X1.VI
fait {pas non plus difficulté de dire que « si les Evangiles .sont la fleur des Ecritures* canoniques, l'Evangile de saint Jean est la ileur des Evangiles mêmes. » Il n*y avait, selon lui (u), qu'un esprit ayant été avec Jésus et Marie dans des rapports aussi intimes que net Apôtre, qui fût capable d'être initié aux pensées et aux sentiments qui y sont exprimés. Il dit encore que « personne ne peut saisir le sens de cet Evangile, à moins d avoir reposé sur la poitrine de Jésus et d'avoir reçu de lui Marie pour Mère.» Enfin, saint Jean Chrysostome dit à son tour : « il est évident de toute ma* nière qu'il n'y a rien là d'humain, mais que les enseignements qui nous sont venus par celte Ame divine sont divins et célestes (v). »
On sera peut-être tenté de ne voir dans ce langage des Pères que l'expression d'un sentiment pieux qui n'a rien de commun avec la science, et dont, par suite, la critique n'a pas ft tenir compte. Ceux qui auraient une telle pensée seront bien étonnés d'apprendre que ce sentiment n'a pas cessé d'être celui des critiques les plus célèbres et les moins suspects, et que toute la science moderne (x) s'y rallie de plus en plus.
Ewald parle è peu près sur ce point comme Origène, et Herder ne savait ex[)rimer è son gré l'admiration que lui inspirait cet Evan-
Sile , qu'en disant : « C'est la main d'ua nge qui l'a écrit I »Ernesti allait encore plus loin, et l'appelait le Ccsurdu Christ {y). Voilk comment, dit on écrivain (jb). les vrais savants, les hommes de science réelle et d'absolue sincérité reviennent au point de vu« primitif des grands esprits qui, les
{q) Les gnostiques enseignaieol que Jésus n'était pu une même persoooe avec le Fils de Dieu ; ils refusaieni même, en aénéral^ au Fils de Dieu une personnatilé propre. Par suite, ils niaieni que le Fils de Dieu, procédant du Père, i eût apparu per* «onnellemeot dans la chair, i ou , en diautres termes, c se lui incanié. i (/ Joan* iv, 2, 9 ; v, 20 ; crire, iiJoan. 7). Us faisaiept aussi de Jésus ei du Christ deux persoiiiies disiinctes : Jésus n'éuii qu'un honmie, fils de Joseph et de Marie ; le Christ, un de leurs Œuvres^ s'était uni à lui lors de sou baptême, pour l'ahandonner à sa Passion, de sorte <iue rbomme seul avait souffert. Or, ce sont préciiémest les dogmes opposés qui lessorteot avec le plus de force de rLvangile de saint Jean.
D'ailleurs, ou sait que ce fut pour combattre les erreurs de son temps (Voy. son article, n. lY), et pariicullèrement pour opposer la véritable^noMOu science chrétienne â la gnose hérétique, ou ^nosltciswa, que ssiini Jean, à la solllcitaiioo de ses anciens eandiscipUs et de presiiue lous les évéques d*Asie, écrivit sou Evangile, t'est ce qu*auesient d*uu commun accord les plus anciens représeniants de la tradition ecclésiastioue, tels que saint Irénée, Fauteur du Tragmeot de Muratori (u* siècle), salut Jéréme. Mous uous bornerons à citer ce dernier :
I fjorsque Jean, dit-il, était en Asie et que déjà pullulaient les semences des hérésies de Cérinthe, a'I^blon et des autres qui nieui que le Christ suit venu dans la chair —hérétiques que lui-même, dans aoii EpUre (1 Joan* u,t8), appelle des autechrisu, et coutre lesquels Tapétre Paul dirige souvent ses iuups,— il fut coutraini par presque tous les évê-
quea d'Asie et les députations de beaucoup d'Egliaes d'écrire d'une manière plus haute sur la divinité du Sauveur, et de a'élancer, pour ainsi dire, par une témérité non tant audacieuae qu'heureuse, ius-
lésias-
qu'au Verbe même de Dieu. Et rilistoire eocU tiaue raconte que, les frères le contrai|(naot d'écrire, il répondu qu'il le ferait, à condition qu'ils fût prescrit un jeûne pendant lequel tous prieraient Dieu eu commun ; après quoi, tout rempli de la*> divine révélation, il la répandit dans cet avant^ propos venu du ciel : Au eommeneemenl était te* Verbe^ et le Verbe était en Dieu^ et le Verbe était* Dieu. I (S. Hieron., Commeut. in Matth., Prolog.; Voy. aussi De «Irts illustr.^ c. 9.)
