‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. EncyclChapitre 25 sur 57 · DE L'HIST. UN V · texte numérisé non relu

DE L'HIST. UN V

fo/)tia celte concession; et il s'est trouvé lies gens pour Pen blAmerl

Les crimes de Ferdinand et Ins vices de ton Bis soulevèrent contre eux les barons <{n rovaame, qui |irirent tous les armes en 1^. Leurs griefs n*éiaient que trop réels :

ils (levaient trouver, et ils trouvèrent en effet appui et protection iians leur suzerain. Innocent VIII. et furent appuyés par les Vénitiens et les Génois. Ferdinand obtint la paix lies insur^és en leur accordant, à eut et à lears alliés, tout ce qu'ils demandèrent.Mais î peine eurent-ils mis Ims les armes, qu'il fil saisirtous ceux qui l'avaient attaqué, coo« fisqiia leurs bien«, et fit trancher la tête à tlusieurs d'entre eux. Le Pape, également trompé, fit d'inutiles réclamations, et se vit rootraint» en 1489, d*excommunier Ferdinand. Celui-ci, pour s'en venger, essaya de taire un schisme; mai^, è bout de ressources, il se soumit en 1402. Deux ans après, ii mourut. • emportant la haine de ses sujMs, dit SisfDondi lui-même, et ne pouvant eiriter de regrets que par la comfiaraison •^u'on faisait de lui avec son fils et successeur Alphonse, qu'on haïssait davantage en- ^(335). »

Continuons ifexaminerlnnocent VIII corner Pxpe. ^ sollicitude pastorale s*élen- -itsur le inonde entier. L*an 1485, il prie )' duc des Moscovites, Jean Basile (Iwan Vi^silcwitch) lie ne point porter la guerre en LÎTonie, attendu que c^tte contrée est Jq droit a|>o$tolique, et il presse Jean, roi ^:e Danemark, de Norwége et de Suède, de ^'npposeraii prince moscovite (336). La même >nnée, dans une lettre è l'archiduc d'Au* tncbe, le Pape déclare qu^il est défendu par >(* droit d'employer Tépreuve du fer chaud •i«iis les jugements, dans lesquels il faut jroréder suivant les saints canons et les lois nupëriales (337). La même année encore, il confirma la paix entre le roi d'Ecosse et s> s sujets, et envoya un internonce à Liège l'Our y apaiser les troubles livils (338). Sur la prière des sept électeurs de l'empire ger- Mnique, ilcontîrma en 14861e choix qu'ils •«aient fait de Maximilien, Gis do Frédéric IV, pour roi des Romains. Celte même S'inée, il mit aus^^i Qn aux guerres de PAn- •:• terre, en unissant par mariage les deux L>ranches rivales des Plantagenets, ei en ex- (ommunianl ceux qui susciteraient de nou* ^«^aux troubles au sujet de la succession (339). 1- travailla avec ardeur à la conversion des Ru$bite$[voy. Hus (Jean)], et, en ikSI, il en ^•^oiicilïa un grand nombre à l'Eglise ro- '«ine. Vers le même temps, il créa l'archo- ^^•}ue de Saint-André |)rimat d'Ecosse et '--M-né du Saint-Siège en ce royaume; j)uis J établit révèque de Ri'^vel so» légat diins '- Nord, pour réconcilier le roi de Dane- ^rkavec ses barons, et prendre soin de toutes les églises «eptentrionales.

DE L'EGLISK. JNX 18S

III. Sous ce pontificat, l'Fvnngile fut porté dans la NIgritie f t le Conp;o par le« Porlngai«î (ti^OOl, et rinscriplinn attachée h la crnix du Sauveur fut retrouvée dans TKgli«e de Sninle-Croix à Rome.

Co fut Innocent V!U nm confirmi în confrérie de !a Miséricorde, insliin«^e h Rome sous le vocable de la déi^ollation d« Saint-Jean-Raptisle, et lui accorda plusieurs privilèges et indulgences. Les fonctions des confrères étaient d'assister les criminels condamnés à mort, de leur faire administrer les sacrements, de leur inspirer des sentiments salutaires dans les derniers moments de leur vie, et enfin de prendre soin de leur sépulture (340).

Le 27 septembre U90, le Pontife eut une attaque d*apoplexie qui le laissn près de S4 heures sans connaissance. Comme on le disait mort, les cardinaux pensaient k lui donner un successeur. 1^ force de son tempérament, jointe aux secours de Fart, triompha de cette attaque. Il vérnt encore deux ans, mais sans jouir d*une santé parfaite. Dans l'intervalle, il apprit )a reddition de Grenade, qui mettait fin à In domination musulmane en £spa^ne, et honora Ferdinand et Isabelle du titre de rois Catholiques.

Sentant sa fin approcher, il s'y disposa de la manière la plus édifiante, et mourut Ie25jui1let U92, h l'fl^e de soixante ans, après avoir gouverné rÈgli^e sept ans, dix mois et vingt-sept jours.

Un auteur italien (341) raconte sérieusement ce qu'on va lire. nan<{ sa dernière maladie, Innocent VIII se laissa persuader [)8r un médecin juif do teater le remède de la transfusion du sang, souvent proposé par des charlatans , mais qu'on n'avait jusqu'alors jamais éprouvé que sur des animaux. Trois jeunes garçons, âgés de dix ans, furent successivement, moyennant une récompense donnée h leurs parents, soumis è r^ppareil qui devait faire passer le sang de leurs veines dans celles du vieillard, et le remplacer par le sien. Tous trois moururent dès le commencement de l'opération, probablement par l'introduction de quelque bulle d'air dans leurs veines, et le médecin juif prit la fuite, plutôt que de s'essayer sur de nouvelles viciiuies.

Admirons aussi la bonhomie de Sismondi, qui admet, sans sourciller, de pareilles anecdotes, d'après une autorité si peu respectable. C'est encore dans le même auteur qu'il a été chercher que « le Pape ou ses minisires vendaient aux scélérats des bulles de rémission, par lesquelles leurs offenses, et celles d'un nombre déterminé de leurs complices, étaient abolies; » et plusieurs autres accusations dont il a chargé la mémoire d'Innocent VIII.

Il faut convenir cependant que ce Pon-

t^35) Biographie univ.

(556) Raynahl, 1485, n. IG.

l'fVI) Uid., II. îO.

