‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubritéChapitre 56 sur 58 · NACRE DE PERLE · texte numérisé non relu

NACRE DE PERLE

De l’avis de Ions les pralieieiis ([iie nous avons eonsullés, ces maladies n’aUeigiientpas tous les ouvriers qui travaillent la nacre. 11 résulte évidemment de la description que nous avons donnée des différents genres de travail, ([ue tous les ouvriers , n’étant pas égalemenUouniis aux mêmes causes, ne sauraient être également atteints. Mais parmi les scieurs ou débiteurs, les découpeurs et les émeuleurs, 'û est des individus qui contractent plus ou moins facilement ces maladies, et d’autres même qui jouissent à cet égard d’une complète immunité, immunité, du leste, en i apport avec la constitution robuste de l’ouvrier, mais qui ne l’est pas toujours avec la sobriété.

D’après nos recherches, nous pouvons affirmer que le nombre des phthisiques, chez les ouvriers nacriers , ne dépasse pas la moyenne ordinaire observée parmi les autres industries du pays. 11 est même rare de voir les bronchites chroniques, causées uniquement par la profession, dégénérer en phthisie; l’asthme est l’infirmité la plus ordinaire qui complique ces affections, et qui persiste, d’une façon très opiniâtre, longtemps même après que le malade a abandonné sa profession.

Nous croyons qu’il est possible, sinon de préserver entièrement les ouvriers de ces maladies , du moins d’atténuer sensiblement l’action directe de la poussière. Ainsi nous proposons de faire diriger des courants d’air au travers des ateliers des tourneurs et des perceurs de boutons, et de faire exécuter à l’air libre l’opération du sciage ou débitage delà nacre.

Le nombre des ouvriers travaillant dans le même atelier devra être fort restreint.

L’eau dans laquelle baignent les meules sera renouvelée chaque jour, afin que l’émeuleur n’ait pas constammentles mains mouillées par une eau croupie, et le visage plongé sans cesse dans un nuage de vai)eur humide et infecte.

Enfin, comme nous l’avons signalé plus haut dans les travaux qui s’exécutent au tour en l’air pour découper et percer les boutons, la poussière de nacre arrive en jets continus et abondants dans la ligure de l’ouvrier, ce qui cause le plus souvent des opbtbalmies et des bronchites. Ces tours seront mis en mouvement dans un sens opposé à celui qui leur est imprimé journellement, et la fraise, ou petite scie circulaire qui arme l’extrémité libre de l’arbre du tour, sera changée dans ce but quant à la direction de ses dents; et, l’ouvrier pouvant aussi bien découper le bouton en

NITUK , NlTRUillE.

l'aisiinl nmrehor l'inslruinenl <raiTiére en avimlpar 1711,1,011 il lui alors il ne rceexni ]ilns aussi ilireclement dans le visaee la noussière que ciuisf ce travail. ^

L usage de masques eu tissus de soie très Pins, recommandés et employés dans plusieurs autres indusiries analogues, serait très utile aux ouvriers nacriers.

IVAlSSABtCK. — Voy. Pocülation.

IVAVAIiE. — Voy. IIyc.iîîiNe navale.

atEXTOlKIflEAT. Voy. ASSAINISSEMENT, lioUES , IIvc.IÈNE PURLiQUE, Voirie.

KITIIE , AITKIÈKE. - L’azotate de potasse, qui porte vulgaiiement dans le commerce le nom de nitre et de salpêtre, se i-encontre tout formé dans la nature. On jieut le préjiarer direo tement, en combinant l’acide azotiijue avec la jiotasse, ou en décomposant le carbonate de potasse par le môme acide. La liqueur évaporée laisse déposer des cristaux prismatiques, qui présentent le plus souvent un aspect cannelé, parce qu’ils résultent de l’agglomération d un grand nombre d’individus cristallins.

L azotate dépotasse est un corps oxydant très énergique ; projeté sui des cliarbons, il fuse en activTint la combustion du charbon dans le voisinage du contact. On emploie fréquemment l’azotate de potasse dans les laboratoires à cause de cette propriété , pour oxyder les corps. L’azotate de potasse entre dans la composition de la poudre à canon.

Dans plusieurs contrées cbaudes, principalement dans l'Inde et en liigypte, il se forme a la surface du sol, princijialement après la saison des pluies, d abondantes efflorescences salines. On enlè\e la terre à la surface, sur une profondeui' de 77 centimètres, et on la traite par 1 eau qui dissout les sels solubles. Les eaux sont placées dans de grands bassins ou elles s’évaporent jiromptement par la chaleur solaire et laissent déposer une quantité considérable d’azotate de potasse en gros cristaux. Ce sel est versé dans le commerce sous le nom de nitre brut des Indes. Les eaux mères sont rejetéesel : les renferment beaucoup d’azotate de chaux et de magnésie, et elles pourraient encore donner une quantité considérable do nitre si on les mélangeait avec des sels de [lotasse. Le nitre se recueille encore dans certaines grottes naturelles,

