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Total.
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Quelque atténués que soient les dangers de la fabrication de la céruse, l’insalubrité notoire et persistante dans cette industrie n’a pas cessé un seul jour d’être l’objet de la sollicitude des hommes éclairés, et lorsque la découverte et l’exploitation industrielle du blanc de zinc sont venues faire entrevoir la possibilité de substituer cette préparation inerte au blanc de plomb si nuisible, on conçoit I émotion qui a dû se produire parmi ceux que préoccupe la santé des classes ouvrières. Le gouvernement de l’Empereur ne pouvait rester étranger à cette émotion ; et la question de la suppression absolue de la fabrication et de l’emploi de la céruse a été seneusement mise à l’étude. Appelé à l’honneur de participer à cet utile travail, nous devons donner place ici au rapport que nous avons rédigé sur ce sujet.
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RAPPORT SUR LA SUPPRESSION DE LA FABRICATION ET DK l’emploi du blanc I)E plomb.
(Commissaires : MM. Chevreul, Magendie, Régnault, Séguier, Bussy, Legentil, Barbier, Davenne, et A. Tardieu, rapporteur.)
Les deux Comités réunis des arts et manufactures et d’hygiène publique sont appelés à donner leur avis sur une des plus graves questions que puisse leur soumettre la haute confiance de M. le ministre de l’intérieur, de l’agriculture et du commerce : la suppression de la fabrication du blanc de plomb et de l'emploi de cette substance dans l’industrie et dans les arts. Chargée de préparer vos délibérations, la commission dont j’ai l’honneur d’être l’interprète a pensé qu’elle devait avant tout s’efforcer de préciser l’objet et le but de votre mission. Cette tâche était rendue facile par l’exposé qui vous a été fait au nom de l’administration et par les paroles de M. le ministre , qui traçaient nettement la ligne de conduite si prudente que le gouvernement se propose de suivre dans cette affaire.
En effet, il ne s’agit plus d’établir la prééminence du blanc de zinc sur le blanc de plomb et de favoriser ou d’étendre ses applications industrielles. Vous avez à rechercher si la prohibition absolue de la céruse est utile et possible. La question se présente à la fois sous trois faces distinctes : au point de vue sanitaire; au point de vue industriel, commercial et financier; au point de vue du droit et de la légalité.
En appelant avant tout votre attention sur le côté hygiénique de la question , M. le ministre avait clairement fait comprendre que la fabrication et l’emploi du blanc de plomb ne devaient être proscrits qu’en raison des dangers qu’ils pouvaient offrir pour la santé des ouvriers de certaines professions. Votre commission , s’associant à cette pensée , a dû rechercher tout d’abord si ce danger était tellement certain, tellement grand, tellement inévitable , qu’il n’y eût d’autre remède à lui opposer que la prohibition. Mais, tout en s’attachant à ce point culminant , elle a cru devoir vous présenter en même temps, dans leur ensemble, les considérations qui peuvent éclairer les autres parties de la question soumise à votre examen.
1° Hygiène. — Les préparations de plomb, et notamment la céruse, constituent un poison subtil et lent qui, introduit par le simple contact ou par les voies respiratoires au sein de l’organisme , y détermine les accidents les plus funestes et peut causer la mort. C’est là un fait constant qu’il ne faut ni dissimuler ni amoindrir, qu’il convient au contraire de rappeler au début de cette discussion ; car il marque le but que la science doit s'efforcer d’atteindre, et inspire au gouvernement, soucieux de protéger la santé des classes ouvrières, ces vues philanthropiques que les comités, réunis dans cette circonstance, tiennent tous deux à honneur de seconder par leurs travaux.
Mais en même temps , il faut se garder d’exagérer l’insalubrité que peuvent offrir les industries qui préparent ou emploient le plomb , et ne pas oublier qu’une des lois du travail de l’homme est de s’exercer trop souvent dans les conditions les plus défavorables à la santé et au bien-être physique. Ce n’est pas ici le lieu de passer en revue les diverses professions insalubres ; il est cependant permis de dire qu’un grand nombre portent en elles des causes de maladies
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non moins gra\es et surtout plus difficiles à éviter que celles qui travaillent le plomb.