Ir) Vog. notre article : Jbâh (Saint) l'Evangélisle.
(<) Dana Ëusèbe, Uut. eectés.^ lib. iv, c. 14.
h) Hseres. 51, 19.
(m) ComiiMnl. in Joan.. 6.
(s) Hom. u, in Joan. 3.
(«) c U y a, je le sais, des lacunes dans cettescience comparée, et l'eu ira plus loin , ear il y a matière à des siècles de méditation et de progrés dans l'immense science de Jésus- Christ et de sou œuvre. Mais Je dis uetieuient que les résultats de la science rationaliste actuelle, telle que la représente (en Allemagne) M. Ëwald, quoique encore imparfsits, sont admirables. La force de la vérité, la beauté de l'esprit humain y éclatent, i (Le P. Gratry, Les sophi$le$ et la critique, etc., p. 31 i.)
(y) Cités dans récrit de M. PabbéCrelier, Exameu critique de la Vie de JéêUê^ eie., p. 52.
is) Le P. Gratry» ouv. cité, ul supra, p. 5li» u
DICTIONN, DE L HIST. UNIV. DB L'EGLISE
XLYIl
premiors* ont contemplé le plus grand des faits de Tlustoire, le fait éTançétique(€i}. On reyient rers les Pères, on revient vers saint Paul. « Cest ainsi» dit M. Ewald, que Jésus- Cbrist est lu Fils de Dieu comme nul autre ne Ta été et qu'il est, dans un corps mortel et dans un temps^ui passe, la pure splendeur et la glorieuse image de l*Eternel luimême (fr). » C'est le langage des Pères, lesquels appliquent à Notre-Seigneur Jésus- Christ ce [exio ancien : La pure splendeur de la clarté du Toui-Puis$ani (e). C'est parier comme saint Paul, qui nomme le Fils rimage du Dieu invisible. Imago Dei tnvtttbili$ (a) et qui ailleurs le nomme splendeur de la gloire , et Bgure de la substance du Père, Cum êit splendar gloriœ et figura «u6slantiœ ejus(e).
Le Verbe splendenr de la gloire et flgure de la substance du Père, le Verbe qui était au eommeneement en Dieu, Dieu lui-même , s'est donc fait chair dans le temps, et il a habité parmi nous. La divinité s'est unie h l'humanité pour la guérir, l'élever, la transformer, et c'est là une merveille d'amour pour laquelle les hommes ne témoigneront jamais assez leur admiration et leur reconnaissance.
Et, écrit un pensear (/), « quand le Symbole catholique vient me dire : De mime que Vunion de Came et ducor^s constitue Fhomme^ de même Vunion de Dieu et de thomme eonstitue Jésus-Christ, je conçois que cela peut être, je désire que cela soit, ei ie n'aperçois rien dans la raison ni dans la science qui poisse s'y opposer. Et quand je vois la hiérarchie des êtres sur noire terre, par successions et unions de natures de ]jlns en frius parfaites, s'élever de la pierre jusqu'à 'homme, et puis, par le désir religieux de l'homme, vouloir toujours parloul s'élever jusqu'à Dieu {g) ; je dis qu'alors , si l'on m'annonce le dogme de l'Homme-Dieu, je n'y vois que sublime beauté, que lumineuse et admirable vraisemblance. El dans cet état vrai de mon inlellijçence, si la doctrine de la volonté s'y ajoute, tout mon être est ouvert aux forces de la foi divine, h cette réelle opération de Dieu qui veut régénérer mon âme et me donner en Jésus-Christ la participation a la vie divine et humaine qu'apporte au monde l'Incarnation de Dieu.»
