‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 22 sur 58 · CONDITIONS SPÉCIALES · texte numérisé non relu

CONDITIONS SPÉCIALES

Carabiniers

Aulant que possible être habitué à monter h

Cuirassiers

cheval, ou ù soigner les chevaux, ou à conduire les voilures.

Artillerie

Aulant que possible être ouvrier en fer ou buis, habitué ii monter à cheval, ou à soigner leschewiux, ou à conduire les voilures.

Pontonniers

Batelier, cordier, charpt iilier de bateaux ou de bcllimenls, charron, ouvrier en fer ou cal fat.

Dragons et lanciers. . . .

Aul.inl que poss'ble être habitué à monter à cheval, ou à soigner les chevaux, ou à conduire les voitures.

Ouvriers du génie

rFoigenr, taillandier, cloulier, charron, char-

— (rarlilltrie. . . . i

pentier, menuisier, tonnelier, sellier ou bourreliei'.

Train des parcs d’artillerie.

Sellier, bourrelier, maréchal ferrant, ou être | habitué à soigner les chevaux, ou ù cou- i duire les voilures, chevaux ou mulets.

Ouvr. des équipages inilit.

Forgcur, serrurier, taillandier, cloulier, charron, charpentier, menuisier, bourrelier, sellier.

Chasseurs

Autant que possible être habitué à monter à cheval , ou ù soigner les chevaux ou à

Hussards

Chasseurs d’Afrique. . . .

conduire les voitures.

Génie

Ouvriersen fer ou en bois, ouvriers des mines et carrières, maçon, terrassier.

Sapeurs-pompiers

Savfiir lire et écrire, maçon, couvreur, char pentier, ou d’une profession analogue.

Infanleriedeligneel légère.

Chasseurs ù pied

Être leste, vigoureux, bien constitué, d’une taille inoyeiine 1 1 bien prise, et avoir, autant que possible, riiabilude de la chasse et des ai nies ù feu.

Ouvriers d’administration.

Intirmiers miliiaires. . . .

' Boulanger, boucher, bolleleur, charpentier, serrurier, inenuiser, in,.çun , tonnelier (savoir lire et écrire).

Le fardeau doit être pris en sérieuse considération dans le choix des hommes appelés sous les drapeaux. Le fardeau du fantassin français se compose ainsi qu'il suit :

kil.

Habillement 7,025

Grand équipement 1,690

Armement 7,206

Munitions 1,/|50

Linge et chaussures 6,808

Total 24,179

Pour peu que l’on ajoute à ce fardeau les vivres et quelques

HÎGIÈNE MILITAIRE.

objets dont le soldat est porteur en campagne, on arrive à plus de 30 kilogrammes ou 60 livres. Ainsi :

kii.

Report 2i4,179

Pain et viande pour deux jours 2,500

Petit bidon rempli de liquide 2,500

Marmite de fer blanc 1 ,750

Couverture de campement 2, »

Total 30,879

L’armée se recrute aujourd’hui par des appels, des engagements volontaires et des rengagements. Le contingent annuel est fourni par le tirage au sort entre tous les jeunes français qui ont atteint l’àge de vingt ans dans le courant de l’année qui précède. Le tirage s’opère par cantons, le contingent est réparti par département et proportionnellement au nombre de jeunes gens inscrits sur la liste de l’année. Le contingent était de /i0,000 hommes de 1814 à 1823, de 60,000 jusqu’en 1830 ; il est aujourd’hui de 80,000. De 1831 à 1842, le nombre moyen des exemptions annuelles a été de 94,680 ; il suit de là que pour avoir 80,000 hommes il a fallu en visiter 174,860.

Il ne faut pas confondre les mots réforme et exemption comme cela arrive fréquemment. La réforme ne s’applique qu’à des militaires et ne peut être prononcée que par l’autorité militaire; aux conseils de révision seuls appartient le droit de prononcer l’exemption, c’est-à-dire de déclarer impropres au service les jeunes gens appelés. Nous empruntons à un article de M. le docteur Boudin les règles générales fixées par les instructions ministérielles du 14 septembre 1845 :

Quelle que soit la position des individus soumis 5 son examen, le médecin, également en garde contre toute espèce d’omission ou de fraude, doit recbereber: 1° s’il n’y a pas une infirmité dont le sujet ignorerait l’existence ou la gravité, qu’il passerait sciemment sous silence, ou enfin qu’il dissimulerait artificieusement; 2’ si l’infirmité alléguée existe réellement ou si elle est feinte. Dans ce dernier cas, après avoir constaté la simulation, il ne faudrait pas moins procéder à un examen complet et rigoureux, car l’imposteur pourrait, à son insu, présenter un véritable motif d’incapacité. Dans le premier cas, après avoir reconnu la réalité de l’infirmité, il reste à établir si, par son essence ou sa gravité, elle rend inhabile au service militaire; et subsidiairement, lorsqu’il y a inaptitude, si l’infirmité n’a pas été provoquée à dessein.

