LUC
lie»
Le gouv^rneurt après avoir inutilement «xposé Lucien h plusieurs tourtnenls» voulut l'éj^rouver par la faim (2571i] ; et, quand il l'eut lonsiemps soufferte, on dressa devant lui une table chargée de viandes offertes aux idores* pour irriter Tappétit par la présence de Tobjel : mai:> le saint martyr demeura ferme. Le gouverneur le fil amener à son tribunal, l'inlerrogea cntore dans les tourments, et lui demanda son pays, ses parents, sa profession : mais il répondait seulement h toutes les questions : Je tuii Chrétien. Il mourut en prononçant celte sainte confession, Tan 312, le 7 janvier, jour auquel TE* ;lise célèbre encore sa mémoire (2573). Il ul enterré à Drepane, ville de Bitbynie,que Constantin rétablit. depuis, avec exempttOQ de tributs^ eu Thonneur de ce martyr; et lui donna le nom de sa mère en la nommant Hélénople (2o7()). Constantin y vint même, dans .sa dernière maladie , en pèlerinage fen 337), et là, il passa beaucoup de temps en prière dons Téglise de notre saint mar-^ tyr (2577).
LUCIFER, évoque de Cagllari, métropole de la Sardaigne, se rendit célèbre, au iv* siècle, par sa science, par son zèle, par son courage, et, malheureusttn.eut aussi, par ses fautes.
U fut député, ftveo Hilaire et Pancrace, vers l'empereur Constance par le Pape Libère, après la diule de Vincent de Caf)Oue.
Il se .trouva au concile de Milan de Tan 355, et y soutint la cause de la personne de saint Albanase avec tant de ferqieté, que Constance l'envoya en exil à Germanicie, ville de Syrie, d*où il fut transféré k Ëleulberopolis, en Palestine, ensuite en Thébaïde, et en un autre endroit dont on ne sait pas le nom.
Ayant été rappelé sous Julien, Tan 36â, il alla k Antiocne, et augmenta le schisme de cette Eglise par Tordination de Paulin.
Il se sépara ensuite de tous les évèques qui avaient reçu à la pénitence et à la communion ceux de letJtra collègues gui étaient tombés durant la persécution des Ariens, quoiquUls eussent désavoué leur faute, et que le concile d'Alexandrie de Tan 362 les eût rétablis.
Sans doute le prêtre Paulin était digue de répiscopai;il avait été ordonné prêtre par saint fustathe et n*av«t jamais commuQiqué avec les hérétiques. Mais, les Méléciens ne voulant point le reconnaître, son oriiination ne fit qu'envenimer le mal en fortifiant le schisme de l*£glise d'Antioche (2378).
Lucifer se tint pour offensé qu Eusèbe n^eAt pas approuva Tordinatiou de Paulin :
il rompit la communion avec lui, ei, par conséquent, avec l'Eglise catholique. Il vou-
lait mAme rejeter le$ décrets du coDcile d^Âlexandrie; mais, se trouvant engagé, par le pouvoir qu'il avait donné à ses diacres de l'approuver, il voulait désavouer ses diacres et les déposer. Après avoir bien déli.
béré, il résolut de conseryer ses diacres, et de rejeter le concile d'Alexandrie, se con tredisant lui-même. Mais il ne pouvait st* résoudre à recevoir ceux qui avaient souscrit au concile de Rimini : et l'aversion qu il en avait l'engagea à su séparer même de ceux qui les recevaient après satisfaction convenable. Ce fut l'origine d'uu noureâu schisme, car il j eoi quelques sectateurs.
quoique en petit nombre, gue l'on nomma lucifériens, et oui s'étendaient principalelement en Saraaigne et en Espagne. Lo schisme de l'Eglise d'Antiocbe dura quatrevingt-cinq ans, depuis la déposition de saint Eustatbe, en 330, jusqu'à la réunion desEustathiens, en 415.
On ne fait d'autre reproche à Lacifer que celui de sa dureté inflexible, et on ne l'accuse d'aucune erreur dans la foi. Il partit d'Antioche, après y avoir fait on long séjour, et revint en Sardaigne,dsns son Eglise de Cagliari, où il mourut, selon Baronius et beaucoup d'autres (2579), i'an371 ou 372.
Bien que la plupart des auteurs marquent qu'il mourut dans sou schisme, il en est pourtant qui pensent qu'il s'était, avant»
réuni à l'Eglise. Ou lui rend même depuis longtemps un culte public et religieux en Sardaigne, sans que l'Eglise romaine sV oopose. C'est le 90 de mai qu'on j fait sa fête. Quelques-uns conjecturent cependant ue ce culte a pour objet au autre évêiuc Il même nom, qui fut confesseur ou martyr dans la persécution des Vandales.
Nous avons de Lucifer de Cagliari six livres en faveur de saint Alhanase oontri' Constantius qu'il irute avec beaucoup d< dureté. La troisième est intitulé :De$roi5 apotioii. Le quetrièœe ; Qu'il ne faut point ê OêêenMer avec les héréiiqueê. Le cinquième : Qu'il ne faut point pardonner à ceui qui pèchent contre Dieu. Le sixième : Quil faut tnourir pour le Fils de Oieu. Ces six livres sont écrits d'un style* dur et barbare, mais vif et ardent. Lucifer avait fait d'autres ouvrages qui sont perdus, ainsi que ses lettres. Il ne nous en resta qu'une fort courte à Florent, çrand-mattre du palais, dans laquelle Lucifer s'avoue auteur de Touvrai^e contre Constantius. Ses livres sont remplis de citations de l'Ecriture sainte, selon l'ancienne édition latine ; ce qui les I end très-miles pour le rétablissement de cette ancienne édition de l'Ecriture (2580).- Voy. l'ariiple Libère, Pape, u'* I et 11.
(2574) S. Ctirvsost.Jloiu. 46, an. 312.
(2575) Mariyrl Hoin., ei CAr. Patch, an. 3t7, p.
(2576) Fleury, UiH. eccUt.y liv. is, n. 38; liv. Il, n. 57.
(2577) ïb\d., lîv. xi, n. 60. ^
(2578) IM., Hv. XV, n. 29.
i!±^l^) Flêury, liv. x v, n* 29, dit que ce fut eu 370.
(2r;80) Voir sur Lucifer de Cagliari et 8esoavr.y ges, Dnphi, Bi6/io</i. eccléi.y iv'biécle, 61 sud critique Kictiard-Simon, loin, l, p. 59: Noél Alexandre, sxc. IV, art. 13; Trllemoiil , Uiu. deLucif.t loiu. 1, p. 322; Dora Ceillier, BUi.'det aal. ecdéi., tom. V, p. 384 et suiV.; Uurnal des SsvwiiA"* cdtt., p. 13, et 2- édii:, p. il.
LUT
DE LllIST. UNIV. PE L'Et^LlSE.
LUT
im
'oinnuiniqnaienl le< pîainles arrachées par U'S malheurs el les d'''Sordres lie i*Eiat, ei ûé* libéraient dans des réunions sur les moyens d> reiué.lior (2633).
lnfor:(.é de ce qui se pns.<ail en Saxe el des projets qu'entretenaient les princes» le roi fut en proie à de vives inquiétudes. Cepen* dan', il ne voulut pas encore abandonner ce qu'il ne regardait pas coinnie pordu sans ressource. Il résolut de châtier Tévèque de Metz, qui, de sa propre autorité, avait rendu la litierté aux prisonniers saxons. Mais la faiblesse do son armée, la confusion générale du royaume et 'e danger dont le menai;aient les grands, le firent renoncer è ce projft (2636^.
Àfln de sonder les dispositions des prin* ces, 11 convoqua è Wornis, pour le jour de. la Pentecôte, une diète où Ton devait, rororoe il le disait, délibérer sur les besoins de Tempire. Mais aucun seigneur inQueut ne s*y prést^ntn, de sorte que la diète ne put avoir lieu. Elle fut remise à une autre épo-* que, et devait se tenir dans la ville do Mayence. Dans la lettre de convocation, Henri descendit aux plus pressantes^ prières pour engager les princes à s'y rendre ; mais ils n'y parurent pas, et le petit nombre de ceux qui s'y trouvèrent ne purent s*accordcr. Le roi n avait pas besoin d'autres preuves pour connaître les intentions et la fidélité
des princes à son égard De nouveaux in-
ridents augmentèrent son embarras et ses (raintes : ceux qu'il avait regardas comme s.*s plus fidèles serviteurs, le quittèrent les uns après les autres. Il les exhortait souvent h revenir, employait même la menace ; mais «nucun ne lui obéit. Jugeant alors que la colère é'ait intempestive, il écrivit aui piincos <!« la liante Allemagne des lettres pleines «l'amitié et de caresses; mais ses envoyés furent à peine entendus. Il essaya môme (i'cntamer des négociations avec les Sixons; ii<ais aucun de ses serviteurs ne voulut se charger de cette mission, car ils redoutaient \iS Sa![ons et savaient d'ailleurs que. le roi !i'était pas srrupulenx observateur de la foi jtirée. Auprès de lui éiaient encore deui évèques captifs de ce pays, ceux de Magdel)ourg.e4 de Mersebourg : ce furent eux qu'il envoya dans la Saxe comtiie négociateurs.