Oui, par son Incarnation, Jésus-Christ Notre-Seigneur , nous a a communiqué les grandes et précieuses grâces qu'il avait promises pour nous rendre par ces grftces par-
(a) El ce mouvement de retour parmi les vrais savants M l'ÂUemagne, parmi lea hommes de science réetU et (Tabtolue sincérité^ est le coap le plus fort porté contre le livre impie de M. îienan, et est bien la preuve que ce livre, comme nous Pavons dit danç nue précédente noie ( Voy. la noie Acol. 1 et suiv.), n'a aucune valeur ftcientifiquc» Ce n'est si bien qu*un romane que nous y voyons Témule des sociniens exbaler toute sa mauvaise bumeur, précisément et surtout contre TEvangtle de saint Jean, et on le conçoit : ce magnifique téramgoage de la dlvhiiiéde Notre-Seigneur Jéîuis-Ciirist embarrasse singulièrement tous ceux qui le nient. Mais ce qu'on comprend moins, c*est la méthode que suit Tauteur pour écarter ce qui le géno ; il est sans exemple qu'un sujet si grave ait été imiié avec une pareitle légèreté.
A. enieudre ce critique^ l'Evangile de saint Jean n'est pas ce que nous pensons, Jusqa*icl, lor$qu*ou voulait pro4:urt:r à un bomnieune do ces jouissances qni remplissent le cœur en même temps qo'el!es élèvent iiiitcUigence, on lui disait avec le célèbre
Ïibîlosoplie Qiarles Bonnet : i SI vous avez fàmo àite pour sentir, pour savourer, pour palper le vrai, le bon, le beau, le pathétique, le sublime, lisez, iclisez, relisez encore les chapitres xiv, xv, XVI, xvH de TEvangile de saint Jean. H n'existe rien de pareil sur la terre. Des inillions et des millions d'àmes y ont puisé la confiance en Dieu, le aentiment de leur dignité, le coiu*age de la vertu i Erreur que tout cela ! Pères dcrKglise, théologiens, philosophes, tous 8*y sont trompés : c'est M. Keiiaii qui ratlirine. Ces discours de Jésus-Christ dans saint Jean, que la foi médite, que la science creuse, et auxquels la piété s'alimente d<*puis dixhuit siècles; ces discours, dont chaque mot est une lumière et une i'orce pour les âmes, ct'S discours ne sont que des tiradei préteu lieuses, lourdes, mal écritssy disant peu de chose au sens moral, des dis-^ cours remplis d une gnose obscure, d'une wéiapuysi' que contournée, dcà discours r aides et gauches, au ton faux et inégal, tie, (Vie de Jésus, p. 50, 55, 54.) Yoilà ce qu'un membre de Hnstiiut ne craint pas
d'écrire au xix« siècle! Mais nous avons, ailleurs, répondu à ces tristes choses, et nous n'y reviendrons pas ici. — Vou. notre article Jea»
Ïiaînt) rEvangéllsie, n. IV et V. a. La vie de ésus et son nouvel historien, par H. Wallon, de rinstitut, in«12, % édit. 186i, p. 58, 59, passim^ et U. rabl)é Freppol, Exansen, etc., p. 52, 57, 58.
c Qu'il est à plaindre, > dirons*nous encore avec Ch. Bonnet, i qu'il est à plaindre l'homme assez dépourvu de sentiment ou d'intelligence, ou assez dominé par ses préjugés, pour demeurer froid à des entretiens où le Bienfaiteur de rhuroanlté se peignait lui«méine avec une vérité et une simplicité si touchante et si majestueuse l (Gh. Bonnet, Rechercha philosophiques sur les preuves du Christianisme, 1 vol. tn-8, 1771.) f Oui, il faut plaindre beaucoup T homme auquel manque ie sens de ces grandes et saintes choâes ; et à de telles ignorances, on ne peut que répondre avec saint Paul : ilntma<ts homo non per^ cipit ea quœ sunt spiritus Dei, et non potest inîeltà-^ gère (I Cor. ii, 14). Nous n'aurons que trop, hélas 1 l'occasion de redire ce mot du grand Apdtre.