D’après le n“ 25 de l’instruction du 18 mai 18ZiO, les conseils de révision ne peuvent ajourner ni envoyer à l’hôpital les individus malades ou atteints d’infirmités, attendu que la loi n’autorise aucun ajournement, lorsqu’il n’y a pas in-

HYGIENE MIMTAIEE.

lervenlioii des tribunaux, on qu’un délai n’cst pas accordé pour production de pièces. 11 résulte de cetle disposition : 1“ (pie loutcs les maladies aiguës des organes importants et l’élal de convalescence cpii les suit, sauf constatation, entraînent nécessairement l’exemption; 2" qu’à l’égard des appelés (pii se rendent à la convocation, la décision doit être iirise sans désemparer et d’après les renseignements dont le conseil est en jiossession. Aux termes des instructions ministérielles, cette décision doit être favorable à tout homme qui n’est pas éufi/ewrneni propre à faire un bon service ; par conséquent, le médecin doit se prononcer pour l’exemption chaque fois qu’il n’y a jias probabilité d’une prompte et durable guérison, à plus forte raison chaque fois que cette guérison ne peut être obtenue que par une opération sanglante ; car on n’a pas le droit d’y recourir contre le gré de l’appelé, et l’on ne pourrait, d’ailleurs, répondre du succès d’une opération, quelque légère qu’elle fût, surtout si elle était faite dans des

conditions si défavorables sous le rapport de l’état moral du sujet : 1 incertitude exige que l’on s’abstienne.

La réforme commande la plus stricte réserve. 11 y aurait, en effet, danger moral, si l’année avait immédiatement sous les yeux l’exemple fréquent d’une trop grande facilité dans l’application de ce moyen de libération. L’Ktat a intérêt, d’un autre côté, à ne pas se dessaisir d’un homme qui ne sera point remplacé, et qui, façonné à la discipline, exercé aux détails du service, peut être tiTs utile encore, soit dans une arme sédentaire, s’il ne conserve plus assez de vigueur pour continuer un service actif, soit meme dans les rangs de 1 armée active, si l’infirmité qu’il accuse n’cst point réelle ou si l’art possède les moyens de la guérir. Dans cetle dernière circonstance, d’ailleurs, c’est un devoir, pour l’administration, de donner des soins assidus à tout militaire qui a déjà consacré une certaine partie de son temps à la patrie, supporté des fatigues, couru des dangers, compromis sa santé ou reçu des blessures, contracté enfin des infirmités qui, si elles ne sont pas assez graves pour le mettre hors d’état de pourvoir a ses besoins et lui mériter une pension, peuvent cependant avoir alfaibli ses moyens d’existence. Ainsi on ne doit demander la réforme d’un homme qu après avoir épuisé toutes les ressources de l’art pour le guérir, et qu’après 1 avoir reconnu hors d’état de continuer à servir activement et incapable de faire un bon service sédentaire, dans le cas où il réunirait les conditions voulues pour être admis

dans les vétérans. . . „ .

L’inaptitude reconnue implique la question de savoir si elle ne r(isulte pas

d’une mutilation ou d’une provocation volontaires, délit prévm par 1 article ùi de la loi de 1832. Le médecin doit redoubler de prudence et à la fois de fcrmeté pour éviter de tomber dans l’un ou l’autre de ces deux écueils, savoir : d exposer légèrement un innocent à des poursuites judiciaires, ou de faire prononcer l’e.xcmp;ion d’un sujet qui aurait, au contraire, encouru les sévérités de la loi au

préjudice d’un numéro plus élevé. . , , ,

L’homme se présente entièrement nu : on le fait poser les pieds places sur un tapis ou sur une natte, les talons rapprochés, les bras pendants sur les cotés du corps les mains étalées et leur paume dirigée en avant. On jette alors sur tout l’individu un regard d’ensemble qui fait apercevoir et juger d’emblée les grands Vices de conformation, ceux qui ne peuvent permettre aucun doute sur 1 ^

au service tels que le marasme ou Vobésité, les difformités considérables de là (I ffffmlsXrgcs, livUes, poil,.., hühnsc., et le, dépéri, mns de eui-

IIYGIKNIÎ MILITAlUI':.

