LES TRAVAUX LES PLUS RÉCENTS DE LA CRITIQUE CATHOLIQUE
Si !e disciple bien-aimé, saint Jean» a pa dire qiioi(|ue d'une manière hyperbolique, mais vraie en un sens , que le monde no fiourrait conienir le$ livres qu*il faudrait remplir pour retracer par écrit et rapporter «n détail toutes les actions do N!>tre-Sei- Kiieur Jésus-Christ, on (leut également aillrmer uue jamais, quelque génie que Ton ait, qiielqu*effort que Tou fasse, on ne pourra tout dire sur le divin Rédeaipteur des hommes.
C'est q[u* aucune parole de TEvangile ne doit périr ni ne doit èlre stérile ; c'est que l'Evangile est une source féconde (;t inépuisable destinée à désaltérer toutes les génération.<«, h satisfaire tous les besoins des cœurs et dtss inteltigences : « L'Evangite, dit un écrivain, donne sa moisson do vérité toujours la même et toujours nouvelle suivant les besoins du monde du temps où elle éctot.
Les clartés antérieures demeurent dans lu trésor de la Foi, les nouvelles clartés apportent h3s réponses faites d'avance à des objections non encore élevées, mais que l'Ësprit-Saiuta prévues. Ainsi TEvangile, en qui toutes les prophéties anciennes reçoivent leur accomplissemeni, est lui-même une prophétie permanente. »
Dep^jts dis-neuf siècles, leslivres qui n'ont pas eu directement ou indirectement pour objet les actioas de Notre-Seigneur et sa doctrine, n'importent guère 1 « Rieo, ajoute parfaitement 1 écrivain que nous venons de citer,rien n'intéresse autant les intelligences, et nous en sommes lémojns. Ne plus s'inquiéter de Jésus-Christ est impossible è la pensée humaine, aujourd'hui comme toujours. Qu'elle le cherche ou l'évite, elle ne irouve jamais qu'elle ait pu assez rapprocher ou assez le fuir. Il apparaît à l'extrémité de tout chemin, il est debout au terme de toute fuite. Nulle cécité ne le cache entièrement ; l'indifférence ne peut parvenir k l'oublier. Qui prétend s'être per- .>uadé que Jésus ne fut qu'un homme, en demeureincertainau fond-ducœur,etnele veut lias laisser Dieu pour autrui. A défaut de fidèles, Jéâus-Christ serait encore attesté par SCS seuls adversaires ; le blasphème v.endrait confesser sa divinité, si l'hommage manquait. On a dit que l'âme est naturellement chrétienne; ou peut dire qu'elle l'est obstinément. »
Oui, ne pas se préoccuper de Jésus, ne pas l'aimer, cela est iai|>ossible à rbumaiii-
(a) Ce livre dont on s'c»t beancoap trop effrayé, ce nous ttenil>le , est uni scieiiiifiqueineiit , cl ira
DumOHN. DB l'HiST. UNIV. DB l'EgLISB. V.
té. Autant vaudrait dire qu'elle peut se fa^ser de ce qui constitue le principe de sa vit^ Jésus-Christ est le centre de toutes choses; il remplit tout ; c'est par Lui aue tout a été fait, et il est aussi le terme et la fin de tout ce qui a été fait : Je suistAipha ei-fOméga^ le principe et la fin, dit le Seigneur Dieu^qîu est^ qui était ^ et qui doit venir, le Tout-Puis* sant {Apoe. i, 8) ; » et cette grande pnrotu, saint Jean nous la répète plusieurs fois {ibid. XXI, 6 ; xxii, 13), afin que nous ne perdions jamais de vue que Jésus est noire tout, notre principe et notre fin. •AquiirioHê* itoti#, lui disait saint PieiTe, à qui trtoiu* ffiou#, Seigneur ? Vous avex lesparoUê de la vie étemelle ; et nous avons cru, et nous avons connu que vous êtes le Christ, le Fils de Dieu ! fi Domine, ad quem' ibimusT Yerba vilœ œlernœ habes (Joan. vi, 69, 70). » C'est eu que nous sommes tous obligés de dire, que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, que nous le fassions (lar amour couima Pierre, ou par nécessité et force des choses, comme les ennemis de Jésus : Vere Filius Dri eral istel [Matth^x'Lsn, 5^.) Et voilé pourquoi, encore une fois, ou necessera de parler do Jésus-Christ, et |iourquoi aussi on n*épui$era jamais cet immense sujet. Aussi no nousét<innons point de voir (laraltre incessamment tant d'ouvrages sur la vie de notre divin Rédempteur: il doit en être ain^^i, et il en sera toujours delà sorte jusqu'à ce que nous revienne, en son glorieux Avéne* ment. Celui devant qui tout genou Héckit dans le cîe/, sur la terre et dans les enfers (Philipp. Il, 10).
Pour notre faible part d'hommages et d'amour, nous ne venons pas, dans ce Discours, présenter une Vie com|>lète de Jésus*Cbri.st Notre-Seigneur, ni même écrire didactiquement une sorte de biographioen règle. Assez d'autres, avant nous, et beaucoup avec succès, ont fait ces sortes d*ouvrages. Leurs livres sont entre les mains de tous ceux qui aiment et qui servent le Seigneur, et ce ne serait pas leur être d^une grande utilité que de refaire ce qu'on a si souvent accompli pour rinstruction et l'édification des fidèles. Voici uniquement ce que nous iioiis proposons.
Tout dernièrement a paru unlivrequiapro« fondement aflligé les cœurs catholiques, mais qui, grAce è Dieu qui tire incessamment le bien du mal, n'a pas éiéaussi sans servir, en un certain sens, la cause de la vérité (a);
cependant paséié sins servir notre cause, à l'iiiiu de sou auteur ; double asseriiou que nous lenous
m . DICTiaNN. DE L'HIST. UNIV. DE L'EGLISE. ft
litre odieux cl fnmenx, 'desliné .b tenir sa Idées, moins loulefols par lui-niêmo que par place dans rhisloiredc la littérature et des les réfutations nombreuses qu*il a suscitées*
h clablir ilèa 1c Aé\mi df U mr^niion que eons faigbns de cet ouvnge si ouirageaiil pour Noire-Scignnir.
Et d'abord, pour ce qui fsi de sn valeur snrnlUiciiic, elle c^l inillo an iHr^ des critiques Ie9 pins graves qui oui iiiicrrogc rAllemngnc sur son roniplo. Nou8 cilfrons qui'lques*unes (le leurs prouves : f luterogoous U science que M, IVensin nous vanlo, ail M. VM\é H. J. Crelicr, (If. E. flenrin trahhsant le Chritt par vn roman, ou Examen eriti" mie de ta Vie. de Jésus, în-8, 2' édit. 4964, p. 1i7, Ii8) ; demnndons-^ui quelles sont, sur les matières ti i m perlantes doin il s'agiU ses deruières cmiclusions : que nous répondra-t-cUe? PrécUéuiÊUl le contraire de ce que M. RiMian affirme e^i sou nom. Elle nous dira sans liésiler, pir la bourtie ilc ses roprcs«'niaul8 les plus distingués, que, rauihenlicUé (lesEvaugilcs reconnue, le système myiliÎMue de StraiiFS (dont le système légendaire de M. Renan ne Hî Itère que comme simple varisnle) est une absurdifé (Voi^. Ilollzmann, Die synopl. Evangel^p. 418 et snlv.); que iesF>angilfs, tant dans les dis* cmirs que dans les récits, portent des caractères dû vérité si grands, si frappants^ si incontestables^ que leur autoribé historiiuc est hors de doute. (Ibid. C'est ce que M. Renan lui-même avoue en général, sauf à le nier en détail ) ; que, loin de Taire eiceplion ï cet ëgard, les uiraelessont inséparables du reste, li tel point que V historien qui les rejette^ tout en rerounaissant les traits ineffaçables de la- figure de Jénnt eomiKê une réalité historique, est dans U ca$ ePun homme qui aurait cueilli et goûté Us \ruit$ m%\rs de plantes et d'arbres dont il nierait Cexiêtence. iibtd.^ p. 510); qu'en général, comme bistoricn, on doit simplement s'en tenir à constater ces rares pliéiM>;uèaes comme d'autres faits, et d'<iprès les règles ordinaires de la critique historique (Ibid., p. 51i).i I ?ious regardons comme un très-précieux pro«
Srès, dit Iloflzmann , que le caractère uiiraeuleux e rhisioire évangélique» par lui-même, ne puisse plus être considéré comme un obstaiile k sou adniiesion dans le vaste ensemble de riiistoire scieiilifique de TliumaRité. C'est ce qui est déjà reconnu, au Tondy même par des hommes qui d'ailleurs se tiennent de la manière la plus décidée au point d«' vue de Vlnimanence (c'esl-à-dire de la philosophie hégélienne). Quand mime plusieurs de ec$ récits mi" raruleux, ditSchwartz, pourraient être des inventions eu des embellissements d'une tradition plus récente^ toutefois le scepticisme le plus hardi, $*il repose entête sur une science sérieuse, ne saurait nier que du Christ n'aient émané une quantité de guérisons miracukuses tl d'assistances consolatrices qut lui altiratait de loin la foule et tournaient d'abord vers lui les regards des incrédules eux-mêmes. ^Ptedigt. ans der Cegeiiw,. II* Samml., § 159. Citation de lloluniau.) Mais, reprend Uolizmann, quand le plusingé« nicux cl le plus sérieux représentant du panthéisme religieux (Ernest Uenan) croit devoir n'accorder qu*uu droit psychologique d'existence à ces miracles (e'est-à-dire ne leur accorder d'existence que dans l'imagination), avec l'aveu qu'ils ne heurtent pas trop les exigences du bon sens (Etud, d'hist» .relig., p. 177); quand II pose nettement comme sou programme U séparation de la cause de la religion de tout ce qui est miraCle et surnaturel, ou peut p .Tiser ce qu'on voudra de la question philosophique touchée en même temps ; ui.«is là rigoureuse méthode historique ne saurait fléchir devant un pareil arrêt, et il y a tout lieu d'Clre satisfait que le proieslantisme français libéral, quoii^ue en général partageant bien certainement les idées de lienan,|ait élevé la voix pour réclamer. »(iloUzmani), Uie synopt, EvangeL^ p. 511.)
tels snnt les réfcultats auxquels, par de vasies et profondes recherches, est arrivée la science moderne; telles sont les doctrines qu'elle ne craint pas de proclamer hautement Tan de grâce 18G5. Et les savants qui tiennent ce langage, sont-ce des théologiens catholiques dominés par leurs préiugés dofrmatiqiies, et dont les conclusions sont déjà arrêtées avant toute recherche? Sont ce même de ces thétdo^iens protestants encore attachés aux idées traditionnelles, ef, sous ce rapport, ne dîlTérani f^nère des catholiques, tels que llei g4enli«-riri Ebrard, Wîeseler.^etc? Non, Ce sont des savauis aussi indépendant-; que puisse l'être M. Renan luimême ; ce sont les Ewald, les RIok, hs l!olizuiann« etc. ; il n'y a pas jusqu'à l'école de Tubiugue qui ne soit plus ou moins entraînée dans le mouvement gé.-érnl.
De son eôté, le P. Gratry nous dit : < Il uV a pas deux uinnières de juger la valeur de la Vie de Jésus. Le livre est nul scientifiqneinent. Tel est tout parliculièremeut le jugement de l'Allemagne. Nonseulement le Consrès des savants catholiques allemands, réunis à Munich, a signalé ce livre comme n'appartenant pas à la science ; non-seulement tous h^s savants allemands qui tiejinent à ce qu'on appelle l'orthodoxie protestante, ont porté le même jugement ; mais il se trouve que les écoles rationalistes l'ont jugé de la même manière.
c L'école rationaliste de Cœtiingue, à laquelle M. Renan semblait apparteqir un peu, parle de même, et, par la bouche de M. Ewald , porte un jugement ircs-importani et tiès-bien motivé, qui est une condamnalion complète du livre. L*école rationaliste de l'ubingue , héritière de Strauss et de Bauer, et à laquelle M. Uenan semble encore appartenir un peu , parle aussi de la Vie de Jésus dans la Gazette d'Augsbourg. J*ai le texte allemand sous les yeux. Voici les conclusions d'un assez long travail de M. Keim , qui a été très- remarqué : — I C'est un roman... ce sont de nouveaux Mystères de Paris, écrits avec rapidité pour amuser, sur un terrain sacré, un public de profanes... Sur toutes les questions graves le livre est nul scientifiquement. Au lieu de se jouer de cette grande histoire de Jésus que tous les siècles coiiieiuplent av^c recueillement; au lieu de flatter les esprits blasés, de coulrister les cro}ants, et d'outrager la science, je parle de la science libre, que M. A nan se remette au travail avec conscience et recueilleiiieiit (arbeite et nûchiern und geufissenhoft), qu'il n'essaye plus d'écrire en six mois, dans une butte de Maronites et entouré de cinq ou six volumes, l'histoire des temps apostoliques. annoncée dans son Introduction: alors il pourra obtenir son pardon des amis de l'histoire véritable, qui,'aujourU'hui, rient de son singulier trioiiiplie. > iGazette tTAugsbourg des 15, 16 et 17 septembre 1863.)
c Enfin, je trouve dans un recueil français, pleinement dévoué à M. Renan, une défense de son livre qui me parait aveugle eu sa faveur ; cependant l'auleur reconnaît que la manière dont H. Kenan a employé les sources i n'a pas peu contribué à répandre sur l'ouvrage entier une certaine apparence d'arbitraire, comme si routeur^ sans pitié ni souci des textes, s^ était complu à les ajuster au gré de sa fantaisie pour en faire un Jésus de convention... Je serais de ceux, ajoute le critique, qui eusseia déliré, en bien des endroits, une méthudii plus sévère u'interprélation. i Le P. Gratry, Les sophistes et la critique, in-8, 1804, p. 142-144).
C'est assez là-dessus. La valeur scientifique du livre de Renan est jugée. Mais nous avons dit que ce livre, malgré le scandale qu'il a occasionné , a cependant servi, eu un scm» la cause de lu vériié.
DISCOURS SUR LA VIK DE N.-S, JBSUS-CHRIST
Or,nou8 TOudrionSv rapprochant les m«îl- \ ïrars travaux qui ont été publiés à ce sujet, offrir, non pas une réfutation nouvelle du triste livre que nous venons de désigner, mais une sorte de somme de tout ce que la eriti(|ue catholique oppose d'arguments, de preuves, de témoignages à i*iacrédulité mo« derne.
Mais, encore une fois, ce D*est point de la polémique directe qne nous prétendons faire ici: non, une telle tftche, qui a d'ailleurs été tant de fors remplie, ne saurait convenir à un oavrage du genre de celui-ci. On y veut surtout, non des choses qui passent avec les circonstances qui les ont fait naître, mais des choses plus générales et qui doivent demeurer acquises à la science* Si donc Dieu nous permet de réaliser notre plan tel que nous le concevons, nous présenterons, sur les principaux traits de la vie de Jés^s- Christ, un tableau d'ensemble, au point de vue de la critique contemporaine, tiré, pour la plus grande partie, des meilleurs écrits récemment publiés; de sorte que ce discours participera tout à la fois de TexposilioD et do Tapologétique : de Texposition, en ce qu*on y trouvera un aperçu général de la vie de Notre-Seîgneur; et de l'apologétique, en ce qu'étant comme la substance des derniers ouvrages polémiques combinés entre eux et éclairés , complétés tes nns par les autres, les points attaqués de cette vie adorable y seront défendus, soit directement, soit indirectemeni, par tout ce qu'on a écrit sur chacun d*eux de plus solide et de plus péremptoire.
Après ce simple exposé de notre désir, ooQssupplions humblement Notre «Seigneur, h qui tous nos travaux et notre vie sont consacrés, de nous accorder la grAce de réaliser un travail qui n'e^^t pas sans présenter de réelles difficultés, et nous commençons.
On sait avec quel orgueil les philosophes de l'antiquité se glorifiaient de leur sagesse. RI pourtant, conobien elle était petite et misérable 1 Elle consistait principalement en de. vaines spéculations métaphysiques, en des subtilités de dialectique, outles idées présomptueuses sur la orétendue sufBsance
!lous l'avens montré ailleurs (Voy. Mé,n. eath. n« de mai 1864, XX, p. 17! et suiv.}, et nous eti di* rofif on mot ici.
Les erreurs de M. Renan, remarque M. rabt)ë Cretier (ouv. cit., p. 08). ont eu TaYantage qn*oiit plus ou moins toutes les anlre«, cVst-à-dîre de contribuer, en provoquant de nouvelles reclierelies, à meure hi vérité dans un plus grand jour. De la discussion dont la Vie deJésuê a été le eigntil esi sortie la confirmation la plus éclatante de Tiiuihcnti^ité des Evangiles, c L'étude des sources, dit lloltzmann, à laquelle on retourna à cette occasion, amena au jour des résultats qui s'écartent de la wtMère ta plus tranchée des suppositions sur iesquelles reposait la Vie de iésu», ci luéme les contrediieut {Die $ifnopti$ek, Evangelieit, etc., Leipz. IM5, p. 6). » Cest ji tel point que fécole même de TMbmgue s*est vue obligée de batire en retnirc, et y«s Ikhe remonter les évangiles, sinon toui«iurs
do la raison humaine, et en des assenions dogmatiques sur des opinions douteuses ou des doutes sceptiques sur les vérités les plus clairos et les plus incontestables.
Interrogeons ces anciens philosophes qui faisaient profession de science et de vertu, et tious ne trouviTons pas, en effet, autre chose dans tous leurs livres. Celaient, si Ton veut, « des esprits élevés et en qui Thumanité nous a donné la mesure de ses forces ; tous se vantaient d*avoir découvert la vérité, hormis une école qui prétendait que la vérité nous échappe inévitablement {sur cette terre; ils avaient ))arcouru le monde, écouté bieu des sages et longtemps réfléchi; ils parlaient un beau langage, s*enfonçi«ient dans des spéculations hardies, et discutaient docteinent sur toutes les choses de l'homme et de'Dieu ^«'bbien IsMIyadans leur histoire un point remarquable, c*est qu*ilsn*aientoblenu que de si chélifs résultats (6). a
Car d*oii vient Thomme? oit va-t-if? k
SuHles conditions peulnl atteindre sa Qti eruière? Sur toutes ces questions, où il faut que tout le monde soit (ixé, les philosophes n'ont rien su de complet et rien enseigné de clair et de satisfaisant. Encore une fois « que trouve-i-on dans leurs livres et dans la société qu'ils ont instruite et gouvernée? N'ont-ils pas accumulé des ténèbres autour des droits et des devoirs les plus sacrés, loin de dissiper l'incertitude et d'éclaircir les doutes? S*ilsont proposé de corriger un vice, n'est-ce pas eu le remplaçant par un autre vice? Leur science médiocre a-t-elle jamais été sans orgueil, et leur médiocre vertu sans faste? N*ont ils pas retenu la vérité captive, préférant la renommée è la sagesse et l'intérêt de leur amour-propre h ce qui était juste et bon? Dans l'inraluation de leurs pensées et l'aveuglement de leur cœur, n'onl-ils pas installé fiartout le mensonge, la tyrannie et la dépravation ?
L'esclave, le pauvre, l'enfant, la femme, leur personne même, en eux et autour d'eux, n'ont-ils pas tout abaissé, tout flétri, toiA perdu (c)7 Bien loin de convertir le monde, pas un n'a chance seulement les mœurs de bi rue qu'il habitait, et c'est un reproche qu'il . faut faire même à Platon, celui pourtant d^ tous les maîtres qui pouvait mieux commander l'admiration et la confiance par Taudans leur forme actueHe, du moins qitant aux documents dont ils sont formés, Jnsqu^aux lé noins oculaires {Ibid, p. 502). Nous donnerons encore plus loin, d'autres preuves de ceci.
(b) MgrjDarhoy, arcliev. de Paris, Lettres paslor. sur la Fou nov. i86i, édit. in-iS, p. 9.
