‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 109 sur 123 · AC · texte numérisé non relu

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Due aonbaflsade à Âaohis» «a^scesseor de Liiitprand ^t roi des 1.ombards, ai stipula avec lui une paix de vingt ans, an verTu de Umielle tautt rltaUe fkêt tranquille^

ttotre les drconstanoes tes plus glorieuses de son pôntifioat, on compte le renODèemeûl que deox princes firent au monde. Le premier fut Carionaan, maire du ()alais â'Aus^ Crasie, fils de Charles Martel, et trètû aifté de Pépin qui fut peu de tefDps après élu roi de France. Ce prince^ qui portait le titre de duc des Français, et qui partageait aveo son frère toute la puissance rovale, renonça au siècle tout d*uo coup, tint a Roffle recevoir la tonsure des mains du saint Pape, se retira dans le mont Soracie où il bâtit un œonaatère» et passa ensuite au mont Cassia où il embrassa Ja rè^le de Saint-Benoit. L^autre prince fut Hachis, roi des Lombards^ qui fut si siacôremenl converti à Dieu» qu'il descendit du trône, et se réduisit à Tétat d'une vie privée pour mieux servir Dieu.

Ce fut vers ce même temps que Pépin, qui était le mettre de la Fr^jnce sous l'ombre ec le nom de Childéric 111, envoya à Rome Burcherd, évèque de Wurtsbourg, en Fran* conie, et son chapelain Fuirad« abbé de Saint-Denis, pour consulter le Pape sur le dessein qu'avalent les Français^ ou plutôt qu'il leur avait inspiré » de lut mettre la couronne sur la tête. Zacharie, bi^^n aise de procurer une puissante protection au Saint- Siège contre les Lombards, avec lesquels les Romains ne pouvaient être en sûreté, ap-^ prouva le ciioii des Français, et eit]orta même secrètement Pépin à ne pas relbiser une couronne que la Providence paraissait lui destiner. Dans sa réponse, il ne parla ni de déposer Childéric, ni d'étiré Pépin ; lïiais il leur manda que le mieux était que celui qui avait loute la puissance fût roi. Pépin ne manqua pas de faire valoir cette réponse, du Pape, dont la sainteté était en vénération dans la France. Chacun la prit pour une approbation, et Pépin se fit sacrer l'année suivante, à Soissons, par saint Boniface. ;\

Cal apôtre de l'Allemagne, ayant apprit rétei^ion du Pape Zacharie, lui écrivit, lémoignantsa soumission au Saint-Si^e, consultant le Pape sur plusieurs points de la discipline et le priant d'approuver rérecliail de trois nouveaux évéchés en Germanie. Le Pape Zacbarie par sa réponse approuva rétablissement des trois nouveaux évéchés, avertissant toutefois saint Boniface do se souvenir des canons qui défendent d'en ériger dans les lieux trop petits. I! ordonna <joe Ton tînt un concile suivant le désir de t^rtoiûan. Car, ajoule-t-il, c'est U seul moyen de connaître le sacerdoce, et ce que font ceux qfuiportent le nom dévéques. Ensuite, répondant aux consultations de Boniface, il dé* clare qoe dans ee concile futur on doit interdire toutes fonctions aux évoque^, aut prêtres et aux di^ieres^ qui seroat tombés dans l'adultère, qui auront répandu lé s»1ng de Chrétiens ou des païens, ou péché de %»elque autre manière contre les canons.

Le Pape Grégoire III avait prdmis à Banf-

ftice de désigner un certain prêtre f^our so^ successeur. Bonihtce avait G(msalté sur cette difficulté le Pape Zacharie, qui lai répond : Nou^ nepau\)mè souffrir que et toin vivant en élise mn évéque à veftre plate^ e4k est contràitt à toutes lès règles. Priék V'm pendant votre vie qu'il ^ouè donne un d^ne Successeur^ tt^ é VheHre de votre inerte roui pourrez le dési&ner en présence de tout h inonde, afin quu vienne tci pouf être ordoH* né : nous vous accordons en t^a ce que nou» n'accordons à aucun am^t.

Un laïque de grande autorité était venti trouver saint Bonifiice, et lui avait dit qu'il avait obtenu une permission du Pape Grè* goire d'épou«ef la veuve de son oncle, qui d'ailleurs était sa parente au troisième éi^« gré , et avant son mariage avait fait vœu de chasteté et porté le voile. Ayant consulté le Pape Zacharie, il lui répond sur cet article : Dieu nous garde de croire que notre prédécesêeur ait accordé une telle permission : H ne tient rien du SaiM^Siége qui soit eonîtaire aux saints cunonè.

Quant aux superstilions du premier jour de janvier t dit-il, aux augures^ caraclirtit enchantements et telles autres ùbservomcn païennes que vous dites se pratiquer à ims près de V^flise de Sùint-Pierre^ sûchss (pu nous les jugeons détestables avet tous /ei Chrétiens; et, parce qu'elles 8erenouvelaimt,dê jour oue nous tenons la place du saint apôtn, nous Us avons toutes retranchées^ cosnmeamt fait le Pape Grégoire rêotre priâicttmr par une constitution dont nous vàus entsyow copie.

Il y a, disait saint Boniface, dèsétftques et des prêtres de la tratioii des Francs plongés dans l'adultère et la débauche, comme il parait par les enfants qu'ils ont depuis leur ordination. Ils ont été à Rome, et soutiennent que le Pape leur a permis d'exercer leurs fonctions. Nous leur soutenonSi au contraire, que nous n'avons jamais ouï dire que le Saint-Siège ait jugé contre les canons. Ne croyez pas, dit le Pape Zacharie , ?uïi« aient obtenu ta permission qu'ils ptitendttH, mais punissez^ les telon les canons i cat ^tfl ne voûtons point que vous jHssiei autre mit que ce qu'ils ordonnent, et que vous avw oppris de ce siégé apostolique. Il ne nous cortvient d'enseigner que ce que nous avons appni des Pères.

SHl arrive quelque chùsfe de nouveau ^ nt craignez point de nous en avertir, nous ^out répondrons aussitôt pour y remédier : w vous devez savoir, mon tres-chet ftère^ ^^ fious vous portons datis notre c(tur, ensofif que nous désirons tous tes jours de vous ton» Au reste, prenez tôui-âge, et travailla à Vcsutre otl Dieu vous a appelé; une granat récompense vous attend; et tout péeheutjj^ nous sommes, nous ne cessons deptifr Ptt^ qu'il achète en voué ce qu'il û commencéi rf que saint Tierre! coopère avec tous. Celle lettré est datée da premier avril 7W.