Stance des joues, la perte des deux ijeiur, ou d’un seul œil, du nez, d’un membre ou d’une partie essentielle d’un membre, de la verge, les difformités des membres, les pieds bots, etc.

On passe ensuile sucessivcnient h l’examen particulier et détaillé des dilFérentes régions du corps, en commençant par la tête et en procédant dans chaque région de l'extérieur à l’intérieur. On interroge par tous les moyens d’investigation chaque organe, dans le but de s’assurer : 1“ si rien ne porte obstacle la liberté et à la plénitude des actes propres à la profession des armes; 2" si aucune partie ne doit sonllrir du port des vêtements, de l’armure et de 1 équipement; 3'* si, par suite de faiblesse, de disposition morbide ou de maladie existante, la santé et même la vie du sujet ne serait pas compromise par quelqu une des circonstances ordinaires dans la carrière militaire; à" enfin, si une infirmité qui ne gênerait pas l’exercice des fonctions, mais qui serait de nature à exciter le dégoilt parmi les autres, ne s’opposerait pas à la vie commune des soldats.

Maladies QUI pküvext motiver l’exemption ou la réforme {Instruction du IZi novembre 18i5). — La teigne faveuse doit entraîner l’exemption du service militaire. Il en est de même de la teigne amiantacée et de la teigne granulée, lorsque les produits sécrétés sont abondants, que l’affection s’étend à une partie considérable de la tête, que les cheveux sont altérés dans leur texture, et surtout lorsque le sujet présente les caractères de la consiitulion lympbalique ou de la diathèse scrofuleuse. La teigne furfuratée légère et simple est compatible avec l’acceptation pour le service; mais si elle est accompagnée d’exfoliation farineuse considérable, si les cheveux sont rabougris et lanugineux, si la constitution générale est détériorée, l’exiMiiption doit être demandée. La teigne faveuse, dès qu’elle a résisté aux moyens de traitement qui lui sont opposés, doit motiver la réforme. 11 en est de même de toutes les autres formes de teigne, lorsqu’elles sont rebelles aux elïorts de la ihérapcutique employée avec persé^ vérance.

Les fraudeurs emploient ordinairement l’acide azotique, qu’ils laissent tomber goutte à goutte sur le derme crünien. l’ar ce moyen, ils obtiennent bien la chute des cheveux, la formation de croûtes jaunes ou plutôt d’escarres arrondies, mais la tête n’a jamais l’odeur caractéristique ; les croûtes ne sont pas enfoncées en godets, se détachent en laissant au-dessous d’elles de petites plaies superficielles de bonne nature ; enfin, autour de chacun des points que le caustique a touchés, existe une auréole circonscrite, enflammée, les autres parties du crâne étant à l’état parfaitement sain.

Lorsque la teigne n’a pas encore produit la chute des cheveux ou leur altération considérable, on lente quelquefois de la dissimuler en nettoyant à fond là tète, en détachant les croûtes au moyen de cataplasmes auxquels on fait succéder des lotions savonneuses. Si l’on passe les doigts entre les cheveux, on trouve ordinairement les téguments du crâne chauds et plus ou moins humides. En les examinant après avoir écarté les cheveux, il est facile de constater la présence des érosions plus ou moins profondes, des inflammations vésiculeuses on autres d’étendue variable qui caractérisent la maladie.

Calvitie ou alopécie. — Des cheveux abondants, forts, souples, lisses, d’un aspect luisant, annoncent l’état sain des téguments du crâne, auxquels ils fournissent une protection immédiate, efficace et indispensable au militaire pour supporter l’action des divers genres de coiffure, et surtout du casque. La perte totale

^V(ilI•:^E MILITAIRE.

des cheveux sur une éiemlue considérable de la suriace crAnieiuie doit eiitrainer la demande d'exemption. Dans ces cas, la partie dépouillée de clieveux est lisse, luisante, d’une teinte blanc de lait jaumltre ; l’examen le plus attentif ne peut y faire découvrir les points bleuâtres correspondants aux ouvertures des bulbes pileux: quelquefois on y distingue le tissu de cicatrices superlicielles plus ou moin larges résultant des érosions du favus.

Sans être complète, la perte des cheveux peut encore motiver l’exemption du service, lorsque les cheveux qui restent sont grêles, courts, rabougris, cassants, et manifestement en quantité insuflisante pour préserver la tête des pressions douloureuses de lacoilfuredu soldat ondes variations brusques de la température.