{b) Im sterblichen Leibe und in fluchtige zeil der reinste Abglanz and das verkiàrteste Bild des Bwigen seibst.
(c) Sap. vif, 25 : Sapientia emanaîio est claritatis omuipotetitis Dei sincera. Candor est enim lucis œiervœ.
{d) Cvloss. I. 15.
(f) Hebr. i. 45.
(f) Le P. Gratry. Les sophistes, etc., p. 522, 523.
(g) t Chercher Dieu, dit le P. Gratry, (ouv. cité p. 257), quœrere Deum , le chercher dans tous les êtres, et dans tous le<( instants, et dans tous Ie8\ mouvements ; le saisir, le toucher et le posséder, ». par la vie naturelie et par la vie surnaturelle; savoir qu'on n'est pas loin de lui, quamvis non longe sit ab unoquoque no&Irum; ou plutôt que l'on>iten lui, qu'on est en lui , et qu'on se meut en lui : In ipso vivimus, movemur et sumus f Acf. xvii, 27, 28 ; Cf. Rom. XI, 53, 55, 56), i voila, nous le sentons tous plus ou moins clairement, voilà le tourment Incessant, ra$|»iration conbiante de l'homme.»
DISCOURS SUR LA VIE DK N.-S. JESUS-CHRIST
ticipanls de la nalare divine : divinœ eon".
sortes ntnurœ (A), » El nous pouvons » 6 prodige 1 noas pouvons, avec le secours de Dieu, nous « reudrç cooformes h celui en qui notre substance est unie à la sienne, »
ainsi que nous le dit la sainte Eglise (î).
Béni donc soit h jamais ce divin Sauveur et Rédempteur! Mais nul luortei ne saurait parler dignement de lui. Les esprits célestes les plus élevés en intelligence et en gloire qui contemplent Dieu sur son trône Seraient eui-mâmes inpppissar^ts à redire l'histoire du Sauveur. Une seule créature serait capable de nous entretenir de la vie de momme-Dieu; cette créature, c'est Marie»
liée à la Trinité par les liens les plus étroits,par les relations les plus intimes, par les jdus ineffables dons... Et il nous faut, à nous misérable pécheur» à nous « dont la vie n*a jamais eu d'appuf réel que sqs exemples , sa lumière , et sa force réellement pré* sente (;), » il nous faut balbutier quelques mois sur Jésus Nolre«Seigoeur, sur Jésus,:
qui comme homme est la plus sainte et la plus parfaite des créatures» laissant biea loin derrière elle les Anges, les Archanges , les Séraphins et Celle même que rEglise^ a déclarée belle et très-pure avant toutes les autres, l'auguste et incomparable Vierge I,..
Le Verbe qui a daigné venir parmi nous
avec la forme humaine qu'il a prise dans les chastes entrailles de sa Mère immaculée, était avant tous les temps ; il a habité en Dieu , Die» lui-même : personne ne peut raconter sa naissance divine, si ce n'est luimême, car il est la splendebr.de la gloire du Père et le caractère de sa substance {k) i Splendor gloriœ, et figura subttarUiœ ejus (/); éternel comme Dieu le Père, il lui. est consubstantiel. Et ce Verbe qui est sans commencement, bien cju'ilnesoitpas sans principe, a pris son origine dans le sein du Père. 11 j est engendré dès l'éternité, et il n'a pas été un seul instant sans être produit par son* Père; et avec lui il a créé les mondes visi-* btes et invisibles, de concert avec le Saint- Esprit, qui, comme le Père et le Fils, est digne, sans réserve aucune, de tous les honneurs divins et de l'adoration qui n'est due qu'aux personnes divines (m).