Dan^ tme seconde lettre à saint Bonifwe le Pape 2afcharîe se jttsiillé sur deat plainte» que Vùû faisait dcr Itri; | On nôM àceuse,

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DES PAPES

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dit-il| de èommettre une simonie en obligeant ceux à qui nous accordone le pallium A noue donner de iargent. Dieu noue en gardel Per-» so%ne n*a rien pris pour tes trois palliums que vous avez demandés. Nous avons aussi donné gratis les lettres émanées de notre seerétairerie pour votre confirmation et votre instruction. Anathème à quiconque sera assez hardi pour vendre le nom du Saint-Eprit l

Vous nous avez mandé par d'autres lettres que vous avez trouvé en Bavière un faux évé^ que qui se prétendait ordonné par notts : vota ocez bien fait de ne pas le croire ^ car il vous a dit faux: nous vous commandons^ par Vau* torité de saint Pierre , de ne point souffrir Vexerciee du sacré ministère à quiconque s'écarte de notu. Vous nous avex aemandé si v<nu deviez avoir droit de prêcher dans la province de Bavière ^ ceaue notre prédécesseur vous a accordé : loin ae diminuer le pouvoir qu'il vous a donnée nous V augmentons ; en sorte que^ tant que vous vivrez^ vous corrigiez^ par notre autorité^ tous ceux que vous trou^ rerex errer contre la foi ou les canons f, non^ feulement en Bavière ^ tnais par toutes les Gaules.

Les dates de ces leUres monlrent que le Pape se reconnaissait toujours sujet h l*em* pereur de Constanlinople. Aussi Zacharie, au comroenceraenl de son pontiticaty envoya suivant la coutume sa-lettre synodique portant sa confession de foi» accompagnée d une lettre à l'empereur Constantin. Mais ses lé- (;at5, arrirant à Constanlinople , trouvèrent Artabnse en possession du palais. Cependant pn Italie le Pape travaillait pour le service de TEmpire. Lélé de Tan 743» la province ie Kavenne étant prise par le roi Luitprand, lui se préparait même à marcher pour issié^er la ville, Texarque Eutychius avec lean, archevè()ue de Ravenne, tout le peuple Je la même ville et celui de la Pentapole et J*£milie écrivirent au Pape pour le prier de /entr à leur secours. 11 envoya au roi des égats avec des présents ; mais n*ayaut rien obtenu» il alla lui-même à Ravenne.

Quand il arriva le peuple sortit pour le ecevoir, en criant : « Béni soit notre paseur qui a laissé ses ouailles, et est venu lous délivrer» nous qui allions périr » 1 Le ^ape, étant à Ravenne, envoya prévenir le roi ^uitprand qu'il allait lui-même le trouver. Le oi ne voulait point le recevoir ; mais le Pape, néprisanttoutdanger,sortit de Ravenne, et irrivasur le Pô, le vendredi 28 juin. Le oi renvoya recevoir par des seigneurs qui 'amenèrent à Pavie: mais comme c'était la cille de saint Pierre, il alla d'abord h Té- ;!iso de ce saint, nommée au ciel d'or, et y t la prière de None. Le lendemain, il y élé'bra la Messe à la prière du roi, ei manea avec lui. Le Pape le nria de ne plus enoyerses troupes dans la province de Raenne, et de lui rendre les villes qu'il lui vait prises, particulièrement Gesène. Le oi résista longtemps, mais enbn il consentit

rendre à Ravenne tout le territoire qu'elle vait auparavant, et les deux tiers du terrijI re de Cesène ; gardant pour, caution l'au-

DiCTioxN. ORS Paprs.

tro tiers et la ville jusqu'au 1** juin de l'année suivante, aûn que ses ambassadeurs eussent le temps de revenir i Gonstantioople. Après la restitution de ces places, lo Pape revint i Rome.

Quelque temps après, le Pape Zacharietini un concile h Rome dans Téglise de Saint- Pierre avec quarante évèques, tous d'Italie, vingt-deux prêti*es et six diacres, et tout le clergé de Rome. Ce* concile flt quinze canons, la pluiuirt touchant la vie cléricale ei les mariages illicites. Il est défendu au)i évêques et aux clercs de loger avec des femmes, de porter des habits séculiers et de grands cheveux. L'évêque, le prêtre ou le sous-diacre venant de célébrer la Messe no doit point porter de béton ni avoir la téta couverte ; Tévêque ou le prêtre avant dit l'oraison ne doit point faire achever la Messe par un autre, mais continuer jusqu'à la un. On ne fera les ordinations qu'aux Quatretemj)s. Les clercs ne plaideront point devant les juges séculiers, leurs différends seront jugés par l'évêque, ceux des évêques par lo Pape, ce qu'il faut entendre des évèques d'Italie. Ce sont les canons les plus remarquables de ce concile.

Zachane tinlèRomeun second concile, le 25 octobre 745. Il y présidait; sept évêques des environs de Rome, dix-sept prêtres, les diacres et le reste du clergé étaient présents. Le concile était réuni dans la maison patriarcale de Latran, à la basilique de Théodoret; les Evangiles étaient au milieu de l'assemblée. Grégoire, notaire régionaire et nomenclateur, ouvrit la session en disant : « Le vénérable prêtre Deneard, légat du très-saint archevêque Boniface, de la province de Germanie, est à la porte, et demande à entrer : qu'ordonnez-vous ?» On ie fit entrer, et il dit : « Seigneur, l'évêque Boniface mon maître, ayant, suivant vos ordres, assemblé un concile dans la province de France, y a (rivé du sacerdoce les faux évêques Adalbert et Clément, et les a fait mettre en prison «vec l'autorité des princes. Ils demeurent impénitents et continuent à séduire le peuple. Je vous présente cette lettre, et vous prie do la faire lire devant lo saint concile. >

Théophane, notaire régionaire et saeellaire, lut la lettre de saint Boniface, après quoi le Pape Zacharie dit : Vous avez entendu ce qui a été la de ces impies qui se préfèrent aux apôtres. Les évêques et les prêtres dircnl : « Ce sont des ministres de Satan et des précurseurs do TAntechrist. Quel est le saint qui a jamais donné pour reliques au peuple de ses cheveux ou de ses ongles, comme Adalbert? » Coipme il était un peu tard, le Pape remit à une autre fois l'examen de leur vie et de leurs actes.

Dans la seconde session, la Pape demanda au prêtre Deneard la Vie d'Adalbert et les autres écrits qn'il avait en main. On lut d'abord la Vie, ({ai, après un titre magnifique» commençait ainsi : « Il est né de (tarants simples» et a été couronné de la grât;e dfs Dieu; car avant sa très-heureuse naissaoca.

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sa mère crut voir on veau qui sortait de son c6té droit, et qui signifiait la grAcequ*il avait déjà reçue. » On n'inséra que ce commencement dans les actes du concile, mais la Vie y fut lue tout entière. Après cette lecture, le Pape Zacharie demanda : Que dites-vous de ces blasphèmes f mes très-saints frères ? Ëpiphane, évê(]ue, répondit: «Certes, Votre Sainteté a été inspirée de Dieu d'avertir notre frère Boniface et les princes des Français, pour faire assembler un concile après un tempssi long, et vous informer de ces schismes et de ces blasphèmes. »

Le Pape demanda à Deneard s'il avait en-* core quelque pièce à faire lire. « Voici, » ditil, « la lettre dont il se servait, et qu'il publiaitètrede Jésus-Christ, descendu du ciel.» On la lut avec son titi*e ainsi conçu: «Au nom de Dieu, ici commence la lettre de Notre-Seigneur Jésus- Christ qui est tombée à Jérusalem, a été trouvée par l'archange saint Michel à la porte d'Ëphrem, lue et copiée par un prêtre nommé Icoré, qui l'a envoyée à la ville de Jérémie h un autre prêtre nommé Talasius, oui Ta envoyée au prêtre Léoban; £elai-ci Va envoyée à la ville de Veifanie, où elle a été reçue par le prêtre Macruis, qui Ta envoyée à la montagne de l'archange saint Michel, et la lettre est arrivée par les mains d'un ange à la ville de Rome, au sépulcre de saiiit Pierre, où sont les clefs du royaume des cieux, et les douze prêtres gui sont à Home ont fait des vailles de trois jours, avec des jeûnes et des prières jour et nuit. »

Les actes n'en rapportent pas davantage; mais la lettre fut lue tout entière. Après cette lecture, lePape Zacharie dit : Assurémentf mes frères f cet Adalbert a perdu le sens; et tous ceux qui reçoivent cette lettre ont aussi peu de jugement que des enfants; mais de peur que des esprits faibles n*y soient encore trompés^ nous ne pouvons laisser cette affaire sans examen. Les évoques en convinrent, et le rest« fut remis à une autre session, qui fut la troisième.