^C8) i(ftf., u. 47 et 51.

(ôZ9) Ibîd., U86, n. 4%, 45 et4G.

(540) Buthirîuni.

(511) Stcfaiio liiftissura.

INN

DE i;niST. UNiv, DE i;egltse.

LVN

tormin^r 111*601699, sous le pontificAt d'In-

Ce nesi pas lonl encore, l/onhevûqno ^ieolpur de Cologne élant mort» les voix du ciiaf litre se pariagèrenl entre le cardinal d<j Furslrtinber^ évô.]«o <le Slr.isbonrg, crd.ilurede la France, et le jeune prinre Clément do Bavière, évèqne de Ralisbonne.

r^Antdeson droit, le Pape se déclara pour i-e dernier; et qu'on se garde bien de croire i|u*InnocenlXi,en celte occa!»ion, a^it sous ruilluence d'une mesquine passion politique. CeiHïndant, aveuglé par l'orgueil, bitiis XIV adressa au Pape et aux cardinaux un manifeste, h la fin duquel il dédalait que , pour obtenir ta justice qui lui éinit due. il se nieltait en possession de la ville «i'AO(^nori, qu'il était résolu à maintenir les «jroilset In liberté du chapitre de Cologne, (irerail passer des troupes en Italie pour (thlenir le respect qui lui était dû.

9 Ce manifeste, continue Sismondi , élaîl ùB\â de Versailles du 6 septembre 1688. En cêice temps le procureur général avait in- (♦•rjeté appel au concile universe! de ce que <e Papo pourrait Taire au préjudice des droits «îoroi et *le sa couronne. De son côté, l'arthPTêque de Paris avait assemblé les évé- 71CS qui so trouvaient dans la capitale, les liirés, les chefs des chapitres et des commur.;)ulés, et il les avait harangués pour justifier aronduilo ilu çouvernenient envers la cour îeKorae. 1/Universiié de Paris avait égaleruent interjeté appel au conciln universel ; mut le clergé de France semblait prendre i«irt avec un même zèle h la lutte contre le Chef de l'Eglise, lémoignanl encore bien :> us la servilité et la crainte du roi que son nj.lî'pendanee. Le 7 octobre, les troupes 'r.in^aises s'emparèrent ilu comlat d'Avi- ;;nou, sans y éprouver de résistance : en ii:4in6 ieosiis le dauphin partait h la tête l'une armée de vingt-cinq mille^ hommes, {Ouraliaquer Phili|>sbourg sans déclaration «Je î;uerre (350). »

(>n*est pas ^eu1ement dans la qtiestion ♦'.•*^ franchises et dans celle de TéliMilorat de Olngiie, que Louis XIV jona nn rô e indir.'ieue celui qui se disait le Fils aîné de VE^ ...i-f, et qui s appelait le roi Très -Chrétien, s cesalTaires se joignit celle du droit de ré- 'i^'% que le roi de France, contre toute rai- >»n et toute justice, voulait s arroger sur l'mles les églises de son royaume. — Yoy, I rdrtirle Régale (Alfaire de ta), l'historique «<Vs débals soulevés par cette prétention ^•\(ale,qui faillit entraîner la France dans e sthisnie. — Disonis seulement fci que, .ar bonheur pour I Eglise, Innocent XI était

(3501 ihêi. des répwbL iuU.^ iliîtl.

û5t) II. ëeCarite, d^tm son ccrii inlinilé : La ^ Uii^ut de Louiê Xi V dam let a f aires religieuses^ 'CMiiie ainsi b comluiie de eu prince à l'egaul 4 limoofBi XI : c 11 ( Louis XIV ) no unla pas à «lABsrr aa Saint- S.ége lespliM vives afiprëlieiisioas finir rioUéponaaiice d« Iftorofie ei plus spcciat<i- M m poar les ilroas Uc r£glis<*. Alciandre VII re- '.Ql le pi entier choc de ceuo ;dnèfe vuloiilé quU ne tM)€Outr.«iit aocuiic réaislance à s<*8 côtés* euieu-

TicnoN^. DK L lliST. usiv. DE l'Kcusk. V,

à la hauteur dn^ difliculté^, et que, dans* cette question qui rapnelaii, sous une autre forme, les anciennes luttes du sacorduce et de IVmpire, il se n:ontr.i le digne successeur des Grégoire Vil et des Innocent III. Toujours ferme, toujours «di irable, nous vojons notre Pomife lutter avec loule l'énergie de sa conscience contre le despote (351) qui tendait à diviniser la royauté et devant qui tremblait l'Europe eniière, et flétrir celte fameuse déclaration de 1682, arrachée par la peur à des évoques courtisans. { Voy. les art, Bossuet et Galliga- »isiiB [352j).

III. Au plus fort de ses démêlés avec Innocent XI, Louis XIV, qui ne s*«}n prétendait pcs moins le roi catholique i)nr eici 1lence, révoqua Tédit de Nantes, qui accordait aux protestants le libre exercice de leur cu'ie. De plus, il ne se contenta pas de faire nrôcher i^ar des missionnaires la foi catholique aux popu'ations dissidentes do î»on royaume. Poussé par Timpitoyable Louvois, et aussi |)ar ses tcndanc^es à l'absolutisme, qui lui faisaient ambitionner la domitiaiion sur les consciences comme sur les corps, il envoya sur les pas des prédicateurs des compagnies de dragons pour hâter les conviT.-!»ions, et imposer la foi par la force des armes. Nous n'avons pas à retracer ici l'histoire des Dragonades 9 histoire enjolivée en plus d'un point par les protestants. Constatons seulement un fait h la louange if Innocent XI. Il so déclara hautement contre les violences ordonnées par Louis XIV; le témoignage du protestant Sismondi, que nous avons rapporté plus haut, met ce point hors de doute : 4 Jésus-Christ, disait le Pontife, ne s'est pas servi de celte méthode ; il faut conduire les hommes dans le teniple, et non pas les y traîner. »

