DICTIONNAIRE INN KO
lations secrètes avec nos frères les cardinaux, toujours nous en avons désigné quelques-uns comme ses avocats, afin qu'on produisît tout ce qu'il était possible d'imaginer pour sa iustification, et que Ton discutât la vérité à fond de part et d*auiru Sans offenser Dieu, blesser l'Eglise et noire conscience, nous ne pouvions procéder autrement que nous n'avons fait, quoique ce fût à regret et avec compassion pour le délinquaiU. Nous sommes donc prêt à souienir ce jugement avec une fermeté inébranlable, et à mourir, s'il est besoin, nous et nos frères, en combattant pour la cause de Dien . et de son Eglise. Nous pouvions ju^er un absent sur des faits de notoriété publique, de môme que Paul a puni sans citation le Corinthien absent, de même que les tribunaux séculiers procèdent contre lescriminels de haute trahison. N'y aurait-il haute trahison, lèse-majesté, qu*à se rendre criminel envers les membres de l'empereur, iiMis non envers les ecclésiastiques, ces membres du Christ? Quelle ridicule prétention, de croire (|ue lui, empereur, est au-desusde
toutes les lois et do leur application I
Hérétique lui-môme, il ose traiter injurieusement les ecclésiastiques de pharisiens!
Il fait observer malicieusement au'il n'y a plus de miracles pour donner crédit à l'Eglise, tandis que les miracles n'étaient nécessaires que pour la conversion des infidèles, et non à la fin des jours. Et cependant, aujourd'hui môme, ces signes ne manquoni pas. Ce n'est pas pour prévenir un abus eicessivement rare , mais par avarice, qu'il voudrait enlever à l'Eglise ses biens : il offre le baiser de paix, non pur amour de la paix, mais, comme un loup pour saisir sa proie et la mettre en pièces (30*2j »
Il est inutile d'insister sur ce point, d'une évidence palpable, que ce n'était point là Papauté, mais la politique impériale qui menaçait la liberté des rois, des princes ei des peuples, comme l'avance Innocent IV.
Beaucoup d'historiens sérieux le reconnaissent de nos jours : et cependant, combien fie i-encontre-t-on pas, dans ces historiens mômes, de déclamations contre l'ambition pontificale (303) I C'est là» il faut l'avouer, un (paralogisme étrange.
Vlll. Bêla, roi de Hongrie, s'était reconuu, Ton se le rappelle, vassal de Frédodéric, à la condition qu'il protégerait ce royaume, ravagé |)ar les Tartares. Nous avons vu comment Frédéric le protégea.
Or, en Tannée J2'»5, Bêla supplia le l'aju de pourvoir à ce que , dans la suite, on ne vint point à abuser de cette circonstance pour prétendre que le royaume de Hongrie est feudataire de l'empire. Innocent répondit que, la condition n'ayant pas été remplie , la cession conditionnelle était non
(502) Coilex, Epist, Vatic. n. 4947, 59. — Codei (303) Celle inconséquence doîi êire reprocliét' â
\indol)on. philog. ii. 61, fol. 70; ii. 505, fui. 83. Micliaud, dans son iii»f. des eraisade$, loin. IV,
•^ Codex Palalin. Valic. n. 953, p. GG. Apud Rau- p. G7, 0* cdit., ei au marquis de Villeneuve-Trans.,
mer, lom. IV, p. 121, et Maili. Parts, p. 4G0, dans son Hitt. de taim louii, lom. 1, p. :^ô^,
col. 1. Paris, 1839.
INN
toute ta postérité de Frédéric II il ne restait qu'un rejeton légitime, un Bis de Conrad, le jf'une Conradin,Agédedeui ans, qui était demeuré en Allemagne.
Conrad, son père» au lit de mon, fui donna pour tuteur un seigneur Allemand, nommé Bertbold, marquis de Hohenbourg, et lui recommanda de mettre le jeune prince soua la protection du Saint-Siège. Bertbold envoya donc des ambassadeurs au Pape» qui promit dft prendre la défense du pupille, mais à la charge que le Saint-Sîége entrerait en possession du royaume de Sicile Jusqu'à la majorité de Conradin.Cest ce que prouve une lettre du Pape, où il déclare à tous les fidèles vouloir conserver au jeune prince le royaume de Jérusalem, le duché deSouabe et tous les droits qu*il peut avoir sur le royaume de Sicile et autres terres. «Et nous permettons, ajoute Innocent, que tous les sujets de ce royaume, en nous prêtant leser-
au-devant
INN
Co(>érano, et
de lui jusqu*& tint la bride de son cheval jusqu'au (>ont du Gariglian. Innocent s'arrêta quelaue temps à Cnpoue, et de là se rendit à Naples.
