‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 108 sur 123 · TI · texte numérisé non relu

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y célèbre la Messe, quûiqu*on n'y ait pas jeté de l'eau bénite, et que Tordre des prières est touiours le même. On voit par cette fettre que 1 eau bénite était déjà usitée. Peu après Tbéodebert, roi des Francs, ayant envoyé des troupes en Italie, à Toccasion de la guerre entre les Romains ellesGoths, fit consulter Je Pape Vigile par Moderic, son ambassadeur, pour savoir quelle devait être la pénitence de celui qui avait épousé la femme de son frère. Le Pape, outre la réponse qu'il fit au roi , écrivit À saint Césaire d'Arles , qui était dans ses Etats , de s^informer de la nature du fait et de la disposition du pénitent, pour instruire le roi du temps nécessaire à une telle pénitence et le prier d'empêcher de tels désordres à l'avenir. M raison de renvoyer cette affaire à saint Césaire est remarouable : On doil^ dit le Pape, commettre aux evéques présents la mesure de la pénitence , afin que ton puisse aussi accor^ der rindulgence^ selon la componction du pénitent. Cette lettre est du 3 mars 538. Saint Césaire étant mort eut pour successeur Auxanius, qui, après son ordination, envoya è Rome le prêtre Jean et le diacre Térède, pour en faire part au Pape Vigile, lui demandant en même temps le palTium. Le Pape, dans sa réponse datée du 18 octobre 5b3, dità Auxaniusqu'il le faisait son vicaire dans les Gaules et lui donnait pouvoir d'examiner et terminer les différends des évêques, en se faisani assister d'autres évêques en nombre suiTisant , k la charge toutefois de renvoyer au Saint-Siège les questions de foi et les causes majeures. Il lui accorde l'usage du pallium, comme le Pape Symmaque I avait accordé à son prédécesseur. 11 écrivit en même temps aux évêques de Gaule, les exhortant à reconnaître Auianius pour son vicaire et h lui obéir. Ces lettres sont du 2 mai 5U. Auxanius mourut peu après, et le Pape Vigile, par dei^x lettres datées du 23 août 546, 1 une aux évêques de Gaule et l'autre k son successeur Aurélien, ac/corde à ce dernier le même pouvoir aux mêmes conditions.

L'Italie fut livrée aux horreurs de la guerre pendant toute la durée du pontificat de Vigile , c'est-à-dire pendant plus de dix-huit ans , et l'Eglise troublée par des disputes au sujet des trois chapitres. C'était le nom qu'on avait donné k trois sortes d'écrits : savoir, 1* ceux de. Théodore de Mopsueste ; 2" la lettre d'Ibas, évêque d'Edesse» k Maris Persan; 3* l'ouvrage de Théodoret contre les douze anathèmes de saint Cyrille. Un grand nombre de moines demandaient la condamnation de ces trois pièces, comme contenant les erreurs d'Orîgène. L'empereur Justinien « séduit par Théodore de Cappadoce, et sollicité par les acéphales, donna un édit intitulé : Confession de foi f portant condamnation des trois chapitres; car ce prince, naturellement vain Dt léger, s'arrogeait de décider sur la doctrine, au lieu d^n laisser le jugement k l'autorité ecclésiastique.

Cet édit causadegrandstroubieSiparce qu'on obligeait tous les évêques d*y souscrire. On

