MEM
DE TECHNOLOGIE
UEP
MKNISPERMINE (chim.). Matière découverte dans la coque du Levant, fruit du menispermumeoceulus. Elle est blanche, solide, cristalltsablo, insoluble dans Teau; mais, dissoute par i*alcool, elle forme des sels qui ont communément Taspect de la cire.
MÊNISPERMIQUE (Acide). Acide qu'on a extrait do la coque du Levant.
. MÉNISQUE (bijout.). Du grec (iiiv((jxoç, ornement en croissant. Se dit particulièrement des bracelets, des colliers, etc.
MÉNISQUE (opt.). Verre lenticulaire, concave d*un c6té et convexe de Tautre, c'etità-dire lentille convergente.
MÉNITTB. Voy. mInille.
MÉNOLE (écon. rur.}. Bâton garni d'une
f blanche ronde et trouée, qu*on plonge dans e lait caillé pour le diviser.
^ MENOTTES. Fers que Ton met aux mains d*un prisonnier pour rempôcher d*agir.
MENSE. Se disait autrefois d^une table à manger.
MENSOLE (archit.). De l'italien mensola, fait du latin menia, corbeau à soutenir. Pierre au milieu d'une voûte, qui la ferme et Tarrète. C'est la môme chose que clef de voûte. MENSTR¥E (chim.). Du latin metu^raum, fait do men<t«, mois. Ce mot signifiait autrefois, dans les laboratoires, un dissolvant que Ton entretenait à une douce chaleur durant nin mois. Pour les alchimistes c'était le mercure des 5ages. Le mensirue végétal était Teau ardente sept fois rectifiée.
MENTE rmanuf.). Espèce de couverture de laine qu on fabrique à Reims.
MENTONNET (coutell.). Angl. tpringela$p; allem. kinnstuckchen. Sorte de tenon réservé au talon d'une lame de couteau, pour porter le ressort et empêcher le tranchant do segftter en se fermant. — C'est aussi le nom d'une pièce de fer qui reçoit le bout du loquet ou du loqueteau pour tenir une porte fermée.
MENTONNET (mécan.). Pièce saillante fixée k une roue ou h un arbre tournant, qui vient faire son arrêt sur une autre pièce, lorsqu'elle la rencontre dans son mouvement. Le rebord des jantes, dans les roues des voitures de chemins de fer est un meutonnet.
MENTONNIÈRE. Pièces d'un bonnet de femme, oui garnissent le menton. — Plaque de fer placée horizontalement au-devant et au bas de l*entrée de la moufle dans le fourneau d'essai.— Plateau saillant du fourneau Je l'émailleur.
MENTONNIÈRE (imp.). Sorte de tasseau ou de support triangulaire qui se place sous laçasse pour la relever par-devant.
MENIJF (mannf.). Sorte de lia Gn et de loile d'Bgvpte.
MENOISE^ ou MENUISAILLE (fond.), ^n^l. smalt thot ; allem. kleiner jagdschrot. "(^Ut plomb è tirer qu'on appelle plus cornnmnémenl cendrée.
MKNUISER (menuis.). Travailler en menuiserie.
MENUISERIE. Du latin minutarius ou ^ntliartus, dérivé de miniêtnSf menu, parce
que le menuisier travaille en petit, compa rativement au charpentier. Angl. foinery; allem. tischlerkunst. Art de tailler, de pour et d'assembler des bois de diverses espèces et de différentes figures. Dans la construction du bâtiment, la menuiserie comprend les cloisons en planches, les portes, les crois<^es, les lambris, les revêtements, les planchers, les parquets, les escaliers, les volets, les jalousies, les persienues, les alcôves, etc., etc. Elle se rattache aussi à l'é^ bénisterie par la fabrication des meubles communs, tels que les couchettes, les armoires, les tailles, les bancs, les rayons, etc. Les bois qui sont le plus en usage dans cette profession , sont le chêne , le noyer, le merisier , le hêtre , le peuplier, le tilleul, le sapin, etc. — On api)elle'menui$erie de$ jardinsl l'art du treillage. — Chez Vorfévre, on entend par menuiserie les petits ouvrages d'or et d argent, comme anneaux, boucles, crochets, etc., par opposition à la groêserie , qui comprend les grands ouvrages, comme la vaisselle, etc.
— La menuiserie est tout ce qui se fabrique en étain, excepté la vaisselle et les pots.