Pour ces dernières, qui doivent seules nous occuper, il est une distinction capitale à faire entre les dangers de la fabrication et ceux de Y emploi des préparations saturnines. Cela est d’autant plus important que la vérité sur ce point est loin d'être suffisamment connue, et que les préjugés qui l’obscurcissent ont jusqu’ici résisté même à l’autorité des faits.
A. La fabrication de la céruse reste , en effet , pour le plus grand nombre , la plus périlleuse des industries; et, par malheur, cette opinion est encore aujourd hui trop justifiée par le chiffre des malades que certaines usines livrent chaque année à l’assistance publique. Les statistiques des hôpitaux de Paris, recueillies depuis quatorze ans, quelque inexactes, quelque insuffisantes qu’on les suppose, témoignent hautement des dangers auxquels sont exposés les cérusiers employés dans certaines fabriques. Si la mortalité, celle du moins qui est accusée dans les relevés des établissements hospitaliers , a réellement diminué parmi eux dans les quatre dernières années , les affections saturnines ne les ont guère fiappés en moindre proportion, et sont encore relativement trop communes, si 1 on a égard au nombre des ouvriers cérusiers du département de la Seine. Mais en même temps un autre fait ressort des données statistiques fournies par les rapports annuels de l’un des membres du conseil de salubrité de la ville de Paris, M. Chevallier, dont le nom restera attaché à cette partie de l’histoire de l’hygiène professionnelle ; c’est la différence qui existe entre le chiffre des malades provenant des deux principales fabriques du département différence qui n’est pas seulement en rapport avec le nombre d’ouvriers employés par chacune d’elles, mais qui tient aux procédés suivis dans l’un et l’autre de ces établissements. La différence est plus marquée encore, si l’on compare ce qui se passe aux environs de Paris, avec l’état actuel des choses, soit dans les usines du département du Nord, soit à l’étranger, en Angleterre, par exemple. Les rapports si intéressants du conseil central d’hygiène et de salubrité de la ville de Lille, font foi d’un lait désormais acquis, et qui doit dominer toute cette question, cest que la fabrication de la céruse ne fait plus une seule victime dans les usines convenablement établies, et que des années entières se
saturnin11 eCS ^ qUUn ouvr,cr y ressenlît les atteintes de l’empoisonnement
Ce grand et heureux résultat ne doit pas être attribué à quelques circonstances fortuites ; il est le fruit légitime et constant des perfectionnements introduits dans cette industrie, sous la double pression des efforts incessants de l’admimstia ion et surtout de la concurrence salutaire du blanc de zinc. Pour n’avoir pas atteint la dernière période, ces améliorations n’en sont pas moins de nature à rassurer complètement sur les effets de la fabrication de la céruse.
Nous n avons pas a exposer ici en quoi consistent ces perfectionnements nui
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Eli résumé, la fabrication (le la céruse, dangereuse seulement par l’imperlection des piocédés employés, n’oflre plus, aujourd’hui, aucune cause réelle <1 insalubi ité , qui jniisse être de nature à justifier la suppression de cette industrie. Il serait sans raison comme sans justice de fermer, comme compromettant la vie des ouvriers, des usines où dans toute une année on n’en ren-
contre pas un seul atteint d’affections saturnines. Il appartient, d’ailleurs, à l’autorité supérieure de rendre la fabrication absolument sans dangers, soit par un nouveau classement de cette industrie , soit en imposant aux fabricants et aux cérusiers , par des règlements formels, l’adoption de moyens de préservation que la science indique et que l’expérience a déjà consacrés.