La réforme ne doit être prononcée que si la certitude de l’incurabilité est acquise.

L’épilation ne peut jamais, si exacte qu’elle soit, donner aux téguments du crâne l’aspect décrit plus haut. Leur surface reste mate comme celle de toute la peau, et l’on découvre les points correspondants aux orifices des bulbes.

Quant à l’application des pièces postiches destinées à dissimuler la calvitie, elles échappent difficilement à un œil attentif, et surtout elles n’échappent jamais à cette manœuvre, indiquée précédemment, qui consiste à passer les doigts entre les cheveux pour explorer les téguments du crâne.

Toute tumeur volumineuse de la tête , qu’elle ait sa racine dans l’épaisseur des parties molles ou dans la paroi osseuse, réclame l’exemption ; mais , quand elles sont petites, on ne doit s’y arrêter qu’autant qu’elles se montrent dans une région où elles seraient comprimées douloureusement par la coiffure, ou qu’elles sont de mauvaise nature, telle que serait une tumeur fongueuse provenant de la dure-mère, après avoir perforé les tables osseuses. Ce dernier cas est aussi un motif de réforme, tandis que les autres peuvent souvent disparaître à l’aide d’une opération cliirurgicale.

L'ossification imparfaite des os du crâne, reconnaissable à la persistance de la fontanelle fronto-pariétale, et quelquefois à l’écartement, à la mobilité, à la dépressibilité élastique des bords des os, est un motif évident d’exemption et de réforme.

Il en est de même des cicatrices étendues, inégales, fragiles, qui sillonnent largement la surface du crâne, ainsi que des grandes lésions provenant de plaies profondes, de dépressions ou d’enfoncement des os, de leur exfolialion ou extraction.

Catalepsie.— Elle se manifeste tout â coup, par la suspension plus ou moins complète et par la contracture tétanique, générale ou partielle, du système musculaire, avec cette singulière particularité, que les membres, cédant aux efforts qu’on fait pour les mouvoir, conservent souvent pendant toute la durée de l'attaque la situation qu’on leur donne. Les individus qui essaient de contrefaire cette maladie ne peuvent pas imiter la contracture qui lui est propre; on sent, lorsqu’on fléchit et qu’on étend les membres, une suite de petits mouvements saccadés qui tient à ce que les prétendus malades font conlinuellement de rapides efforts pour soutenir la contraction de leurs membres, afin de garder la position qu’on ieur donne; d’autres -s’imaginent qu’il faut déployer une force considérable, et cette exagération suffit pour les trahir; on peut, d’ailleurs, les vaincre par une puissance proportionnée à celle qu’ils emploient, par un poids, par exemple, suspendu h l’extrémité du membre.

UYÜiÈ.NE MiLlTAlUK. 157

Les allections des paupif'res, susceptibles d’entraîner l’exemption sont : 1" les kystes, développés dans l’épaisseur de ces organes, lorsqu’ils sont assez volumineux pour occasionner une gène considérable, et opposer un obstacle à l’exercice de la vision ; 2" les tumeurs squirrheuses et les dégénérescences cancéreuses. qui, par leur gravité, commandent l’exclusion du service militaire, dans quelque région qu’elles existent; 3“ le clignotement continuel; h" les diverses paralysies des paupières ; 5“ V inflammation chronique de la conjonctive, le flux puriforme ou purulent, Vulcération du bord libre des paupières, la perte des cils; 6“ les adhérences des paupières avec le globe oculaire; 7“ le renversement en dedans ou en dehors de l’une d’elles ; 8“ la direction vicieuse des cils contre la surface de l’œil, avec déplacement du rebord palpébral.

V épilepsie constitue un cas manifeste d’exemption et de réforme. Elle est très souvent simulée. Pour les conseils de révision, la notoriété publique peut seule constater son existence. Pour les hommes incorporés et envoyés en observation dans les hôpitaux, vingt années d’expérience nous ont appris qu’il suflil, neuf fois sur dix, de leur déclarer que l’on ne croit pas à la réalité de l’affection, et qu’ils perdent leur temps à prolonger leur séjour à l’hôpital, pour les déterminer à demander leur sortie. Inutile de dire que le médecin n’a pas le droit d’employer l’épreuve de la cire à cacheter enflammée, pratique barbare et qui a produit souvent de graves lésions. Quelques chirurgiens militaires anglais disent s’être bien trouvésde l’introduction dans la bouche de deux ou trois gouttes d’huile de croton tiglium, pendant rattacpie supposée simulée. La réalité ou la simulation une. fois constatée, le fait doit être enregistré sur un registre ad hoc, et l’homme renvoyé au corps avec une note. La constatation de l’épilepsie dans un hôpital est-elle indispensable ? L’instruction ministérielle du l'i novembre 18Zi5 n’en fait pas une nécessité; d’autre part , il ne serait pas logique de refuser aux ofliciers de santé des corps une compétence que l’on accorderait à leurs inférieurs, les chirurgiens sous-aides de garde.

