MÉTIERS A LA JACQUART
Un médecin de l’IJùlcl— Dieu de Rouen a observé, l’année dernière, chez les ouvriers tisseurs se servant des métiers à la Jacquart , une colique particulière à laquelle il trouva une analogie parfaite avec les coliques des peintres ; désirant s’assurer si le fait se rencontrait dans toutes les villes manufacturières où ces métiers étaient employés, il s’adressa à M. le ministre du commerce, qui demanda des renseignements à M. le préfet.
Ce magistrat consulta d’abord la chambre du commerce de notre ville, qui répondit que rien de semblable n’était observé à Lyon, et que le soin qu’on avait à Rouen de recouvrir les plombs, tenseurs des fils, d’une couche de vernis, pouvait donner lieu à une poussière qui serait alors la cause des accidents; mais qu’on pouvait aussi l’attribuer à l’humidité constante qui règne dans les ateliers de la Seine-Inférieure, humidité qui doit revêtir les plombs d’une couche d’oxyde que le mouvement détache en poussière fine constamment respirée par les travailleurs.
Ces opinions émises, sous toutes réserves, par la chambre du commerce, engagèrent M. le préfet à vous saisir de la question, ce qu’il fit par sa lettre du 1" juin dernier.
A la séance suivante, M. le président nomma une commission composée de MM. Pointe, Brachet, Ratier et Roy, à laquelle il se réunit ainsi que M. le secrétaire général.
Ainsi constituée, la commission se mit tout de suite àl’ouvrage, et après s'être assurée qu’à Lyon les ouvriers tisseurs n’étaient nullement atteints d’accidents analogues aux accidents saturnins, elle pensa que sa sollicitude ne devait pas s’arrêter là, mais que faisant attention à une des opinions émises par la chambre du commerce, celle relative à l’influence de l’humidité des ateliers de la Seine- Inférieure, elle devait aussi s’occuper de ce qui pourrait avoir lieu dans les ateliers de Tarare, Thizy, Villefranche, où le travail s’exerce sur des matières demandant un certain degré d’humidité.
En conséquence, votre commission, par l’organe de son secrétaire, écrivit à MM. les maires de ces localités ainsi qu’à plusieurs praticiens exerçant dans ces centres manufacturiers. Leur silence nous fit avoir recours à M. le préfet, qui, le 11 novembre dernier, nous fit transmettre leur réponse.
Ces magistrats, après avoir consulté les fabricants, les ouvriers et les médecins appelés à leur donner des soins, sont unanimes dans leur réponse : les ouvriers tisseurs ne sont pas soumis à une colique particulière.
M. le docteur Perret de Villefranche nous affirme, par une lettre datée du 25 novembre, que ni lui ni son père, qui pratique la médecine à fhùpilal de Villefranche depuis plus de trente ans, n’ont jamais rien observé de semblable à ce que le médecin de Rouen a observé.
Là ne se borna pas notre enquête ; nous allâmes visiter des ateliers, interroger les ouvriers, et nous n’avons pu obtenir que des faits complètement négatifs.
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Ainsi, après des recherches, longues, consciencieuses, qui ont duré six mois nous ne sommes arrivés qu'à un résultat négatif.
i\e serait-il pas convenable, pour épargner le temps de M. Je ministre des piefeis et des sociétés savantes, d'émettre le vœu que, dorénavant, M. le* ministre ne puisse être saisi d’une question intéressant la santé publique que sur la demande d'une société de médecine, et non sur celle d'un praticien troD
prompt à s’alarmer et à trouver des rapports et des analogies qui souvent n existent pas. b 4 suuveni
Votre commission vous propose de répondre à M. le préfet :
Que les ouvriers de notre ville ne sont nullement soumis à une maladie avant quelques rapports avec la colique de plomb; ^
Que nous 11e pouvons pas attribuer les accidents observés à Houen à Phnmi
ZTmr î “,le localiW’ ""}sq'K ,0,“ »"»"> K* ouvres do ïlr
Ilnsy, \illeriunchc, en sont exempts aussi bien q,M ceux ,1e Lyon, quoique les piemteis soient obligés de travailler dans des endroits humides-
Que la poussière occasionnée par la cl, nie du vernis ne peut non plus tire m e en reuse, putsque les pion, I, s son, également vernis à Lyon, ce qui du reste, ne dure que trois mois environ ; ** *
Qu’il serait plus rationnel d’en rechercher les causes dans la nourriture ou la boisson des ouvriers de la Seine-Inférieure.
Nous ajouterons pour terminer sur ce point, que M. le préfet e la Loire, consulte par le ministre sur cette question, a frans-
m,S fUn avis de1 Ia chambre do commerce de Saint-Étienne qui constate que, dans cette ville, où la fabrication des rubans emp oie un 1res grand nombre de métiers à la Jacquart, on n’a jamais eu occasion d observer d’accidents saturnins ; mais que d’ailleurs es met, ers a rubans diffèrent notablement de ceux qui sont dé (mes au tissage du colon. 1 eS‘
2» d.. d„„s l domestique. .
re lâche est loin d être accomplie ; il nous reste à parler des comblions les plus variées, les plus multiples, et en même temps peut-être les plus insaisissables de l’influence délétère du nlond, et de ses composes. L emploi de cette substance dans la construclion des habitations, dans la composition d’une foule d’ustensiles de cuisine ou d usage domestique, dans la confection de tuyaux de conduits ou d enveloppes pour certaines substances ; l’addition accidentelle ou artificielle de certains sels de plomb aux aliments u aux boissons, el enlin la composition de divers cosmétiques constituent autant de sources diverses, et trop souvent méconnues, de I empoisonnement saturnin.
Nous n’avons qu’un mot à dire des appariement ? Fm tni , punis a la eéruse, qui passent pour insalubres à cause des émî* nattons de plomb que l’on suppose devoir s’en échappe, cCîé
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une erreur qui doitêtre combattue. Lacéruse, combinée avec l’huile et avec le siccati 1 dans la peinture, est absolument lixo et ne subit aucune volatilisation. Les belles recherches expérimentales de M. Chevreul sur la peinture a l’huile ne laissent aucun doute à cet égard. C’est à l’essence que doivent être attribués les accidents qu’ont éprouvés un si grand nombre de personnes, pour avoir habité des appartements trop récemment peints.
