‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité (volume 2)Chapitre 8 sur 130 · ET PATRONAGE DES DÉTENUS · texte numérisé non relu

ET PATRONAGE DES DÉTENUS

e système pénitentiaire , il

• — Pour nous reste

encore à parler des maisons d’éducation correctionnelle affectées aux jeunes détenus et des sociétés de patronage.

Ce fut l’Angleterre qui , vers la lin du xvin° siècle , prit l’initiative des essais de réforme applicables aux jeunes détenus. Entraînés par son exemple, les Elats-Unis élevèrent des maisons de refuge ayant la même destination. Les Pays-Bas et l'Allemagne fondèrent également. , vers la même époque et dans le même but, des colonies correctionnelles et des colonies préventives. La France fut longtemps avant de s’associer à ce mouvement. Le gouvernement de la restauration , le premier, comprit que commencer la réforme pénitentiaire par l’enfance, c’élait procéder dans l’ordre logique , c’était attaquer le mal à sa racine. 11 songea donc à élever des maisons de correction pour les jeunes détenus. Les ordonnances des 18 août et 9 septembre 1814 prescrivirent l’érection d’une maison d’essai -, mais ce projet ne fut pas réalisé, et l’on dut se borner à opérer, dans l’intérieur des maisons centrales , la séparation des jeunes détenus et des adultes ; malgré de louables efforts , cette séparation a été longtemps sans être effectuée.

Le gouvernement de juillet a été plus heureux, et il a eu le mérite de réaliser ou il a vu se réaliser sous ses auspices presque toutes les réformes qui avaient été tentées ou projetées sous la restauration. INous empruntons au travail de M. Bucquet l’énumération de toutes les mesures et de toutes les créations qui sont l’œuvre de cette époque. Dès 1831, les enfants dispersés dans les différentes prisons de Paris étaient réunis dans un quartier spécial de la prison de Sainte-Pélagie, et bientôt après transférés dans les bâtiments des Madelonnettês. En 1835, la nouvelle prison de la Roquette était affectée comme maison centrale d’éducation correctionnelle aux jeunes détenus du département de la Seine. En môme temps on voyait s’établir dans les départements les quartiers correctionnels de Lyon , de Toulouse , de Carcassonne, et un peu plus tard les maisons centrales d’éducalion correctionnelle de Bordeaux, de Marseille , d’Amiens et de Toulouse.

Quelques années après, au mois de juillet 1839, MM. de Metz et de Bretignières, en fondant la colonie de Mettray, où les jeunes détenus sont formés en commun aux travaux de l’agriculture, donnaient le premier exemple de ces créations particulières qui se sont, si rapidement multipliées depuis cette époque. Dans les six années suivantes, des colonies semblables étaient annexées

aux maisons correctionnelles de Bordeaux et de Marseille , et aux maisons centrales de Fontevrault, de Clairvaux, de Loos, de Caillou. Dans le court espace de quatre années, de 1843 à 1847, l’exemple de Meltray faisait surgir les colonies privées du Pelit- Quevilly, de Sainl-Illan , de Sainte-Foy, du Petit-Mettray, d’Ostwalde et du Val-d’Vèvre, toutes également consacrées aux jeunes détenus.

A côté de ces institutions et comme leur complément, s’organisaient des sociétés de patronage en faveur des jeunes libérés. M. Charles Lucas, inspecteur général des prisons, fondait en 1833 la Société de patronage de Paris ; en 1836, celle de Lyon 5 en 1839, celle de Besançon ; en 1841, celle de Saumur. En 1836, madame de Lamartine et madame de Lagrange créaient la Société de patronage pour les jeunes filles détenues et libérées de la Seine. Les sociétés de patronage de Rouen , de Bordeaux, de Grenoble et de Dijon se constituaient vers la même époque.

Le gouvernement s’associait à ce mouvement de la charité privée par une foule de mesures administratives et législatives qui toutes avaient pour but d’améliorer la situation morale et matérielle des jeunes détenus. Avant cette époque, on peut dire que l’article 66 du Code pénal n’avait jamais été compris et exécuté comme il devait 1 être. On sait que , d’après les articles 66 et 67, les enfants traduits devant la justice sont divisés en deux classes bien distinctes : ceux qui sont reconnus avoir agi sans discernement sont acquittés et rendus à leur famille, ou conduits dans des maisons de correction, non pour y subir une peine, mais pour y être elevés par mesure de discipline et pour un temps déterminé par le jugement; ceux qui sont déclarés avoir agi avec discernement sont condamnés à une des peines portées par l’article 67, cest-a-dire a une peine moindre que celle qui les atteindrait s’ils étaient adultes. Cependant, jusqu’en 1832 , on ne faisait aucune distinction entre ces deux catégories d’enfants : ceux qui étaient juges en vertu de l’article 67, c’est-à-dire ceux qui étaient acquittes, étaient traites de la même manière que ceux qui étaient condamnes. Le gouvernement de 1830 rentra dans la pensée du législateur, et par la circulaire du 2 décembre 1832, il décida nue les c niants jugés en vertu de l’article 66 pourraient être placés en p p ren lissage chez des cultivateurs ou des artisans pour y être