Ajoutons aussi, pour l'honneur du clergé français de celte époque, que ses plus illustres représentants se montrèrent toiil aussi opposés que le Saint-Père aux |)rédications à main armée. Fléchier, au milieu dos horreurs commises par les Camisards des Cévennes, re*ies de vaudois et de protestants qui résistaient par les armes , intercéda auprès du roi en faveur de cette portion rebelle do son troupeau. iMascaron, transféré du siège de Tulle sur celui d'Agen, gagna plusieurs milliers de protestants à la foi catholique par sa mansuétude et son zèle éclairé. Fénelon surtout, dans le Poitou, assisté (tu Fleury, raumna dans lie sein de l'Eglise, par le charme de sa parole et la douceur de son caractère, des multitudes de paysans calvinistes. Bossuei, tout en irouvaiu juste que

d^il nVn permMire ancone an ileliors. La simniio» ileni*'nra ta inèine aous les coiirto poiUi lit-Mu de Cléineul IX et de Clëinenl X. Bientôt npi es, lecanUn«l tM«sealcliK poné <le força snr le iréue comme eu condamné sur t'écli.irMii.l, commença, aous le imnh (l*lniioceni X|, le poBltûctt que les nieiMçanie» iujenciions il*UQ prince c:illioliq'ie transtorniéreni en «n \ott\li in;iriyre...i (Le correMpoudant^ Nouv. ^ér., lom II, 1x5a, on lom. XXXYlll de la coll. p. 772.) (3Si) Voy, âussi noire Diècaurê ptélimimirct eu

191 IXN

Lorraine, son ambition

INN

iOO

setrouvail cruel lemenl d<*çuo.

La puissance des Turcs fut à jamais anéantie grâce h In valeiir du roi de Pologne et de Charles de Lorraine, ajoutons, grâce à Innocent XI, qui fut Tâme de cette nouveîle croisade. Aussi le Pontife eul-il part à la reconnaissance des peuples. Les Romains attribuèrent la délivrance de Vienne et les i)rillantes victoircsdont elle fut suivie, aux larmes et aux prières du Pape, aussi bien qu*à l'héroïque valeur du monarque polonais et des braves soldats. Innocent Xi et Sobieski rapitelaient saint Pie Y et don Juan d'Autriche,

V. Les succès dont nous venons de dire un mot furent à peu près les seules conso* laiionsdu saint Pomife, dont le cœur était abreuvé d'amen urne par plus d'un prince chrétien.

Mais, malgré tous ces chagrins. Innocent continuait à travailler avec ardeur h la réforme des abus. Il réiablit la discipline ecclésiastique fortement relâchée à Home, malgré les efforts des Pontifes précédents: il promulguai des ordonnances très-sévères contre le luxe Gt les vêtements immodestes des dames romaines» auxquelles il défendit ro<^toe d'apprendre la musique, à cause du caractère corrupteur de la musique contempo* raine. Si c«s derniers actes nous paraissent bizarres, et répugnent h l'idée que imhis avons sur les limites des droits du gouvernement, n'oublions pas qu'ils émanent d'un Pontife, lequel a droit à régner sur les consciences, et voyoos-y une preuve de sa sollicitude pour la pureté des moeurs. Innocent se prononça encore éner^iquemeat dans une Bulle contre la mauvaise habitude, en vigueur h cette époqiie,. de remplir les sermons de fables et de subtilités sophistiques, au lieu de prêcher simplement la parole de Dieu.

En 1679, il condamna soixanle-uinq propositions de morale relâchée, que Us Jansénistes avaient rassemblées de toutes parts, et qu'ils attribuaient aux Jésuites.

Plus ti'rd, il soutint la fermeté de deux évoques jansénistes (359) persécutés par la cour è cause de l'alfaire de la Régale. Ces actes, et peut-êirre quelques autres moins importants, ont mérité à Innocent XI les éloges étudiés des jansénistes, d'autant plus que les circonstancestnelui donnèrent aucun lieu de publier quelque Constitution contre eux. Les magistrats de Louis XIV, nous l'avons vu, ne craignirent point de le représenter eux-nièmes comme un protecteur de la secte; mais tous ces jugements, inspirés fiar la passion, ne soutiennent pas l'examen. Innocent n'afait que ce qui était juste, et il n*estpoint responsable des feiusses inductions ({u'ont pu en tirer les homn:es de parti (360). li cooUaiuna aussi plusieurs prupositious

extraites des ouvrages de Molinos, prêtre espagnol, dont les maxiu)es allaient eni^endror le Quiélismt.

Accablé de travaux ei de vieillesse, Inno- C(;nt vit avec calme la mort s'approcher.

Après avoir reçu le saint Viatique avec los sentiments do la plus tendre dé vdtion J 1 (it appeler don Livio, son neveu, auquel il donna sa bén<?diction. 11 lui recommanda .le se reiirer dans ses terres, et de ne point si» ntôler dans les intrigues qui pourraient «-igiter le conclave . Il Qt ensuite présenter aux cardinaux ses excuses de ce qu'il ne le< faisait pas venir dans sa chambre, selon in coutume. Il voulut que tous les généraux et quelques religieux de chacun des Onirps lui donnassent leur bénédiction , et fu^oi i présents à sa mort ,qui arriva le 12 août 1Ô8-). Il était âgé de soixante dix -huit ans et avait occupé la Chaire de sai n t Pierre peiuiant douze ans, dix mois et neuf jours.

On s'exf)lique, sans les justifier, que !>' ancoup d'historiens français se soient niontrin rigoureux à l'égard de ce Pontife, qnel(]'ie!:uns m^me injustes. Certains écrivaii)> de la Compagnie de Jésus ont eu le même tort, parce qu'innocent Xi s'est montré st^vère pour quelques membres de leur Ordre: lani il est difficile aux hommes les plusca'nus et les plus pieux même de dépouiller entièrement les préjugés de nation, de fâmil! \ de corporation : idola lribu$^ comme Uisa t Bâcou I

Mais le peuple romain, témoin des vciliiv dHnnocent XI, se pressa autour de son corps, et se partagea ses vêtements comme des (< liques. Philippe V, roi d*£spagne, deaiati li sa canonisation è Clément XI : digno ré(\v ration des cruelles et audacieuses injusiicov dont son aieul, Louis XIV, s'était renini coupable envers ce grand Pape. (.I^nunt Xi couimrnça cifectivement le procès . (Vie^ meut Xli et Benoit XIV y travdii.èrei;| avec Z'Me ; mais, depuis lors, cette can>e e>l restée suspendue (361). Espérons qu'un jo;i{ l'Eglise mettra sur ses au tels ce Pontife uoni les vertus Tout tant édifiée I I