Le prêtre Deneard y présenta une oraison composée par Adalbert, qui commençait ainsi : k Seigneur Jésus-Christ, alpha et oméga, qui êtes assis sur le trône, souverain, sur les chérubins et les séraphins, je vous prie et vous conjure, ange Uriel, ange Raguel, angeTubuci, ange Michael, ange Inias, ange Tubuas» ange Sabaoth, ange Simiel. » Après que l'oraison eut été lue tout entière, le Pape Zacharie s*écria: Que dites-vous àcela^ mes trèS'Chers frères? Les évêques et les prêtres répondirent : « Qu'y a-t-il à faire, sinon è brûler ces écriis et à anathématiser leurs auteurs?Ces noms, hors celui de Michel, ne sont pas des noms d'an^és, mais des démons. » Le Pape Zacharie dit : Vous avez rai^ son de condamner au feu tous les écrits ^A-^ dalbert ; mais il est à propos de ies garder dans nos archives pour sa confusion éierndle. Il faut maintenant tes juger fun et Vautre. Le conseil prononça sa sentence contre Adalbert et Clément, les déposa du sacerdoce, avec anathèxne contre eux et leurs

sectateurs, s'ils persistaient dans leurs erreurs. LePapesouscrivitavec tous lesévéques et les prêtres. Lés trois séances de ce concile portent la même date, comme ayant été tenues le même jour.

Le Pape Zacharie envoya les Actes du concile à saint Boniface, avec une grande lettre datée du dernier jour d'octobre 745, qui sert de réponse à trois lettres de saint Boniface. Sur la première, le Pape le console et Ten* courage au sujet des oppositions des mauvais Chrétiens et des incursions des infidèles. Rome méme^ dit-il, a été déjà plusieuri foit ravagée pour ses péchés , mais Dieu a oien^ voulu la consoler. Ensuite le Pape approuve le concile qui venait d'être tenu, et la résolution des princes français pour ériger nn siège métropolitain à Boniface sur la frontière des païens.

Pépin avait envoyé à Rome le prêtre Ârdo« bane, du ^consentement des évêques, des abbés et des seigneurs , pour consulter le Pape Zacharie sur plusieurs points de discipline qui se rapportaient à trois chefs principaux, Tordre épiscopal, la pénitence des homicides, et les conjonctions illicites. Les seigneurs français envoyèrent aussi vers le Pape, pour lui donner avis' du choix qu'ils avaient fait de'Mayence pour être mélropole; et saint boniface lui écrivit par saint Burchard, évêque de Visbourg, qui allaita Rome, se plaignant du prêtre Virgile, qui ayant rapporté de Rome une réponse favorable concernant le baptême administré en mots barbares I s'était vanté, à son retour, que le Pape l'avait renvoyé pour succéder au premier mourant des quatre évêques que saint Boniface avait établis en Bavière; qu'il semait la division entre Boniface et le duc Odilon, et qu'il enseignait quelques erreurs Tout cela parait par les réponses de Zacharie.

La première est adressée è Pépin, maire du palais, aux évêques, aux abbés et aux seigneurs de France, qu'il exhorte à conti* nuer de faire chacun leur devoir : les séculiers, en combattant contre les infidèles; les ecclésiastiques, en les assistant de leurs prières et de leurs conseils. Ensuite il répond à vingt-sept articles louchant l'autorilé des métropolitains , les évêques , les prêtres et les clercs coupables ou condamnés, les prêtres rebelles ou vagabonds, la continence, les conjonctions il licites et les homicides. Sur tous ces articles, le Pape ne fait que rappeler les anciens canons contenus dans le code de 1 Eglise romaine. Cette lettre est accompagnée d'une autre leitre particulière è sAnt Boniface. Le Pape lui recommande de faire assembler un concile où ees décisions soient lues; d'y faire amener les trois sacrilèges, Adalbert, Godolsace et Clément, afin que leur cause y soit encore exactement revue : S'ils persistent dans leur opiniâtreté à se dire innocent s f envoyez-les-nous avec deux ou trois évêques des plus vertueux et des plus iages, afin que leur affaire soit approfondie et terminée devant le Saint-Siège. Cette lettre est datée du 5 janvier 747.

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L'année suivante» le Pape écrivit à saint Boniface , répondant en mème'temps à plusieurs lettres : Vous in*avex dît que voui atet trouvé dei imposteurs en beaucoup plus grand nombre que les prêtres catholiques^ qui portent faussement le nom d'évéques et deprétresj sans jamais avoir été ordonnés par de vrais évéqueSf se moquant des peuples^ et troublant le ministère de V Eglise^ trompeurs et vaga» bons^ coupables d'homicides^ d'adultères et de crimes abominables , hypocrites et sacrilèges ; plusieurs esclaves fugitifs qui, s étant fait tonsurer, se transforment en ministres de Jésus-Christ ^ qui vivent à leur fantaisie^ sans reconnaître d'évéques ; au contraire^ le peuple les soutient contre Us évêques , de peur quils ne répriment leurs mœurs criminelles. Ils assemblent à part le peuple qui les approuve^ dans des lieux champêtres et des maisons des paysans où ils puissent se cacher. Ils n$ prêchent point aux païens la foi catholique , et ne la savent pas eux-mêmes. Ils n'enseignent pas aujp catéchumènes les paroles solennelles de la profession de foi et des renonciations au démon^ ne font point sur eux le signe de la croix avant le baptême. Partout où vous trou verez ces ministres de Satan, privez-les du sacerdoce dans ce concile provincial, et sou* mettez-les à \la règle monastique, pour finir leur vie dans la pénitence. S'ils ne se convertissent pas^ vous ne perdrez pas le mérite de vos instructions.

' Le Pape condamne ensuite un prêtre écossais noaimé Samson , qui soutenait qu'on nouTait devenir Chrétien sans baptême, par la 5eu1e imposition des mains de Tévèque ; il ajoute : Vous nous avez écrit concernant ce Virgile, que nous ne savons si on nomme prire : qui^ farce que vous le confondez sur ses rreurSf s efforce de vous nuire en semant la iicision entre vous et Odilon, duc de Bavière^ t disant que nous Pavons envoyé pour rem* >lif la place d'un des quatre évêques que vous ' avez ordonnés. Quant à sa perverse doctrine^ 'il est profivé qu'il soutienne qu*il y a un au- ^e monde et d'autres hommes sous la terre, H autre soleil et une autre lune, chassez-le de Eglise dans un concile, après l'avoir déouille du sacerdoce. Nous avons écrit au duc s Bavière de nous V envoyer, afin de texami» rr nous^méme et le juger suivant les canons. Q Pape témoigne, dans cette lettre, approu- T un écrit touchant la foi, que saint Bonice lui avait envoyé en son nom et au nom fs autres évèquesde France, et rend grâces Jieu de ce qu'il les a ramenés è Tunité du int-Siége. 11 les loue de leur union entre X et r£;$lise rouiaine, et les exhorte à agir concert avec Bonilace, Tégat du Saint-* '•ge.

