BRIQUETERIES
BRIQUETERIES, RRIQIJETIERS. — La brique, qui n'est autre chose qu'une terre argileuse cuite, est fabriquée tantôt dans des fours à bois, comme la tuile, tantôt à ciel ouvert.
Le premier mode donne lieu à une fumée abondante au commencement de la fournée, et les établissements de ce genre sont rangés dans la seconde classe des établissements insalubres.
Le second procédé est très usité dans le Nord ; les briques se cuisent en plein air, en tas de plusieurs centaines de mille. On y emploie le charbon de terre, et, de préférence, celui qui donne peu de fumée. Le plus grand inconvénient de ces tas de briques, auxquels on donne improprement le nom de fours, est de répandre une chaleur vive par rayonnement, et de projeter en abondance dans l'atmosphère de l'air fortement chauffé et chargé des produits de la combustion du charbon ; les récoltes et les feuilles des arbres en sont quelquefois grillées à 50 ou 60 mètres de distance. Ces établissements, sous le titre de briqueteries, ne faisant qu'une seule fournée-en plein air, sont classés dans la troisième catégorie. Il ne se passe pas d'année où les Conseils d'hygiène et de salubrité du département du Nord ne soient consultés sur dix, quinze ou vingt demandes en autorisation d'exploitation de cette nature. La jurisprudence constante de ces Conseils consiste à imposer les conditions suivantes : 1° N'opérer la cuisson de briques qu'à 50 mètres de la voie publique, conformément à un arrêté préfectoral du 22 juin 1812 ; 2° entourer les fours, pendant ladite cuisson, de toiles ou de paillassons destinés à garantir les propriétés voisines des inconvénients de la fumée. Dans certains cas, la cuite à ciel ouvert a été refusée, notamment à cause du voisinage d'une pépinière; et l'on a exigé la construction d'un four à 'poterie. i II est bien entendu que, dans tous les cas, la partie lésée a le droit de réclamer une indemnité par la voie contentieuse. C'est ce qui fait que certains fabricants ont souscrit l'engagement de ne procéder à la cuisson de la brique qu'après la récolte.
Nous voyons dans une délibération du Conseil de salubrité des Bouches-du-Rhône, que ce Conseil a toujours eu l'attention de prescrire, pour les briqueteries à four, de ne mettre le feu aux fournées qu'au commencement de la nuit, ce qui diminuait beaucoup l'incommodité résultant de la fumée.
Des opinions contradictoires ont été émises touchant les effets qu'exerce sur la santé des ouvriers le travail de la briqueterie, parles principaux auteurs qui ont traité de l'hygiène professionnelle, Ramazzini, Turner Thackrah, Halfort (de Berlin). M. le docteur Heise (de Rathenow), qui a remis à l'étude et examiné avec un grand soin la question dans un travail qu'a traduit M. le docteur Beaugrand, a montré que les laisses opérations dont se compose ce travail ont