B. En ce qui touche l 'emploi des préparations de plomb, la question n’est peut-être pas tout à lait aussi simple, et doit rester jusqu’à un certain point distincte. En eflet, le blanc employé par les peintres n’est pas seul en cause. Les raisons sanitaires qui pourraient justifier l’interdiction de la céruse dans les travaux de peinture, s’appliqueraient avec non moins de force aux diverses préparations saturnines usitées dans les arts , dans l’industrie , dans l’économie domestique, et dont il est impossible de calculer l’influence sur la santé publique. Aussi est-ce là un sujet d’étude digne d’être signalé à toute l’attention des administrateurs et des savants, et dans lequel la substitution du blanc de zinc au blanc de plomb n’a fait qu’ouvrir la voie. Quoi qu’il en soit, c’est sur ce point que doivent presque exclusivement porter nos observations. Les peintres figurent dans les statistiques des affections saturnines pour un cinquième environ, et en les comparant aux cérusiers, dans le rapport de 1 à 3. Ces chiffres sont sans doute fort au-dessous de la réalité : car les peintres en bâtiment forment une classe d’ouvriers assez aisés, qui, pour la plupart, soit en raison de leurs ressources personnelles, soit par les soins des entrepreneurs, soit encore par l’assistance des sociétés de secours mutuels, se font rarement soigner à l’hôpitah II est donc probable que le nombre des peintres atteints par l’empoisonnement saturnin est aujourd’hui presque aussi élevé que celui des cérusiers. Mais là encore, il faut reconnaître que la négligence des précautions les plus simples est la principale source des accidents, et que le grattage notamment, qui constitue l’opération la plus nuisible, pourrait perdre une partie de ses inconvénients, à l’aide de certains moyens préservatifs, tels que le mouillage à l’eau seconde des surfaces peintes. Il est vrai que là où il s’agit d’un travail isolé, l’ouvrier ne peut être protégé contre sa propre incurie par les prescriptions tutélaires de l’administration, mais il ne demeure pas moins certain que le danger peut encore, même de ce côté, être jusqu’à un certain point, atténué.
D’ailleurs un remède plus certain existe aujourd’hui , et peut être considéré comme éprouvé. C’est le blanc de zinc dont l’innocuité ne pourrait être proclamée trop haut (I), et qui a déjà remplacé en partie la céruse dans les travaux des bâtiments. L’hygiène ne peut qu’applaudir à ce progrès. Là se borne sa mission, puisque d’une part, les moyens existent de neutraliser les effets délétères de la peinture au blanc de plomb, et que, d’une autre part, ceux-ci tendent à disparaître radicalement avec la substance qui les produit, devani la supériorité hygiénique du blanc de zinc.
(1) Cette innocuité tient à la difficulté avec laquelle 1 oxyde de zinc fortement calciné se dissout dans les acides faibles ; elle n’existe pas pour ies sels de zinc solubles et les combinaisons de ce métal , qui sont facilement attaquées par ces acides.
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Pour tous les autres usages des préparations de plomb, vernis, couleurs diverses, émaux, poteries, verres et cristaux, mastics, caractères d’imprimerie, etc., leur fabrication et leur emploi, sans être exempt d’inconvénients, ne paraissent par présenter assez de dangers pour qu’il ne soit pas permis de compter sur les moyens préservatifs généraux actuellement connus. Par ce double motif, on le voit, au point de vue hygiénique, l’emploi de la cérusene peut pas plus être proscrit que la fabrication.
2° Intérêts commerciaux et financiers. — Nous avons dû nous attacher avant tout à rechercher jusqu’à quel point l’hygiène pouvait être intéressée dans le projet soumis à votre examen. Mais il est un autre ordre de considérations qui ne sauraient être passées sous silence, et qui bien que subordonnées à la question sanitaire, doivent exercer une influence puissante sur la décision du gouvernement.