lurent veiller “-‘'TJ 0CCUpés- Les ^''diens des prisons

lurent veille, , sous peine de destitution , à la séparation complète

et permanente (les jeunes détenus et des adultes. En 1839, un projet ayant pour but de généraliser l’établissement des pénitenciers de jeunes détenus fut mis à l’étude et soigneusement élaboré. Le projet de loi sur la réforme générale des prisons, présenté en 18/iO par M. de Rémusat, assignait des maisons spéciales ou des quartiers distincts aux enfants. Dans la môme année, le gouvernement prit des mesures pour assurer le bienfait de l’instruction primaire à tous les enfants détenus dans les maisons centrales. L’année suivante , un règlement général prescrivait dans les prisons départementales la séparation de jour et de nuit des enfants et des adultes, exigeait pour les premiers des quartiers distincts, n’autorisait leur mise en apprentissage qu’après un certain temps de détention, et recommandait qu’on s’occupât avec soin de leur éducation morale, religieuse et professionnelle. Plusieurs circulaires ministérielles vinrent successivement tracer le régime des maisons qui leur étaient spécialement affectées. Dans le projet de loi sur la réforme des prisons, présenté par M. Duchâtel en 1847 à la chambre des pairs, le gouvernement proposait d’appliquer aux enfants comme aux adultes le système cellulaire de jour et de nuit. Enfin la circulaire ministérielle du 17 février 1847 organisa le patronage administratif des jeunes libérés et confia le soin de l’exercer aux autorités municipales. De 1848 à 1850, de nouveaux établissements privés, destinés à l’éducation des jeunes détenus , vinrent s’ajouter à ceux que nous avons déjà cités.

Les établissements privés sont au nombre de trente-deux. Les uns sont industriels et agricoles, les autres exclusivement agricoles. Parmi les premiers se trouvent les maisons centrales d’éducation correctionnelle de Bordeaux, Marseille et Toulouse; parmi les seconds, les colonies agricoles de Mettray, du Val-d’Yèvre, de Cîteaux , Petit-Bourg, Fontevrault, Sainte-Foy, Petit-Quevilly, la Loge , les Mattelles , Villette et quatre autres sans importance.

Il est douze de ces établissements publics et privés dans lesquels les jeunes délinquants sont employés à des travaux industriels qui comprennent quarante-six industries differentes, occupant environ 2,571 enfants, tandis que, dans vingt et une colonies agricoles, les travaux des champs et les industries auxiliaires de l’agriculture occupent environ 2,960 détenus, le surplus se composant d’infirmes, de malades et d employés a des travaux de

service intérieur qui n’ont aucun rapport avec les professions agricoles ou industrielles.

Plusieurs établissements religieux possèdent des quartiers correctionnels pour les jeunes lilles détenues. Ce sont : les maisons de solitude de Nazareth, les Don-Pasteur de Limoges, d’Angers et de Bourges, l’institut des Dames de Glaubitz; d’autres, tels que les Bon-Pasteur d’Amiens, de Lille, du Mans, de Metz, de Varennelez-Nevers,de Saint-Omer, les refuges de Tours, de Caen, de Lyon, et l’institut des servantes protestantes des Dames diaconesses, reçoivent des jeunes filles en apprentissage. Les travaux de couture, de lingerie et de service domestique, constituent dans tous les établissements publics et privés leur genre d’occupation; leur effectif esta peine, aujourd’hui, de 500. Ces dernières maisons religieuses ne sont pas assujetties à un règlement unique. Chacune a son régime de correction et sa méthode d’enseignement. Comme jusqu’à présent on n’a fait que traverser une période d’essai, on n’a pu encore arrêter un système uniforme auquel ils seraient tous soumis. C’est un des objets du règlement d’administration publique que M. le ministre de l’intérieur vient d’envoyer au conseil d’Etat.

J’outes les maisons d’éducation correctionnelle sont soumises au même régime. Partout la nourriture est simple, mais fortifiante et réparatrice. Trois repas en hiver, quatre en été; 250 grammes de pain, une ration de soupe et de légumes au dîner: une seconde ration de soupe et de légumes ou de fruits et laitage au souper. En été, une ration supplémentaire de 250 grammes de pain. L’eau est la boisson généralement adoptée pour les détenus; dans certaines circonstances on leur donne du cidre, du vin, pour mettre dans leur eau, jamais de vin pur.