récompensait libéralement ceux qui approuvaient la condamnation des trois chapitres. On déposait et on envoyait en exil ceux qui la refusaient : car ces derniers craignaient par Ik de donner atteinte au concile de Chaicédoine. Plusieurs s'enfuirent et se cachèrent. Le Pape Vigile eut ordre de Teropereur do venir a Constantinople, mais il n'varrivaque l'année suivante , ayant demeure longtemps en Sicile. Justinien le reçut avec beaucoup d'honneur; cependant le Pape suspendit pour quatre mois de sa communion Mennas, patriarche de Constantinople, parce qu'il avait souscrit la condamnation des trois chapitres. Il publia aussi. une sentence de condamnation contre ^impératrice Théodora et les acéphales; mais il rabattit ensuite de son zèla et reçut Mennas k sa communion. Cette condescendance ne contenta pas les esprits. On le pressa lui-même de condatnner les trois chapitres, et avec tant de violent, qu'il s'écria publiquement dans une assemblée : Saches Qu'en tenant Vigile captifs vous ne tenez pas Simon Pierre • et que les craintes de Vkomme ne me feront pas trahir les devoirs du Pontife. Cependant il rassembla un concile avec les évêques (]ui lui étaient unis, aii nombre d'environ soixante-dix ; mais,apr^s plusieurs sessions, il clêt le concile, et prie les évêques de donner chacun leur avis par écrit. M donna lui-même le sien, qu'il nomma jugement, judicatum, U y condamna les trois ciiapitres, sans préjudice du concile de Chaicédoine, et k la charge que personne ne parlerait plus de cette question, ni de vive voix, ni par écrit. Vigile crut pouvoir user de c^tte condescendance dans une question de Diit, où la foi n'était point intéressée, Cependant il ne contenta personne par cet écrit. Les ennemis des trois chapiires étaient choqués de la clause, sauf l'autorité du concile de Chalcédoine ; et les défenseurs de ces trois pièces étaient indignés de ce que le Pape les avait condamnés. Ces derniers étaient en

Srand nombre ; car c'étaient tous les évêques 'Afrique, d'illyrie et de Dalmatie , qui , a ce sujet, se séparèrent de la communion du Pape, et ceux d'Afrique, assemblés en concile, l'excommunièrent. Bien plus, Facundus, évêque africain , qui se trouvait k Constantinople, composa, pour.la défense des trois chapitres, son ouvrage qu'il adressa k l'empereur Justinien. C'est le merveilleux qui ait été fait pour ce parti. Il y fait voir que la condamnation des trois chapitres n*est venue que du dépit qu'ont eu les origénistes , ennemis du concile de Chalcédoine, de ce que l'empereur avait condamné Origëne ; il prouve enfin qu'il faut reconnaître deux natures en Jésus-Christ.

Aurélien , évêque d'Arles et successeur de saint Césaire, ayant appris cette condamoation des trois chapitres, en écrivit au PaM Vigile; et le Pape, dans sa réponse, dit qu il n'avait ritn fait contre les décrets de ses pré^ décesseurs« ni contre les quatre conciles. Vous donc , conlinue-l-il, fut ites vicaire dm Saint-Siégct avertissez tous les éi^ques da ih se troubles ni des fausses lettres, ni des fktêsseê

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D«Q9ce(t^«Klr4mUé» il $*enfuil prodani la DMÎtav^c teaueoup de peine ei de périt. Etant sorti de CiOOstaDliaofile, ii se réfugia dans riS^^lJuse de 8«ini-EiipbeiBie de CbAleé«> doine , il y tomba dangereusement malade, et l'empereur lui envoya dire de 'revenir à Goastapiinople dès qu'il serait rétabli; mais Vigile exigea 9 avant tout» qu» Théodore et ceui de son parti Qsseni une entière satis* factiop. Ils lui aUressèreoi dune une profes«sioii de foi où ils déclarent que , pour con^ server Tunilé ecclésiastique» ils reçoivent les quatre conciles généraux de Nicée, de Coustanlinople, d*£phàse elMe Cbalcédoiue , el promettent de suivre inviolablemeni tout ce qui a été décidé du eousentemeut des légats, par lesquels les Papes y ont présidé, chacun eu I^ur temps. Cette profession de foi ayant satisfait le Pape, il retourna àConstantiaople* Il demanda à l'empereur c^ue le concile où ToQ devait examiner raffaire des trois chapitres fût tenu en Italie, et que les évéques a Occident y fussent appelés. Il ne put 1 ob^ tenir, et ion convint seulement que les évoques , tant grecs que latins, qui se trouveraient è Coostantinople , conféreraient en nombre égal sur les trois chapitres.