Les réservoirs et les tuyaux de plomb , qui contiennent et conduisent les eaux employées aux usages alimentaires et domestiques , ont été souvent l’occasion des plus graves maladies et de malheurs irréparables. Nous avons, déjà consacré quelques mots en parlant de la Boulangerie et des Eaux : ajoutons que des laits nombreux sont venus démontrer l’action de l’eau potable sur les conduites et sur les réservoirs de plomb. M. II. Guéneau deMussy en a observé un exemple remarquable au château de Claremont, en Angleterre. Après quelques mois de séjour au château de Claremont , en 18â8 , plusieurs membres de la famille du roi Louis- Philippe furent atteints de symptômes d’intoxication saturnine. Coliques violentes, nausées, vomissements, tels furent, avec une constipation opiniâtre, les premiers accidents qui se manifestèrent. Plus tard, la peau se colora d’une teinte ictérique, des troubles nerveux se déclarèrent, simulant des attaques d’hystérie; toute la surface de la peau devint le siège d’une telle exaltation morbide de la sensibilité , que le moindre attouchement arrachait des cris et des larmes aux malades. La perte toujours croissante des forces, l’amaigrissement progressif, la coloration fortement cachectique de la peau, etc., inspirèrent une vive inquiétude à 31. Guéneau de 3Iussy, qui leur donnait des soins , et le portèrent, après avoir inutilement employé les purgatifs , à recourir aux antispasmodiques, aux préparations martiales, sulfureuses, etc., dont il obtint les meilleurs résultats. D’autres habitants du château furent également atteints, mais à un moindre degré. En somme, sur 38 personnes dont se composait la petite colonie, 13 furent frappées de l’intoxication, et la moitié de ces malades offrirent le liséré bleuâtre des gencives, et des taches de même couleur sur la membrane muqueuse buccale. Ces taches et ce liséré constituèrent même, pour plusieurs personnes, la seule trace de l’action de la matière toxique. A quelle cause devait-on attribuer ces empoisonnements? L'analyse chimique de l’eau employée au château pour les usages domestiques et culinaires y lit découvrir plus de 0^* ,01 de plomb
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métallique par litre. Mais comment expliquer la présence de ce plomb dans I eau i Aoici en quels termes M. Guéneau de Mussy fait connaitie les changements introduits dans les appareils de distribution des eaux du château :
« Lorsque le château de Claremont fut occupé par ses nouveaux » habitants, ils trouvèrent que l’eau arrivait par des tuyaux de » plomb depuis une citerne naturelle située près de la source » (distante de 3 kilomètres) , jusque dans la citerne de plomb » située dans le palais. Cette citerne naturelle était encombrée de » détritus animaux et végétaux. On jugea â propos de la rempla- » cer par un cylindre de fer de G pieds (1"\95) de diamètre, et » de 20 pieds (6,n,50) de haut, que l’on mit dans la terre à une » profondeur de 15 pieds (4m,87). On adapta à ce cylindre un » tu\au do plomb faisant une saillie de quelques pouces à l’in té— » rieur, et le cylindre fut fermé par un couvercle de fer percé de » trous, afin de permettre l’introduction de l’air. »
M. le docteur Guérard, dans un travail rempli d’observations intéressantes, a donné de ce fait une explication qui mérite d’être prise en considération. Rien n’est plus facile à expliquer, dit-il que ce qui s est passé dans cette circonstance. On sait, d’après les expériences directes de M. Pouillet, que le plomb est positif à 1 egard du fer, et surtout de la fonte. La substitution du cylindre
, (a Ia f11™ de Ptomb aura eu pour résultat de favoriser I oxydation du plomb, qui, une fois transformé en oxvde hydraté
Ie Sera chai,Se en carbonate, et dissous dans l’excès d’acide cari omque contenu dans 1 eau. — Comme la proportion d’agent toxique e ai peu considérable, les effets auxquels il a donné lieu
ron°" XTnCe à SG manifeSter dU>rès 1111 usa^ assez prolonge de I eau empoisonnée. 1
Nous tirerons de ce fait intéressant un précepte qu’il ne faut
I pel.?re de1.vue : cest que. dans les réservoirs destinés à conserver I eau alimentaire, on doit éviter d'établir un contact même médiat entre le plomb et un autre métal, et notamment le fer ous ne devons pas non plus passer sous silence une observai°" qui intéressé au plus liant degré la santé des marins et à (y e ' e.s, alts récents sont venus donner une très grande im. po tance. L eau distillée obtenue en mer à l’aide des cuisines dis
métaTeu’’ T’T ^ SerPe,,ti,,s dc l,lo,nb' s’csl chargée de ce métal, a c est a I usage qui a été fuit de celte eau que l'on a
m e a attribuer, dans quelques cas, les coliques d’un grand nombre
(1 hommes d équipage. Nous savons quelle confusion pourrait être laite entre les coliques saturnines et la colique sèche des pays chauds. Niais il n’en est pas moins très utile d’appeler l’attention sur des inconvénients aussi graves que ceux qui résulteraient de 1 emploi des tuyaux de plomb dans les appareils distilla toires placés à bord des navires.
Quant aux ustensiles et aux vases destinés à la cuisine , à la table ou à la conservation des aliments, il est difficile de calculer quelle peut être l'influence du plomb qui entre dans la composition d objets si universellement employés. Lorsque l’on considère que toutes les faïences communes sont recouvertes d’un émail jilomèeax'attaquable par la plupart des condiments, matières grasses et acides, on est invinciblement conduit à se demander si le mélange incessant de ces petites quantités de substances vénéneuses ne peut pas tà la longue exercer une action plus ou moins profonde sur la santé publique. Cette idée, que nous n’aurions peut-être avancée qu’avec hésitation, nous l’avons entendu émettre et soutenir par l’un des esprits les plus éminents de la commission dont nous avons fait partie; et nous ne craignons pas de dire qu’elle est digne d’être méditée par tous les hygiénistes. Dans quelques cas , l’observation directe montre combien cette crainte est fondée. M. Chevallier rapporte l’exemple d’un cultivateur de la Gironde, qui éprouva une colique de plomb déterminée par des cornichons qui avaient séjourné dans un pot de terre verni. Le vernis avait été décomposé presque partout par l’acide acétique ; le vinaigre dans lequel les cornichons macéraient était trouble, épais, laiteux ; il contenait de l’acétate, du carbonate, du sulfate et du chlorure de plomb.
Mais, outre l’emploi des vernis et des émaux plombeux dans la fabrication des ustensiles de vaisselle , quelques vases employés aux mêmes usages sont faits tout de plomb ; et à cet égard on ne doit pas hésiter à se prononcer formellement sur les inconvénients qu’ils présentent. Barruel avait indiqué, il y a longtemps, la nécessité de substituer aux saloirs de plomb dont se servaient les charcutiers, des saloirs de bois ou de grès. Un sait dans combien de liquides on a ainsi constaté la présence du plomb. ( Voy . Eau DE FLEUR d’oranger, COMPTOIR DE MARCHAND DE VIN, etc.)
Un fait non moins important, mais moins connu , a été signalé récemment: c’est le danger que présentent les appareils métalliques destinés à conserver ou «à préparer les eaux salines et ga-
zeuses, lorsqu’il entre un alliage de plomb dans quelques unes de leurs parties. Ainsi, les bouteilles siphoïdes à eau de Seltz, dont la fermeture et le tube intérieur étaient d’étain mélangé de plomb, ont donné lieu à des accidents. M. Bande , membre du conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine ; M. Chatin et M. le docteur Robert, en ont cité des exemples reproduits parM. Chevallier.
