‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 39 sur 130 · HA(.K · texte numérisé non relu

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Pour quelques autres départements, MM. les préfets ont eu soin de répondre d'une manière expresse, qu’aucun cas de rage ne s’était présenté; mais pour le plus grand nombre, on s’est abstenu de répondre même négativement, ainsi que cela a lieu trop souvent dans toute espèce d’enquête. Nous ne nous lasserons pas, pour notre part, d’insister pour que M. le ministre veuille bien faire rappeler aux autorités locales, qu’il est du plus haut intérêt d’avoir une réponse même négative, et que leur silence rend nécessairement incomplets les résultats comparatifs que l’on se propose d’obtenir. Nous croyons devoir consigner ici les noms des départements qui figurent effectivement dans l’enquête, comme n’ayant fourni aucun cas de rage. Ce sont ceux de la Charente-Inférieure, de la Corrèze, de l’Indre-et-Loire, de Loir-et-Cher, du Lot, de Seine-et-Marne, de Tarn-et-Garonne et de la Vienne.

2° Le sexe , indiqué pour les û8 cas, donne un chiffre de 36 hommes et 12 femmes. Déjà la même proportion s’était offerte les années précédentes, et en réunissant tous les résultats obtenus jusqu’à ce jour, nous trouvons pour un nombre total de 136, 101 hommes et 3Zi femmes.

3° L’âge des individus des deux sexes qui figurent dans l’enquête s’est réparti assez exactement de la même manière que les années précédentes :

Au-dessous de 5 ans, en 1852. ... 3 précédemment 4 = 7

De 5 à 15 ans 16 14 = 30

De 15 à 20 ans 4 li *= 15

De 20 à 30 ans 3 9 — 42

De 30 ù 60 ans 17 37 g^

De 60 à 70 ans 1 7 __ 3

Au-dessus de 70 ans 6 = 6

Non indiqués 4 a

Cette répartition des âges, qui semblerait n’avoir pas un grand intérêt pour une maladie comme la rage, qui n’est, en réalité, qu’une contagion accidentelle, n’est cependant pas dépourvue d’importance. Car elle suffit pour ruiner l’un des arguments invoqués par une théorie qui n’a pas besoin d’être discutée, mais qui est venue s ajouter à tant d’autres erreurs répandues au sujet de la rage Nous voulons parler de cette idée qui attribue la maladie non à un virus, mais au simple effet de la terreur, et qui prétend qu’elle ne saurait se développer chez les très jeunes enfants que leur âge protège contre les désordres de l’imagination. L’enquête nous montre encore parmi les victimes de la rage trois pauvres petits enfants de moins de 5 ans, et nous en avons compté quatre dans les années précédentes.

à* Tous les cas observés en 1852 ont eu pour origine, à l’exception d’un seul fourni par un chat , la morsure de chiens de diverses espèces. Aucun autre animal n’est signalé. Nous n’avons pas besoin de rappeler quelle importance il y aurait à rechercher si toutes les espèces de chiens sont également exposées à contracter et à communiquer la rage. C’est là une question dont l’intérêt n’avait pas échappé au comité. Mais quoique les renseignements qui concernent les animaux atteints ou suspects de rage soient dans la présente enquête beaucoup plus complets et plus exactement recueillis, grâce à l’appel fait aux vétérinaires

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HAGIÎ.

Chien de berger dans 5 cas.

Chien braque 2

Chien griffon 2

Chien caniche 1

Chienne épagneule allaitant 1

Chien, petite espèce, d’appartement 2

Chien dogue forte taille 1

5" Les morsurcscl les plaies par lcsqucllesapu avoir lieu l’inoculation siégeaient:

Au visage 13 fois.

Aux membres inférieurs 15

Aux membres supérieurs 12

Le siège n’a pas été indiqué 8

11 est à peine nécessaire de faire remarquer que ce sont les parties découvertes qui ont été dans le plus grand nombre des cas atteintes par la bave virulente. Nous insisterons seulement sur cette particularité, que chez deux des personnes atteintes, la maladie fut communiquée par de petits chiens familiers, qui, habitués à lécher le visage de leurs maîtres, ont imprégné de virus les lèvres excoriées. Ce mode de contagion, observé déjà plus d’une fois, ne saurait être signalé trop hautement comme exemple du danger de semblables habitudes.