^aint Boiiirace avait demandé que le Pape voyât un évèque en France > h quoi il ré* nd : Tant que Dieu vous conservera, il si point nécessaire d'y en envoyer d'autre \ isenne votre place. Il approuve ensuite choix que les Français avaient fait do Mayence pour être la métropole et le ^e de Boniface. Il lui permet, pour le logement de sa vieillesse, d'ordonner

évêque celui qu*il trouvera digne de lut succéder, c*est è-dire un coadjuteur. Cette lettre est datéç du 1" mai 7&8.

Saint Boniface avait envoyé une lettre au Pape par te prêtre Lulle, où il lui* disait, entre autres choses : « Il y a, dans une vaste forêt, un lieu sauvage au milieu des peuples de notro mission, où nous avons hUti un monastère, et établi des moines qui vivent selon la rè^le de saint Benoit, dans une étroite abstinence, sans chair, ni vin, ni bière ; sans serviteurs, contents du travail de leurs mains. J*ai acquis ce lieu par le moyen des personnes pieuses, principalement de Carloman, ci-devant prince des Français. Je l'ai dédié au Sauveur; je me propose, avec votre consentement, de m'y reposer quelque jour pour le soulagement de ma vieillesse* et d'y être enterré après ma mort. » On voit que c'est Tabbaye de Fulde. '

Le Pape Zacharie, répondant à cette lettre, accorde à saint Boniface un privilège pour le monastère de Fulde; le pape l'exempte de la juridiction de tout autre évêque, excepté du Saint-Siège, en sorte qu'aucun n'entreprenne dV célébrer la Messe s'il n'y est invité par l'abbé. C'est le premier exemple d'une pareille exemption.

Cette dernière faveur accordée par le Pape Zacharie ne précéda que d'un an sa niort. Ayant exercé toutes les fonctions d*un digne Pontife» avec un zèle infatigable et un rare bonheur pendant plus de dix ans, il mourut saintement le ik mars 752. Ayant su que des marchands vénitiens avaient acheté a Rome quantité d'esclaves de l'un et de l'autre sexe, et voulaient les mener en Afrique pour les vendre aux inQdèles, le Pape Zacharie ajrant rendu aux Vénitiens le prix qu'ils en avaieiit donné, mit les esclaves en liberté et dérendit ce trafic: indigne, n'étant pas juste, dit-il,

Îue des personnes devenues enfants de Heu par le baptême soient les esclaves des Îentils. Saint Zacharie orne la ville de orne de plusieurs églises magnifiques, rebâtit presqu'à neuf le palais de Latran ; il lit des dons considérables à toutes les églises de Rome, et particulièrement à celle de Saint-Pierre, dont il décora l'autel d'un parement tissu d'or et de pierreries, qui représentait la nativité de Notre-Seigneur. H acquit plusieurs fermes à TEglise et construisit d'immenses bâtiments; il établit une distribution d'aumônes. pour les pauvres et les pèlerins qui demeuraient k Samt-Pierre, et distribua lui-même des sommes considé* râbles à tous les pauvres et è tous les malades des divers quartiers de Rome. Ce saint Papo aimait ses clers, dont il augmenta les pensions annuelles, les traitait comme un bon père, et se fit aussi chérir du peuple, qui vécut dans la paix et l'abondance sous son |)ontifi« cat. 11 traduisit les Dialogues de saint Gré* goire en grec, qui était sa langue maternelle» et il nous reste de lui un grand nombre do lettres et de décrétales. Saint* Zacharie fut enterré àSaint-Pierre le 15 mars, jQur auquel TEglise honore sa mémoire, et eut pour suc* cesseur Etienne II.

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ZEPHIRIN (Sainl), quatorzième successeur rie saint Pierre, et romain de naissance.— Saint Zéphirin fut ehoisi pour gouverner TEgiise de Rome après la mort du Pape Victor I". Dès la première année de son pontiûcaty il eut la douleur de voir redoubler la persécution que Sévère exerçait contre les Chrétiens en Orient, et surtout en Egypte. Cependant il gouverna TEglise avec beaucoup de prudence durant cette rude tempère, qui fut de neuf ans, et il fit un bon usage du calme dont elle fut suivie, car il s*en servit pour maintenir la foi dans sa pureté contre les erreurs qui l'attaquaient. C'est à lui qu'on atlrilme la condamnation de Praxéas, chef des patripassiens, qui n'admettaient qu'une personne dans la Sainte-Trinité, savoir, le Père, disant que le Père est descendu dans Marie, qu'il est né de cette Vierge, qu'il a souffert, et qu'il est Jésus- Christ môme. Saint Zéphirin ayant dénjontré è Praxéas l'absurdité de sa^doctrine, cet hérétique se soumit au jugement du Papo, et il paraîtrait même qu'il rentra dans le sein de l'Eglise, et, ce fut le célèbre Tertullien qui reçut en Afrique l'acte de sa rélraclation. TertuUien était, sans contredit, le plus grand docteur q-u'eût alors l'Eglise latine. Il avait été prêtre de l'Eglise de Rome, et il Tétait alors de celle de Carthage. Mais il eut le malheur bientôt après de quitter l'Eglise catholique qu'il avait si bien servie par sa ulume, et sa chute fut pour saint Zéphirin le sujet d'une grande affliction. Dans le même temps, le clergé romain était aussi florissant qu'il avait jamais été , et on ne peut douter que ce ne fût par les soins de saint Zéphirin. On peut s'en convaincre par la ijelle peinture qu'en a faite Miuucius Félix, avocat romain, qui vivait alors. Lorsque la persécution se fit sentir à Rome, ce saint Pontifo exhorta les fidèles à confesser Jésus- Christ avec courage. II fit triompher la vraie foi sur les hérésies qui parurent de son temps, et dont les principales étaient celles desmarcionites, des montanistes et des Valentiniens. Les dernières années de son pontificat ne furent troubléesque par les hérésies, car les fidèles jouissaient alors d*un assez grand calme.

Saint Zéphirin ordonna que les prêtres et les ministres de l'autel recevraient les ordres en présence des autres clercs et des laïques, ce qui fut confirmé par 1q concile de Chalcédoine. Il voulut qu'on se servît de calices de verre pour la consécration, au lieu de ceux en bois qui étaient autrefois en usage. Il prescrivit à tout Chrétien, aj;ant atteint- l'^ge de puberté, qu'il communiâtau moins une fois l'an à la fête de Pâques. Il ôta aux archevêques, métropolitains, primats et patriarches, le pouvoir de condamner un évêque accusé devant eux, sans l'autorité du Saint- Siège. Il commanda que tous les prêtres assistassent l'évêque quand il célèbre. Après avoir occupé le trône pontifical pendant dixsept années, saint Zéphirin mourut le 20 décembre 219, sous le règne d'Héliogabale.