Nous devons mentionner encore les feuilles de plomb employées comme enveloppes pour certaines substances alimentaires, notamment pour les conserves , et aussi pour le tabac, oùM. Chevallier en a découvert ; et les préparations de plomb qui entrent dans la composition des cosmétiques , blanc de fard, pommades ou eaux pour teindre les cheveux, etc.
Si nous pouvions passer en revue, ainsi que nous l’avons fait d’ailleurs dans un très grand nombre d’articles qu’il serait trop long d’énumérer, toutes les altérations et falsifications des aliments et des boissons, nous n’en trouverions pas une peut-être dans laquelle le plomb ne figure comme un élément des plus constants et. des plus nuisibles. Cestà poursuivre ce dangereux poison dans tant de substances usuelles où il se glisse, que l’infatigable et savant M. Chevallier, guidé par l’intérêt bien compris de l’humanité, a consacré une partie de sa vie laborieuse et de sa vaste expérience.
Nous ne pouvons terminer l’examen de celle partie si importante du su jet, sans signaler d’une manière spéciale les graves accidents résultant de l’usage qui s’est introduit dans certains débits de boissons, notamment en Flandre, de pomper la bière à l'aide de tuyaux de plomb , usage qui a été imité pour tirer le vin de la cave dans quelques établissements.
Ce dernier cas s’est présenté récemment, dans une circonstance bien digne d’être rappelée, chez un très honorable pépiniériste des environs de Paris, qui, pour faciliter le service de sa maison, avait fait établir par ses ouvriers une pompe semblable. Deux d entre eux ont été atteints d’empoisonnement saturnin ; l’un d eux a succombé, et une action correctionnelle et civile, intentée au chef de 1 établissement, a amené contre lui une condamnation à des dommages-intérêts considérables.
Dans le département du Nord ce fait avait pris des proportions bien plus étendues, et le conseil d’hygiène de Lille s’est emparé de la question, et l’a approfondie avec sa sagacité ordinaire. Le rapport si instructif de M. Gosselet doit trouver place ici.
IM.oMIt.
R A P PU HT FAIT Al CONSEIL CENTRAI DU NORD SUR U ACTION QUE LES LA BIÈRE, PAR M. LE DOCTEUR
DE SALUBRITÉ DU DÉPARTEMENT TUYAUX DE PLOMB EXERCENT SUR (i OSSELET (13 JUIN 1853/.
Messieurs, le rapport que vous ave/, adopté sur les procédés de clarification des bières a laide d’agents saturnins contenait l’engagement d’étudier, par des expériences directes, l’action des tuyaux de plomb sur les bières qu’ils amènent de la cave au corps de pompe en usage chez les débitants : des résultats
variables ayant à celte époque laissé quelque doute dans notre esprit, votre bureau vient aujourd’hui vous rendre compte des différentes recherches qui ont été continuées à ce sujet par M. Meurein :
1" Un tuyau de conduite qui avait longtemps servi donna lieu aux premiers essais ; il avait 3 mètres de long, une épaisseur de 3 millimètres et un diamètre intérieur irrégulier, par suite de déformation, de 12 à 13 millimètres.
Il était recouvert à l’intérieur d’un enduit assez épais de couleur ocracée à l’état humide, jaune chamois à l’état sec.
Il fut rempli d’une bière reconnue exempte de plomb et bouché avec soin.
Après un contact de douze heures , le liquide qu’il contenait était trouble, jaunâtre et comparable aux urines jumenteuses : le filtre en sépara une bière transparente et retint un résidu jaunâtre, abondant qui fut desséché, incinéré, traité à chaud par l’acide azotique, repris par l’eau distillée bouillante, et après filtration, neutralisé par l’ammoniaque, puis additionné de sulfliydrate de soude; il se forma un précipité de sulfure de plomb très abondant.
La même série de manipulations vint révéler dans la bière que le filtre avait laissée passer un précipité de sulfure de plomb abondant aussi et bien caractérisé par les différents réactifs.
A deux reprises la même expérience donna lieu à des résultats identiques.
Après le contact des bières dans les tubes, comme il vient d’être dit, le tuyau était lavé à l’eau distillée, puis rempli d’eau également distillée, et laissé ainsi pendant douze heures. Cette eau, recueillie avec soin, était limpide, mais colorée en jaune ; elle précipita par l’acide sulfhydrique et donna 20 centigrammes de sulfure sur 300 grammes d’eau que contenait le tube.
T Un second tuyau enlevé directement à la pompe, et tapissé comme ci-dessus, fut soumis aux mêmes expériences, et, bien qu’a près chaque séjour de douze heures de la bière, il fut lavé à l’eau pure jusqu’à ce que celle-ci en sortît limpide, les bières soumises à un nouveau contact donnèrent lieu à d’abondants précipités de sulfure de plomb.
3” Ces deux premières expériences devaient dissiper nos doutes; mais nous n’étions pas encore absolument dans les conditions des tuyaux en fonction , et les premiers essais faits dans ces conditions avaient été négatifs, on se le rappelle. 11 était donc important d’expérimenter sur une plus grande échelle.
Huit litres de première bière furent recueillis en deux fois chez quatre cabaretiers, le matin après huit à dix heures de séjour dans le corps de pompe et les conduits, c’est-à-dire dans les conditions les plus défavorables où elle puisse
être livrée aux consommateurs.
Ces huit litres furent évaporés dans une capsule de porcelaine neuve, et après la répétition des manœuvres précitées, soumis à un courant assez prolongé de
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gaz acide sulfliydiïque. Le précipité qui se forma, recueilli sur le liltrc, lavé et séché, donna (i milligrammes de sulfure de plomb.
Ou environ un demi-milligramme de plomb métallique par litre.
Ajoutons que toutes les expériences faites pour reconnaître dans ces bières la présence du cuivre qu’on aurait pu attribuer au corps de pompe ont toujours donné des réponses négatives.
Il serait ici sans importance de suivre M. Meurein dans les explications théoriques de la reproduction constante de l’enduit , dont on peut constater la présence sur le fragment de tube divisé soumis au conseil.
Disons seulement qu’il s’est assuré par des analyses minutieuses dont nous déposons le détail sur le bureau , yue le dépôt qui tapisse la paroi intérieure des tubes de plomb est composé d’acétate de plomb basique, de sulfate et de chlorure de plomb, d’une combinaison d’oxyde de plomb et de principes colorants, gommeux et mucilagineux , ce qui tend à confirmer ce chimiste dans la pensée que l’oxyde de plomb surabondant pour saturer l’acide acétique d'une première quantité de bière, et qui donne lieu au sel basique, se combine avec 1 acide d'une seconde portion de liquide qui l’entraîne en dissolution, d’où naît par cette espèce de transmission , la possibilité d’une nouvelle oxydation pour relormer le sel basique, et ainsi de suite.
Le fragment du tube, débarrassé de son enduit, montre les érosions plus ou moins profondes subies par le métal.
