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les difficultés de l'œuvre, en même temps que d'en déterminer le véritable caractère et d'en fixer les limites. Plus assuré de l'utilité du dessein, je suis plus à l'aise pour en poursuivre l'exécution; et je me persuade que le? membres des Conseils d'hygiène et les administrateurs, à qui j'avais surtout destiné cet ouvrage, y trouveront un exposé beaucoup plus complet de toutes les questions qui se rapportent à l'objet de leurs études et de leur haute mission.
Douze années passées au sein du Comité consultatif d'hygiène publique de France institué près du Ministère de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, m'ont -donné l'expérience de ces grands problèmes que soulève incessamment dans une société bien constituée l'amélioration des conditions matérielles de la vie et de l'état physique du plus grand nombre de ses membres. J'ai vu, sous une administration vigilante et éclairée, les intérêts de la santé publique prendre rang parmi les plus élevés et les plus sérieux dont puissent se préoccuper les esprits dévoués à l'affermissement et au progrès régulier de l'ordre social.
D'un autre côté, l'institution des Conseils d'hygiène établie dans tous les arrondissements de l'Empire, encore à ses débuts lorsque j'entrepris la première publication d'un livre que j'écrivais avec la pensée d'être utile aux membres de ces Conseils, a grandi ; et par eux se sont constituées dans notre pays l'hygiène et la salubrité publiques. Leurs travaux se sont multipliés, leurs rapports ont été livrés à l'impression en plus grand nombre; et l'une des( parties les plus utiles de ma tâche aura été de les faire connaître les uns aux autres. Je m'y suis appliqué avec bonheur, et, sans changer le caractère de mon œuvre, j'ai pu ainsi l'agrandir et la compléter. On en jugera par l'extension qu'ont prise les notices bibliographiques qui terminent chaque article.
Je me suis également attaché à augmenter, autant que cela m'a été possible, la masse des documents et actes officiels qui se rattachent à l'hygiène publique et à l'administration sanitaire; j'ai mis au courant cette partie si utile à consulter du répertoire qui doit
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épargner des peines quelquefois insurmontables à mes zélés et laborieux confrères des départements. Ils y trouveront le texte complet et exact des lois, décrets, ordonnances et arrêtés les plus récents.
Enfin, j'ai pu ajouter aux principaux articles un aperçu comparatif de ce qui se passe à l'étranger ; et à cet égard, il me sera permis de dire que notre pays peut servir aux autres de modèle en ces matières, plus souvent qu'il n'aura d'exemples à en recevoir.
En résumé, la climatologie, les subsistances et approvisionnements, la salubrité proprement dite, les établissements classés et réputés dangereux, insalubres ou incommodes, les professions, la technologie agricole et industrielle dans ses rapports avec l'hygiène, les épidémies, épizooties et maladies contagieuses, l'assistance publique, la statistique médicale, la législation et la jurisprudence sanitaire, les instructions et actes administratifs, les indications bibliographiques, tels sont, dans leur généralité, les éléments de mon œuvre primitive que l'on retrouvera ici fort étendus.
On me pardonnera de faire remarquer, en terminant, que la matière et le volume en sont presque doublés, et que le nombre considérable d'articles nouveaux, le remaniement de tous les articles anciens, les développements mieux proportionnés à leur importance qu'ont reçus les principaux sujets, justifient ce que j'ai dit en commençant des changements apportés à cette seconde édition.
Je la livre avec confiance au jugement bienveillant de tous ceux qui, comme moi, portent un intérêt passionné à ces grandes questions, à ces attachantes études d'hygiène publique, si bien faites pour rehausser le rôle du médecin dans l'ordre social de notre temps.
Mars 1862.