Les convulsions, la chorée, le delirium tremens, bien constatés, sont autant de cas d’exemption et de réforme.

Pour les hommes déjà incorporés, ces diverses affections ne légitiment une pré.senlation pour la réforme qu’autant qu’(îlles ont résisté à un traitement convenablement dirigé. Nous en dirons autant de l’ectropion, de l’entropion, du trichiasis, de la tuméfaction de la glande lacrymale, du larmoiement habituel, de la déviation des points et des conduits lacrymaux, de l’encantbis, de l’exophthahnie, duptérygion,des taies, abcès et ulcères de la cornée, de la procidence de l’iris, de son adhérence à la cornée, de l’absence ou de l’occlusion de la pupille, du stapbylôme de la sclérotique ou de la cornée, de l’hypopion, de l’hydropisie, de la cataracte, du glaucome, enfin de l’atrophie générale du globe de l’œil.

La myopie ne donne droit à l’exemption qu’autant que le réclamant lit à 30 ou 35 centimètres du nez, avec des verres concaves des n"* 3 et ü , et qu’il distingue nettement les objets éloignés avec le n“ 5. V amaurose, la nyctalopie et {'héméralopie permanentes constituent des cas manifestes d’exemption et de réforme.

Organes de l’audition. — On doit considérer comme motifs d’exemption et môme de réforme la perte du pavillon de l’oreille, l’oblitération entière ou le rétrécissement considérable et la déviation du conduit auditif externe, la présence de

lIViMÎÎNE Mll.lTAlKE.

Ai'gi.Malioiis dans la cavili', l’t'coiilpiiipnt piirulonl <‘l f<*ti(le, (jn’il j)rovieime du méat lui-môino on de la caisse du lynipan ; l’ol)lit('ralion de la lionipe dMùistaclie, la siirdik^ consialtîe. Il importe de ne i)oint perdre de vue <pie la surdité est souvent simulée, et que les remplaçants ont intérêt à la dissimuler.

Organes de l’alfacHon. — l’armi les alleelions (jni doivent déterminer une proposition pour l’exemption ou pour la réforme, nous citerons la difformité du nez gênant la respiration, la coup(M'Ose, les dartres rongeantes, les polypes, rozônc.

Perte des dents. — inAclioires garnies de leurs dents, outre le rôle physiologique qu’elles remplissent dans la mastication et la parole, ont encore chez les militaires un usage spécial, celui de servir à déchirer la cartouche; il y a impossibilité d’être soldat pour tout individu chez lequel elles ne peuvent sudisamment concourir à l’un de ces emplois; c’est à savoir quand il y a : 1" perte ou carie des dents incisives et canines de la mâchoire supérieure ou de Pinferieure, constituant l’impossibilité de déchirer la cartouche ; T perte, carie et mauvais état de la plupart ou d’un grand nombre des autres dents, car le soldat, exposé à tant de vicissitudes, doit être apte à mâcher, à broyer toute sorte d’aliments, et notamment le biscuit. S’il est privé de quelques dents molaires, il faut que les autres soient saines, ainsi que les gencives q(d les supportent ; les conditions contraires l’exposent à des irritations fréquentes, à des gonflements reproduits sous l’influence des causes les plus légères, et constituent des mâchoires à fluxions. 11 n’y a donc nul doute, quand le mauvais état des dents est accompagné du ramollissement, de l’ulcéràtion chronique, de l’engorgement bleuâtre et sanguinolent des gencives, et que la constitution est faible, détériorée; mais si les dents, d’ailleurs saines, ne sont que malpropres et recouvertes de tartre, si surtout la constitution générale est bonne, le sujet est capable de servir; d’un autre côté, la perte d’un grand nombre de dents, hormis les canines, mais sans altération grave des gencives, permet encore d’être maintenu dans les compagnies de vétérans.