Maïs les Saxons appelèrent ses propositions des mensonges' empoisonnés (2637). Et, en eCfet, tandis que le roi amusait ainsi les Saxons par des propositions de paix, il voulut les surprendre par la Bohème; mais à peine eut-irl commencé, avec le concours kïvs Bohémiens, è ravager la Misnic, que la Saxe se h^va tout entière et courut aux armes, résolue de v incre ou de mourir; car on savait que) sort Henri réservait aux vain« eus. Sans de gmndes pluies qui empêchèrent les Saxons de passer la Mulda, le roi était perdu. Il se sauva ))iompleiMent à tra* vors la DohéiP.e et la Bavière, puis revint à
Wnrms, plongé dans la douleur, et fort in quiet de l'avenir (2638).
Les Saxons se rappelèrent alors leur ancienne ligue avec ta Souabe, el cherchèrent h la renouveler, afin dese défendre ensenddfv sons io commandement d'un nouveau roi»
contre les attaques d'un oppresseur commun, qui ne cherchait qu'à les perdre les un<^ après les autres, et les uns par les autres.
Ils adressèrent également des leities pu Saint-Siège pour demander conseil sur le parti qu'ils devaient prendre.
Grégoire ne tarda pas è ré))ondrc par nno lettre adressée aux évèques, aux ducs, aux comtes ei à tous les flilèles de rAllemagnc « Si vous avez bien réfléchi, leur dit-ii, sur l'excommunication lancée contre le roi Henri, TOUS savez ce qui vous reste k faire. If en ressort, en effet, qu'il est enchatné par les liens de l'anathème; qu'il est privé de la dignité royale; que le peuple, naguère soumise sa puissance, e>i dégagé de tout serment de fidélité. Mais com ne nous ne somnnes animé contre Henri ni par l'orgneil du siècle, (ti par une vaine ambition; que la discipline et le soin des Eglises sont les seuls motifs qui nous font agir, nous vous demandons, comme k des frères, de le traiter avec douceur, s'il revient sincèrement à Dieu; non avec cette justice qui lui enlever Tempirei mais av^c cette misérieorde qui efface les crimos. N'ijubliez i^as, je vous prie, la fragilité de la naiure humaine; ra|)petczvous le souvenir pieux de son père et fJi^ S(i mère, auxquels on ne peut comparer nuls ' princes de notre temps. To.utefois, en répaiMant sur ses blessures l'huile de ta piété, ne nécfligez pas le vin do la discipline, afin que ses plaies ne puissent s'envenimer, efr que rhonneur de la sainte Eglise et de IVm pire ne souffre pas de notre négligence. Cepcnitonl qu'il éloigne de sa personne les mauvais conseiliers, (|ui, excommuniés pou** cause de simonie, n'ont pus rougi d'infecier leur maître de leur propre lèpre, et de In provoquer à troubler la sainte Eglise et à encourir la colère de Dieu et de saint Pierre ; qu'il en choisisse qui le préfèrent lui-même i ce qui est à lui, et Dieu aux intérêts du siècle; qu'il ne pense plus que l'Eglise lui soit soumise comme une humble servante, mais qu'il avoue qu'elle lui est supérieure, comme sa maîtresse; qu'il ne défende |>as, enfié d'orgueil, des coutumes opposées è la liberté de TEglise ; mais qu'il observe la doctrine de» Pères, que Dieu leur a enseignée pour notre salut. S'il veut faire ee^ promesses, que nous sommes en droit de lui de^»
mander, nous vouldiis en être aussitôt et régulièrement informé, afin que nous demandions è Diett ce qu'il faut faire. Au reste, nous vous rappelons surtout que nous avons défendu, par l'autorité de saint Pierre, qtie personne d'entre vous se permît de l'absoudre, avant que le Saini-Siége l'ait ac*
,2i) ..%) Maiian. S(•o^ ; Lanib. iMaisel. Viiœ lienrie if *'ir.
^lrij(»^ Luitib , aiin. t07G.
(i657| Annal. J rev., liv. xii, p. orJC. Lamb., Aiin. Sa\un.
(2638) Lamb., Min. P)7G.
LUT
DE niIST. UXIV, DE L'EGLISE.
LUT
(K^cIarèreiU (|u*ils atlaienl engager le Poniifu h venir* pour la Puriflcation de la saint» Vierge, à Aiigsbourg, où devait se tenir une a^sembrée générale dans laquelle le Pape, ayant entendu les raisons des deux partis, condamnerait H<nri ou le renverrait ansous.
Que si, par sa faute, il n'avait pas obtenu 5on absolution avant un an et un jour à partir de son excommunication, il serait à jamais déchu de la royauté ; et cela diaprés les lois mCmes de TKtat, qui déclaraient incafiable de gouverner celui qui restait excommunié plus d'un an. /
« Les princes lui demandèrent en outre, ilUVoigt, de rétablir immédiatement sur son siège Tévèque de Worms ; de faire évaruer cette ville, dont il avait fait une |>lace «fermes ;de reconnaître, par unç déclaration écrite, son injuste conduite envers les Saxons; d*v mettre son sceau en leur présence; de l'envoyer parleurs députés, dans toutes les partiesde Tltalieetde TAliemagne; d'aller à Rome pour faire lever Texcommunication. S*il accepte ces conditions, il doit donner pour preuve de sa bonne foi de se montrer en tout soumis et obéissant au Pape, d'éloigner de sa présence tous les excommuniés, de licencier son armée, de se retirer à Spire , d*y vivre comme un simple Itartirulier, de ne fréquenter pendant ce lemps aucune église, de ne décider aucune affaire d'Etat, de ne porter aucun insigne de la royauté, jusqu'au moment où l'on aurait
f>rononcé sur sou sort dans un concile. De eur côté, les princes s'engageaient, si le roi se conformait à ces instruclionSi à le suivre en Italie avec une forte armée, à lui obtenir du Pape la cx)uronne imfiériale, et à Cl puiser de h Calabre les Normands, ces élernelsennemis du Saint-Siège, et à rendre ce pays è saint Pierre et à TEglise romaine.
KnQn, si le roi s'écaile d'un seul article.de ce traité, les princes se croiront dégagés de toute ol)éissnuce, de tout serment de fidélité; et, sans attendre la décision ultérieure du Pape, ils pourvoiront au bien do TEtat.
« Le roi, révolté d abord par ces humiliantes conditions, se trouva néanmoins trop heureux de conserver encore quelque espoir, et promit d*observer ce traité avec \h plus scrupuleuse exactitude. Sur-lechamp, il renvoya de sa cour Tarchevèque de r.otogno, les évoques do Ramberg, de Stiasi)ourg,dcBâle, de Spire, de Lausanne, de Zeitz, d'Osnabrurk et les autres excommuniés. Il rendit son siège k Tévèque de Worms ; se retira , lui , sa femme et son tiis à Spire , où il vécut quelque temps dans l'isolement le plus complet, afin de se conformer au traité. » LesSouabeset les Saxons s'en retournèrent triomphnnts chez eux, et envoyèrent des députés k Rome pour instruire le Pape de ce qui s'était passé, et le {)rier instamment de vouloir bien se rendre I Augsbourg au jour indiqué.
(i640) Paul Benricd, Vie de tahti Grégoire Vil, €.9, n. 71, 7i.
Cependant Henri, contre sa promesse et contre l'avis des princes, avait envoyé des ambassadeurs à Rouie, pour obtenir du Pape qu'il ne vtnt pas à Augsbourg, mais qu*il lui permit à lui-même de venir à Rome. Son ^ but était du pouvoir tromper plus facilement le Pape en Tabsence des princes. Grégoire, loin de se laisser prendre à ces pertides propositions, se mit en route pour le jour et le lieu indiqués, el on informa les archevêques, les évêques, les ducs , les comtes, enfin tous les habitants de TAIlemagne, « Nous serons è Mantoue leTianvier, leur écrivait-il; nous y serons plein de confiance, en voh*e fidélité, et nous n'bésiteroos pas un instant h affronter tous les dangers, et la mort même, s'il est nécessaire, pour la liberté de l'Kglise et te salut de rempire. C'est è vous de choisir pour noire réception et notre service, les personnes que vous y croirez les plus propres et que vous saurez nous convenir; ne négligez rien pour maintenir la paix dans toute l'étendue du royaume. Les porteurs de ces lettres vous apprendront de vive voix quelles luttes nous avons à soutenir contre les envoyés du roi, et quelles raisons nous avons opposées èleurs demandes (2640). »
Le roi comprit bien que son salut dépendait d'être ansous de rexcommunication* avant l'an et jour: aussi ne crut-il pas prudent d'attendre que le Pape vint en Alleroagne, où il aurait k soutenir la présence non*seulement de ce juge irrité, mais encore de ses accusateurs obstinés k sa perte.
C'est pourquoi il décida d'aller trouver le Pape en Italie, et de faire tous ses efforts pour obtenir, k quelque prix (fue ce fût, son absolution (264i).
Quelques- jours avant Noël de Tan 1076, il quitta donc Spire, avec Berthe, sa femme, avec son fils Conrad, encore enfant, et un homme de médiocre condition. Aucun de ses anciens courtisans ne raccompagna. L'argent lui manquant pour le voyage, il s'adressa a bon nombre de ses vassaux ; mais aucun de^ ceux qui avaient pris pari k ses festins ne
vint k sou secours dans sa détresse Il
traversa la Bourgogne, et passa les fêtes de Noël à Besançon, où il fut bien accueilli par le duc Guillaume, oncle de sa mère, et I un des plus riches seigneurs de la contrée ; puis il gagna les frontières d'Italie.
