‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 3)Chapitre 49 sur 169 · BLÉ. 2M · texte numérisé non relu

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do fMid et des diiphngmeB, celoi que les diverses colonnes de la même tranche exercent les unes contre les autres en se présentant concurremment aux ouvert tores des diaphragmes et à Torifice de sortie, constituent un Yéritable brossage dont TactloB rend plus efficaces encore le retournage du grain par la vis et soo netioyase par le crible.

Une machine à vapeur de la force de quatre chevaux donne le mouvement au ifstème ; on homme suffit à diriger et à surveiller le fonctionnement de ce mécih ■isme dont le jeu retourne, en moins de vingt-quatre heiures^ les 10 000 hecto* lilrcs emmagasinéfii

On voit que* dans le grenier Huart, le mouvement et Taérage sont continuels et énergiques. Le blé, s^écoulant par Torifice de sortie, glissant par petites nappes dans Taugec inférieur, conduit et retourné par la vis, reçu par Télévateur, trans* yorté par des godets au sommet du grenier et rejeté par eux sur le cril)le, rafraîchi et ventilé par oe criiile et retombant en pluie sur le sommet du tas, est remué éthà manière la plus complète, et tous les grains, sans exception, re^vent à ploémn reprises la salutaire influence des courants d'air.

Qtt diverses opérations dégagent si parfaitement le blé des impuretés qui y étaient mêlées, qu^après un mois de séjoor dans le grenier, il ne donne plus ^*an déchet de 0,50 pour 100 au nettoyage ordinaire de meunerie*

La dcsiiccation du grain s*opère, dans le grenier Huart, par le seul Ibnctionne* ■entde la machhie. Do blé emmagasiné humide y acquiert bientôt de la coria* cké et de la souplesse, devient brillant, glissant à la main et sec à ce point, que IL Boartf'qui est aussi meunier, se voit parfois obligé, pour lui rendre le degré ilniBiidilé convenable à la montore, de le soumettre & un Jet de vapeur quelques iKores avant de l*tenvoyer au mouUn.

àpiès avoir vu fonctionner le magasin de AI. Huart« à Cambrai ; après en avoir éhcaté le mérite et reconnu les avantages, la commission supérieure des subsismilitaires en a recommandé remploi au ministre de la guerre, dans les suivants :

« De quelque perfectionnement que le système de M. Huart soit encore Mceptilile, nous pensons qu'il réunit dès aujourd'hui, tel que Thiventeur le présente, toutes les conditions désirables pour la conservation des grains, I «fsir:

• fiœnomie d'étahlisaementf ftJble dépense d'entretien, capacité considérable, wmvement périodique ou continu de toute la masse du grain, ventilation, nettoyage, entretien d'une température basse, dessiccation progressive et préservation fa insectes et des animaux rongeurs.

> Nous sommes convaincus, par suite, que l'adoption du magasin Uuart dans le service des subsistances militaires procurerait à l'administration de la guerre <lei ivaniages qu'elle a vahiement cherché à réaliser jusqu'à ce jour. L'applica* Ihoée ce système lui permettrait désormais d'entretenir, sans déchet de conser- ^tioo, sans frais extraordinaires, les approvisionnements de réserve qu'elle Nrrs former pendant les années d'abondance; de centraliser le service de la ■iDDtention des grahis dans quelques grandes places de l'intérieur ; de créer de ^uies entrepôts dans nos principaux ports de l'Océan et de la Méditerranée ; de f^SDir enfin, au moment du besoin, sur tel point déterminé de notre territoire, loote la quantité de blé nécessahe à l'alimentation d'un rassemblement inopiné.

« Enfin, el surtout, la nourriture du soldat serait désomiais assurée dans des conditions de salubrité que notre système actuel d^emmagasinage n^a pas toujoars permis de remplir, surtout lorsque Tadministration, contrainte, ao moment des disettes, à faire des achats considérables sur les marchés étrangers, a dû entasser dans ses greniers des blés de toute provenance et d'une conserYatioa dilBcile. »

Le ministre de la guerre a accueilli les propositions de la commission, et ii a décidé, au mois de juillet dernier, qu'un grenier du système Hoart, de la capacité de 20,000 hectolitres environ, serait établi dans les magasins du qoai de Billy. Ce grenier est aujourd'hui terminé, et il fonctionne depuis plusdHin mois; les résultats de l'expérience ont justifié ju&qu'à ce jour les espérances de l'administration (1).