Les costumes sont convenables, les dortoirs généralement et bien aérés; pour coucher, une paillasse, un matelas, un diap sac, une couverture en été, deux en hiver. La mortalité est

plus du double dans les quartiers industriels que dans les quartiers agricoles.

Le gouvernement alloue 70 centimes par jour pour chaque détenu et 70 francs pour le trousseau. Depuis 1851, le gouvernement fait confectionner les trousseaux. Les dépenses des jeunes détenus en 1 851 se sont élevées à la somme de 1 ,1 65,221 fr. 95 e. , ,es lrais de transportement à celle de 1,211,721 fr. 95 c. Chaque

joui- on obtient davantage du travail des enfants; on arrive à coum.

vrir par le produit de ce travail les sacrifices laits pour leur éducation correctionnelle.

L’éducation correctionnelle est parfaitement entendue; renseignement religieux donné aux jeunes détenus est historique et doctrinal. Il consiste dans la connaissance de l’histoire sainte, l’étude du catéchisme diocésain, et se complète par l’accomplissement des devoirs religieux. L’instruction primaire donnée aux jeunes détenus est tout à fait élémentaire : la lecture, l’écriture, les quatre règles et le système métrique. La durée des classes est d’une heure ou deux par jour. On compte vingt et une colonies agricoles.

Les travaux auxquels sont appliqués les jeunes colons sont agricoles , horticoles , et même , comme à Bordeaux , floricoles. Au 1er janvier 1853 , sur une population de 2,960 jeunes détenus , 531 étaient occupés à 22 industries diverses, dont les principales étaient celles de tailleurs, cordonniers, sabotiers, maçons, menuisiers, forgerons. A Fontevrault., on fait surtout de la filature; à Gaillon , de la brosserie , de la cordonnerie , de la serrurerie , de la sculpture sur bois; à la Roquette, de la ciselure, de l’ébénisterie, etc. Quant aux jeunes lilles, on leur apprend la couture, la lingerie , la ganterie.

La loi du 5 août 1850, œuvre de la dernière assemblée législative, a peut-être une trop grande tendance à favoriser la fondation d’établissements privés. En se multipliant , sous l’influence de cette loi, ces établissements, en effet, tendent à perdre le caractère de leur destination. La discipline s’y affaiblit. Ils deviennent des fermes-écoles et finissent par ressembler à des institutions

plutôt charitables que pénitentiaires. Ne vaudrait-il pas mieux, pour graduer la sévérité de régime et la proportionner aux divers degrés de moralité, conserver et développer, en les améliorant , les établissements publics qui seuls maintiendront aux peines prononcées contre les enfants leur caractère d’intimidation. La loi de 1850 a encore eu une autre conséquence qui a déjà appelé l’attention. En appliquant exclusivement aux travaux agricoles l’activité des jeunes détenus, elle ne leur a pas toujours préparé les moyens de se créer dans l’avenir une position convenable. Un grand nombre, lors de leur libération, rentrent dans leurs familles qui habitent les villes et qui se livrent à des U avaux industriels. Or ces jeunes gens, en reprenant 1 industrie de leurs pères, perdent tous les avantages de l’apprentissage qu ds ont

fait dans les colonies pénitentiaires, et se trouvent rejetés dans cette population d’ouvriers, qui, ne sachant rien, sont toujours près de tomber dans le vagabondage. Il serait mieux, selon nous, de combiner, autant que possible, dans les maisons d’éducation correctionnelle, les travaux agricoles et l’apprentissage des métiers exercés dans les villes, de façon que, lors de leur mise en liberté, les jeunes détenus pussent toujours se livrer au travail dont les habitudes sont les meilleures garanties de leur moralité.

Quelque fondés que soient, d’ailleurs, les reproches que nous venons de formuler, il faut, toutefois, reconnaître que dans la plupart des établissements correctionnels, tant publics que privés, la situation morale et matérielle des jeunes détenus est satisfaisante; c’est une justice que leur rend un inspecteur général adjoint des prisons, M. Paul Bucquet, dans un livre qu’il vient de publier et qui est plein de renseignements précieux et de saines observations sur cette grave question sociale.

Les sociétés de patronage ont été instituées pour venir en aide aux prisonniers, quand arrive le moment, toujours si périlleux pour eux, de leur libération. Elles ont pour but d’affermir la régénération commencée dans le pénitencier et de la rendre durable. Abandonnés à eux-mêmes , au sortir de la prison, livrés à toutes les obsessions de leurs anciens compagnons de captivité la plupart des libérés auront bientôt épuisé les ressources, toujours faibles, que leur offre leur pécule, et ils ne tarderaient pas à tombei dans la misère et de ht misère dans le crime.

