‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité, ou, Répertoire de toutes les questions relatives à la santé publique considérées dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions, les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 4)Chapitre 5 sur 151 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si ce livre n'était pas consacré tout entier à mettre en lumière l'importance de l'hygiène publique, il pourrait être utile d'en réunir ici les principaux éléments, et de montrer sur quelles bases repose cette partie de la science. Mais n'ayant pas à répondre aux exigences d'un traité didactique, nous ne devons pas nous arrêter à des définitions théoriques ou à des considérations générales qui nous éloigneraient également du but essentiellement pratique que nous poursuivons. Nous voulons seulement jeter un coup d'œil rapide sur les principes de l'hygiène publique, sur ses développements et sur sa constitution actuelle chez les peuples les plus avancés dans la civilisation.

C'est à l'origine même des sociétés que remontent, avec les premiers besoins, les premiers efforts destinés à protéger la santé publique. On comprend que ce soin devait nécessairement appartenir aux chefs, aux pasteurs des peuples, et que c'est dans les prescriptions de la loi civile ou religieuse qu'il faut chercher les préceptes tutélaires que l'expérience a consacrés. Sans vouloir reproduire ici les détails historiques tant de fois cités d'après Halle et Fodéré, nous rappellerons que l'antiquité biblique et païenne offre à cet égard les plus éclatanls et les plus précieux témoignages.

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M. Michel Lévy, dans la brillante introduction de son excellent Traité d'hygiène, a présenté sous un jour tout nouveau l'ensemble des dispositions hygiéniques qui sont consignées dans les livres de Moïse : « Institutions qui, créées il y a plus de trois mille ans dans le désert de l'Arabie, ne peuvent être appréciées avec justesse sous l'optique de nos idées modernes et avec les mœurs de notre société occidentale. Une raison sublime vivifie toutes les parties de l'édifice mosaïque ; mais toute raison n'opère que sur le terrain où elle se trouve fixée et avec l'instrument que lui fournit son époque. Admirons la puissance avec laquelle le législateur hébreu embrasse tous les détails de l'économie sociale et l'unité d'action qu'il y établit ; tout converge vers la Divinité, tout émane d'elle : la maladie, la guérison, l'impureté ; la rédemption par le sacrifice et par l'holocauste. Au moyen de celte fabulation, le cohen devient le gardien de la salubrité publique, l'hygiène a sa sanction dans la religion, et une multitude indocile sans cesse frémissante sous le joug, un peuple d'esclaves émancipés d'hier, et qui parfois se prend à regretter l'oignon d'Egypte, subit sans murmurer les rigueurs d'une discipline sanitaire qui s'étend jusque sur les détails secrets de la vie domestique..»

Rien n'est plus digne d'admiration, à coup sûr, que ces enseignements inspirés par un génie divin et imposés aux natures primitives. Mais il n'est pas moins intéressant de les voir tantôt fécondés par la civilisation, tantôt étouffés par la barbarie ou la misère, porter à travers les âges des fruits très différents. Les vestiges de la grandeur romaine portent la profonde empreinte d'une haute et constante sollicitude pour la santé publique. C'est surtout en ce qui touche la salubrité proprement dite, la voirie, la distribution et l'écoulement des eaux, les subsistances, que la législation sanitaire des Romains mérite d'être encore aujourd'hui proposée en modèle et à bien des égards enviée par les modernes.

Nous ne nous arrêterons pas à suivre dans leurs phases diverses les institutions hygiéniques très insuffisantes et très incomplètes que l'on trouve éparses dans les recueils des édits et ordonnances de nos premiers rois, parmi lesquels il est impossible de ne pas citer les noms de Charlemagne, de Philippe-Auguste et de Jean le Bon. Il faut arriver jusqu'à la fui du xvif siècle et

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jusqu'au grand Roi pour trouver, dans la régénération de la police de Paris, la source d'un progrès réel de l'hygiène publique. A partir de cette époque, ainsi qu'on peut le voir dans Y Histoire de r administration de la police de Paris, par Frégier, et dans la Notice publiée par M. Trébuchet sur la salubrité publique, l'influence salutaire que le progrès des sciences physiques exerça sur le bien-être des peuples alla toujours croissant. L'administration s'entoura des lumières des savants dans les questions d'hygiène publique. La fondation de la Société royale de médecine préparée par Turgot, mais qu'il ne lui fut pas donné de réaliser, devint pour les magistrats de police une source abondante d'études et. de conseils qui les dirigèrent dans beaucoup de circonstances difficiles. Les médecins, jusqu'alors isolés et sans rapports entre eux, trouvèrent un point de ralliement dans cette Société (devenue depuis l'Académie de médecine) , dont le grand nom de Vicq d'Azyr assura les débuts, et dont les Mémoires, publiés de 1776 à 1/90, constituent encore aujourd'hui un des plus beaux monuments de la médecine publique. Enfin l'institution des Conseils de salubrité, dont nous avons déjà tracé l'histoire complète, est venue donner à l'hygiène publique la base solide qui lui manquait. Il reste, maintenant qu'elle est généralisée, à en obtenir le libre et entier développement.