ZOZIME (Saint), quarantième Pape, était

Grec de nation. — 11 fut élu le 18 mars 417, pour succéder au Pape saint Innocent 1", d'une commune voix par le clergé et le peuple romain. Dès le commencement de son pontificat, les hérésiarques Pelage et Célestius se voyant comlamnés, non-seulement par les évêques d'Afrique, mais par le Pape saint Innocent, cherchèrent les moyens d'effacer cette tache. Pelage écrivit au Pape pour se justifier; Célestius vint lui-même à Rome. Il espérait y trouver de ranpui, et engager à sa défense plusieurs du clergé : on faisait même courir le bruit que le prêtre Sixte, depuis Pape, favorisait les ennemis de la grâce. Célestius, ayant été condamniU Carthage en 412, appela au Pape; mais, au lieu de poursuivre son appel, il s'en alla à Ephèse, et par surprise y fut ordonné prêtre. De Ih, quelques années après, il alla à Conslan* tiuople; mais l'évêque Atticus ayant découvert les erreurs qu'il professait, prit grand soin de l'en chasser, et en écrivit aux évêques d'Asie, à Thessalonique et à Carthage. On ne voit poini qu'il en ait écrit à Rome: peut-être n'était-il pas encore réconcilié avec le Pape au sujet de saint Je&n Chrysostome. Célestius, chassé de Constanlinople, vint donc à Rome avec toute la promptitude possible, et se présenta au Pape Zozime, prétendant poursuivre son ap{)el interjeté cinq ans auparavant, et se justifier des erreurs dont, on l'avait accusé devant te Saint-Siège, et faisant valoir l'absence de ses accusateurs, c'est-h-dire du diacre Paulin, qui l'avait accusé à Carthage, et des évêques Héros et Lazare, qui l'avaient accusé en Palestine.

Il présenta une confession de foi où il parcourait tous les articles du symbole, depuis la Trinité jusqu'à la résurrection des morts, expliquant en détail sa croyance sur tous les articles où on ne lui reprochait rien. Hais quand il venait au point aont il s'agissait, il disait : « S'il s'est fait quelques disputes aur des questions qui ne sont jDoint de la foi, je n'ai point prétendu les décider, comme auteur du dogme ; mais ^e vous présente i examiner ce que j'ai tiré de la source des prophètes et des apôtres, afin que, si je me suis trompé par ignorance , vous me corrigiez par votre jugement. » Il disait ensuite sur le péché originel : « Nous confessons que l'on doit baptiser les enfants pour la rémission des péchés, suivant la règle de l'Eglise universelle et l'autorité de J^vangile, parce que le Seigneur a déclaré que le royaume des cieux ne peut être donné qu'aux baptisés. Mais nous ne prétendons pas, pour cela, établir le péché transmis par les parenU,

2ui est fort éloigné de la doctrine catholique, ar le péché ne naît pas avçc l'homme, c est l'homme qui le commet après sa naissance; il ne vient pas de la nature, mais de la volonté. Nous avouons donc le premier, pour ne pas admettre plusieurs baptêmes ; et nous prenons cette précaution, pour ne pas faire injure au Créateur. » Telle fut laconfessio" de foi de Célestius.

Le Pape Zozime était alors embarrassé de plusieurs atfaires qu'il estimail plus consi-

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dérabics : toiitefoiSi i! ne voulut pas remettre à un auire temps la décision de celle-ci, pour ne pas tenir plus longtemps en suspens les ëvèi^ues d'Afrique, qui savaient que Célestius était à Rome. Il mamua donc le jour et lieu de ce jugement; et il choisit Téglise de Saint-Clément pour être excité par lexemple de ce saint martyr à y procéder plus religieusement. Outre le clergé de TE* glise romaine, il s*y trouva plusieurs évoques de divers pays. On y examina lout ce qui avait été fait jusque-là dans la cause do Célestius. On ie nt entrer, on lut sa profession de foi : plusieurs du clergé de Rome témoignèrent approuver ses sentiments. Le Pape lui-même fit comme s1l avait jugé sa profession catholique, non qu'il approuvât les dogmes qu'elle contenait, mais parce que Célestius déclarait qu'il était prêt de se soumet[re au jugement du Saint-Siège.

Voyant un homme qui pouvait être utile à TEgiises'il se corrigeait, il approuva l'intention qu'il témoignait de se corriger, et craignit de le pousser dans le précipice en le traitant durement.

11 ne se contenta pas néanmoins de sa confession de fui par écrit ; il lui flt diverses questions pour éprouversi c'étaientses véri- (ahles sentiments, laissant à Dieu de ju^er de la sincérité de ses réponses. Célestius confirma de vive voix, par plusieurs déclarations réitérées, ce que contenait son écrit. Le Pape lui demajida s'il condamnait toutes les erreurs qui avaient été publiées sous son nom. Célestius dit qu'il les condamnait, suivant le jugement du Pape saint Innocent, et promit de condamner tout ce que le Saint- Siège condamnerait. Toutefois, étant pressé par le Pape Zozime de condamner ce qui lui avait été reproché par le diacre* Paulin, il ne le voulut pas. Il fut aussi interrogé sur les reproches d Héros et rie l^zare, contenus liaiis leurs lettres, que le concile de Cartilage avait envoyées à Rome. Il dit qu'il l'avait jamais vu Lazare qu'en passant, et ju*IIéros lui avait fait satisfaction d'avoir eu mauvaise opinion de lui.

Le Pape Zozime ayant résolu de ne pas 'aigrir, ne jugea pas toutefois à propos de absoudre de 1 excommunication dont il était rappé. Il donna un délai de deux mois, pour lus granie sûreté , avant de prononcer un igemeiit définitif, afin d'en écrire aux évêues d'Afrique, à qui sa cause était plus )ni]ue, et do donner du temps è Célestius )ur revenir à la raison. Mais il l'exhorta , iisi que les évèques qui étaient présents, éviter à l'avenir ces vaines disputes et ces lestions curieuses. Il alla plus vite à l'érd d'Héros et de Lazare; tout absents qu'ils aient y il les déposa de Tépiscopat et les communia; prévenu contre eux par les lin tes de Célestius ou de Patrocle, qui Dupait le sié^e d'Arles à la place d'Héros. Le Pape Zozime écrivit à Aurélius et aux 1res évoques d'Afrique ce qu'il avait fait is ce jugement, et leur en envoya les ac- . Il so plaignit de ce qu'ils avaient ajouié U*up lé||$êrement aux lettres d'Héros et

de Lazare : Nous 'avons trouvé^ 'dit-il, qu$ leurs ordinations étant irrégulières ^ on n*a pas dâ recevoir de leur part une accusation par écrit contre un absent fut, étant présent maintenant^ explique sa foi et défie son accusateur. Ensuite : Souvent^ quana on fait dif» ficulté de croire ceux qui témoignent h dtoiture de leur foi^ on les précipite dans l'erreur comme par nécessité. La lettre est de l'an

