‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 18 sur 130 · RAPPORT FAIT AU CONSEIL DE SALUBRITÉ DE ROUEN PAR MM. HELL1S · texte numérisé non relu

RAPPORT FAIT AU CONSEIL DE SALUBRITÉ DE ROUEN PAR MM. HELL1S

FLAUBERT ET PILLORE SUR LES ACCIDENTS OBSERVÉS CHEZ LES OU- VRIERS TRAVAILLANT AUX MÉTIERS A LA JACQUART (6 JUILLET 1850).

M. le docteur Desalleurs, médecin adjoint à l’Hôtel-Dieu, a, dans une lettre adressée à M. le préfet, en date du 12 avril 1850, signalé que, depuis quelques années, il avait été amené à reconnaître, tant par les signes de la maladie que par les résultats du traitement, que plusieurs des individus admis dans son service, comme atteints de colique de plomb, étaient, à sa grande surprise, des tisserands travaillant aux jacquarts. Alors , examinant la chose de plus près , il lui a été donné de constater que les coliques dont ces ouvriers étaient atteints prenaient leur source dans l’usage des plombs qui tendent leurs fils dont le mouvement continuel dégage une poussière qui n’est autre que du carbonate de plomb, ou céruse, dont l’absorption a un effet fâcheux sur la santé de ceux qui la manipulent ou qui en respirent les émanations. Il propose ensuite de substituer au plomb la fonte qui serait exempte de tout inconvénient.

Les faits rapportés par M. le docteur Desalleurs sont de toute vérité, et nous paraissent dignes d’être pris en considération, mais leur notoriété n’est pas nouvelle. Les médecins et les industriels se sont depuis longtemps préoccupés de ce point important de l’hygiène de l’ouvrier.

L’introduction des métiers à la Jacquart ne date pas, chez nous, de plus de trente ans. Un des membres de votre commission, qui avait eu l’occasion de soigner un grand nombre d’individus atteints de cette maladie, fut, il y a plus de vingt ans, trouver M. Auber, rue Saint-Gervais, qui alors était le seul qui fît usage de ces sortes de métiers. Le mal était grave, car, sur 150 ouvriers qu’il employait, plus de 20 étaient attaqués en même temps. Ce fut alors qu’on commença à chercher les moyens de remédier à ces accidents. Le même membre ne jugea pas à propos d’écrire à ce sujet, il se contenta de donner quelques conseils.

En 1834, M. le docteur Descamps saisit le conseil de salubrité de cette question ; j’ai regretté de n’avoir rien trouvé, dans les bulletins imprimés, qui rappelât cette communication.

Le travail le plus important, sur ce point, est celui de M. le docteur Dalmenesche offert, en 18/jO, à la Société d’émulation. On y trouve des recherches intéressantes et des vues éclairées. Alors les accidents causés par le plomb étaient bien réels, mais déjà moins fréquents qu’il y a une vingtaine d’années.

Un nouvel examen fait, chez plusieurs industriels, par votre commission, l’a amenée à constater les faits suivants :

Les accidents causés par l’usage des plombs dans les métiers à la Jacquart

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