INNOCENT XII, Pape. ~ Entre Inii | cent XI et Innocent XJl nous trouvons ul Pape, recommaodable d'ailieur« pnr ol grandes qualités, Alexandre VIII [voy . c-| article) » qui ressuscita le népotisme , (\\i l'on croyait anéanti à jamais par les Con^>t tutlons de ses prédécesseurs («oy» en panl culier l'art. Ihiivogbnt XI, d. i). Cette cil constance prolongea pendant plusieurs nio| le conclave qui suivit sa mort« Lescanliuail résolureat de mettre On à cet abus, qi était une occasion de scandale, et plusiei i même de ceux uui avaient refusé de soui crire à la Bulle d'Innocent Xi, sa déelariTe| disposés è ne point élire de Pape, jus(]u'a i que le Sacré-Collégo eût consenti a ta su tirossion du népotisme. Cette sup])iessil

> (559) Racint*. Abrégé de t'Hitl. ee^Jéâtaitique ^ Voiii. X. p. 3*28.

(5G0) D\\vr:gy, Mémoireê, an. 1679-1087, pour le 3* réiuiiiioire de Tavocal général Taiuii, d'Ar-

f^finiré^ CitUeciio /«tfidomm , loin. Ilf, p.ir*. n, 3^7; RfcnêUhitt. du BuUu, elc, p. 4^8.

(3ûl) SiliFoeck, UiêL eeciés, depuiê la Rcforil loin. VI, p. 335 et scqq.

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sénat, et Ton voit par la réponse de saint Ambro'se (Voy. son article, n. XII, tom. I, col. 937) que la plus grande partie des sena'eurs étaient païens. Les temples rouverts par Julien n'avaient pas été fermés, et Dialgré les édits de Th^odose et d*llonoriijs, les païens continuaient d'y offrir des sacrifices.

D'après une description de Rnme, qui fut rédigée sous Honorius et Valentinien, et qui a pour but de faire c^mnatire i'élat de cette ville après le passage des Goths (390), on compte plus de cinquante temples ou lieux consacrés, el près de trois cents édicules. Ces édicules étaient dédiés aux Lares compitales, et d'aprè< le témoignage de Pudence, avant l'invasion des Barbares, on rencontrait par milliers dans Rome les images de ces génies protecteurs, de ces Lares familiers qu'il appelle dans sou langage poétique fumosa avorum numina. Saint Jé« rdme rapporte également que les Romains entretenaient pendant la nuit des cierges et des flambeaux allumés devant les statues des dieux lutélaires placées sous le vestibule de leurs maisons. On conçoit que saint Ambroise n'ait pas craint de dire que dans cette ville superbe tout était infecté parla fumée des sacrifices imnurs et qu'on y voyait de tous côtés des simulacres impies provoquant la colère céleste (391).

Tel était Télat du polythéisme è Rome, rnalçré les progrès incontestables du Christianisme. Mais si le paganisme y conservait encore une certaine puissance; s*il avait encore beaucoup de partisans, il n'en est pas moins certain, qu'au fond et aux yeux des hommes éclairés et qui savaient comprendre Tavenir, il était fr«'if>pé è mort, ainsi que nous l'avons remarqué ailleurs {Voy^ l'article Ambboise [Saint], tom. I, col. 938). Le paganisme ne devait pas disparaître tout d'un coup, et l'on voit assez combien fut vive et per5évérante la résistance; mais ce n'était plus, après tout, qu'une question de temps; le (çerme qui devait le supplanter avait grandi considérablement, et le culte di's faux dieux ne pouvait plus tarder à disparaître. — Voy. l'article Paganisme (Oes« triiction du.)

Les provinces n'avaient pas les mêmes motifs que Rome de rester obstinément attachées à la superstition ; néanmoins le cuite ancien exerçait encore dans tout l'Occident une grande influence. L'Elrurie avait conservé ses devins et ses augures. Castor et Pollux, qui avaient un temple dans l'ile sacrée près de Rome, continuaient d'y rerevoir des hommages nombreux et empressés.

On adorait Junon h Laurentum, et Saturne comptait une foule d'adorateurs dans l'Italie septentrionale, malgré l'action civilisatrice

rEgthe,\0M.\l\%^9, p. 581.

(590) Celte description iiiM niée: Deêcriptio urbii Homœ quœ aliqvando deiolata nune gtoriotior oiûêimo imperalori reitauraia, a é e ajuutce par le P. Labbe à i*é liiioii ipiNl a Joimëe de la NoiUia digni^ latum iiuperii, en 1661.

(5UI) H. rabt)é Drioui, /. c, p. 582.

de Milan, -|ui était devenue une des premières villes de l'empire. Il fallait évangéliser le ïyrol dont les montagnes n'éiai*î4ii peu. plées que de païens. Le culte d'Osiris Hh'm presque le seul connu dans l'Ile d'Elbe; Hercule était adoré en Sardai^^ne , ei la Corse était encore tout entière idolâtrp.

Saint Martin stimulait en Gaule l'ardcMir des missionnaires qui se dévouaient au snlut des peuplades qui couvraient le nord de cette province, et qui étaient toutes paî^nnes. En Afrique, l'ancien culte était fortement ébranlé par les efforts des hommes distingués qui avaient paru à la tête do cette Eglise, mais il était loin d'être détruit, comme nous le voyons par les décrets des conciles de Carihage et par les écrits de saint Augustin, qui ne cesse de s'élever contre l'idolAtrie.

II. Quand les Barbares se précipitèrent sur l'empire romain , il était è craindre qu'ils ne servissent è raviver le polythéisme et à détruire la civilisation chrétiennes oui, pour être en progrès, n'était pas compiiMement affermie. Leur religion n'était pas absolument la même que celle des Romains, mais il y avait tant d*anaio;^ie entre tou» les cultes idûlâtriques , que Tacite avait pu, sans faire une trop grande violence aui attributs principaux des tnds grandes divinités de la Germanie, leur donner les noms de Mercure, Hercule et Mars. Au-dessous de ces trois grands dieux, la mythologie de ces hommes du Nord admettait des dieux subalternes dans lesquels les auteurs latins ont cru reconnaître Saturne, Castor et Pollux, et d'autres personnages secondaires de TOlympe latin. Les dieux des Germaitis comme ceux du Car)itole prenaient di a formes humaines, on leur supposait dos mères, des femmes et des sœurs; ils allaient à la guerre, se montraient parfois sur terre, et les poëies décrivaient en eux l'idéal de la force ou de la beauté. Il semblait donc tout naturel que cette mythologie s'alliât avec la mythologie de l'ancienne Rome (392), et que le paganisme trouvât parmi ces Barbares an appui pour l'aider à triompher dans la lutte qu'il soutenait depuis trois siècles contre le Christianisme.