Malgré cette convention, les Orientaux commencèrent ^ tenir le concile le k mai 553, dans la salle de la eathédrale k Constantinople. Cependant le Pape Vigile, voulant eiiéculer la promesse qu*il avait faite de donner son avis séparémenti dressa un décret que l'on nomma Conêtitutumf pour le distinguer du /udicaluvi. Il est adressé à l'empereur, et commence par les deux professions de foi qui lui avaient été données par Hennas, Ensuite il dit que, comme on ne lui a pas tenu tiarole» pour faire assembler en nombre égal les évoques des deux partis d*Orient et U'Qccidént, et qu'au contraire on Ta pressé de donner sa réponse sur les trois chapitres, il a demandé un délai de Tingt jours, à cause de son indisposition. Mous avons donc, coutinue-»t-il, ecBominé lu acUê des concHes , (es décrets des Papeê nés prédécesseurs 9 et Us autres pièces nécessaires, JVous avons aussi vu un volumSf qui nous a été présenté de votre part, par Bénigne^ évé* que d'HéracUef plein de blasphèmes exécrables el de dogmes contraires à la foi catholique^ que nous avons condamné comme il suit. Il rapporte soixante articles tirés des écrits de Théodore de ÛopsueslQ, mais sans coter les ouvrages; ce sont à peu près les mêmes que les souaote et un premiers qui furent proposés dan$ le concile ; sur chacun de ces ai tîcte9 le Pape en explique le mauvais sens, et le condamne avec anatbème.

Aprèa avoir aiasi rejeté les erreurs atlri-» buées à TbéoJûre, il défend, sous peine d^aaathime, d'en prendre occasion d'injurier les P4re$ et les docteurs de Tfiglise. Et parce que ces articlest ajoute*t«il, portent le notn de Théodore de Mopsueste^ notia avons examiné ce que les Pires ont dit de lui: nous avons tromi que saint Cyrille écrit à Jean d'Antiocke. que le concile d'Ephèse, cendamnom le symbole attribué à Théodore ^ na

point fait mention de lut par discrétion: ce que nous avons vérifé dans le concile même. Sur quoi saint Cyrille ajoute qu'il ne faut point insuiter aux morte. Procïus de Cons» tantinople a parlé de même au sujet de Théo* dorcj et a condamné les erreurs qui lui étaient aUribuéee^ sans le nommer. Nous ne trouvons rien $ion plus da$is le concile de Chalcédoine contre la mémoire de Théodore de Mopsueste^ quoique ce concile fasse mention de la lettre de Jean d^Antioche à Vempereur Tkéodose^ où il dit qu'il ne faut poisit condtmner Théo^ dore apree sa mort.

Ensuite^ nous avons examiné si nos préié* cesseurs ont ordonné quelque chose contre les morts qui n*ont point été condamnés de leur vivant ; noiu avons trouvé des autorités con'* traires de Léon et de Gélase. On a aussi oftservé' la même règle à l égard de Jean et de Flavien^ de ConstantinoplSf qui, bien que chassés de leur vivant, nont point été tenue pour condamnés, Eusèbe rapporte dans son histoire, que Denys d'Alexandrie ne voulut point condamner Népos, bien que millénaire, parce qu'il était mort. Tout cela considéré, nous n osons condamner Théodore de Jlfepsueste, et ne permettons à personne de le con* damner.

Quant aux prétendus écrits de Théodoret, nous nous étonnons que l'on puisse reprocher quelque chose à un évéque qut s'était présenté, il y a plus de cent ans, au jugement du concile de Chalcédoine, et qui y souscrivit sans hésiter, aussi bien qu'aux lettres de saint Léon. Quoi* que Dioscore et les Egyptiens dissent alors quil était hérétique, nos Pères néanmoins, après l'avoir soigneusement examiné, n'exi* gèrent autre chose de lui, sinon qu'il anathé* matisdt Nestorius et sa doctrine : ce qu'il fit tout haut en présence de tout le concile.

