VANNIERS
préWMtiM iê U waedne et de ta nécêêëité ie^revaceimalUMê, par M. Serros {kÊéwkoire* it VAeëiimù. Paris, 18^5). — Reehtreheê hiitoH^tUi t oriti^uei «icr . leê réiuUatê obtenus pmr U$ vaeeinatiom et le$ revaccinatiom, par M. Steinbreoner. Paris, 1846, 10-8.— MéwÊoireMur la vaccine primiiiven par M. Verfaejreii. Bruielles, l8A7t iD*4« — DieoviNXB, au vaccine primitive, par J. Mignon. Paris, 1848. — Notice sur le cowpoœ, (m faite vérole deê vaehee, par H. J.-B. BoasqueL Paru, 1840, in- 4. — Nouveau traité et la vaeeime ai de» éruption» tmrioleuêe», par le même. Paris, 1848. in*8. — Tableau emlgtiquc^ deecriptifet iconoffraphipte de» cicatrice» dé la vaeeinê^ par Denarp-Decanideu. Paris, 1851. — An aid furtker ta tmtend and mahe eompuUarjf tke praetice of teeeiaatiM^ 30 août 1853. — Étude» fur Caction de la vaceine chez i'kommi^ par le docteur Lalagade (d*Albi). Paris, 1860.
VACHKRIES. — Voy. NOURRISSEURS.
VAMMIBIM. — A Marseille et dans une partie de la Provence, on se sert des roseaux appelés cmnes dans le pays {Arundo dtmax)^ pour tresser des lambris destinés àrevétir les plafonds. Ces roseaux, quand ils ont été entassés dans des endroits humides et mal ventilés, entrent en fermentation, et une poussière blanch&lre couvre les feuilles auprès des mérithalles. L'examen microscopique a fait reconnaître que cette poussière blanche, onctueuse au toucher, d'une saveur acre et corrosive, est constituée par une moisissure pédiculée, dans laquelle on reconnaît^ outre tes cellules propres à la moisissure, d'autres cellules arrondies qui, selon toute apparence, sont des] spores près d'éclore.
C'est le contact de cette poussière avec la peau des ouvriers occupés à dépouiller les roseaux, qui détermine chez eux la maladie dont M. Maurin donne une description détaillée sous le nom de dermaioae des vanniers on canni8$iers. Elle débute, au bout dW jour ou deux de travail, par de la pesanteur de tète avec courbature, anorexie, soif me; bientôt il se manifeste une rougeur prurigineuse, avec goniement aux ailes du nez, aux paupières, au cou, au scrotum, etc. l/épiderme se fendille, qu bien il s'élève des vésiculo-pustules ; mais c'est surtout aux bourses que l'affection se montre avec le plus d'intensité. La peau de cette partie est rouge, dépouillée d'épiderme et baignée d'une exsudation séro-purulente. Une croûte brune et sèche couvre les exulcérations au bout de quelques jours; et, vers le deuxième septénaire, elle se détache, laissant la peau recouverte d'un nouvel épiderme. La maladie ^t alors guérie. Très souvent, les moisissures agissent en même temps sur les muqueuses; de là des coryzas intenses avec encfaifrènemest et épistaxis, des pharyngites, des balano-posthites. Quand les phénomènes locaux sont très développés, il s'ensuit une réaction fébrile plus ou moins vive, avec soif, Gon6tipation9 etc.
3ia VANNIERS.
Le traitement est très simple : émoliients; bains d'eau de son, légers purgatifs; puis, quand l'acuité a diminué, bains alcalins, tisanes alcalines, et, à la fin, quelques bains simples.
Quant à la prophylaxie, elle résulte naturellement de cette circonstance que les ouvriers qui dépouillent les roseaux sont seuls atteints: or, avant de briser les roseaux et de les fiiçonner en lambris, on les mouille, la moisissure est détruite par l'eau ; ce qui fkit que les femmes qui brisent les roseaux, et les vanniers qui les mettent en œuvre, n'éprouvent rien. Donc le seul moyen de prévenir la dermatose est de mouiller les roseaux et de les laver avant de les dépouiller, et d'obliger les ouvriers à se laver eux-mêmes à grande eau.
M. le docteur Beaugrand, en analysant les faits que nous venons de citer, rappelle qu'ils ne sont pas nouveaux dans la science, lis avaient déjà été notés et décrits par plusieurs auteurs.