L'hiver était tellement rigoureux que toutes les rivières et le Rhin même étaient gelés. Une grande quantité de neige était tombée au mois d'octobre, et couvrit tout le pays jusqu'à la fin de mars. Le chemin suivi par le roi passait par-dessus une haute montagne dont les sommités étaient couvertes d'énormes masses de neige et de glace.
La neige était gelée comme du verglas, en sorte que les hommes et les chevaux couraient risque, k chaque Instant, de se Jeter dans des précipices. Mais le jour anniversaire de son excommunication n'était pas
(!264l) Lanib., ann. 107G.
manquait à quelqu'une de ces Tabsûlulion serait nul'p, qu'il
ISOl LUT DE L'UIST. UNIV
roulait : qne, d'après Je jugouient du Pontife, il garderait laroyautéouy renoncerait, .«etoD qu'il serait trouvé innocent ou coupa- Me, sans que jamais il tirât aucune vengeance de Cfrtte potirsnile laite contre lui ; 4^ue, jusqu'au jugement de la cause, il ne porterait aucun insigne de la ro.yauté et ne. prendrait aucune part au gouvernement du royaume; qu'il pourrait seulement exiger les services» c'est-à-dire les redevances néce$<;aires pour Tentrelien de sa maison :
(|ue ceux qui lui avaient prêté serment vn seraient déliés devant Dieu et devant 1rs iiomroes : qu'il éloignerait pour toujours de sa personne Robert, évoque de Bamberg, et les autres dont les conseils lui avaient été si préjudiciables; que^ s'il se jusliGait, et demeurait roi, il serait toujours soumis et obéissant au Pape, et raiderait, selon son pouvoir, i corriger les abus du royaume contraires aux lois de TEglise; enfin, que, s'il
conditions,
qu'ïl serait tenu
pour convaincu, sans être jamais reçu à se
I'ustifler, et que les seigneurs auraient la iberté de choisir un autre roi.
Henri accepta toutes ces conditions, et s*engagea même par serment h les remplir avec fldélité. Le serment était conçu en ces termes: « Moi, Henri, roi, je promets de me trouver, &n jour iïxé par Je Seigneur Pape (trégoire, à la réunion des archevêques, évêques, ducs, comtes et autres princes du royaume teutonique ; selon le jugement qu'il prononcera , je donnerai^ satislaction des plaintes portées contre moi, ou je me réconciMerai avec eux et avec (tux qui suivent leur parti. Si des obstacles réels empêchent que lui ou moi nous nous trouvions au jour lixé à cette réunion, je resterai sous les niêmes obligations pour la suite. Si 1e Seigneur Pape Grégoire vjeut passer les ni<»nls • ou visiter quelque autre partie-du royaume, il aura sécurité entière de ma part et ue la part de tous ceux qui ra*obéis5en( tant pour sa vie et pour ses membres que pour sa liberté, et |K)ur ia vie, les inembreset la liberté de ceux qui raccompagnent, et de ses légats, soit quils séjournent, soit qn ils cheminent'. De mon consentement, on ne fera rien contre leur honneur, et s'ils étaient attaqués par quelqu*un, je les soutiendrais de tout mon pouvoir. Tout ce!a je l'observerai d'une manière loyale et inviolable , je l'atteste par mon serment (2645). »
Ce serment ne fut pas encore jugé sufli* snnt par le Pape : il fallut que les iutercesseuis de Henri se rendissent eux-mêmes ga« rants de ses promesses. Saint Hugues, Abbé de Cluny, alléguant que sa prolession de moine ne lui permettait pas de jurer, donna sa foi en présence de Dieu ; Eppun, évêque de Zeîtz, Tévêque de Verceil, le margrave Azon d'Esté et d'autres seigneurs confirmèrent par serment que le roi ferait ce qu'il avait promis.
Dès que ces serments eurent été prêtés, le
. DE L'EGLISE. LUT lî(«
Pape donna aut roi la bénédiction et la paix apostoliques, et célébra In Messe. Au moment de la communion, il le fit approcher de l'autel avec tous les assistants qui étaient e^n grand nombre; puis tenant à la main le cor|)s de Nolre-Seij^neur, il dit : «c J'ai reçu ^ depuis longtemps des lettres de vous et de ceux de votre parti, où vous m'accusez d'avoir usurpé le Saint-Siège par simonie, et d'à voir commis, tant avant mon épiscopat que depuis, des crimes qui, selon les canons , me fermeraient l'entrée aux ordres sacrés.
Quoique je, puisse me justifier par le témoignage de ceux qui savent comment j'ai vécu dès mon enfance, et gui ont été les auteurs de ma promotion étuscopale, toutefois pour êter toute ombre de scandale, je neveux, m'en rapporter qu'au seul jugement de Dieu, et non à celui des hommes. Je veux que le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ que je vais prendre, soit aujourd'hui une preuve de mon innocence. Je prie le Tout-Puissant de dissiper tout soupçon, si je suis innocent; et de me Caire mourir subitement, si je suis coupalde. > Ayant ainsi parlé, il prit une parti» de l'Hostie et la consomma. Le peuple poussa des acclamations de joie, louant Dieu et félicitant le Pontife de ceile preuve de .son innocence.
Mais le Pape, ayant fait faire silence, se tourna vers le roi et lui dit : < Faites, je vous prie, mon fils, ce que vous m'avez vu faire. Les princes allemands n*ont pas cessé de vous accuser devant moi d'un grand nombre de crimes pour lesquels ils prétendent que vous devez être interdit pendant toute votre vie, iiou-seulement de toute fonction publique de la royauté, mais encore de la communion ecclésiastique, et de tout commerce de \a vie civile* Ils demandent instamment que vous soyez jugé, et vous savez l'incertitude des jugements humains.
Faites donc ce que je vous conseille; et si vous vous sentez innocent, délivrez Tamise de ce scandale et vous-même de ces embarras. Prenez cetteautre partie de l'Hostie, afin que cette preuve de votre innocence ferme la bouche à tous vos ennemis et m'engage à être voire défenseur le plus ardent, pour vous réconcilier avec les soigneurs et finir à jamais la guerre civile. » Le roi, qui nes'at« tendait à rien moins, surpris et embarrassé , commença par reculer; et, s'étant retiré à part avec ses confidents, il délibéra eu tremblant sur ce qu'il devait faire fK)ur éviter une épreuve si terrible. Enfiu , ayant un peu repris ses esprits, il dit au Papo (]ue les seigueur» qtti lui étaient demeiN rés fidèles étaient absents pour la pinpart, aussi bien que ses accusateurs, et qu'i!.« n'ajouteraient pas grande foi à ce (ju'il «^urait fait sans eux pour sa justification. C'est (iourquoi il priait le Pape de réserver lafl'aire en son entier è un concile général.
Le Pape se rendit sans peine à la prière du roi. Il ne laissa pas de lui donner le corps de Notre-Seigneur; et, ayant achevé la Messe,
(2G45) Labke» loni. X, L iv, pobl. cpisi. iâ; Paut Bciirled, n. 84.
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LUT
il IMiivitn H dîner, et le traita pendant le repas, avec beaucoup d'honneur; et, après ravoir instruit soigneusement de tout ce qu*il devait observer, il le renvoya aux siens, qui étaient restés assez loin hors du cbAteau (36^6).
Aussitôt après Tabsolution du roi, Grégoire en donna avis aui seigneurs de TAllemagne par une lettre, où il s'exprime ainsi : « Suivant la résolution prise avec vos dé* pûtes, nous sommes venu en Lombardie, environ vingt jours avant le terme auquel quoiqu'un des ducs devait venir au-devant de nous aux passages des montagnes; mais, après ce terme expiré , on nous manda qu'on ne pouvait nous envoyer d'escorle, ce qui nous mit en grande peine, parce que nous n*avions pas d'ailleurs de moyens de passer chez vous. Cependant nous apprîmes d*une manière certaine que le roi venait ; et, avant que d'entrer en Italie, il nous offrit par des envoyés de satisfaire en tout à Dieu et h saint Pierre, et nous promit loute obéissance pour la correction de ses mœurs , pourvu qu'il obtint son absolution. Nous consultâmes et délibérâmes longtemps, le reprenant de ses excès, par les envoyés du part et d'autre; et enfin il vint, sans marques d'hostilités, et peu accompagné, à la ville de Canosse, où nous demeurions. Il fut troiis jours à la porte sans aucune marque de dignité royale, nu-pieds et vêtu de Jaine, demandant miséricorde avec beaucoup de larmes; en sorte gue tous les assistants ne pouvaient retenir les leurs, et nous priaient instamment pour lui, s*étonnant de notre dureté. Quelques-uns même criaient que ce n'était pas une sévérilé a()ostolique, mais une cruauté tyranniaue. Enfin, nous laissant vaincre, nous lui donnâmes Tabso- Jul^ion et le reçûmes dans le sein de l'Eglise, après avoir pris de lui les sûretés ci-dessous tranM'Tites, qui furent aussi conûrmées par I'Ab!)é deCluny, f^ar les comtesses Mathilde et Âdélaïdp, et plusieurs autres seigneurs^ évoques et laïques. Les choses étant eu cet état, nous désirons passer chez vous, sitôt que nous en aurons la commodité, pour travailler plus efficacement h la paix de l'Ëglise et de l'empire; car vous deve?: être
Ssrsuadés que nous avons laissé toute l'afire en suspens, jusqu'à ce que nous puis« sions la terminer par votre conseil. — 28 janvier 1077 (26^7). » •
XilL Voilà ce que fit Grégoire : voyons ce que fil Henri. Deux espèces d'hommes redoutaient une réconciliation entre le Pontife et. le roi, les évèques et les seigneurs de Lombardie. Parmi les premiers, il n'y en avait peut-être pas un dont l'intronisation fût légitime et la vie canonique; tous, ou presque tous avaient acheté la dignité épiscopale, et les seijjneurs la leur avaient vendue au prix du bien des églises. Or, si un accord sincère venait à régner entre le Pape et le roi» tous ces évèques simoniaques se
("iHO) Larob., Paul B«*iirict«, Voigl.