La surveillance de la haute police ne saurait atteindre le but que se proposent d’atteindre les sociétés de patronage. Cette précaution, nécessaire peut-être au point de vue de la sûreté de la société, a le tort grave de peser ostensiblement sur les coupables et d entretenir le sentimentde répulsion qu’inspirent les souvenirs infamants qu ils trament après eux. Les sociétés de patronage au contraire garantissent les condamnés contre ces inconvénients redoutables et leur offrent, pendant les premières années de leur hberation, les secours d’une sollicitude tout à la fois prévoyante et actne Le projet de loi de 18/i7 renvoyait à des règlements d’ad

mmslration publique le soin de déterminer les rapports de l’auto" 'l*' avec ces sue, étés. Leurs attributions y étalent indiquées de la munere suivante : Le pécule du prisonnier libéré devait être remis a société; cest elle qui en dirigerait l’emploi, qui pourvoirait ‘ 1 que des vêtements décents remplaçassent l’habit dé la prison

qui lui procurerait les moyens de se rendre à sa destination, l’y ferait accompagner au besoin, I y installerait, et lui achèterait les outils et le petit mobilier qui pourraient lui être nécessaires. Le pécule , sagement ménagé , servirait à payer les dépenses ; il deviendrait entre les mains de la société et aux yeux de l’État une garantie de la bonne conduite du libéré. Si, au sortir de prison, il voulait résider au loin, la société du lieu qu’il désignerait, à laquelle seraient adressés le pécule et tous les renseignements recueillis, lui donnerait les mêmes soins.

Enfin le libéré, une fois établi, pourrait vouloir changer de résidence ; dans ce cas la société à la circonscription de laquelle appartiendrait cette résidence nouvelle serait substituée à tous les devoirs de la précédente société. Si un libéré voulait se soustraire à l’action protectrice du patronage, ce serait à ses périls et risques; mais il perdrait son pécule qui demeurerait acquis à l’œuvre, et il s’exposerait à toutes les conséquences qui pourraient être la suite de cette détermination. Nul doute qu’ainsi réglées et surtout soigneusement tenues à l’abri des écarts d’une philanthropie trop souvent fausse ou exagérée, les sociétés de patronage ne soient appelées à rendre de grands services et ne prêtent le plus utile concours «à l’œuvre de la réforme pénitentiaire.

Cet article venait d’être terminé quand parut la circulaire suivante, adressée aux préfets par M. le ministre de l’intérieur.

CIRCULAIRE MINISTÉRIELLE DU 7 AOUT 1853 SUR LA SÉPARATION DES DIVERSES CATÉGORIES DE DÉTENUS.

Monsieur le préfet , d’après les rapports annuels de l'inspection générale et les derniers renseignements qui m’ont été transmis en réponse à une circulaire du l\ mai dernier, la plupart des prisons départementales sont loin d’offrir les dispositions locales nécessaires à l’exécution des prescriptions légales et réglementaires concernant la séparation des diverses catégories de détenus. Sur 396 maisons d’arrêt , de justice et de correction , il en est seulement 60 , outre les prisons cellulaires, qui réalisent à cet égard le vœu de la loi ; dans 166 , la séparation par quartiers est incomplète, et dans 71 elle n’existe pas.

Cependant vous n’ignorez pas, monsieur le préfet, que la morale et la discipline commandent d’éviter la promiscuité des détenus, et que l’état de choses actuel constitue une dérogation permanente aux articles 603 et 60Zt du Code d’instruction criminelle, relatifs aux prévenus, accusés et condamnés, à l’article 2 de la loi du 5 août 1650 sur les jeunes détenus , et aux articles 89 et 115 du règlement général du 30 octobre 18Zil.

Les retards apportés par les administrations locales dans l’exécution des mesures nécessaires pour approprier les prisons à ces diverses prescriptions doivent être imputés aux circulaires du 2 octobre 1836, du 9 août 18/il et du 20 août

1869, qui repoussaient tout projet de réparation ou de reconstruction non conforme aux règles du système cellulaire. Les conditions dispendieuses qu’entraîne l’application de ce système, l’impossibilité absolue pour le plus grand nombre des départements d’y pourvoir avec leurs seules ressources, ont fait ajourner des améliorations indispensables.

Aujourd’hui, le gouvernement renonce à l’application de ce régime d’emprisonnement pour s’en tenir à celui de la séparation des quartiers. Mais en donnant ainsi aux départements toute facilité de pourvoir par des sacrifices limités aux besoins de ce service, l’administration est fondée à exiger que partout il soit immédiatement procédé aux travaux nécessaires pour faire cesser une situation qui viole les lois et compromet les intérêts les plus graves.

Je vous invite, en conséquence, à provoquer à ce sujet une délibération du conseil général de votre département : il serait désirable que, dès cette année, des fonds pussent être votés pour mettre à exécution des plans de restauration qui seront désormais admis sous la simple condition de réaliser la séparation des diverses classes de détenus. Il y aura lieu d’examiner si, dans un intérêt moral et disciplinaire , ces plans ne devront pas comprendre un certain nombre de chambres destinées à isoler quelques détenus à l’égard desquels des circonstances particulières peuvent nécessiter des mesures exceptionnelles.