Après quoi on ne peut condamner sous son nom des dogmes nestoriens , sans accuser de mensonge ou de dissimulation les Pères de Chalcédoine. Et il ne faut pas croire qu'ils aient ignoré llnjustiee qu'il arait faite à saint Cyrille, en attaquant ses douxe chapitres: mais ils ont suivi Vexemple de saint Cyrille même, qui, pour l'amour de la paix, passa so%$s silence tout ce que les Orientaux avaient écrit contre lui, vu principalement, que Théodoret ayant reconnu les vrais sentiments de saint Cyrille, par ses lettres lues dans le concile de Chalcédoine, loua la doctrine de celui quUl avait faussement soupçonné de se tromper. C'est pourquoi nous défendons, à qui que ce soit, de rien avancer au préjudice de la mémoire de Théodoret; mais, en con^ servant le respect dû à sa personne, nous condamnons tous les écrits qui portent son nom, et qm sont conformes aux erreurs de JSestoriue ou de quielque autre hérétique. Ensuite le Pape Vigile prononce cinc} anathèmes contre tes erreurs que l'on relevait dans les écrits de Théodoret, puis il continue t

Quant è la lettre flhas, nous voyons par les actes du concile de Chalcédoine que, sur la lecture des pièces, et particulièrement de cette lettre, Ibas fut déclaré innocem et ca^

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Nom avons aUendulongtemps avec paiienee^ espérant que^vous rentreriez en vous-même. Nous t9ns avcffis fait avertir deux fois par les évéqmes Jean et Julien , £0 diacre Sapaius, le pnlrice Cethegus^ et par d'autres: mai» vous n'avez point voulu nous écouler. Il faut donc en vemr enfin à la punition canonique ; c\st pourquoi nous vous déclarons^ en gémissant ^ par i autorité de saint Pierre^ aue, pour tous ce» excès, vous êtes privé de l honneur et du ruinisière de diacre , à la charge que , si de noire vivant vous venez à faire pénitence, noue vous accorderons le pardon ; maieaprês notre mort, personne ne pourra^vous rétablir. Nous déposons aussi Jean^ Gérance^ Séverin, tmportunus^ un autre Jean et Deusdedit » et les privons des fonctions de sous-diacres, notaires et défenseurs. Le moine africain Félix^ que Ion dit avoir gouverné le monastère de Gillit , et tous vos complices et adhérente clercs, moines ou laïques, seront compris dans la même con^ damfLOtion, Telle est la sentence da Pape Vigile contre Rusliqtie et Sébastien, qui leur fut envoyée par trois évoques et cinq clercs.

D'un autre côté » Théodore de Césarée et les Orientaux pressaient vivement Vigile de condamner les trois chapitres, sans faire au* cune oienlion du concile de Chalcédoine» et ils ne lui donnaient aucun repos. Ce Pane dit aior» à Tempereur : Que nos frères tes évéques viennent ici de toutes les provinces^ cinq ou mx de chacuete^ et nous réglerons pai^siblement cette affaire; car je ne pourrais ys* mais me résoudre A faire seul^ et sans le con-* sentement de tous, une chose q^si rend douteuse l'autorité du eoncUe de Ghalcédoine , eL çui scandalise mes frères. Ainsi il fil promettre à lemperenr que , sans avoir é^^ard à toui ce qui avait été dit ou écrit touchant hes trois chapitres» on examinerait ce qu*il ftillail faire,.dans un concile, avecles evéques d'Afrique et ceux des autres })rovince8 9 et que,.jusqii'à la décision du concile, personne n'enlrcprendrail rien au sujet des trois chapitres.