Nous avons vu déjà que les préparations de plomb autres que la céruse , ne pouvaient être, quant à présent, remplacées dans un grand nombre de leurs applications industrielles ou artistiques. Il y a là une nécessité dont il est impossible de ne pas tenir compte. Il n’est pas permis davantage de ne pas se pi éoccuper de la situation que ferait au commerce la prohibition de la céruse, même pour le seul emploi de. la peinture en bâtiments. L’accord qui existe entie la majorité des fabricants de blanc de plomb et ceux qui exploitent le zinc, ne doit pas faire illusion sur ce point. On ne peut, en effet, s’abuser sur les conséquences immédiates, inévitables de la suppression de la première industrie et du monopole accordé à la nouvelle. Les effets d’une telle perturbation seraient incalculables : car le commerce se trouverait dans la dépendance de la production et de l’exploitation 'du zinc; d’où l’abus des contrefaçons qui dès aujourd’hui se fait déjà sentir; l’avilissement de la qualité des produits, et par smte peut-être l’abandon des travaux de peinture, que l’art et l’industrie trouveraient mille moyens de remplacer. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que le blanc de zinc, grâce à la protection qui lui a été accordée, grâce à la différence e c ioits peiçus (puisque le zinc n’acquitte qu’un droit de 10 centimes, alors que le plomb est imposé à 5 francs les 100 kilogr.), grâce enfin à ses avanages reconnus, le blanc de zinc occupe déjà une place importante, qui n’est pas moindre du tiers de la consommation , et que les progrès toujours croissants continueront de s’accomplir sans que l’équilibre commercial en soit rompu.
in il est une observation dont la commission a dû se préoccuper. Le trésor retire un million des droits perçus sur le plomb et ne peut renoncer à cette lll;~el11 ’c'emi Publie* même pour la portion qui provient spécialement de
a. u . mi ou ie, a fiance, liée par des traités internationaux, reçoit la céruse des I ays-Bas et de la Sardaigne , et les plombs de l’Espagne ; ces convenions ne pourraient se rompre sans d’énormes difficultés et sans jeter le pays
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blêmes. Nous ne pouvons, toutefois, nous empêcher de faire remarquer dans quelle voie fâcheuse la suppression d’une industrie même pourrait entraîner le gouvernement, et quel précédent périlleux une telle mesure pourrait créer.
Conclusion. — Si les considérations que nous venons d’avoir l’honneur de présenter aux deux comités réunis reçoivent leur approbation , nous leur proposerons, au nom de la commission, de transmettre à M. le Ministre l’avis suivant :
1° 11 n’y a pas lieu d’interdire la fabrication de la cérusc, les perfectionnements introduits dans cette fabrication lui ayant enlevé d’une manière à peu près complète son insalubrité et ses dangers ; mais il importe que l’administration prenne des mesures pour que ces perfectionnements soient adoptés dans toutes les usines, et que celles-ci soient l’objet d’une surveillance spéciale.
2° Il n’y a pas lieu d’interdire Yemploi de la céruse dans les travaux de peinture, car certaines précautions peuvent mettre les ouvriers à l’abri des poussières de plomb, et jusqu’à un certain point, d’ailleurs, pour cet usage particulier, la substitution du blanc de zinc au blanc de plomb tend à s’opérer naturellement, et l’appui du gouvernement et la différence des droits perçus sur le plomb et sur le zinc favorisent cette transformation sans perturbation violente , sans atteinte portée à la liberté du commerce.
3° L’interdiction de la fabrication et de l’emploi de la céruse dans les arts et dans l’industrie aurait de plus l’inconvénient de susciter les plus graves difficultés au point de vue de l’état des finances et de la légalité.