D'un autre cAté ces peuples barbares, qui ne connaissaient que la chasse et la guerre, ne semblaient guère préparés à la doctrine du Christianisme, qui est toute de modération et de paix. Ses dogmes paraissaient trop élevés pour des intelligences aussi incultes, sa morale trop parfaite pour leurs mœurs, et son culte trop spirituel el trop céh^sld en quelque sorte pour leur esjini <)ui s'était toujours arrêté aux choses maicriellos; mais par un effet merveilleux de Tactiuii de la Providence, qui, comme nous

(393) D'auiani piuti que Rome païenne cbercbaif, pour doiuiner le monde, è s'assimiler touies les divinités des uallons, voulaiil réaliser l'uttilé leligieuse comme etle avait réalisé VunUé potidffne. Mais là devait s*arréter sa ptiissanee. Voif* nuue Pré[ace en léie du vol. 111% n. III, coL IL

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DE i;iIlST. U.^IV. Dû rEtaLÏSB.

lîVQ

a^nir, et il nViil on eiïel aucune |»arl h TélAi'iii.ssenient de riiiquisilion (43G). « li esl (lairemeDtdéomnlré, dit un bislorion (^37), que ce saint religieux n'of>posa jamais aui iiéréli(|ues d*au(res ariucs que rinslruction, la patience et la prière. » Qu'on trouve doue ia Hgure et le caractère d*unfiiii;;ueux inqui- Mtetir dans le portrait que rhistorien Hur* t(*r, atant &a conversion, fait de saint Dominiquedans son Wêioiredu Pape InnocenUli.

Ailleurs le même historien dit encore en )iaili"t do Dominique : « Ce saint avait nne (ontersalion édiGautet quelle que fût la personne arec qui il s'entretenait. Il puisait son éloquence vive et entraînante dans le livre de la charité ; H floonlrail la rIus i;rande douceur en reprenant ses frères ^rés. Encore adolescent» il entendit une femme se plaindre k côté de lui de ce que son frère était tombé entre les mains des Sarrasins, et aussitôt il forma le projet d'aller se vendre lui*mème pour payer la rançon de cet iBConnu (438). »

Les Adversaires do TEglise s*en prennent (ficore è Innocent III, qu'ils nous donnent lossl comme auteur et fauteur de rinquisiilM. Sans doute, ne Poniffe eut moins que tfinl Dominique le sentiment de remploi ««s moyens miséricordieui , il rerourut m voif's de la risueur ; mais on ne peut piv sans mentir èVhistoire, le considérer comme fondateur de rinquisition; et quant ireqoi ist de son esprit plus rigoureux, f»!us porté h l'emploi des moyens sévères , encore faut-il pour le compri»ndre et le juger se reporter aux temps où il vivait, et non Tenirevoir k travers nos idées d'aujourd'hui.

A cet égard, nous renverrons an\ paroles Je son historien prolestant. Pour explii|uer, Hn>m pistifier Innocent III des aUnrincs lanrécs contre lui à «ause des ordonnances <iu*tl rrndft conjnlntenientavecie quatrième cr.rifilc de Lalran de l'an 1215 » onlre les hérétiques, Qurter nous fait ainsi connaître le* motifs qui porlfert»nt ta Papauté à pron- Jre de pareilles mesures : « L'idi'^e d'un ro>.iume de Dieu, dit-il (<^39), réalisé ou 'îeVanlêire réalisé sur la terre, était, clans ce iurU\ rin<piration vivante et vivilianlo de 1» Papauté, inspiration plus ou moins nclitenient exécutée, mais jamais eniièremenl B^vMipie. Plein de celte idée, le Chef de l'Egl•^e reconsidère comme le représentant vi- .«iLio du Dieu invisible. La doctrine* de la f'), telle qtrelleaélé établie p;)r rKgiise, essaqualité d'organe du S<iini-Espi-it, était ^«es jeux une révélation de la volonté di- Yioc, obligatoire pour tous, un précepte de vie lionne sans distinction à tous les bomtDes, par le Souverain suprême du ciel et de

la terre. Toute déviation de ce précepte était regardée comme une opposition h cette volonté; vouloir la maîtriser, c'était un crime impardonnable. Aussi toute erreur reconnue et maintenue, apparaissait comme utte résistance impie de rhomit^e contre Dieu, de l'être mortel contre l'Eternel, du serviteur conire le mattre, de la créature contre le Créateur. Si la punition frappe celui qui désobéit è l'ordre temporel,, elle doit frapper fdus sérieusement encore celui qui, par une déviation connue ou obstinée de la foi, s'oppose h la volonté de Dieu, car \a révolte contre le Souverain éternel est plus coup;»ble que celle contre le souverain temporel.» — Vay. nos articles Inrocbnt III, n* XXII, et Latran (xii* Concile général tenu è).

III. Mais, hâtons-nous de le dire aussi, l'Eglise, même lorsque les inquisiteurs, à cause de la dureté des cœurs, avaient h sévir, apportait tous les adoucissements possibles eu égard am temps et aux circonstances. Les inquisiteurs recevaient des ordres formels pour procéder avec mesure et avec une prudente lenteur contre les hérétiques.

Fleury, dont le témoignage a uîen in sa valeur, s'exprime ainri à ce sujet (hhO) :

9 En arrivant dans un pays, les inquisiteurs devaient rassembler le clergé et les peuples, exhiber devant eux leurs pouvoirs, et ensuite ordonner h tous ceux qui se sentaient coupables du crime d'hérésie, de venir devant eux avouer leurs fautes. Ils leur assignaient pour cet aveu un temps déterminé,.

qu*on appelait le temps de grâce. S'ils se présentaient d'eux-mêmes et s'ils déclaraient, avec des témoignages de repentir, la vérité, ils étaient exempts de toute peine. » Quand quelque liéréiique refusait obstinément de rétracter ses erreurs, c'était seulement alors qne les inquisiteurs pouvaient procéder è son jugement. Mais ils devaient prendre les précautions les plus minutieuses pour ne pas s'exposer à condamner un innocent. Or, qui avait prescrit ces mesures, sinon l'Eglise elle-même?