NITBE, NITRIÈRE.

comme celles de nie de Ceylan, mais ce qu’il importe de connaître, c’est la production artiticielle du salpêtre, en reproduisant les circonstances qui probablement déterminent la formation de ce

sel dans la nature. La fabrication artificielle du salpêtre consiste toujours à mêler des matières animales azotées avec des carbonates, qui sont ordinairement les carbonates de cbaux et de magnésie aussi désagrégés que possible. On leur ajoute, quand cela se peut,

des carbonates alcalins. ^

Le mélange abandonné à lui-même au contact de l’air pendant

plusieurs années, détermine la formation des azotates, principalement d’azotate de chaux et de potasse que l’on transforme ensuite complètement en azotate de potasse par une addition convenable de sels de potasse. On donne à ces tas de matière le nom de nitrières artificielles. L’industrie des nitrières artificielles a été longtemps protégée, et elle a pu se soutenir, grâce aux primes qui lui étaient accordées. Mais depuis quelques années les droits d’entrée en France sur les salpêtres étrangers ayant été considérablement diminués, cette industrie a presque entièrement disparu de notre pays. On y recueille encore cependant une certaine quantité de salpêtre, en lessivant les vieux matériaux de construction, les plâtres salpêtrés, qui proviennent de la démolition des parties inférieures des vieilles maisons et surtout des etables et des ecuries.

A cause de l’abandon presque complet de cette industrie en France, nous ne ferons que mentionner brièvement les diverses causes d’insalubrité dues à l’existence des nitrières artificielles.

Ces tas de matière étaient disposés sur une aire imperméable construite en argile et recouverte d un toit. Les terres étaient aussi meubles que possible, et mêlées le plus ordinairement avec de la terre végétale et des fumiers. On arrosait de temps en temps les terres avec des eaux de fumier, des urines, et on les retournait fréquemment. On y ajoutait souvent des cendres , même des cendres lavées ou des roches potassiques altérées , telles que les roches feldspatbiques en décomposition. On donne à ces tas des formes diverses suivant les pays. Une des dispositions les plus convenables consiste à en former des murs, dont un des pans est vertical, et dont le pan opposé présente au contraire des gradins sur chacun desquels on ménage une rigole destinée à retenir les eaux avec lesquelles on arrose le tas. Le pan vertical est exposé au vent qui règne le plus ordinairement dans la contrée, ou sous l’influence duquel la vaporisation est la plus active. C’est sur ce pan que vieilli. 3^1

nüurrisseuhs.

lient se rendre lentement, par une action capillaire, les eaux .lui mouillent la masse tei'reuse, et comme révaporatiou y est très rapide, ces eaux déposent leurs matières eu dissolution, de sorte

i|ue les parois se rccouvrentpromptemcutd’elllorcscencesnitreuses.

Bien (jue les cIiiniisLes ne soient pas encore d’accord sur l’explication de la l'ormation du salpêtre naturel, il est bien probable comme on le pense, i|ue cette formation a lieu sous l'iniluence de

matières animales en décomposition, comme dans nos nitrières artificielles.

Il est facile d’admettre également qu’à cette sorte de préparation dont la durée est fort longue et qui exige une décomtiosition considérable de matières animales azotées, il pouvait être attaché des inconvénients plus ou moins considérables au point de vue de l’hygiène des ouvriers qui surveillent ces dépôts. Mais, comme nous venons de le dire , nous n’insisterons pas davantage sur la nature et les causes de ces inconvénients qui ont disparu, on peut dire en totalité, par l’abandon de cette industrie.

Bibliographie. — Cours élémentaire de chimie, par M. Régnault, partie, p. 514. — Chimie industrielle, de M. Payen , p. 255. — Travaux du conseil d’hygiène publique et de salubrité des Bouches-du-Rhône. Marseille, 1840.

IVOIR — Voy. Os.

AOIR AAOlAlilSÉ. — Voy. VoiRlES.

AOURricks. — Voy. Büre.iux de nourrices.

AOURRISSEURÜ. — Les établissements de nourrisseurs destines à 1 élève des vaches laitières, des chèvres, des ànesses, et parfois en même temps des porcs, des oiseaux de basse-cour et des lapins, quand ils existent dans des villes au-dessus de 5000 âmes, sont considérés comme établissements incommodes et rangés dans la troisième classe. Ils n’ont pas cessé d’être à Paris, notamment, 1 objet d’une surveillance assidue, qui n’est pas justifiée seulement par la raison de salubrité et de commodité du voisinage , mais qui est impérieusement commandée par un intérêt beaucoup plus considérable, l’hygiène des animaux domestiques, et par suite la bonne qualité de leurs produits alimentaires. C’est à ce titre que le Conseil de salubrité de la Seine a eu à plusieurs reprises à s’occuper des nombreuses vacheries répandues dans la ville, dans les laubourgs et dans la banlieue.

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