Je terminerai cette instruction en vous signalant une lacune regrettable dans la plupart des maisons d’arrêt et de justice concernant l’exercice du culte. Je tiens autant que possible à ce qu’il existe dans toutes une chapelle où les détenus puissent assister à l’oflice , conformément aux dispositions de l’article 117 du règlement du 30 octobre 1861. Les administrations locales comprendront, j’en suis sûr, qu’un de leurs premiers devoirs est de mettre à portée de la population piisonnière la consolation et le (rein des pratiques religieuses.

J’ai l’espérance, monsieur le préfet, que votre initiative amènera le conseil général de votre département à s’associer à cette réforme, que le gouvernement de l’Empereur tient à honneur d’accomplir.

Le ministre de l’intérieur , F. de Persigny.

La loi du 5 août 1850 avait déjà disposé que les jeunes détenus seraient élevés en commun , sous une discipline sévère. La circulaire ministérielle qui précède ne fait donc que généraliser lamesure en rappliquant à toutes les classes de condamnés. Elle ne |)eut d ailleurs modifier en rien l’opinion que nous avons cru devoir emettresur la valeur relative des deux modes d’emprisonne- Tient qui se trouvent en présence. Le régime de l’isolement a pour elïet, selon nous, de fortifier et de rendre plus efficace la ■epression. Nous regretterions donc de voir le gouvernement v 'énoncer complètement, au moment même où ses adversaires es plus déclarés en adoptaient le principe dans une certaine

Xuen!- A"S'etCn'e rad°I,te com'»« base de son système Sm, Te; rr .reTen‘r pUrement et simplement à l’ancien

ous les’ ans H 1 T',' 'aU et l(ÎS lrults sont écrits en chiffres ans dans les tableaux statistiques de la justice criminelle.

gers de l’emprisonnement en commun, en mettant rigoureusement

effet, les condamnés selon la nature de leurs crimes, sans tenir compte de leurs antécédents , de leur caractère , de leurs dispositions, c’est risquer d’exposer les natures qui seraient heureusement susceptibles de se régénérer, à la contagion de natures entièrement perverties, fatalement contagieuses. Avec l’emprisonnement individuel, ce danger est évité, et c’est pour cela que nous en approuvons le principe, laissant au temps et à l’expérience le soin d’en modifier les applications. Aussi nous aimons à penser qu’il ne s’agit ici que d’un temps d’arrêt dans la généralisation du système d’isolement nécessité par certaines exigences locales toutes matérielles.

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tées aujourd’hui ne soient tout à fait insuffisantes. Diviser, en

méd. lég., 1839 , t. XXII , p. 5). Rapport sur ce travail par M. Esquirol, au nom

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PESTE

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— Note médico-légale à propos de condamnations prononcées par les tribunaux , etc. (Annales médico-psychologiques, t. III, p. 132 et suiv.). — Une visite aux prisons cellulaires de France (mémoire lu àl’Académie des sciences morales et politiques, dans sa séance du 17 octobre 1848 , publié dans le Compte rendu des séances et travaux de cette Académie, t. X, p. 321 et suiv., et dans le Moniteur , nos du 11 et du 13 janvier 1847). — Rapport sur l’ouvrage de M. Bonneville, ayant pour titre : Traité des diverses institutions complémentaires du système pénitentiaire (lu à l’Académie des sciences morales et politiques, dans ses séances du 28 août et du 4 septembre 1847, publié dans \e Compte rendu des séances cl travaux de l'Académie, t. XII, p. 225 et suiv., dans le Moniteur du 11 janvier 1848, dans la Revue de législation de la même année.

Art. Prison, du Dictionnaire de médecine usuelle, t. II, 1849. — Rapport sur un ouvrage de M. Ferrus, intitulé : Des prisonniers, de l’emprisonnement et des prisons (lu à l’Académie des sciences morales et politiques , dans sa séance du 1er juin 1850, publié dans le Compte rendu des travaux de l’Académie, t. VIII, 8e série, p. 17, et dans le Moniteur du 10 juillet 1850). — Rapport à M. le préfet de police sur la question des suicides observés dans ta prison cellulaire de Mazas, in-4°, 1852 (dans les rapports de la commission chargée de l'examen des conditions physiques et morales de cette prison).