MENUISIER. Artisan qui travaille en bois et fait particulièrement les menus ouvrages de la construction du bâtiment, et les plus communs dans Tameublement. Un bon menuisier doit posséder des notions de géométrie pratique et de dessin linéaire. Parmi les outils nombreux dont il fait usage, se trouvent
Itrincipalement l'établi, le marteau, le maillet, e rabot, la varlope, la scierie ciseau,'les gou* (;es, le vilebrequin, les tenailles, l'équerre, a règle, le compas, le fil è plomb, le truf* quin, le fermoir, les bédanes, les râpes, lea limes à queue de rat, les sergents les prèsse$-à-main, etc. Avant 1789, les menuisiers formaient urie corporation dont les premiers statuts remontent è 1396 ; et ils célébraient la sainte Anne, le 28 juillet, jour anniversaire qù ces statuts leur avaient été octroyés.
MÉPBITE (chim.). Du latin mephitis^ odeur infecte. Nom que l'on donnait autrefois h plusieurs carbonates et sous-carbonates. Telles étaient les méphites ammoniacale, calcaire, martiale, de magnésie,de plomb, de potasse, de soude, etc.
MÉPHITIQUE. — Se dit particulièrement des exhalaisons désagréables que répandent les fluides qu'on nomme gax aujourd'hui.
MÉPLAT. Indication des différents plans d'un objet. En peinture, on appelle lignes méplates^ celles qui établissent le passage d'un plan à un autre. La ligne méplate procède de la ligne droite è la ligne courbe, par des inflexions qui se montrent nom« i)reuses dans la nature, mais ne peuvent être définies par une règle mathématique.
— Dans la gravure, on entend par manière méplate et tailles méplates^ un système de tailles tranchées et sans adoucissement, dont on f»it usage pour donner de la force aux ombres et en arrêter les contours. -^ Le charpentier désigne par le mot méplat.
MER
DICTlOiNNÂlRE
UER
une pièce de bois équarrie, beaucoup plus large qu*é paisse.
MÉRANDINE (manuf.). Espèce de toile qu'on fabrique en Auvergne.
MERCAPTAN (chiro.). Du latin aptum, propre, mercuria^ au mercure. Radical particulier d'une certaine classe d'hjdraciques, qui est incolore, d'une odeur fétide, trèssoluble dans l'alcool, et peu dans l'eau.
MERCAPTHYDRIQUE (Acide). Acide produit par la combinaison du mercaptan avec l'hydrogène.
MERGAPTIDE (chim.). Du mot mercaptan et du grec eT$oç, forme. Combinaison du mercaptan avec un métal.
MERCERIE. Du latin merXf marchandise.
Cette industrie comprend particulièrement une foule d'articles qui se rattachent à la couture et à. la toilette des femmes, comme les épingles, les aiguilles, les différents fils à coudre ou à broder, les rubans, les lacets, des boutons, des dés, de la ganterie, des éventails, etc., etc. Cette bram^he de commerce est importante pour la France, qui ex{)orte une Quantité considérable de mercerie, aux colonies, aux Etats-lJnis,' dans l'Amérique du Sud, aux Indes, en Chine, etc. Les merciers formaient anciennement, h Paris, le troisième corps des marchands, lequel corps se divisait en vingt classes comitrenant, outre les merciers proprement dits, les marchands de draps, de toiles et de pelleteries; puis, assez singulièrement, les chaudronniers, les quincailliers, les niarchands de miroirs, de tableaux, etc. Cette corporation, créée sous Charles VI, dura jusqu'à la fin du xvi* siècle, sous l'autorité d'un seul chef, le rot des merciers, autorité qui s'étendait sur toute la France. Supprimée par François 1" et rétablie par Henri 111, cette charge disparut définitivement en 1597; et le cor^is fui administré depuis cette époque par sept maîtres et gardes électifs chargés de la conservation de ses privilèges et de la police de la communauté; cet état de choses cessa à la révolution de 1789.
MERCEROT (comm.)- Se dit du petit mercier qui étale aux foires de villages, ou
3ui va de maison en maison avec sa balle e marchandise^:.
