POLISSEURS
pellicules de poivre el. même de terre pourrie. Enfin, comme il arrive si souvent, par une fraude doublement coupable, la céruse elle-même a été employée pour donner plus de poids au poivre blanc. On comprend qu’une falsification de cette nature, si elle n’était pas, d’ailleurs, assez rare, appellerait, plus (pie toute autre, l’attention des hygiénistes. L’acide sulfhydrique qui noircirait les grains de poivre altérés, décèlerait facilement la présence du vernis plombique.
POLICE MÉDICALE. — Voy. Administration, EaUX MINÉ- RALES, Pharmacie, Poisons.
POLISSEURS. — Il est peu de professions qui s’exercent sur des objets plus variés et qui, en même temps, exposent les hommes et les femmes qui s’y livrent à des lésions plus constantes, tpie le métier de polisseurs. Nous indiquerons seulement ici les principales.
On emploie les femmes à polir l’écaille, l’ivoire, la nacre, le buffle, la corne, opération qui s’exécute en frottant la plaque que l’on veut polir avec la main imprégnée de vinaigre et spécialement avec la masse que forme l’éminence hypothénar, tantôt avec la main droite, tantôt avec la gauche, quelquefois avec l’extrémité des , trois premiers doigts. Dans ces parties, la peau est, non pas calleuse, mais très rugueuse, grisâtre, fendillée, rayée, durcie par le frottement et probablement aussi par le vinaigre.
Le polissage des métaux façonnés et notamment des cuillers est plus pénible encore. Les femmes livrées à ce travail portent à la face dorsale de tous les doigts, au niveau de chaque articulation, un durillon très fort provenant du frottement continu de la main sur la ponce. En outre, l’ongle des deux petits doigts est usé et divisé dans toute sa longueur, parce que le doigt étant fléchi dans la paume de la main, c’est sur ce point que porte principalement le frottement. L’intérieur de la main est noirci par l’huile grasse , qui sert à polir.
Le polissage du verre de glace se fait au moyen d’un lourd tas de 2Zi centimètres de long sur 12 de large, muni d’une poignée qu’embrassent les deux mains de l’ouvrier. Cette manœuvre exige une assez grande force et donne lieu aux résultats suivants : Toutes los saillies de la paume de la main droite sont calleuses; mais c’est surtout l’éminence hypothénar et. le bord cubital du métacarpe ,pii offrent un large valus épidermique tout à fait usé, rayé et
noirci ; « la main gauche, on trouve les mêmes caractères quoiqu’à un moindre degré. De plus on voit, dans les plis de l' 'épiderme desra.es rouges formées parce qu’on appelle la potée, poudre très tenue et Ires dure obtenue par la pulvérisation de diverses sul.
d’idain et T ’l1”""1"*8 °" m,tres- polée demeri, potée u t tain, etc. — I oy. INacre de perles.
la **0*t lLlr,WV 7 LeS lois (|ui rég'ssent les mouvements de P°Puldl|on, I ordre des naissances et la mortalité dans les différents pays, constituent l’un des problèmes les plus élevés offerts aux méditations des économistes et des philosophes. Elles ne sauraient icstei étrangères a 1 hygiéniste, car elles sont étroitement liées aux conditions mêmes de la vie humaine, et aux circonstances diverses morbifiques ou autres qui peuvent en abréger ou en acroilre la duree. Il est, d’ailleurs, une foule de cas où l’appréciation des influences pathogeniques, des constitutions médicales es epi eiiues, etc., exigent une connaissance exacte et précise du chiffre de la population de telle ou telle localité, et plus encore de la disti ibution de cette population dans certaines contrées ou ans certains quartiers, en d’autres termes de la population spé cifique, ajoutons de la proportion croissante ou décroissante des naissances et des deces, ainsi que des causes de mortalité.
