‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 3)Chapitre 56 sur 169 · LA SEINE · texte numérisé non relu

LA SEINE

IMvr les »•■»•—, pMllllaseii) érm^&em vm Ikivevni.

•fîMur faciliter aux confiseurs et iiquoristes les moyens de reconnaître les subkMCs ootorantes qu*il est permis d^employer et celles qui sont défendues par la Irfiente ordonnance, il est convenable de les désigner ici sous les divers noms p\ù leur donne dans le commerce, et de faire suivre cette nomenclature de Tinkaiion de quelques procédés simples et faciles.

Couleurs bleues. ~ L'indigo, le bleu de Prusse ou de Berlin , Toutremer pur. ^ eooleurs se mêlent facilement avec toutes les autres, et peuvent donner toutes Cl teintes composées dont le bleu est Pun des éléments.

Couleurs rouges. — La cochenille, le carmin, la laque carminé, la laque du iMiil, i'orseilie.

Couleurs jaunes. — Le safran, la graine d* Avignon, la graine de Perse, le IKrdtron, le curcnma, le fustet, les laque^ alumineuses de ces substances.

Les jaunes que Ton obdentavec plusieurs des matières désignées, et surtout ICC les graines d'Avignon et de Perse, sont plus brillants et moins mats que ceux pe donne le jaune de chrome, dont Tusage est dangereux et prohibé.

Couleurs composées. — Vert, — On peut produire cette couleur avec le mémfie du bleu et diverses couleurs jaunes ; mais Tun des plus beaux est celui KTon obtient avec le bleu de Prusse ou de Berlin et la graine de Perse ; il e le cède en rien, par le brillant, au vert de Schweinfurt, qui est un violent

Violet. — Le bois d'Inde, le bleu de Berlin ou de Prusse* Par des mélanges Mvenables, on obtient toutes les teintes désirables.

Pensée. — Le carmin, le bleu de l^russe ou de Berlin. Ce mélange donne des iites très brillantes. Toutes les autres couleurs composées peuvent être pré- ■ées par les mélanges des diverses matières colorantes qui viennent d^être tfqoées, et que le confiseur ou le distillateur sauront approprier à leurs

Le liqooriste peut faire usage de toutes les couleurs précédentes ; mais quel- Mt autres lui sont nécessaires. Il peut préparer, avec les substances suivantes, fcrtes couleurs particulières : pour le curaçao de Hollande, le bois de Gamlebe : pour les liqueurs bleues, l'indigo dissous dans l'alcool ; pour Tabsinthe, «fran mêlé avec le bleu d'indigo solublo.

TAllNEr. — DICT. D*nTG. T. I. \1

têulêHiMneem dont 11 eM défendu de faire uKaice pour e«l«rier le»

paittlllaffeii. draxéeii et llqaeurfi.

Les substances minérales en général, et notamment : les oxydes de cuivre, les cendres bleues ; les oxydes de plomb, le massicot, le miniam ; le salfore de mercure ou vermillon; le jaune de chrome, ou chromate de plomb; le fcit de Schweinfurt, le vert de Scheele ei le vert métis ; le blanc de plomb, connu sons les noms de céruse ou de blanc d*argent. (Voyez, pour les substances minéralei permises, celles qui ont été désignées plus haut.)

Les conflseurs et liquoristes ne doivent employer, pour mettre dans leon liqueurs et décorer los bonbons, que des feuilles d'or et d*argent lins. On lut actuellement du chrysochalque presque au même degré de ténuité que Tor; cette substance, contenant du cuivre et du zinc, doit éti*e prohibée.

On ne devra jamais employer Tacétate de plomb ou sucre de Satarne dans la préparation dos liqueurs, cette matière étant vénéneuse.

Papiers servaiii à envelopper les bonbons, — Il faut apporter beaucoup de soin dans le choix du papier colorié et du papier blanc qui servent à envelopper les bonbons. Les papiers lissés blancs ou coloriés sont souvent préparés avec dei substances minérales très dangereuses.

Ils ne doivent pas servira envelopper les bonbons, sucreries, fruits confittoi candis, qui pourraient, en s'humectant, s'attacher au papier et donner Ueai des accidents, si on les portait à la bouche.