Promis à nos pre.miers parents après leur chute, annoncé pair les Prophètes, appelé par leurs tendres et ardents soupirs, dési*
Î;né longtemps à l'avance par ses serviteurs es plus Qdèies, pressenti par les gentils eui^ mAmes, le Fils de TEternel, au moment assigné par la votonté de son Père, l'an k\QWi du monde, après ôtre demeuré neuf mois dans les entrailles d'une vierge, naquit è Bethléem de Judée, dans une étable, sur la paille, sous le regard de Joseph (n). Epouse de cet admirable et saint personnage, Marie
Ih) Il PetTt }, 4.— < Par les biens de la foi chrétienne, dii le docleiir d*Allioli (^ouv, comm., loin. X» p* 266), la juftiification et U sancUficaiioii, nous sofiimt'S cgmme déifiés, uous entrons en union avec Dieu itiéme, parce que, grâce à ces biens , nous scMnines régéuérés, nou» devenons enfauls de Dieut ei Dieu par la régéuéraiion nous uiei en pariicipa- Uoii de ses grâces, de lui-mômef » Dans un eieuiplaire de U Bible sur lequel nous écriTons nos noies, poui trouvons ce teite de saint Pierre, rapproché de ces root<» de la Genèse, ui, 5 : Voue serez comtms det dieux^ ei nous Taisous cette réflexionci :
Ycus serez comme des dieux I Parole irsiie en un sens, mais parole leiiiatrice et mauvaise par conséqueni ici , car €*e!»t une parole d'orgueil ei de révolte ijue Satan souffla à nos premiers parents. Ce u'étaii que par rtiumiUlé et la soumission que rtiomiae pouvait s*éiever ; mais dès qu'il eut pé«:lié, Uëlohéi, d tomba de »a première dignité et perdit ses privilèges : il fut réiluit au plus lamentable obscurcissemeni. Que failut-ii pour le relever! L*liufnilité, l'obéissance et U mort du Verbe pie* naui notre nature telle quVUe était avant la cbute, C^est alors que Jé^us est venu c nous communiquer les graades et précieuses grâces qu'il avait promi* ses pour nous rendre par ces giâces pariicipauts de la nature divine^ comm^ dit «aint Pierre : />i- TÙm coMorles naturw; » pour. nous faire comme des dieux. Si donc nous voulons correspondre à une aussi banie laveur , si nous voulons reconquérir noire état premier, il faut que nous nous rendions Oignes des giftces que Notre-Seigiieur noos a laites; et te seul moyen de correspondre à e^s giàoes, c'est de suivre eu tout Jésus, c*est de reproduire dMis tous nos actes ce divin Modèle : iuspicê, si fat stçundum sxempiar ifuod iibL.. {tMod. nzv, 40; i;i* Ue^r. vui, 5, et Ac$. vu, èi), car par ii scuiemtiii A)ieu nous c donnera une cuirée fa*
file au royaume éternel de Noire*Seigneur et Ssa« veur Jëftus-Chrlst i {Il Petr, i, il).
(r] Miss. Rom. Fête de la Nativité de Notre-Seigneur. Secrète de la Me*se de minuit,
{}) Le P. Grairy, oiip. rti., p. 3i2.
Ik) Hebr. i, 3.
(i) Limage visible et parfaite, la copie de la na* lare invisible de Dieu le Père. Of; Phitipp, ii, 6.
fm) Vid. Epist, ad Hebr,^ cap. i, passiro.
Il) L'incréilolité moderne, par la bouche de Renan, a audacieusement attaqué le dénombrement ordonné par Hérmie, et à la suite dUifuel Marie el ioseph vinreiii à lietliléem pour se f»ire inscrire; Blie aussi a osé prétendre, contre les affirmations les plus formelles des Evangiles, que Jésus' naquit à Nazareth et non à Bethléem. Il faut lire les solides réponses que Mgr Planiier, évèque de Ntmes; oppose à ces audaeicnses négations. Voy. La vraie Vie de Jésus, i' Instruct. pastor., V édit. le. { S tout entier, p. 34 et suiv.