(i647) Lili. IV. epibl. iî.
voyaient déposés ; tous ces usurpateurs laïques des biens des églises, obligés à restitution. Ils reprochèrent donc à Bt nri comme une faiblesse, comme une lâcheté, les soumissions et les promesses qu'il avait faites à Grégoire, et menacèrent de Tabandonner, pour s'élire un autre roi. Henri, en conséquence, foulant aux pieds tous les serments qu'il avait faits, résolut de s'emparer de la personne du Pape et d'en oiellre un autre à sa place.
Six jours après son départ de Canosse, il se rendit de Ileii;iu à Bihianeilo, ville appartenant à Mathilde, et éloignée de Canosso de quelques milles seulement. Là, il fit dire au Saipt-Père qu'il désirait s'entretenir encore une fois avec !ui. Grégoire s\miipressa de l'aller trouver, accompagné de Mathilde. Le roi lui proposa de convoquer une nouvelle assemblée au delà du Pu, pour calmer l'effervescence populaire: (îrégoire y consentit. Le joui* une fois iiié, Henri se rendit le premier de l'autre c6ié du fleuve, pour s'entendre avec ceui qui devaient arrêter le Pontife. Grégoire et Matliilde suivirent le prince sur la rite opposée; mais la comtesse commenga à soupçonner quelque embûche. Dès qu'elle eut acquis la certitude des mauvais desseins de Henri, elle s'éloigna rapidement avec le Pape et sa suite, en prenant des chemins détournés à travers les montagnes. Cet incident empêcha Grégoire <le se trouver à la diète des princes à Augsbourg (26tô).
Cependant, Henri rappelait auprès de lui tous ses confidents, que le Pape avait excommuniés; et dans l'assemblée des seigneurs, il ne cessait de déclamer conire Grégoire , Taccusant d'être l'auteur de tous les maux de ffiglise et de TEt^it, et exhortant les Lombards à se venger, sous sa conduite, des injures qu'ils en avaient reçues. Par de tels moyens, il vit bientôt une armée nombreuse se rassembler sous ses ordres.
De leur c6té, les seigneurs d'Allemagne décidaient que tous ceux qui s'intéressaient au bien de i Etat, s*assembleraient*le 13 de Mars à Forchcim en Franconie. Ils écrivirent au Pape que, puisque le roi, par ses artifices, l'avait empêché de se rendre à Augsbourg, à la Chandeleur, il ne manquât pas du moins de venir à Forcheim. A la réception de ce message, il envoya des i^gns au roi, dont il n'ignorait pas le changement, pour lui dire qu il était temps d'accomplir ses promesses, et qu'il eût à se trouver à Forchcim, alin que sa couse y fût déûuiiivement jugée.
Le roi répondit artiflcieusement que, comme c'était son premier voyage en Italie, il y avait trouvé tant d'affaires, qu'il ne pouvait en sortir si prom()tement sans otfenser les Italiens, et que, d'ailleurs, le terme fixé pir l'assemblée, était trop court. Il pria niêmo le Pape de lui permettre de recevoir la coa-
(2648) Qontnizo.
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DR L'UIST. UNIV. DE L'EGLISE
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n>nne & Monza» suivant Tusage des rois lie Lorobardie: il pensait ainsi se faire réuiblir indirectement dans la. royauté, par le Po(»e lui-m6me; mais celui-ci refusa d*iine manière positivot déclarant que Henri devait d*Abord se justifier de toutes les accusations portées cotilre lui, et se faire ensuite couronner» avec le consentement de tout le royaume.
AussilAt Grégoire députa deux légats en Allemagne, pour se trouver è rassemblée de Forcheim, raconter aux seigneurs allemands ce qui sVtait passé, ot Irur dire que l*iDtention du Pontife était de s*y trouver luimême; mais que Henri lui avait si bien fermé b*s passages, qu*il ne pouvait ni passer en Allemagne, ni retourner è Rome, tl les exhortait cependant à travailler d'un commun accord au bien de l'Etat, déchiré depuis tant d'années, par la perversité d'un seul homme.
XIV. Arrivés è Forche;m, les légats furent accablés des plaintes que les membres de )a dièle formaient contre le roi. « Henri, disaient-ils, leur avait déjà causé bien des niaux, et ils avaient encore sujot d'en craindre de nouveaux de sa part : il avait déjà voulu tait de fois les surprendre, qu'ils ne pouvaient plus se fler h ses serments. S'ils l'avaient souffert si longtemps, depuis qu'il ^tnil déposé, ce n'ét/iit pas qu'ils espérassent 5a correction : c'était pour 6ter à leurs ennemis tout prétexte de calomnie. »
Le lendemain, la diète représenta aux lé- (rats (fwe c^ serait exposer l<^ royaume k une division sans remède, si l'on n'élisait pas un roi dans cette assemblée même. Les légats répondirent : « Il nous semble que le meilleur parti serait, si vous le pouvez sans I éril, de différer l'élection jusqu'à l'arrivée du Pape. Du reste, vous avez en main l'autoritf^, et vous connaissez mieux que nous 1 intérêt dû royaume. » Les seigneurs donc, incertains de l'arrivée du Pape, et assurés «tu danger qu'il y avait à dilférer, s'as>emblèrent, avec la permission des lé>;ats, chez 1 arcbevêque de Mayence, et considérèrent que le Pape avait laissé le délai à leur choix, qu'il leuravait défendu de reconnaître Henri pour roi, et que depuis, il ne lui avait rendu que la communion, et non la couronne.
En conséquence, se trouvant entièrement libres, ils procédèrent à l'élection d*un nouveau souverain. Quelques seigneurs voulaient qu'on obligeât d avance celui qui devait être élu, h réparer les torts particuliers qu'on leur avait faits. Ces^ vues d'intérêt paiticulier déplurent aux légats. Ils disaient qu'un roi n'était pas roi pour quelques in« dividus, mais pour tous; qu'il devait prolé;;er les droits de chacun; que chaque individu trouvait son intérêt propre dans l'intérfft commun; que si chacun faisait atie*ilion à son intérêt particulier, leur choix ne serait plus libre ni impartial, mais enta-' cIk* de simonie. Us représentèrent la nécessité d'établir des jtriucipes généraux, d'après
(2040) Biuuo, Dcbello Saxon.
les'iuels réiention devait se faire, savoir : 1* Que les évêchés ne seraient point le prix de l'or ou de la faveur, mais que chaque église aurait le droit de se nommer ses dignitaires, comme le veut la discipline ecclésiastique ;'2* que la dignité royale, suivant les anciennes coutumes, ne serait pas héréditaire; mais que le fils du roi, s'il était digne de succéder à son père, serait élu d'après un choix libre ; que, s'il n'en était pas digne, et que lepeuple ne voulût pas le reconnaître pour son seigneur, il serait rejeté. Ces propositions furent accueillies et approuvées unanimement (264D).
Cela posé, les évêques, les seigneurs et le peuple, à commencer par l'archevêauo de Mayence, qui avait la première voix, élurent unanimement pour roi, Rodolphe, duc de Souabe, quoiqu'il résistât et demandât au moins une heure pour délibérer ; ^ tous lui firent serment de fidélité. Rodolphe ne voulut point assurer sa jsuccession è son fils, mais il déclara qu'après sa mort, les seigneurs éliraient celui qu'ils jugeraient k plus digne. Ce grand événement se passa le 15 mars 1077; et douze jours eprès, le nouvel élu fut sacré h Mayence, en présence des légats.
Le jour de son sac^re, il donna une preuve de sa soumission au Saint Siège. Voyant un sous-diacre, qu'il connaissait pour simouia^ue, se présenter vêtu de ses ornements, pour chanter l'Epltre h la Messe, il refusa de l'entendre; de sorte que l'archevêque fut obligé de le faire retirer, et d'en mettre un autre à sa place. Cette action rendit le nouveau roi odieux aux clercs simoniaques et con'cubinaires; et, dès le jour même, le clergé de Mayence excita uqe sédition contre l'archevêque Rodolphe et les seigneurs.
Aussi, quand après ledliier, le roi descendit du palais, pour aller à Vêpres, le peuple en lurie, voulut s^emparcr de l'église et du palais; mais il fut repoussé par les chevaliers qui accompagnaient le roi, quoiqu'ils fussent sans armes ; cnr c'était la coutume de n'en pas porter en Carême.
Après les Vêpres, les séditieux revinrent à la charge; et, dans ce second engagement, il y eut plus de cent hommes tués ou noyés.
Ainsi, les défenseurs de Tordre repoussèrent la violence par la violence. Celte voie déplutelle aux légatsT Nous ne savons. Quoi qu'il en soit, ils ne laissèrent pas d'imposer une pénitence k ses défenseurs; ils durent jeûner quarantejours, ou nourrir quarante pauvres. Rodolphe envoya aussitôt une amL)assdade au Pape, pour lui donner avis de son élection, et lui promettre obéissance.