Après que le Pape Zozime eut écrit celte lettre, il en reçut une de Prayle, évoque do Jérusalem , successeur de Jean, qui lui recommandait très-affectueusement l'affaire do Pelage même, accompagnée de sa confession de foi, l'une et l'autre adressées au Pape Innocent, dont il ne savait pas encore la mort. Pelade disait dans sa lettre qu'on voulait le décrier sur deux points : l'un de refuser le baptême aux enfants et de leur promettre le royaume des cieux sans la réuemption de Jésus-Christ; l'autre d'avoir tant de confiance au libre arbitre, qu'il refusait le secours de la grâce. Il rejetait la première erreur, comme manifestement contraire à l'Evangile, et disait : « Qui est assez impie pour refuser à un enfant la rédemption commune du genro humain, et pour empêcher de renaître pour une vie certaine celui qui est né pour une incertaine? • Il se sauvait par ces dernières paroles. Car quand on l'interrogeait sur cette matière, il disait : « Je sais où ne vont pas les enfants qui meurent sans baptême, mais je ne sais pasoilils vont. » Sur I article de la grAce, il disait : « Nous avons le libre arbitre pour pécher, et dans toutes les bonnes œuvres, il est toujours aidé du secours divin. » Ensuite : « Nous disons que le libre arbitre est en tous généralement : dans les Chrétiens, les Juifs et les gentils; ils l'ont tous par la nature, mais il n'est aidé par la grAce que dans les Chrétiens. Dans les autres, ce bien de la création est nu et désarmé, l.s seront jugés et condamnés; parce qu'ayant le libre arbitre, par lequel ils pourraient venir à la foi et mériter la grAce de Dieu , ils usent mal de leur liberté ; les Chrétiens seront récompensés, parce qu'usant bien de leur libre arbitre, ils méritent la grAce du Seigneur, et observent ses commande* ments. »

Sa confession de foi était semblable A celle de Célestius. Il y expliquait au long tous les articles de foi dont il n était point question, depuis le mystère de la Trinité jusqu'à la résurrection de la chair. Sur le baptême, il disait : « Nous tenons un seul baptême , et nous assurons qu'il doit être administré aux enfants avec les mêmes paroles qu'aux adultes. » Sur la grAce, il disait : « Nous confessons le libre arbitre; mais en disant que nous avons toujours besoin du secours de Dieu, et que ceux-là se trompent également, qui disent, avec les manichéens, que l'homme ne peut éviter le péché; et qui disent, avec Jovinien, que l'homme ne peut pécher. » Il conclut par ces paroles: « Voilà, bienheureux Pape, la foi que -nous avons apprise dans l'Eglise callioli|uc, que nous avons lou-

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BICTIOiNxNAiRE

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jours tenue et qu« nous tenons encore. Si elle contient quelque chose qui ne soit pas expliqué avec assez de lumière ou de précaution, nous désirons que vous les corrigieZy TOUS qui tenez la foi et le Siège de Pierre. » Rien ne paraissait plus catholique que cetle confession de foi, et toutefois elle laissait la porte ouverte aux erreurs de Pelage.

Ces écrits ayant été lus à Rome publique* ment, tous les assistants et le Pape même en furent éblouis. Ils trouvèrent que Pelage ()arlait à Jérusalem comme Céleslius à Rome. Ils furent remplis de joie et d'admiration; à peine pouvaient-ils retenir leurs )arl^ncs, tant ils étaient touchés qu'on eût pu calomnier des hommes d*une foi 5i pure. Il leur semblait que ces écrits ne parlaient que de* la grâce et du secours de Dieu. Héros et Lazare, déjà décriés d'ailleurs, parurent des calomniateurs qui ne cherchaient qu'à troubler l'Ë^lise. Dans ces dispositions, le Pape Zozime, trompé dans le fait, écrivit une seconde lettre à Aurélius et à tous les évoques d'Afrique plus forte que la première, où il témoigne être content de la profession de foi du Pélàge, et persuadé de sa sincérité ; mais, suivant sa prévention, et croyant avec trop de facilité ce qu'avait dit Gélestius, il parle ftinsi oontre Héros et Lazare : Est-il possi^ ble^ mes chers frères^ que vous n*ayez pas eneoreappris» du moins par la renommée, qu'ils sont perturbateurs de l'Eglise f Ignorez-vous leur vie et leur condamnation ? Mais quoique le Siège apostolique les ait séparés de toute communion par une sentence particulière^ apprenez encore ici sommairement leur conduite, Lazare est accoutumé j depuis longtemps^ à accuser des innocents: en plusieurs conciles, il a été calomniateur contre notre saint con^ frire Brice de Tours^ Proculus de Marseille Ca condamné comme tel dans le concile de Turin, Toutefois, le même Proculus /'o or-» donné plusieurs années après évéque d'Aix pour soutenir le jugement du tyran : il est entré dans le siège épiscopal, presque encore teint du sang innocent, et a soutenu l ombre du sacerdoce tant que le tyran qui le protêt geait a gardé une image d'empire; mais, après sa mort, il a quitté la place^ et s'est condamné lui-même. Ce tyran, protecteur de Lazare, est Constantin , qui fut reconnu empereur dans les Gaules en 1^11. Le Pape Zozime continue : Il en est de même d'Héros : c'est la protection du même tyran, ce sont des meur^ très, des séditions ] des emprisonnements des prêtres qui lui restaient ; toute la ville consternée : te même repentir l'a fait renoncer au sacerdoce. Toutefois ces évêquts, si maltraités ici, sont reconnus par saint Augustin pour gens de bien^ et saint Prosper qualifie Héros homme saint et disciple de saint Martin, Ce qui fait croire que le Pape Zozime avait trop facilement prêté l'oreille aux calomnies de Patrocle d'Arles.

Le Pape relève encore l'absence d'Héros et de Lazare comme une preuve de la faibiessa de leur accusation , puisqu'ils n'ont osé la soutenir; et il traite de même Jacques

et Timase. Il blflme les évêques d'Afrique d'avoir cru légèrement à de telles accusations; il les exhorte à être plus circonspects à l'avenir, à ne ju^er personne sans i'enteadre, suivant l'Écriture; à conserver soigneusement la paix et la charité, et à se réjouir de ce que Pelage et Céleslius n'ont jamais été séparés de la vérité catholique. Cette lettre est datée du 22 septembre ; et le Pape envoya en même temps des copies des écrits de Pelage. C'est ainsi qu'il se laissa surprendre à l'artifice de ces deux hérétiques, par une trop grande crédulité, sans approuver leurs erreurs.

Il se laissa aussi prévenir en favenrde Patrocle, évêque d'Arles, au préjudice des au« très évêques des Gaules. Car la même année, et dès le commencement de san pontificat, il ordonna que tous les ecclésiastiques, même les évêques, qui partiraient de quelque endroit des Gaules pour aller h Kome ou en quelque autre lieu du monde, prendraient les lettres formées de Tévêque d'Arles, sans lesquelles ils ne seront point reçus. Il déclare qu'il a envoyé ce décret partout, et que ce privilège de lettres formées est particulièrement accordé à Patrocle en considération do son mérite. 11 conserve à l'évêque d*Arles le droit de métropolitain sur la province viennoise et sur la première et seconde narbonaise, tant pour les ordinations des évêques que pour les jugements : Si ce nest. dit- il, que la grandeur de la cause demande que nous en prenions connaissance. Voilà les causes majeures réservées au Pape. Il fonde les prérogatives de l'Eglise d'Arles sur la dignité de saint Trophime, évêque, et qui a été envoyé pour premier évêque, et qui a été la source de la foi dans les Gaules, Cette lettre e^t datée du 22 mars 417.