La France, qui, grâce à l'impulsion libérale de son gouvernement, vient d'entrer dans cette voie féconde, y doit rencontrer des rivales parmi les grandes nations européennes. Nous ne voulons pas entreprendre ici un exposé des institutions hygiéniques que possèdent les différents peuples civilisés. Nous ne sommes pas à même de tracer ce tableau, qui aurait cependant un bien grand intérêt; mais nous ne pouvons nous empêcher de signaler la belle organisation de l'hygiène publique chez les principaux peuples de l'Europe. 11 faut reconnaître que, pour quelques-uns, les institutions médicales concourent beaucoup plus efficacement que chez nous à rendre facile la tutelle de la santé publique. Mais, pour les autres, c'est à l'initiative éclairée des gouvernements que sont dues les mesures qui sont destinées à protéger la vie et la santé des populations.

Nous voudrions pouvoir donner une idée de l'état actuel de l'administration sanitaire en Angleterre. Il n'y a pas bien longtemps que l'attention des pouvoirs publics s'est éveillée sur ces

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questions dans la Grande-Bretagne ; mais, comme il arrive pour tout chez ce peuple puissant, elles ont été formées avec cette activité et cette grandeur de vues qui laissent bien loin en arrière les tentatives anciennement^faites ailleurs. Ainsi, depuis dix ans environ, des associations riches et puissantes, formées pour l'amélioration de la santé publique, ont étendu dans tout le royaume leur action bienfaisante. Les réformes qu'elles n'ont cessé de poursuivre ont abouti à ces vastes enquêtes gouvernementales qui ont fait pénétrer la lumière au plus profond des misères et des sources impures d'insalubrité que recèlent les grandes villes, les centres populeux et industriels de l'Angleterre. En même temps, une administration spéciale, Registers Offiice, féconde en résultats importants, était fondée pour enregistrer tous les éléments d'une vaste statistique médicale. La sanction législative n'a pas lait défaut aux propositions émanées des commissions sanitaires, et l'on trouve parmi les lois anglaises un grand nombre de public health acts de la plus haute importance. Mais l'institution la plus importante est celle du Conseil général de santé. Le General Board of health, établi enlSZîS, présente à la fois la double autorité qui résulte d'une organisation très forte et d'une initiative presque sans limite. Le conseil a le droit, d'envoyer un inspecteur dans toutes les villes où la mortalité est supérieure à 23 sur 1000. Celui-ci annonce son arrivée un mois à l'avance, et procède ensuite à une enquête à laquelle tous les citoyens sont invités à concourir. C'est d'après cette enquête que le General Board prescrit les mesures provisoires qui sont ensuite soumises au parlement. De nombreuses et importantes publications attestent l'activité et les lumières de ce savant conseil. A une époque postérieure et encore récente, nous avons vu le General Board of irade, qui peut être assimilé à notre département du commerce et des travaux public, prendre la plus utile initiative dans les plus graves questions de salubrité, notamment celle des eaux et des égouts.

La Belgique, depuis 183(5 seulement, possède des conseils de salubrité qui, librement fondés d'abord par le corps médical, ont reçu dans ces derniers temps l'appui du gouvernement, et se sont successivement étendus aux diverses provinces du royaume. Ces conseils ne diffèrent pas des nôtres, soit dans leur principe, soit dans leurs attributions. On ne saurait trop louer l'initiative que la

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Belgique a prise en réunissant à Bruxelles, dans un Congrès général d'hygiène, les hommes qui s'occupent des questions sanitaires. L'appel de nos voisins a été entendu ; et, dans deux sessions déjà, un assez grand nombre de savants appartenant à presque toutes les contrées de l'Europe sont venus discuter les principaux sujets qui intéressent la santé des peuples, et recommander à l'attention des gouvernements d'importantes réformes qui ne peuvent manquer de produire dans l'avenir les meilleurs résultats.