Ce rapport, lu et discuté en présence de 31. le Ministre et de 31. le Directeur général, ayant été adopté à l’unanimité, 31. le Ministre pensa qu’il importait, en maintenant l’industrie de la fabrication de la céruse, d’assurer à tous les ouvriers qu’elle emploie le bienfait des perfectionnements déjà réalisés et de ceux qui pourraient être encore obtenus. Il confia donc à la même commission le soin de préparer un règlement général applicable à toutes les fabriques de blanc de plomb et une instruction sur l’emploi de cette substance. Cette mission exigeait une étude approfondie de tous les procédés usités dans les principales usines, soit en France, soit à l’étranger. Cette étude n’est pas encore arrivée au terme, et il ne nous appartient pas d’en pressentir les résultats. Nous nous bornerons donc à dire que l’assainissement complet de la fabrication de la céruse exige, outre l’emploi généralisé des appareils mécaniques précédemment décrits, la plus grande extension possible du travail sous l’eau ; et, d'une autre part, la préparation la plus grande possible de céruse sous la forme de pâte broyée. En attendant, nous croyons devoir analyser ici, comme la meilleure instruction à suivre, les conclusions de la commission de l’Académie des sciences, composée de 3131. l\ax ci , Pelouze et Combes :
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« Les maladies des ouvriers cérusiers peuvent être généralement prévenues par la substitution des procédés mécaniques au travail manuel dans les opérations où les hommes sont obligés de toucher et de manier la céruse ;
» Par l’intervention de l’eau dans la séparation des écailles des résidus de plomb, la pulvérisation de ces écailles et le criblage qui la suit ;
» Par la substitution du moulage en prismes ou en briques, à l’empotage de la céruse broyée à l’eau ;
» Par le broyage à l’huile, dans la fabrique même, à l’aide d appareils convenables, de toute la céruse qui subit cette manipulation avant d’être mise en œuvre ;
» Par la clôture dans des chambres isolées des ateliers, de tous les mécanismes servant à la pulvérisation, tamisage ou blutage à sec de la céruse, lorsque ces opérations sont indispensables. On préviendrait l’issue de la poussière par les ouvertures nécessaires a l’introduction des matières et au passage des arbres de transmission du mouvement, par des courants d’air dirigés vers l’intérieur des chambres, qui seraient, à cet effet, surmontées d’un tuyau en forme de cheminée, s’élevant au-dessus du toit, et en faisant tourner les arbres de transmission dans des anneaux de matière élastique, ou des bourrelets constamment humectés et fixés aux parois.
» hnhn, on complétera ces mesures par une ventilation très acti\e des ateliers et des précautions hygiéniques d’une observation facile aux ouvriers. »
5° Imbrication «lu minium et de la mine orange. —
La fabrication du minium et de la mine orange forme ordinairement une annexe de certaines fabriques de céruse; c’est ce qui existe notamment à Glichy, et elle participe en grande partie de l insalubrité de ces dernières.
Le minium, qui est, comme on sait, un oxyde de plomb intermédiaire entre le protoxyde et le bioxyde de composition variable est employé en grande quantité dans la fabrication du cristal. Pour l’obtenir on commence par fondre au contact de l’air, dans de grands lourneaux à réverbères, des saumons de plomb métallique 1res pur, en agitant fréquemment avec un ringard. Cette première opération donne une poudre verdâtre, qui est un méange de massicot et de plomb métallique, (pie l’on sépare par la lévigation. Le massicot, ainsi purifié, est étendu sur de larges sur-
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laces chauffées où il sèche et prend une teinte plus foncée. On le ramasse alors dans des caisses plates de tùle que l’on remet au four pour une nuit; puis on tamise et l’on enfourne encore pendant toute une nuit. Les caisses qui contiennent le minium sont alors portées dans un atelier où le produit est soumis au blutage. Les parties incomplètement oxydées, ou grabots, sont broyées à la meule. On procède enfin à l’embarrillage. Les ateliers où ont lieu ces diverses opérations, et les ouvriers qui y sont employés, sont littéralement couverts d’une poudre rouge dont les propriétés délétères ne sont pas moins à redouter que celles de la céruse.
La mine orange n’est autre chose que du minium un peu plus pâle obtenu par la décomposition du carbonate de plomb chauffé au contact de l’air.
III. Emploi du plomb et de ses composés. — On a vu déjà dans le rapport sur la suppression de la céruse que l’usage des préparations de plomb n’était pas moins dangereux que leur fabrication ; ajoutons que les effets en sont beaucoup plus difficiles à prévenir. Il serait impossible d’indiquer ici fous les cas dans lesquels l’homme se trouve exposé aux émanations du plomb ; nous indiquerons seulement les principaux , en passant successivement en revue : 1° l’emploi des préparations de plomb dans les arts et dans l’industrie ; 2° leur emploi dans l’économie domestique.
1° l uiploi «lu plomb dans les arts et «lans l’industrie.