XV. Henri^ de son côté, sollicitait Grégoire de se déclarer contre le compétiteur que l'assemblée de Forcheim venait de lui opposer. La position du Chef de l'Eglise se trouva i\es plus délicates. Henri, absous de l'excommunication, ne devait être rétabli sur le trône, qu'après s'être jusiitié dans une assemblée des seigneurs d Allemagne. Or,
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DE i;niST. UNIV. DE L'EGLISE.
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contre ses propres entrailles et de causer sa propre ruine ;(|u'il réprime, parsapuis^aufe, la cause tio la discorde, et que, par sa divine modération, il apaise les* parties sans les laisser s'emporter à des suites funestes et déplorables. Il j a plus de trois mois que nous avons envoyé nos instructions à nos légats Bernard , diacre, et Bernard, Abbé de Marseille, dont nous avons appris la captivité, et que nous avons écrit aux seigneurs ecclésiastiques et laïques, les engageant à faire éviter Tincendie, le meurtre et les autres moux de la guerre, et h prendre sur cette importante affaire le parti qui nous paraissait le plus juste; et pour les pousser davantage, nous y avons ajouté Tinjonction de Tau* iorité apostolique.
« Comme nous ignorons si vous les avi^z reçues, ou si vous les avez regardées couinie authentiques, nous vous en envoyons des copies, vous prescrivant de faire tous vos efforts pour que le différend soit terminé selon lo jugement qu'elles renferment. Nous vous avons aussi envoyé le serment que le roi Henri nousa prèl^, et qui a été remis entre les mains de l'Abbé deCluni, afin que, par cette lecture, TOUS puissiez af>précier la droiture de sa conduite envers nous, lorsque ses partisans retiennent nos légats prisonniers. Nous avons vu par là qu'il n*a encore rien fait qui soit digne de lui.
« Nous ne permettrons jamais qu*il profite de ci'tle occasion pour agir contre lajustice; car il n*a pu obtenir, ni \mr ses prières, ni par ses caresses, ni par ses menaces que nous nous écartions de ce que nous regardons comme juste. Nous persisterons, avec le secours de Dieu, dans ces sentiments; ni la vie, ni la mort ne pourront nous en détourner. Agissez donc, mes très-chers Irères, aUii qirii paraisse combien vous aimez la liberté de TËglise et le salut commun ; car vous savez que, si cette affaire venait à empirer par votre négligence, elle répandrait, non-seulement sur l'Allemagne, mais sur toute la chrétienté, des maux sans nombre et d'indicibles calamités (2651). » •
Pendant qu'en Allemagne les deux rois rivaux armaient è l'envi pour décider leur querelle, Grégoire ouvrit à Rome, dans les premiers jours de l'année 1078, un concile dans lequel devait se df^cider cette même quesdon , avec d'autres encore non moins préjudiciables à la paix de riiglise. Les deux rois y envoyèrent des ambassadeurs.
Ceux de Rodolphe, oui n'avaient pu péné* trer en Italie qu'avec beau<:oup do peine, venaient annoncer au Saint-Père la soumission du roi leur maître, et le prier de prendre en pitié le triste état de l'Eglise d'Allemagne. Les envoyés de Benri se présentaient également, pleins de soumission, devant l'auguste assemblée : i!s élevèrent des plaintes contre Rodolphe, qui s'était rends coupable, disaienl-ils, de trahison etd'inlidélit*^ envers sou lé^^itime souverain, et qui, par son usurpation, méritait les anathèmes
(iu5l) Lib. v,opist. 7.
du Sit^ge apostolique. Quelques-uns des membres du concile partagraieiit ces idôes.
Mais Grégoire décitia que, dans une affaire aussi importante, il ne pouvait encore rien décider, dans la crainte de faire tort à l'un ou h l'autre des prétendants. « Cèpe <dant, dit-il, comme cette question et ces troubles du royaume ont causé à l'Eglise des maux incalculables, nous jugeons h propos d'envoyersurleslieuxdeslégatssages et prudents, qui convoqueront les hommes pieux de tout ordre, afin d'établir, par la grâce d» Dieu et avec leur concours, In paix et la concorde, ou de favoriser de tous leurs moyens le parti du droitetde la justice^afia que le parti * opp'>sé se désiste, et que la justice et les lois retrouvent leur ancienn*) vigueur. Comme vous n'ignorez pas que certaines personnes, poussées pir un mouvement satanique, par l'ambition et J*avarico, f réfèrent le trouble au rep^^s, nous défendons qui que ce soit, roi, archevêque, évèquc, duc, comte, marquis, seigneor, de mettre obstacle è ce que nos légats accomplissent leur mission de paix' et de justice. Quiconque serait assez téméraire pour violer ce décret et pour s'opposer è la mission de nos légats, nous le lions par les liens de l'anathème, non-seulement dans son esprit, mais encore dans son corps, de sorte que nous le privons de toute prospérité dans cette vie, et que nous lui ôtons la victoire dans ses armes, afin quil soit confondu et touche d'un double repentir (2652). »
Loin de calmer les méchants, ce concile ne fit que les irriter davantage, surtout en Lombardie, où le clergé, simoniaque it concutdnaire, ne cessait de soulever les populations contre Grégoire, (^pendant, le saint Pontife, plein de confiance en Dieu,
Eoufsuivit son œuvreavec un calme admirale. Au mois de novembre de cette même année 1078, il convoqua un nouveau concile, auquel les deux rois envoyèrent leurs ambassadeurs. [Pour preuve de son impartialité et de la pureté de ses intentions, il no voulut encore rien décider sur cette affaire, qu'il renvoya de nouveau à une diète générale. Les ambassadeurs de Rodolphe et de Henri jurèrent, au nom de leurs maîtres respectifs, qu'aucun d'eux ne mettrait obstacle À la lentie de cette assemblée.
Cette prudence, cette circonspection du Pape mécontentait fortement les Saxons.
« Ils avaient attendu toute autre chose de sa part ; car ils ne connaissaient ni sa position, ni ses sentiments, ni même son caractère, ils s'étaient imaginé qu'il prononcerait co'itre Henri une nouvelle déposition, reconnaîtrait aussitôt Rodolphe pour roi légitime et le présenterait h toute la chrétienté comme tel, afin de terrasser, par le, ses ennemis. Les Saxons ne voyaient dans sa conduite h l'égard de Henri que les capriccsd'ùn orgu«'il blessé et d'une haine aveugle. Mais Grégoire jugeait les événements avec plus de justesse et de profondeur : son but uni-
(S1652) Labbe, tom. X, p. 570.
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malgré tous ses serments, voulait que les urines seules terminassent la quereilc. Les légats retournèrent donc h Rome.
Les princes de ce monde ne connaissent qno la force; peu leur importe que le sang coule, que la guerre, avec ses horreurs, moissonne les hommes. Ne faut-il pas que leur ambition, à eux, soit satisfaite! Déjih, en 1078, une sanglante lutte avait eu lieu entre les troupes de Henri et celles de Rodolphe, à Meirichstadt en Franconte, où ce dernier avait eu l'avantage. L*année 1080 fut témoin d'une bataille non moins meur* trière ebtre les deux rivaux à Fladenheim en Thuringe. Henri, qui avait cru surprendre les Saxons, fut obligé lui-même de prendre la fuite.
XVILCe fut peu de temps après cetle d^^rnière journée que Grégoire tint à Rome un nouveau concile. La défense des investitures y fut intimée de nouveau tant aux clercs qu'aux laïques, de quelque condition qiiMs pussent être, empereur, roi, duc, marquis ou toute autre personne ou puissance séculière . Bnlin , parmi plusieurs nutres règlements, on y renouvela, dans les termes suivants, les anciens canons tonch^nt les élections épis( opales : « Quand, à la mort d*un pasteur, il s'agit de pourvoir aux l)esoins d*une église, le clergé et le peufile doivent choisir, à la demande de révèque fléputé par le Pape, ou par le métropolitain, lin nouveau pasteur, en mettant de côié toute ambition, toute crain'.e et toute faveur, rt en prenant le consentement du siège apostolique ou du métropolitain. Quiconque, cédant & i\es motifs coupables, agit contrairementh ce canon, rend son élection nulle, et n*aura plus le pouvoir d*élire (2657). »
Ensuite parurent devant le concile les ambassadeurs de Rodolphe et des princes du royaume teutunique, qui élevèrent contre Hi*nri les plaintes les plus graves, et dirent : « Envoyés par notre seigneur le roi Rodolphe, et par sos princes, nous nous plaignons à Dieu, h saint Pierre, k voire paternité, et à tout ce concile, do ce que Henri, gue vous avez privé du royaume par l'autorité apostolique, l'a tyranniqucment envahi, malgré votre interdit, en portant partout le fer, le feu et la dévastation. Sa cruelle impiété a dénouillé do leurs sièges les archevêques et les évêques, pour les donner k ses partisans. Il a causé la mort de Werner, de pieuse mémoire, archevêque de Magdebourg; et févêque Adalbert de Worms gémit encore dans ses prisons, contre les ordres dU'Saint- Siége. Plusieurs milliers d'hommes ont déjà été tués par la faction; un grand nombre d'églises incendiées, et des reliques profanées et pillées. Les attentats de Henri sont innombrables contre nos princes, parce qu'ils ont refusé de lui obéir comme è leur roi, contre te décnt du Siège apostolique; et la diète que vous avez indiquée pour la justice et la paix n'a pu être convoquée par bon opposition et par celle de ses adhérents.
