‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité; ou répertoire de toutes les questions relatives a la santé publique. Considérée dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 3)Chapitre 82 sur 169 · CARMIN · texte numérisé non relu

CARMIN

ains cas, les molécules qui se répandent dans l*air s'accompagnent iccîdenlellement de certaines substances qui ajoutent à leurs quailés nuisibles. C'est ainsi que Fourcroy a vu, chez une ouvrière )ccupée à carder un matelas appartenant à un fondeur, des molécules de cuivre que contenait la laine de ce matelas s'introduire dans les bronches et donner lieu à des accidents assez sérieux.

M. Boileau de Castelnau, qui a étudié avec soin l'influence du cardage des frisons de la soie sur la santé des détenus de la maison centrale de Nîmes, a reconnu : que les cardeurs ont fourni plus d'entrées à l'infirmerie que toutes les professions réunies; que si cette profession a donné moins de morts, c'est qu'avant de mourir le cardeur a changé de profession, parce que les forces lui manquaient ; que la moitié des hommes entrés à l'infirmerie avaient passé par le cardage ; que, par conséquent, cette profession portait plus d'atteinte à la santé que les autres.

L'industrie du cardage réclame donc impérieusement l'emploi des machines, afin de soustraire les ouvriers à une influence funeste. Cependant il est possible d'atténuer ces dernières par certaines préciQtions.

Dans quelques contrées des Cévennes, les cardeurs se couvrent la bouche avec un mouchoir. Dans les ateliers du Piémont, des toiles eo pièces de canevas sont suspendues horizontalement à une cer- Uioe hauteur, entre le plafond et la tête des ouvriers, pour recevoir la poussière qui se dégage du cardage. il faut les enlever chaque soir elles secouer soigneusement. Il importe que les ateliers soient éle- Tés, vastes, aérés au moyen de fenêtres larges et rapprochées, et placées en face les unes des autres. Ces fenêtres seront ouvertes du côté opposé k la direction du vent. Fourcroy conseille aux ouvriers de se mettre le dos au vent, afin de ne pas avaler la poussière meur- Iriére. De grands soins de propreté au visage et aux mains, et l'usage d'ane blouse et d'un bonnet de toile qui seraient quittés aussitôt le travail terminé, tendraient à prévenir les maladies de peau que le contact des poussières animales et végétales détermine fréquemment.

Bibliographie. — Encyclopédie' m et hodique, t. III ft IV. — Dictionnaire de l^iniMUrie, etc., 1835, t. III, p. 78. — Benoiston (de CliâleauneurK De linflumee de ccrtâimcM professions sur le developpemtnt de la phthiie pulmonaire {Annales d^hy" pène^ ete.,iSZ\, L VI, p. 13 et 29. — Le Vincent el Baumes, Topographie de ^(mes. ^Boileau rie Castelnau, De l'influence du cardage des frisons de la soie sur la snnié des iiUnus de la maison centrale de Nîmes^ rapport au ministre de ^intérieur {Annales i**ïgiiii«, etc., ISAO, t. XXIII, p. 240- — A. Tardieu, Recherches sur L'identité

{knnaUs d'hygiène, i8Â9, t. XLII, p. 299).

^AUinv. — Le carmin est la matière colorante de la coche-

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