(c) On reconnaît sans doute ici le lablraa divinement trai é par saint Paul, dans VEpitre aux Romains, I, 2i seqq. Mais on en trouve aussi 1rs couleurs tians les pbilosopbes uiéuie et les liistoriens de raiitiquité , et les textes no manqueraient pas pour le faire voir, si c^éiait le lieu de les pro.luire. Ce travail a d'ailleurs été tenté, dés Torigine du cbristianisine, par Clément d'Âieiandiie,.MinulMis Félix, TertuUieii, Aruobe et saint Augustin, pour citer seulement quelmies noms. -— On peut voir aussi dans la Vie de Confudus, par le P. Aniiol, et dans Vaiùoire universelù de César Cantu.
tft DICTION». DE L'inST. UINIV. DE LhGLISE.
tnriié (lu génie et pAr la TascinAlion do la
plu9 bolle parole que les hommes aient jamais maniée (rf). »
Ainsi» la iagesse des sages de ce monde a convaincu la raison humaine de Tiropuissanee de s<s « fforts et ces philosophes, s*égarant dans leurs raisonnements^ sont tombés dans des pensées vaines, dans le culte des idoles {e); « leur cœur insensé, ajoute saint Paul, a été rempli de ténèbres (/): ils sont devenus fous ens'aUribnant le nom de sages ; et ils ont transféré Thonneur qui n*esl dâ qa*AU Dieu incorruptible, h Timage d*un homoh? corruptible, et k des figures d'oiseaux, de b(^tes à quatre pi«>ds, et de reptiles (g). C'est pourquoi Dieu les a livrés aux désirs de leur cœur, aux vices de l'impureté; en sorte qu'ils ont déshonoré euxmêmes leurs propres corps (ft). » Ainsi toutes les belles speculalionsdes philosophes ont abouti à é^^arer de plus en plus l'humanilé dans les ténèbres du paganisme, et In Loi elle-même, en arrêtant la main et en aUmdonnant le cœur, fut incapable de guérir les maux qui ont dépravé lésâmes.
Que restait-il donc è l'homme, qui comme être intelligent violait sans cosse les lois que Dieu a établies; qui comme être borné était suiet è l'ignorance et è Terreur; qui comme créature sensible ét.'iit devenu sujet h mille passions mauvaises? Il lui restait ce Messie, Sauveur et Rédempteur, prédit de- ])uls le commencement du monde (t), annoncé dans toute la suite i\es êges, célébré par tous les prophètes (;)» attendu, désiré par tout le genre humain.
C'est effectivement un fait trèë-cerlain
3ue, depuis le commencement du monde, ans toutes les nations de la terre, on attendait un Koi, un Léj^islateur, un Saint, un Sauveur, un Médiateur, un Réparateur de toutes choses; el même qu'elles s'attendaient è le voir paraître il j a dix-huit
• (d) Mgr Darl)oy, «I supra, p. 10 et 1 1.
(«) Voy. iV lUg. xvi, 15; Jérem. ii, 5.
m Epiiti. IV, il.
al Les païens ne représent:iient p»s leurs dienx emeni sous la figure buniaîne, mais ils honoraient encore presque toutes les espèces d'animaux, comme TËtre divin. Voir sur U fole du culte des . Uloles, /»». XLiv, i^i Jéremie, x, 3-5; Ùaniei, v, !23; Sagesse, un, ll-i9, xv, 7 cl suiv.; Baruch, vi. Souvent le clirétieu lui-même ae livre au cuUe des idoles, bien que et* ite idolèirie soii d'une espèce plus spécieuse; <ar lout ce que rhoinme aime plus que Dieu ou conire la vulonlé de Die.u, estl un dieu étranger, une i<lote. (La docteur d'Allioli. Nouv, comment,, édil. île tSbd, toui. IX, p. 180.)
(fi) nom. 1, 2l-îi.
(i) Gen. m, i5.
{j) Nous ne stiurioiis, on le comprend, rapporter ici toutes l<fS prophéties dont Noire-Seigneur Jésus- Christ e&t robjeU.Noits ne pouvons que renvoyer à tous les apologistes qui oui spécialement traité ce «point important, el noUiinmcnt aux Eludes philosophiques sur te chrulianisme par M. A. Nicolas, édit. de lb63, tom. IV, p. 101 et suiv. — Mais puisque nous venons de rapiiel^r la preinière pro- .phéiie, celle du commencement, c'est-à-dire ceile qui a suivi la chute ntéine d*Adain, constatée par Muise, nous vouions au moins dire un mol de la
TIII
siètles, et dans la Judée. Innombrables sont les téiDoigiiaf^es à ce sujet; nous ne pourrions les rapporter tous et nous nous bornerons à ceux de quelques auteurs non suspects.
Suétone, ainsi que Tacite, rapporte (k) a qu'une antique et constante tradition, répandue dans tout TOrient, annonçait qu'il devaitencetemps-lèsortir de la Judée le Dominateur du monde. » Nous parlerons uo peu plus loin de Virgile. Citons, après les païens, des incrédules fameux.
L'impie Boulanger dit : « Les Romains, tout républicains qu'ils étaient, attendaient, du temps de Cicéron, un roi prédit par les Sibylles, comme on le voit dans le livre d*e la Divination, de cet orateur philosophe : lesmisèresdeleurrépubliqueenuevaieniélre les anuonceSy et la monarchie universelle la suite. » Puis Boulanger montre que Tattonte de ce personnage extraordinaire était partagée, non-seulement par les Hébreux^ mais encore par les Crect, les Egyptiens^ les Chinoiê^ les Japonaii, les Siamoii, les ÀmirieninSf les Mexicains. <c EnGn, conclutil, il n'y a aucun peuple qui n'ait eu son expectative de cette espèce (/). >
Voltaire atteste Ja même chose, et, de plus, iJ montre de quel côté les divers pet»pies attendaient ce Désiré de toutes les nations: «C'était, dit-il, de temps immémorial, une maxime chez les Indiens et chez les Chinois, que le Sage viendraitde TOccident.
L'Europe, au contraire, disait qu'il vienJreit de l'Orient. Toutes les nations ont toujours eu besoin d'un Sage (m). » Il est aisé de remarquer, sur ces paroles de Voltaire, que la Judée, d'où, selon Tacite et Suétpne, devait sortir ce Dominateur du monde, est précisément h l'occident des Indiens et des Chinois, et è l'orient de l'Europe.
Après Boulanger et Voltaire, Volney rend le môme témoignage. De plus, il nous
grande prophétie de ce même Illustre Léi^'islateur du peuple de Dieu, relative à Noiie-Seignenr Je us- Christ. Cette prophétie, la voici : c Le Seigneur votre Dieu vous suscitera un Prophète comme moi, de votre nation et d*entre vos frères : c*B6t ici QUR vous ÉCOUTEREZ (Deut. iviii, 15). I Le do«ieur d'Allioii, parlant de cette pmphéiie, renvoie à saint Matthieu, xvii, 5; c*e8lqu*en efletil faut remarquer le rapport frappant qu'il y a entre ce texte et le récit de la Transfiguration, où Midse méuie, reparaissant, vient témoigner que tlelut dont il a dit: Ipsum audite {Deut. xviu, 15), est bien Celui dont le Père céleste dit dans la une : Ipsum audite (Matth.wn, 5). c Et qu*on ne dise pas, observe très bien M. A. Nicolas (La divinité de Jésus-Christ, démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de ^incrédulité, i vol. in-i2. i86i. p. 3it)), que ce rapport a éié concerté par rEvai^éliste, car il i.e le fait pas remarquer, i Et nous voyons là, ajouteronsnous, nous voyons , des premières aux dernières pages de la Bible, proclaniéo cette grande et vitala vérité que nous n'oublions qtie trop, que nous ne devons suivre , écouter qu'un seul Maître , Jésus SEUL : Ipsum auuiie!
(k) Dans la Vie de Vespasien.
(/; Recherches sur Corigiue du despot. orient. , sect. iO.
(m> Addition à CHist. qénérate, p. t5, édit I7G3,
DISCOURS SUR LA VIE DE N.-S. JESUS-CHRIST
np|H)lte encore soos quels titres ou qualités la eroyaiice universelle altondail le Sauveur du monde. Voici ses paroles : « Les traditions sacrées et mythologiques des temps antérieurs (à i*ère chrétienne) avaient répandu flans toute l'Asie la croyance d*iHi grand Médiateur qui devait venir, d'un Juge finale d*un Sauveur futur. Roi^ Dieu conquérant et Legiêiateur, qui ramènerait l'âge d or sur la terre et délivrerait les hommes de l'empire du mal (n). »
On ne peut rien de |>lus clair et de plus positif que ce qu'on vient de lire. Mais ce n'est pas tout. Un disciple de ces incrédules fameux, vient, k son tour, de rendre ft sa manière le môme témoignage de nos jours.
On nous permettra bien de joindre Renan k Boulanger, h Voltaire et Volney. Or, parlant du peuple d'Israël, l'incrédule moderhe vient nous dire è son tour (o) : « L'idée qirisraël est un peuple de saints, une tribu choisie de Dieu et liée envers lui pnr un contrat, prend des racines de plus en plus inébranlables. Une immenee attente remplit lei àmee. Toute l'antiquité Indo-Eiiropéenne avait |daré le paradis è l'origine ; tous ses
Këtes avaient pleuré* un âse d'or évanoui, aëlmeltaitrAged'ordansI avenir (p). Israël ilevif^nt yrainieiit et par excellence le peuple de Dieu, pendant qu'autour de lui les religions païennes se réduisent de plus en pUis, en Perse et en Bahylonie, h liii chnrlatanisinu officiel; en Egypte et en Syrie, è une grossière idolâtrie ; dans le monde grec et latin, i des parades... Les juiTs furent une vivante |irotfsiation contre la superstition et le niatérialtsme religieux. Un mouvement d'idées extraordinaires aboutissant aux résultats les idus op)K>sés, faisait d'eux, h cette époque, le peuple te plus frapfiant et le plus original du monde. »
L'incrédule que nous citons ne nous laisse pas le soin, dit M. Nicolas [q\ de cons-
(■) Lft RuineM^ p. ^6.
(o) Vie de Jésvj, par Renan, p. 12.
(p) Il ne le metiak pas moinHilaiis le passé; setileiiieni, il mettait l.i réparation de sa perte ilans Tavcuir, et c*est de lui que Wm autres nations leiiaienl ei ce sonvenir et celle espérance, en Celui qui était appelé le Déhiréde Montée ie$ natioM, (Note de M. A. Nicolas.)
(q) La dhittité de Jé$u$^hrtêi , démenêfraihn n^mveile Urée de* demiiree nltaquei de VintréduHté^ I vol. in-ii, 1864, %• é<lit. p. 138.
(r| Il faut bien que notre pauvre tncréflitle se runsole des avcui qu'il est obligé de faire, en mettant sur le compte de re«ff/raflon ce que la force des choses force sa plume ^ écrire I
(s) \ie de Jéêue, p. 65. — Nids ces etpéraneee^ ee • gigantesque rêve, • comme dit encore Renan, dans un antre endroit, c'est la pensée même de la Loi ; c*est to amude tradition des Kcritures , cVu rvf qui est le fond et ce qni fait Tonité de la docirine depuis MoKe jusqu*attx derniers pro|ibèifts : In loi an Messie primits k rhonime dans sa cbute, et ipiî uti iour doit lui rendre ses iniinoriellvs d«*sttnées.C*esi pour garder, au milieu des égarements di*s nations, avec la croyam-e au vrai Uieti , le dé« pét de la Promesse, que le peuple Juif est choisi ; et c*est ainsi qn*il triversa qnlnae à vingt aléulea a*è)ireaves,soumi!i à la Loi du Siuai. conduit par lea luges, averti par les i>rophct' a, auuicuu, au milice
laler un aulre fdiénomène Ineiplicabît», sif n'est surnaturel ; è savoir, que eelle prodi* gîeuse aitento du Messie, qui ne s'était jamais lassée ni précipitée depuis f|iiatre mille ans ; qui ne s'était jamais arrêtée ni égarée sur aucun objet, ni h aucune époque antérit'orcment ft Jé$us-Christ, prophétisa en quelque f^orte elle-même son terme au moment où elle allait l'atteindre : on plutôt, pour parler plus exactement, reconnut ce moment aiii signes précis que les i>rophéties y avaient attachés. Uais poursuivons la cilnlion : < Les régnes des derniers Asmoiiéens et celui d'Hérode virent TeTa/* rflfion (r) grandir encore. Ilafurent remplis par une série non interrompue de motivemenls religieux. Le mande, distrait par d'autres spectacles, n'a nulle connaissance de ce qui se passe en ce coin oublié dn VO* rient. Les Ames au courant de leur siècle sont pourtant mieux atiséeê. Le tendre et clairvoyant Virgile semble ré|>ondre, par un écho secret, au second Isaie ; la naissance d'un enfant le jette dans des rêves de paliugénésie universelle. Ces rêves étaient t>rdinaires et formaient comme un genre do Nttérature, que Ton couvrait du nom de Si* hviles. 1^ formation toute récente de Teropire exaltait les imaginations; la grande ère de fiaix où l'on entraitt et cette impre*-'sion de sensibilité mélancolique- qti*é» prouvent les Ames après les longues périodes de révolutions, faisaient nattre de toutes parts des esoémncee ilUmitéeê (s), a
Tout coci est très-hAl)ileinent insinué |iour affaiblir le prodige en l'avotianl, leiil cet aveu a de la |»ortéoI II se pourrais que la naissance du Fils de Dieu, si obscure qu'elfe ait été, ail imprimé au monde des Rfftes comme II ne sorte de tressaillemen', dont Virgile, l'Ame la mieux faite pour le sentir, aurait rendu l'impression dans sa célèbre Eglogue (0» remarquable, en ce aens,^ pac
même de ses défailbncf s, p«r fa main de CeM qn| ii*e>t piis seulement le Dieu des ÀMk : rar c>st la m<¥tde emier qui doit être l»éni dans letrr ra<*c ; et la Jérusalem où ils aspirent, lenrs livres mêmes eti fémo'gneni, sera la pairie de tout le genre Immain. (N. H. Wallon, de rinslitui, La Vie de Jénit et ton nouvel hisiorieu, I vol. in-ti, i« Àlii. tS(>4, p. tf7.) Le mêiiteantmr a developfié ce«'i dans son«Mivrage : La eainte Bible rhumée dam son Alslotrs et dm$ $e$ enseignemenît^ III, H : La ridemplim^ tom. L 485^510.
(I) E§iog. IV. Lea annoialetirs de Virgile, mAme ceux qui ne sont f réoospés ipie du côté pldlidc»giqoe et littéraire, reconnaissent qne le chantre do Marcelhis n*a fait que mettre en l»eanx vers, dans cette éitlopM, les onieles do la Hiliylle, et qne ces oracles n*êiaitf nt autre ckose f|ue des traditions voi* nnes de la Judée, et recueillies ch«*x les Romalm, qui admettaient aisément les cy^iidotis religlcnaes dfS autres peuples. Voilà ee que dit Ton des traducteurs et annotateurs de Virgile, le cliev»liv9 do Lftngeic, lequel rapproche Ici quelques pasaagos dlsaie et lotf eomparoNvee les vers de celte églogno. (V. les Bntotûfmes de Vir^ tradmiet en rtrs /mhi- ^ff, édit. Micliand , i vol. in-18, 1895, p. f SH» d pasHiH.) Un peHt voir aussi les iiitérfsaaiitcs pngea que H. Tabl e licnry eonsarre k eetie églognot dai« son Ui$t0ire de ta f>oé»k ; Poésia iaêinet tom* Ut P« là et suiv.
DICTIONN.DEUniST. UNIV. DE L'EGLISE.
une sorte irompliase en opiiosilioi) avec le goûl toujours SI tempéré (lu divin. poêle, f.epenJnnt, h considérer froidement les clio- SOS, Virgile ne nous parait pas avoir été plus avisé et plus clairvoyant que Cicéron»
Suétone, Tacite et Josèplie (nous allons voir tout h rheure le li^raoignage de ce dernier), qui, s'aulorisanl des oracles juifs, rommo Us le disent, oracles recueillis sous le nom de Sibylles, redisaient, eux aussi, la grande ationie du genre bumain. Pour Virgile, il y a ceci de particulier, au ra})port de Josèpbe (ii), que Hérode le drand vint è Uome en 71&, l'année même où Virgile com|K>sa son Eglo^ue, etqu*ii y habita chez PollioUt Tanii de Virgile, Pollion dont Téglogua porte le nom, et au consulat duquel n est fait honneur du prodige qui y est cliapté. Comment douter qu'uu rapport si ÎHimédiatavec le roides Juits, alors si fort préoccupé de la venue du Messie, n*ait influé sur le four et la couleur de cette Egloffue, et ne lui ait imi>rimé an cachet à'aeiu»lité(v)7
Achevons dentendre notre incrédule.
Son témoignage, malgré certains mots qu'il y introduit pour se tromper soi-môme, a «on importance. « En Judée, dit-il (x), Tatlenie était h ton comble; de saintes personnea, parmi lesquelles on cite un vieni Siméoci, auquel la légende fit tenir Jésus dans
(U) Antîquiiéi, lîv. xu, c. 25, et Hv. xV, c. 13. (r) M. A. Nicolas, oiiv. ciië, p. 150, note.
1x) Yiê de iésnê, p. 63 r y) Pliraséologitf éfiiappfttoire pour étilnr ôa 4ire : propliélleii elaires , ftoiitenties , sirivies <*l Itramliêtaiiles. Il n'y a jitm m eii do ionge ni tte ééception k reiidroii il« Uojteie jitsatrà sa veiiiie, Mî après, si ce nVl pour ceux qui PouK iiiéconntt ol le méconnaissent. Mais on ne peut faire de tels. aveux sans grimacer. (Nou de If. A. Nicoias.) Iz) Parce <pfil en ëiail l'olii^-t {là,), (ff) La conscience nnivAtselle n'a pas décerné eu Htre, elle Ta confessé. CVst f)icn lui-môine qui , au iMptè > e de Jésus-Qirtsi ei à sa Tr:insri^uraiion« II! lui a décerné par ces paroles : Celui-ci e$t 1109 Fils biên-aimé^ eu qwi fat mie touta mes eawplaitancée : écoutez le (Id.)
{h} Cent là lout ce que R«Mian nous dit de Tattenta du Messie parmi les Juifs. Ses aveui sopl prévieux ; mais cependant con»bien il est incomplet et nuageux, enloriiilé et incertain I 1 11 ne ssiU ex*
fdiqucr ni les desiinées étranges du peuple juif, ui a Mirccssion des grands empires, ces espérauceê illimitéei rt cette atlenie religieux doul Tuniveri» uffru le specucte vers le teuif^ où Jésus entra dans le monde. II parle bien îles presseRiiiiients du i«mdfe et vréooyani Vir^e^ des ùraeiet Jtlry//i«M; uisiis k quelle source les Sibylles et le poéie laiiu ont- Us puisé leurs vagues pressées? C'eet ce «fueM. Benaa ne nousdit pas. Il parle encoce de ï»féee»ie fowmûêhn de f empire (*t de celle êCiMbiUêé méianco'» Cîf Ntf qm'éproweHl tes àme$ ëfrèe U$ hugueê jfériodee de réiiolutwui ; mais précisément b/brM4i<ieKUiéuie de f empire et la paix générale i|U*il avait foodéo devaient cakner la eeneibUité méiaueoUque dee ânui, Hi empéelier ces ewpéraneee iUimUées dont se préoc* fupait alors le genre liumain. Il faut cberclier aiU leurs et plus haut, eiec la raison de ce grand pliémeménef Vkme et le nœml du passé* Eu arradianl leCbrisI de riiistoire. II. Roiiaiia lout noyé dans tes léiiélires. Airec te Christ» au contraire, tout k^dlmulne et s*enchalfie. > (Mgr Ptaniier, cvèiine
ses hrast Anne, fillede Phannef, eoneidêrée comme prop/i^resxe, passaient leur vie autour du temple, jeûnant, priant, pourquoi plAl h Dieu de ne pas les retirer du monde sans avoir vu Taccom plissement des espérances d'Israël. On sent une puissante inenbntion^ proehedé quelque (Chose d'tneonnts. Ce mélange confus declaires vues et de songes ; cette alternative de déceptions et d'espérances, ces aspirations sans cesse refoulées par une odieuse ré.dité (y), trouvèrent enfin un interprète {%) dans l'homme incomparahlo auquel la conscience universelle n décerné le titre de Fils de Dieu (a), et cela atec justice, puisqu'il a fait faire k la religion un pas auquel nul autre ne peut et probablement ne pourra jamais être comparé (6). >
N'en demandons pa^ davantage k notre incrédule moderne et aux autres : c'est assez d'aveux sur ce point (c). Ainsi, pendant quatre mille ans, tous les peuplesattendaienl le Médiateur avec une espérance toujours croissante. Les patriarches le pressentant; Moïse en est le précurseur et la figure ; l'ancienne Loi tout entière le suppose; les justes du Vieux Testament rappellent ; les rois de Juda en forment la généalogie; les
farauds royaumes de Tantiquilé le préparent d); les prophètes le chantent; et avec quelle ardeur ils demandent le Messie I L'amour
de Nîmes , La vraie Vie de ééme-CUrhU secondé Instruction paitorale contte U livre intitulé : Vie de Jésus, par Erneit Renan, 2* éJil. in-8, iS64, p. 52.)