En eiéculion de ce projet, l'empereur envoya en Afrique et en lllyrie pour faire ve<* Dir les évéques ; mais aucun do l'itlyrie ne voulait venir au concile. Ainsi le Pane retirai son Judicatum,

Cependant sans avoir égard à>la' surséance accordée jusqu'au concile général , oa- recommença à presser le Pape de condamner les trois cbaf^itres avec les Grecs; et, comme il n en voulait rien faire. Théodore de Césarée fit en sorte que i*édit de la condamnation des trois chapiires fût relu dans le palais en présence de Vigile et de quelques évèques gcecSi Le Pape s'en étant plaint, on Tapaisa

Îar des soumissions apparentes. Ensuite liéodore ût publier et afficher Tédit de Terapereur dans l'église de Constantinople, et en d'autres endroits de la ville. Le Pape et Bacius de Milan demandèrent avec instance que l'empereur fît ôter les copies de Tédit qui avaient été afticbées, et qu'il aUendit, comme on en était convenut.que les évéqucs latins f4i5sent venus ad concile* On n'eut aucun ^gnrd à cette demande, et^

malgré les menaces du Pape et les protestations de Daeius, Théodore, âveejes évèques de son parti , alla eéiéhrer la Metoe <jan&^ l'Eglise où l'édît était affiché /l(u;d^sd^ (h tiques le nom de Zoïle, palriarche d AÎeua. drieiCt mit à sa nlace le nom d'Apoliioaire, intrus dAns ce siège. Alors leFdpç ne voalui plus communiquer avec les Orientaux^ dI môme les voir. L'empereur fut tellemem irrité contre lui et contre DaciusdeMilaD,()ue, pour mettre leur vie en sûreté,ils furentobli* gés de se réfugier dans des églises. Le Papese retira à Saint-Pierre, dans Te palais d^llor-^ miiidas. On voulut l'en tirer de force, et ou envoya, pour cet eifet» le préteur destiné à rechercher les voleurs et les meurtriers. Il entra avec quantité de soldats» les épées nues à la main, les arcs bandés. Le Pape se mit sous Taotel , et embrassa les piliers qui le soutenaient. Le préteur en fureur fit prendre par les cheveux les diacres et les autres clercs, pour les éloigner de l'autel; puis

Kour en arracher le Pape, il le fit tirer par is pieds, par la barbe et par les eheveui. Le Pape tint ferme, eti comme il était grand et puissant,, il rompit quelq<ues piliers de l'autel, en sorte 900 la sainte Table serait tombée sur lui, si les clercs ne l'avaient soutenue. Le peuple, qui était accouru au bruii* et quelques-uns môme des soldats touchés de compassion , commencèrent à crier , et le préteur , craignant la fureur du peuple , lui contraint de se retirer.

Ge fnt après cette violence que le Pape dressa une sentence contre Théodore, oui! loi reprotihe que, depuis qu'il estévéquede Césarée, il n'a pas résidé uii an dans son Eglise , mais qu'il n*a cessé d*eiciter des troubl^'S. par son crédit ; ety après av<oir marqué qn'il l'a séparé de la communion du SaintrSiége , il le pri^e de i'épisco{>at et de la communion de l'Eglise catholiqoo, lui ordonnant de ne plus son^r qu'à laire pénitence. A l'égard de Aennas de Constaulinople et des évéqaes complices de Théodore, il les suspend seulement de la communion, jusqu-à ca qu'ils satisfassent. Il ne voulu pas encore publier cette sentence, pour Joaner le temps k l'empereur de révoquer ce qu'il avait fait. On lui dit ensuite que,s*i) ne voulait recevoir les ferments ou on lui offrait, on le tirerait par force de l'égiise de Saint*Pierre: ce oui l'obligea de donner ua méffloirode cequ il désirait qu'on lui {iromtl. Mais enfin, les ofllciers que rempcreur envoya, ayant mis la formule des serments sur Tautei et sur les Illustres qui environnaient les reliques de Saint-Pierre, le Pape retourna au palais de Piacîdie où il demeurait auparavantv Ces serments furent mal observés, et le Pape reçut encore plusieurs mauvais traitements. Il s'en plaignit aux officiers que l'empereur lui envoyait souvent etk^ somma JMSqu'à troisfois^de vive voix, et par écrit , d*ol)server les serments qu*ils lui avaient faits; mais il était plus maltraité de jour en jour.