Une patente royale de 1847 a donné au royaume de Sardaigne de nouvelles institutions sanitaires qui comprennent l'organisation du conseil supérieur et des conseils provinciaux de santé, et règlent, les attributions respectives de ces corps ; elles sont presque les mêmes qu'en France. Des règlements et des instructions ont. été successivement publiés par le Conseil supérieur, relativement à l'exercice des différentes branches de l'art de guérir et à la discipline et la surveillance du personnel sanitaire. Un projet de code général delà santé a été rédigé dernièrement, par ce même conseil, sur l'invitation du ministre de l'intérieur, qui va le présenter au parlement dans la session prochaine. Un règlement pour organiser la vaccination est aussi tout prêt. L'Académie royale de médecine a présenté, depuis 1851, au ministère, un projet d'organisation pour assurer le service sanitaire communal, principalement pour les classes moins aisées, et pour améliorer la condition des médecins. Le même corps a continué pour le royaume d'Italie son active et savante protectiom-de la santé publique.

Sans entrer dans plus de détails, nous dirons qu'il n'est pas de ville importante, en Europe, qui ne possède actuellement des conseils de santé. En Orient même les progrès les plus satisfaisants se sont réalisés clans ces dernières années. L'empire turc présente, à cet égard, une organisation véritablement, digne des plus grands éloges. La France, si dignement représentée, au sein du conseil supérieur de Constanlinople, par notre éminent confrère M. le docteur Fauvel, peut revendiquer une grande part dans ces utiles réformes. L'initiative qu'elle a prise par l'institution des médecins sanitaires dans le Levant marque une ère nouvelle dans cette partie de l'hygiène publique. C'est à elle, en effet, qu'il faut rapporter la gloire du grand acte qui a marqué l'année 1852, et qui ne saurait, être oublié ici. Nousvoub ns parler de la Conférence

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internationale qui pour la première fais a réuni, dans des vues communes et au nom des intérêts de la santé publique, les représentants de la science et de la diplomatie européennes. 11 y avait dans ce concert si nouveau et si fécond le germe d'une véritable révolution de l'hygiène publique parmi les nations civilisées. Nous aurons occasion, en traitant du régime quarantainaire, d'en exposer d'une manière complète les utiles résultats.

Mais ce qui mérite surtout d'être signalé hautement, c'est la tendance du Gouvernement de notre pays à donner aux questions d'hygiène publique toute l'attention et l'appui qu'elles réclament. Des lois récentes, que nous aurons plus d'une occasion de citer, attestent cet esprit à la fois si politique et si humain, et permettent de présager l'amélioration réelle des conditions de la vie du pauvre. Il nous resterait à résumer les principaux éléments dont se compose l'hygiène publique, si, par les raisons que nous avons énoncées en commençant, nous ne nous étions interdit toute systématisation didactique. Mais nous ne résistons pas au plaisir de citer, sur ce point, quelques belles paroles, dernier écho de la voix aimée et à jamais regrettable d'Hippolyte Royer-Gollard. Dans le brillant programme trop incomplètement rempli de son cours à la Faculté de médecine, en 1848, il traçait de l'hygiène publique un admirable et saisissant tableau :

« Les facultés spéciales qui appartiennent à l'homme, et qui jouent un si grand rôle dans son existence, établissent nécessairement entre lui et ses semblables un double commerce d'affection et d'intelligence; de là les différentes collections d'hommes, la famille, la maison, l'atelier, la ville, la nation, les institutons, enfin, dont celle-ci se compose, et qui, sous le point de vue qui (nous occupe, peuvent être rapportées à trois chefs principaux : institutions industrielles, politiques et religieuses. Toute réunion ou collection d'individus forme un corps, une sorte d'unité vivante, laquelle a son hygiène, comme chaque individu a la sienne. C'est là ce qu'on est convenu de nommer Y hygiène publique.

» Dans l'histoire hygiénique des institutions industrielles viennent se ranger naturellement toutes les professions. L'hygiène s'occupe des professions sous un double rapport. 1° Elle recherche quelle influence peut exercer sur la santé de ceux qui s'y livrent, leur mode d'existence tout artificiel, l'atmosphère dans

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laquelle ils vivent, le contact des divers objets, l'ordre, la mesure, le choix de leur alimentation, tes exercices auxquels ils sont astreints, la durée de leur travail, le repos auquel ils se condamnent, etc.; elle étudie le résultat que peut avoir pour la santé publique le développement même de leur industrie, les gaz, les poussières, les eaux qui proviennent de telle ou telle fabrique, les matériaux ou préparations qui en sortent et qui servent à la consommation générale. Dans toutes ces questions, l'hygiène publique n'est véritablement qu'une extension et une application, qu'une face particulière de l'hygiène privée. Une pratique quelconque est-elle inventée dans une industrie, les conditions hygiéniques changent aussitôt. Et combien ces changements ne sont-ils pas fréquents de nos jours, au milieu de ce mouvement rapide de toutes les industries, à peine nées d'hier, et déjà renouvelant la face du monde, grâce à l'intervention des sciences physiques et chimiques dans leurs procédés !