— Mémoire sur la déportation, suivi de considérations sur l’emprisonnement cellulaire. Paris, 1853. — Fourcault, Influence du régime pénitentiaire sur le physique et le moral de l’homme ( Revue des spécialités, n°s de mai et juin 1846). - Bonnet, Hygiène physique et morale des prisons. Paris, 1847. — Bérenger, Rapport fait à la chambre des pairs (séance du 24 avril 1847), au nom d’une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi sur le régime des prisons. —Boileau-Castelnau, De l’influence du régime des prisons sur la santé des détenus (Ann. d’hyg. et de méd. lég., 1849, t. XLI, p.69). — Influence de la suppression des travaux dans les prisons (Ibid., t. XLII , p. 219). — Ch. Lucas , Des systèmes pénitentiaires, 3 vol. in-8. — P. Ferrus, Des prisonniers, de l’emprisonnement et des prisons , 1 vol. in-8. Paris, 1850.— De l’expatriation pénitentiaire. Paris, 1853. — Rapports de la commission nommée par M. le préfet de police pour l’examen de la prison cellulaire de Mazas ( Moniteur des 8 août 1850 , 29 mars , 2 juillet et 7 septembre 1852, et mémoire de M. Guérard, Ann. d’hyg., 1853, t. XLIX, p. 5). —Bérenger, Rapport fait à l’Académie des sciences morales et politiquessur l’état des lieux de répression dcFranceet de l’Angleterre (dans les séances des 21 janvier. 6 mars, 10 avril et 8 mail852).-Dugat, Rapportsur lescolomes pénales en Algérie. Bucquet, Sur les colonies agricoles, 1853.— Faucher, Question d’hygiène et de salubrité des prisons, de la possibilité des travaux agricoles dans les maisons centrales. Paris, 1853 .—Encyclopédie du xi x* siècle, art. Régime pénitentiaire.

PESTE. — La peste est restée longtemps et est encore aujourd’hui, à bien des égards, le type des maladies pestilentielles, celle contre laquelle ont été surtout dirigées les rigueurs des mesures sanitaires de toutes les nations qu’elle pouvait atteindre. Cependant il semble que, depuis quelques années et sous l'influence des progrès de la civilisation, ce grand fléau tende à s’éteindre dans son foyer même. Et s’il garde toujours dans l’esprit

PESTE

des peuples l’apparence de la plus redoutable épidémie, il est permis de dire que ses coups, en se ralentissant, sont devenus de moins en moins à craindre, et que, après avoir longtemps servi de prétexte aux sévérités des lois quarantenuires usitées dans les États de l’Europe, la peste, réduite aujourd’hui aux proportions d’une épidémie accidentelle ou locale, doit justifier les adoucissements de cette législation surannée.

Il n’est pas de sujet sur lequel les savantes discussions de la Conférence sanitaire internationale aient jeté plus de jour que sur l’histoire de la peste, et l’on peut considérer aujourd’hui cette question, si bien préparée par les travaux de quelques médecins français et étrangers, par le beau Rapport de R. Prus à l’Académie de médecine et les recherches suivies des médecins sanitaires de la France en Orient, on peut considérer cette question comme définitivement résolue dans ce qu’elle a d’accessible aux connaissances humaines.

Nous donnerons ici un aperçu très succinct de ses caractères, de sa marche et de son mode de propagation qui sert de base aux mesures sanitaires dont elle est l’objet et dont l’exposé trouvera place plus loin.

L’invasion de la peste a le plus souvent lieu vers la fin du jour ou dans la nuit; elle s’annonce par un frisson superficiel, une céphalalgie violente, un enrouement plus ou moins considérable, et surtout par un regard fixe et brillant, une contraction des traits qui donne à la physionomie une expression d’hébétude et de tristesse profonde, un dégoût universel et un grand abattement des forces physiques et morales; en môme temps, ou quelquefois plusieurs jours auparavant, les malades ressentent des douleurs dans les aines. Des vertiges, des frissons joints à une grande chaleur intérieure, des rêvasseries, du délire, la parole brève, entrecoupée, une soif vive, une altération et une coloration livide du visage, un pouls irrégulier, lent, petit, très variable, sont les premiers symptômes de la peste grave. On voit paraître ensuite les bubons, qui sont le signe caractéristique de la maladie; ils se montrent principalement au-dessous de 1 arcade crurale, à 1 orifice inférieur du canal crural, ou au pli de 1 aine, au cou, à 1 angle de la mâchoire, dans l’aisselle, ou tout à fait exceptionnellement au coude ou dans le jarret. Les bubons forment des tumeurs dures, allongées ou arrondies, de volume variable, souvent douloureuses, rouges et prenant quelquefois une teinte livide. Autoui