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C'est pourquoi nous vous supplions de nous faire justice, k nous, ou plutôt k la sainte Eglise de Dieu, de ce prince persécuteur et sacrilège (2658). »
Grégoire vit que le jour était enfln venu de prononcer une sentence définitive.* Il se leva triste et gémissant de sa Chaire, rt, en présence et avec l'approbation du concile, ii fit entendre les paroles suivantes :
Saini Pierre^ prince de$ Apdlres^ et vou$ saint Paul^ docteur des nations^ daignez, je vous prie, me prêter VorùUe, et m" écouter fa^ vorablement. Comme vous êtes les fervents disciples de la vérité^ aidez^moi pour que je ne* m'en écarte pa#, en sorte que mes frrres aient plus de confiance en moi, qu*ils sachent et qu^ils comprennent que c pstpar la foi que fai en vous^ ^près Dieu et sa sainte mère, la Vierge Marie, que je résiste aux pécheurs et aux méchants^ et que je soutiens vos fidèle»
serviteurs. Vous sarez^ en effet, rfne cest malgré moi que j'ai été promu aux ordres sacrés^ aue c'est malgré moi que j'ai suivi le P*tpe Grégoire au delà des monts, que c'est woUjré moi aûeje suis revenu avec le Pape Léon vers l'Eglise romaine, dans laquelle je vous servis. Enfin, c'est surtout contre mon gré, au mépris de ma douleur, de mes gémissements et de mes larmes, que j'ai été placée quoique indignCf sur votre Trône. Si je fais celte déelaration^ c'est pour dire que ce n'est pas moi qx$i vous ai choisis, mais que c*est vous ^ui m'avez choisi vous-^uémes, et qui m'avez fmposé le lourd fardeau du gouvernement de votre Eglise : et, parce t/ue vous m'avez fait monter sur cette montagne sainte, que vous m'avez ordonné de crier et de reprocher au peuple de Dieu et aux enfants de l'Eglise^ leurs prévarications et leurs crimes, les ou* vriers de Satan se sont élevés contre tnei, roulant répandre mon sang de leurs propres mains. Les rois de la terre, lesprincet du siè^ de, les ecclésiastiques^ les courtisans (t les hommes du vulgatre se sont réunis contre Is Seigneur et contre vous ses christs, et ont dit : Brisons leur joug et jetons-le loin de nous; i$ dès lors ils ont mis tout en œuvre pour se défaire de moi par la mort ou par texil,
A leur tête, Henri, qu'on appelle roi, s^est élevé contre votre Eglise de concert avec plu sieurs évêques ultramontains et italiens^ s'efforçant de la subjuguer, en me précipitant du trône pontifical. Votre autorite a résisté à son orgueil, et votre pouvoir l'a abattu : confus et humilié^ il est venu en Lombardie me deman^ der rabsolution de son excommunication. En le voyant ainsi repentant, en écoutant ses promesses réitérées plusieurs fois de tenir une autre conduite et de se corriger, je lui ai rendu la communion^ sans le rétablir dans l'autorité royale^ dont je l'avais déclaré déchu dans le concile romain. Quant à la fidélité dont f avais absous, dans le même concile, ceux qui la lui avaient jurée, je n'ai point ordonné quelle lui fût rendue ; et jai agi de h sorte, soit parce que ie devais prono^fcer ensuite entre lui et les évêques et seigneurs au
(2657) Lablie, tom. X, p. 582.
(2058) Paul Bcnried, c. li.
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Dir:TH)NN:\lRE
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(fetà de» monts, 7111, ohéitsant àrôîre Eglise, gelaient déclarés contre lui; soit parce tjve je devais régler la paix entre eux et lui, siiivatit le serment que Henri lui-même avait fait par l'intermédiaire de deux évéques d'en observfr les conditions.
Mais les évéques et le» seigneurs ultramontains, apprenant quil ne tenait pas ce qu'il avait promis, et désespérant en quelque sorte (le sa correction, élurent, sans mon conseil, ron.9 en êtes témoins, le duc Rodolphe pour leur roi. Ce prince se hâta de m' envoyer un ambassadeur, pour me déclarer quil avait été forcé de y.rendre le gouvernement du royaume, mais qu'il était prêt à m'obéir en tout: et en effet, il m* a toujours ttnu depuis le mime Idnjagcpromettrtnt même de me donner^ pour otages de sa fidélité, son fils et celui de son ami le duc Berthold.
Cependant Hevri commença à me prier de V aider contre Rodolphe, et je lui répondis que je le ferais volontiers, après avoir entendu les deux partis, 'et reconnu de quel côté se trouve le bon droit, Henri, croyant vaincre par ses propres for en, méprisa ma réponse. Né 'Uffioins, quand il vit quil ne pouvait f ire ce quil espérait, il envoya â Home deux dp ses partisans, l évêque Théodoric de Verdun, et l' évêque llcrvard dOsnahruck, qui me prièrent, de sa part, de lui faire justice; ce que demandaient atusi les députés de Rodolphe,
Enfin, d'après rinspiration divine, f ordonnai, dans le concile, quon tiendrait une -conférence au delà des monts, afin de rétablir la paix et de décider de quel côté était la justice. Car, pour moi, vous en êtes témoins, vous mes Pères et mes maîtres, je n*ai été disposé jusqu à ce jour quà favoriîer le parti le plus juste ; et comme j'ai pensé que Vautre parti ne voudrait pas que cette assemblée eût lieu, puisqu elle devait chercher la justice, j'ai frappé dana thème toute personne qui s'y opposerait, roi, duc, évêque ou autre.
Mais Henri n'a pas craint, avec ses fauteurs, le péril de la désobéissance, qui est un crime d^idolâtrie ; en s' opposant à celle conferencCt H « encouru rexcommunication, et s'est chargé lui-même de Canalhème: il est cause de la mort d'une multitude de chrétiens, du pillage ^d'un grand nombre d'éyises et de la désolation du royaume leutonique tout entier. Crst pourquoi, confiant dans la miséricorde de Dieu et de sa Mère, la Vierge Marie, et usant de votre autorité, j'excommunie Henri, quon appelle roi, avec tous se'È fauteurs ; et, le privant de nouveau des royaumes d'Allemagne et d'Italie, par l'autorité de Dieu et par la vôtre, je lui Ole la puinsance et la dignité royales ; je défends à 4out Chrétien de lui obéir comme à un roi, «/ je délie de leur serment de fidélité tous ceux qui le lui ont prêté, qui le lui prêteront. Que <lésormais Henri n'ait aucune force dans la {fucrre, et ne gagne de sa vie aucune victoire!
Afin que Rodolphe, que les Allemands ont
élu pour être votre fidèle défenseur, puisse gouverner et défendre le royaume, j'accorde, à tous ceux qui lui sont dévoués Cabsoluiion de leurs péchés et votre bénédiction salutaire, en cette vie et en Caulre, De même gut Henri est justement dépouillé de sa dignité royale, à cause de son orgutil,'de sa désobéissance et de sa mauvaise foi, de même la puis» sance et l'autorité royales sont accordées à Rodolphe, pour son humilité, sa soumission et sa droiture.
Faites donc mainterutnt conf^aître à tout le monde, puissants princes de CEglise, que, si vous pouvez lier et délier dans le ciel, tous pouvez aussi, sur la terre, retirer ou accorder à chacun, selon son mérite^ Us empires^ les royaumes f les principautés, les duchés, les marquisats, les comtés et les biens de tous Uf hommes; car vous avez souvent été aux méchants et aux indignes, et donné aux bons, les patriarcats, les primaties, les archevêchés et les évêchés. Si vous jt&gez les choses spirituelles, que doit-on croire de votre puissance sur les choses temporelles? Et si vous juges les anges, qui dominent sur les princf» superbes, que ne pouvez-vous pus sur leurs isclavfs ? que les rois et les princes du sitcle apprennent donc maintenant quelles sont votre grandeur et votre puissance; quiU craignent de mépriser les ordres de voire Eglise, et que votre justice s'exerce si promptement sur Henri, que tous sachent quil ne sera pas renversé par un hasard, mais ^nr votre puissance. Dieu veuille le confontire, pour ramener à une pénitence salutaire H pour sauver son âme au jour du Seigneur
Celle senlenf-e solennelle fui prononcée le 7 m/ips 1080. Nous recommandions à Iflilenlion tlo tous les huit propo^ilions snvanles» anniufiles un auteur célèbre (2600.
ré(iuit le débat entre saitii Grégoire VII ei Henri IV. C'est fauio d'avoir aussi bien résniné les faits, et d'avoir pénétré la conduite du César alleuiand, que plusieurs liisioriens, bien intentionnés d'ailleurs , ont mal jugé ou fait mal juger, par leurs lecteurs, ce grand et mémorable débat Od est en droit de s'étonner de la légèreté avec Laquelle il en est qui se sont f»rononcés Juin une aussi grave question, alors qu'il eût fallu peser les faits de part el d'aolre, et s'enquérir exactement de l'état des ciiosrs.
Voici donc les huit propositions lelles que les donne l'historien que nous venoih de nommer : 1* Les crimes de Henri causent un énorme scandale dans l'Eglise et rKtat, et lui aliènent les esprits des Saxons. 2" Grégoire, el par ses lettres et par ses légats, lui parle avec la ^rlus grande lendre^n' pour le ra|)peler à son devoir, et se mnniie très-disposé à servir s<»s intérêts. 3* Henri méprisant les décrets de l'Ëgiise, et s obstinant dans ses crimes, Grégoire le ré| nmande avec plus de force. Ucnri^ ne pouvant souffrir dé reproche, assemble à Worios uu
<2Gi>9) Lali!*e, Conc, lom. X, p. 581 et soqq.