. a,s en reconnaissant toute l’importance de ces données nous ne voudrions pas qu’on en exagérât la valeur et que l’on trans portât dans hygiène qui est, avant tout, une application pratique de la science les discussions théoriques sur le principe de pop ! lation ou le calcul abstrait des probabilités. A plus forte raison w pouvons-nous songer à faire entrer, dans notre cadre reaire M les cléments statistiques presque innombrables qui se rattachent â cette immense question. Nous nous contenterons d’exposer t f sommairement l’état actuel et le mouvement annuel de la population en h rance en nous guidant sur les recherches exacte! et N quelque sorte officielles consignées par le savant M. MatMeu ans le plus recent Annuaire du bureau des longitudes, et sur le dénombrement promulgue par le décret du 10 mai 1852
pw‘ l,e la P°Pulali°n- - La population de la
de 35 78J fi-îrî . r, Te"Sement Ue 1851 ’ est usuellement • ’ habitants , nous en donnerons plus hos In vi
partition Mais si l'on jette un regard en arrièif de ni âière'
* suivre Je mouvement qui s’est opéré au sein de la population
de noire pays , on voit que dans les trente-quatre années qui se sont écoulées depuis 1817 jusqu’à 1850, il est né en France 1(5,953,957 garçons et 15,972,905 lillcs. Les naissances moyennes annuelles des garçons excèdent donc d’un seizième celles des filles. Il n’y a, d’ailleurs, pas, entre le nord et le midi de la France, de différence qui puisse faire penser que le climat influe d’une manière sensible sur cette supériorité relative des naissances de garçons. Les décès annuels masculins dépassent les décès féminins; les premiers étant représentés par 70, les autres le sont par 09. Ainsi, à 69 décès féminins correspondent moyennement 70 décès masculins.
La population croît toujours dans l’intervalle de 1817 à 1850. L’augmentation moyenne annuelle est de 156,210, ou de la 211* partie de la population moyenne 32,972,000. Les garçons ont une plus grande part que les fdles à cet accroissement, car ils y contribuent pour un 368e , et les filles seulement pour un Zi95*. Si l’accroissement total d’un 211e se maintenait le même, la population augmenterait d’un dixième en 20 ans, de deux dixièmes en 39 ans, de trois dixièmes en 55 ans, de quatre dixièmes en 71 ans, de moitié en 86 ans, et il faudrait 147 ans pour qu’elle devînt double de ce qu’elle est maintenant.
On compte une naissance sur 34 habitants, et pour 0,84 décès, ou 100 naissances pour 84 décès.
On comple un décès pour 40 habitants et pour 1,19 naissance, ou 100 décès pour 119 naissances.
On compte un mariage pour 128 habitants et pour 3,47 naissances, ou 100 mariages pour 347 naissances légitimes.
Dans l’intervalle de 1817 à 1850 le rapport de la population aux naissances va toujours en augmentant; car on trouve :
Rapport.
Par les huit premières années (1817 à 1824) 31,8
Par les trente-quatre années , moyenne . 34,0
Par les huit dernières années (1843 à 1850) 36,4
C’est par ces nombres qu’il faudrait multiplier les naissances annuelles correspondantes, pour reproduire la population de la France. Mais dans une population considérée comme à peu près stationnaire, la population est égale aux naissances annuelles multipliées par la durée de la vie moyenne ; les nombres 31,8, 34,0 et 36,4 représentent donc aussi d’une manière approchée le chiffre de la vie moyenne à chaque époque. Ainsi la vie moyenne
POPULATION. 47g
était de 31.S ans vers 1817, ,1c 34 ans dix-sept ans plus tard maintenant elle est de 36,4 ans.