Ainsi, un praticien distingué de la Provence, M« Michel, de Barbentane (Bouches-du-Rh6ne), publia, en 18fi5, sous le titre : Un mot sur une maladie non encore décrite^ communiquée à Vh&mme par In canne de Provence, des faits entièrement semblables à ceux de M. Maiirin, mais plus graves. Les accidents étaient occasionnés par une pousêfère noire développée sur des cannes abandonnées depuis longtemps à l'intempérie des saisons, poussière que l'auteur regarde comme une production cryplogamique. Chez les malades de M.Michel, les accidents furent très sérieux : fièvre intense, cardialgie, fluxion inflnmmatoireàlaface et aux parties génitales, très violente etro^me avec exaltation du sens génésique. Si le sujet avait avalé de cette poussière, toux opiniâtre, dyspnée, coliques, accidents de gastroentérite portés au point de simuler un empoisonnement. Chez un homme de soixante et un ans, ces phénomènes 8'accomp.v gnèrent d'un véritable satyriasis avec émission involontaire du sperme. Ce malheureux succomba au bout de sept ou huit jours de soufft'anees atroces. M. Michel note également que le danger do remuer les cannes altérées était à peu près nul quand elles étaient mouillées par la pluie, le pollen se trouvant alors, dit-il, ooilé contre le roseau.
Avant la publication du travail de M. Michel, un rapport avait é(c fait à la Société de médecine pratique de Montpellier par le docteur Trinquier, concernant des daiits du môme genre.
Divers ouvriers, et notamment une famille entière, y compri^^ K^ enfants qui avaient joué sur les cannes, avaient été pris des accident^ déjà décrits, et, chose digne de remarque, une ànesse ménie qui était à l'écurie ci dont on avait fait la litière avec des débris de ces mêmes roseaux, fut affectée de gonllement et de rougeur aux nasaux
VÉNÉNEUSES (SUBSTANCES). 3i5
et aux parties sexuelles. L'aaieur pe:nBe que, dans ces oîm, il y a eu, non-seulement action irritante directe par le contact avec les parties exposées à l'air, mais encore intoxication à la suite de l'absorplion.
Enfin, on lit dans les Éléments de chimie de Chaptal ! « M. Poitevin a vu un homme très malade pour avoir manié des cannes ; les parties de la génération s'enflèrent prodigieusement. Un chien, qui avait dormi dessus, eut le môme sort, et fut alTect^ dans les mâme^ parties. »
BilbUogM|>bie. — Anni^leê d*h^§iènê publique, S« «érie, L XV. i86i.
¥APKlJtt (Machines a). — [Voy. Établissements iNiALUBASS, Fumée» Machines.
\. — Vof/. Cuivre, Plomb, Zinc.
VSAVX. — Koy. Boucherie.
VlftlliÉlVEII9l£9 (Substances). — Un très grand nombre de substances vénéneuses, minérales^ ou végétales, sont employées dans les arts, dans l'industrie ou à titre de médicaments; et leurs applications utiles, loin de se restreindre, ont une tendance naturelle à s'étendre. U Vente et remploi de ces matières constitue cependant un danget réel et appelle toute la sollicitude de Tadministration, qui, dans Timpossibilité de les proscrire, doit les soumettre à une surveillance aussi sévère et aussi efficace que possible. Cette nécessité n'a pas été comprise de tout temps, et les premiers édits de police antérieurs à la an du xvii* siècle ont négligé ce point important. Il semble qu*il ait fallu quelques grands crimes pour éclairer Tautorité, et pour que )e célèbre et admirable édit de 1682 vint rassurer la population terrifiée par la fréquence dei empoisonnements.
On doit à Térudition connue de M. Trébuchet Thlstorique de cette législation si intéressante au point de Vue de la sécurité et de t*hypiène publique. Nous devons nous contenter d'en exposer l'état actuel que feront exactement connaître les documents suivants :
RAPPORT ET ORDONNANCE ROYALE SUR LA RATORE RT L'BMPLOI DW SOBSTAffCRS
tÉNÉNEUSBS (S» OCTOBRE 1846).