On est donc autorisé à conclure :
l* Que la bière, après un séjour de douze heures dans un tuyau de plomb ayam servi longtemps à conduire le liquide, entraîne du plomb à l’état de combinaison soluble et de combinaison insoluble ;
vionr hv. CeUe aCti?n,Se P1’°duit sur un lübe expérimenté au moment où il uent d etre séparé de la pompe ;
3" Qu’elle a lien encore tous les jours dans les tuyaux de conduite : qu’elle don eue augmentée en raison de l’acidité des bières; qu’elle devient surtout
SrLP,LIStUr,!î;?lü,’Sé de h comm“u™
1/3 milligramme de plontb^“li?rë! e"''' i’C"1 C°"'e""' a'°rS “ m0yenne
Si faible que puisse paraître celte proportion, vous avez pensé messieurs quelle pouvait devenir nuisible, puisqu’il est impossible de mesurer la lolé’ rance de chaque idiosyncrasie, et il peut arriver, par exemple nue cette Ibère
ma"" * 0'‘ d°"X ",diV,d“3 "ui vie""'"1 'à P™dre avant
Si par précaution et pour offrir la bière plus fraîche, les premières portions sont écoulées dans les réservoirs des fonds et résidus, vous savez encore ce
les ouTrfeT""™^ V°nt f°mer 1,1 <les P*«'« bières consommées par
aldr rz,d""c J*"’* «<■’« »«dl prudent de proscrire, d’une manière absolue les loyaux de plomb dans les pompes des cabarets.
fallait encrc8a,toàPksdmVil|'' '''“'“'"t * “ prCSCd,'C la oppression, il inolfensif» ,<!m|,",c*r par des » h fols pratiques et
Jetait la principale difficulté du problème ••onduiis ne communiquent à la bière aucune
» car il est important que les odeur et qu’ils jouissent d’une
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15fi
coi Taine flexibilité pour s'adapter à toutes les positions des tonneaux dans les caves.
Aussi avons-nous eu à peser bien des considérations pour et contre telle et telle matière .1 employer; nous n'avons pas à vous entretenir de nos tâtonnements et des conseils qui se croisaient en tous sens sans nous satisfaire. Il nous suflit de démontrer que la chose est possible et réalisable à l’aide de tubes d’étain laminés et soudés longitudinalement d’une manière parfaite par le chalumeau d'une lampe alcoolique ou par une lance de gaz détonant. Le tube présenté au conseil est d'étain lin que nous avons vu très cassant avant le laminage; il a pu cire roulé en spirale, puis déplié sans se rompre et sans endommager en rien la soudure. Dans ces conditions d’épaisseur et de diamètre, le prix du mètre courant pesant 769 grammes, serait (le 2 fr. 75. (L’étain fin coûte en ce moment 2 fr. 80 le kilog.) On obtient aussi des tubes d’étain sans soudure en les passant à chaud à la filière ou au laminoir ; mais ceux que nous avons vus sont plus épais, c’est-à-dire plus coûteux, et ils sont moins flexibles.
11 est d’ailleurs évident que l’industrie ne tardera pas à améliorer les produits, à faire à meilleur marché, et dans ce but elle introduirait bientôt les alliages qui arriveraient , dans un temps donné , à ramener les inconvénients signalés en faisant entrer le plomb en proportion considérable.
C’est pourquoi il faudrait exercer une surveillance sur ces tubes comme celle qui s’applique aux mesures de capacité formées de ce métal. Depuis les belles expériences de Vauquelin , consulté par la commission célèbre qui créa le système métrique, expériences confirmées quelques années plus tard par Proust, l’élain, qui n’est soumis à aucun titre dans le commerce, doit cependant, quand il est employé comme mesure de capacité, être astreint, avant de subir l’épreuve de la jauge, à un contrôle qui détermine que l’alliage ne contient que 16 pour 100 de plomb, avec tolérance jusqu’à 18 pour 100.
En adoptant pour les tuyaux (le conduite ce même titre légal, qui suffit largement à prévenir l’oxydation du plomb , la surveillance serait aussi facile que. celle des mesures utilisées dans les lieux ou se débite la bière du Nord.
En indiquant la possibilité de remplacer avantageusement les tubes de plomb par des tuyaux d’étain, il ne saurait entrer dans notre pensée de proscrire tout autre moyen que l’industrie trouverait avantageux d'employer, pourvu qu il ne puisse nuire en rien à la santé (les consommateurs.
Ainsi les tubes de caoutchouc, de gutta-percha (1), de cuir, de bois, de métal argenté ou autres, 11c sauraient être prohibés. Quand on sera parvenu à les produire dans des conditions convenables, ils pourront avoir des avantages, comme iis ont aujourd’hui des inconvénients qui ne permettent point d’en conseiller l’application.
Il n’est pas inutile, cependant, de rappeler que l’usage du zinc a été proscrit, avec raison, comme vases culinaires, comme mesures (le capacité, etc. Il est également important de dire que le cuivre, mis en contact a\ec la bièie à 1 air libre, y produit des combinaisons de cuivre très dangereuses; qu il sciait impiudent de l’employer pour tuyau de conduite, car si la présence de ce métal n a pu être révélée dans les bières en contact avec les corps de pompe, cela ne
(1) Les tubes de gutta-percha employés déjà dans quelques établissements à Roubaix ont été préparés à cette destination par les macérations dans l’alcool de la surface interne, en vue d’empôcher ensuite l’action de l’alcool faible contenu dans la bière.
peut tenir qu’à la non-intervention de l'air, et que cette condition ne serait pas toujours remplie avec des tubes qu’il faut souvent monter ou démonter pour les ajuster. Ils pourraient s’oxyder en certains points et donner lieu à des accidents avant d’être rendus impropres à fonctionner.
Par surcroît de précaution vous auriez désiré, messieurs, que les corps de pompe, actuellement faits de cuivre, pussent être remplacés par des appareils d'étain, ou du moins recouverts d’une couche d’étain à défaut d’autre matière inattaquable. Les études nouvelles, entreprises à ce sujet, ont révélé desdifiicultés inattendues, se rapportant, les unes à la souplesse de la matière même, si elle est employée isolément, les autres à la prévision d’actions électro-chimiques, si par l’effet de l’usure ou de la nécessité de conserver du cuivre dans certaines parties de l’appareil, les métaux en contact se trouvaient mis en présence d'un liquide acidulé. 11 n'est pas douteux, cependant, que l’industrie ne parvienne à lever bientôt toutes les difficultés et à donner ainsi à vos appréhensions entière satisfaction, car nous avons eu entre les mains des corps de pompe coulés en étain pur, qui étaient bien près d’atteindre le but, et auxquels il ne manquera plus que la consécration de la pratique.
Mais avant que de nouvelles expériences aient démontré, dans les bières, la piésencc d une dissolution de cuivre due à l’action de ces appareils, il y aurait pi ut-i tie de 1 ai bit i aii e a exiger que tous les débitants qui se sont imposé une dépense faite une fois pour la vie fussent contraints de remplacer leurs pompes a bièie, pom satisfaite des prévisions que l’esprit conçoit comme éventuelles, mais que rien n'a justifiées jusqu’ici.