Quelque temps après, Ursus et Tiienlius ayant été ordonnés évêques sans la participation de l'évêque d'Arles, le Pape Zozime écrivit une lettre circulaire aux évêuues d'Afrique, des Gaules et d'Espagne, oh il marque plusieurs autres défauts dans ces ordinations, et déclare Ursus et Tuentias privés de tout rang ecclésiastique, et même de la communion. La lettre est du 23 septembre MT,

Proculus, évêque de Marseille, prétendait avoir le droit d'ordonner les évêques dans la seconde Narbonaise; et Simplicius de Vienne avait la même prétention pour sa province. Le Pape Zozime les condamna l'unetrautre, et dit que le Saint-Siège même ne cuvait pas leur accorder ce droit, parce quil s'attache à conserver inviolableiuent l'antiquîté et les ordonnances des Pères. La lettre est du 29 septembre de la même année 4^17.

Le même jour il écrivit aussi à Hiiaire, évêque de Narbone, qui prétendait faire les ordinations dans la première MaTbonaise, et en avait obtenu un décret du Saint-Siège. Le Pa[)e Zozime le déclare subreptice, et ordonne que l'on s'en tiendra au privilège de I Eglise d'Arles, confirmé par une possession continuelle depuis saint Trophioie, sous peine de.dé|)osiiiou contre ceux qu'lli-

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]flire aarail ordonnés, et conlre lui-m^me. Procolùs de Marseille ne se rendit pas, et côiilinua de faire des ordinalions. Le Papo Zozime déclara, par une lellre écrite K Palrocle d'Arles, que personne ne devait tenir pour évèques chux que Proculus arait ordonnés; et., par une autre lettre au clergé et au peuple de Marseille, il déclare qu'ils ne doivent plus Je reconnaître lui-même, mais s'adresser à Patrocle, et lui obéir pour le gouvernement de leur Eglise. Ces deux lettres sont du même iour, 5 mars M8. Mais toutes ces décisions lurent peu soutenues par les Papes suivants : ce qui fait croire (|ue Zozime était prévenu en faveur de Patrocle.

Les évèques d'Afrique, ayant reçu la lellre du Pape Zozime en faveur de Célestius, lui écrivirent pour le prier de laisser les choses dans l'état où elles étaient, jusqu'à ce qu*il fût instruit plus à fond de cette affaire. Cette lettre fut écrite de Carthage, par les évoques qui s'y trouvèrent, ou qu'Aurélius y put assembler promptement; mais, vers le mois de novembre M7, il se tint un concile de deux cent quatorze évèques. On y fit des décrets sur la foi, que Rome, tout le monde et les empereurs suivirent ensuite, et dont ie ooncile suivant composa les huit articles fameux contre les pélagiéns. A la tète de ces «lécrets, ils mirent une seconde lettre au Pape Zozime, où ils lui parlaient ainsi : « Nous avons ordonné que la sentence donnée par le vénérable Innocent, contre Pelage cl Célestius, subsiste jusqu'à ce qu'ils confessent nettement que la grftce de Jésus- Christ nous aide non-seulement pour con» iiatlre, mais encore pour faire la justice tlaos chaque action : en sorte que sans elle uous ne pouvons rien avoir, penser, dire ou faire, qui aimartienne à la vraie piété, v Ils ajoutent qu il ne suflisaii pas, pour les personnes moins éclairées, que Célestius eût «Jity en général, qu'il s'accordait aux lettres il*lnnocent, mais qu'il devait anathématiser clairement ce qu'il avait mis de mauvais daos son écrit, de peur que plusieurs no crussent que le Siège apostolique eût apl>ruuTé ses erreurs, plutôt que de croire quMI s'en fût corrigé. Les évèques d'Afrique rappelaient aussi au Pape Zozime le jugement du Pape Innocent sur le concile de Diospolis, lui découvraient Tartifice de la confession de foi envoyée à Rome par Féla^c, et réfutaient toutes les chicanes des hérétiques. Et comme Zozime les avait re- |)ris d'avoir cru légèrement aux acciisateurs de Célestius, ils montraient, de leur côté, i|ii^il s*était un peu hâté de croire à ses frarolcs. Enfln ils expliquaient au Pape tout ce qui s'était passé chez eux dans cette occasion, et lui envoyaient les actes qui en Avaient été dressés, soit dans la présence de Cél^stius^ soit en son absence. Cette lettre fut portée par Marcellin, sous-diacre de I *lSglise do Carthage.

Il se chargea aussi d'un écrit du diarre

Paulin, le même qui avait accusé Célestius

Il M2, et qui était encore h Carthage. Il

avait été sommé de la part duPape» le 2 novembre, de se présenter à Rome au jugement du Saint-Siége, qu'on l'accusait d avoir voulu fuir; mais il s'excusa en disant : < Célestius a abandonné l'appel au'il avait interjeté en U2. Je n'ai plus d'intérAt particulier dans cette affaire, qui est devenue celle de toute l'Eglise. Célestius est asse2 convaincu, puisque le Pape Zozime l'ayant pressé de condamner ce que je lui avais reproché à Carthage, il l'a toujours refusé. » Cet écrit de Paulin est dalé du 8 novembre bi7. Le Pape Zozime accorda aux évèques d'Afrique de laisser toutes ces choses dans le même étal, comme il paraît par sa lettre du 12 mars ^18, qui fut reçue à Carthage le 29 avril. L'empereur Honorius, ayant reçu les Actes du concile de Carthage, donna un rescrit contre les pélagiéns, qut marque les deux premiers articles de leurs erreurs : c qu'Adam avait été créé et destiné è la mort, et qu'il n'avait point transmis de péché h sa postérité. > Puis il ordonne, premièrement, que Célestius et Pelage soient chassés de Rome : ce qui doit s entendre s'ils s'y trouvaient; car Pelage était encore en Palestine. Ensuite, que quiconque connaîtra leurs sectateurs les dénonce aux magistrats, et que les coupables soient envoyés en exil. Ce rescrit, donné à Ravenne le 30 avril ^18, fut adressé à Pallade, préfet du prétoire d'Italie, qui, en conséquence, rendit son ordonnance, conjointement avec Monaxius, préfet du prétoire d'Orient, et Agricola, préfet des Gaules; ils ordonnent que tous ceux qui seront convaincus de cette erreur seront bannis à perpétuité, avec confiscation de leurs biens.

Cependant les évèques de toute l'Afrique s'assemblèrent à Carthage, en concile plénier, au nombre de plus de deux cents t de la province de Byzacène,de celle de Tripoli, de la Numidie, de la Mauritanie, de Sititi, de la Césarienne; il y eh eut même d'Espagne. Aurélius de Carthage et Donatien de Téiepse, primat de la Byzacène, présidaient au concile, qui fut tenu dans là salle secrète de la basilique de Fauste, le 1" mai 418. Avao^ le décret de oe concile, du moins avant que la nouvelle on fût portée à Rome, lo Pape Zozime avait déjà reconnu qu'on l'avait surpris, et avait condamné authentiquemeiit les pélagiéns. Il voyait le zèle de tous les fldèles de Rome contre les erreurs de Pelage, qu'ils ne pouvaient ignorer h cause du long séjour qu il avait fait chez eux, et ils n'ignoraient pas non plus que Céle&tius était son disciple. Ils firent venir à la connaissance du Pape quelques écrits de Pelage, comme ses Commentaires sur saint Paul : du moins est-il certain que le Pape se fonda sur ces Commentaires pour condamner Célestius.