L’énumération, même incomplète, des professions qui manient
ou travaillent quelque composé plombique, suffit à elle seule à montrer quels ravages peut faire l’empoisonnement saturnin , et quelle place tient cette question dans l’hygiène professionnelle. Les broyeurs de couleurs , les peintres , les restaurateurs de tableaux, les coloristes, les ouvriers en papiers peints, les fabricants de vernis, les émailleurs , les fondeurs en caractères, les imprimeurs, les doreurs, les chaudronniers, les tourneurs et les ! fondeurs en cuivre , les polisseurs de glaces , les ferblantiers , les ! étameurs, les lamineurs de plomb, les plombiers, les tisserands, les lapidaires, les porcelainiers, les potiers de terre, les fabricants de cartes, les dentellières, peuvent être, à des degrés différents, victimes des émanations du plomb. Déjà nous sommes entré dans quelques détails sur plusieurs de ces professions (voy. Dentelles, Doreurs, Émail, Étamage, Fer-blanc, Papiers). Nous n’aurons que peu de choses à ajouter. Mais , si on les envisage d’une manière générale, on voit que les unes manient directement la céruse
ou le plomb, comme les broyeurs, les fabricants de vernis, les plombiers; d’autres se servent des alliages de plomb en fusion ; fondeurs, ëtameurs. Dans d’autres professions, le contact habituel d’objets de plomb donne lieu à une absorption par la peau des mains : ce sont les imprimeurs, les lapidaires, qui travaillent les objets montés dans des espèces' de tirets de plomb; les tisserands, dont nous parlerons plus bas ; quelques uns enfin sont exposés à la poussière de la céruse, comme les peintres en bâtiments , les fabricants de cartes porcelaine, les ouvrières en dentelles. Dans tous les cas , le poison , absorbé par les voies respiratoires ou la surface cutanée, exerce plus ou moins rapidement ses ravages. Il est bon de revenir sur quelques points spéciaux.
Les broyeurs de couleurs qui, après les cérusiers et les peintres, fournissaient en général le plus grand nombre de victimes, sont beaucoup moins frappés depuis que l’habitude de livrer au commerce la céruse broyée à l’huile se répand davantage. Quelques marchands de couleurs résistent encore cependant et préfèrent faire procéder chez eux à l’opération du broyage, quoique
nous ayons vu que la céruse broyée à l’huile puisse se conserver plus d’un an sans s’altérer.
Les peintres en bâtiment ont, de tout temps, fourni une part considérable des malades atteints d’affections saturnines* et encore est-il extrêmement probable, ainsi que nous l’avons dit, que la statistique ne donne à leur égard qu’un chiffre très inférieur à a réalité. L opération la plus dangereuse de leur travail est celle du grattage des surfaces peintes, qui donne lieu à un dégagement si abondant de poussière plombique. Il faut reconnaître que les moyens de préservation sont plus difficiles à trouver et surtout à appliquer. Le plus simple est celui qu’indiquait M. Chevreul et qui consistait a humecter préalablement avec de l’eau seconde la surface a gratter. Car toutes les fois qu’il faut compter sur les pré cautions individuelles, telles que les masques ou éponges appliqués sur le visage les gants aux mains, etc., on doit s’attendre à voir ces moyens demeurer complètement stériles en présence de l’invincible incurie des ouvriers, même les plus intelligents. Mais pour es peintres, le véritable remède existe dans la substitution du blanc de zinc au blanc de plomb ; c’est pour eux que ce progrès admirable constitue une véritable ancre de salut. Nous iuro .s d ailleurs, a revenir sur cette grande question.
Les tisserands peuvent aussi, dans des conditions toutes parti
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culières, éprouver 1 inlluence nuisible du plomb. Nous devons luire connaître ce lait, peut être peu connu. Signalée déjà, en 18Zj*2, par M. le docteur Dalmenesche, l’influence des métiers à la Jacquart, comme cause de coliques de plomb, a été plus récemmment l’objet des observations éclairées des conseils d’hygiène de Rouen et de Lyon. Les rapports que nous reproduisons sont à la fois le meilleur exposé et la solution môme de cette intéressante question.