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d’eux les vaisseaux lymphatiques peuvent être tuméfiés et douloureux. Ils sont, pour les cas les plus graves, très volumineux et fluctuants dès leur origine. Le nombre des bubons peut être très limité, mais il est rare qu'ils manquent. Leur développement est suivi ou accompagné, plus rarement précédé de l’apparition de tumeurs gangréneuses qui se montrent en nombre variable eL indifféremment sur les points où le tissu cellulaire est le plus abondant, à la lace, sur les joues, au cou, au dos; déterminant, avant d’être apparents, une sensation de douleur ou de chaleur et de démangeaison incommode; commençant par un point rouge qui s agrandit, s’élève, se couvre de vésicules contenant une sanie rougeâtre, s’entoure d’une aréole rouge qui devient bientôt brune, puis livide, et se transforme en une escarre gangréneuse. C’est là le charbon de la peste, qui est quelquefois remplacé sur le cou et sur le dos par un véritable anthrax. Les symptômes ne tardent l>as à prendre un caractère encore plus effrayant : le corps perd sa chaleur; le pouls s’abaisse, se ralentit, disparaît; la tète est de plus eu plus lourde; la vue s’obscurcit, le regard se voile et s’éteint; la voix s étrangle, la langue se sèche ; les bubons disparaissent quelquefois brusquement ; les traits se décomposent et sont déjà frappés d’une empreinte de mort; des pétéchies noires et livides qui se montient sur toute la surlace du corps, des ecchymoses, des hoquets, des vomissements, des déjections fétides et sanglantes, du délire, des convulsions, des phénomènes nerveux très variés, quelquefois un assoupissement profond, précèdent la terminaison lunes te, qui arrive presque toujours avant la fin du premier septénaire.

La mort n’arrive pas toujours de cette manière chez les pestiférés. hile est quelquefois subite, et frappe au milieu de la santé et de la vie la plus active; plus souvent elle arrive , en quelques heures, sans qu’aucun bubon ait paru; ou bien elle surprend des malades dont l’état paraissait le moins grave, chez lesquels le pouls était régulier et qui n’avaient qu’un bubon et quelques taches ; plus souvent elle termine la maladie le second, le troisième et le quatrième jour, soit que la vie se retire et s’éteigne sans secousses, soit que les désordres les plus violents brisent 1 équilibré de toutes les fonctions. Enfin, certains accidents conseculils peuvent, après un temps plus ou moins long, entraîner

nnT , r ma adT: lfUeS SünL la suppuration des ganglions prou bas5m et 1,1 péritonite qui peut en être la suite; tels sont

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encore les progrès de l’inllainmation gangréneuse d’un charbon mal placé, les alïèctions purulentes, etc.

La peste peut se terminer par la guérison. Après avoir présenté les symptômes graves <pie nous avons indiqués au début, et lorsque les bubons et les tumeurs charbonneuses ont paru régulièrement, la maladie prend une marche plus louable, les bubons se ramollissent et suppurent ou se résorbent lentement; les escarres se détachent, les plaies se cicatrisent; il ne paraît pas de pétéchies ; le pouls devient égal et régulier, la langue humide, et tout danger a cessé pour les malades, dont le complet rétablissement se fait quelquefois très longtemps attendre. Toute imprudence expose à des rechutes très dangereuses et qui conservent quelquefois des traces indélébiles delà maladie, comme des cicatrices profondes, la perte de la vue, etc. La guérison, dans les cas graves, peut être précédée d’un véritable état léthargique plus ou moins prolongé. Mais il est des cas où la peste est tout à fait bénigne, où les symptômes caractéristiques se montrent sans troubles généraux, et où la maladie parcourt ses périodes en douze ou quinze jours. Enfin, elle est quelquefois réduite à quelques accidents légers, à une sorte d’aura qui se dissipe spontanément dans un espace de douze à vingt-quatre heures ou de trois à quatre jours. C’est ce que l’on remarque surtout chez les individus qui ont été déjà atteints de la peste, et qui dans les épidémies ressentent des douleurs sourdes dans les points où existent d’anciennes cicatrices de bubons ou de charbons.

Lorsque la peste règne épidémiquement, les épidémies paraissent se développer dans une saison déterminée, sous l’influence des vents du sud, de la chaleur humide et des brouillards. La saison morbide commence en Turquie vers le milieu du mois de mai. On observe alors, jusqu’à la fin de juin, des cas de peste sporadique toujours très graves. L’épidémie se prononce et la mortalité augmente en juillet; après cette époque on la voit s’éteindre, quelquefois d’une manière brusque et complète, plus souvent d’une manière progressive. Elle dure en général de quatre à cinq; mois et offre souvent des recrudescences. La saison morbide paraissait un peu plus précoce en Egypte. Les vents du nord et les» températures extrêmes, chaude ou froide, tout cesser les épidémies. On a attribué encore aux mauvaises conditions hygiéniques d’habitation et d’alimentation, de même qu’à des émanations miasmatiques diverses, l’endémicité de la peste dans certaines*

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contrées. Mais cette endémicité de la peste, de même <pie son ; apparition isolée sous forme sporadique , ne peut plus être admise aujourd’hui , ou , du moins, ne doit plus recevoir la même interprétation. C’est là la base fondamentale des travaux de la conférence internationale, et nous laissons M. Mêlier, son habile rapporteur, exposer, avec sa précision et sa rectitude si remarquables, l’état vrai de la question :

« Lors de la mémorable discussion qui eut lieu sur cette maladie à l'Académie de médecine de France, en 18à6, discussion dont les résultats ont si heureusement contribué à faire changer la législation sanitaire existante, on pensa que les quarantaines contre la peste pourraient être réduites au temps d’épidémie.