Enfin, il saperj^tpcu di3 temps après que le palaisdePlacidie était invironi^^ de gardes.

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BfQaee^t^feKtr^mUâ, il s'enfuil p^odani la n^it(iv9ç beaucoup dd peine ei de péril. JStanl sotHi de Goo8UDliQ4>ple, ii se réfugia d4D8 r^^lise d0 Saini-Eiiphémifi de Chflleë«> doine « il y tomba dangereuuseinent malade, Bi IViopareur lui envoya dire de 'revenir à Coasiaptinople (J^ qu'il sérail rétabli; mais Vigile ^vigea, avant touii que Théodore et ceixt de son parti tUsenI une entière satis* faction. Ils lui adressèreoi dune une profesiaioii de foi où ils déclarent que , pour con^ server Tunité ecclésiastique, ils reçoivent les quatre conciles généraux de Nicée, deCoustentioopie, d'Ephèse eiMe Cbalcédoine , et promettent de suivre invioJablement tout ce qui a été décidé da eousentemeut des légats, par lesquels les Papes y ont présidé, chacun en leur temps. Cette profession de foi ayant satisfait le Pape, il retourna à Gonstantinople. Il demanda à l'empereur que le concile où 1*019 d^evait examiner l*airaire des trois chapitres fOt tenu en Italie, et que les évéques aOceident v fussent appelés. 11 ne put rob-* tenir, et Ion convint seulement que les évoques , tant grecs que latins, qui se trouveraient è Constantinople , oooféreraient en nombre égal sur les trois chapitres.

J^algré cette convention, les Orientaux commencèrent à tenir le concile le 4 mai 5$3, dans la salle de la cathédrale à Cons«* tanlinople. Cependant le Pape Vigile, vou*lant eitécuter la promesse qu'il avait faite d^ donner ^Qn avis séparémenti dressa un décret que Von nommta Conâiitutum^ pour le distinguer du Judien^Mm. Il est adressé k reoipereur, et commence par les deux professions de foi. qui lui avaient été données par Meqqas, Ensuite il dit que» comme on ne lui a pas tenu parole* pour faire assembler en nombre égal les évoques des deux partis d*Orient et U*Occident, et qu'au contraire on Ta pressé de donner sa réponse sur les trois chapitres, il a demandé un délai de vingt jours, à cause de son indisposition. JNous Qvons da»c, continue->t-il, (abominé /e« oc^fs 4es conciles , les décrets des Papes nos prédécesseurs f et les a^^tres pièces nécessaires. Nous avons aussi vu un volume^ qui nous a été présenté de votre part, par Bénigne^ évé* que d^Héraclée, plein de blasphèmes exécrables ei de dogmes contraires à la foi catholique^ que notÂS avo^ns condamné comme il suit. 11 rapporte soixante articles tirés des écrits de Théodore de Ùopsuesta, mais sans coter les ouvrages; ce sont à peu près les mêmes que les souaole et un premiers qui furent proposés dan$ le concile ; sur chacun de ces articles le Pape en explique le mauvais sens, et le condamne avec anathème.