La description que nous venons de donner des greniers de M. Quart sofifa sans doute à l'Académie pour lui permettre de reconnalre que leur seul rapport avec les greniers de Philippe de Girard consiste dans le principe dePemmagasiaement par grandes masses, avec mouvement et aérage. Ce principe n'est la propriété ni de celui-ci, ni de celui-là, il est dans iedomame public depuis un sièd^

Quant aux procédés mis en œuvre pour le i-emuage et la ventilation, ils difièrent de la manière la plus notable dans les deux systèmes.

M. Iluart, en négligeant de s'astreindre à la condition de renfermer la manotention dans l'intérieur des silos, condition que la surveillance des grands établissements publics rend superflue, a résolu d'une manière ingéniease leproUèmede l^écoulement régulier du grain ; tandis que Philippe de Girard, en négligeant de résoudre cette difficulté, qu'il ne parait pas même avoir soupçonnée, a probablement manqué le but qu'il se proposait d'atteindre. SI M. liuart emprunte, comae son prédécesseur, le mécanisme du chapelet, c'est dans des conditions dilKreiilcSi car cet appareil n'a guère dans son système que le rôle d'élévateur, le remaife du grain étant opéré par d'autres mécanismes; tandis qu'il remplit à Iniseil celui d'agitateur dans le système de Philippe de Girard, Enfin, le mode d'aénge en vase clos de Philippe de Girard ne trouve aucune application dans le grenier de M. liuart, qui ventile, à Pair libre, le blé retiré des silos.

Sans nous immiscer dans une question de propriété, qui est du ressort dei tribunaux, et nous bornant à l'examen que nous venons de faire des dispositi&cl appareils proposés jusqu'à ce jour pour la conservation des blés, nous crofon devoir déclarer qne celui de M. Huart est supérieur à tous les autres, et qn'à loi

(1) Vers 18A8, un système de grenier fondé sur les mêmes principes avait étépro* posé à l'administration de la guerre par M. Garnot, employé des subsistances mlHtairtf en Algérie.

Le eoffrcmagasin de M. Garnot est on silo extérieur terminé par on fond &etxémt Le blé s'écoulant par Touverture de la trémie, est reçu par les godets d^on ëénUBfi juxtaposé au silo, qui élèvent le grain et le rejettent sur un crible, d'où il retombr ffi le tas.

Pour aérer le blé, M. Garnot propose de ménager dans le silo t des traverw tjast la forme de toits, et destinées à proléger les courants d'air intérieurs que l'on obtiefl en pratiquant des ouvertures dans les parois aux extrémités de chacune des trafcncs»*

On voit que le procédé de remuage de M. Garnot est à peu près le même qoecdsi de Philippe de Girard, et donne lien aux loéoies critiques. Quaut à son procédé d*i^ rage, il serait, sans nul doute, complètement ineflicace.

fient rhonnear d'avoir le mieux résolu jusqo^à ce jour cette question iinporlie.

Si parmi les nombreux problèmes que s^est proposés Philippe de Girard, et lot il n'a pas toujours poursuivi la solution jusqu'au succès, il en est quelquesis qui ont été plus heureusement abordés et résolus par d'autres, sa mémoire I saurait en souffrir, et il a rendu d'assez grands services à l'industrie pour que place soit toujours marquée au premier rang des inventeurs utiles. Les conclusions de ce rapport sont adoptées.