(f) Un des critiques de Renan nous dit : « Pour notre part, nous n'attachons aucnne Importance aux aveux que la \irUé arrache à N. Renan , car nous ne sommes pas sûr que Textréme mobilité l'e 8()ii Imagination ne le portera point à les retirer, quand il lui plaira de donner k sa fid relative une nouvelle forme (M. Pabbé Freppel, Examen critique dii la Vie de Jésus, etc., in-8, 14* édit. 1804, p. 31). > Mais qu'importe t Prenons toujours noire bien où il se trouve et ne nous préoccupons pas lies eoniradictions dans lesquelles ne peuvent que tom« lier les incrédules. Nous ne saurions donc partager l'avis de M. Freppel. Nous préférons le sentiment de M. Tablé Crelier : «Les aveux de notre critique, dit'il (ouT. cité, p. 67), tout incomplets qu'ils sont, ne laissent pas d'être excellents à recueillir. 1 EU nous comptons, dans l'occasion, suiTre le P. Gra» iry, qui nous dit : c J'espère bien ne jamais man* ^uer à la plus noble loi de la véritable critique, qui commande de faire ressortir, bardimeni et avec joie, tout ce que disent de bon ceux qui se tronipeut, ceux qui ont tort , cetrx même qui tombent dans les plus grands crimes littéraires. 1 ( Les SaphUtes et la critique, p. 116.)
(d) W est manifeste, pour qui Teut éiiMlier Hiistoîre à la lumière de la vérité, que tous k*s royau* mes de l'antiquité n'ont fait que préparer les voies au Clirisl et à soir Eglise. Mais la succession des empires se subordimnant aux destinées du |>euple Juif, n'est point une idée de riioinme, comme Va prétendu l'incrédulité moderne {Viede Jébus,pnt Uenan, p. 57), mais une iJée de Dieu même, c C'est Dieu qui la ftgure dans remblème de la statue ap* p.irai.^sant à Nabucliodonosor : c'est aussi Dieu qui lévèle le sens de cette vision à Daniel pour qu'il U: dévofle à son tour au roi de Babylone, et ainsi est* ee Dtt'u qui est le vrai Créateur de la philosophie do riiistotre i Voq. le cbap. xi tout entier de Da*
DISCOURS SDR LA VIE DE N.-S. JESUS-CIlRiST. m
rnnt; qu*ils attendaient, en nn mot,<riN-
CARNUTtON DSDIEU (/^^ » éfOUtOUS Ce QU'OAl
dit les Juifs «près que ce Libérateur fut venu. On le voit» c'est encore la dépasition d*ennemis que nous voulons interro*
un
n*eut jamais d*acceuls plus pénétrants, ce qui marque bien que celai qu'ils appellent n'est antre que Celui qui tes inspire ; il met sur leurs lèvres le cri de la cliarité qai le presse de descendre : Seigneur^ dit Jacob, je rjrrai dansTattente de votre saint. Seigfivur, dit Moïse, je vous supplie, envoyez CeUi que vous devez envoyer. — Réveillez votre puissance^ s^écrîe David» et venez et smtvez'-nous. Inclinez vos deux et descendez. Bâtefle temps, hâtez la fin^ dit rEcclésiaslique, et que les hommes racontent vos mer* veilles, — Cieux, s^écrie Isaîe, versez votre rof/e, pleuvez le Juste^ et que la terre s'owtreet germe son Sauveur I
Tels sont quelques-uns des échos des chants» des aspirations des prophètes. Mais ce n'est pas tout ; « vient un moment où le peuple juif» dispersé partout» dans la hante Asie, en AsieMiueure, en Egypte»
en Grèce, en Italie même, porte en tous lieui les Ecritures, non-seulement dans leiir iiliome primitif, mais encore traduites dans la langue alors la plus connue de Tuoivers» celle qu'avaient parlée Homère, Socrate et Démosthènes. Pleins de la grande idée du Messie qu'Abraham avait salué par*dessus la hauteur des siècles»
que Hoï^e avait annoncé comme un législateur plus grand que lui, que les Voyants deJuda avaient prédit comme un conquérant paciQque mais sans égal, que les Juifs»
sentes sur tous les points du globe, attendaient eux-mêmes comme un libérateur»
ces Livres sacrés laissèrent percer quelques rayons de la divine lumière qu'ils contenaient, au milieu des nations ou les enfants d'Israôt étaient épars. Les espérances du peuple de Dieu éveillèrent une certaine attente générale dans le monde; d'un bout i l'autre de l'emmure, les regards se tournèrent vers l'Orient» et cefi/l alors, dans le silence de la guerre et des armes» au moment où César, devenu» sous le nom d'Aogoslé et sous le titre d'empereur»
maître de toutes les régions soumises à koroe» T«'nait de fermer le temple de Janns^ qu*apperut ici-bas Celui que les prophè* tes avaient appelé par avance le Prince de Upaix et le Désiré des nations (e). »
Maintenant, après avoir acquis la preuve»
fiar les témoignages les moins suspects et fiar les nlus graves autorités, de cette longue attente duMessie; après nous dire convaincus que c la régénération , la palingénéste universelle» était certainement attendue par l'ensemble du genre humain ; que les hommes espéraient l'Homme nouveau, l'homme divin, libérateur et régénérateur : un homme qui vLit nous délivrer en nous ré^éné-
tki). Dieu , toutefois, n^avait pas attendu Daniel pmr apprendre à la terre que tous Itis «uipire!» qui te seccédaicnt dans le monde étaient subordunués h b «iwMoa du peuple juif, qui à »ou tour u*êlaît i|«e le précurseur du Messie et du nouveau pifupte ^uM devait fonder. Toutes les Ecritures, avant la captivité, MHii pleines de cette révélation. David le ctea«e milte fois dans les Psaumes ; il n^est pas une r<ie a*Uaie qui ne le dise avec éclat à tous les royau-
Les Juifs, dans les histoires qu'ils ont faites do Notre-Seigneur Jésus-Christ, rivcontent clairement qu'il naquit de Maries il Bethléem; qu'il se retira dans la haute Galilée et y demeura plusieurs années; qu'il d(^roba dans le temple le nom ineiff^ble do Jehovah, et, par \a vertu de co nom, opéra toutes sortes de miracles; qu'il disait: Ma mère m'a enfanté sans cesser d'être vicr^u; je suis le Fils de Dieu ; c*est moi qui ai créé le monde ; c*est de moi (|u*Isaïe à parlé lorsqu'il a dit : Yoiclqu'une Vierge concerra et enfantera un fils, et elle le nommera Emmanuel.
lis racontent que» pour prouver ce qu'il di^aiU Jésus ressuscita des morts, guérit des lépreui» et fut adoré de plusieurs qui lui <i iront : Vou$ êtes véritnolement le Fils de Dieu: qu'il entra triomphant à Jérusalem, monté sur un âne, et (|u'il crinit an peuple : Je suis celui dont le prophète Zacharie 3 prédit la venue en ces termes ; Fotct votrs roi qui viendra à vous, ce roi juste et sau* veur ; il est pauvre et monté sur un âne.
Ils disent, «que les bngcs (t les sénateurs avant ré<olu de le faire mourir, Judas, qui s était mis parmi ses disciples, le leur livra pendant les fêles de Pâques; auo Jésus, ayant été pris, fut condamné porte grand et le petit sanhédrin, attaché à une colonne de marbre, fouetté et couronné d*épines; qu'ayant eu soif, il demanda un neu d'eau, et on lui donna du vinaigre ; que l'ayant bu« il poussa un grand cri, et dit : C'est de mot
Sue David, mon aïeul, a écrit : Ils m'ont onné du fiel pour nourriture, et du vinaigre pour élancherma soif. II se mit ensuite è pleurer, et dit en se plaignant : Jlfon Dieul mon Dieu! pourquoi m'avez-vous abandonné?
Les sages lui dirent : Si tu es le Fils de Dieu, pourquoi ne te délivres-tu pus de nos mans? Jésus répondit; Mon sang doite:ppiev les péchés des hommes, ainsi que l'a prédit Isaie par ces mots : Sa blessure S4:ra notre salut. Enfln, il fut pendu, et Sun corps enterré sur le soir. Le troisième jour, ses di>ci|)les étant venus au tombeau et n'y ayant pas trouvé son corps, ils se mirent à crier : il n'est pas dans le tombeau ; il est monté au ciel, comme il nous l'a dit pendant qu'il était vivant. C'est que Judas avait enlevé le corps pour se moquer d'eux.»
mes dont il est entouré. Pendant la captivité même, Ëzécliiei le proclame à son tour. GVst là le fond de t*Ancicn Testament, el qui ne sait p:is le voir, celni-là est un aveugle désespéré. > (Mgr Pbnticr^ La vraie Vie de Jésut, etc., p. 87.)
ie) Mgr IMautier, La vraie Vie de Jésus, eic, p. 55, 51.
(/) Le n. p. Grairy, Les Sophistes el la criiitiue, int^, 180i. p. Ili.
L«M Juifs disent encore : c Cependant douze hommes» qui se disaient .es envoyés du iteniiu, parcouraient les royaumes pour lui faire des sectateurs. Ils s'attachèrent un Krand nomhre de Juifs, parce qu'ils avaient Imaucnop d'autorité et qu'ils confirmaient la n^ligion de Jésus. Les sages affligés de ce progrès» recoururent h Dieu, et lui dirent ; Jusques è quand, Seigneur, souffirirez- Tous que les Nazaréens prévalent contre noo^y et qu'ils massacrent un nombre infini de vos serviteurs? Nous ne sommes plus qu'un très-petit nombre. Alors Simon-Céplias. qui avait beaucoup d'autorité |>armi tes Nazaréen^, fiarce qu'il ressuscitait des morts et faisait d'autres miracles, dit aux Nazaréens assemblés dans leur métropole :
Jésus, dont je suis l'envoyé, m'a ordonné de venir vers vous; promettez-moi avec serment de faire tout ce que je vous commanderai. Nous le ferons, s'écrient-ils. Alors Simon leur dit : Il faut que vous sachiez i|ue ce pendu a éié l'ennemi des Juif:; et do leur loi, et que, suivant la prophétie d'Osée, ils ne sont pas son fieuple. Quoiqu'il soit en son pouvoir de les détruire en un moment, il ne veut pas te faire ; mais il désire qu'ils restent sur la terre, pour qu'ils soient un monument éternel de son supplice. Au reste, Jésus n'a souffert que pour vous rarheler de renrer,et il vous commande, par ma 1)Oucbo, de ne point faire de ma) aux Juifs, de leur faire, au contraire, tout le bien qui dépendra de vous. Ils lui répondirent: Nous exécuterons ponctuellemenl tout ce que vous nous avez ordonné; nous vous demandons seulement de demeurer avec nous : J'y resterai, leur dit-il, si vous vouiez me bttir une tour au milieu de la ville, pour me servir de logement. On lui bâtit ane tour, dans laquelle il s'enferma, vivant de pain et d'eau, l'espace de six ans, au bout desquels il mourut, et fut enterré >dans cette même tour, comme il l'avait ordonné. On voit encore à Rome cette tour, qu'on appelle Péier^ qui est le nom d'une pierre, parce que Simon était assis sur une jucrre jusqu'au jour de sa mort Ig). »
Voilà un abré^ré textuel de rhisloire de Jésus-Christ, telle que les rabbins l'ont arrangée, et que les Juif» ont coutume de la lire manuscrite, la nuit de Noël, pour blas- |ihémer le Sauveur. A part les insinuations impies et quelques circonstances ridicules et d*une absurdité évidente , on voit dans ce récit ennemi les mêmes faits que dans l'Evangile. On y voit jusqu'au voyage de
(o) Toi doih /l'stf, apnd Bnllei, EUtoirt de Vélabliihiuunt du chriniftiiitmet tirée de$ seuU aulenn jftifi et paient f etc., io-8; voir aussi : La religion chrétienne autorisée pur le témoignage des anciens auteurs paims, par lu P. Dominique de Colonia, lie la (!oinpaguie de Jésus, la i* édit. publiée par Tibbé Labou«UTie, in-8, iSSG.
(h) Rolirbachcr, Uist, univ» de VEgî. ca/A., lom. IV, p. 571.
(i) Tacite, AnnaL lîb. xv, n. 41 ; Pnue« Epist, lib. I, episi. 97 et 98.
(/) ^^U' Paganisme et judaïsme , ou Introduction k rhistvire du christianisme, par J. Ducllifti;i r, X
DFCTIONI». DE LHfST. UNIV. DE LKGLISB.
ÏTI
saint Pierre è Rome, et la reconnais^mtrc que doivent les Juifs i la protection des Papes (A).
Si l'on considère les aveux que renferme cette histoire rabbin ique mnsi que d'autres )>areillesqttîont cours parmi les Juifs, on ne s^étonnera point de ce que nous lisons dans Josèphe. Cet auteur écrivait environ soixante ans après la mort de Notre-Seigneur, et peu avant le règne deTrajan. Nous savons par Tacite et par Pline (i), que le Christ et tes Chrétiens étaient fort connus alors des Romains. Le but que se propose Thistorieu Juif, est de relever la gloire de sa nation.
Dans cette vue, il ne craint pat de dissimuler certaines choses qu'il pensait devoir foire une impression défavorable dims Tesprit des lecteurs, comme le massacre des Sichimites par les enfants de Jacob; tandis que, de l'autre cAté, il applique àVespasien les oracles qui annonçaient les grandeurs du Messie. De son temps il y avait un grand nombrede Juifs è demi chrétiens» comme les Nazaréens et les Ebionites, qui reconnaissaient Jésus-Christ pour le Messie» et avouaient ses miracles et sa résurrection.
D'ailleurs la séparation îles Juifs et des Chrétiens n'était fioint encore complète; et, dans l'esprit des gentils, les chrétiens passaient encore |r)Our une branche du Judaïsme (j). II était donc dans les intérêts de Josèphe, de parler de Jésus comme il le fait dans le «.passage que nous voulons citer.
Après avoir raconté une sédition sous le gouvernement de Pilate, il ajoute : « En ce temps exista Jésus, homme sage, si toutefois il faut l'appeler homme; car il faisait des œuvres merveilleuses, et fut le docteur des hommes qui reçoivent la vérité avec plaisir.
Il s'attacha beaucoup de disciples et d'entre les Juif:»* et d'entre les gentils. Celui-ci était le Christ. Pilate l'ayant condamnée la croix, sur les poursuites des premiers de notre nation, ceux qui l'avaient aimé d'abord ne cessèreni point pour cela. Car le troi>ième jour il leur apparut de nouveau vivant : les divins prophètes avaient dit de lui ces choses merveilleuses et une inGnité d'autres; la tribu des Chrétiens, qui ont pris de lui leur nom» n'a pas défailli jusqu'à nos jours (t). »
Ce passage, traduit le plus littéralement possible , se trouve dans tous les manuscrits : il a éié cité tout au long par Eusèbe, saint Jérôme et un grand nombre d'autres anciens. Tout prouve qu'il est authentique (/). Pour y trouver de la difficulté, il
Tol. in-8, Bruielles, 1858, tom. IV, liv. x.
(k) Josèphe, Antiquités judaïques^ liv. xvni, r. ^1.
(/) Sur Tauiorilé de ce fameux passage de Josèfdic. V«tf« Hut'l, Démonstration évangélique, pru|t. III, an. i; Tilleiiioiit, Mlém. noie 30 sur U /iaiiii< ^ des Juifs; E>aiibu7, De teslimonio Ckristi, de l*édii. d'Havercamp, sur les livres rabbiniques , Cf. Bas- ' nagt^, Hisi* des Juifs, liv. in, c. 6ei seq», liv. v, c. i3;Chrislian Wulf, Bihliotheca hebraicat p. n» lib. iv; Buxlorf, Reeensio operum Talmudisl.; Ikirtolocci, Bihliotheca Rabbinicu; le cardinal G. Grass^îni. Jugement de Jésus-Christ devant Caipke et Pilate, Disc, proiioucé à rAca''é!nic des Arcades
niSCOCKS SUR LA VfK DE N.-S. JKSUS-CHRIST,
f itil y on rnoUre : r/esl ce qu'ont essayé GrTidIns critiques protestants. Ils s'étonnent qu'un Juif dise de Jésus qu'il était le Christ. Opon«lant rien de plus simple. Comme nous le voyons par Tacite, Suétone et Pline, tout le monde connaissait alors ce personnage extraordinaire sous le nom de Christ.
Joèèphe ayant commencé d*en parler sous le nom de Jésus, il était naturel d'ajouter que ce J<^sus était le Christ, connu de tout le inonde, et dont les chrétiens avaient pris leur nom. Il n*est pas dit que Josèphe le reconnût pour le Messie annoncé par les l>rophèies.CèlafAUil,il n'aurait encore parlé
3 ne comme les Juifs Ebionites. Quand il ouïe si on devait rappeler un homme, ce n*est pas qu'il pensât qu'on dût l'appeler Dieut méïs propnète (m). Il ne dit pas précisément ()u'il soit ressuscité, mais qu*il apiiarnt vivant le troisième jour. Crût -il même sa résurrection, avec les Juifs Ebionites, il pouvait n'en rester pas moins Juif. Et lorsqu'on pense, d'un côté, aux histoires que les rabbins ont faites de Jésus-Clirist, i*t dé Tautre, aux circonstances dans lesquelles Josèphe écrivait, il n'y a rien que de nalnrel dans ce qu'il dit.
D'ailleurs il est h remarquer, comme le dit un savant prélat (n), que, malgré toute la perfidie avec laquelle les Juifs l'ont mené au supplice, les esprits les plus élevés parmi eux n'ont cessé de reconnaître la Tertu de Jésus. Jamais, au milieu des attaques contre la divinité de sa Mission ou des fables ridicules substituées i ses miracles, jamais, disons-nous, les adversaires de Jésus n'ont porté rentre lui une accusation de péché. Enfin il est positif, en fait, que li*s écrivains juifs qui ont paru après la |Mihlication des Evangiles, tels que Philou et Josèphe, n'ont jamais contesté l'exaetilude des récits évangéiiqups. « Quel est l'étranger, comme l'observe un auteur (o), qui eût osé prêter aux Pharisiens, à une secte riche et puissante, des superstitions aussi bizarres et un rigorisme aussi outré,
il«* Rome, trait. île Piulien, par l*al>bé C. Tardivon, iu.12. ISt^i, p. 3; rablié V. naviii. ih larérUédm Ckriêî contre Reuan le gnoUique^ in- 18, p. 48. — Voir plu» loin, dftiif la { 5 de ce Dittcour» , noire iM»ie sur le Tatinnd.
(m) José|)lie emploie le mot&y4p,vtr, et non pas ftvOpttfico;, homo.
(«i lls>^ le cardinal Grassellini , opuscule cité, p. 6.
(a) U. VM*é Darras, Hntoire de S. S. Jé9H9- Ckriêt^ expoiUion dti mini* Evangiles^ t vol. 111-8, 1864, loin, t
(p) Bullei , Bisl. de Véuibt'mement du cbrUiia- 0wme.