Kous ne parlerons point de proposer à l’autorité des dispositions pour l’avenir; elles sciaient futiles, puisque les nombreux établissements en activité sont munis de pompes de cuivie, et qu ils continueraient à faire courir des dangers aux consommateurs s'il y en avait de réels.
Dans cet étal de choses, nous pensons donc qu’il y a lieu de laisser aux travaux ultérieurs et a 1 expérience de la pratique, le soin de vider celte question,
en nous bornant à demander la réforme des instruments dont les faits et la science ont reconnu le danger.
En résumé :
. AltcntUl <Iue les tuyaux de plomb qui amènent la bière depuis le tonneau jusqu a la pompe des comptoirs de cabarets ou estaminets produisent, avec cette boisson , des combinaisons de nature à incommoder les consommateurs • qu’il en serait de même des tubes de zinc ou de cuivre;
Attendu qu’il est possible de remplacer ces tuyaux de plomb par des tubes de matière inollcnsive, qu’on peut, par exemple., obtenir des tubes d’élain qui remplissent le but proposé ; 1
Attendu que dans le commerce l’étain contient souvent du plomb en quantité considerab.c ; qu il est important, dans cette application, d’en surveiller le titre comme on le fait pour les mesures de capacité ;
Nous avons l’honneur de proposer au conseil d’inviter Aï. le préfet :
1“ A proscrire dans tous les lieux où se débile la bière l’usage des tuyaux de plomb qui font suite au corps de pompe à bière.
aJsi desnàanscrsdC ‘'Cmi'laCCr pi"' *» tubcs dc ™c ®» dc qui oITrcnl
3* A prescrire <iuc lcs luya“* tlVtain qui seront employé J celle destina-
1 5 fi
l'LOMH.
lion m> pourront contenir plus de t(i pour 100 de plomb, et qu'ils seront assujettis, par les soins du fabricant, au contrôle du titre exigé pour les mesures de capacité. I,es industriels restant libres d’ailleurs de choisir telle matière inoilensive qu’ils jugeront convenable.
Ce rapport a reçu la sanction du comité consultatif d’hygiène publique et de l’autorité supérieure.
11 est intéressant de rapprocher ces conclusions des expériences te ce n tes lentees par M. Chevallier dans le but d’apprecier le mode et la rapidité d’action du vin, du cidre et de la bière sur les vases de plomb. Il a ainsi constaté qu’au bout de quarante minutes de contact ces liquides donnaient des traces de plomb , et que, si le cidre attaquait le métal avec plus d’énergie que les autres liqueurs, toutes trois présentaient, après vingt-quatre heures, lorsqu’on les traitait par l’hydrogène sulfuré, une très notable quantité de plomb.
I! nous reste à parler d’une pratique non moins grave, et qui, connue depuis longtemps , mais renouvelée dans ces derniers temps, a eu les conséquences les plus déplorables : il s’agit de l’addition d’un sel de plomb, ou d’un mélange contenant une préparation de plomb, à des liquides fermentés, vin, cidre ou bière , dans le but d’en opérer la clarification ou de les adoucir.
Le mélange de la litharge au vin a été autrefois l’objet de nombreuses prescriptions de l’autorité. Mais, depuis la fin du siècle dernier, cette falsification estdevenue très rare. M. Chevallier dit avoir examiné, dans le cours de l’année 1852, plus de cent échantillons de vins pris dans les faubourgs de Paris, et les avoir trouvés tous exempts de plomb. Le même auteur rapporte cependant qu’en 1847 on constata, au camp de Compiègne, une grande quantité de coliques saturnines, que l’on reconnut avoir été produites par l’usage de vin qui, étant trop acide, avait été adouci par de l’acétate de plomb.
Les mêmes fraudes ont été souvent, et a différentes époques, pratiquées sur du cidre , dans un but semblable. Mais, tout récemment un mélange, où entrait un sel de plomb a été employé, sans aucune intention mauvaise, pour clarifier des cidres fabriqués dans plusieurs des principales brasseries de Paris : le mélange était formé de 125 grammes d’acétate de plomb et 125 grammes de carbonate de potasse , délayés dans un seau d eau , pour un tonneau de cidre de 6 a 700 litres. Ces cidres, répandus par le commerce sur un grand nombre de points de la capitale, déter-
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minèrent dos accidents multipliés. Dans plusieurs hôpitaux, dans les quartiers les plus éloignés, des cas d’empoisonnement très graves furent simultanément observés. Deux des victimes succombèrent, et la justice ayant été saisie de cette triste affaire, je lus appelé a constater ces faits de concert avec M. le docteur Bon valet qui, le premier, avec une rare sagacité, avait signalé cette source d’accidents meurtriers, et avec notre savant collègue M.Uicn allier. Nous avons pu, dans le cours des expériences auxquelles nous nous sommes livrés, remarquer que les cidres clarifiés par le mélange de sel de plomb et du carbonate de potasse ne contenaient pas une égale quantité de plomb. En effet, il peut ari i\ ei , lors de 1 opération, que le cidre, étant plus ou moins acide, îéagisse plus ou moins vivement sur la céruse qui a été produite et qui est à l’état naissant; (pie ce liquide, par suite des manipulations exercées, soit plus ou moins longtemps en contact avec le carbonate de plomb formé; ou que le liquide qui bouillonne rejette au dehors des vases, avec les écumes, une plus grande quantité de la céruse ajoutée au liquide.
La bière, comme le vin, comme le cidre, a été soumise a des mélangés analogues. C’est principalement dans le département du i ord que ces faits ont été observés; ils y ont été l’objet d’une étude très complète de la part du conseil d’hygiène de' Lille et .l un arrête excellent de M. le préfet du Nord! Il nous suffira de Cl tei ces deux pièces, en les recommandant à toute l’attention des administrateurs et des conseils de salubrité.
FA'T AU C°NSE"- <»mi. DK SALUBRITÉ DU DÉPARTEMENT
Di nord sur quelques procédés employés pour clarifier la
RILRE, par LF. DOCTEUR GOSSEI.ET (O FÉVRIER 1 853).
croissants de paralysie, dont il accusait un état rinunaUsm^es TmtvT chez lui SLI <l(i M* C"1Veilhier’ c,le,'che,' «ne guérison qu’il n’obtenait pas D’autres faits analogues ont été signalés dans la capitale et des « .•
f me’nature™ Les tiques jà clTpa^’Ta ^
des gencives, frappaient de plus en plus les observateurs * dCténStiq,,e
iN0us ab^gePns les détails de la maladie qui nous est' décrite P»r u» médecin de la vttle, appelé à donne, 'des soins
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récapitule les cas de cette affection dans un tableau qui en contient vingt-neuf, dont un seul sujet aurait été, pur profession, en contact avec le plomb. Silice nombre, cinq ont conservé de la paralysie des extenseurs des doigts et des orteils. Il connaît aussi, en dehors de sa clientèle, plusieurs cas semblables et spécialement chez des cabaretiers.
L'attention éveillée sur ce sujet, M. Bailly se rappelle les accidents qu’il a eu à combattre sur la personne même d’un brasseur. M. Godefroy, notre ancien collègue, a, dans sa pratique, des faits semblables en tous points.