L’absence des dents peut être la suite d’une manœuvre coupable, mais on ne saurait, médicalement parlant, en fournir aucune preuve certaine. Il y a probabilité en faveur du réclamant, quand les dents qui lui restent sont en mauvais état, que les gencives sont ulcérées, fongueuses, etc., que la constitution générale est faible; mais ce serait à tort que de l’état contraire on tirerait rigoureusement une conclusion opposée. L’aflleurement des racines des dents manquantes au niveau du bord des alvéoles ne serait pas non plus, comme on l’a dit, une preuve du délit, car certaines caries ou des accidents peuvent avoir produit cet état, et l’on sait que plusieurs praticiens ont adopté, sous le nom de découronnement, un mode d’extraction qui a pour but et pour effet de laisser la racine en

place.

On peut, d’un autre côté, chercher à dissimuler la perte de dents par la substitution de pièces artilicielles ; mais il suffit de l’examen attentif, que l’on doit toujours faire, de la bouche en général et des dents en particulier, pour découvrir la fraude.

La dartre rongeante, la tumeur fongueuse, le bouton chancreux, le rétrécissement notable, h paralysie des lèvres, constituent autant de cas manifestes d’exemption et de réforme, lien est de même de la division du voile du palais, de la paralysie des organes de la déglutition, de la coarctation de l’œsophage.

UYGIÈNE MILITAIRE.

L’iiyperiropliic des amygdales et la grenouillclte peuvciil tout au plus k'gitimei rexeiuptioii. Le bégaiement, porté à un certain degré, est incompatible avec le service militaire. La cunslatalion est avant tout du ressort de la notoriété publique.

Cou. — Les tumeurs et ulcérations scrofuleuses, le torticolis, le goitre, la laiyngite chronique, l'aphonie, motivent l’exemption d’une manière absolue, mais ne donnent droit à la réforme que si les moyens ihérapeuliques ont échoué.

Thorax. - Le mal vertébral de Polt, les déviations prononcées de la colonne vertébrale, l’hémoplysie symplomalique d’une alleclion organique du cœur ou de la tuberculisation pulmonaire, les lésions de l’aorte thoracique, 1 asthme constaté, sont autant de cas d’exemption et de réforme. Il en est de même de la dillormité et de l’étroitesse de la poitrine. Mais, où est, en ce qui concerne cette dernière, la limite d’une poitrine étroite? Nous nous sommes demandé s il ne serait pas possible de remplacer le vague du coup d’œil médical par un procédé plus simple dans son application, plus précis dans ses résultats. Nous pensons que la mensuration du thorax d’une part, de l’autre l’estimation de la capacité respiratoire au moyen du spiromètre de. M. Ilntcliinson, offrent de très grandes chances de résoudre le problème d’une manière satisfaisante.

(jnant à la mensuration du thorax, de nombreuses expériences conduisent à penser que le périmètre de la poitrine du soldat doit avoir au moins la moitié de sa taille ; d’où il suivrait qu’il y a danger d’admettre des hommes dont la circonférence de la poitrine, mesurée au niveau du mamelon, présenterait moins de 78 centimètres, moitié de l‘“,56, minimum de la taille réglementaire.

En soumettant 93 hommes de diverses tailles à l’épreuve spirométrique, M. Simon a trouve les résultats moyens ci-après, résultats assez conformes à ceux que M. Loudin a obtenus lui-même.

TuiHo.

Cuparitc re.'piratoire éviilutie en

Taille.

Capacité respiratoire évaluée en

mèlr.

ceulinièlrcs cubes..

mèlr.

ceulimùlres cubés.

On voit que la diiïércnce de capacité respiratoire entre l’homme de 1"',56 ét l’homme de 1"',80 .serait de 1,527 centimètres cubes. En divisant ce chiffre par le nombre des tailles examinées, on trouve un accroissement moyen d’environ fiO centimètres cubes pour chaque accroissement de 1 centimètre de taillé, ."^i ces résultats, d'ailleurs assez conformes h ceux qu’a obtenus IM. llutclllnson.

HYGIÈNE MILITaIUE.

étaient confinnés par des (îxpériences ultérieures, il y aurait avantage à soumettre à l’épreuve préalable du spiromètre au moins les remplaçants et les enrôlés volontaires, et peut-être conviendrait-il alors de refuser ceux dont la capacité respiratoire se montrerait trop au-dessous de la moyenne correspondant à leur taille respective.