» Une autre division de l'hygiène publique se rapporte aux institutions politiques, d'une part, tout ce qui tient au gouvernement des nations : de l'autre, l'administration dans tous ses détails.

» Comparez entre elles les diverses formes de gouvernements : monarchie absolue ou tempérée par des lois fondamentales, aristocratie, démocratie, servage, esclavage; quelle différence dans la condition des hommes ! Combien la santé publique en est modifiée ! 11 suffit, pour s'en convaincre, de consulter les tables de mortalité de notre pays, et de voir quels changements elles ont subis depuis 1789.

» Dans l'ordre administratif, les sujets de discussion et de recherche s'offrent aussi pour nous presque à l'infmi, La police générale des villes, c'est-à-dire les soins de propreté, d'éclairage, la surveillance des halles et marchés, la vente des comestibles, les falsifications et sophistications des aliments et des boissons, les inhumations; la construction des rues, des places, des habitations, des égouts, des canaux; les établissements publics, les prisons, les hôpitaux, les hospices, les salles d'asile, les maisons d'aliénés, les secours de la charité, les dépôts de mendicité, la prostitution ; les institutions d'éducation publique, les écoles de sourds-muets, d'aveugles, etc. : tout cela est du ressort de l'hygiène publique. C'est elle qui prévient les épidémies ou réprime leurs progrès, au

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moyen des diverses mesures dont se compose la police sanitaire ; c'est elle encore qui organise partout le service des vaccinations gratuites, et s'oppose ainsi au développement d'une affection terrible qui moissonnait les populations. Que de services ne rend, elle point partout à l'humanité ! Et cependant il lui reste tant à faire !

» Reste enfin la dernière section de l'hygiène publique, celle qui s'occupe particulièrement des institutions religieuses et de leurs rapports avec la santé des hommes. Il est facile de concevoir comment l'idée religieuse, cette idée si puissante, qui saisit l'homme à son berceau, qui se mêle à sa vie entière et le suit jusqu'au tombeau, exerce par cela même un si grand empire sur son physique comme sur son moral. De même, les institutions religieuses pour les collections d'individus. Je pourrais ici accumuler les exemples ; il me suffira de vous rappeler quelle a été l'influence religieuse du christianisme sur les sociétés humaines. Il faudrait fermer les yeux à l'évidence pour ne pas reconnaître que c'est la religion chrétienne qui la première a aboli l'esclavage, relevé l'humanité dégradée, constitué véritablement la famille, couvert le monde entier d'établissements charitables, et fondé partout, en fait comme en doctrine, ce que la politique n'a jamais fondé qu'en paroles, c'est-à-dire la liberté, l'égalité et la fraternité parmi les hommes. À côté de ces bienfaits, l'hygiène étudie encore les abus qu'a mêlés aux religions l'esprit humain, avec ses passions intéressées ou ses exagérations souvent dangereuses. A l'influence religieuse se rattache l'histoire hygiénique du mariage et du célibat, de la vie monastique, des jeûnes et macérations que l'homme s'est imposés dans des vues toutes spirituelles. Cette influence, enfin, des institutions religieuses se reflète dans toutes les autres institutions sociales, et s'ajoute, comme cause hygiénique, à toutes celles que nous avons déjà indiquées.

» Je terminerai en vous proposant une dernière application de l'hygiène, bien digne assurément des méditations des hommes sérieux et éclairés, et qui doit aussi rentrer jusqu'à un certain point dans nos études.

» De même que chaque collection d'individus peut être considérée comme formant un corps, et ayant par conséquent son hygiène spéciale, de même l'humanité tout entière, envisagée dans son ensemble-, représente aussi en quelque sorte un seul et même

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homme qui vit, croit., avance toujours, et parcourt lentement et successivement, dans la série des siècles, les différentes phases d'un développement continuel et progressif. Cette idée, expliquée surtout vers la fin du dernier siècle par Herder, et commentée de nos jours par plusieurs écrivains, n'est cependant pasnouvelle. Voici ce que dit Pascal : « Non-seulement chacun des hommes » s'avance de jour en jour dans les sciences, mais tous les hommes » ensemhle y font un continuel progrès, à mesure que l'univers » vieillit, parce que la même chose arrive dans la succession des » hommes que dans les âges différents d'un particulier ; de sorte » que toute la suite des hommes, dans le cours de tant de siècles, » doit être considérée comme un même homme qui subsiste tou- » jours et qui apprend continuellement. » L'humanité, c'est-à-dire l'espèce humaine, le genre humain, a donc, comme chaque homme en particulier, ses âges divers, ses besoins divers, ses conditions d'existence diverses. Elle passe graduellement de la vie sauvage, nomade, pastorale, à la vie commune et réglée des sociétés anciennes et modernes. Dans chacun de ces états, son hygiène varie d'une manière notable. Partie d'abord d'un point central, l'espèce humaine se répand, comme les fleuves des montagnes, dans toutes les parties du globe, s'emparant peu à peu des trois règnes de la nature, changeant partout la face de la terre, et changeant ainsi en même temps son genre de vie. »