Mais arrivons à la recherche des causes qui nous intéressent spécialement au point de vue de l’hygiène publique.
Le Journal de chimie fait remarquer dans le cas précité, que le malade était un buveur de bière, pas à domicile, mais au cabaret. i\os praticiens font cette même remarque, qu’ils ont obtenu de leurs clients des aveux en tout conformes à ceux-là : consommation de bière au cabaret. D’un autre côté, plusieurs personnes habituées à cette boisson ont dû y renoncer, en alléguant que la bière les fatiguait; que l’usage soutenu les incommodait, sans qu’il y ait eu chez elles des symptômes alarmants.
il y a donc uniformité dans les allégations.
Les phénomènes de cette intoxication saturnine seraient imputables à certaines bières ou au moins à la bière prise dans certains cabarets.
Le Journal de chimie pense que les tuyaux de. plomb destinés à conduire la bière de la tonne au corps de la pompe, placé sur le comptoir, pour éviter aux débitants la fatigue d’aller à la cave, sont attaqués par les acides contenus dans la boisson fermentée et donnent naissance aux sels vénéneux que le liquide tient ensuite en dissolution. Il prétend que quarante minutes de contact avec le plomb ont sulli (dans des expériences faites par l’auteur de l’article), pour donner à la bière la propriété de brunir par l'acide sulfliydi ique. Plusieurs personnes ont accepté, sans contiôle, cette appréciation des causes.
11 n’est pas douteux cependant, que les faits d’intoxication, amenés exclusivement par cette cause, auraient dû se produire depuis l’introduction des pompes dans les cabarets; ils auraient, depuis longues années, été signalés, soit en Angleterre, soit cq Allemagne, soit en Belgique, où ces appareils fonctionnent depuis très longtemps et sur une très grande échelle.
H n’est pas moins évident que l’empoisonnement, alors, devrait se remarquer moins chez ceux qui prennent de grandes quantités de bière, que chez ceux qui fréquentent les cabarets peu achalandés, où la bière qui rcmpüt les tubes de pompe reste longtemps en contact avec le métal, et que les premières portions tirées le matin, après la décomposition opérée durant la nuit, seraient extrêmement vénéneuses, et auraient infailliblement amené plus tôt les désordres qui se révèlent aujourd’hui.
Sans nier d’une manière absolue cette action dissolvante sur laquelle nous aurons à revenir, il paraît donc logique de chercher ailleurs la cause des propriétés délétères dont la bière est le véhicule.
Grâce au zèle pour le bien public de notre ami et confrère Boiser, la tâche nous sera facile. Voici la lettre qu’il adresse à votre secrétaire, sous la date du 15 janvier 1855 :
a Vous n’ignorez pas que depuis quelque temps des accidents saturnins se sont déclarés sur des personnes complètement étrangères aux professions qui
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font usage du plomb ou de ses préparations; vous savez également que c’est généralement sur les forts consommateurs de bière qu’ont été observés ces accidents. Ce qu’on connaît beaucoup moins, c’est la source d’où découlent ces sortes d’intoxications. Il résulte de renseignements précis et très concluants, qui m'ont été fournis, que c’est à un nouveau mode de collage des bières qu’il faut attribuer les effets malfaisants signalés par plusieurs praticiens, bons observateurs. Le moyen de clarification, récemment introduit dans l’art du brasseur, consiste dans l’association de la litharge ou du minium et de la colle de poisson ; on confectionne avec les deux substances des boules rougeâtres, du volume d’un œuf, que l’on introduit dans les tonneaux livrés chez le cabareticr à la consommation; aucun soutirage n’est ensuite pratiqué, et même indépendamment de la belle couleur que prend le liquide, on se prévaut de l’atténuation apportée par ce procédé pour les bières dures de goût, c’est-à-dire trop acides.
» Ce sont particulièrement les brassins faits dans le cours des chaleurs de l’été qu’on traite avec de plus fortes doses de litharge. Trop souvent, une température élevée donne des bières de nuance un peu verdâtre et qui manquent de transparence ; c'est pour les amener à un état qui flatte mieux l’œil du consommateur, qu’on les soumet à l’action d’un oxyde de plomb. ,Le plus communément, ces bières sont bues dès le commencement, ou, au plus tard, dans le cours de l’hiver.
» De ces détails, il résulte bien positivement qu’un principe toxique est introduit dans la boisson populaire du pays; on peut même ajouter que ce dangereux abus tendrait à se propager, si l’on ne. se hâtait d’y mettre un terme et qu il est urgent, par conséquent, d’adopter des mesures qui protègent efficacement la santé publique.
" Je comprends, pourtant, tous les ménagements que de grands inférêts imposent en pareille matière. J1 sérail, d’un côté, fâcheux d’exciter des alarmes exagérées dans l’esprit des populations, et de l’autre, il conviendrait d’éviter qu une grande et belle industrie exercée par des hommes très honorables ne deuenne l’objet d’incriminations de la part du public. La question présente
donc des difficultés très réelles pour être traitée convenablement et recevoir une solution satisfaisante. »
Après cette communication, tout commentaire serait superflu : la cause doit être celle mdtquée. Ce n'est pas la première fois que les sels de plomb son. vanté comme moyen d armer à la clarilica.ion des boissons, ils ont été aussi cm lé à la fabrication des sucres en tablettes, des pains d’épice et autres et chaoue fois on a eu des accidents à déplorer. ’ clitUllie
Les journaux politiques ou scientifiques ont reproduit et relatent encore aujouid haï les condamnations sévères prononcées par les tribunaux contre les fabricants de cidre de Paris, coupables d’avoir préparé et vendu des boissons contenant des préparations saturnines, qui ont occasionné des accidents chez les consommateurs, et que la chimie sut reconnaître.
ici la constatation des faits ne vous sera pas plus difficile - nn.ic »ous procurer, d’une part, des bières altérées par fe plomb cl de llZTdos
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la patience dans les recherches, et qui nous promet de suivre l'élude chimique de ce sujet dans un travail complet.
1° Les bols que je soumets au conseil central pèsent 8!2 grammes, cl contiennent 1 un 13 grammes de lilhargc, l'autre 6 grammes de minium mélangé avec 1 icluhyocolle. (Le plomb de bols semblables a pu être ramené à l’état métallique.) Nous avons aussi soumis à l’analyse une préparation liquide, sirupeuse, blanche, qui contient, avec de la dexlrinc, une matière que l'acide chromiqne jaunit, que l’acide sulfhydrique noircit : c’est le plomb. Ce mélange a été pris entre les mains d’un garçon brasseur au moment où il allait l’employer ù la clarification des bières.
2° Ln litre de bière provenant d’un cabaret où nous savions que le procédé de collage était employé, soit par le débitant, soit par le brasseur, a été concentré , puis le résidu charbonné ; une portion de ce charbon , traitée par l’acide azotique , a donné une liqueur qui , ramenée à l'état neutre par l’ammoniaque , a été essayée par le sulfhydratc de soude. L'autre portion de charbon incinéré a aussi été essayée par le réactif. Cette première expérience ne nous a donné aucun résultat.