Apréa avoir aiasi rejeté les erreurs atlri-» buées k Théoiore, il défend, sous peine d*aMtMQAe, cl'ei> prendre occasion d'injurier les P^res et les docteurs de TEglise. Et parea qms cei artickis$% ^oiite*t4l, portent le nom. de Théodore de Mopsueste^ nous avons exami^ ce que les Pires ont dit de M: nous avons êromé que saint Cyrille écrU à Jean dàntioeh^ qm te coneiLs d'Ephèse, condamnom le symbole attribué à Théedore^ n'o

point faii meniion de lui par discrétion ; ( que nous avons vérifié dam le concile mêm Sur quoi saint Cyrille ajoute miil ne fax point instUter aux morte, Proctus de Com tantinople a parié de même au sujet de Thét dorCf et a condamné les erreurs qui lui éîaiei atiribuéee^ sans le nommer. Nous ne trouvot rien $ion plus dans le concile de Chatcédoin contre la mémoire de Théodore de Mopsuestt quoique ce concile fasse mention de la lettt de Jean d'Antioche à Vempereur Tkéodosi où il dit qu'il ne faut poisU condamner Théo dore après sa mort.

Ensuite^ nous avons examiné si nos prédé cesseurs ont ordonné quelque chose contre le morts qui n'ont point été condamnés de lew vivant: noiu avons trouvé des autorités contraires de Léon et de Gélase. On a aussi observé' la mime règle à V égard de Jean et di Flavienf de ConstantinoplSf qui^ bien qw chassés de leur vivanty nont point été tenta pour condamnés, Eusèbe rapporte dans soi histoire^ que Denys d Alexandrie ne voulm point condamner NépoSf bien que millénaire^ parce qu'il était mort. Tout cela considéré^ nous nosons condamner Théodore de MapsuestCy et ne permettons à personne de le con^ damner.

Quant aux prétendus écrits de Théodoret^ nous nous étonnons que l'on puisse reprocher quelque chose à un évéque qui s était présenté^ tlya plus de cent ans, au jugement du concile de Chateédoine^ et qui y souscrivit sans hésiter ^ aussi bien qu'aux lettres de saint Léon, Quoi'que Dioscore et les Egyptiens dissent alors quil était hérétique^ nos Pères néanmoins ^ après l'avoir soigneusement examiné^ n'exigèrent autre chose de fut, sinon qu'il anathé^ matisdt Nestorius et sa doctrine : ce quil fit tout haut en présence de tout le concile.

Après quoi on ne peut condamner sous son nom des dogmes nestoriens , sans accuser de mensonge ou de dissimulation les Pères de Chalcédaine, Et il ne faut pas croire qu'ils aient ignoré Vinjustice qu'il avait faite à saint Cyrille^ en attaquant ses douze chapitres: mais ils ont suivi Vexemple de saint Cyrille mémCy qui , pour l'amour de la paix, passa sotis silence tout ce que les Orientaux avaient écrit contre /m', vu principalement^ que Théodoret ayant reconnu les vrais sentiments de saint Cyrille, par ses lettres lues dans le concile de Chalcedoine^ loua la doctrine de celui quUl avait faussement soupçonné de se tromper, C'eet pourquoi nous défendons, à qui que ce soit, de rien avancer au préjudice de la mémoire de Théodoret: mais, en cottservant le respect dû à sa personne, nous condamnons tous les écrits qui portent son nom, et qui sont conformes aux erreurs de Nestorius ou de quelque autre hérétique. Ensuite le Pape Vigile prononce cinc} anathèmes contre les erreurs que Ton relevait dans les écrits de Théodoret, puis il continue :

Quant è la lettre deltas, nous voyons par lee actes du concile èh Chakédome que, sur la lecture des pièces, et particulièrement de cette lettre^ Ibas fut déclaré innocent et ca*