Of) Voy. Biblioth. orient., par d*H«rl)clol, parlicunérf iiiHil les ariicles lêêa et Miriam^ et i'Àlcoraa, irailuh |iar Du Ryer, euire autres le cliapiire istiliilé ÈÊarie»
(r) Tabiêuu général de Cêiuffire Ottoman, par U*Oss«Mt, lom. III, édil. in fol,
(«) Le Coran, suraie 3, n. 48, de Téiiitîon de Mararei i69S, i vol. in-foi , tout. Il, p. III.— M. r3bl»é V. Davin auqui'l nous empruiiious celle remarque dans son livre intitulé : De la divinité dn ChtUt contrt Renan le anohtme, i vol. iul8, 1804,
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aussi extravagant que celui dont l'Evangile fait mention presque h chaque page ? »
Après avoir eutendu les Juifs, faut-il ajouter que les païens et les mahométans euxmêmes avouent également les principaux faits de l'Evangile? T^s liaient, comme Julien l'Aposlal, Hiéroclès, Cel<e, Porphyre, dans les écrite mêmes qu'ils ont faits contre la religion chrétienne, s'accordent k dire que Jésus-Christ est né d'une pauvre femme de la Judée, qu'il fut lui-même un pauvre artisan, qu'il s'enfuit en Egypte: que, nevenu dans son pays, il*as«emb1a une troufte de pêcheur!^, cens sans lettres, grossiers, ignorants ; qu'il se donnait pour Dieu, enseignait une morale dure et austère» et fut attaché k la croix; qu'enfin, lui et s«'s disciples faisaient des miracles, guérissaient les malades ; seulement ils attribuent ces miracles h la magie, toujours à un pouvoir surhumain Ip). Quant aux mahométans, dans leur Alcoran, ils reconnaissent Jésus-Christ comme le Verbe de Dieu et le Messie né miraculeusement de l'Immarulée Vierge Mario, qu'ils appellent la source do toute pureté, et ils le révèrent comme un grand proj)hète qui avait l'Esprit de Dieu, ressuscitait les morts, est monté au ciel pour venir k la fin du monde juger tous les hommes, et à qui appartient la justification de Vâme et la conversion du pécheur (q) , tellement que, dans le code f>énal des Turcs, il y a peine de mort, iansrémi$sîonnidélat\ contre qnironque nierait ta mission divf'ne deJésuS'Chrîst{r),ei (|uo Mahomet lui-même croit et veut qu'on croie aux miracles de Noire-Seigneur Jésus-Christ (s}.
Tout ceci est éclatant. Mais si, dans une certaine mesure, tous les peuplés de la terre ont attendu le Messie, et si ses ennemis eux-mêmes ont rendu hommage k sa venue, comme nous venons de nous en convaincre , il est surtout évident que les Juifs, plus que toutes les autres nations^ comptaient sur lui, il y a dix-huit cents ans (0- Et non-seulement la Messie faisait
p. 5i, 55, ajoute ici en note : Maracci ëlMÎt confesseur d*luuocenl IL 11 entreprit ceue éiiiiion H cette vaste étude et réfulaiion du Coran, louie pleine île documents aralies, par or«lre de son auguste pénitent. Innocent 11 lançait en môme temps Soliieftti au set-ours de Vienne. C'était en I683« Le Pape aui prises avec le Turc louait d*un autre réié conire Louis XIV, unissant la sainteté des pro»
{»liétes k une éloovenrc qui faisait radoiîration de *Kurope et que de llarlay, archevêque de Paris, ne p«Mivait »*empéclier d^envier. Comment Bossuel, Ik dessns, a-t*il pu écrire k Tablté de Rancë : tUne lioiine iuleniion avec peu de /MmiérM,cVMt uu grand mal dans do si hautes places ; prions, gémissons! 1 — Vou, notre article Isnocent XI, î'ape.
{() Nous insistons k dessein sur ce point, parce que nous croyons qu'on lie le fait geuéraleuient pas assez, ce qui fait que beaucoup d^apologistes semblent, sans sVn appercevoir , commeilre une ceriaine contraificiion. Ceci est arrivé notamment à M. I*ablié Darras dans son ttiiiohs de iVoire-Scigneur Jéêus-Chritt, S vol. io-8. D'une part, U esquisse TeiTrayant Ubieau des décadences paicunes, au point de vue moral et social ; il marque, t'hisloiie à U main, que les vcritôiî le;» plus élemcuiaires
DfCTIONN. DE L'BIST. UNIV. DE L'EGLISE.
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l'objet des désirs des Juifs en particulier ; non-seulcmcnt son oltente a survécu, chez ce peuple, à tous les bouleversements [u\ mais encore, — et il importe de préciser ce poim oflpilal, — nous voyons que d'après Venseijicnement le plus ancien et le plus grand de la doctrine hébraïque, ce Messie (levait être le Fii«s de Difeu, Dieu lui-même.-
Cette croyance résulte : 1* des passages de l'Ancien Testament, qui annoncent et représentent le Messie comme Fils de Dieu; 2* de la Tradition la plus ancienne en vigueur chez)les rabbins euT-mèmes; 3* des passages du Nonvoau Teslam«*nl, où Ton voit clairement Tidi^e du Messie avec l'idée de Fils deDieu,etd'avénemenl de Dieu (v).
Il est vrai cependant que l'idée la plus ancienne et la plus pure s'était altérée de la manière la plus triste depuis le retour de la captivité, et surtout h partir des Asmooéens et de la conquête des Romains (x).
Aussi, lorsqu'il y a dit-huit siècles, Notre- Seîgnenr parut sur celte terre, si une grande partie d'entre les Juifs le reconnurent, un
bion plus grand nombre d'autres prirent pour le Messie divers personna;?es plus on moins cannus dans l'histoire. El si maintenant les restes des Juifs attendent encore, sans plus fixer aucun lerme, ils n'en conviennent pas moins'avec tout l'univers que les temps où le Médiateur a dû venir, selon les prophètes, sont accomplis depuis environ dix-huit cents auj. En outre, cette vaine altente et ce prodigieux aveuglement du leur part ayant été prédits par les mêmes prophètes qui ont annoncé l'époque, les circonstances et les suites de la venue du Messie, bien loin d'être une difficulté, sont une preuve de plus, et une preuve toujours subsistante. Dans le vrai, les Juifs n*attendtml plus que le Messie vienne, mais seulement qu'il se manifeste; ils conviennent gént^ralement qu'il est venu dans les temps prédits par les prophètes, mais qu'il, reste caché h cause de leurs péchés, et le prophète Elîe Ifi manifestera : ce qui est très-vrai (y). Le Messie, n^tre divin Rédempteur, est venu, il à habité parmi nous, mais il reste
éraient sinon efTaedt^s, du moins affrens^'ment défi • gurées au sein de ton les los nations nolyihéistf^s, et rien nVst plus évident, n*esl pins solidement établi par les auteurs païens eux-mêmes. Mai^i lorsque finteur retourne b pave et affirme abfolument que le Réi^empteur c éfailsitenda par Israël et VhnmanUé ênHère, i il nous semb'a que c*c8l là toucher d*a9- •e« près le paraloftîsme.
Lincréilnitlé a vite saisi co dernier traU nonr expliquer ce qu*clle appelle le succès de TEvangile. I Tous avouez qu'un Sauveur ëlalt universellement attendu ; donc un Sauveur habilement forgé par rimagination de quelques enthousiastes devait èlre nniversellenient arcepié ; la foule ignorante et crédule s^ trouvait prédisposée, i Voilà le raisonnement de rincrédulité ; mais il est Taiii parce que. Indépendamment de lieaucoup d*anlres preuves, les adversairfS du christianisme ne se rendent pas rompie, quant au point spécial dont nous parlons, de Texacte situation des choses.
Oui, eeriaineiuent, Tattente du Rédempteur, attente qui Taisait le fond de la religion chez les Juifs, était aussi répandue parmi les autres peuples ; l'écho des promesses divines avait tetenti jusqu'au sein des profondes ténèbres de la gentilité: c*est de quoi lé !Uoi$rnenl, comme nous Tavous vu, les auteurs les moins suspects. Mais 11 faut remarquer en même tempst qu*au moment où le Messie voulut se manifester, le monde était plongé si avant dans l'erreur et le vice, qu'à peine demeurait-il quelques souvenirs des vérités primordiales, et que la mémoire des promesses relatives à la venue du Messie était partout affaiblie. Chez les Juifs euxmêmes, comme nous le faisons oliserver, l'idée du Messie était bien défigurée. Voilà la réalité des choses, et c*est là le vrai point de vue historique. Sans rejeter ni amoindrir 1c fait positif et éclaïaui des traditions et de l'influence qu'elles ont pu exercer, il faut cependant ne pas oublier les circonstances, et ce n*esi qu'en se plaçant sur ce terrain que tont s'explique et se concilie.
(a) L'idée messianique, cette Idée qui a été l'àmti do peuple juif dans tout le cours de sa longue bisloirc, n'a pas été comprise par Renan. i 11 u*y voit, dii un de s**s critiques, qu'un pur produit de l'esprit national. C'est là un de ces mots qui sonnent creux lorsqu'un les touche de près. Si M. Renan veut aller au fond des choses, qu'il essaye d*expliqucr couimcui une pareille idée a pu germer ex-
clusivement au sein d'une peuplade perdne dans nn coin de l'Asie. Qu'il explique comment ce petit peuple, agricole et sédentaire, a pu affirmer pendant denx mille ans, avec une vivacité et une énergie toujours croissantes, que toutes les nations de la terre recevraient un jour de lui leur eode religieux, tandis qu'une telle prétention n*a pas tenté «ne seule fois l'orgueil national des Egyptiens , qui se vantaient pourtant d*ètre les premiers-nés du genre humain : tandis qu*une idée do ce genre n'a pas même effleuré le génie si cxpansif de la rare belléninue, ni l'esprit cosmopolite de la Phénie.ie ou de Rome. Qu'il explique comment chez un petit peuple si eoncentré eu lui-même, si peu fait naturellemeni pour concevoir on pour jouer un rôle de domination universelle, comment , dis-je, ceite immense attente a survécu chez lui aux revers les plus cruels, aux déceptions les plus anières, sans que rien ail pu l'aflaiblir, ni tant de révuiulions intérieures, ni tant d'invasions du dehors, ni même une dispersion de près d*un siècle sur la terre étr:)ngère. i (L'abbé Freppel, Examen de ta Vie de Jésus de M. Renan, in-8, 14* édit. 4864, p. 75. 74.)
{v) Voy. le P. Perrone, de la Compagnie de Jésus, PrœlectiôneM Theologicœ , tom. V, p. 26 et lié; Hengstenberg, Chritiohgia veterisTettamenti, ainsi que les auteurs qu*il cite lui-même et dont il fait réloge.
{x) Il est certain que la tradition la plus ancienne des Synagogues sur le Médiateur attendu , ftortait
Sue ce serait le Fils de Dieu. C*éiaii bien le Fils de •ien, et nul autre, qui était l*objet des espérances, des soupirs, de Padoraiion du peuple d'Israël, de ses rois, de ses prophètes, d'Abraham à David , de David à Malaehie, qui lui donnaient le nom et les qualifications tieJéhovah lui-inéuie. Mais celte tradition se faussa : les fables trompeuses de Babylone, les guerres civiles, le joug étranger troublèrent les enseignements du peuple juif, jusqu'à ne plus lui faire voir dans le Messie qu'un conquérant et qu'un restaurateur de ses biens, de sa gloire et de sa liberté. (Mgr le cardinal Grasscliini, Jugement de JétuS'Chrisl devant Caiphe et Pitale, discours
f»ronuncé à TAcadéinie des Arcades de Rome, dans eqnel il réfute les erreurs de Salvador, dans sa Vie de Jéius, 1 vol. ln-12, trad. de i'abbc G. Tardivon, 1804, p. 26, 27).
(y) Rohrbacher, tom. IV, p. 27.
DISCOUKS SUR LA VIE DE N.-S. JESUS-CHRIST
encore caché pour les Juifs, et, en toinpsde Jeur conversion, Elie viendra pour le leur faire reconnaître.
On le voit» les priiicipanx faits de TEvangile sont prouvés indépendamment de !*£- Tangîle, et par le contraste du genre bnnviin» qui a aiteodu pendant quatre mille uns, et qui, depuis dix-huit cents ans, n'attend plus; et par le témoignage d^^s mahométans, des païens et des Juifs; et par la conséquence nécessaire de ces deux faits incontestables, Notre-Seignenr Jésus-Christ est un Juif crucifié, et Tunivers est chrétien.
Avecquellefoi et quel amour nelirons-nous donc rai$ maintenant rEvangiie* dont un écrivain non suspect a dit« Ce divin livre, te seul nécessaire è un Chrétien, le plus utile de tous à quiconque même ne le ser.iit pas, n*A besoin que d*ètre médité jiour porter dans l'Ame Tamour de son auteur, et la volonté d'accomplir ses préceptes. Jamais la vertu n'a parlé un si doux longage; jamais la plus profonde sagesse ne s'est exprimée avec tant d'énergie et de simplicité. On n't^n quitte point la lecture sans se sentir mell<leur qu>iuparavant (je). »
L'Evangile porte, en effet, sn preuve avpc lui-même. L'esprit de vérité, de charité, de Tie et d'amour y respire à chaque page. Les apôtres y racontent, avec une candeur et une simplicité inimitables leurs propres délaots, leurs propres fautes, les souffrances et )es humiliations de leur divin Maître, sans aucune parole amère contre ses enncniit {a}. « Ahl s'il était possible au scepticisme frivole de nos rhéteurs contemporains de voir juste et clair dans les choses de la foi, leur admiration serait sans bornes devant lesévangélistes. Ils ne seraient pas senleoient ravis de ce ton calme, hoonèie, simple, désintéressé, convaincu, qui donne »nx récils de ces auteurs sacrés le plus frappant caractère de véracité qu'ait jamais eu l'histoire (b). Ce qui les transporterait
{%) l.-J. Ronçseati, Béponge au roi de Pologne.
{a) c Le style de t*R\ati((ite, ilil Pascal, est a«lmiralile en une inflnîlé île manières, et eiiir^autrcs en ce «tu^il n*y a aucune invective de la pan des hisioriens contre Judas ou Piljile, ni contre aticûn des ennemis ou des bourreaux de Jésus-Christ. Si cette iitodeslie des Ifistoriens évangéltques avait été affectée, aussi bien que tant d^autres traits d*un si beaa rarartére, et qu ils ne Toussent affeci^e, que pour le faire remarquer; s*ilt n*avaienl osé le remarquer evx-mémes, ils n*auraient pas manqué de se procurer des amis qui eussent Tait ces remarques à leur avanuge. Mais comme ils ont agi de ta sorte sau affectation, et par un mouvement tout désintéressé. Ils ne Toni fait remarquer par personne. Et je crois que plusieurs de ces clioses n ont p<>liit élé remarifuées Jusqu*icl ; et c*est ce qui témoigne detanaive:éavec laquelle lai-hosc a élé faite, i (Peittin é9 Ùtahe Pateal, rétablies iuivant te plan de fûmuur. édit. de J, M. F. Frantin, 1 vul. hi-t!!, î« édii. 1853, p. 276.)
(â) Le prélat que nous citons ici dit encore ail- Icnf • à ce sujft : < Il ne nous sulDt pas de dire que lis évaogcltstei et Jésus Gbrist furent sincères.
surtout, ce serait ta ftctilté divine nvec fa« quelle des écrivains sans lettres, sans éducation , sans théologie , reproduisent les enseignemenis si nonveaux, si élevés, si féconds dont Jésus les a faits les dépositaires et dont ils doivent être les apArres. Ce que leur a dit leur Maître sur son éternelle génération et sur ses relations, soit avec son Père, soit avec le ParacletquMI doit envoyer plus tard au monde, les autres dogmes pitis ou mofns incompréhensibles qu*il révèle, la morale si pure qu'il proclame, les perfectionnements par lesquels il place la loi nouvelle at] dessus do la loi mosnîqne fc), la forme h laquelle il ramène la famille rendue k Tunité primitive, les destinées qtrîl annonce à ses futurs disciples , l'organisation qu'il leur donne, les espérances et les ressources dont il les met en possession, tout cet ensemble de doctrines, d'oracles et d'institutions n'était point, par sa nature, h la portée d'intelligences vulgaires. Il était, ponr elles, difri»*lle de le saisir avec précision, plus difficile encore de le rédi<:^er av^c eiai'.litude. Eux qui n'avaient jatnais été en contact qu'avec des comptoirs ou des filets avaitt l'apparition de Jésus, leur métier ne les avait point initiés k des préoccupations si hantes.
« La manière dont le Sauveur les instruit devait ajouter encore à l'embarras naturel de leur ignorance. C'était en voyageant que Jésus leur donnait ses leçons el^ leur dévoilait ses secrets. Un jour, il leur parlait sur la montagne, un autre jour, c'était au bord d'un lac; là c'était d'une révélation; ici d*une vertu; une fois, c'était soi^s la forme d'une parabole, une autre fois, c'était par un discours direct et sans figure; tnnlftt c'était à profios d'une rencontre, tantôt c'était à Toccasion d'une autre. Nul enchaînement apparrnt, nulle gradation sensible ne liaient entre eux les divers détails de son enseignemonl sacré. L'harmonie et l'unité régnaient dans le fond des choses» n'ais elles n'existaient point dans l'exposition quVn faisait le Sauveur, et, pour rassembler en
nous afïinnons et nous confesserons jusqu'au sang qu*ils ont élé vrais. Les évangélistes ont élé vrais» parce qu^ilg ont tout ce qui constitue des témoins lidèles, et (|ue l^Esprii- Saint a parlé par leur Imiu* clie. Jésus €lirist est vrai parce qu'il e$t la vérité substantielle et la lumière par essence. 11 déliait autrefois les Juifs de pouvoir avec raison lui re* pruclier justement une faute ; depuis dix-buit siècles il délie ses ennemis de pouvoir lui reprocher justement une erreur. Lui convainc de luenstmge ou de folie toutes ies doctrines qui se mêlent d« démentir la sieiino ou de s'en <fcarier; aucune n'a eu Jusqu'ici le droit de lui renvoyer la même bumiliation. Des tnsultes ou des futilités, à la lionne heure; de solides objections. Jamais. Maiy^ré toutes bis adressions, fa parole demeure consiainmenl Inultérabl', cl cuniine il Ta dit tid-méme {MaUk. siiv, 55), les cieux cl la terre passeront avant qu*on ail pu signaler dans ses révelaUous sainips même une seule syllabe dliiexactitude. a (Mgr Plantier, La vraie Vie de Jéiut^ p. l44et 145.J
{c) Mous nous étendrons sur ceci nu peu plus loin.
Itlllt
DlCTIONtï. DE L'HIST^UNIV. DE I/EGLISE.
jiine seule gerbe fouf ces épis épars. il eït éTident que de paurres bateliers el un obscur pubticain ne pouraient humaineiDeni sufiire è ta tâche (a). »
Et, pour nous reTéler, comme ils Pont fait, le cœur de Jésus, Tentreprise était encore bien plus au*(1e$sus do Icur^ forres I D'oil ont pu Tenir» sinon d'En-Haut, ces
EBintures do la tendresse de J^sus pour les ommeSv et surtout de cet ineffable amour qull avait pour son Père, amour si ex(}uis« si impalpable» si ardent, si dévoué, si généreux, si accessible aux nobles indignalions contre ce qui le blesse {e)f Qui a conduit Tîntelligence de ces illettrés dans leur œuvre? Dira-t-on qu*i Is ont tmo^iné Jésus (T), eux dont toutes les paroles sont marauees au coin de la plus complète sincérité, et dans les discours desquels règne un accent admirable d'innocence et de bonne foi parfaites?
« Us écrivent sans art et sans précautions ne se défiant pas de <-e qu*ils disent et ne
1 paraissant pas croire que personne veuille amais s*en défier. Convaincre, plaire et toucher leur est indifférent; ils ne songent ni h fournir des preuves, ni h «charmer IMroagination, nia faire appel au sentiment.