MERCURE. Angl. mercury; allera. mertur. Corps simple métallique qu'on nomme aussi vif-argent^ hydrargyrum^ etc. 11 est liquide, d'un blanc d'argent, c'est le seul mêlai qui soit liquide à la température ordinaire, et on le désigne, dans les formules chimiques, par les lettres Hg, abréviation du grec 6$pdifruM>;, argent liquide. Le mercure se solidifie à — W et bout à -f 360"; puis il se vaporise à la température ordinaire, mais en petite quantité, et sa vapeur ei^i nuisible h la santé. Sa pesanteur spécifique est de 13,6; lorsou'i-i est impur il perd de sa liquidité, et coulant alors en globules allongés, il fait la queue^ comme on dit par l'expression consacrée. A l'air, sec ou humide et à la température ordinaire, le mercure D*éprouve aucune altération. Lorsqu'on Tagite longtemps avec de Tair et de l'eau, il
se réduit en une poussière noire qu'on appelait autrefois oethiops perse^ couleur due sans doute à la grande ténuité de ses parti • cules , et il en est de même du mercure éteint par les graisses, le miel, les corps visqueux, etc. Lorsqu'on maintient ce corps en ébullition h l'air, pendant une certaine durée, il se convertit en oxyde rouge HgO, deutoxyde^ bioxydë ou axyde mercurique^ et celui-là donne, avec les acides, les leU mercuriques. 11 existe aussi un oxyde de mercure noir, Hg'O, protoxyde ou oxyde mercureux, qui forme, avec les acides, les sels mercureux. Tous ces sels sont très-vénéneux, et le blanc d'œuf en est le meilleur antidote. On les reconnaît au reste avec facilité en plongeant dans leur solution une lame d'or ou de cuivre, qui prend alors, aux points de contact, une couleur grise en s'a^ malgamant avec le mercure. Tous dégagent aussi du mercure métallique quand on les chauffe avec de la chaux.
On sait que c'est principalement sur le mercure que s'exerçaient autrefois les alchimistes pour arriver à raccompMsseroent du grand œuvre, c'est-è-dire à la découverte de la pierre philosophalc. Ils le considéraient comme un état imparfait de Tor et de l'argent, et leur espoir éttit de le transformer en ces métaux. Ils croyaient même que ce corps était le principe de tous les êtres, et do là leur hypothèse du principe mercuriel ou de la terre mercurielle qui, suivant eux, existait dans tous les corps, pesants ou volatils. Aussi la plupart des combinaisons du mercure ont-elles été découvertes par ces travailleurs infatigables. Le mercure ne se
{)résente que sous un très-petit nombre de ormes dans la nature. On distingue le mer^ cure natiff celui qui se trouve à l'état de liberté ; le mercure corné^ qui est en combinaison avec le chlore, ou avec l'argent pour former Varquérite, puis avec le soufre pour produire le cinabfe. Celte dernière forme est la plus abondante et la seule exploitée. Les mines de mercure exploitées sont peu nombreuses, et les plus renommées sont celles d'idria, en Carinthie; d'Almaden, eu Espagne; et des environs de Kussel, dans la Bavière rhénane. On en tpouve aussi, mais d'une importance moindre, en Hongrie, en Transylvanie, en Bohème, etc. Le Mexique en possède trente-deux; il y en a en Californie; et la Chine elle Japon en renferment beaucoup, à ce que l'on rapporte par ouï'dire. L'extraction du mercure est trèssimple par suite de sa volatilité : on grille le cinabre dans un four dont la sole est criblée de trous pour le passage de Tair ; le soufre se trouve ainsi couvetti en acide sulfureux ; et le mercure, devenu libre, forme des vapeurs qui, au moyen de conduits en terre, appelés aludels^ 'arrivent dans une chambre où elles se condensent. Le osercure obtenu de la sorte est alors renfermé dans de grandes bouteilles en fer, closes par un. bouchon à vis do même métal.
Le mercure chloruré ou corné est un minéral d'un gris de perle^ très-iendrei qui se
MER
DE TEC«NOLOGiE.
VER
compose de mcrcttre et de chlore, HgCi, ei qu'on rencontre à Almaden en Espagne, et à Moscbei-Landsber^ dans le Palatinat. On Toblient aussi artificiellement* Ce au on appelle mercure doux est le protochlorure de mercure. Par mercure sulfuré^ on entend le cinabre.
Le mercure s^allie avec la plus grande facilité à un grand nombre de métaux, pour former avec eux des combinaisons qu*on appelle nmalgumes. Ce corps devient des plus prédeux pour la construction de certains instruments de physique et de chimie, comme le thermomètre, le baromètre, le manomètre, la cuve à recueillir les gaz, etc.; un amalgame d'étain, sert ï mettre les glaces au tain ; les amalgames d'or et d'argent sont employés pour dorer tst ergenier les autres métaux ; et c*est au moyen du mercure qu'on extrait Targent de ses minerais» Le luème corps forme aussi des combinai* sons chimiques importantes, soit par leur Dmploi dans les arts, comme le vermillon ; soit pour ieur usage en thérapeuihiquei comme le calomel ou protochlorure de mercure, et le sublimé corrosif ou deutb-chlorure. Enfin, la solution du mercure dans iV cide nitrique sert pour le sécrétage des poils de lièvre et de lapin destinés À la fabrica*^ tioa des chapeaux, et c'est ce qu'on nomiBe Veau- forte des ch^ipelierê.