On comprendra que nous ne puissons dresser ici une table détaillée des livres et publications diverses relatifs à l'hygiène publique, qui formeraient cependant le complément nécessaire de cette introduction. Sur chacune des questions traitées dans cet ouvrage, nous nous sommes efforcé de donner une indication bibliographique spéciale que nous ne pouvons reproduire. Mais nous ne devons pas nous dispenser de signaler ici les collections et les ouvrages généraux qui constituent en quelque sorte le fondement de toute étude concernant l'hygiène publique et la salubrité :

Annales d'hygiène publique et de médecine légale, recueil fondé en 1829, et qui n'a pas cessé de paraître depuis cette époque. — Rapports imprimés des Conseils de salubrité des départements de la Seine, du Nord, de la Gironde, des Bouches-du-Rhône , de la Loire-Inférieure , de la Seine- Inférieure ! du Rhône, de V Aube, de la Meurthe, de la Moselle, de la Nièvre, du Finistère, de la Vendée, du Pas-de-Calais, du Gers, etc. — Compte rendu des

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travaux du Conseil central de salubrité de Bruxelles. — Col* lection officielle des ordonnances de police du département de la Seine. — Dictionnaire de V administration. — Collection des mémoires de Parent-Duchâtelet et de d'Arcet. — Histoire de V administration de la 'police de Paris, par M. Frégier. Paris, 1850. • — Leçons sur les épidémies et l'hygiène publique, par Fodéré. — Traité de salubrité dans les grandes villes, par Monfalcon et de Polinière. ■ — Traité d'hygiène publique, par le docteur Chapel. Paris, 1852. — Hygiène publique, par Halle {Dictionnaire des sciences médicales). — Police médicale, par Fodéré- (Ibid.). — Dictionnaire de l'industrie. — Etudes sur l'hygiène publique en Belgique, par M. Bussy. — Traité cV hygiène publique et privée, par Michel Lévy. Paris, 1862. — Traité d'hygiène générale, par Motard. Paris, 18&1. — Annuaire de l'économie politique et de la statistique, par MM. Joseph Garnier et Guillaumin. — De la santé du peuple, par M. Lélut. — Traité des travaux publics, par M. Husson. — Etudes d'hygiène publique sur l' Angleterre, par M. A. Ostrowski — Animal Report of the registrar gênerai of births ,deahts and marriages in England. London. — Beport of the commissioners for inquiring into the state of large towns and popidous districts. London, lS!il\. — Beturn gênerai Board of health. London, juillet 1851. — Beport of the gênerai Board of health on the administration of the public health act, and the nuisances removal and, diseuses préventions acts, from 18â8 to 1854. London, 1854. — System einer vollstândigen medicinischen Polizei, par J.-P. Frank. Manheim, 1799-1819, 12 vol. in-8. — Dictionnaire de médecine publique en Prusse, parValentin. — Annales de médecine publique en Allemagne; diverses collections de Kopp, de Henke, de Scherf, de Schneider. — Bepertorio de hygiène publica y medicina légal, publié à Madrid par le docteur Alvarez Chamoiro, 1853. — Island undersogt fra et begevidens kabeligt Inspunkt {Enquête sur la condition sanitaire de l'Islande), par le docteur Schleisner. Copenhague, 1849. — Les ouvriers européens. Eludes sur les travaux, la vie domestique et la condition morale des populations ouvrières de l'Europe, précédées d'un exposé de la méthode d'observation, par M. F. Le Play. Gr. in-4°. Paris, 1855. — Bulletin de la Société d'économie socicde , et Etudes sur les ouvriers des deux mondes. — Mémoire sur plusieurs réactions chimiques gui

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intéressent P hygiène des cités populeuses, par E. Ghevreul. {Annales d'hygiène publique et de médecine légcde. Tome IV, 1853, page 5.) — Traité d'hygiène industrielle et administrative, comprenant V étude des établissements insalubres, dangereux et incommodes, par le Dr M. Vernois. Paris, 18(50, 2 vol. in-8.

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