AQn de ne pas exciter les haines, les in-

auisiteurs devaient tenir secrets les noms es témoins. Si, pourtant, l'accusé prétendait avoir des ennemis, ils étaient obliges de lui demander oui ils étaient, de s'informer du moiifde la naine qu*ils lui portaient, aQn de prononcer ensuite par eux-mêmes sur la valeur des dépositions qu'ils avaient reçues. Ils ne devaient condamner personne, sinon d'après des preuves claires et irréfragables ;« car, ajoute le concile de Béziers, mieux vaut laisser uo crime impttui que do condamner un innocent. »

Ceux des Papes qui, comme Ta dit Hur-

(tô^ Vahhé Drioui. dans sa Ilépnnse à M. Ho- niœurs de rKglise au moyen âge, 5 vol. in-t^ 1843,

^»t iioujoH , ministre ùu tainî tltangiie, iii-S'', tom. III, p. 76.

ISn a59; Hiitoirê du Pape Innoceni ///, tom. IN ,

Ur»7) Cours dlà*i. et'cfé*, à fusniie des sémin.^ p. 559,

f" i»i sH\K de séiniii., 3 \o\. ui»', t85i, Grenoble, (440) Hiit, ecclh,^ liv. lxxxu, tom. XYll, p. 242»

»""• H, P. 551. édit. in- 4*.

•A< Uuilcr, TaLlcau dt:i iaslilulioni ci d<:s

S35 INQ

1er, ne voyaient dans flnquisilion qu'un moyen de proléger le règne de Dieu et d'accrotire la prospérité de TEglise, ne manquèrent pas eux mêmes d'enjoindre aussi aux inquisiteurs de s'eflorcor de converlir les héréti(]ues, d*absoudre ceux qui revenaient à Tunité, et de ne condamner que ceux qui s'obstinaient dans leurs erreurs, les contumaces (U1) Pour diminuer auîanl que possible le nombre des accusés, ils engageaient les mômes inquisiliurs è communiquer aux autres, par la pr(^dication, leur zèle nour la vraie foi, ouvraient le trésor des indulgences en faveur de ceux qui assistaient è leurs sermons, et leur donnaient plein pouvoir de délivrer des liens de l'excommunication et de toute censure les coupables qiM se décidaient è prendre la croix.

La force n'était donc pas absolument Tarme favorite des inquisiteurs. Ils devaient prêcher et employer d'abord le langage de la. persuasion {tour ramener ceux qui s'égaraient. LVxIl, la conflscation des biens et la prison étaient les seules peines que les inquisiteurs dussent appliquer h ceux qu'ils avaient convaincus. Encore le concile de Béziers, fidèle aux ordres qu'il avait reçus du Saint-Siégo, voulaii-il que les prisonniers eussent des cellules à part, afin qu'ils ne pussent se pervertir réciproquement. On devait avoir soin de leur sauté dans les cachots, et ne rien leur refuser des choses nécessaires h la vie. Ils étaient libres dans leurs rapports avec leurs femmes; on commuait leur peine en une autre quand leur détention meUait en péril les jours de leurs enfants vi de leurs |iarents, ou bien pour d'autres causes graves.

Du reste, nous pouvons défier qui que ce soit de trouver une seule Bulle où se lise un décret de mort pour cause d'hérésie.

« L'Eglise, dit Pascal, l'Eglise, cette chaste Epouse du Fils de Dieu, qui,è l'imitation do son Epoux, sait bien répandre son sang pour les autres, mais non pas répandre pour elle celui des autres, a pour le meurtre une horreur toute particulière, et proportionnée aux lumières particulières que Dieu lui a communiquées. Elle considère les hommes, non-seulement comme hommes, mais comme images du Dieu qu'elle adore.

Elle a, pour chacun d'oux, un saint respect qui les lui rend tous vénérable*^, comme rachetés d'un prix infini, pour être faits les temples du Dieu vivant. Et ainsi elle croit que la mort d'un homme que l'on tue... n'est pas seulement un homicide, mai:» un sacrilège qui la prive d'un de ses membres; puisque, soit qu'il soit fidèle, soit qu'il ne le soit pas, elle le considère toujours, ou comme étant l'un de ses enfants, ou comme étant capable de l'être... (En un mot), elle abhorre tellement le sang, qu'elle juKe inca-

(441) Vid. I?ii//flrtiim mu. itéO; et les Bulles ment IV.

Romanum, Alexander /K, dlnnocent lY ei de Clé-

(i4î) P.18C11I, Uurei vrovincialet , lettre U*. — A ceux qui poiirmieitt sétoniier de voir une citaiioii de c« livre, uuus deuianduns la permission U<$

DICTIONNAIHE INQ U

pable du ministère Je ses autels ceux qui auraient assisté à un arrêt de mort prononcé contre un criminel parsesjuges légitimesfU^).»

Aussi n'est-ce pas l'Eglise qui demanda jamais ou décerna la première la peine (ic mort contre les dissidents. Voilà un fa t positif. On pourrait, en un certain sen^ faire remonter au iv* siècle rétablisseroenlde l'Inquisition, Constantin, il est vrai, se contentait de bannir les hérétiques; mais Constance et Valens, arien<i, décrétèrent la peine de mort. Les Catholiques ne firent que maintenir cette législation, mais ils ne furent pas unanimes. De graves autorités s'élevèrent dans le clergé, trouvant la loi arienne trop rigoureuse. Le principe resta en dehors de ces débats. Toujours est-il qne les souverains seuls ont condamné des hc^ rétiques è mort, et si l'Eglise les a approuvés, il faut observer, avec le judicieux Bergier, que, partout où lEglise a pu exercer son influence plus immédiate et plus profonde, elle a du moins modéré et atténué autant qu'elle a pu la rigueur de ces condamnations. Ce qu'il y a de certain, d'ailleurs, c'est qu'il n'est pas sorti du Iribuncil de l'Inauisition romaine une seule condaiLnation a mort.