Nous avons alors introduit un sel de plomb dans une bière que nous savions pure de métal : la proportion était de 5 milligrammes pour 120 grammes de liquide ; tout de suite et sans rapprochement, nous avons obtenu avec le réactif une coloration, puis un précipité.
3° A quelques jours de distance, nous fîmes prendre de la bière dans le cabaret cité ci-dessus: elle fut traitée par la condensation, la carbonisation, et la liqueur obtenue comme précédemment se brunit par le sulfhydrale de soude, et un précipité très abondant troubla la transparence et vint s’amasser au fond du verre Le produit de l’incinération nous conduisit au même résultat. Ces deux précipités peuvent être appréciés par les échantillons soumis au conseil central.
Il serait ici sans importance de fournir une analyse quantitative des matières toxiques, car elles doivent varier considérablement suivant l’état d’acidité, de fermentation ou de limpidité des bières au moment où l’on fait usage du moyen de collage. Les parties gommeuses et mucilagineuses tenues en suspension , et qui troublaient la transparence de la boisson , forment avec les sels de plomb un mélange moins soluble et qui se précipite, d’où naît la limpidité du liquide à décanter. Il résulte de ce fait que les fonds de tonneaux, les sédiments, doivent contenir le métal en plus grande quantité; c’est encore ce que l’analyse est venue confirmer.
l\° Des lies de bières nous ont été procurées et ont fourni aux réactifs des précipités extrêmement abondants; tandis que nous n’avons rien obtenu en expérimentant sur de la bière non soumise au collage saturnin, et qui avait été pendant tonie une nuit laissée dans la pompe et tirée le malin.
Ainsi donc on emploie, pour clarifier les bières, des préparations de plomb en grande proportion. C’esl tantôt du minium, tantôt de la lilharge, tantôt le sel ou sucre de Saturne associé à la colle de poisson, a la dextrine ou autre excipient; et les bières ainsi préparées contiennent des parties notables de sel de plomb.
Les sédiments qid s’opèrent au fond des tonnes recèlent surtout les sels de Saturne, ainsi que nous l'avons prouvé; or, ces fonds sont parfois réunis, ou
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1 fi
pour être decantés, cl ulors ils constituent des bières 1res chargées de principes toxiques, ou repris par le brasseur, et alors ils sont mélangés aux petites bières qui doivent contenir, elles aussi, les sels de plomb.
Nous venons de voir que les bières prises dans un même cabaret ne révèlent point toutes la présence des substances saturnines, bien que puisées également à l’aide de la pompe incriminée. Ces différences peuvent être rapportées à des circonstances diverses qu’il y aura lieu d’examiner ; ainsi il faudra tenir compte de la hauteur à laquelle est arrivée la bière dans la vidange, puisqu'il cst démontré que la lie recèle une plus grande quantité de plomb* ou de ce qu’il s’est produit des quantités plus ou moins considérables de précipité, ainsi que nous l’avons expliqué.
Il ne faudrait pas non plus écarter, d’une manière absolue, l’action des tuyaux de conduite ; ce que nous avons appris à ce sujet nous commande la réserve et nous inspire des doutes que lèveront bientôt de nouvelles expériences. Voici sommairement l’état de la question : les James de plomb légèrement oxydées, laissent dans la bière des traces appréciables après un séjour prolongé, et la pratique des pompes a fait reconnaître que s’il n’était pris aucune précaution préparatoire, la bière, en contact avec les tubes de plomb prenait une apparence laiteuse et jumenteuse , comme on dit de certaines unnes ; qu’en raison de ces faits, il est d’usage (au moins dans notre arrondissement) de confier, au préalable, ces tubes aux brasseurs qui leur font subir une macération dans la drèclie ou dans les fonds de bière. Pendant ce bain prolongé, ils se recouvrent d’un enduit muqueux, d’une sorte de lausse membrane qui les rendrait inaltérables au liquide. Mais les déchirures de ce dépôt, produites quelquefois par les frottements exercés lors de
,a P°Se. des aJu,aSes’ 0,1 des ‘«y™* d’allonge, ramènent toujours le trouble (lu iquide en contact et y font naître un sédiment qui a certaine apparence le la litharge. Ces usages et ces observations, on le voit, nous permettent soupçonner une action réelle qui fera l’objet de nouvelles études et d'un
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E? effet, la question amenée à ce point, il est démontré que des brasseurs emploient pour cette opération des préparations de plomb, lt que cette sub stance se retrouve dissoute dans les bières à doses appris "Z i
occasionner des accidents graves chez les consommateurs.
Il nous reste à rechercher les voies et moyens propres à arrêter le .ml immédiatement, tout en respectant les intérêts des producteurs de la I niZ u pays, et ceux surtout des consommateurs, chez qui le moindre cri d’al- 0 -ad naître les défiances les plus exagérées.
gaul, les sentiments de convenances de M. Loiset, et si ie formule , minant quelques propositions, c’es, unique, nen, , r(1 """
conclusions que vous aurez i, prendre sur un sujet d’une si LΔ® ous penserez, sans doute, messieurs, que l’autorité administrative n * !/ * circula, rcs rédigées sous une forme dubitative arriver, T™ • ’ P, °S
sans éveiller de crainte, sérieuses. arriverait a conjurer le mal
Ht.
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J’ai donc. l’Iionnenr de vous proposer de faire connaître les faits à VI. le préfet, et de l’inviter :
1 A piénumii, par une circulaire, Messieurs les brasseurs et les cabaretiers, contre les dangereuses conséquences d’un procédé de clarification et de collage de bières qu’ils auraient pu se décider à employer d’après les apparences batteuses des produits obtenus, et dans l 'ignorance des accidents que les bières ainsi préparées pourraient occasionner ;
2° A avertir ces commerçants que des recherches actives seront faites pour reconnaître dans la bière les substances dangereuses qu’on y aurait introduites, et que la chimie décèle facilement.
CIRCULAIRE DE M. LE PRÉFET DU DÉPARTEMENT DU NORD, SUIt LA CLARIFICATION DE LA BIÈRE ET AUTRES LIQUIDES (DU 26 FÉ- VRIER 1853).
Messieurs , l’article premier de la loi du 27 mars 1851 , adoptée dans le but d’obtenir une répression plus efficace de certaines fraudes dans la vente des marchandises, punit des peines portées par l’article l\ 23 du Code pénal, tout individu reconnu coupable d’avoir falsifié des substances ou denrées alimentaires, ou d’avoir sciemment mis en vente des substances ou denrées alimentaires reconnues falsifiées.
L’article 2 de la même loi dispose que la peine sera de trois mois à deux ans de. prison, et l’amende de 50 à 500 fr. lorsque les denrées ou substances alimentaires contiendront des mixtions nuisibles à la santé.
Depuis quelque temps, en exécution de celte loi, des condamnations sévères ont été prononcées par les tribunaux de différents départements, et notamment de la Seine, contre des fabricants de cidre, coupables d’avoir employé, dans la fabrication de. ce liquide, des procédés dont ils ne connaissaient pas eux-mêmes le danger et qui ont occasionné les accidents les plus graves.