Abdomen. Hernies. — Facilement réductible ou non, récente ou ancienne, simple ou complitiuéc, toute hernie abdominale doit être considérée comme un motif d’exemption , à raison des incommodités nombreuses qiu l’acconipagnent constamment et des accidents subits et funestes auxquels elle expose, accidents qui sont surtout fréquentset graves pendant l’àge adulte, c’est-à-dire l’àge du service militaire, et qui sont toujours produits par des circonstances analogues à cellesauxquelles les soldats sont incessamment soumis. L’exemption doit être même admise chez les sujets qui, bien que non atteints de hernie, présentent cependant, à un degré très prononcé, les dispositions suivantes : anneau inguinal dilaté, canal inguinal faible, relâché, ainsi que la portion correspondante de la paroi abdominale antérieure. Cetétatdoit surtout motiver le rejet des volontaires et de remplaçants. Chez les militaires sous les drapeaux, on n’est autorisé à considérer comme motif de réforme que les éventrations, i'exomphale ou hernie ombilicale, les hernies inguinales ou crurales, doubles ou volumineuses, difficiles à réduire ou à contenir à l’aide d’un bandage approprié. Mais, le brayer ne contenant les hernies qu’autant qu’il est parfaitement adapté et qu’il est en rapport exact avec les dimensions du bassin, et son action, lorsqu’il ne maintient pas les parties, étant nuisible et exposant à des accidents graves d’irritation et d’étranglement, les hommes atteints de hernie simple sous les drapeaux ne pourraient servir que dans les compagnies sédentaires. Le danger est d’autant plus grand, durant les routes et en campagne, que le brayer s’use, se brise, et que cependant son usage ne peut être discontinué un seul instant sans faire courir aux malades le péril de la vie Tl y aurait inaptitude absolue si la hernie, d’ailleurs très réductible, entraînait avec elle, en rentrant dans l’abdomen, le testicule correspondant, comme cela arrive quelquefois lorsque l’infirmité est congéniale ou le résultat de la descente tardive d’un testicule dans les bourses, la tunique vaginale formant ellemême, dans l’un et l’autre cas, le sac herniaire.

Les hernies sont assez fréquemment dissimulées chez les volontaires et surtout chez les remplaçants : aussi convient-il non seulement d’examiner avec soin le trajet de la ligne blanche, les régions inguinales et crurales, et d’appliquer la main sur les ouvertures correspondantes pendant que le sujet est engagé a tousser, mais encore^ en refoulant le scrotum en haut, de porter le doigt dansl anneau sous-pubien, afin d’en reconnaître la dilatation et de sentir si quelque portion de viscère descendue dans le canal inguinal ne vient pas, pendant les efforts, se présenter à l’orifice.

Les engorgements des viscères abdominaux, la fissure à l’anus, ofirent des cas d’exemption ; ils ne légitiment une proposition pour la réforme qu'autant qu ils sont reconnus rebelles aux moyens thérapeutiques. L’incontinence des matières stercorales, le rétrécissement et les tumeurs du rectum, la fistule anale, motivent l’exemption et la réforme.

Organes génito-urinaires.— Vhypospadi as et Vépispadias, les fissures uretrales et vésicales, le rétrécissement de l’urètre, les altérations de la prostate, les calculs vésicaux, Y incontinence d’urine , Vhématiirie, les affections dar-

HYGIÈNE .MlLlTAiaE.

troiises (lu scrotum consliliient dos casd’excmplion, mais ne molivcnl la réforme qu’en cas d’insuccés des moyens lliérapeutiques api)ropriés.

l.a cirsocHc, lumeur formée par la disiension des veines spermatiques dans rélondue qu’elles parcourenl depuis l’orilicc externe du canal jusqu’à l’épididyme, ne constitue uu cas d’exemption qu’autant que, par son volume, elle apporte une sène prononcée dans la marche ou dans l’exercice des autres mouvements. IjC varicocèle, ou dilatation des veines du scrotum, est rarement a.ssez prononcé pour entraîner rinai)titude de servir. ]'hydrocèle motive l’exemption, mais ne donne pas le droit absolu à la réforme. La perte, l’atrophie des testicules, la dégénérescence de l’un d’eux sont des motifs d'incapacité ; il en est de même du testicule engagé dans l’anneau.

Membres. — LesalTections dartreuseset les ulcères de mauvaise nature des membres motivent l’exemption; pour les militaires déjà incorporés, il faut tenter ta guérison avant de proposer pour réforme. Les cicatrices adhérentes aux muscles, aux tendons, aux os, les brides inodulaires, mettent dans l’impossibilité de servir, lorsqu’elles gênent l’exécution des mouvements. Les anévrysmes motivent l’exemption et la réforme. Il en est de même des varices noueuses , multipliées et volumineuses, formées par la distension permanente et l’élongation des veines; nous en dirons autant des névralgies, des paralysies et des contractures , lorsque leur non-simulation est bien constatée. Les doigts et orteils surnuméraires et palmés motivent l’exemption.