Fs disent ce qu'ils ont vu, et le disent avec snngfroid, sans y join^lre ni rsisonnemeut, ni conjecture, ni n^flexion d*ancune sorte.
On voit que c'est la vérité qu'ils exposent, et non leur style qu'ils apprêtent, ou leur personne qu'ils recommandent... Ce qu'il y a de plus remarquable encore, c'est leur impartialité, on dirait presque leur neutralité ; «;ar, ayant entrepris d'écrire leur livre par amour de Jé«us-Christ, ils n> parlent de lui que du ton le plus tranquille et le plus désintéressé. Vous les croiriez tout à fait étrangers au personnage dont ils retracent
(d) Lettre pa$tor. de J/^r Plantier^ év. de Nîmet^ contre un article de la Revue de$ deux llondes^ în* titulé : VEvangiie et Chigtohe^ par E. Euvetj "i^ é'Iii. in 8. 1803, p. ^, 53.
(e) IbU., p. 5i.
<P c G*'nx qui noos pArknt de Jésus , ii*a pas craint de dire un île nos libreêpemenre. ne le connaissent pas, il* nmaginent...; la légende de Jésus est on travail d'imagination el de transformation poétique (M. Ernest llnvet, Revue d et deux Mondée^ livraison du !•' août 4862. p. 591, 587). > Ah ! les évangétiAles ont îma^M Jésus! Ils Pont Imaginé sans travailler sur te vrai, sans copier diaprés nature, il» ont inventé ce divin original ! Ils ont tiré dVux-méuies, tout simplement et sans avoir Tair de 8>n douter , cette figure sans pareille, ce caractère unique devant lequel le monde civilisé est en a loraiion depuis dii-liuit siècles ! Ce sont quelque» pauvres ignorants, auxquels vou4 reprocliex nue foule de bévues, qui ont produit ce chef-d œuvre, qui oui retracé l*idéal du divin avec une vérité et une simplicité si touchante et si majestueuse t Et vous ne pouvez pas même nous citer le« noms de ces h:>rami'S doués d*une telle force imaginaiivc I LMiihlotte, d*après vous, ne sait rien de ces créa» tures anonymes qui un beau jour ont doté Thuma » nilé d*un Homme-Dieu t Naisance, patrie, vie, tout est resté dans Tombre; la seule chose qu*on connaisse d'eux, e*cbt qu'ils ont imaginé Jésus-Cbrist , et dtt|iuis cii moment-là, le inonde entier a vécu de leur iuveuliuD (M. Tabbé .Frepoel, Exameiu ctc •
rémouvnnle histoire, si voua ne saviez d*ailleurs qu'ils ont parcouru rtinivers, affronté les périls, subi jes persécutions, les lourments et la mort pour la gloire de son nom et le triomphe de sa doctrine ; car ils ont immolé leur vie h Jésus-Christ el scellé de leur sang généreux la vérité de leur grave et sflint témoignage (g), a
Oui, on ne peut lire ces pages si sinrples et si belles, san« rester convaincu qnec*est Dieu qui les anime et les remplit, un Diou qui en est le principal auteur et Tunique objet. On y seul passer e't frémir un souffle qui, selon le mot des Ecritures (A), annonce le Seigneur : on y reconnaît le Messie que les prophètes ont prédit et que la foi des nations a longtemps attendu; on y trouve Cartout le Verbe éternel qui s'est fait ommeau milieu des temps, et n*a pas dédaigné d'habiter parmi nous (t). Oui, bien certainement, les Evangiles seraient l'œuvre d'art par excellence, s'ils n'étaient l'œuvre unique de la vérité. La divine flgure de Jésus, quoique présentée sous des jours différents, y est toujours semblable à elle-même, et toujours incompaiable, non-seulement dans cnaque Evangile, mais dans les quntre Evangile^, qui pour cela sont l'Evangile (;). . Mais nous no devons pas nous borner à ces preuves tirées du caractère intrinsèque de l'Evangile; nous avons bien d'autres marques de leur authenticité.
Il y a eu, dit un apolo-^iste (i),|il y a eu, dès la rédaction des Evangiles, si nous pouvons nous exprimer ainsi, deux traditions pour ainsi dire, deux contrôles qui en ont garanti l'authenticité originelle et l'intégrité constante, avec d'autant plus do certitude, nue ces deux contrôles, ennemis l'un de I autre, se contrôifiienl eitx-mèmes réciproquement, et formaient ainsi une garantie
p.Ul,ti2).En vérité, Il n'est pa» possible d'avancrr une plus groste absurdité, et c'est ce que vous dé* montre un des vôtres, M. Edgard Quinct lui-même, lorsqu'il dit : c Sans nous arrêter à celte observation, accepterons-nous, pour tout expliquer, la tradition populaire, c*est-à-tlire le mélange le plus cunrus que rhisloire ail jamais laissé paraître, un cliaos d*Uébreux, de Grecs, d*Ëgyptiens, de Romains, de grammairiens d'Alexandrie, de scribes de Jérusalem, «rEssénieiis, «le Sadducéeus, de Tbérapeuies, d'adorateurs de Jébovab, de Mitbra, de Serapis? Dirons<nous querelle vague jiiuliilude, oubliant les différences d*ongiue, de croyances* d'instiiulions, s^est soudainement réunie en un stuil esprit pour inventer le même idéal, pour créer de rien et rendre palpable à tout le genre bu main le caractère qui trauclic le mieux avec le passé , et dans lequel on recuunalt ruuiië la plus maairesic? On avouera au moins que voilà le plus étrange miracle doni on ait jamais entendu pailer, et que Teau changée en vin u'esi rien auprès de celui-là. i (E. Qiiinct, Allemagne et Italie^ loin. 111, p. 582).
{g) Mgr Darboy , arcbev. de Paris, Leitre. past. tur la diifinité de Jéêus-Cliriit, éiliu iu-18, 18G4» p. il et 12.
lh)Ill Reg. xix,12;io6iv,16.
(i) Mgr Darboy, ut supra»
{j) La divinité de JéêUê-ChriU^ etc.. par A. Nicolas, p. 55.
(k) nid., p. 157, 158*
m DISCOURS SUR lA VIE
homainrment infoillible, puisqu'elle Tétait en raison même de l'opposition de ses été* ments. C«>s deux contrôles sont cilui de la foi, et celui de Timpiété.
I^ tradition chrétienne, trndition publique dans les fi^iôles et vigilant» dans les pasteurs, offrant par elle-même une double
Sarantie, a saisi les Evangiles dès leur réaction. Elle nous les H)oulresf)Us la plume en quelque sorte des Evangélistes, et immédiatement en lecture et en témoienae dans les assemblées des Odèles et dans 'i*s écrits des confesseurs, sans qu*ii y ait eu le moindre intervalle de temps pour la légende (/)• En luAme temps les hérétiques, les juifs et les philosophes commencent, ou plutôt continuent cette guerre qui avait commencé autour même de Jésus-Christ, ei sous le feu de laquelle furent écrits les Evangiles (m). Us en surveillent Tauthenticité, la Rdélité historique; et si grandes sont celles-ci, qu'ils osent tout» sans qu'il leur vienne h la (lensée de les contester. Les quatre Evangiles deviennent le document commun, le terrain du combat. Mais sans nous arrêter davantage sur ce point, pour le moment, car nous verrons tout k l'heure
(t) N*s-t-on pns parlé, de nos jours, de légende^ et o*rst-ce pas dans le livre de Renan que Pou ne enml pulni d'avancer qae c c'est le peuple luiwèie qui a créé après coup les légendes merveille«ses» de TCvangUe ? A cela Mgr iUantier répond : « Aa seia da polyikéisuie est-ce te peuple qui a ecpé tes lë^tfiiil<:s merveilleuses? C'est possible, «IwMque i^ale encore beaucoup de peine à le croire. fiais pour TEvangUe, il faut dire d'aluird qu'il •Vxiai« p;ts de légende dans le sens qu*on aUribue orOiuairenient k ce mot ; il n*y a que de Thistoire. Knsiitie b légende ne couimence que plus ou moins k«i|tenps après tes événements ou les liommes auxquels elle se rapporte, et dans cet intervalle les fait» cl les souvenirs sont plus ou moins dénaturés, pl«s ou moins embellis par l'iuiaginaiion populaire. Mais ici nous avons deux témoins des cboses racoatées, saint Matthieu et saint Jean ; deux autres ne les ont pas vues et entendues par eux-mêmes, saial llarc et saint Luc, mais ils les ont recueillies de lénoins immédiats, et Ton peut dire qu'ils y ont loocbé, puisqu'eiitre elles et eux il u*y a qu*uu io- Icnaédiaire. Ainsi le peuple n'a eu ni le loisir, ni la pcme île créer la légende. 11 aurait pu u»éme au iieswta reclttfer ks récits des évangélistes, s'iU avaient été , par impossible, inexac^ ; il est conilai0»enl eu action, on parle à chaque pas de miracles et d'actes Untôt honorables pour lui, tan- 1^ buniliauts, dont il aurait été le spectateur, rtnstmniMit ou t^otijet. Evidemment il aurait pu protetier et H n>ùt pas manqué de le faire, si Ton eèi atesé de bOn témoignage oti de son ngm pour garaiiUr des impostures dont quelques-unes eussent mamé à sa honte. Ce irest pas ainsi qu'on ii^veute po«r le peuple ; ce ifest pas ainsi non plus que le pesple invente po*ir lui*inéiiie.i (Inil, pAMor» de Mgr Plaafier, contre un ouvrage intuulé : Vie de i<é«i, par Ernest Renan, etc. ,2* édrt.in-a, p. 4.1 , 42;.
{m} On n'a pas attendu notre époque assurnuient peer bUsphéuier Jésus-Christ, notre adorable Miiitreet Sauveur. Dès Torigine/ même sous les apdtns, les impies ont commencé leur œuvre. — Voy. ttoire anicle-SscTEs ouUésésies des premishs temps K cnmisTUMisHB. — f Longtemps avant nous, dit Bussacl, lOQs les fondemeuts de noire s.itut oui été iiia<taés même par des gens qui faisaient prole5-
DE N.-S. JESUS-CflRIST. tavr
le témoignage de rincréduiîté elle-mAnie, Il est bien évident que le contrôle on la surveillance des fidèles est ici d'un grand poids. En effet, les premiers chrétiens, comme le remarque uti critique (n), sortaient de la Synagogu?, et le respect des Juifs pour la lettre de TEcriture siunte est chose nroverbiale : y changer une syllabe passant pour un crime à leurs yeux. Comment pourraiton supposer, dès lors, que les disciples de TEvaiigiie n'eurent |ias pour les Livres du Nouveau Testament la vénération qu'ils professaient pour Tbistoiredes juges et des rois d'Israël? L'auteur de l'Apocalypse exprime le sentiment général des premières communautés chrétiennes, quand il prononce l'anathème contre quiconqne oserait ajouter à son livre ou en retrancher un seul mot(o). Mous avons donc, dès Tohigine, la plus grande sécurité touchant l'intégrité des Evangiles. •
Ces saints Livres, en outre, sont bien des personnages dont ils portent chacun le nom.
On dirait, comme le fait remarquer un grave auteur après saint Jean Chrysostome, que les écrivains sacrés aient voulu a'effacer h demi pour bien faire comprendre que,
sion de christianisme. Le perfide Arîus a nié h dlviuiié de Jésus, Tinsensé Mai cion a nié son hu« msnité; le Nesiorien a divisé les personnes, TËnlycbéen a contondo les natures, et sur la personne de Jésus toutes les inventions diaboliques se soi4 tellement épuisées, qu'il ^t impossible de s*imaginer une erreur qui non-seuleuieni n*alt éié soutenue, mais même qui n*ait fait une secte suus le nom de dirisiianisme. > (i5ossuet« !•' sermon pour le S"' Dimanche dé TA vent, À*ur Jé$us-^hri$t eomme objet de scaudaie^ 5«* point). Ju»qu*à cette limite le passé reste digne du piésent, et le préseni ue paraît pas plus coupable que le passé, c Uais, ajoute Mgr Plantier, ce qui nous caractérise, ce qui nous rend plus inexcusables qqe les âges précédents, c*eit que nous outrageons la vérité nndue plus éclatante par le travail des siècles. Aujourd'hui rauthenlicité des Evangiles et leur certitude historique sont mieux que jamais démontrées. La divinité de Jésus-Christ e^t prouvée avec plus d^évidence. Aux téuioiguages traditionnels qui rétablissent s'ajoute celui même de notre civilisation. Lb monde moderne est tout entier sorti de ce dognw lé('4>nd... Tout semble flte réunir pour nous plonger eu pleine lumière. £t malgré cela, nous voyons des tkommcs illustres se passionner pour les lénébres et chercher, travailler k les répandre. Ils re-
Îrenoent les erreurs d'autrefois sur la divinité de éstts-Christ avec un cynisme de calme ei d*auaaie que ne dépassa iamais la Trénésie d'aucun sectaire. Ils comptent assez sur Tignorance ou la simplicné des âmes pour faire passer avec succès les impiolés même tes pt\is extravagantes, et leur espoir n'est pas déçu... honte de noire temps 1 Quel opprobre qu'on le méprise assex pour lui Verser à Ûots cette liqueur de déuience, et qu'il se respecte assez peu pour ne pas écarter la coupe de ses lèvres l t'est bien le cas de s'écrier avec Polycarpe: c (iraud Dieu ! à quel biècle Ue fer noua avez-vou» réservés?» (Instruct, panor. contre un anicle delà Reiue des deux Mondes, etc., p. 101, 102, f édit. in-tf; Voy.encore là-dessus ia !'• instruct, paslvf. du même prélat, i« édit. in-8, 1863, p. 7.)
(n) M. Taubé Fieppel, Exanten critujHe de la Vie de Jésus, etc., p. Itl et 20.
(o) Apoc. xxii, 18, 19.
DICTIONN. DE L'HIST. UNIV DE L'EGLISE
dMS l'Evangile qu'ils donnaient an monde, Usn*éiai«nt rien,tandis que Jésus-Christ était*, tout, et que IMmiiorlanl n'était pas le nom des auleurs, mais le nom de Celui dont ils racontaient la vie (p). De là vient le titre plus modeste encore qu'il n'est vagne, placé en télé des Livres quennus leur devons.
Mais, observe justement Mgr Plantier (9), les Evangiles ne sortent pas aujourd'hui de dessous tprre, après s'y être cachés dix-huit siècles. L'Eglise, qui nous les présente maintenant, vivait au niouient môme où ils furent composés. Elle en a vu les auteurs ; elle a reçu les pages inspirées des mains de ceux môme qui les avaient tracées sous la dictée de TEsprit-SaluL C'est elle qui alors les a répandues au milieu des peuples comme elle les y répand encore au temps où iK)us sommes, et elle leur a dit dès le commencement: «C'est là l'œuvre de Matthieu, c'est celle de Marc, c'est celle de Luc, c'est celle de Jean. » Et» à cet égard, il n'y a jamais eu, dans l'Eglise, deux opinionsi Tune plus vieille et l'autre moins ancienne: son opinion primordiale était sa foi actuelle.
C'est ce que saint Irénée nous apprend dès le II* siècle, alors qu'il parle des Evangiles et des (luatre auteurs, ni plus ni moins, auxquels on les attribue ; il a soin de proclamer que telle est la tradition des âges précédents, comme il se fait un devoir de le déclarer sur les autres points de doctrine ( u d'histoire (r). Dans ses réponses à l'hérétique Cassien, Clément d'Alexandrie consacre également un passage de ses Stro»
maies à (féclarér qu'il ne reconnaît que quatre Evangiles, parce que la Tradition ne lui en a transmis que quatre ; et dans celle parole il prétend d'autant mieux considérer les Evangiles comme une œuvre d'auteurs précis, li^erminés, qu'il les oppose à VEvan^ gile desEgyptienStUyve formé par traditions sans garantie, et rédigé par un écrivain sans nom. Tertullien est encore plus formel dans sou traité contre Marcion {s). Origène, à chaque pas, s'exprime dans le même sens, elles philosophes qu'il corn* bal songent eux-mêmes si peu à contester Kux Evangiles la généalogie qu'on leur attritnie, qu'ils se prévalentau contraire de
(p) S. Juan. Cbrysost., H omit, i« in EpiêtJ ad Rom.; Marcliîui, UtdmnU. et can. tib^liov.Tesh^ o. t.
(a) iiMl. pastor, contre un ouvrage InUtulé : Vie de i^<ttc,eic., i* édii. 1855, iii-a, p. 59 et suiv.
{r) S. Iréiiée, Adv. ffœres.^ litt. in, cap. S*.
{s) CleiiieiJt. Aleiand., Strom, lib. ni, cap. 13 ; Termll., Adp. Marcion.^ lib. iv.
(() OrigétiAï, Patsim et speciatim contra Celi.^ et Contmenl» in Matih.
{u) S. irénée, ut ftipra^cap. i; ilicronyin., Prolog, in Jiatlh,^ 11. 1.
{v) Yoy, noire arliclc ; Cunstitutioiis âfostoli- QUEs, loin, ill, col. 1 552-1 SSS*'— Nous rcclineroiis ici uue erreur qui s'est glissée dans cet ariicle. A la roi. 1555, ligne 14, c'est ni* êiècle qu*il faut Ure, aa lien de iv* eiècle.
(s) Comt. aposî,^ lib. u, cap. 57.
{y) ËMsèbe, Ui$t. ecclée.f lib. ii|, cap. 25 i S.
xxviu
l'humble condition dos Erangélistes pour se moquer des Evangiles(/j.
Il n'est pas un docteur parmi les oracles des premiers siècles, parmi ces inrestigateurs attentifs, laborieux et savants des tradition» et des antiquités chrétiennes, qui n'ait toujours regardé dans sa foi person* nelle et présenté dans ses écrits d'exposition ou de controverse les quatre Evangiles comme l'ouvrage des auteurs dont ils portent le nom. Et c'est précisément parce qu'ils les estiment sortis de celle nohfe source, parce qu'ils ont, pour appujer leur foi sur cette question, celle de toutes les générations antérieures, qu.'ils comparent ces Livres sacrés tantôt aux quatre fleuves qui s'épanchaient dans le Paradis terrestre pour le fertiliser, taniAt à quatre colonnes destinées à soutenir comme un temple majestueux l'édifice de r£fflise(tf).
Les Consiituiions apostoliques^ monument qui, sans être d'une complète authenticité»
est cependant très-ancien et réunit des témoignages d'une incontestable valeur (v), ne sont pas moins expresses (x). EuseUo enfin couronne cette longue chaîne par des détails circonstanciés sur l'originedes Evangiles, sur la certitude des traditions qui nous en désignent les auteurs, et après les avoir peints comme un char mystérieux que traînent quatre coursiers, il nous assure qu'ils sont admis tels quels par le consentement unanime de toutes les Eglises (y). On sait que dans le langage des auteurs ecclésias^ tiques cela veut dire un consentement aussi bien perpétuel que général, et qui remonte au berceau même de la foi.
Ainsi le témoignage le plus universel, la plus compacte, le plus soutenu, le plus antipie, atteste que le mot selon dans le litre des Evangilesa le même sens que par^ et que chacun d'eux, au lieu d'être simplement un récit recueilli des lèvres de saint Matthieu, de saint Marc, de saint Luc et de saint Jean, est véritablement une compositiondivinement inspiréedeces hommes apostoliques. Voilà ce que nous apprend la Tradition, qu*il est toujours si imporlani d'interroger et de suiTre ; la Tradition, dit le P. Grairj qui est plus forte que toutes les raisons et que tous les textes écrits (x).
