ACCLIMATEMENT
lies li oIôvatioiK 1 clegr^ centigrade d'abaissement du thermomètre» (Nir iHl mètres d'augmentation de hauteur, et quelques applications le ce principe laites par les Anglais dans l'Inde, et par la Francç Alix Antilles, ont donné de bons résidlats. M. Aubert-Roche a insisté, avec beaucoup de raison, sur la nécessité de choisir, pour fiioder un établissement dans les régions équat(»riales, les lieux les plus élevés ci les plus saiubres. Nous ne pouvons malheureusement citer les faits si nombreux et si concluants qu'a réunis M. Boudin •lans ses Etudes sttr l'état mnitairc et la mortalité des armées de ixrre et de mei\ et d'où résulte clainunent (jue, dans les localités lc< plus rajïproi'hées entre elhîs, la mortalité dillére souvent d'une manière très notable, (»t que, dans les contrées tropicales les plus insalubres, le choix judicieux de bonnes positions sur des lieux élevés sullira souvent piun^ assurer aux rassemblements composés dhonnues de race caucasiemu* un état sanitaire partait et digne des [uys les plus saiubres des régions tempérées.
Li nature des travaux inlhu' aussi singulièrement sur racclimateluenl; et ce fait est d'un grand intérêt pour la colonisation. En effet, rV.Nl précisément le travail agricole qui expose le plus l'étranger aux miasmes qui sont le grand obstacle à son établissement dans les climats chauds. M. H(>u<lin allirme que dans tous les pays compris riiiH' les deux lignes isothermes de 18 degrés centigrades, la culture «lu S4>1 ne tlevienl possible à l'Européen (|ue sur les points dont r.dtitude aimihile en ([uelque sorte la latitude géographique; en <l«*hors de ces conditions, c'est une autre race» qui ti'availle.
Il faut ajimter à ces conditions individuelles et générales de r;uclimatement rimpérieuse néccîssilé d'un régime hygiénique ^viTc et soigneusement approprié à la nature du climat. Nous u'avnns pas à en énumérer ici b^s détails; mais nous dirons qu'il ne repoM> pas toujours sur l'imitation des coutum<*s des indigènes, et qu'il doit avant tout être dirigé <Ie manière à neutraliser les iniluenecs qui iK'uvent engendrer les maladies, c'est-Ji-diie les variations de température et les miasmes.
Si nous résumons les règles à suivre pour favoriser l'acclimatetiienl dans les pays chauds, nous voyons ({u'il faut fixer le départ à IVpoque la plus convenabb» pour éviter une trop brusque transition, ••ost-à-din» de manière à arriver dans la saison la plus semblable à relie dans laquelle le départ a eu lieu et dans des conditions orga* uiques telles que le changement qu(ï réconomie aura à subir ail «léjà commencé. Ainsi départ d'Europe à la tin des chaleurs (au nmunencemenl ou au milieu d'octobre; et arrivée au coimuencement de la saison fraîche. 11 serait bon, pour les corps de troupes qui doivent être envoyés dans les possessions lointaines des contrées
iU ACCLIMATEMENT.
équalorialos ou môme en Algérie, de les faire séjourner d'abord dans les provinces méridionales. Ix's mêmes précautions en sens inverse doivent <^trc prises au retour. Le docteur Celle ajoute qu'une autre cause non encore mentionnée lui parait favoriser beaucoup racelimatement : c'est la longueur de la traversée par les bâtiments à voiles. (( 11 faut un mois ou six semaines, deux mois ou deux mois et demi, pour aller dans le golfe du Mexique et aux Guyanes. I^ marche lente des navires au-devant du soleil et de la chaleur donne à Torganisme le temps de se modifier peu h peu; car chaque jour de la traversée amène une augmentation légère de la température; on reçoit ainsi à petites doses et progressivement Tinfluence du climat sous lequel on va vivre, et k l'arrivée il n'est plus étranger à Torganisme. »
Autant que possible on devrait prendre en considération, dans le choix des individus colons ou soldats, les dispositions particulières que nous avons indiquées et qui sont relatives à TAge, au sexe, à la constitution, à la nationalité, au séjour antérieur: on choisirait pour résidence les lieux les plu^ élevés et les plus salubres ; et Ton entreprendrait tous les travaux d 'assainissement nécessaire ; en même temps que pour l'habitation, le vêtement, l'alimentation, l'exercice, on se conformerait aux règles d'hygiène particulières au climat nouveau.