La mercure est Vobjet de quelques remar-
3ues intéressantes. Lorsquil est contenu ans un vase de marbre ou de verre, c'està-dire d'une matière pour laquelle il n*a point d'affinité, on s'apef çoit que sa surface présente de la convexité^ et qu'il en résulte un intervalle entre les bords de celte surface et les parois du vase. Cet effet tient à ce que Taffînilé des molécules de métal en<^ tre elles est supérieure à celles qu'elles ont pour la matière du vase ; et ce qui le eon* lirme, c'est que l'effet contraire a lieu si le métal est renfermé dans un vase d'une matière pour laquelle son affinité est supérieure à celle qu'exercent entre elles ses molécules» comme un vase d'étain par exemple. Dans ce cas, la surface du mercure est concave, et les bords de cette surface s'appliquent immédiatement sur les parois du vase. Le mercure est bon conducteur de la chaleur eide l'électricilé; il se volatilise, comaie nous l'avons dii, à 360* ; et quoique sa tension à la température ordinaire soit très-fatMe, il résulte cependant d'une ex.périence de Faraday, qu'elle n'est point nulle. Ainsi, ce chimiste ayant suspendu une feuille d'or dans la partie vide d'un flacon de la capacité d'un litre, qui contenait 100 grammes de mercure, il trouva, au bout d'un certain temps, la feuille convertie en un aoMilgame. On peut faire bouillir, pendant une assez longue durée, de l'eau sur le mercure, sans que celui-ci perde rien de son poids; mais il est reconnu néanmoins que cette eau acquiert par ce moyen la propriété vermifuge.
Anlérieurement au xvii'sièdev la «aélhode dite per defca«ftim était la seule en usaga
pour distiller le mercure; on opérait ou moyen de deux pots de terre ajustés l'un sur l'autre, à la manière du sulfure d'antimoine; ei le pot supérieur rempli de minerai, fermé en dessus, recouvert de combustible enflammé, laissait passer, par de petits trous pratiqués à son fond, les vapeurs mercu*^ rielles qui se condensaient dans l'eau que contenait le pot inférieur. Mais quelque commode que fût ce simple appareillé cause de la facilité do le transporter partout où se trouvait le minerai, on conçoit son insuffisance et les pertes auxquelles il donnait lieu« Déjà, avant 1635, plusieurs usines duPalatinat avaient renoncé è la méthode per descendsum^ qui était encore usitée h Idria, et lui avaient substitué les fourneaux dits galères^ qui n'ont été adoptés è Idria qu'à ré|)oque citée; et l'on employa d'abord, pour ces fourneaux, des cornues de terre cuite, qu'on a depuis remplacées par des vases de fonte et de tôle. Encore aujourd'hui, dans le Palatinat, on continue ce mode de distillation ; mais à Idria, dès 1750, on établit de grands appareils distillatoires pour le traitement des minerais de mercure, apt)at6ils imités de ceux qui existaient antérieurement^ Almaden, en Espagme, sous le nom de /btirneaux avec aludels^ et dont nous avons déjà fait mention plus haut. Toutefois, on supprima k Idria, à dater de 17%, les aludels pour les remplacer par d'autres appareils qui se font remarquer par des dimensions telles qu'il n'en existe pas d'autre exemple' en métallurgie. Il y a donc trois sortes d'appareils pour la distillation du mercure : le fourneau galère^ le f9nrneau avec aludels^ le grand appareil d'Mrta.
£n profitant d'un froid de dix degrés, tel qu'il se présente assez fréquemment durant 1 hiver de nos climats, on peut amener à la congélation une quantité de mercure assez considérable. Pour obtenir ce résultat, on abandonne séparément dans des yases clos, à la température indiquée et pendant une douzaine d^heures, du chlorure de calcium cristallisé en poudre sèche, et de la neige; dans le rapport de 2 è 1 ; puis on les refroidit au moyen d'un mélange de glace et de sel. On les môle rapidement dans un vase refroidi, et en ^>iongeant dans la masse des creusets de platine ou de petites boules de verre renfermant du mercure, on voit bientôt ce métal s'épaissir, ponr prendre quelques instants après la forme solide. On peut le congeler également par la vaporisation de l'acide sulfureux anhydre, en faisant usage de la machine pneumatique; mais c'est particulièrement k l'aide de l'acide carbonique solidiûé dans les appareils inventés pat M. Thilorier,- que l'on se procure avec facilité le mercure solide. Lorsque, par exem- Ele, on verse ce métal dans une botte de ferlanc dont le fond oflFre un moule en creux et qu'on le recouvre d'acide carbonique humecté avec un peu d'étber, la solidiQcation d'un kilogramme a lieu dans une minute environ, et l'on peut se procurer ainsi une médaille en relief que 1 on conservera pendant