On a fait et l'on fait encore grand bruit de la condamnation de(ialilée. Elle appartieiit, dit on, au passé de l'Eglise, et Ton s est prévalu de cette affaire pour déverser sur elle des flots de récriminations. Mais on ne vpui pas faire attention que Galilée, (quoiqu'il ait eu tort dans la forme, n'a été m chargé <ie chaînes, ni jeté dan^ un noir cachot. Ensuite, et c'est là surtout ce (]ui importe, on ne réfléchit pas que le Saint-OflSce qui i'a condamné, n'est, en définitive, qu'un trilmnal jouissant sans doute d'une grande autorité, ma'S sans posséder celle de l'Eglise c'est-à-dire ne pouvant avoir aucune prétention è rinfaillibilité (U3}. L'Inquisition, comme institution, dit-on encore, app.otient au passé de l'Eglise oui Va maintenue, protégée pendant des siècles. Mais qui donc Ignore que c'est surtout h la demande expresse des rois (4H), comme nous le démontrerons tout à riieure, et que, pour elle, sa p»rt se bornait è maintenir intacte la vérité? Après cela, qui ne conviendra. ^ moins d'une flagrante partialité, que l'Egli'^* ne peut répondre, en aucune façon, de chaque acte de cette magistrature, de chn jue jugement rendu par elle sur les millier> de procès qu'elle a vidés durant un si )on^ laps de temps?

IV. Ainsi que nous l'avons dit, aulrefo's l'hérésie était considérée et punie coinine un crime, non pas seulement religieux.

mais encore social et politique; elle avait, en etfet, essentiellement ce caractère. On appliqua donc à toutes les hérésies, snn>

dire : Pourquoi ne pas prendre le bien par'oni v\\ il se trouve? Eprouve* (oui, dit saint P:iul, reieni ee qui esi bon.

U45) V"y. l*»rttcle Pbocès de Galilée.

(444) Voy. rartii'leALB\ANDR£ lV,Pape, u. XM'* touu I, col. 7âi.

INO

DE L*HIST. UNIV. DE L'EGLISE

INS

ses mauTaises opinions et son immoralité ; l'autre pour ses attaques contre la prédestinalion. Genttlis fut condamné à mort pour hérésie tolanlaire^ et Serret brûlé vif pour un livre contre la Trinité. Cobbett, parlant des membres de rinqiiisition établie par la bonne reine Elisabeth, les appelle « des;monstrès altérés de sang qui disposaient comme ils Tentendaient des biens et de la vie des Accusés (475) ; » et après avoir démoniré ce qu'il avance par les faits et les mémoires les plus incontestables, il termine par cette phrase assurément trop violente dans les tenues, mais qui est vraie historiquement :

é Vils réformateurs, hypocrites pillards qui 5e vantaient d*avoir délivré le peuple de l'esclavage du Pape, mai» quMls avaient bien sans aucune ration délivré réellement de ia liberté, de la charité et de Thospi- Uiité(^76). »

Mais cest assez. Nous avons touché ailleurs celte question de rin(]uisition (M?}, el Dons croyons avoir suffisamment établi ici cette double vérité : Ce ne sont point les Papes qui ont inventé, institué Tlnqui* siiion ; ce sont les rois qui en sont les pères fi les créateurs. Les Papes» les évoques, l'Eglise enfin ne leur ont prêté leur concours que pour exercer un râle modérateur, en un mol, ponr éviter un plus grand mal.

Tout ceci résulte clairement des faits de l'histoire interrogés sans parti pris et sans i>assion. Quiconque veut étudier Thistoire a fond (i'TS), reconnaîtra avec nous que ce fui pour modénr les princes, pour les sur* veiller, les rappeler k des sentiments d'humanité que l'Eglise se mêla à ces luttes qui ne furent certainement pas toujours exemptes de graves reproches. D'ailleurs, lt*s dures nécessités du temps, l'organisation sociale, les mœurs et les usages du moyen âge, l'alliance plus étroite de l'ordre éternel avec le pouvoir purement tem|)orel, lout cela explic^uerait et iustifierait au be* soin l'intervention de l'Eglise, si cette intervention n'avait pas été pacificatrice. Uome, de Taveu de beaucoup dQ libres penseurs d'aujoard*hai et des protestants les plus éclairés, n'a tia»;créé rinquisitictn , mais elle l'a restreinte, mitigée, adoucie autant qu'elle a pu ; elle a traité les hérétiques comme des enfonts égarés, et n'a consenti qu'en pleurant i les Toir condamner par le pouvoir temporel. R.ime n'a légitimé aucun eicès; cest elle toujours qui ramène par l'amour et la

persuasion les esprits è la soumission envers l'autorité et la v<^rité : il n'y a que l'Eglise catholique qui soit la Mère de tous ies hommes : Bœc enim est Mater (fc79).

INSTANTIUS. évoque espagnol, infecté des erreurs di'sPriscillianistes Voy, l'article Idage, évoque de Méridn.

INSTITUTION CANONIALE. — C'est flinM qu'on appelle la Règle qiiR «aint ChrodegAn^;, évoque ne Metz au vin* siècle (F. son article» t. III, col. 1173), donna ajin-hanoines ou clercs réguliers, et qui def»uis a éié roçno par tous les chanoines, comme le Fut celle de saint Benoît par les moines. Nous allons en dire, en peu de mots, le motif, e( en donner l'analyse.