Sftre, kl légMiHen actUeUe sur la aaidn! et remploi des sobatanees véoéiitaaas le réduisait avant la loi da 19 JolHet 18^ aux articles Sh et 35 da la loi du Tl gemioal an XI. L'article 36 staiœ qac les subsuinces vénéaeiises aeroat temiea €ktûm$ les olitetiies des pharinacieai et daas les bdutiques dci épiçlera»
3t6 VÉNÉNEUSES (SUBSTANCES).
qu'elles ne pourront are vendues qu'à des personnes connues et domidliées qai pourront en a?oir besoin pour leur profession ou pour cause connue, à peine de 9000 francs d'amende. L'article 35 prescrit, en outre» au& pharmaciens et épi* ciers la tenue d'un registre coté et parafé, pour] l'inscription des ventes de substances vénéneuses.
Ces dispositions, empruntées en partie à l'édit de. juillet 1680, ont été, dès les premiers moments, frappées d'une déplorable impuissance : Tabsencc de toQte nomenclature légale des substances vénéneuses, la faculté accordée à tout le monde de vendre librement ces substances, leur emploi journalier pour le cbsolage des grains, pour la destruction des insectes et des animaux nuisibles, pour Je traitement des animaux domestiques, etc., enfin Pélévation de la peine unique prononcée par la loi de germinal an XI, ont été autant de causes du reUchemeot qui s'est introduit dans le rt^me applicable à la vente des poisons. De là peat* être une partie des crimes qui, dans ces dernières années surtout, ont affligé la société.
lia loi du 19 juillet 18Zi5 a été rendue pour faire cesser un état de choses si funeste à la sécurité publique. Elle abroge les dispositions législatives de l'an M, qui mettaient obstacle à Taction du gouvernement dans une matière qui, par sa nature, appartient essentiellement à son domaine, ei elle arme d'une sanction pénale plus efficace les ordonnances royales qui seront puliliées pour régler le commerce et l'emploi des suiistances vénénenMS.
U premier usage à faire de cette loi éuit difficile : un ceruin nombre de aulwtances réputées vénéneuses sont nécessaires pour Texplolutlon de plusieurs industries, et elles ne peuvent y être remplacées par des substances différentes : d'antres sont d'une production si facile ou si peu coûteuse, que l'usage s'en est répandu même dans l'économie domestique. Éuit-ii convenable, était-il possible de proscrire d'une manière absolue la vente de ces substances?
J'ai chargé une commission spéciale, composée des hommes les plus compétents, d'examiner cette question importante. Frappée, comme le gouvememeor, des motifs de haute moralité qui pouvaient faire désirer la prohibirion absolue de certaines matières, elle s'est livrée à une enquête attentive ; elle s'est entourée des lumières de tous les hommes spéciaux ; elle a réclamé et obtena les avis de la Faculté de médecine, de l'École de pharmacie et de l'École vétérinaire d*AlM. De ce travail il est résulté pour elle et pour moi*n»éme la convlctkm qu'une prohibition absolue était impossible, que seulement remploi de l'arsenic (acide arsénieux) pouvait être interdit ou restreint dans plusieurs usages, et que des précautions spéciales pouvaient être ordonnées pour l'achat, la vente et l'emploi d'un certain nombre de substances toxiques, dont la nomenclature devait être Jointe à l'ordonnance à intervenir.
I^ loi du 21 germinal an XI, comme l'édit de 1680, ne désignait, en effet, neminativement, comme substances vénéneuses, que l'arsenic, le réalgaretle sublimé corrosif; j*ai chargé successivement le Conseil de salubrité du département de la Seine, TÉcole de pharmacie et le Comité consultatif des arts et manubctures attaché à mon département, de dresser la liste des substances à sousMUre au régime de Tordonnance. Ce travail long et difficile a été fait avec le pkn grand soin ; chaque article a dû être l'objet d*nne étude spéciale pour en connaître l'emploi médical, pharmaceutique ou industriel. Un grand nombre ont été rangés
SUIS hésilatian dans cetie nooiesclaturc ; d*aatres dont on ae se sert que pour la médcdoe des bommes ou des animaux ont été laiaaés en dehors, pour ne pas créer an travail national des entraTea que ne eomoiandait pas une nécessité abioliie. L*expérlence fera connaître quelles modHications ultérieures 11 sera nécessaire d'apporter à cette Itote, et sa tbnae mène permettra de les réaliser facilement
Qoant aux dispositions du projet d'ordonnance que j*ai rbomeur de soumettre i rapprobatlott de Votre Majesté, et qui sont destinées à remplaeer les articles 3^ et 35 de In lol-du 21 germinal an XI, elles ont été Pobjet d'une dlacnasion appio* fondie au a^ du «onseli d*État ; mais Je dois rendre particulièrement complet Voire Majesté des motiis qui ont dicté les proliUiitlons que renferme œtte ordonnance.
