d*onvrir successivement chacune des trappes disposées entre las pomrelles dn fond poor que tout le blé emmagasiné ait été remaé. Le travail des godMi restant le même, on peut, en ouvrant unenrappe seulement on plnsietin tnp^ I la fois, cVst-à-dire en donnant le mouvement à ime on piusleara traBCfem verticales de la masse du grain, accélérer ou retarder Técoulement partiel, siivut que la qualité du blé le rend convenable. Cette considération a conduit M. Hmrt à négliger remploi plus simple, mais trop régulier, d'un mécanisme pour la manceuvre des trappes.
Pour régler le mouvement descensionnel et en assurer la conllntdlé« M. HoHt a rencontré de grandes difficultés, par suite du phénomène que npits avoaa n^ pelé tout h l'heure, et qu'il a rencontré dès ses premiers amiia, loraque, afaat d'abord disposé le fond de ses compartiments sotis la forme d^una trémie prtom tant une ouverture unique et carrée, il remarqua qull ne s*opérait point de gUssèment sur les plans inclinés de cette trémie, et que le débit de IVMrifice da WHik m lx>rnant à rejeter sans cesse les mêmes grains que Télévatenr rameMil sms cesse au sommet, toute la masse du blé restait immobile.
Or, il fallait donner le mouvement à toute la masse, et c'est dans oa Irat qie llnvenieur a substitué au fond de trémie la disposition ci-dessus décrite, qui fiiit écouler le grain par tranches verticales suoccessives, ayant pour liaoteur Oili dn compartiment et pour épaisseur l'intervalle compris entre deux poutreiks voisines. En outre, pour assurer le mouvement de chaque tranche sur toute n longueur, M. Huart a divisé le fond du compartiment pat* plusieurs séries dl diaphragmes inclinés à 65 degrés, dont les intervalles et les dimenaioiia ont M calculés de manière à livrer simultanément passage, sur toute la longueur dt k tranche, à une même quantité de grain qui s'écoule avec tme vitease rendue «!• forme par l'égalité du frottement.
L'effet de cette disposition ingénieuse est de forcer la masae antière da k ma* che à contribuer régulièrement au débit de Torifice de sortie, eu déiemiBiat au mouvement général de descente qui entraîne le grain par coudiaa InriaBtaies. La régularité de ce mouvement peut être constatée au travers de laoMsds verre que M. Huart a disposéesdans le coffrage d'un des compartiments extrêBNi de son magasin.
Le frottement continuel que la tranche en mouvement exerce contre la traacke voisine, contre les parois verticales du compartiment et contre les plans iacUséf