Aug., De Con$, Evang.^ lib. 1, cap. 1, 2.
il) 8acbez-le lùen, dit à uon sopbistes uioderni'i *. Gt-Mtry, c la iradiiioii, que vous traitez coninie al elle iréiait pas, la tradition est de toutes li*a preuves la plus forte. Klle est plus forte que voa raisons et que les nôtres, et que tous Jes lexlos écrits. Votre ignorance des lois de la réalité peut seule vous doiuier la puérile audace d'affirmer HM\\ contre la tradition, seul sans les le\tes et malgré les teuttis. La tradition, beaucoup nûeut uue les textes écrits, est la résultante naturelle de 1 ensemble des données réelles de rbisioire, sauf accident, elle suit, comme l'eau, la ligue de plus grande penle des faits. De là la force considéiabie du quod ubique, quod semper, La tradition, ce n'est pas tel ou tel témoin, c'est rimoiensité Uislori«iue. Et que sera-ce, s'il s*agit de la iraditiOii cUrétieniie,tia plus forte, la plus solennelle, la plua ricbe, la plus pure et la plus dobalvue qui lût
DISCOURS SUft LA VIE DE N.-S. JESUS-CHRIST.
Nous safims bien que lo mot selon éta!t parfois (>ris à Torigine dans un autro son:^. ' On disail : c TEvaugile selon les Hébreux, i*£vangile selon les Egypliens (à). » Mnis on ne peut rien conclure de là contre la rigoureuse authenticité des quatre Kvangiies, et ct'la pour deux raisons : C*csl d'abord par ce (iu*un lifre attribué 5 toute une Eglise évideaimeut ne peut être ni Tœuvre de personne enj^articulier, ni désigné comme tel.
tandis qu il nVn est pfus de uiéme quand on parle d'un homme et qu*on couvre un livre de l'autorité de son nom. C'est ensuiie que pour ces Evangiles aux Hébreux, aux Egjptiensy l'Eglise dès le premier moment les a repoussés des Ecritures canoniques, tandis qu'elle y a placé dès leur apparition les quatre Evaugiles avec leur titre, entendu comme nous l'entendons encore aujourd'hui nous-mêmes. Et tout le monde comprend combien cette interprétation traditionnelle est décisive. Si le titre des Evangiles était d'une précision plus rigoureuse, si» par exemple, il exprimait que saint Mathieu, saintMarc, saint LucetsaintJeanen sont les auteurs aussi nettement que saint Pau! se déclare l'auteur de sm EpUres^ ce titre ne prouverait rien par lui-même; il faudrait encore l'appui de la tradition uour lui donner une autorité sérieuse. Ce qu*eIleseroit |)Our garantir un titre plus net, c'est cegu'ello est pour expliquer une formule moins catégorique; des deux côtés elle a le même K)ids et mérite le même respect ; et si on répudinitdans ce dernier cas, il n'est plus de désignation d'auteurs possible pour aucun des ouvrages que nous a transmis ranliquité.
Mais il y a les discordances des récits éTangéliques, soit entre eux, soit avec Tbistoire I rofane ; et, au lieu de voir que ces prétendues discordances sont même une preuve de la véracité des Evangélistes (^), les ennemis du christianisme les ont de tout temps exploitées avec une prédilection marquée. Déjà au 111* siècle le philosophe Porphyre s'en faisait une arme contre lui, et l'on sait que Strauss les a prises pour la principale de ses attaques contre la Y<^racité, et par suite, contre l'authenticité des Evangiles. Nous devons donc, à présent, examiner cette difficulté.
jttx
Il faut d'abord remarquer qu*il y a queU que chose de déloyal dans la manière dont les adversaires de nos Livres saints procèdent à cet égard. Tandis qu'une critique équitable vient en aide aux autres historiens e( cherche par ditférents moyens è harmoniser des relations en apparence contradictoires , c'est avec des dispositions toutes contraires, avec la d<^termination arrêtée de trouver tes Evangélistes en défaut, qu'on aborde leurs récits (c). Ce sont d< s accusés déjà condamnés dans l'esprit des juges , qui ne les interrogent que pour les prenire par leurs propres paroks et les mettre en contradiction avec eux-mêmes. Or, Tinnocenre même, dans une situation pareille, n'estelle pas en grand danger de succomber?
C'est également une chose entendue d'avance que toutes les fois qu'il y aura divergence entre les Evangélistes et quelque hi<(torien profane , le tort sera du côté des premier^. En vain, cet historien, Josèpho, par exemple, se trouvera-t-il, dans tel cas donné, aussi peu d'accord avec lui-même qu'avec l'historien sacré ; son témoignage, c|uelque contradirtoire qu'il soit, aura toujours toute la valeur requise pour annuler celui de saint Matthieu, de saint Luc, et même, s'il y échoit^ de tous les Evangélistes ensemble. Mais quoi de plus injuste et de plus déraisonnable?
Nous ne pouvons entrer dans le détail de toutes les contradictions qu'on a reprochées aux Evangélistes ; aussi bien cela n'est nui* lement nécessaire. La plupart ne sont pas difficiles à concilier : les exégètes rationalistes eux-mêmes, il faut leur rendre cetie justice,' en ont fait disparaître un asse::
grand nombre, et ont éclairci beaucoup de passages sur lesquels planait une obscurité qui jusque-là avait paru impénétrable. Cela ne donne-t-il pas lieu d'éspércr que de nouveaux efforts, des recherches plus ap-
Crofondies, auront encore îles résultats senilables, et diminueront de plus en plus lo nombre de ces difficultés ?
Mais quand il en resterait dMnsolubles ; disons plus : quand il serait démontré qu'il y a de ces contradictions, do ces erreurs, qui ne sont pas seulement apparenles, mais réelles, tout serait-il perdu pour autant?
la valeur historique de dos Evangiles seraitelle anéantie sans ressource ? Assurémeni
Jamate? Luiter contre cette iinineiisité et conire le ftcns général de son niouvi:ineut, c*est lutter contre l*Océan. i ( Lei Sophi$ie$ et la critique, p. i*9, 150.)
(a) Vit deJésut, Introd. p. xvi.
(à) Un bisiorien dit avec raison eeci : i 11 y a quelquefois dans les récits des evangélistes des diOérences, comme celle des deux généalogies, qii*anraieniceilatnemeniéviiées ou eipliquées des antenrs qui ite seraient concertés ensemble. On voit que cksicun écrivait de l*abondance de ion cœur et de t*abondance des choses, non comme faisant nn livre, mais un souvenir de piété pour des amis et des frères, dont la mémoire suppléait aux lacunes. En effet, la tradition nous apprend que saint Mathieu écrivit ainsi son Evangile pour les cbrciieos de la Paiestioe , saint Marc pour les
chrétiens de Rome, salut Luc pour les chrétiens de U Grèce, et saint Jean pour ceux de TAsie Htneur«*. Les personnes, les circonstances étant difléienteii, il n^ttst pas étonnant que, sur une multiiude iuOnio de choses à dire» fun dise ce que n*ii pas dit un autre, ou quM dise les mêmes choses, niais daiis un ordre différent* En t|uoi tous tes Apétres s'iiccorileni, c*êkt à donner leur vie pour attebter «o qu'ils ont vu et entendu. Quelqu'un a dit : Je crois volontiers des témoins qui se font égorger. Tout le monde peusera de môme. > (Rohrbacbvr, tom. IV» p. 275.)
{c) M. i'abhé II. Crelicr, dans son ouvrage intl^ tnlé : M, E, Heuan iraiùsMnt le Chriet par un tv man^ ou Examen critique 4e $a VU de Jésus, lu-8*. S*édii. ISOA,, p.Ulet»uiv.
txià
DICTIONN. DK LHIST, UNÏV. DK LBGLISE.
non, oo bien il^budrait dire qu'il n'y a plus d*histoire.
Nous faisons abstraction ponr le moment, .
de l'inspiration, pour ne considérer ces li Très que comme des documents historiques ordinaires«f't nous demandons sur quoi tombent Les contradictions et les erreurs qu'on leur objr*cle? cst'Ce sur les faits* sur ce qui tient nu fond de l'histoire? Nullement : ce n'est que sur des détails accessoires et sans aucune importance. Ainsi, il semble que, d'après un Evangéliste, ce soit h son arrivée dans une ville que Jésus-Christ a fait un certain miracle, et que d'après doux autres co soit à SB sortie; mais, à snp(>oser qu'il ne s'ai;is5e pas de deux faits différents, comme le pensent encore d'habiles critiques, et que le^ explications données par d'autres ne suffisent pas h concilier pleinement les trois récits, cette diversité de circnnstances n'estelte pas complètement indifférente, et ne faudrait-il pas avoir perdu l'esprit pour en conclure h la fausseté du fait même (d) 1 Mieux vaudrait nier qu'Annibal ait été en Italie, parce que les historiens ne sont pas d'accord surrendroit où il passa les Alpes |K)nr y entrer.
Pourquoi user dé deux poids et de deux mesures? Pourquoi chicaner les Evangélist«s sur des divergences tftixquelles on ferait h peine attention, qui du moins ne tireraient pas à conséquence» s'il s'agissait d'hibto-
{d) Il s'aieit île la guérison d^t aveugles prés ctti Jéricho, ITanft. XX, 29-54 ; Mare, x, 46-52 ;Lm£. xiviii, 55-45.
{e) l/auleiir des Ftagmentt dé WolfenbûlteL
\f, Dans TUaliick, Cridibilité de /Viisi. éoang,, p. 44B.
ig) Voff. Eludes dfhuL relig, par C. Renan, p. 164. On poiin-itU ciler plusieurs passages où cet écrivain jupe Slrauts comme il le mérite. Nous nous hornflrons k un seul, cel«î où, apiès avoir exposé la Cliristologie liégéliano-straussienne, il n*a pu sVnipécher de Tapprécier ainsi : i Voilà certes un langage étrange pour nos oreilles, et qui n>si propre à satisfaire ni le théologien ni le crîtirpie ... On conçoit maintenant pourquoi le livre de Strauss, nialgié sa renommée peut-être exagéiée, est resté isolé et n*a contente personne. L'historien le triMive trop vide de Tails ; le critique, trop uniforme dans s«4 procéJés ; le tliéoltigien, fondé sur une hvpolbèMs Buhv«>rsive du christianisme {Eludée d^kieL reilg. p. 161, 162). > Voilà donc ce qu*était, il y a quelf|nes années, aux yrux de M. uenan k peu prés comme à ceux d*Ewald, de Tholuck (voir là'dessus Tabbé Crelier, ohv. cil. p. 8 el suiv.) ei lie tout ce qa*il y a de savants eu Allemagne, la Vie de Jéeuê du docteur Strauss : un produit essentiellement anticbréticu, assez mauvai» d'ailleurs, du sol hégélien. Et après nous avoir fait lire ce jugement dans on livre où il déclare qu'aujourd'hui encore il n'a ri€ft à déêavouer {Eiud. relig.^ Préf. p. u), il vient, dans on autre, de van ter Tonvragede Strauss comme un excellent éenif et le prendre pour son principal guide en traitant de niéine sujet I ( Vie de Jésut, par Henau, introd. p. viii.) Ëi, celte contradiction (il eu a commis bien d'autres àreudioit de Strauss, comme le fait voir l'abbé Crelier, p. 67, 68, iOG), cette contradiction et cette ilatteric iront pas empêché le (a tneux docteur dédire, à son tour, du tivrede M. Itenan : c Vous avez aiigii.enié, écrivait-il à sou adresse dans un ouvrage
xxxn
rfens profanes? C'est l'observation d'un cri* tique non suspect (e):« Quand Tite-Live, dit-il, Polybe et Tacite racontent le même événement, la même bataille, leroAme siège, chacun avec des circonstances qui s'excluent réciproquement, a-t-on jamais pour co^a nié révénement sur lequel ils s'arcordent? ..
Si nous sommes assez équitables ponr ne pas faire subir la question à Tite-Live, h Denis d'Halicarnasse et à Polybe h propos de chaque syllabe « pourquoi ajiçir autremeni envers Mathieu, Marc, Luc et Jean (/l T a
C'est du reste , ce que le malheureux écrivain qui a osé toucher à la vie de Notre* Seigneur, ne peut s'empêcher de reconnaître lui-même dans plusieurs occasions, en blAmani Strauss d'être parti d'un principe contraire (g). Mais on objectera sans doute quo ces observations qui, appliquâmes h des historiens ordinaires , ne souffriraient pas de difficulté, sont incon)|)atibles avec la doctrine de l'inspiration surnaturelle des Evangiles. « Il n'y a pss d'à peu près pour le Saint-Esprit, a dit le critique que nous venons de désigner ; une chose ne peut s'être passée de deux manières h la fois. Voilà donc aux veux de la critique indép«*n« dante une objection décisive (A), a L'objection est sérieuse, nous le reconnaissons ; mais elle n'est pas, k beaucoup près, aussi décisive qtie se le figure la prétendue eriliquê moderne (i).
que le critique allemand vient de faire paraître (0ns Lebeti J<*sn iM^arbeitet von Strin^, Leipzig, tSCi, p 424) ; vous avez augmenté le nombre tie ces malheureuMS lenlaihet do ronper les Evangiles en morcraux (unglnkli^che theilnnqtveriuckê) ; vous ne savez donc pas quel insuccès ont eu en Allt*ma$;ne des essais de ce genre? > (P. 106 et 107.) C*est fthisl que Stratiss rélicite le diletunie Trançais {da$ frantcuêiche welikind) d*avoir propagé 808 idées par un livre tel que tes geHM dm mon*l4 en France sont capables d*en faire > Urai»tœ%i$€k weltmœnniêch gehallen), (P. 57 et 38.) Le compli-* ment est flatteur pour un membre de rinstilot. — Ajoutons que la Gaielte SAugebourg^ dont les articles critiques, dus aui meilleurs savants allemaniM» Jouissent d'une autorité incontestable, a très-savamment léfulé le romancier français. Elle a dit entre autres choses ; t Ponr les prim-ipalcs questions s»ieiuiflques, la Vie de Jésut de M. Renan est Gonipléiementsans valeur... On passera blfutéi à Tordre du jour... Tout en se donnant Pair de résoudre la question, cette œuvre met tout en doute et tourne les diflleuliés... > Mais il y a bien d*autres jugements des savants rationalistes allemands sur le malheureux ouvrage de M. Renan.
11 serait trop long de les rapporter kl. Nous les avons citéà dans le MétUm calh, liv. de Mai 1864. T. XX« p. 17i, 175, et on les trouvera d'ailleurs in extemo dans Pécrit de M. Tabbé Meignan, intitulé : M, lieiian réfuié par les raiionaUstee alUmandh^ in-8, 1804.
{h) Rtman., Elud. d'hist. relig.., p. 201.
(i) Aujonid*bui, nous entendons sans cesse dire par les adverKair^s des Livres s^iints : t la scieme (lit... La raibon montre... La critique établit.. • Mais, remarque le, P. Gratry, ces adversaires s'expriment ain.<ti c à partir d*un système particulier, d'une science nouvelle, et d*une logique nouvi^ll»^, découverte il y a cinquante ans, dont Tabsiiidité radicale est absolument déiuontiéc. Nous, uous
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X!f\If
DISOOUftS SUR LA VIE DE N.-S. JESUS-CHRIST.
La grande qilestîoiî est de savoir jusqu'où chaque «yllabe de leurs écrits? Plusieurs 9*éteTid l'înspîratiOT». L'Esprit-Saint a-t-il l'ont cm autrefois, répond un vrai critique dicté aux écrivains sacrés chaque mot, dont le sentiment est tout à fait le nôtre (;);
paHoDS aa nom ée la raison universi^Ht^, telle que ^psnrt buaiain Ta toujours possédée; au nom de U philosophie de tous les temps, lanl ancienne que moderne; nous pArlcos non pas au nom iPnne science particulière, mais au nom de la science d'ensemble, comparée en tous s»'ns, et composa de tous les rayons de lumière qui sont dans le monde aujourd'hui, i Nous nous servons anssî de la ^rUique, mais à rencontre de no^ adversaires, noQS n*en abusons pas. c La critique n^eal pas, qae je sache, une faculté nouvelle do resprll humain» ni ane science ou un an nouveau. Ce n'est pas ce que pourrait ètrç en chimie un ré*aclif plus énergique venant transformer Tanalyse. La critique n'est pas autre chose que ceci : In rai« son faisant attention et se décidant à juger. Criti^ que est le mot grec oui veut dire jugement. Ce. mot nous rappelle la nécessité de juger, de discerner, de séparer le vrai du faiix, de nous délier à propos, de nous défendre contre le mensonge et Terreur, mai»aui$i d* adhérer d'autant plus parfaiiemenl à la virile dégagée^ et à la claire et certaine lumière séparée des ténèbres. > (Le P. Gratry, Les sophisUs et la critique, p. 215, 216, 217.)
D'ailleurs, Vécole critique qui fait tant de bruit de sa prétendue science ; qui semble croire que, jusqu'à ce jour, TEcritupe n'a pas été comprise, parce une la critique moderne n était pas créée ; qui prétend que, maintenant qu'elle a pris place dans le monde, le Nouveau Tcsumenl n'a pas plus d'obscurité pour elle que P Ancien ; que le moindre de ses adeptes en sait plus que tous les Pères et tous les commentateurs ; cette école, disons-nous, a existé dans tous les âges, et ses partisans, loin d^ire des inventeurs, ne sont tout simplement
?iue des plagiaires. Du temps d'Origène et de saint érdme, ceUe école a déjà été réfutée même pat le crée et l'hébreu , et ces grands hommes l'ont réduite àné:ini.
Elle s*e8i renouvelée au xvii* siècle, dans la per- . soBoe et. les témérités de Richard Simon, et voici coiMmeot Bosauet la foudroyait : c Je demande au sage lecteur qu'il ne se laisse p»s éblouir par la connaissance des langues que l'auteur ei ses amis ne cessent de nous vanter. Ce serait vouloir ramener la bortiarie que de refuser à une si belle et si utile connaissance la louange qu'elle mérite ; mais 11 y a un autre excès à craindre, qui est d^en faire dépendre la Religion et la Tradition de rEgli9e.., Penonne nignore les régies eue saint Augustin a doitiiées pour profiter de l'Hébreu et des autres bngues originales, sans même qu'il soit forcé de le» savoir si exactement : ce Père s'est si bien servi de ces régies, que sans hébreu et avec assez de grec, il n a pas laissé de devenir un des plus grands théologiens de rOccident, et de combattre les hérésies par hfs démonstration^ les plus convaincant tes. J'en dis autant de saint Athanase, dans rE«
ffiOlienlaie, et 11 serait aisé de reproduire 1res exeaiplea aussi mëoMirablos. La traditiou de TEgliac et des saints Pèiies tient lieo de tout à ceux qui h savent pour établir parfaitemeiu le lottd de la religion : ceux qui meiteut tout It^ur savoir à remuer les livre» des rabbins ne manquent
Êiniais de b*éluigncr beaucoup de la vérité, et nous ur pouvons appliquer ces paroles de saint Justin (in DiaL udv. Tryph,) : Si tous ne tuéprisez les enseifnemenls de ceux qui s*élèeenl eux-mêmes et qui wuleut être apptlés rabbi^ vous ne tirèrent jamM d*utilué des écritures prophétiques. • ( Bosanet. Instructions pastorales sur la version du Hùuu. Testam. imp. à Trévoux, Avis au lecteur^ toni. I,p. 070, Œuvres, éJit. de 1845, Méviuignuu.)
DlCTlONN. DE L'HiST. UNIV. DU L COLISB.
Dans un autre passage du mé-ne écrit, Tévéque de Meaux dit encore : f II faut sans dente estimer la connaisance des langues qui donne de grands éclaircissements; mais ne pns croire que pour censurer les licencieuses interprétations, parexem* pie, d'un Grotius, à qui l'on défère trop dans notre siècle. Il faille savoir autant d'hcbren, de grec, de laiîn, ou nrême d'hisioîre et de critique qu'il en montre dans ses écrits. l/E^^lise aurn toujours des docteurs qui exeelleront dans tous ces talents particuliers ; mais cen'est pas là sa plus grande gloire: Lasci«'Hce de ia tradition est la vraie science ecelé- ^iaslique; le reste est abandonné aux corienx, môme à ceux du dehors, comme Ta été, durant tant de siècles, la philosophie aux païens. » (Bossuet, ut supra, {'• Inst. vu* passage, p. 680.)