Le papier colorié avec des laques végétales peut être employé sans incQivénients.

Den proeédén à «alTre pour reeonnaitre la nature eblml^ne dea prlneifaM j matière» dont l'uKage vtti Interdit aux eonlljieuni et ll^nartote*. 1

Couleurs blanches, — I^ carlK)nate de plomb, connu dans le commerce ftfê les noms de blanc de aplomb, céruse, blanc d'argent, étant appliqué encoacbl mince, à Taide d'un couteau sur une carte non lissée à laquelle on met le fei| donne naissance à du plomb métallique qui se montre sous la forme de pelfe globules très multipliés, dont les plus volumineux égalent la grosseur de la Iflll d'une petite épingjo. Kn opt'rant cette combustion au-dessus d*une feuille dk papier blanc ou d'une assiette do porcelaine, les globules y tombent et «tf faciles à apercevoir. Les papiers d'enveloppe lissés à la céruse et les cartes dft» porcelaine, donnent nusNi lieu, quiind on les hrAle, à la production des globob de plomb; de plus, un cercle jaune entoure les parties de carte ou de pifi* en combustion.

Enfin, le carbonate de plomb et les papiers ou cartes qiil sont lissés avec Cl corps brunissent quand on les touche avec de l'eau de Barégcs non altérée (!*< de Baréges non allôrée dégage l'odeur d'ceufs pourris).

Couleurs jaunes. — Le massicot, ou oxyde de plomb, se comporte de laméBi manière que la céruse. Il rn est de ni(^nie du jaune de chrome, ou chroroalÉ* plomb ; mais il faut avoir soin do lo molor très intimement avec un quart de <i \olume de sel de nitre on poudre; le mélange ost étendu surlacarte^onenflanMB celle-ci, et les globules de plomb apparaissent à mesure que la combostioB ^

» profcrès. Cette couleur devient brune avec Teau hydrosulfurée ; il en est de ifme du massicot. La gomme-gutte délayée dans Teau donne un lait jaune qui >Qgit par Faddition de la potasse ou de Tammoniaque ; jetée sur les charbons >iiges, elle se ramollit, puis brûle avec une flamme et laisse un résidu de char- 00 et de cendres.

Couleurs rouges, — Le vermillon , ou sulfure de mercure, jeté sur des charlons ardents, brûle avec une flamme bleu pâle, et produit la même odeur que la Mrtie soufrée d'une allumette pendant sa combustion ; une pièce de cuivre rouge leuuyée an grès étant tenue au-<lessus de la fumée ou vapeur blanche, se couvre fune couleur blanchâtre de mercure métallique. Le carmin mêlé de vermillon se comporte de la même manière. Le minium', ou oxyde de plomb, se comporte comme le massicot et la céruse.

Couleurs vertês, — Les verts de Schweinfurt, de Scheele et métis sont des ménites de cuivre ; mis en contact, dans un verre, avec de Tammoniaque ou akili volatil, ils s*y dissolvent en donnant lieu à une liqueur bleue.

QoaDd on en jette une très petite quantité sur les charbons rouges, ils produisit ane fumée blanche qui a une odeur d'ail très prononcée : on doit s'abstenh* et respirer cette fumée. Les papiers coloriés avec ces substances se décolorent M contact de Tammoniaque : une goutte suffit pour blanchir le papier dans le pQiai quVlle touche , et elle prend ensuite presque instantanément la couleur heoe. Enfin, ces papiers, en brûlant, dégagent Todeui' d'ail. Les cendres qu'ils Itent ont une teinte rougeâtre et sont constituées en grande partie par du caiTre métallique.

Vk couleur verte est aussi préparée avec la gomme-gutte.el le bleu de Prusse ^ indigo. Il est facile de reconnaître la gomme-guite dans la couleur verte, en Wtant cette dernière» réduite eu poudre, par Téther ou même l'alcool ; la lonme-gutte se dissout en colorant le liquide d'une couleur jaune d'or ; une livtie de ce liquide versée dans un peu d'eau donne une émulsion de couleur itae ; un peu de potasse ou d'ammoniaque versé dans ce mélange et dan.s la feHoIntion de gomme-gutte avec l'alcool ou l'éther donne une coloration rouge bré, ou orange, lorsque le liquide est étendu.