Bientôt les partisans de Mainfroi, alarmés de l'ascendant du légat sur les populations, répétaient sans oessequece prélat agissait non en gouYerneur, mais en maître, et que le Pape ne cherchait qu'à s'approprier le royaume, et à exterminer la race de Frédéric. Dans ces circonstances, il arriva qu'un sei^çneur nommé Burel« qui avait qniiié Mainfroi pour s'attacher à Innocent, fut tué par les sens de son ancien maître et assez |)rès de lui, quoique sans son ordre, du moins, h ce que prétendit Mainfroi. Le Pape crut le contraire; et il faut avouer que si son jugement était faux, du moins il n'était pas téméraire. Mainfroi, ne se crovant pas en sûreté, s'éloigna d'Innocent, qui était cncoro à Capoue, et, par des chemins détournés, alla, le 2 novembre, .*ie jeter dans Nocéra, villu
ment de fidélité, y ajoutent: sauf le droit du
jeune Conrad (318). » Le petit-fils de Frédé- habitée par des Sarrasins qui le reçurent à
rie 11 devait-il s'attendre à tant de bienveil- bras ouverts. Il eut bientôt mis sur picMl
lance (le la part de l'Eglise 7 Ponu-on bien, une arntée nombreuse, et, le 2 décembre, il
en présence de tels faits, taxer etw ore la Papauté de haine implacable envers celle lamille?
Cependant le Pape yint à Anagni, pour mettre de {dus près ordre aux allaires du royaume. Là, il fil publier solennellemenl, le jour de l'Assomption, une monitio:! au marquis de H'bonbi^urg.è iMainfroi elaus b 1res de ItMir p.irli, d'avoir à laisser à Vii^ ^lise romaine la libre po^Sti^siou du royaume de Sicile et de ses dépenJances, leur donnant pour toui d(''lai jusqu'au 8 septembre suivant, jour do la Nativité de in sainte Vierge; faute par eux d'oiiéir, il les menaçaii d'excommunication, et de privation de toules dignités (l aulreddroits. Le terme iïié se passa sans qu'ils eussent donné satisfaction; en conséquence. Innocent déclara qu'ils avalent encouru toules ces peines, et le fit savoir à Guillaume de Hollande, par sa lettre du 12 septembre (319).
En môme temps le Pape envoya pour légat dans le royaume de Sicile le cardinal iîuillaume de Fiesque, son neveu, auquel il donna une armée et de tfès-amplespouVi>irs.
iMainfroi éiait devenu tuteur de Couratlin et réi^enl du royaume par la cession de Berihol-J. Voyant les populalions d'Apulie et de Sicile disposées à se soumellre nu Sainl-Sié^e, il no crut p.is devoirengaj^or uneluilo (|ui tût iiit'aillibtement tourné à son désavania^e. Il fil donc .savoir au Pape i|u1l était prél à le recevoir dans le royaume. Innoceni, <Je son côié. lui accorda une Bulle eiid.de du:27 ^eplembre, par laquelle il le regoil en ses bonnes grûces, cl conliriui^ les concessions que Fréaénc, son pore, lui a\raii faites de la ])rinoij)iiUlé do ïarenle elde^ comlôs deGrayina l'.t de Ticariquô. Il le fît méuie ^o\) lieutenant dan^ une ^ri'inde |)irlic du royaume.
Le Pape y fit donc son entrée. Ilainiroî vint
318) Uayiiata, ii54, n. 47.
[ôiy; Ibid., ii54, II. 52-57.
se rendit maître <le Fog^ia et de Troie, occupées par les troupes pontificale.*;.
Le lé^atse réfugia à Ariano, c*est là qu'il apprit la mort d^lnnocont IV. Ce digne cl courageux Pontife expira tranquillement è Naples le 7 décembre 125^, et lut enterré dans la cathédrale de cette ville. 11 avait occupé le Saint-Si(^ge onze ans, cinq mois et quatorze jours. Son épit»phe fut composée par Tarchevëque Imbert, surnommé le Père du droit.
On a raconté que Robert^évêque de Lincoln, mort excommunié, -et exhumé par Tordre d^lnnocent IV, lui apparut en vision le jour méinc, et le frappa rudement d*un bâton sur la tète, ce qui causa sa mort. Nous ne nou.s arrêtons pas h réfuter cette fjL>lv3 (320).
(le Pontife a laissé plusieurs ouvra^o<.
On lui doit un apparaldes Décrétâtes, des Authentiqut^sja Règle, iles religieuses de Sainie- Claire, la Vie de saint Guillaume, ôvêquc do Saint-Brieuc, et des Commentaires sur lAncien Testament. Cinq volumes manuscni^ de son Registre sont à la bibliothèque du Vatican.
Son pontificat fut illustré par une multitude de saints personnages et d^hommes éminents, dout la ()luparl font Tobjet d'articles spéciaux dnns cet ouvrage. Aux noiu^ (pie nous avons ùôjk cilés dans celle Notice hihlO(i(jue, ajoutons ceux du Bienheureiii Gilles, de Roger Bacon, d'Alexandre <le Halès, de Duns Scot, de saint Bonavenlure, de Vincent de Beauvais, d'Albert le Grami, de saint Thomas d'Aquio, de Brunetlo Laiini et de ^aint Rtchard de Chichesler. Au miiiLU des tribulations qui Taccablèreiit h celle épotjue, Tliglise fut donc consolée par de puissants génies et d*héroïques serviteurs de Dieu.
(520) Duchesiie, Hist. du Papa, Vie d*Iiino-