(iCCO) Noël Alexandre, seci. xi el xn, dissert, il
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coDciliabule scliismaiique coalro le Ponlite, et, peu après, uu autre conventicule'à Pavie. k* Grégoire excommunie le roi de Gitmanie dans un concile lenti à Rome en 1076, mais ne le prive pas tout à fait dé la digniié royale. 5* Henri, par une pénitence simulée , obtient rabsoluliou de Grégoire.
6* Henri ayant violé la foi qu*il avait donnée à Dieu 9 ainsi qu'au Vicaire de Jésus- Christ, et confirmée avec serment, les prin* ces de Germanie élisent pour roi Rodolphe, duc de Souabe. 7* Rodolphe est élu roi sans le conseil du Souverain Pontife. 8* Henri étant retombé dans les mômes crimes, et dans d*aulres encore plus énormes, Grégoire Texcommunie et le dépose.
XVJIl. A la nouvelle de son excommunication, Henri fut d'abord attéré : les courtisans, les évoques simoniaqueset les prêtres concubiuaires, condamnés en sa personne, lui rendirent le courage, et changèrent bientôt sa tristesse en fureur.
Il convoqua une assemblée d*évèques scbismatiques h Mayence. Dix-ueuf seulement s*y trouvèrent, honteux de leur petit nombre. Voici comment ces prélats prévaricateurs jugeaient les hommes et les faits : « Sur Taccusation des Saxons, Henri est mis au bande TEglise. Cette sentence ne doit point être jugée d'un grand poids, en ce qu'elle paraît dictée, non par la raison, mais par le caprice; non par l'amour, mais par la haine. Le roi, voyant donc que le Pape ne vise qu'à le priver de son royaume, quoiqu'il soit content de son obéissance pour le reste, à l'exception de son refus de renoncer à la royauté, se voit forcé de passer de l'obéissance à la rébellion, de Thumilité à Torgueil, et entreprend de faire au Pape ce que le Pape prétend lui faire.» Peut-on dénaturer plus audacieusement les faits? Mais quelle autorité pouvait avoir ce misérable conciliabule de dix-neuf prélats simoniaquesî Henri se hAta donc de convoquer une nouvelle assemblée à Briien, sur les confins de l'Allemagne et de l'Italie, afin que les évoques excommuniés des deux pays pus* seul s'y trouver en plus grand nombre. 11 s'y en trouva trente en tout I
Cette minorité rebelle rendit le décret suivant : « il faut retrancher de la communion des tidètes le prêtre qui a été assez téméraire pour enlever à l'auguste majesté royale toute participation au gouvernement de l'Kglise, et le frapper d'analhème; car il est manifeste qu'il u*a pas été élu do Dieu, mais qu'il s'est impudemment élevé luimême par la fraude et la corruption. Il a ruiné l'ordre ecclésiastique, il a troublé la hiérarchie civile, il a attenté aux jours d'uu roi pieux et pacitique, soutenu un roi parjure et fomenté partout la discorde, la jalousie et l'adultère. C'est pourquoi, réunis par Vordre de Dieu, et appuyés par les lettres et les députés de dix-neuf évêques réunis à Mayence, à la Pentecôte dernière, nous avons résolu de déposer, de chasser, et s'il
refuse d'obéir è no<re injonction, de damner éternellement Hildebrund, cet homme pervers qui prêche le pillage des Eglises et l'assassinat, qui soutient le p.irjure et le meurtre, qui met en question la foi catho* lique et apostolique touchant le corps et le saDjS de Notre-Setgneur Jésus-Christ ; cet antique disciple de l'hérétique Béreiiger; ce devin , cet adorateur des songes, ce nécromancien manifeste, ce moine possédé de l'esprit Infernal, oe vil apostat de la foi de nos pères. »
Si de pareilles accusations ne méritent pas Thonneur de la réfutation, il est curieux du moins de voir quelles preuves en apportaient les ennemis de Grégoire.
Quand il voulait, disaient-ils, il secouait ses manches et en faisait sortir des étincelles de feu.— Un jour, venant d'Albane à Rome, il oublie d'apporter on li^re de nécromancie, sans lequel il ne marchait guère. S'en étant souvenu en chemin, i l'entrée de ia porte de Latran, il appela promptementdeu :
de ses domestiques, fidèles minisires de ses crimes, leur commanda de lui apporter im* médiatement ce livre, et leur défendit, sous de terribles menaces, de l'ouvrir en chemin, ni d'avoir aucune curiosité, pour les secrets qu'il contenait. La défense n'ayant fait qu'irriter leur curiosité, ils ouvrirent le livre en revenant, et en lurent quelques pages; mais bien mal leur en prit, car aussitôt parurent des démons,<Jont la multitude et les figures horribles etfrayèrent tellement les deux jeunes imprudents, au'ils furent saisis d'une frayeur extrême./Les démons les pressaient, en disantv^ourquot nou»
avez- vous appelés? Pouhjuoi nous avezvous donné la peine de venir? Dites promptement ce que vous voulez que nous fassions; autrement nons nous jetterons sur vous, si vous nous retenez davantage. Heureusement l'un d'eux leur dit : Abattez promptement ces murailles, en leur montrant les murailles de Robh»; et les démons les abattirent en un cliird'tBil. Les jeunes gens firent le signe de la croix,, si tremblants et si hors d'haleine, qu'à peine purent-ils arriver à Rome (36&1). — Les pauvres auteurs de ce récit ont oublié de renvoyer le lecteur aux murailles de Rome démolies ; et, par malheur pour eux, un de leurs contemporains (2662) dédare que nul homme sensé ne croyait è leurs fables, tant la vertu de Grégoire brillait U'ua vif éclat.
XIX. Le conciliabule de Brixeu poussa encore plus loin l'audaee et l'impadenee : il nomma un prétendu Pape, Uuibert, archevêque excommunié et déposé de Ravenne.
Soyons juste : commencéeàBrixen, eiilOSO, cette élection impie fut consommée l'année suivante à Pavie, en présence de lex-roi Henri.
A la nouvelle de cet attentat, Grégoire écrivit la lettre suivante aux évoques de la Calabre et de la Pouille :
« Vous n'ignorez pas, mes frères, que plu-
(2601) Faicic. ter. tipetend., fol. 59. (2662) Lambert d'Ascliaffenbourg.
DlCT10!«K. DE L'Hl:iT. t'NIV. DE l'EgUSE. V. 3^
LUT
DE L'QIST. UNIV. DE L'EGLISE
LUT
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de la imlrie, Tobsorvaleur le |)lus consciencieux de la justice, le rhampioii infatigable de la sainte Eglise (2667j. »
XX. Le jour même que Rodolphe mourait en Saxe, les troupes que la comtesse Maihilde avait mises au service du Saint- Sié^e étaient battues par les partisans lombards de Henri. Mais ces revers n^abat^aient point le courage des catholiques. Dès le mois de février 1081 les seigneurs du parti de Henri avaient demandé une conférence à ceux de Saxe, pour arriver à la pacificailion du pays. Les Saxons, principalement par Torgane de saint Gtiebehard de Sailzbourg, y exposèrent leurs plaintes avec tant de modération, et une logique si invincible qu'une foule des partisans de Henri décliirèrent hautement que les propositions des Saxons étaient équitables, et les prétentions de leurs adversaires injustes. Aussi les Saxons dirent-ils que celte conférence leur valait trois victoires. On se sépara après avoir conclu une trêve de sept jours.
Au mois de juin, les seigneurs de Saxe ot de Souabe se réunirent avec leur^ trou()es pour délibérer en commun sur Téleclion d'un nouveau roi. Après bien des consullations, toutes les voix se portèrent sur Herman de Lorraine, comte de Luxembourg.
Co(>endant la chose ne fut conclue déQnilitivement que vers la 8n de Tannée.
Daus l'intervalle, Grégoire écrivit la lettre suivante è ses deux légats en Allemagne :
« Nous félicitons beaucoup votre prudence du soin que vous avez de nous mander des choses certaines, d*autant. pi us qu*on nous en rapporte de très-nombreuses et de très-varices Je ce pays-là. Nous vous faisons» connaître 4ue presque tous les fidèles, ayant appris la mort du roi Rodolphe, de bienheureuse mémoire, ont fait tous leurs efforts pour nous persuader de recevoir en grAce Hi-nri, 4ue favorisent pres(|ue tous les Italiens. Ils ajoutaient gue s*il venait en Italie contre la sainte Eglise, [sans pouvoir avoir la paix avec nous, ainsi qu'il le veut et qu il y travaille, ce sera vainement que nous espérerons quelque secours de votre part. Si ce secours lie devait manquer qu'à nous, qui estimons peu son orgueil, l'inconvénient ne serait pas bien grave. Mais si vous ne soutenez pas notre tilie Maihilde, dont vous savez comment les guerriers sont disposés, que lui resle-t-il, au cas que les siens refusent de faire aucune résistance, eux qui la traitent de folle, sinon de faire forcément la paix, ou bien de perdre tout ce qu'elle possède?