Cependant l'hérésie avait à Rome ses défenseurs, et il y eut une grande division, qui donna prétexte aux pélagiéns d'accuser de sédition les catholiques; et Constantius,qui, après avoir été sicaire des préfets du prétoire, s'était retiré pour servir Dieu, souflrit de leur part une si grande persécalion»

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DICTIONNAIRK

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qu'elle Va fait mettre au nombre des confesseurs.

Les choses étant h Rome dans cet étal, te Pape Zozime résolut^ suivant Tavis que lui avaient donné les évèques d'Afrique, d'examiner encore Céiestius, et de tirer .enfin de sa bouche une réponse précise, afin que Ton ne doutftt plus qu'il avait renoncé à ses erreurs, ou qu'il devait passer pour imposteur; mais Célestius n'osa se présenter a cet examen, et s'enfuit de Rome. Alors le Pape Zozime, n'ayant plus rien oui le retint, donna sa sentence, par laquelle il confirma les décrets du concile d'Airique de 417; et, conformément au jugement du Papa Inno* cent, son prédécesseur, il condamna de nouveau Pelage et Célestius, les réduisant au rang des pénitents, s'ils abjuraient leurs erreurs; sinon, les excommuniant. Le Pape Zozime écrivit aux évèques d'Afrique en

rarliculier, et en général a tous les évèques. I y expliquait les erreurs dont Célestius avait été accusé par Paulin, rapportait plusieurs passages du Commentaire de Pelage sur saint Paul, et n'omettait rien de ce qui regardait Pelage et Célestius. Il y établissait solidement le péché originel, et condamnait Pelage de ce qu'il donnait aux enfants morts sanà baptême un lieu de repos et de bonheur hors le royaume des cieux. Il y enseignait qu'il n'y a aucun temps où nous n'ayons besoin du secours de Dieu , et que dans toutes nos actions, nos pensées, nos mouvements , nous devons tout attendre de son assistance, et non des forces de la nature. Celte lettre du Pape Zozime fut envoyée aux évèques d'Egypte et d'Orient, à Jérusalem, à Constanlinople, è Thessalouique, enfin à toutes les Eglises du monde; et tous les évèques catholiques y souscrivirent, suivant l'ordre du Pape, particulièrement ceux dltalie.

Tout le clergé de Rome suivit ce jugement, même ceux que les pélagiens prétendaient leur être favorables, surtout le prêtre Sixte, dont ils se vantaient comme de leur principal défenseur. 11 fut le premier à prononcer anathème contra eux devcint un trèsgrand nombre de peuple, et eut grand soin d'en écrire à ceux auprès desquels les pélagiens se Yanlaient de son amitié. Non content de se déclarer lui-même, il commença à presser les hérétiques, par la terreur des lots impériales, de renoncer è leurs erreurs. C'est ce prêtre Sixte qui fut Pape quatorze ans après. Il accompagna la lettre du Pape Zozime, sur la condamnation de Pelage, d'une lettre à Aurélius de Carthage, dont il chargea l'acolyte Léon, que l'on croit être le môme qui fut Pape vingt-deux ans après.- Sixte écrivit aussi à saint Augustin, par le prêtre Firmus.

Le$ évèques qui ne voulurbnl pas souscrire à la condamnation des pélagiens furent déposés par les jugements ecclésiastiques et chassés d'Italie, suivant les lois impériales. Plusieurs renoncèrent à l'erreur, vinrent se soumettre au Saint^^Siége et rentrèrent dans leurs Eglises. Il y en eut dix-huit qui

demeurèrent obstinés, dont le plus fameux était Julien, évêque d'Eclane. On les interpella de condamner avec toute l'Eglise Pelage et Célestius, et de souscrire à la lettre du Pape Zozime. Ils le refusèrent. Nous avons encore une confession de foi par laquelle ils prétendirent se justifier; elle est assez semblable à celles de Pelage et de Célestius. Ils reconnaissent que les enbnts ont besoin de baptême; mais ils nient lo

f>éché originel, lis demandent au Pape qu*il eur écrive s'ils doivent croire autrement; mais ils déclarent gue si, sans les convaincre, on veut exciter du scandale, ils en appellent à un concile général. Us disent que ceux qu'on accuse de tenir des erreurs condamnées les ont condamnées eux-mêmes par écrit. Ils prient le Pape de ne pas trouver mauvais s'ils ne peuvent condamner ces personnes en leur absence, et sans les entendre, et emploient les mêmes autorités dont le Pape Zozime se servait d'abord contre les évèques d^Afrique, comme pour lui reprocher son changement. Zozime n'eut

1)qint d'égard à cette confession de foi, et ne aissa pas de condamner Julien et ses complices. Julien écrivit encore une lettre au Pape Zozime, où il condamnait en apparence quelques erreurs de Célestius, qu il ne laissa pas de soutenir depuis. Avant que cette lettre vtnl entre les mains du Pape, quelques disciples de Julien lavaient portée par toute l'Italie, et la montraient comme un ouvrage admirable.

Urbain, évêque de Sicque, dans la Mauritanie césarienne, et ami de saint Augustin, avait excommunié le prêtre Apiarius, comme mal ordonné et chargé de plusieurs crimes inf&mes, dont il était accusé par les habitants de Tabraque. Apiarius se pourvut à Rome devant le Pape Zozime, qui envoya en Afrique trois lé^^ats, Faustin , évêque de Potenliue dans le Picenum, Philippe et Asellus, prêtres. Quand ils lurent arrivés h Cartilage, les évèques assemblés avec Aurélius leur demandèrent do quoi le Pape les avait chargés ; et non contents qu'ils expliquassent leur commission de vive voix, ils le prièrent de faire lire l'instruction qu'ils avaient par écrit. On la lut, et on trouva qu'elle contenait quatre chefs. Le premier, sur les appellations des évèques au Pape; le second, contre les voyages importuns à la cour; le troisième , de traiter les causes des prêtres et des diacres devant les évèques voisins, en cas que leur évêque les eût excommuniés mal à propos; la quatrième, d'excommunier l'évèciue Urbain, ou même de le citera Rome, s il ne corrigeait ce qui semblait être à corriger.

Le Pape Zozime mourut le 26 décembre de la même année 418rayant tenu le Saint-Siège un an et neuf mois. On dit qu'il ordonna que les diacres porteraient des pâlies ou serviettes de lin sur le bras gauche, d'où est venu le manipule; et qui! permit de bénir le cierge uascal dans les |iaroisses. On le faisait déjà dans les principales fglises, comme on le voit par l'hymne de Prudence sur ce

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sujet. H défendit aussi que Ton donnât à boire aux clercs en pubiiCi mais seulement dans les maisons des fidèles, principalement des clercs. I! fit une.ordination au mois de décembre 9 où il ordonna dix prfilres , trois

diacres et iiuit évoques en divers lieux. Il fut longtemps et gravement malade, et on le crut mort plusieurs fois. On l'enterra sur le chemin de Tibur, près le corps de saint Lau* rent.

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