La carie attaque le blé sur pied ; et comme elle est très contagieuse, « grains sains auxquels elle s'attache la transmettent inévitablement la récolte suivante. Le grain carié est un peu plus petit qu*à Tordilire, légèrement ridé, un peu grisâtre, et rempli d'une poudre noire, itide, qui ne paraît pas à rextérieur pendant la végétation du ornent. C'est cette poudre qui s'attache aux grains sains et leur commnique la faculté de transmettre la maladie. Lorsqu'elle est abonante, elle communique à la farine une odeur désagréable, et irait la rendre malsaine. On ne peut s'opposer au développement e la carie dans le blé sur pied ; mais tous les efforts doivent tendre débarrasser les grains sains de la poussière contagieuse qui a pu s'y ttacher et qui menace d'infecter la récolte suivante. Le moyen auquel aa recours consiste à soumettre le grain à l'action d'une substance ropre à altérer la poussière de la carie, sans nuire au grain lui-même : 'est cette opération qu'on a appelée chaulage. Quant à la conservation des blés récemment coupés, des instrucioQs dont nous allons donner le texte sont publiées par les soins du oinistère de l'agriculture, du commerce et des travaux publics.

« Il convient de signaler d'abord le procédé que M. Mathieu de Dombasle indique. Dans les étés excessivement pluvieux qui se sont nccédé de 1828 à 1831, je me suis très bien trouvé de l'adoption l'une méthode usitée dans quelques cantons de la Normandie, et qui consiste à mettre le blé, après le faucillage, en menions ou ^jfettes, et j'ai reconnu que, dans toutes les circonstances, le grain T acquiert une qualité supérieure à celle du blé qui a été traité virement. J'ai continué, depuis cette époque, à faire mettre en nueulons presque tous mes blés. Cette méthode convient également à l'orge, et je ne pense pas qu'il existe aucun moyen aussi assuré de sauver celte récolte de toute avarie dans les saisons pluvieuses. Ces menions se font de la manière suivante :

» On place sur un endroit sec et élevé des champs une javelle <!ue Ton replie sur elle-même vers le milieu de la longueur de la paille, en sorte que les épis ne posent pas à terre, mais viennent l'appuyer sur l'extrémité opposée de la javelle. Un homme, auquel

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cinq 011 six femmes appoiionl snoccssivemcnl les javelles, construit le meulon en les plaeanl eiieulairementaulour de la javelle repliée, tous les opis dirigés au eenlre et reposant sur cette javelle ; en sorte que le meulou a pour diamètre deux fois la longueur des tige$ du froment (1). Sur le premier rang des javelles, il en pose un second placé de môme, et continue ainsi, en maintenant d'aplomb les parois circulaires du meulon, jusqu'à ce que celui-ci soit panrenu à la hauteur d'environ un mètre. Tous les épis étant réunis au centre, ce point se trouve plus élevé que le pourtour, circonstance fort essentielle, parce que tous les brins de paille ayant ainsi une pente vers le dehors du meulon, l'eau qui pourrait s'y insinuer tend toujours à s'écouler au dehors. Lorsque le meulon est arrivé à cette hauteur, on continue à l'élever de môme, mais en croisant toujours un peu plus les épis au centre, ce qui diminue graduellement le diamètre du meulon. Lorsque celui-ci est arrivé à la hauteur de 1 môlre 65 centimètres environ, le centre se trouve fortemeot bombé et en forme de cône ; on le couvre alors d'une gerbe liée près de son extrémité inférieure, en la renversant sur le sommet du cône, et l'on arrange avec soin les épis tout autour, afin que toute la surface- du cône soit également couverte. Lorsque les grains ne contiennent pas beaucoup d'herbes vertes, et qu'ils ne sont pas mouillés au moment où on les faucille, on peut les mettre en menions immédiatement après quHls ont été coupés, quoique la coupe ait été faite avant une complète maturité, comme je l'ai dit tout à l'heure. Dans le cas contraire, il faut attendre qu'ils soient passablement ressuyés ou que Therbe soit du moins amortie ; mais on peut : toujours mettre le grain en menions beaucoup avant l'instant où fl \ serait possible de le sernM- dans les granges, on môme de le lier en ^ gerbes. Uni» fois qu'il est en menions, il peut y rester huit à quinze jours, ou mènie davantage, jusqu'à ce que le temps et les autres travaux permettent de s'()eeuj)er de U' rentrer; il n'y souffre aucune intempérie, la niaturilé du grain s'achève très bien, celui-ci prend une très belle qualité. »