Dans quelques départements, on a depuis longtemps Tusage de préparer le blé de semence au moyen de Taclde arsénlenx« dans Tespolr de détruire les sé« miaules de quelques végétaux microscopiques, qui, se développant plus tard, produisent la carie« la rouille et le charbon ; ou bien d'empoisonner certains aDimakules, tels que le vibrion du blé, qui, se rencoairant dans la 8emenoe« peuvent se propager par la tige, et par suite pénétrer dans l*épi et détruire une pardede la récolte.
Tons les renseignements recoeilib tant par mon département que par la commission dont J'ai mentionné plus haut Texcellent travail, s'accordent à établir, d'one part, que l'emploi de l'acide arsénieox pour le chaulage du blé est une des applications de celte substance qui la font le plus fréquemment parvenir en des mains criminelles ; d'autre part, que si l'acide arsénlenx réussit à détruire les insectes qui attaquent le Me de semence ou les animalcules qu'il recèle, il est à peu près démontré que son emploi pour la destruction des végétaux microicopiques reste sans eftcadié ; enfin que des procèdes nombreux, pariîiitement cooouset souvent éprouvés, tels que l'emploi du sullate de cuivre, celui de la cbanx mêlée de sulfate de sonde, offrent à la fois l'avantage de mettre entre les mains de Tagriculiure de» moyens de détruire les végéuux et animaux microsco« piqaes que renferme le blé de semence, et d'en favoriser souvent la germination et la végétation, sans exposer la société à aucun péril.
Ces considérations m'ont déterminé à proposer i Votre Majesté de proscrire d*one manière absolue l'emploi de l'arsenic pour le cbaulage des grains.
La destruction des Insectes et des animaux nuisibles s'opère généralement aussi au moyen de préparations arsenicales ; j'ai fait rechercher la possibililé d'y sub* stltuer d'autres matières, et déjà il a été conaUlé qu'en Suiase le qtuutia amara a remplacé avec un plein succès le cobalt^ ou arseni cmétallique, pour la destructiou des mouches. Malheureusement, nous ne sommes pas encore arrivés au même résultat pour la destruction des animaux nuisibles, tels que les rais, mulots, etc., dont la moltiplicaiion porte souvent la désolation dans les exploitations rurales. Mais, en tolérant provisoirement pour cet usage la continuation de l'emploi de rarsenlc, j'ai pensé, avec la commission, qu'il était possible, sinon de faire dis* paraître entièrement les dangers de cette tolérance, au moins de les atténuer sensiblement en substituant i l'acide arséoieux, qui est aujourd'hui délivré en nature, une préparation arsenicale composée de manière, non-seulement & rendis tonte méprise impossible, mais encore i prévenir, par sa consisunce, son odeur,
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sa «aveiir et sa coaltnrt toute tentative de crime. L*É€ole royale de pharmtde est charsëe de conpoier cetle préparalk» jusqu'à ce qu*U ait été possibie de U reaplaôcr par une autre matière ; la formule de cette préparation, qui ue pourra être vendue que par les pharmadeosy sera inscrite au Qadei.
Des considératloiis aualogaes s'appliquent à Parsenic pour le traHessut des animaux domestiques. Cette matière entre, avec un incontestable succès, daoi le tnitenent des maladies cutanées des dievaui, des moutoBS, etc. Us éluda que J'ai ordonnées permeitront, je respère,- de trouwer procMnenept ks moyens de la remplacer avec la même efficacité par une autre iulManci; uuii jusque-là il était nécessaire d'en tolérer la vente. L^ordoumuce aonmise à Vaut Majesté subordonne cette vente a des précautioos semblables à cdlca qui sont prescrites pour la destruction des animaux nmaibleSb Le concouraédaiié ducMaeil des professeurs de i*icole d'Alfort me permet ée oonq^ler que le Iwt sera elieiDt avec toute garaude pour la sûreté publique.
Les autres dispositions, Sire, s'etpUqoeni et se jusliient d'dlau-Diêmea. J'ei» pare que l'ensemble du projet obtiendra f assentiment de Votre Majesté ; élabora avec soin, il concilie autant que possitile la liberté due aux travaux de la science et de Tiudustrie, avec les intérêts sacrés de l'humanité et de la morale pui^iique, et j'ai la conviction qu'aidé de l'action ferme et vigilante de la justice, il tendra à donner à la sodélé dee gages de sécurité pour l'avenir.