Il est difQcile de lixer la durée de la révolution nécessaire h l'acclimatement: tantôt, en effet, suivant l'obsenation très exacte do M. le docteur Périer, il s'opère k la suite d'une secousse brusque toujours grave ; tantôt p;u* un enchaînement de transitions lentes parfaitement décrites par M. Celle, et qui peuvent arriver inaperçues jusqu'à l'évolution cimiplète, sans que la santé ait été troublée. La longueur de ce travail intérieur varie nécessairement suivant les conditions dans lesquelles se trouve placé celui chez lequel il a lieu et surtout suivant sa constitution, (hi peut, avec Lind (*t Fugnet, l'évaluer environ à un ou deux ans. Mais il est bon d'ajouter que par le fait même de l'acclimatement, l'étranger a perdu son caractère originel ; et que s'il retourne dans son pays natal, il lui fkudra subir, quelquefois non sans péril, une nouvelle transformation. Cette circonstances mérite d'être signalée, et implique la nécessité de précautions à prendre pour le retour.
Les lois de l'acclimatement que nous venons de tracer pour le passiige des climats tempérés dans les pays chauds sont au fond exactement les mêmes quand il s'agit d'une émigratirin d'un climat chaud dans une région tempérée ou froide. Les effets seuls varient. Ainsi on voit la mortalité augmenter pour les garnisons nègres qui s'éloignent de l'équateur, autant qu'elle s'accroît pour les troupes européennes qui s'en rapprochent. Seulement on peut dire avec un
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ancien : «t Qusb ex calidis locis corpora traducunlur sub scptcn- » trionum regiones frigidas, non modo non laborant immutatione u loci valetudinibuft, sed ctiam eonflrmantur. v £q définitivo, le changement de climat, considéré indépendamment de Taction miasmatique qui constitue un principe de maladie dblinct et s'oppose à racelimalement, a poiu* effet do convertir lladigène des contrées tropicales on habitant des régions tempérées, et de donner à rhabitant des régions tempérées la constitution de llndigéne des pays chauds. Cette révolution ne confère pas l'immunité absolue contre les causes morbides, mais place à cet égard l'étranger dans la même situation que Tindigône; c'est-à-dire que leur santé, pour l'un et pour l'autre, dépend de la manière dont ils observeront les règles d'hygiène propre au climat sous lequel ils ment. (Voy. Cuxàts.)
BibUograpU*. — Nous ne pouf ons citer ici tout ce qui a été publié sur l'acclimateœnt. On trouvera des pages intéressantes disséminées, soit dans les Dieti<mmair«$ ela»ùqiÉà de asédecine, soit dans les monofrapbies des médecins français ou anglais qui ont oereé dans les pajfs diauds* Nous indiquerons seulement comme devanl eue consultés arant tout aujourd'hui :Liod,£s«aiJ«r la maladies des Européens dans les pays chauds» Piris, 1795, S >ol. in-i2. — Virey, Dietionn. des se. ma/., art. Cumat. — Coulomb, JCéMotremr le travail des hommes et leurs forces en divers climats, — Thévenot, Traité iettmaUiéieê iês Européens dans les pays chauds, Parin, 18&0. — E. Celle, Hygiène pra- (ifM liff paye chauds. Paris, i848. — Perler, De Vhygiéne en Algérie^ 9 vol. Paris, iSi?. De l'aeelimaiement en Algérie {Ann. d'hyg. et de mid. lég,, t. XXXIII). - Aubert- Rocbr, Essai iur l'acclimatement des Européens dans les pays chauds (Ann, d'hyg, et k méd. Ug., t. XXXI, XXXII, XXXIII, XXXIV et XXXV). -- Bapport d Vamirauté tMfjUtiêe sur titat sanitaire de la croisière des côtes d'Afrique^ i8â7. — Bajon, Mémoire pw servir à l'histoire de Cayenne. — Boudin, Études d^hygiène publique sur Cétat mdtmira et la mortedité des armées de terre et de mer {Annales d*hyg. et de n\éd, lég,, (• XXXV). Études sur la mortalité et Vacclimatement de la population française en Mftrie (Ibid., t XXXVII). Colonisation française en Algérie {Ibid,, t. XXXIX). De ^occupation des lieux élevés considérée comme moyen de diminuer la mortalité en Mférie [Ibid.^ t. XLI). — Traité de Géographie et de statistique médicales et des maieéies endémiques, Paris, 1857, 3 vol* in-8. — Tableau de la situation des établisse' nents françaiâ en Algérie, Paris* 18&7. — Recherches sur l'acclimatement des races ^moines sur divers points du globe (Ann, d^hyg, etdeméd, Ug,y 1860, t. XIII, 2* série, h 310), <— TroUiet, Statistique médicale de la provinee d^ Alger, Paris, i%hL ^ DesjV iiot, iùntree à prendre pour Vamélioration de l'état sanitaire de l'armée {Ann, d'hyg* ftieméd, lég.^ U XXXIX). — Maréchal Pélissier, Annales algériennes, t. II. *" Foley ^ Martin, De C acclimatement et de la colonisation en Algérie, — Johnson, On the hfhtenee of tropical cHmates on European constitutions. London, 18âl. — Sigand, Du (iiMaf cf dee wuilaâies dm Bréeil, Paris, 1845. — Perrln, De Cacctimatement^ des modiftdKtpas dm^ruê qu*il pêut imprimera la santé ides précautions hygiéniques qu'il inspire [Tkèse de Paris, 1845, n« 198). ^ Hervé, Topographie médicale du Sénégal (Thèse de l^ris, 1845, n* 95). — Haspel, Maladies de l'Algérie. Paris, 1850-1852, S vol. — Du- ^rwUao, Traité des maladies des Européens dans Us pays chauds* Paris, 1861.