Ce n*est pas lout ; des lavanfs ont demandé potir- ^Hot Dieu avait voulu naître chez un peuple aussi obseur, aussi peu connu, auisi faible que le peuple Juif. A cet égard, on trouvera dV*xcelleiites réponses dans les Letfres sur Mtis*C/rrf If , par M. Tabbé A. ttossignol, in-S, 48ii, dont nous avons narlé dans une
Brécédente note. Après avoir établi qu'a ta venue du lessie le peuple Juif occupait les plus belles contrées de l'Asie et de TËurope , et que partout son savoir et ses richesses lui donnaient une grande In* flueiice, il cite la lettre suivante d'Agrîppa à Tempe* reur Caius : c Jérusalem n*est pas seulement la métropole de la Judée, maïs celle iUs toutes les colonies qu'eu différents temps elle a envoyées en Egyptt*, eu Phénicie, en Syrie, en Pamphylie, en Cilicie, dans plusieurs contrées de l'Asie, jusque dans la Bithy* nie et le Peut. Il y a des Juifs établis en Europe, dans la Tbessalie, la Uéotie, la Macédoine, TEtolie, k Coriuiho, â Argos, dans les plus belles et les
DICTION». DK L'HiST. UNIV. DR L'EGLISE.
avait vécu avec lui comme avec un frère.
Eiie n*eut jamais avant et après la naifisance ie son Fils unique, aucun rapport charnel avec celui que Dieu lui avait donné comme prolecteur de sa virginité sans tache. Son saint époux» qui ignorait les circonstances mystérieuses de Tlncarnation, l'eût quittée'' secrètement sans un avertissement spécial du ciel. Un Ange lui annonça en effet, que le fruit porté dans les entrailles de Marie (^tait Pœuvre de l'Esprit-Saint, que cet admirable Enfant s'appellerait Jisus et qu*îl sauverait son peuple de ses péchés. Isaïe, près de huit siècles auparavant, avait dit :
Voilà quune vierge (o) concevra^ et elle en^ fantera un fils qui sera appelé Kmuanukl (p), ou Dieu avec nous.
De même, dit Terlultien, au'il convenait que le Fils de Dieu naquit de la femme» pour qu'en cela il fût Fils de Thomme; de même il convenait qu'il ne naquit pas du commerce de l'homme, de peur que» s'il était tout dis de l'homme» il ne parût point Fils de Dieu (9). Ainsi» admirable économie I comme la maternité de Marie découvre l'humanité du Verbe, sa virginité en découvre la divinité; et l'accord de la maternité et de la virgiuité
plus considérables contrées du Péloponèse. Ce ne soiil pas seulemenl les conlinents qui sont couverts de colonies juives, il y en a dans les lies les plus fameuses, dans TEubée, la Crèie, en Chypre, etc. •
II ebl bon de remarquer que cette pièce se borne à réuuméralion incomplète des lieux placés sous la dépendance directe de Rome. On sait d'ailleurs eue les Juifs, sous Jules César comme du temps de Ouligula, occupaient dans la ville reine uu quartier considérable, et qu'il s'en trouva huit mille pour escorter Tarobassade à Auguste. Enfin, à la inème époque» TEgypte n'en compuit pas moins d'un uiiliiou. Ces /ails sont consignés dans les livrés paîeus, et les détracteurs de TEvangile ne les oui jamais contestés.
Cicéroo, plaidant dans une affaire où la nation juive se trouvait iniéresiiée, déclare que les Juifs étaler l nombreux, ei qu'attendu leur influence puissanlA, il baûterait la voix quand il s'agirait dwix, alin de n*étre pas entendu. C'en est assez pour indiquer quelle était la position des Juifs, môme au centre deTautorité romaine. Enfin un édit de Jules César»
Ïiui reçut dans la suite Tapprobation d'Antoine, de )olabella, deLucius Leutulus, porte que iesassem* blées publiques sont défendues dans les villes de rempire, et que néanmoins celle défenu n'ai pus applicable aux Juife.
En piéseuce de pareils faits, il est impossible de soutenir, avec bonne foi, que les Juifs eiaient sans aucune force ou n'exerçaient qu'une influence impi! rceplibile. Aussi H.'Hoasignol a-t-il raison de dire : 1 La fille de Sion, comme pour convier ses sœurs errantes au grand festin du Père qu'elles ne connaUsaient plus, envoya ses fils sur toutes les voies : Allez raconter les merveilles de JéUovab ; élevez des signes devant les nations, et dites : Voici le Sauveur. > Ainsi, conformément à la mission que Dieu leur avait donnée, les Juifs éuieul eu position de préparer les 4Utres peuples à recevoir la parole divine.