Ce n'est pas à «lire, — et nous nous sommes assez expliqué là-dessus ailleurs ( Voy. Mém. cath. vol. de 1854, tom.X, 590-596), — ce n'est pas à dre ifu'il n'y ait plus rien à faire en fait d'interprétation des saintes Ecritures, qu'il n'y ail pins à chercher, à creuser, et qu'il faille mépriser l'^'tude des langues orienUles : loin de là I On peut faire de celte étude, dit un prélat qui a lui-même professé Thébreu, c on peut eu faire Tapplication lapins uiilc et la plus féconde à l'explication des saintes Ecritures ; niais il importe de ne pas l'oublier : le sens des Ecritures, comme la doctrine chrétienne toui entière, est un poiut de fait; il appartient plus à la tradition qu'il n'appartient à la science. La philosophie et la critique peuvent bien rendre quelques services de détail et fournir des écUircissementa secondaires ; mais le flambeau principal, c'est 1 autorité du témoignage. Même pour les textes par^ (iculiers, surtout quand ils ont une certaine importance, les Pères passent avitnt les grammairiens pour en déterminer ia véritable sii^nittcation... > (Mgr Plantler, Inst. past. eantrs la Vie de ifsus par Beoan, p. 56.) . ^ 11 faut dire aussi à nos adversaires que jamais l'Eglise n'a méprisé ni condamné la eounai^sance des langues; > elle a même voulu, dans tous les siècles, qu'on la cultivât avec soin dans ses écoles; et de fait, çlle a toujours compté des philologues profonds parmi ses docteurs, et parfois même parmi ses laïques. A partir d*Origeue et de saint Jérôme, c'e:»t une noble race qui ne s'est jamais éteinte. De nos Joers même on en trouve en France, en Allemagne, en Italie, qui marebeni incoutesublemeni à la tète de ce genre d'études ; quelques-uus de leurs travaux sont dignes de ceux qui les oiit devancés; et sur ce point, comme ser la reste. TEglise ne reconnaît aucun maître dans le monde. Mais elle veut que chaque chose soit à sa place et n'ait que sa Juste part d'importance. Une la critique soit admise à fouiller le texte des Ecritures pour en éclaircir les obscurités et eu déterminer le sens, rien de mieux dans une certaine mesure. Mats qu'on doive se couienter de cet insironent ou plutôt de cei auxiliaire; qu'on n^invoquo janiais à cOié de la philologie rauiorité des iraditions.noH-seuleiueut c*esl bouleverser les procédés et les voies qui mènent à la certitude ; non-;seulement c'est exagérer les droits logiques et vrais de ce qu'on est convenu d'appeler la critique, mais encore c'est la mutiler, c'est ia coodaniNcr pour une foule de choses à l'impuissance, parce qu'un de ses éléments les plus essentiels, je dirai même son com|»lémeut ludl^pensable, ce sont les lumières du lémoijenage et de l'histoire. > (/(^id., p. 57-58.)
0) M. 1 abLé Crelier, Examen critique^ etc. p. 94 et suiv.
niCTIONN. DE LUIST. UNIV. DE L'EGLISE.
mais nous ne pensons pas qu'il y ail encore aujourd'hui un seul exégète, un seul théo« logien qui partage celle opinion. Et de fait, s'il en était ainsi, comment expliquer les diversités de style des auteurs sacrés» les différences dans la mauièrede présenter un même fait, de rapporter un même discours?
Le Saint-Esprit n'aurait-il pas toujours exposé les choses avec Texactilnde la plus rigoureuse, dans l'ordre chronologique le plus exact? Ne se serait-il pas constamment servi, en reproduisant les discours, des mêmes ternies dans lesquels ils auraient été prononcés?
On peut donc regarder comme certain que Tinspiration s'est bornée au fond des choses, et que le choix des expressions, et en général tout ce qui lient a la forme, a été laissé au soin, au travail personnel des écrivains; ce qui ne veut pas dire toulefois que les expressions mêmes ne leur aient été suggérées, au besoin, quand ellea étaient de quelque importance pourTexactitude de la doclrino. C'est ainsi que, dans les saintes Ecritures, comme on Ta dit, tout est divin et en même temps tout est humain.
Mais, dans les limites mêmes où nous venons de la circonscrire, l'inspiration est encore susceplible d'une latitude plus ou moins erande, de sorte que la question posée plus haut se représente de nouveau devant nous, et l'on demande jusqu'où, sous le rapport des choses mêmes , s éiend l'acliou de rEsprit-Saint sur les auteurs sacrés?
C'est un point qu*il est difficiie, pour ne pas dire impossible, de déterminer avec précision. Tout ce que nous pouvons dire, et cela suffit pour le point qui nous occupe, c'est que cette inspiration est nécessaifenient en pnrfaite proportion avec la fin qu'a eue en vue le Saint-Esprit dans la composition des Livres saints, et que se proposent leurs auteurs eux-mêmes : ainsi le veulent les Jois de la sagesse. Or, pour ce qui est en particulier des Evangiles, quelle était celte fin? N'était-ce pas de transmettre pure aux siècles à venir la doctrine de Jésus- CUtitii avec les faits qui lui servent de preuves et en établissent la divinité? H , était donc nécessaire que cette doctrine fût présentée sans altération, et que ces faits, au moins quant à la substance et dans tout ce qui pouvait être de quelque importance, fussent rapportés exactement comme ils s'étaient passés. Mais y avait-il la même néces* silé que cette rigoureuse exactitude s'étendit à toutes les minuties, aux circonstances les
(k) Voir la nnic B, col. x\tx.
(0 Cité par Ttioluck, Crédibil, de thist, évang.^ p. 446.
(m) Yoy. HoUzmaiin, Die synopl. evangeL, p.
(n) M. l'abhé Crelier, ouv. du p. 27.
[0) t Dans l*iiistoîre des origines citréliennes, on a jiisqu*ici beaucoup trop négligé le Talmud. » ( Vie de JéêHs, par Renan, Imrotl. p. 12.)
ip) Au lomJ, la valeur de ce fameux TalmiiO,
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plus insignifiantes? Etait-il indispensable que, si la mémoire d'un Ëvangéliste lui représentait comme ayant eu lieu à l'entrée d'une ville un miracle qui était arrivé à sa sortie, le Saint-Ksprit fit un autre miracle pour rectifier ses souvenirs? Qui oserait le prétendre?
On peut donc continuer, jusqu'à preuve du contraire, à regarder les contradictions de nos Evangiles comme simplement apparentes, et les exégèles catholiques peuvent travailler avec zèle et amour, h l'aide des ressources que leur offre la science, à concilier celles qui ne le seraient pas encore d'une manière tout à fait satisfaisante; mais quand même il serait prouvé qu'il y en a de réelles, notre foi n'en serait nullement ébranlée. Saint Jean Chrysostome va plus loin. Quoiqu'il exprime quelque part la persuasion que toutes ces contradictions ne sont qu'apparentes, il semble partir ailleurs d'un sentiment contraire et ne fait pas difliculte de dire, ce que nous avons déjà fait remarquer plus baut(Ar;: «Les contradictions de l'histoire évangéligue sur des points de détails ne font que faire ressortir avec plus d'éclat la vérité du fond et la sincérité de ses auteurs (/}. »
Ce jugement, au surplus, est aoiourd^uî celui de la science rationaliste elle-même, et ce n'est pas sans quel(|ue surprise qu'on entend jusqu'à des critiques de l'école de Tubingue, tels que Kœ^tlin, s'exprimer dans le même sens et presque dans les mêmes termes que saint Jenn Cbr^sostome (m). Nous allons voir d'autres surprises de ce genre.
Un fait curieux, c'est qu'en définitive le prétendu historien des origines du christianisme, malgré le bruit qu'il fait de ses sources, n'a découvert aucun document nouveau relatif au divin Fondateur de notre sainte religion. Tous ceux qu'il indique sont connus depuis des siècles, et ils ont été misa contribution par d'autres avec bien plusde science et surtout de conscience que par lui (n). Cela s'applique même au Talmud, qu'il dit avoir été si négligé jusqu'ici (o). Mais, « les vastes recuei-ls latins de Lightfool, de Schœttgen,de Buxtorf, d'Otbo, » pour nous servir diB ses propres expressions, ne sonl-ils pas d'assez bonnes preuves qu'on n'a nullement attendu qu'il en vtnt faire la révélation, pour s'apercevoir de l'utilité qu'on pouvait tirer du Talmud (p) pour l'éclaircissemeiit de certains détails évangéliques ? Avant de faire tant de brait
en ce qui concerne les faits mêmes de Tliistoire évangélique, c cette valeur est et ne peut être que celle (l*un ennemi qui, malgré sa baine et tout en se débaïunt, est forcé par sa conscience de rendre témoignage à la vérité qai le condamne. N*est-il pas évident que s*il avoue les miracles de Jésus- Christ, sauf à en donner des explieatluns ridicuica et abaurdes, c'est qu*il s'est vu dans rimpossibilité de les nier?» (Voy. récrit de M. l'abbé Crelier, ayant poin* litre : M, Renan guerroyant contre le
mSTOUBS 9UR LA VIE DE N.S. JESUS-CHRIST.
ft ce sttjel» il aurait rfu svirqnerirde ce qui a été fait déià par la vraie critique, par )a critique catholique. Il aurait appris, entre autres auteurs, qu*uu savant ecclésiastique, il y a une vingtaine d*années, a exploité foutes les sources du catholicisme (q) ; et, poor citer un exemple plus récent, le docteur Sepp n'a-t-il pas aussi fait beaucoup plus d'usage du Talmud que l'ancien professeur d*liébreu du collège de France (r)T
Et non-seulement le fameux critique n*a découvert auc^n document nouveau, mais il finit, après tonl, par admettre comme authentiques les quatre Evangiles dans lesquels, en définitive, il a puisé ce qu'il a pu dire de tion. Oui, cela est ainsi, quelles que soient les misérables tergiversations qu'il
êumalurel^ io-S, 1862, p. 28, 29). — M. Tabbé V. Davin dit de mônie ; i Le Talmud, cet océan de tous les bavardages dlsraél maudit, où chaque iriiié est ane batterie dressée par le pharisaisme contre Tosuvre de Jésus-Christ, dout on évite le plus possible de prononcer le nom, et où parfois la baiue mal contenue par la ruse ou par la peur éeiaie d'une manière si furieuse, le Talmud confesse par trois fois les miracles de Jésos^Christ, et il confesse par deui fois les guérisons opérées avec le nom de Jésus par sesdisciples... (Talmud Babyl,^ banbédrin, i07 B; i04 B ; 45 A ; Talmud dé JérU' êoiem^ Schabalh, dans récrit de M. Oavin : De lavériiéduChnu contre Renan le gnoêtiquet in-i8, 1864, p 48, 49). » Telle est la valeur de ce livre, et ceux qui prétendent consulter les Uvres rabbiniques ou n'y voient pas tout ce ou'ils rtnierment, ou les Usent par Ici yeux des rabbins modernes,
(f) Mous voulons parler de M. Tabbé A. Rossignol, aatear des excellentes Leitrei $ur Jéêuê-Chritt^ ia-8, .1842. Ce savant ecclésiastique a reconnu qu*il ne sofllsail pas de réfuter les doctrines sans consistance des réformateurs, mais qu'il fallait surtout établir d'une manière iodobitabJe la vérité de Tbiatoire entière du cbristianisioe. Aussi les Latres sur Jéêue-ChrUt soiit-elles, pour nous servir des propres expressions de l'auteur^ c l'écho de leur époque par leurs excursions dans le camp de la critique moderne, mais plus spécialemeal l'écbo de toute la chose chrétienne, alors que le inonde ancien craquait, et que la terre eiUr'ouverte venait d'enfanter son Sauveur, i
L'auteur appuie toutes ses ar^umenutions de téiBoiguages puisés à des sources Jm ves et païennes ; il a courageusement compulsé les vieux écrits des rabbiitJS les Midraêckim^ le Talmud, les livres des Obinuis, des Induus, des Persans, des Cbaldéens, 4les bgyptiens ; puis il s'est servi de tous ces lua* ténaus apportés par des mains étrangères et si diverses, pour établir de la manière la plus évidente que le Messie éuit ie désiré de toutes les nations, robjet constant de leurs pensées les plus intimes, ilo leurs espérances les plus vives. Il importe assez peu sans doute aux catboli«iues île savoir que Moai-oau-vaiig, Tcbuuaiig-Tfeée, Djebal-ed-din, le fiottiid delici^ii, leTargouni d*Oiikélos, leChî-King, olc«, eic», prouvent que notre religion est une merveilleuse unité qui comtueiiee avec le monde et qiw le monde entier a connue ; mais il iiupoKe beaucoup de pouvoir démontrer cette vérité à ceux qui deuieiit, à ceux qui suspectent les sources catboiiques, à ceux, euÛUf qui encore sous l'influence des pUibauierîes de l'école voliairieniie, croient que le souvenir de la chute de l'homme et la cerutuœ d'une rédemption, n'étaient qu'un privilège essoré aux Juifs par àr#sel d'inveniton. Les savantes rechercbt^s de II. Rossignol ont ie béiiéilce
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emploie et ses contradictions qui prouvent son embarras. Ecoutons-le s « Sans nous prononcer, dit-il, sur la question matérielle de savoir quelle main a tracé le quatrième Evangile, et en inclinant à croire que les discours au moins ne sont pas du fils de Zébédée, nous admetlonsquec est là VEvan^ gile eelon Jean^ dans le même sens que le premier et le deuxième Evangile sont bien les Evangiles eelon Matthieu et selon Mare (s).»
Qu importe, dit un de ses réfulateurs (i), c|ue saint Matthieu soit jugé par M. Renan inférieur ou suspect même pour la narration, et saint Jean pour les discours, si pour les discours saint Hallhieu, et pour la narration saint Jean sont avoués (u) incompa- I rublee, et dignes d'une confiance hon ligne;
d*eiilever jusqu'aux vestiges de ce doute, car ie témoignage que rendent des ennemis est une force qui sert la vérité d'une façon toute spéciale: et; nous le répétons, tous les arguments de M. Rossignol sont empruntés à des livres étrangers ou contraires an christianisme. Nous recommandons aussi les belles pages que Tauteor a consacrés à la gloire de la très-saiiite Viergn.
(r) Voy. la Vie de Jéêuê-Chriit, par le docteur Sepp, édit. allemande en 6 vol. in-8, et encore l'ouvrage n'esl-U pas atïhevé. La traduction française qu'a donnée M. Ch. Sainte-Foi, % vol. in 8, et i ou 3 vol. in-12, n'est donc pas complète. On petit voir encore quel usage a fait Dôllinger de tous le» auteurs juirs, etc. dans son savant ouvrage : Paga» nieme et Judaïsme^ ou IniroduetUm à Ckiêieire au Chriitiamime^ A vol. iii-S de la trad. française, Bruxelles, 4858.
(f) Vie de Jéêue^ par E. Renan, Introd. p. xzxvt, Salvador lui-même est forcé de confesser la véracité des Evangiles : c Comment, dit-il, pourrait-on attribuer à d'autres qu'à'ces Hébreux rinvcntion des quatre Evangiles? Serait-ce par hasard à quelque génie de l'Orient ou aux Platoniciens d'Alexandrie? Mais comment croire que des savants étrangers se sont réunis et suocédé en secret, dans l'ombre, pour composer un ouvrage où la sciencci comme on l'entend communément, est bien loin de briller eseeniieUemeut^ un ouvrage debiiné à donner une baute importance à une petite nation qui gé- NMSsaU alors soos4e poids des plus rudes destinées ; un ouvrage, enin, dans lequel le lien où se passe la scène, le héros, les personnages accessoires, tout eattii appartient à cette nation même ; dans lequel chaque ligne, pour être comprise, exige la connaissance rigoureuse de son histfiire, de ses lois, de ses plus anciennes coutumes, de ses diflérentes lo* calités, de» préjugés, du langage, des opinions populaires, des sectes, du gouvernement etdes différentes classes de Juifs existant à l'époque où se passent les événements qui sont racontes ? (Salvador, Vie de JéêUê'CMêt» Introd. du liv. ii.) • Si nous ne craignions de trop nonsétendre, nous pourrions citer bien d'autres aveux échappés à cet auteur Juif. Voy. Examen critique des daetrinee de Gibbon, du doçieur Strauee et de M, Salwidor sur Jésus-Christ, ton Eeangile et son Eglise^ par M. M. S. Guilloii, évèque ue Maroc, etc., t vol. in-8, 1841 ; et HéfutaiioM des opinions de U. Salvador^ par M. do Geuoude, in<«, 1858.
(I) M. A. Nicolas, La dimuité de Jésius^ChrUt, etc., p. 172, 175.
(II) Tous ces aveux, dit M. A. Nicolas, < ont due portée dont on n'a pas fsiit assez de cas, les croyants du uiolns, car riiicrédulité en a été alarmée (leluoin Tarticle de M. Uavet dans la Heifue des Deux ihnd€S de mois d'août iW'it et bien d'autres appré*
fiiwânl Luc nous offre uo terruinêolide dana un Evangile de la plus pur faite unilé^ fmi$é aux êourees les plu» ancienneté elad* rnirable (ïinspiralien^ de bonheur ^ de ^ irait et de relief; si saiiil M^rc est d'uoe netteté •upërieuie encore* qui ne peut appartenir qu'à un témoin ocuïairet qui évidemment avait suivi Jésus^ Pavait regardé de tres^rès^ Mt en avait gardé une vwe image ; si enfin on antead Hm% môme dans saiai Matllûeo, si on le voit dans saint Marc, si on le touche dans saint Jean, autant qu*oii le contemple 4an8 saint tuc«etsile9 quatre Ëvangîlest décidément authentiques, du T' siècle, et à petft pris de ceux dont ils portent les Qooia, reçoivent en outre, de raccord frapr pont des textes ei des lieux^ une conlirmattion saisissante pour M. Renan lui-même, «t qui équivaut à un cinquihne Evangile et comme à tsne révélation? Vécitablement, il ne faut pas être trop exigeant. Il faut
elations des ntioiMdfsles libres peaaenrs sur le livre lie IWua»)* et il esi clair <|ii*eUe a vu jatte par la fausse. situation que oelaiui fait. Plus préocr •«ope de ce qui makiqiie h ces aveux que de ce f u'ils ^cofliienoient^ ou a fait la |[uerre à II. Renan sur ses réserves, sans prentke acte de ses déclarations* Oa a eu raison en vériié absolue*..; mais, en bonne tac* 4ique, on perdrait, à négliger ses aveux; un ava»» 4age dont les conséquences soat . décisives dans le débat {La di9iHiié de Usus-4^irist^ eic, p. 171).
(V) I Dans. ces derniers temps, dit M. il. Wallon, ceux qui n'uûeiit la diviaité de lésus-Cbrist avaient imaginé un moyen de se soustraire aux miracles qui la prouvent : c*étaltde rejeter bien avant dans le Ji* siècle la rédaction des £vangile8;de cette sorte, les écrivains aacrés n'avaient pu enregistrer que des faits tranafuciuéa av,ec le teiUps par le. travail de Timagination populaire. Ni Jésus n'avait fait les mirgctes, ni les évangélistes eux-inèfiies ne les avaient Inveuiés: iJa les avaient recueillis de la tradition. L'explication était décente» et Texpédient honnête; c'était un boininage au caraeiére évident de sincériié que portent les actes du Sauveur et les éiriis des évangélistes. Mais le sfistéine croulait par la base, si Ton déiaoutraît qiie les évangilas éuient du temps deces auMfS auxquels oa les rap^ porte; i^trauss le déclare frauclûunenL Oe, les preuves qui rétablissent abondent; et J/L ilenaa s>st bien aperçu que ceue bypotbèse avait iid son tepips. Cut«uiéme, par. ses déclar^ions que nous venons de vvir, lui a porté le coup do grâce. 11 a reconuM que les Evangiles sont du i" siècle, et à peu près de leurs auteurs» Kommes'it pouvait ' y avifift en cette maliàre, de fà peu nrèi, dit fort judicieusement M. Uavet (p. 47). . i Nous avoua doue daus4es évangélistes des témoins; et dès lors ce qu'ils rapporitini, n'est-ce pas de riûsiolre?... s (H. H. Wallon, de rinslilui, la Vie de Jésus et son not^vel hisierien, etc., p. 145, 146).
