BAGNES
En comparant entre eux les groupes dans les deux catégories, on reconnaît qu'il y a plus d'aveugles que de sourds-muets dans sept groupes, les 2e, 3e, 5e, 6e, 10e, 12e et 13e; plus de sourds-muets que d'aveugles dans cinq groupes, les 8e, 11e, 14e, 15e et 16e, et que la proportion est à peu près la même dans les cinq groupes restants, 1er, 4% 7e, 9e et 17°. Quant à ce dernier groupe (Provence), on remarquera combien il est peu favorisé sous ce double rapport, puisqu'il occupe le dernier rang pour les sourds-muets, et Pavant-dernier pour les aveugles. La Corse, où les rapports sont encore plus défavorables dans l'une et dans l'autre catégorie, vient à la suite de la contrée dont elle n'est séparée que par un bras de mer, et donne un nouveau degré de force aux résultats constatés par l'examen auquel M. Dufau s'est livré.
Bibliographie. — Histoire de l'administration des secours publics en France, par le baron Dupin. Paris, 1820. ■ — De la bienfaisance publique, par le baron de Gérando. Paris, 1839. — Code de l'administration des établissements de bienfaisance, par A. de Vatteville. Paris, 1839. — Répertoire des établissements de bienfaisance, par E. Durieu- Paris, 1842. — Notice historique sur l'hospice des Quinze- Vingts, par le docteur Isid. Bourdon. — Encyclopédie nouvelle, art. Cécité, par Th. Fabas. Paris, 1837. — Statistique comparée des aveugles et des sourds-muets en France, par P. -A. Dufau. Paris, 1854.
AZOTATES. — Voy, Nitrates.
AZOTIQUE (Acide).— Voy. Nitrique (Acide). BACHES. — Voy. Plomb.
BAGNES. — Les bagnes, établissementsfpénitentiaires maritimes où sont détenus les condamnés aux travaux forcés, bien que leur disparition soit décidée en principe, existent encore, et nous ne pouvons les rayer de notre cadre.
Les bagnes sont caractérisés beaucoup plus par la population qu'ils renferment que par les conditions mêmes de leur propre organisation. Le forçat est l'homme de peine de nos arsenaux maritimes. On l'emploie à la grande ou à la petite fatigue, soit dans le port, soit dans les ateliers spéciaux, s'il est pourvu d'une profession. Ceux d'entre les condamnés qui le méritent par leur bonne conduite et leur intelligence sont employés dans les bureaux comme écrivains, ou dans ] es hôpitaux comme infirmiers. Mais les conditions morales dans lesquelles ils se trouvent, non moins que les rudes travaux qui leur sont imposés, exercent sur la mortalité des bagnes une influence prononcée. Il résulte d'une statistique dressée par M. Chassinat, sur 118 119 hommes ou femmes, forçats ou condamnés dans les maisons centrales de force ou de correction, que les chances de mort annuelle étant égales à 1 dans la vie en liberté, elles sont égales à