Comme les mêmes procédés produiraient les mêmes résultats si l’on s’en servait pour la préparation de la bière, je crois indispensable de prémunir les brasseurs ainsi que les cabaretiers contre les dangereuses conséquences que pourrait avoir l’emploi des compositions saturnines pour la clarification ou le collage des boissons qu’ils fabriquent ou débitent.
En conséquence, à la réception de la présente circulaire, je vous prie, Messieurs, de faire connaître à tous les brasseurs et cabaretiers établis dans vos communes respectives, qu’ils doivent s’abstenir, avec le plus grand soin, de faire usage pour clarifier les bières, soit du minium, soit de la litharge, soit du sel ou sucre de Saturne, associés à la colle de poisson, à la dextrine ou autre excipient, attendu que les liquides préparés ou moyen de ces substances, contiennent des parties notables de sel de plomb, et présentent dès lors des dangers réels pour les consommateurs. Vous les préviendrez en même temps que des recherches actives auront lieu soit par vos soins, soit par les conseils d'hygiène et de salubrité pour reconnaître si, malgré mes recommandations, on n’aurait pas introduit dans la bière des substances dangereuses et que la chimie décèle facilement,
Vous ferez enfin comprendre aux brasseurs et cabaretiers qu'avant de renoncer aux modes de collage et de clarification consacrés par l’usage et dont 1 ex-
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périence a démontré l'innocuité, pour lour substituer des préparations qui leur seraient préconisées par des personnes étrangères à la science, ils doivent prendre 1 a\is d hommes competents et s’assurer que ces préparations ne contiennent rien de nuisible à la santé.
La loi du '21 mars 1851 que je viens de vous citer, impose à tous les fabricants et débitants une responsabilité très grande, et l’autorité devrait nécessairement sévir contre tous ceux qui contreviendraient aux sages dispositions qu’elle a édictées.
Je recommande aussi, Messieurs, à tous vos soins et à votre sollicitude personnelle, J objet de la présente circulaire, et je vous serai reconnaissant de porter a ma connaissance tous les faits qui, dans cet objet, vous paraîtraient dignes de fixer mon attention comme intéressant la santé publique.
Agréez, Messieurs, l’assurance de ma considération très distinguée.
Le préfet du Nord, Besson.
Nous terminerons ici celte étude bien longue et pourtant bien incomplète de l’influence du plomb et de ses composés sur la santé des hommes. On ne peut considérer cette question comme définitivement résolue à l’époque actuelle. La voie du progrès est ouverte : des améliorations hygiéniques considérables ont été réalisées sur quelques points de ce vaste sujet; et l’on peut avoir confiance dans les efforts de la science, de l’industrie et des pouvoirs publics pour combattre sans relâche et sous toutes ses formes 1 action de ce poison redoulable.
Bibliographie Traité des mauvais effets de la fumée de la lithavge , par Samuel
P 1 "ri T- G7dane,' |,0“r rnaiail ils JZÏ
Paris’ iLrZ, 1 ' affeett0^ salurni"es ’ P«r Tanquerel Desplanches.
Pans. Rappoit sur la fabrication de la ceruse en France , au point de vue de
U sante des ouvriers, par M. Combes ( Compte rendu des séances de l’Académie des
UbrZ 7] 1849’ L XX1X’ P‘ 5?5>- - ***” «r rZZZe la
fabnca ion de la ceruse, par M. Bréchol fils [Ann. d’/iyg. et de méd. lé,., t. XII V 72
iz
(/«*., e”ïxnn p d"‘Tt var “ miM' *” A-
ouvriers de la fabrique de ceruse (Ibid., I, XXXVIII n 45“>| II 1 elr" ,lcs
p7u/- o7f 77 * “• niodore utim' l"*-Cte,.llfc."'»« Txlvii'
P- 4). ûe emploi du çarbonale de plomb dan, la prépara, ion <fes demeiks ffé.
POISONS
de Bruxelles, par A. Chevallier {Ibid,, I. XXXVII, p. 121). — Sur l'hygiène des ouvriers en général , cl sur celle des cérusiers en particulier, par A. Chevallier (Ibid., t. XLY 111 , p. 331). — Collection des rapports généraux sur les travaux du conseil de salubrité du département du Nord. Lille, 1830, 1839, 1842, 1843, 1851. — Rapport général des travaux du conseil d'hygiène du département des Bouches-du-Rhône. Marseille, 1851. Rapport sur quelques procédés employés pour clarifier la bière, par A. Gosselet. Lille, 1853. — Rapport sur l'action que les tuyaux de plomb exercent sur la bière , par A. Corselet. Lille , 1853. — Recueil des actes administratifs de lu préfecture du Nord , mars 1 853. — Sur les accidents causés par l'usage du cidre et des boissons clarifiées ou adoucies au moyen des préparations de plomb , par A. Chevallier (Ann. d’hyg. et de rnccl. lég. , t. XLIX , p. G9). — l)c la nécessité de proscrire les vases de plomb pour la conservation des matières alimentaires , de défendre l'usage des tuyaux de plomb peur la conduite des boissons , (l’interdire la clarification des boissons par des sels de plomb, par A. Chevallier (Ibid., I. L, p. 314). — Mémoire sur V industrie et l’Iiygiène de la peinture au blanc de zinc , par F.. Bouchot (Ann. d’hyg. et deméd. lég., t. XLVI1). — De la substitution du blanc de zinc au blanc de plomb, par Richelot. Paris, 1852. — Question de la céruse et du blanc de zinc, par Soudée. Paris, 1852. — Question de la céruse et du blanc de zinc , par M. Coulier. Paris,
POIRÉ. — Voy. Cidre.
POISONS. — Un très grand nombre de substances vénéneuses, minérales ou végétales, sont employées dans les arts, dans l’industrie ou à titre de médicament; et leurs applications utiles, loin de se restreindre , ont une tendance naturelle à s’étendre. La vente et l’emploi de ces matières constitue cependant un danger réel et appelle toute la sollicitude de l’administration qui , dans l’impossibilité de les proscrire , doit les soumettre à une surveillance aussi sévère et aussi efficace que possible. Cette nécessité n’a pas été comprise de tout temps, et les premiers édits de police antérieurs à la fin du xvnc siècle, ont négligé ce point important. Il semble qu’il ait fallu l’éclat de quelques grands crimes pour éclairer l’autorité et pour que le célèbre et admirable édit de 1682 vînt rassurer la population terrifiée par la fréquence des empoisonnements. On doit à l’érudition connue de M. Trébuchel l’historique de cette législation si intéressante au point de vue de la sécurité et de l’hygiène publique. Nous devons nous contenter d’en exposer l’état actuel, que feront exactement connaître les documents suivants :
ORDONNANCE ROYALE SUR LA VENTE ET L EMPLOI DES SUBSTANCES VÉNÉNEUSES (29 OCTOBRE 1846).