I. Pour remédier autant qne possible aut malheurs des temps et ramener plus eSiraceraent son clergé è Tobservation descanon<:, ou règles ecclésiastiques, Chrodegang, — comme ont fait tous les saints réformateurs, — songea à régulariser la vie des ecclésia^^tiques. Il établit donc, parmi les clercs He sa ville épiscopale h Metz, la vie de commn* nauté, comme saint Augustin avait fait h Hippone, et saint Eusèbe à Verceil;d'où leur est venu le nom de clercs réguliers ou canoniques, enfran^^is chanoines. La règle que leur composa saint Chrodegang est tirée presque tout entière de celle de saint Benoit, autant que la vie monastique pouvait convenir à desclercs servant l'Eglise. Il y ciie souvent l'ordre romain et ^es usages de l'Eglise romaine, et c'est ce qui a fait dire h un savant auteur liturgiste moderne: « Saint Chrodegang, évèque de Metz, dans sa Règle pour les chanoines, a renfermé un grand nombre de particularités précieuses pour la connaissance de la liturgie de son temps (k90). »

La Hègle dH saint Chrodegang, dans sa pureté primitive, ne contient que trentequatre articles, avec une préface oh il déplore le mépris des canons et la négligence des pasteurs, du clergé et du peuple. Il n'engage pas les clercs de cette communauté èi une pauvreté absolue; mais il veut que quiconque y entrera fasse une donation solennelle de ses biens è l'église de Sainl- Paul de Metz, permettant de s*en réserver l'usufruit et (le disposer de ses meubles durant sa vie. Les prêtres auront la disposition des aumônes qui leur seront données pour leurs Messes, pour la confession ou l'assistance des malades, si ce n*est que l'aumône soit donnée pour la communauté.

5) GobbeU, nist. de la Réforme, leilre 11*, p.

<i76) ld.« ibid.

(477) Voy. nos ariicles Alexandre IV, Pape, n. IVH, etBâLMÈs (Jarques), ii XI F. Voir aussi farlide : Qvestion des guebres de religion.

(47aj Oo consultera avec fruit, pour les questions %9t Dons venons de toucher, 1* um arlicie inséré difis i^Onneniié ea/Ao/t^M<, lom. Vtl , p. 377, où foa fait voir que llaqoisition fut une œuvre à laqaclle UNtt le monde phi pari, mais plus li>s rois poêles peuples, el plus les peuples que TËglise ; — t dans les O^cula du chanoine MuzzareUi, tliéo-

logien de la Sainie-Péniieneerte, celui sur Ylnquîstîion, In-lî, 1854, Avignon; — 5» el surtout le récent ouvrage de Héfelé, trad. île Pallemand. et in- Ululé : Le cardinal Ximenèi et let affaires religieusei en Espagne à la fin du xv* siècU et au commencement du xvi«. 1 vol. III-8 , 1856. — On puisera dans ce livre, dont toutefois nous ne partageons pas loulrs les opinions, bien des lumières snn celle affaire de 1 Jnqufsition *ii sur le vrai tôle de TEglise dans ceue œuvre tonte judaïque.

(479) /// Req. m, «7.

(480) Dotii Gueranger, ifiirtfKfîoits liturgque$f loin. I, p. 188.

m INS DE L'IIIST. UNIV., DE L*EGLISE,

Cependant l^gTbe^dès les temps apostoliques, Boos présente des membres gangrenés, des hommes indignes du nom de Chrétien : ce sont ces hommes que les apôtres ont en me dans divers avertissements que renferment leurs Epttres. Tandis que FEgltse de Jérusalem n*avait gu*nn cœur et une Ame, celle de Corinlhe était déchirée p'ir de déplorables désordres tS2b). Ce C|Qi arrêtait fiiirtotii les progrès de ta mornhté, c^était, d^un c6ié, \n Aimse opinion des Chrétiens nés Juifs qu*fi fallait continuer k observer Iff toi mosaipie ; tandis aue, d'un autre côté» on interprétait nrussement la doctrine de saint Paul sur fa justification |.ir la foi sans les œuvres, pour justifier la fi<enceet rimmoriilité(52S). On interprétait encore nal Tannonce de fa Tenue du Christ et de sa mamfestation gloriense (S26) ; on se la représentait comme un avènement prochain, et il en résultait des consi^quences fielleuses pour la vie religieuse des Chrétiens (527).

IL Pendant que les Chrétiens nés Juifs fontinuftient k fréquenter le temple de Jéniimlem, il s^était formé dos assemblées

LNS^ 26»

des Chrétiens (S85). Le Mt eapîtal d^eea réunions journalières, ee qm en faisait le fond et la vie, était la solennité de la tènn et de ta fraetion du pain, en mémoire de l<i mort de Jésus-Christ; elle se célébra d*aliord comme elle l'avait été par le Christ à la denière cène, en y joignant un agafte, urr repas de charité (^r^l)) (S36). Malheureusement,, dès les premiers temps, i4 se com« mit de déprorables excès durani ces pieuses solennités (537). ^ Foy. Fioélbs (Assemblées des).

Les malade.^ qui ne pouvaient |irendre partk ces réunions religieuses devaient a(>> peler les prêtres auprès d'eux, pour en- re* cevoir l'onction sainte ;. se senta4ent-ils chargés de péchés, ils devaient les confesser pour en recevoir la rémission (S3S). Un des traits les pfus caractérisliquesdeeestréuniene^ religieuses, dont, le premier, Justin lemartyr (539) nous a donné une- courte description, était le baiser de paix {^Oa^Vià Ay^injc, &Y'ov) (5U)j, que se donnaient les Chrétiens en se saluant fralernellen^nt apcès la. prière. Les fidèles joignaient le jeûne à la prière^ surtout quand ils songeaient h entre-

religieuses, dans les maisons particulières, prendre quelque alTaire. importante (SU)

qui étaient |K>ur TËglise ce que les synaf;ogoPS étaient pour le temple (528). Les Chrétiens s'édifiaient mutuellement par la friiret dans laquelle on faisait toujours mention des frères absents et défunts; par la lecture des passages de l'Ancien Testament, ei plus tard par celle des Enltres i))Osloli(nies (S29) ; par le chant des Psaumes (530) , peut-être même d'hymnes chrétiennes V déjà composées alors (531). On y faisait aussi des instructiont sur le texte lu, et ee n'était pas seulement les évêques et les prêtres qui parlaient, car, dans le fait, plusieurs d'entre eux étaient incaj)ab'es d'enseigner («laaxTuco) (532); mais c'étaient aussi de simples fidèles, inspirés par TEsprit-Saint et autorisés par le consentement des supérieurs. Alors se manifestaient les dons divers du Saint-Esprit, les dons do sagesse, de science, de prophétie, de discer- Defflent des esprits, des langues (rXuiaaaiç XaUfv) (5S3) et de l'interprétation des langées (534), Toire même le don des miracles qui n'était pas propre aux senis êpôtres.

Hais c'était surtout à obtenir le don de charité que devaient tendre les efforts

(SU) Ad. IV, S2; 1 Cor. r.

(515) E/Ure de eainl Jmeqrue.

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