T&cliez donc de lui mander avec certitude si elle doit attendre avec assurance un secours de votre part. Si Henri doit entrer en Lombardie, nous voulons que vous avertissiez le duc Guelfe d'accomplir la fidélité qu'il a promise è saint Pierre, suivant qu'il en est convenu avec moi en présence de limpératrice Agnès et de l'évèque de Côme, lorsqu*on .lui accorda le fief de son père. Car nous voulons le placer tout ^entier sous
la protection de saint Pierre^ et le provoquer spécialement h son service. Si vous décon<* vrez cette volonté en lui ou en d'autrei« princes conduits par t'amour de saint Pierre
f)our la rémission de leurs péchés, t^ressczes de la mettre en prati()ue et ayez soin do nous en informer. Par cette assurance, nous croyons pouvoir faire, Dieu aidant, quf) les Italiens, se détachant de Henri, s'attachent fidèlement à nous, ou plutôt k saint Pierre.
« Kn outre, il faut avertir tous ceux qui, dans vos pays, crai(;nent le Sei;;neur et aiment la liberté de TEpouse du Christ, qu'ils n'aillent point, par faveur ou par crainte, élire à la hâte et témérairement une personne en qui les mœurs et les autres choses nécessaires à un roi seraient en désaccord avec le stiin et la défense qu'il doit prendre de la religion chrétienne ; car nous croyons qu'il vaut mieux attendre quelque temps, pour trouver un homme capable de nrocurer, selon le Seigneur, l'honneur de la sainte Eglise, que de s'cX|>oser, par trop de précipitation, i élire pour roi <|uelqu'un qui n*en est pas digne. Nous savons bien que nos frères sont fatigués d'une lutte si longue, el de tant de perturbations ; mais on sait qu'il est plus noble de combattre longtemps pour la liberté de la sainte Eglise, que de succom** ber à une servitude malheureuse et diabolique. Les malheureux, savoir les membres du diable, combattent pour être opprimés de sa triste servitude. Les membres du Christ, au contraire, combattent pour ramener ces malheureux à la liberté chrétienne.
C'est pourquoi il faut faire des prières trèsfréquentes, donner d'abondantes aumânes et supplier de toutes les manières le Rédempteur, pour que nos* ennemis, que nous aimons par son commandement, viennent è résipiscence, et rentrent dans le sein de la sainte Eglise, et pour que lui^rmème veuille donner à son Epouse, pour laquelle il a daigné mourir, un défenseur convenable : car, s il n'est pas obéissant, humblement dévoué et utile à la sainte Eglise, ainsi que le doit un roi chrétien, et que nous l'avons espéré de Rodolphe, non*seu!ement la sainte Eglise ne le favorisera pas, mais elle lui fera opposition. Ce que la sainte Eglise romaine espérait de Rodolphe, ce qu'il lui promettait, vous le savez assez. 11 faut faire en sorte qu'au milieu de tant de périls et de travaux nous n'ayons pas moins à espérer de celui qui doit être élu roi. Sur quoi nous vous envoyons la formule du serment que l'Eglise romaine demande de lui :
« Serment du roi. — Dorénavant^ je serat iinciremenl ei loyalement ^fidiU au ùîenheu»
veux Pierre, Apôtre, et à $on êucceseeur^ U Pape Grégoire, qui vit maintenant dans la chair; et tout ce que le Pape m'ordonnera au nom de la vraie obéissance^ je robserverai fidèlement, comme le doit un Chrétien. Quant à Vordinalion des églises, aux terres et au cens que les empereurs Constantin et Ch^rlee
(2r>e7) Chron. If flgd.,ficriliold. Coiist., ann. 1080, etc.
1225 LUT
affermis par Tunioa
Comment Henri tint-il ses promisses et ^es serments? Posté sur le chemin de Rome, < il fit arrêter les députés des princes allemands qui se rendaient au concile ainsi que les plus influents des prélats tant français qu'italiens 9 particulièrement saint Anselme de Lncques, et Hugues de Die.
XXil. Le concile s*ouvrit le 20 novembre 1083 : ce fut le 9' tenu par Grégoire. Le Pape ▼ parla si fortement de la foi, de la morale chrétienne et de la constance nécessaire dans la persécution» qu*il tira des larmes de tous les yeux. Il ne céda qu'avec peine aui prières du concile pour ne pas renouveler Texcommunication contre Henri» mais il la prononça contre quiconque avait empêché coui qui se rendaient è Rome (2Ç69). Puis il écrivit en ces termes h tous les fidèles : «Nous savons, bien-aimés frères» que vous compatissez è nos tribulations et à nos angoisses, et que, dnns vos prières, vous faites mémoire de nous devant le Seigneur. Ne doutez pas que nous ne fassions U même chose pour vous» et cela est juste ; car TApôlre dit : Si un membre êouffre^ tous les membres iouffrent avec lut. En quoi nous croyons aussi que la charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs» c*esi que nous vouions tous une même chose» nous désirons tous une même cho^e, nous tendons tous h une même chose. Nous voulons une seule et même chose» c*est que tous les impies rentrent en eux-mêmes et reviennent à leur Créateiir. Nous désirons une seule et même chose, c*est que la sainte Eglise, opprimée et bouleversée sur toute retendue du globe» reprenne son ancienne splendeur et sa force. Nous tendons à une seule et même chose» c'est que Dieu soit glorifié en nous» et que nous avec nos frères» même avec ceux qui nous persécutent, nous méritions de parvenir k la vie éternelle. Ne vous étonnez pas, mes bien-aimés frères, si le monde vous hait, puisque nous l'irritons contre nous» nous* qui en combattant contre sa convoitise, condamnons ses œuvres.
QuV a-l-il d'étonnant que les princes de ce monde et les puissants nous haïssent, nous»
les pauvres du Christ, qui nous opposons à leurs méchancetés, et qu'ils sévissent contre - nous avec une grande indignation, puisque ces sujets, des serviteurs même» obligés «le quitter leurs iniquités» s'efforcent d'ôler la vie à leurs supérieurs? Et toutefois» peu d'entre nous ont encore résisté aux impies Ijusqi^'au sang, et très-peu d'entre nous ont encore eu le bonheur sj désirable de souffrir la mort pour le Christ. Pensez, mes bien-aimés»
ponsez combien de soldats du siècle, attirés par un vil prix» s'exposent chaque jour è la inorl pour leurs seigneurs. El nous, que souffrons-nous, que faisons-nous pour le Roi suprême et pour la gloire éternelle T
(trCS) Lib. u, epist. 18.
(2G6D) Labbc, loin. X, p. 401.
(1070) Lib. IX, ep&sLlI.
DE LIIIST. UNIV. DE L'EGLISE. LUT 1.20
des irHè Chrétiens Quclflj honte, quel opprobre, quelle déri-
sion I Eux, pour un vil fumier, ne craignent
f^as d'affronter la mort; et, nous, pour le résor du ciel et l'élernelle béatitude, nous évitons de souffrir m^me la persécution I
« Ranimez donc vos courages, concevez une vive espérance, tixez vos regards sur l'étendard de noti e Chef» l'étendard du Roi éternel » d'où il nous dit : Cest dans voire patience que vous posséderez vos âmes. Bt si nous voulons, avec le secours de la grâce divine» écraser promptement et fortement l'antique ennemi et nous jouer de toutes ses ruses, appliquons-nous, non-seulement h ne point éviter les persécutions qu'il nous envoie» et la mort pour la justice, mais encore à les désirer pour l'amour de Dieu et la défense de la rePigion chrétienne. C'est par là que nous briserons tous les soulèvements de la mer et l'orgueil du siècle» et que nous nous réunirons» et que nous régnerons avec Celui qui est notre Clief, et qui est assis à la droite ae Dieu le Père; car notre Maître nous crie : Si nous souffrons ensembUf nouê régnerons ensemble (2670). »
On voit ici toute l'êrae de Grégoire : Ame d'apôtre et de martyr I Et qui n admirerait aussi les desseins providentiels de Dieu» qui donne à son Eglise un tel homme, précisé- Dienl è l'heure où elle doit être attaquée par l'un de ses plus fourbes ennemis» et où elle est éprouvée par les plus tristes désor'» dresl
L'empereur d'Orient» redoutant les attaques de Robert Guiscard (26*71)» et voulant le retenir en Italie» avait excité par lettres Henri à lui faire la guerre. Dans ce but» il lui avait envoyé U0»000 sous d*or et cent pièces d'écarlate. Aussi loyal envers l'em-
Ïereur d'Orient qu'envers le Souverain outife» Henri employa cet argent è corrom* pre le peuple de Rome. C'est ainsi que , grâce à la connivence de quelques mécontents, il s'empara furtivement du palais de Latran» avec son antipape» le 2 mars 108!^.
Les Romains demeurèrent, pour la plupart»
fidèles au Pape, qui se relira au chiteau Saint- Ange. Le dimanche suivant, qui était le dimanche des Hameaux, Henri fit introniser son anliuapeGuibert, sous le nom'de Clément 111, par les évêques de Bologne, de MoJène et de Cervia» tandis que» suivant l'ancien usage»
la consécration du Pape appartenait aux évèques d'Ostie, d'Albano et de Porto. Le jour de Pâques, l'antipape donna la couronne impériale à Henri. Les partisans de Grégoire ne leur permettaient, ni à Tun ni à l'autre d'aller è Saint-Pierre. Henri les attaqua dans la semaiue même de PAques; mais il y perdit quarante hommes, et Grégoire pas un seul. IrnméJiatementaprès, Henri assiégea le chftteau Saint-Ange, autour duquel il fit élever une muraille. Cependant quelques forteresses tenaient encore pour le Pape« et
(1671) Niiinns t|ue Guiscard esi un suraooi qui signifie t'avhé, U rusé.
DE L'niST. UWIV. DE L'EGLISE.