Couleitrs bleues. — Les cendres bleues (oxyde ou carbonate hydraté de enivre) iMient, a 'ec Pammonlaque, une couleur bleue. L'outre mer pur ne colore pas yMUDoniaque ; mais quand il a été faisifii* par le carbonate hydraté de cuivre, il «foiert la propriété de communiquer à cet alcali liquide une couleur bleue, Mdériiitiqiie de la présence d'un composé cuivreux.

FtuiUes de ehrysochalque. — Elles se dissolvent facilement dans l'acide nitrique Indu de son volume d'eau, et donnent une couleur bleue par l'additio i d'une «lile quantité d'ammoniaque ; elles se dissolvent aussi peu ù peu dans l'ammo- ■toque, qui se colore en bleu.

Paplera peint».

Des accidents graves ont été causés par l'emploi des papiers peints dont se serait quelquefois les charcutiers, les fruitiers, les épiciers et autres marchands de MKSlibles, pour envelopper les substances alimenlaires qu'ils livrent ù la con- ■iiiiation.

Les papiers les plus dangereux sous ce rapport sont les papiers peints ou teints

ea vert et en bleu claii*, qui sont ordinairement coloriés avec des préparatk»s métalliques. Viennent ensuite les papiers lissés blancs et les papiers aurore. Ces papiers, mis en contact avec des substances molles et humides ou grasses, peovent leur communiquer une portion de It'ur matière colorante; il peut dès ion en résulter, suivant la proportion de matière colorante mêlée à l'aliment, des conséquences plus ou moins graves.

Pour reconnaître la matière des substances qui colorent ces papiers, on peot consulter les renseignements qui ont été donnés ci-dessas.

Indication générale, — Tout papier peint brunissant par le contact de Teia hydrosulfurée (acide hydrosulfurique liquide) doit être considéré comoe suspect.

Malgré ces prescriptions détaillées, il n'en faut pas moins exe^ cer sur la fabrication des bonbons une sur>'eillance vigilante; car il se commet encore de fréquentes infractions k ces règles imp(M^ tantes. Indépendamment des fautes imputables aux fabricants eoxniOmes, ceux-ci peuvent être trompés par les chefs d'office, à (fi ils laissent quelquefois la direction de leurs maisons: on a vu des ouvrières coloristes acheter, de leur argent, des couleurs plus vives, ainsi du jaune de chrome; les marchands de couleur trou»per eux-mêmes les fabricants siu* la nature des couleiu^ qull^ leur remettaient.

Ce n'est pas seulement à Paris que de tels faits ont été obse^ vés, et que l'on a senti la nécessité de telles prescriptions.

Le collège de santé de Zurich, à l'occasion de l'empoisonneine&i d'un enfant de cinq ans par des bonbons coloriés, a publié, * mois de janvier 1825, un avis sur le danger de ces bonbons, «t pris toutes les mesures possibles pour empêcher les confiscu» de la ville de préparer des sucreries coloriées.

Mêmes observations ont été faites à Londres par M. B. CSangk* iiessy et communiquées par lui à l'administration ; en Allemagne par Rœmer, qui cite l'emploi de l'orfana, de l'argent à bas litre, recouvrir différents pastillages, de quelques plantes toxiques 4^1^fournissent les matières colorantes, aconit napely delphtnium contolUf^ Les ingrédients désignés par l'ordonnance suivie en Autriche, po*: la coloration des bonbons, sont : la gomme adragante, la cochemOf^ le carmin, le jus d' al kermès, la fleur rouge des blés, le safran, lesti^ lettes, le bluet et lejusd'épinards.

Les accidents dus au coloriage des bonbons sont aujourd'hui asse* rares à Paris ; mais en province, où la même surveillance n'est p** exercée, il n'en est pas de même. Ainsi, en 1838, cinq enfants o*** été empoisonnés à Épinal (Vosges) par dos bonbons coloriés ^ vert arsenical. En 18(i0, des accidents nombreux ont été obscr^ à Béziers, k l'époque du jour de l'an, que l'on a reconnus dc^*"*

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