ACCLIMATEMENT
dans Torganisme sous l'influence du changement do climat; si Ton admet, suivant Texpression du docteur Celle, que T^tranger ne s'acclimate qu'à la condition de s'indigéniseren quelque sorte, et que ce changement, pendant qu'il s'oppri», ])eut amener d(»s maladies dont rindigène est exempt, on comprendra qu(» l(»s entants, les femmes, les individus déhilcs, éi)rouvent de plus grandes difficultés que les individus adultes (rune constitution moyenne. Bajon a montré l'effroyahle mortalité qui sévit sur les enfants des Européens qui • émigrent dans l'Inde, en Egypte, au Sénégal et mOme aux Antilles, et qui, si elle n'est pas le tait de la fièvre jaune, doit être attrihiiée à mille maux résultant du climat. M. Sigaud déclare que les enfants en bas Age venus d'Europe ne s'acclimatent pas au Brésil. Ajoutons qu'à Alger la mortalité des enfants européens qui y sont nés a été quati-e fois plus considérable qu'en Angleterre. Méhémet-Ali, sur 90 enfants, n'a pu en conserver que» quatre.
Le tempérament de l'indif^éne des régions tropicales est lymphatique, ncr\'eux et bilieux. Ceux des Européens qui ont la constitution la plus rapprochée de celle des indij^ènes s'acclimatent le plus facilement. Les hommes du midi de l'Europe ont été signalés par les obsenateurs conum» ceux qui supportent le mieux l'influence des pays chauds. On peut dire d'une manière générale que le tempérament le plus voisin d(^ celui de l'indigène sera celui qui supportera le mieux l'influence du changement de climat. Il en est de môme de la uaturalité et de la race. I^*s produits mixtes du croisc»ment présentent, en vertu d'une sorte de transmission originelle, des conditions très propres à racclimalement, et sur lesquelles M. le maréchal Pélissier a insisté avec une grande» autorité, au point de \\\e de la colonisation. Les Coulouglis, enfants «les Turcs et dos femmes indigènes de l'Algérie, se font remarquer, au dire de M. Périer, i^U' d'excellentes qualités physiques et morales.
L'époque à laquelle a lieu l'émigration est de la plus haute importance pour la facilité de racclimatenKMit. La .s<iison de la fraîcheur et de la sécheresscî est la plus favorable. ( >n comprend en efTet que la température se rapprochant de celle des pays tempérés, la transition est moin.s grande et l'impression sur les organes moins énergique. On n'a à redouter ni les épidémies annuelles, ni les insectes, ni la mauvaise qualité des viandes et des eaux.
Le choix des localités où se fixent les émigrants est, on peut le dire, la condition capitale de racclimatement. Nous avons vu que celui-ci était impossible dans les endroits exposés aux miasmes paludéens. C'est ici que la salubrité des lieux acquiert une importance suprême. On sait que l'altitude peut racheter les inconvénients de la latitude. De Humboldt a trouvé dans les Andes et jusqu'à 6000 mè-