(X) ViedeJé^us^ par E. Renan, iutrod. p.xxxyii. — c Voilà doue» après tant d'égarements, la critique revenue, quaut aui .grapdes niasses des faits, au point du départ, aux données de la tradition pofiée par la criuque de rKgltse. primitive. En outre, M; Renan reconnalf que tout le Nouveau Testament était ackesé . dans sa fçroi^ actuelle avant ia tin du f siècle. I (le P.Gratry, Les sophistes et la crUi(pte. p. !99.)
(y) yiede Jésus^ par E. Renan, p. xLiii*
(s) Cette observatiou de*iieiian couire les ApO' crypphes acquieit une importance d'autant plus grande, que rnictéJulilé du dernier siècle auakt
OICTIONN; DE LHIST. ONIV. DE LEStlSB; » m-
permettre è M. Renan ses préféremen. N
peutchoisir* nous avons do la preuve aide ia vérité de 'reste: et comme la vérité est une, si peu qu'il en accorde» et il en accorde assez, il y est pris.
£t cela est si vrai quMI termine ainsi aa discussj^on sur l'anthenlteité daa quatre principaux documents relatifs h la vii* de Notre -Sei^çneur Jésus-Cbrî4t »En somme, j*admets comme authentiques Us qwHre Evangiles. aanoniquns. Tous, eelon moi, remôment au 1" siècle^ et ils sont à peu près(v) des auteurs auxquels on les attribue (x). a Et quant aux apoerypfu^^ \\ dit, quelques pages plus loin (y) : « Ces cornl>06itions na doivent être en aucune fnçon Hvises ^ar. )e> naénie pied que ^les fivan*giles canoniques. Ce sont de plates et pué' rihe amplifications^ ùyant 'les canoniques pour base^ et n*y ajoutant rien qui ait du prix (z). p
voulu se servir de ces livres peur attaquer les vraîs Evangiles. Voltain», dit M-. I*alibé Davirt {de la vérité du Christ Centre Renan le Gnoslique ln-18, t864, p. 124, f%5), avait pu oser; grâce à une 'certaine distance des Sges, ce k quoi Gelse, qiii a 8onj>é il iont, n*avait pas songé. Il se mit à dire au nionchs d*un air savant^croyant et complètement hypocrite: t Jésus-Christ avait permis (\ne les f:iux Evangiles ae> mêlassent a »! vérttabJcs; nés le comme rtcenicirt du Cbrisiinnisrae : et même, pônf nrieux exercer la fol des fidèles, les Evangiles qu'on appelle aujourd'lml apûeryphês^ précédèrent leS quatre otrvragcs sacrés qui sont aujourd'hui les fondements de notre foi > cela est si vrai, que les Pères de<i premiers siècles citent presque toujours quelqu'un de ces Evangil^^ qiii ne s^ilisistéift plus {Essai sur 4es mmnrs^ chap. ii). i Ge qui signifie, le masque étant levé, que neire foi repose sur quatre Evangiles qui valent un p^ moins que tous ces iiporrif • pAei dont Voltaire • énuniére ailleurs jusqu'à cinquante {Notice et fragments de einqnante EvangiUt, hvre d'uuogrande perfidie) ; et que les faits acceptés de la vie de Jésus sont de la pure légende. ti'\i Vtiilà t-jl pas qai «si démonsiraiifl Et Voltairu nVtHi pas découvert ce q ue saint Justin le philosophe, Ott sahit Jéréne 1 orienuhste, ou saint Augustin, ou saint Thomaa d'Aquin, ou Bellannin, ou Soaeex, ou- Pascal, on Dossuet, ou Luther, ou C^alvin même n'ont pas soupçonné ? Bien des gens ont cru cela : qielques-Hns hs croiraient aujourd'hui. (La déclaratioii de M. Renan doit les dé«i*huserl) Mais -combien Voltaire en itnpose effrontéinent 1 L'anglais Lardner, fi tant 4es uns après les a ttues tous les testes des Pères ' relatifs aux Evangiles ou prétendus EvangiUs, conclut que l'on ne rencontre dans les irois sièclce qui ont soivi la naissance de Jésus-Christ, aucun écrivain connu qui ait cité d'autre histoire chrétienne que nos quatre Ëvangélistes, et le livre des Actes comme ayant été écrit par les Apôtres ou par quelqu'un de leurs disciples ; et que si l'on rencontre les cita«tions tle quelque autre livre, c'est toujours avec des termes qui les condamnent et les rejeiieni. » Ce sont les paroles du docte Palay lé^umant L*ardtter. Sur quoi il dit : • Je ne crois pas que l'objection tirée des livres apocryphes stiit aujourd'hui de quelque poids auprès des personnes iiistruites. • Tableau des preuves du Christianisêtts^ Section xi, Migne, Démonstrations évangéêiqmes^ tom. IIY, col. 780). Voilà pourtant l'Ignare ob«> jection qui lait la b-tsa d'argumeutattou de cerlAiim Pi étendus sskvauisl
m,' DISCOURS SUR LA VIB
Ceo'of(.|)as 4out : Pincrédule çst encçre oUigé d*«vou^ que, au sein du peuple qui te premier € ait . eu souci d*une théorie générale Je la marche de notre espèce, et i|ui,. grâce aune espèce de sens prophétique,» se trouvait «aierveiMeusement apte à TDÎr les grandes lignes de Tavenir (a), » il naquit ua homme. Je plus puissant des bontmes, dont voici Téton nant caractère & • Il eut une résolution personnelle fixe, qui, ayant dépassé en intensité toute autre volonté créée, dirigt encore^ à V heure qu'il II/, les destinées de Thumnnité ib).» L'incré* dule avoue également n qu() I histoiro entière iit incompréheneihle sans Jésus-Chrùi {e), > et il ajoute : « L'événement capital du OKinde et la révolution par laquell») les plus Qobles portions de. rhuuienilé ont passé des anciennes religions, comprises sous le ooni vague de paganisme, à une religion ftmiée rar tunilé divine^ la TrinUéi Vln^ carnation du File de : Dieu (d). »
Oui, les Svangiles, entendus comme ils Tonl été par tous les siècles, voili Thiiftoire ttrhistoirei vraie (a) : Jésu^rChrist, lui dont If nom seul fait fléchir .tout genou au ciel, sur la terre et..dans les enfers (f) ; lui dont la vie est.mille fois plus historique <|u*aucun6iRUtre ici-bas; lui doat les ac-?
bOQ9, telles que les Evaogéli^tes Jes racontaiti, sont si hautement* garanties dans leur aothenticité» que si elles étaient fausses, iKIaudrail dire quMI n'eiiste plus de v^r-^ tilodeîci-bas ; lui dont l'apparHion,- la na^ tore et. la piiissanee surhumaine, sont démontrées avec tant d*éclat par l'influence prodigieuse qu'il a eiejrcée et qu*il exerce encore sur le monde social ; Jésus-Christ, cet adorable Sauveur et Mettre, habite au eeoire des récita éT/ingéliques pris à la lei- Ire comme dans un sanctuaire, et TEglise bit la garde alentour de ce temple pour que nul rarisseur ne vienne eu arracher son fiten {g)l
D ailleurs, pour ce qui est des paroles de Jésus dans les Evangiles, « une espèce d'éelat à la fois doux et terrible, avoue encore
DE N.S. ICSVS-tCaRUST. luè
liii-foôme riucr^diile, une force diviney si j'ose le dire, .«'Ouligne ces paroles, les détatache du contexte, et les rend facilement reconnaissables • , . Les vraies paroles de Jésus se décèlent pour ainsi dire d'ellesmêmes ; dès qu'on les touche ... on les sent 'vibrer; elles se traduisent comme spontanément et viennent elles-mêmes se
fdacer dans le récit où elles gardent un reief sans pareil (h).. »
Cela est vrai, dit le P. Gratrj (t) ; « Je vérifle cela et plus enoore, depuis ae longues années, dans Joutes^ les paroles de Jésus quo nous transmettent les Evangiles... Elles vivent toujours, s'appliquent toujours, sont éternelles, tpujours nouvelles, à la fois plus nouvelles et aussi plus anciennes que chaque état de Tâme, que chaque époque du.
monde. Ce spnt les vraies paroles de la vi^ éternelle. » • '
Ouvrons donc ce Livre de vie; lisons avec foi et amour» méditons jour et nuit ce Livre divin; ce Livre, écrit par des témoins oculaires qui l'ont signé de leur sang ; rcQu en dép6t par d'autres témoins qui n'ont cessé de le.publier par toute la terre; ca Livre, pour lequel sont morts plus de témoins qu'il n';^ a de lettres diins toutes se^ pages; ce Livre dont la mo/aK^ et la sain- Ute parlefiif au cœur de Tincrédule lui-même (}); «e Livre auquel la science séparée, ta science rationaliste moderne est obligée de rendre hommage; ce Livre qui a enfanté tant de saints et qui fera éternellemeni l'objet de notre admiration et de nos jubi* latlons, ou vrons-le enfin et proslernor^s-nous t nous allons contempler, voir, toucher, pour ainsi dire , la Vérité incarnée I
Vf.
Au eommen€0meni était le Yerbe^ et le Verbe était en Dieu, et le Yerbe.était Dieu [k). Cesi lui qui au commencement était en Dieu. Toutes choses ont été faites par lui; et sans lui rien n*a été fait de ce qui a été fait. En lui était la vie (<) et h we était, la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres^
(a) Fia de Jésus^ par E. Renan, p. 47.
{¥) IM .« p. 46.
V) léM- Inirod., p. ux.
Vie ée iésus^ p. i.
\ In
\e) Mgr Planiier. Inst. pesior. contre un ounase Miulé : Vie de JésuSf etc., p, 427.
(/) Pkitiptf. n, 9-11.
M M^r Planiier, ul supra, p^ 49 et 127.
de Jésust par E. Renan , liilrod.» p.
uivni.
(f) Lee sefkiues et la eritique^ etc., p. 900.
{j\ < Je vous avoue, dil Jean- Jacques Rousseau, ^et la oiajesié des Ecritures m'éiouue, tu iainuté éi CEwmm^ile parle à mon cœur. > (Emtle^ liv. iv.)
(ft) Cf. Jean, iiv, 10 : Non crcaitis, quia ego ia Paire, ei PaUr In me est? Cf. encore, x, 50, 38; V, iO, S6. — Quand les Platoniciens entendirent poar la première fois le sublime début de TEvau-
Îfile de saint Jean : In principio erat Verbnm^ ils ea ■iviil d^DS le ravissement, et leur adoiîraiion le grava en leUrcs d*or dans leurs, «ncadémies. Mais 4|aana, roiitinoani, ils eu vinreut à ce passade au- ^ttd le monde catholique fléchit legcuou : tt Ver-
kum caro faelum esU leur orgueil se «abra et ne voulut pas se souineUre. < Ils rougissent, ces savants hommes, disait à ce pr<»pos saint ÂugustM, (le sortir de Técole de Platon pour se faire disciples du Christ. Ils dédaignent, les superbes, de prendre ce Dieu pour maître, parce que le Yerhe a éié [ait chair et a habité parmi nous. Ainsi, j^ur ces niaN heureux, c'est peu d'être malades, it faut qu'ils tirent vanité de leur maladie même, et rougissent du médecin 4|ui les pouvait guérir, i (S. Jtugusiiin, De Civil. Dei^ lib. x, eap. 29.)
(i) I Eiernelleuient Dieu a conçu les raisons ci les idées de lout ce qiiM a fait. Il u^est aucune des existences sorties de ses mains qui n'ait eu do toute éternité en lui la vie qu'elle y conservera toujours. Ce qui a éié (ait était vie en lui, dit ici saint Jean, De toute éternité nous avons été en Dieu par l'idée selon laquelle il nous a conçus. Jamais nous n'avons commencé d'être dans sa pensée vivitiante où nous existerons toujours. Dans l'essence divine se conservent piirs , éterneUemciil incorruptibles, les types innombrables des itrei qui, dans l'uniiÊ de cette même essence enaors,
DICTIONN. DK rHIST.. UNIV. DE l/EGLISB.
et les ténèbres ne Font point compris. Il y cul un homme envoyé de Dieu dont le nom était Jean, Celui-ci vint comme témoin pour rendre témoignage à la lumière^ afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il devait rendre témoignage à la lumière. Celui-là était ta vraie lumière, qui Vlumine tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a point connu. Il est venu chez lui, et les siens ne ronl pas reçu. Mais à tous ceux qui Vont reçu, il a donné le pouvoir d'être faits enfants de Dieu; à ceux qui croient en son nom ; qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de l'homme, fitais de Dieu. Et le Verbe a été fait ch4!B, ET IL A HABITÉ pauhi MOUS (e^ nous avons vu sa gloire comme la gloire gu un fils unique reçoit de son père), plein de gracb et de VÉRITÉ (m).
C'est ainsi que s'exprime, dit saiot Paulin de Noie (n), « celui (]ui a survécu h tous les Apôtres, et le dernier qui a écrit TEvan-
?;îfe, atiu qu'étant la colonne et l'appui de *Ealisej comme il est appelé par le vase d'éiection{o), il confirmât par.son autorité ce que les autres Evangélistes avaient écrit; il est, dis-je, le dernier des écrivains sacrés selon le temps; mais il est le premier par la sublimité des mystères qui lui ont été révélés, puiSfqti'il est le seul de ces quatre fleuves qui ait pris son origine dans la source même de la Divinité, et qu'étant élevé au-dessus des nues, il a dit d'une voix ferme : Au commencement était le Verbe, et te Terbe était avec Dieu^ et [le Verbe était Dieu. 11 est aisé de voir par cette expresr sion, que ses lumières sont plus éclatantes et plus sublimes que n'ont été celles de Afoïse. puisque ce grand prophète n'avait déclaré que l'origine et le commencement des créatures et des choses visibles.
« Saint Jean a même surpassé tous les autres Evangélistes , qui n'ont commencé leurs Histoires sacrées que par la naissance humaine et temporelle m Sauveur, ou par le sacrifice figuré de la Loi, ou par la prophétie et les éloges que son Précurseur saint Jean-Baptiste lui a donnés. Mais celui-ci a pris son vol plus haut.: il s'est élevé nonseulement au-dessus dés cieux, des anges, des archanges, des vertus, des principautés, des dominations, des trônes et de tout ce qu'il y a de créé ; mais, par un merveilleux effort de son esprit, il a pénétré même jusqu'au
sont ramenés à on idéal commun : car en Diea tout est un. i LeB. Louis de Bluis, Instruet. sphit. pour ceux oui tendent à la perfeei., cliap. 8, § 2 )• (m) S. Joan, i, 1-U.— Isaîe, favoriié de la vision la plus haute qui ait été acconlée aux sainu de Pancienne Loi, vit le Seigneur as$is sur un trône élevé et subUme, et se$ vêtements remplissaient t'en* ceinte du Temple resplendissant de sa majesté. Saint Jean, rapportani les paroles qu*lsaîe enteiidii de Dieu dans cette vision, les appliffue à Jésus : Isaîe a vu Sa gloire et il a parlé de lui Uta. vi, i-8, et Joan. XII, 41), CVst là, disent les Pères, le sujet de PËvangile de saint Jean. Les autres evangélistes par- , leut davantage de niamanité du Cbri&t ; Jeau est
sein de la Divinité ; cnr il a commencé son Evangile par la naissance éternelle et ineffable du Fils de Dieu, assurant qu'il est consubstantiel h son Père, éternel, toutpuissant, et auteur, de toutes choses avec lui et avec le Saint-Esprit, qui est aussî Dieu, parce que c'est en Inique s'accomplit la divine Trinité, et que c'est par ses lumières que l'on voit la Divinité subsistante en trois personnes. Oui, l'Esprit de Dieu et le Verbe de Dieu sont véritablement Dieu, et un seul Dieu avec le Père, qui est le principe de leur origine; avec celte différence, que le Fils est émané de lui par la naissance et le Saint-Esprit par sa procès^ sion : et comme ils ont tous deux leur caractère personnel, ils sont bien distincts l'un de I autre, mais ils ne sont pas divisés.
« C'est donc cet incomparable saint Jean, qui, avant couru plus vite que soint Pierre, a eu 1 avantage de voir le premier les marques de la résurrection de Jésus-Christ; c'est ce grand Apôtre qui, ayant reposé sur le sein de Jésus-Christ, s'est élevé au-dessus de toutes les créatures et jusqu'au sein de la divine Sagesse, qui produit toutes choses. C'est le qu'il a été rempli des lumières de ce divin Esprit qui pénètre ce qu'il y a de plus caché et de plus profond en Dieu (p).
C'est de cette source de lumière que deux ruisseaux ont coulé dans le cœur de ce saint Apôtre, et il les a ensuite répandus dans le monde par les révélations de son Apocalypse et de son Evangile, ^u'il a commencé par Celui qui est le principe infini et le Créateur de toutes choses.
c C'est par ces divines paroles qu'il a fermé toutes les bouches du démon qui vomit des blasphèmes parcelles des hérétiques. La langue impie d Arius est coupée, et celle du blasphémateur Sabellius est rendue muette par la doctrine de notre pécheur, qui nous apprend que le Père et le Fils ne sont qu'un même. Dieu, quoiqu'ils soient deux Personnes distinctes réellement. On y voit aussi la condamnation de l'exlravagauce de Photin, qui ne reconnaît point d'autre naissance en Jésus-Christ que celle qu'il a reçue de sa Mère. Marcion, qui prétend que le Dieu de la Loi n'est pas le même que celui de l'Evangile, y est pareillement confondu. Les manichéens,qui établissent deux dieux, un bon et un mauvais, y sont foudroyés par la voix tonnante de cet Evangile du Ciel, qui nous apprend que toutes choses
proprement révangélibte de sa divinité... Il prend son vol bien au-dessus de rinlirmilé humaine ; il dépasse toutes les hauteurs, il dépasse tout ce qui a été créé, pour parvenir Jusqu*à Celui qui a créé tout ; et sur ce soleil de la vérité immuable, il lUe des regards ^très-perçants et très-assurés. Saint Jean Chrysostome ne craint pas de dire qu'il v a des choses que les anges ont apprises de sa révélation. I {La vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par Louis Veuillot, in-8, 2« édit. p. 501, 502.)
(n) Rpist. 21, ad Amand,
(o) Galat. n, 9.
(;;) / Cor. H, 10.
DISCOURS SUR LA VIE DB N.-S. JESHS-CnRlST.
ZLV
oni été faUes par le Yerh€ etquê rien n*a été (ait <afM lui.
« Je l'appelle Evangile du Ctei, parce qu*il commence par l'origine de Celui oui est au-dessus des cieux et avant tous les siècles. Les gnosliques, qui s'attribuent faussement le nom de savants (de critiques comme ils disent aujourd'hui ) , et qui iroccupent leur esprit qu'à former dt'S fantAmes de l'air qu ils appellent les images spirituelles des choses corporelles* sont obligés de reconnaître une vraie chair et un véritable corps en Jésus-Christ, puisque le même saint Jean nous assure que le Verbe, qui était en J)ieu et qui était Dieu»^ o été fait chair: non qu'il ait changé de nature en prenant la nôtre, comme quelques hérétiques, inspirés par le serpent, ont osé ravancer« mais c'est qu'en demeurant ce qu'il était, il a voulu, dans l'intérêt de notre salut, commencer d*être ce qu'il n'était l>as (q). »
Telles sont les expressions de saint Paulin de Noie. Mais les anciens Pères, avant lui, n'avaient pas tari en éloges sur l'Evongile de saint Jean, auquel, comme nous en avons déjà vu des preuves ailleurs (r), ils ne trouvent rien de com{>arable, non-seulement dans toute la philosophie grecque, mais encore dans tout le reste des saintes Ecritures. Les autres Evangiles même semblent, après lui, perdre leur prix et lear dignité : ce sont,— telle est la manière étonnante dont ils s'expliquent, — des Evangiles corporels: TKvangile de saint Jean est l'Evangile spirituel par excellence. Ainsi parlent Clément d'Alexandrie (s), saint Epiphane (1) et bien d'autres. Origène na