Alais lors^tne le Messie qu'ils attendaient, qu'ils auuonçaieni, vint racheter les bonHues, ils ne le reconnurent point, le couvrirent d'opprobres et furent ses plus ardents persécuteurs. Nous disons quelque cbobc ( Vojf. le S il de ce Discours) sur les causes de
lit
en Marie, raccord de Fhumanité et de la divinité en Jésus : La Mère-Vierge témoigne l'Homme-Dieu.
C'est pourquoi la Vierge Marie a été do tout temps le bouclier et le glaive de la foi chrétienne contre toutes les nérésies qui se sont attaquées h Jésus-Christ, Tarçument k deux tranchants i>ar lequel l'Eglise a eu raison de toutes tes subtilités de Terreur.
Aux premières hérésies qui niaient la chair du Verbe on opposait la maternité de Marie ; à celles qui nièrent ensuite la divinité de Jésus-Christ, on opposa la virginale et céleste conception por laquelle il s'était fait chair; enfin à celles qui vinrent nier Tunion personnelle en Lui des deux natures, on opposa la maternité divine dont il était runique fruit. A tous ces titres, le culte de la Tres-Sainle Vierge Marie, Mère de Dieu, a grandi dans le monde, comme le palladium de la foi (r).
Mais ceci n*a pas empêché Timpiété contemporaine, et que n*ose-t-elle point 1 de chercher, en même temps qu'elle dépouillait le Christ de la pourpre de sa divine royauté, k flétrir la Mère de Jésus en lui enlevant la couronne de sa virginité (s). Cette impiété
cette coupable et terrible erreur, et elles sont aussi parfaitement expliquées par M. Pablié Rossignol : t Habitués, dit-il, aux idées de puissance matérielle» séduits par les images ffranciroses et l'éclatante magnificence de l'expression prophétique, blessés dans les luscepUbilités de leur orgueil national, soumis qu'ils sont à l'épée romaine et animés de la triple passion de la force, de la vengeances et de la liberté, les Juifs des derniers temps furent inclinés i croire que l'Attendu de leurs vieilles traditions devait être un superbe dominateur dont le glaive terrible allait, à leur profit, faire taire les peuples devant sa face.... Ou veut un Messie puissant, une espèce de condotUeream mette son bras de fer au service de
Juda C'eiait quitter le temple de Jéliovah pour
faire l'apothéose du polythéisme et de la force, de la barbarie et de l'esclavage >
{0) Dans l'Hébr. : Voici que la Vierge, la Vierge inucte, que je vols, la Vierge par excellence.
(p) /«a. vu, ii.
{q) Tertull. De cam. ChriiL, xvn.
(r) M. A. Nicolas, La Divinité de Jéêtu-Chriêt^ etc., p. 425.
(f) Si Renan eût laissé subsister la Virginité de Marie dans son triste roman^ il eût laissé subsister en elle la divinité de Jésus-Christ, et en cellenci la Divinité même. Or, c'est ce qui l'embarrassait, et il a préféré renouveler de vieilles impiétés. Au IV* siècle, on le sait, un certain Helvidius se fli un triste nom par la pauvreté et l'ignorance des argu« ments avec lesquels il attaqua la Virginité de Marie. Saint Jérôme le confondit à jamais, et depuis lors catiioliques et protestants n'ont rappelé sou entreprise que pour la mépriser.
Calvin en parie ainsi : c Helvidius s'est montré par trop ignorant de dire que Marie eut plusieurs lils, parce qu'il est fait mention en quelques endroiu des Irèrcs du Christ. Selon la coutume des Hébrèui, on appelle [rèreê tous parents {Comment, iur Charm. évang.^ p. ^5). » te nom de [rire
S mr cousin n'éuit pas seulement d'usage cliez les ébreus, mais aussi chez les Grecs et les Romains : Quem JeêH FEATKEH,id eu cotaoBtiiKVu, loquendi génère eiiam Grœcis et RomauU Nofo, dit Grotius. Aujourd'hui eucoie, en Kussic, il iic&Uilc pas de nom