La table de mortalité de Duvillard ne donne que 28 ans - pour la durée de la vie moyenne avant la Révolution. Voilà donc une augmentation d’environ 7 ans qui doit provenir de l’introduction de la vaccine, de I amélioration du régime hygiénique et de l’aisance qui s’est répandue jusque dans les classes les moins fortunées. RI le indique dans la loi de la mortalité un changement lavoral, e qu un grand nombre de faits ont déjà rendu sensible
deeP|’Emop". “ “ Fra"Ce’ 61 di*nS Une g™"* partie
81 nous arrivons à la période comprise dans le dernier recensement, nous trouverons dans le rapport qui précède le décret de
grand1fnéi°è". U ^ P°pulation> des (ltU,,ils d’un très
Ce dénombrement est le huitième qui ait été effectué en France
I pms le commencement de ce siècle. Le dépouillement des ta
bleaux transmis par les préfets a fait reconnaître que la popuh-
10,1 de n.olrc l’al's s’élevait, en 1851, à 85,781,628 âmes et s’est
acciiic, depuis 1846, de .381, 142 ou de7ü,22S par an C’est une augmentation rU i ns ^ est une
en6èi^lei°r ^ 1,08,pO111' 100 P0,,r la période quinquennale . ' et d un l)eL1 P,,1S ^ 0,'21 pour J 00 par an Cette auemen talion est notablement plus faible que celle que les dénol
"mu s precedents ont successivement constatée ainsi mi’il résulté du tableau ci-après : ’ *" "
L examen des étals annuels des mariages, naissances et décès conduit à reconnaître que, pour les cinq années de la période 1846-1850, 1 excédant des naissances sur les décès a dépassé 500,000, c est-a-dire que la population s’est accrue parce seul lait d un demi-million d’individus. Si le dénombrement eût été opéré avec une entière exactitude, ou plutôt si l’immigration et l’émigration n’eussent pas apporté, dans le mouvement normal de la population, des éléments nouveaux et en quelque sorte perturbatifs, on aurait dû constater, en 1851, l’existence de cet accroissement. Mais outre que le résultat du dénombrement ne saurait être considéré comme l’expression très exacte de la vérité, il est certain que les émigrations ont été considérables de IS/16 à 1850. C’est ainsi qu’un seul département, celui des Basses-Pyrénées , a perdu dans la même période près de 11,000 de ses habitants, embarqués en grande partie pour l’Amérique du Sud et que vingt autres départements (circonstance qui ne s’était pas encore produite) ont également vu diminuer leur population, et presque tous pour la même cause. Cette vive impulsion, donnée aux émigrations, est due, en grande partie, aux événements de 1848, à la crise commerciale qui en,a été la conséquence, à l’incertitude de l’avenir qui a pesé sur toutes les transactions de
1848 à 1852, et aussi, dans une certaine proportion, à la découverte des gîtes aurifères californiens, ainsi qu’à la pacification progressive de l’Algérie.
Mais, lors même que le dénombrement de 1851 eût fidèlement reproduit l’accroissement de population résultant de l’excédant des naissances sur les décès , et que les émigrations n’en eussent pas réduit le chiffre, cet accroissement serait encore de beaucoup inférieur à celui que les recensements précédents ont mis en lumière.
L’explication de cette infériorité se trouve à la fois dans la diminution des mariages, et par conséquent des naissances de 1846 à 1850, et dans les ravages de l’épidémie cholérique en
1849 ; c’est ainsi que l’on voit, par l’étude des documents officiels, le nombre des mariages après s’être élevé à 268,257 en 1846, tomber, en 1847, année de cherté, à 249,486 ; se relever, en 1848, pour monter à 293,691 ; lléchir de nouveau en 1849 et 1850, et descendre, dans cette dernière année, au chiffre le plus faible constaté depuis longtemps : 245,411. En d’autres termes, le nombre moyen annue1 des mariages, qui, en 1841-45, avait
atteint 282,000, n'a plus été, en 18^6-50, que Je 26(5,000.
Les naissances qui , dans la première de ces deux périodes, avaient dépassé les décès de 918,512, n’onl présenté dans la seconde qu’un excédant de 512,000 ; cette diminution est due à la fois à la mortalité considérable constatée tant en 18/|7 qu’en 18/19 et à la diminution des mariages.
Le ralentissement des progrès de la population constaté par le dénombrement de 1851, se trouve donc suffisamment justifié par les faits politiques, économiques, sociaux et autres qui se sont produits en France depuis 18^6, sans qu’il soit nécessaire de recourir, pour s’en rendre compte, à la supposition d’inexactitudes graves dans les résultats de cette opération.
Nous donnons ici les résultats de ce recensement, dans un tableau que M. Boudin a heureusement complété en y ajoutant, d’après les documents ofiiciels publiés par le ministère de l’intérieur, la répartition par sexe.
POPULATION DE LA FRANCE PAR DÉPARTEMENT ET PAR SEXE , D’APRÈS LE DÉNOMBREMENT DE 1851.
DÉPARTEMENTS
Ain
Aisne
Allier
Alpes (Basses-) . .
Alpes (Hautes-). .
Ardèche
Ardennes
Ariége
A u be
Aude
Aveyron
Bouches-du-Rhône .
Calvados
Cantal
Charente
Charen te-I n férieure,
Cher
Corrèze
Corse
Côte-d’Or
Côtes-du-Nord. . .
Creuse
Dordogne
Doubs
Drôme
Eure
Eure-et-Loir
Finistère
Gard
Garonne (Haute-). .