ACCODCVUBMVNT. -^ Voy, Màisoj^s o'AGCOU(UUlliafT.
16 ADMIMSTHATION.
ACWKN. — La fabrication des acides, qui lient une si grande plaee dans Tinduslrie des produits chimiques, entraîne des dangers el des inconvcf'iuenls qui ont motive le classement des établissements où c^lle s'opère. 11 existe toutefois des degrés que la classification fail ressortir.
Les acides nitrique, pyroligtieux et sulfurique sont placés dans la première classe, à cause delà fumée et deTodeurempyreumatiquc très désagréable que répandent les fabriques et des effets nuisibles qu'ell(»s produisent sur la végétation. Cependant la fabrication de l'acide nitrique, lorsqu'elle a lieu par la décomposition du nitrate de potasse dans l'apiiareil de Wolf au moyen de l'acide sulfurique, et celle de l'acide pyroligneux lorsque les gaz sont brûlés, ne figurent que dans la deuxième classe.
Il en est <le même de l'acide muriatique fabriqué à vases clos, par suite de l'odeur désagréable et incommode qui provient de ce que lesappareils perdent de teuips à autre.
L'acide acétique^ dont la fabrication offre peu d'inconvénients, et l'acide tartrique, qui exhale un peu de mauvaise odeur, sont placés seulement dans la troisième classe à côté des fabriques d'avétate de plomhy qui ne sont nuisibles que pour la santé des ouvriers.
Ajoutons, que les eaux acides produites jwr un grand nombre d'industries constituent un inconvénient grave, et que leur écoulement doit être surveillé. La neutralisation de ces eaux à l'aide de la craie ou de la chaux est un moyen mis souvent en usage. Mais le Conseil d'hygiène et <le salubrité de la Seine donne la préférence à la dilution des eaux acides dans un volume égîd ou supérieur d'eau pure qui les ramène h 1 degré ou 1 degré et demi de l'aréomètre de Baume.
ACIERS. — Les fabriques d'aciers sont placées dans la deuxième classe des établissements insalubres pour la fumée et le danger d'incendie.
ADUnVMTBATIOm. — L'hygiène publique et la salubrité sont essentiellement du domaine de l'administration. On peut les considérer comme une application de la science au maintien de la santé des populations; application pour laquelle Tintervention de l'autorité est indisp(*ns<ible. tresl pour cette ndson qu'il nous a pai'u utile de doimer ici une indication des branches de l'administration «auxquelles se rattachent les objets si nombreux et si divers qui louchent à l'hygiène publique et à la salubrité.
Parmi les divisions du système administratif de la France il ny en a pas qui comprenne spécialement tout l'ensemble des affaires
.\J)MLMSTliAïlOX. 17
suiiilaires. CclIcs-ci sont disiribuées de manière à renli*er, d'une \Kirt, dans les altributions des différents départements de Tadministnilion supérieure ou centrale ; de l'autre, dans celles dos administrations départementale et communale.
administhation genthale.
Nous passerons successivement en revue les «ittributions de chaque ministère relatives à quelque point de Thygiène publique et de la salubrité.
MINISTÈRE d'État.
Acadénile laipértale de médecine.