» On croyait alors, généralement, que la peste, endémique en Orient, y existait constamment, et qu’il y en avait toujours, là ou là, quelques cas isolés ; et c’était en vue de ces cas isolés que, par prudence et sans les croire communicables, on imposait le minimum de traversée, minimum qui fut de dix jours d’abord, et qui n’est plus, aujourd’hui, que de huit jours, c’est-à-dire égal à la plus longue durée de l’incubation, telle qu’elle résulte des observations les mieux faites, et en particulier des belles recherches de M. Ségur Dupeyron.

» Depuis lors, les renseignements les plus certains, les investigations les plus minutieuses, ont fait voir que cette peste soi-disant peimanente, à laquelle on a cru si longtemps et contre laquelle on n’a cessé de prendre des précautions, n’existe véritablement pas, et que, les épidémies une fois éteintes, la peste disparaît complètement.

» La connaissance de ce fait considérable, aujourd’hui démontré, est due, en premier lieu, aux recherches et aux observations des médecins sanitaires que la France a eu la salutaire pensée d’établir en Oi ient, et qu elle y entretient, lesquels, comme nous aurons occasion de le dire, sont devenus la base la plus solide et le premier anneau de nos garanties actuelles contre l’Orient et ses maladies. Ces médecins existent sur six points : à Alexandrie et au Caire, a Beyrouth et à Damas, à Constantinople et à Smyrne.

* Après un séjour qui remonte déjà à plus de quatre ans, et maigre les recherches et les informations les plus minutieuses, nul d entre eux n’a encore vu la peste. La plupart, cependant, ont voyage dans 1 intérieur du pays. Prus, en particulier, Prus qui a occupe tour a tour Alexandrie et le Caire, et parcouru toute la

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basse Egypte, est mort sans avoir vu un cas <le peste; et, a son grand regret, ce complément a manqué à son savoir comme il manque encore à tous les médecins sanitaires qui sont actuellement en Orient. Tous écrivent qu’ils n’ont jamais rencontré la peste, et qu’elle a complètement disparu de l’Orient. Prus, et après lui M. Willem in, l’ont déclaré pour l’Egypte; M. Sucquet le déclare pour la Syrie; M. Fauvel le déclare pour la Turquie en général, et très expressément pour Constantinople, en particulier.

» Ce fait important de l’absence actuelle de la peste, en Orient, absence qui remonterait, pour la Turquie, à plus de quinze ans, et pour l’Egypte à la dernière et très légère épidémie de 1841-42, ressort encore d’une enquête récemment faite en Égypte par les soins d’une commission envoyée de Constantinople, et dont le docteur Levai a été l’habile rapporteur. Cette commission avait pour mission d’étudier le système sanitaire de l’Egypte et d’en constater l’état, en vue de la question de savoir si la libre pratique pouvait être accordée à ce pays. Elle a parcouru l’Egypte, et en se montrant généralement satisfaite de ce qu’elle a vu, elle ne dit nulle part qu’elle ait rencontré la peste ou qu’on lui en ail

signalé des cas.

» L’absence de la peste est donc un fait certain, ou, comme on le dirait en langage de droit, un fait acquis.

» Ainsi tombe une grande préoccupation, cette préoccupation de la peste sporadique, en vue de laquelle on maintenait ou Ton maintient encore actuellement partout, quoique à des degrés divers, des précautions sanitaires , précautions réduites en France à un minimum de traversée, mais qui vont, en Italie, jusqu’à exiger le débarquement des marchandises au lazaret, leur purification et tout ce qui s’ensuit, pour une maladie, nous le répétons, qui a cessé de se montrer depuis des années, et dont, avec la meilleure volonté, on ne trouve pas trace.

» Ces faits, exposés avec détail devant la commission, et que plusieurs membres sont venus fortifier tour a tour de leurs renseignements particuliers, des déclarations formelles de M. Grassi, de celles de M. Rafalowitz et de beaucoup d’autres, devaient nécessairement être pris en très grande considération; ils prouvent, contrairement à ce que l’on croyait, a ce que croient encore quelques personnes placées, en général, à un point de vue particulier , que la peste n’existe pas a l’état permanent, et que, conséquemment, il n’y a pas lieu de rester toujours et sans cesse armé et prémuni

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