6° La manière dont les cas de. rage sont distribués dans les différentes saisons de l’année constitue un des points les plus intéressants de l’enquête. En comptant du moment où a eu lieu l’inoculation ou la blessure suivie plus ou moins promptement de la rage, on voit, en défalquant des Zi8 faits de 1852, 8 dont la date n’est pas notée :

Pour les mois de mars, avril, mai 10 cas.

juin, juillet, août 16

septembre , octobre, novembre 4

décembre, janvier, février 10

Si, à ces faits récents, on ajoute ceux qui ont été entièrement recueillis, on obtient un total de 97 cas, ainsi répartis :

mars , avril, mai

UCI/C1UU1 C , JUIIVU.I) ^ T -

bésultat qui confirme, une fois de plus, l’influence prédominante de la saison chaude sur la production de la rage spontanée des chiens et sur sa transmission à l’homme.

7“ Nous avions signalé dans notre précédent rapport, conformément à 1 observation si judicieuse de notre président, la nécessité de tenir compte, pour bien juger la valeur des divers moyens prophylactiques de la rage, de la proportion°naturelle qui existe entre les individus simultanément mordus et ceux qui sont ultérieurement atteints parla maladie; l’expérience ayant démontré qu’un certain nombre d’individus exposés à la contagion échappent néanmoins à ses conséquences par suite de circonstances souvent difficiles à apprécier. C’était là une lacune des plus regrettables de la première enquête; et le nouveau programme n’a pas manqué de la combler , en appelant sur

KAGE.

ce point l’a tien lion toute particulière des observateurs. Vous aurez lieu de vous en applaudir ; car celte indication , quoique incomplètement remplie, n’est cependant pas restée tout à fait stérile. Le rapport dont il s’agit a été recherché et a pu être exactement noté dans un certain nombre de cas; et en résumant ces recherches, nous avons pu arriver à cette conclusion importante, que sur 5Zi individus simultanément mordus par des chiens enragés, 23 seulement ont été atteints par la contagion; et qu’ainsi près de la moitié y ont échappé ou résisté.

8U La durée de l’incubation de la rage, ainsi que nous le disions dans notre premier rapport, est de tous les problèmes que soulève cette terrible affection l’un des plus importants par ses conséquences pratiques ; et nous n’avons qu’à rappeler ici combien il serait intéressant de fixer avec précision les limites de temps au delà desquelles l’explosion du mal ne serait plus à craindre pour les individus exposés à la contagion. Si, à mesure que les faits se multiplieront, on peut arriver à détruire cette croyance encore trop accréditée de l’incubation presque indéfinie de la rage, on aura certainement constaté l’un des résultats les plus essentiels à la sécurité publique. Or, lé comité n’a pas oublié que telle était l’une des conclusions de l’enquête dont nous lui avons déjà rendu compte; hâtons-nous de dire que celle de celte année confirme ce fait capital. En ell'et, dans les 20 cas où la durée de l’incubation a été exactement notée, on voit qu’elle a été :

De moins de 1 mois dans 8 cas.

De 1 à 3 mois dans

De 3 à 6 mois dans 1

De 11 mois dans 1

Le rapprochement des deux enquêtes donne un résultat encore plus considérable. Sur un total de 69 cas de rage, on trouve :

Une incubation de moins de 1 mois dans 14 cas.

de 1 à 3 mois dans 41

de 3 à 6 mois dans 8

de 6 à 12 mois dans 6

Ce qui montre que plus des deux tiers des cas de rage éclatent dans les trois mois qui suivent l’incubation et que l’incubation, dans ce nombre déjà assez considérable, n’a pas dépassé un an. Encore faudrait-il, pour ce dernier terme, des renseignements plus précis que ceux que nous avons rencontrés dans les observations dont il s’agit.

9 La duiée de la maladie, dont on connaît la rapidité foudroyante, indiquée pour 20 cas seulement, a été :

De 2 jours dans De 3 jours dans.

De 4 jours dans De 6 jours dans.

6 cas.

Rappelons que dans les premiers résultats obtenus, nous avions noté que, sur 58 faits, l\ 1 fois la durée de la maladie n’avait pas dépassé quatre jours ! résultat rendu encore plus frappant par l’enquête actuelle.

10° U terminaison de la rage confirmée a, comme toujours, été constamment

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