‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité, ou, Répertoire de toutes les questions relatives à la santé publique considérées dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions, les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 4)Chapitre 73 sur 151 · CANAUX · texte numérisé non relu

CANAUX

moyen d'écluses situées de distance en distance. H résulte de là que les canaux tiennent en quelque sorte et des cours d'eau et des eaux stagnantes.

Les bords d'un canal sont formés par des parois plus ou moins régulièrement maçonnées ou glaisées, ou seulement par des talus de gazon. Le fond n'en est pas sablonneux, comme celui des rivières, mais en général constitué sur le sol, quelquefois enduit de glaise, d'autres fois bituminé, comme le canal Saint-Martin, à Paris. En outre, pour éviter les dégradations que les crocs des mariniers, par exemple, auraient pu occasionner dans le radier de ce canal, on a recouvert la chape d'une couche de sable, uniformément répandue, laquelle a d'abord transformé le fond du canal Saint-Martin en un véritable lit de rivière. Mais depuis la construction de ce canal, la vase qui s'est amassée sur ce lit de sable l'a complètement fait disparaître, la lenteur et les intermittences du courant empêchant cette vase d'être entraînée à mesure par le renouvellement de l'eau. Le renouvellement aurait lieu, pour ce canal, terme moyen en 480 jours, pour un volume de 210 600 mètres d'eau. Il est vrai que la navigation y est extrêmement active.

Le voisinage d'un canal comporte avec lui les mêmes conditions hygiéniques que celui d'un cours d'eau quelconque : humidité, émanations variées suivant la nature des substances tenues en dissolution ou en suspension dans l'eau. Il arrive souvent que les bords d'une rivière sont mis à sec par le retrait des eaux, dans une étendue plus ou moins considérable; cet inconvénient ne se rencontre pas pour les canaux, où le volume d'eau, toujours à peu près semblable, n'est pas soumis aux mêmes alternatives. Mais cet avantage est bien compensé par les envasements auxquels les canaux sont plus ou moins exposés, et qui altèrent souvent à un haut degré la composition de l'eau qu'ils renferment.

Ces envasements, formant des amoncellements de boue qui peuvent acquérir une épaisseur considérable, peuvent avoir plusieurs origines : d'abord les matières entraînées des bassins supérieurs, lors de l'ouverture des écluses ; le résultat du déchirage des bateaux, du débardage ; le déchargement des bateaux, houille, charbon de bois, pierres; la terre qui recouvre ordinairement le bois flotté ; les fonds des bateaux que les mariniers jettent en fraude dans le canal : cendres, tourbes, résidus de cuisine ; les dégradations des parois du canal; les matières entraînées par les égouts qui peuvent s'y rendre; enfin, la végétation sous-marine.

L'impureté des eaux d'un canal provient de la décomposition des substances organiques qu'elles renferment, végétales ou animales ; des animaux morts qu'on y jette ou de ceux qui s'y noient; de l'eau

Page 1