(i) A RofiUe, on employait aussi pour la confi?cliofi du meulon, Mivtiit ee^ rapporte M. Antoine dan<^ la Maison rustique du XIX* iiêde* la mélliode saifult :

• Après avoir aplaui grosûèrcmcnt le sol en ie foulant aai pieds, oa dépote tKktft lairement trois javelles disposées de niani^re que les épis ne touchent pat le nU Sv ccH^ première base on place circulairement un rang de javelles, les épis coDteifeant vers ^ centre et se touchant en ce point. On continur ù disposer pareillement plosienn lil' successifs jusqu'à ce qu'on soit arrivé à une hauteur de 1 mètre 33 centhnèlies enviroi» Alors les couches de grains se placent de manière que les épis se crobeat aa emân, ^ qui ne tarde pas à élever ce point au-dessus de tous les autres. La paUlc pread ^ inclinaison de haut en bas comme un toit) disposition qui facilite IVcmileBcal pluviales. »

M. Crepet, propriétaire du département de la Seine-lnférieuiv, a appelé dernièrement un procédé constamment employé, depuis 1816, iST la plupart des cultivateurs de ce département et de celui de "Eure, dans le même but, et qu'il décrit ainsi :

a A mesure que le blé est coupé, prendre successivement, en ilnsieurs brassées, une quantité de tiges équivalente à cinq ou six ^rbes du poids de 15 kilogrammes ou environ; les mettre delK)ut, les lier au-dessous de Tépi avec quatre ou cinq autres tiges, snsuite; enfin les couvrir d'un chapeau formé de deux autres brassées, appliquées Tépi en bas, et qu'on assujettira avec un second lien plus fort et plus long que le premier.

• A l'aide de ces précautions, qui ont du rapport avec ce qui se ^tique pour le chanvre, la pluie ne fera que glisser le long des fi^ ; et alors même qu'elle aurait duré deux ou trois semaines, on pourra profiter du premier jour de beau temps pour mettre en gerbes, sans autre dommage qu'une légère altération peut-être de la paille, à la circonférence du chapeau.

» Ce procédé, qu'il serait si important de voir se propager, a depus longtemps remplacé l'usage des javelles dans le département de la Seine-Inférieure. Il n'exige guère plus de main-d'œuvre, dans le cas même où un temps favorable permettrait de la négliger, et 0 en peut coûter beaucoup moins si un temps contraire mettait les cultivateurs dans l'obligation de tourner et retourner les7at;^//^;il a d'ailleurs l'avantage de rendre la dépense de main-d'œuvre certainement utile, tandis que les javelles, quoique tournées et retournées, n'oSirent plus, après plusieurs jours d'un temps humide » qoe du grain et de la paille avariés.

» Une expérience de plus de trente années a fait reconnaître : » 1* Que le blé destiné à être mis en villoties (tel est le nom donné, dans la Seine-Inférieure, à la petite meule que nous avons essayé de décrire) peut être coupé avant son entière maturité; qu'âne fois dans cette position, il achève de mûrir et profite encore dans une proportion plus remarquable que le blé resté en javelles;

» 2'' Que sa couleur plus belle lui fait donner la préférence dans les marchés, et lui assure un prix plus élevé de deux francs au moins par sac de 200 kilogrammes (deux hectolitres et demi);

> l^ Que la villottey dans les localités où elle est en usage, a procuré une plus grande valeur aux récoltes sur pied, parcela seul qu'elle garantit à l'acheteur la conservation de ce qui lui a été vendu ;

n Et 4* que, grâce à ce procédé, le grain s'échappe moins facilement de répi, et qu'il est en outre à l'abri des atteintes de la grêle, a Les cultivateui's qui ont adopté cet usage s'en sont si bien trouvés, qu'ils l'ont étendu à la récolte des seigles et des avoines,

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