Mutilations des doigts et des orteils. — Les mutilations des doigts et des orteils rendent impropre au service militaire, quand elles consistent dans la perte totale d’un pouce , d’un gros orteil , d’un doigt indicateur ou de deux autres doigts ou orteils de l’une ou l’autre main , de l’un ou l’autre pied; dans la perte partielle du pouce ou du doigt indicateur de la main droite ; dans la perte simultanée de la deuxième, et de la dernière phalange d’un doigt de l’une ou de l’autre main, ou de toutes les dernières phalanges d’une main ou d’un

pied.

C’est surtout à l’occasion de ces mutilations que s’élève la question préjudicielle de provocation , question dont on a déjà signalé la gravité. Il n’est que trop vrai qu’avant ou après l’admission sous les drapeaux, quelques individus portent la répugnance pour la profession militaire jusqu’au point de se mutiler volontairement, soit à l’aide d’un instrument tranchant, soit au moyen d’une aime a feu. On conçoit aisément combien est diflicile la position du médecin consulté à ce sujet, et à quel degré de certitude sa conviction doit être portée avant quil émette une opinion à la charge de l’inculpé. L’examen , fait avec la plus sciupuleuse attention , doit porter : 1“ sur le caractère des blessures et les infii mités qui en résultent ; t2“ sur les causes qui ont pu produire ces ble.ssures et sui la manière d’agir de ces causes; 3” sur les circonstances qui ont accompagné ou précédé les blessures, et sur le rapprochement de la manière dont elles ont été faites, au dire du blessé, avec la direction et la forme de la plaie ou de la cicatiice. Ln général, cette question ne peut être résolue (pie lorsque la mutilation est encore récente.

La chaipente osscu.si! du jiied est conformée, chez le plus grand nombre des individus, de manière à présenter, à son côté interne, une voûte dont la cavité legaide le sol, et dont la convexité forme le dos du pied. Il en résulte que, pendant la station et la marche, la partie de la plante du pied qui répond au II. ,||

IIYGIÈNK MimAlKE,

soinmel de la vortlc ne louche poinl le sol. On donne le nom {,ohiéi iqnc de pieds plais ^ ceux (pn ne présentent pas cette disposition. Ici une distinction très impoi tante doit être laite : tantdt il n’y a qn’ai)lalissement , tantôt il y a en même temps aplatissement et déviation dn pied, l^es i)icds simplement plats ne «ènent pas la marche, cl ne doivent pas consliliicr nn cas d’exemption du service militaire • les pieds plats et déviés sont toujours , an contraire, incompatibles avec ce sei’vicc. Si, se contentant d’examiner la plante du pied, on n’y reconnaît point de concavité , si toute la surface en est calleuse , souillée par la poussière qui s’y est attachée pendant la pression sur le sol , on déclare que l’individu est impropre au service militaire , on risque beaucoup de tomber dans l’erreur. Celte fausse appréciation est fondée sur l’opinion (pie la diflicullé de la progression dans la circonstance dont il s'agit, provient de la compression des nerfs et des autres parties molles qui se trouvent dans celle région. L’expérience contredit cette assertion. Beaucoup d’habitants de la campagne , et plus particulièrement les montagnards, ont la plante des pieds plane, sans aucune excavation, pressant le sol sur toute sa surface, et cependant ces hommes sont en général les meilleurs marcheurs; chez eux l’épiderme, uniformément épaissi, protège écalement et suffisamment toutes les parties qu’il recouvre, de même que la paume de la main , naturellement si délicate lorsqu’elle n’est point habituée au contact des corps durs, devient cependant calleuse et peu sensible dans les professions où ce contact est fréquent. Le pied plat et dévié, celui qui rend im propre h être soldat, consiste non seulement dans l’effacement de la concavité nfétieuredu pied et dans l’aplatissement de sa face supérieure, mais encore dans son inclinaison anormale ; la cheville, ou malléole interne, descend alors très bas fait saillie , l’astragale est inclinée en dedans, et l’axe de la jambe ne tombe pas exactement sur le centre du pied. 11 s’ensuit que le coté interne de chaque articulation des jambes avec les pieds est proéminent; les chevilles ou malléoles correspondantes sont exposées à s’entre-heurter douloureusement dans la marche ou à être meurtries sur un terrain inégal; les ligaments latéraux de la même région sont allongés , allaiblis , et durant les marches soutenues, celle

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