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ikolique. La letîrt même fut déclarée orihodoxe, parce qu'elle embrasée la foi sur laquelle eatnt Cyrille se réconcilia arec Jean aAniioche et let Orientaux. Mais lee Pères du concile n'approuvèrent pas pour cela ce que cette lettre contient d'injurieux à saint Cyrille. Ibas lui-mime le rétracta^ puisquil aéclara nettement au'il recevait la décision du concile dEphèse. il avait rejeté les douze chapitres de saint Cyrille^ parce que, les entendant mal^ il croyait qu'ils étaient la distinction des natures; qtêand il en a compris V explication^ il les a reçus, Dioscore et Eutychès louaient saint Cyrille^ parce qu'en le prenant mal, ils croyaient y trouver leurs hérésies; au con^ trairCf Ibas le blâmait en croyant y voir la même erreur; en cela il était catholique, et e*est pour cela quilfUt déposé au faux concite aEphèse^ et rétaoli au concile de Chalcé^ daine. C'est pourquoi nous ordonnons aue U jugement du concile de Ckaleédoine simeiste à T égard de la lettre d*/6os, comme à F égard de tout le reste. Enrm, pour nionlrer» en général , combien doit être inviolable Taatorité du concile de Chalcédoine, le Pape Vigile rapporte plusieurs < xlraitsdes lettres de saint Léon et de Simplicius ; il révoque même son Judicatum^ en ce (jui conrerne les (rois chapitres. Il conclut en détendant, à

Îui que ce soit, de rien décider de contraire, el est le Constitutum di| Pape Vigile. Seize évèques j souscrivirent avec lui, et trois diacres de r£gli$e romaine. Mais il n*eut aucun effet, quelque sage que paraisse le tempérament que ce Pape y avait pris, de condamner les erreurs en épargnant les per* sonnes.

Cependant les Pères du concile de Gonstanlinople ayant prononcé la condamnation des trois chapitres, le Pape, après bien des hésitations, se rendit enfin à leur avis, et, six mois après, il écrivit une lettre au patriarche Eutychius, où il dit qu'on ne doit point avoir de honte de se rétracter quand Qn reconnaît la vérité • et il apporte Texem* pie de saint Augustin. Il ajoute qu'ayant mieux examiné l'affaire des trois chapitres, il les trouve condamnables. Il rapporte les principales erreurs de Mopsueste, de Théodoret et d'Ibas, et conclut en disant : Nous faisons savoir à toute VBglise catholique que nous condamnons et anathimatisons^ comme tous les autres hérétiques^ Théodore de Map* sueste et ses écrits impies ; les écrits de théo^ doret contre saint Cyrille et contre le concile SEphèse; et pour Théodore et Nestorius, la lettre à Maris Persan , que Fon dit être dlbas. Nous soumettons au même anathime quiconque croira que Von doit défendre ou soutenir les trois chapitres. Nous reconnais-' sons pour nos frères et nos collègues tous ceux qui les ont condamnés^ et nous cassons foar cet écrit tout ce oui a été fait par nous ou par iautres pour la défense des trois chapitres. Cette lettre du Pape Vigile est du 8 décembre 553, et l'original grec en est perdu; mais nous avons en latin une Constitution plus ample, donnée trois mois après. Il y reconnaît, de même que le cinquième con*

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cile général . que la lettre de saint Léon n'a été approuvée, au concile de Chltlcédoiop,

Îiu'après avoir été examinée et troutée conorme aux trois conciles précédents. Vigile, après avoir ainsi satisfait l'empereur Justinien , obtint de lui une grande Consiitution en faveur de l'Italie, portant, enlro autres choses, confirmation de toutes les doniitions faites aux Romains par Athalaric Amaiasonte, et révocation de celle de Tolila. Elle déclare aussi nuls les mariages faits avec les vierges consacrées k Dieu. Vigile eut alors la liberté de retourner à Rome. Etant parti de Constantinople, il fut attaqué, dans son voyage, des violentes douleurs do la pierre, et obligé de s'arrêter à Syracuso en Sicile; il y mourut le 10 janvier 5U, après avoir tenu le Saint-Siège 18 ans et demi. Son corps fut rapporte à Rome et enterré à Saint-Marcel.

« Vigile, > dit le P. Doudn, « trouu dans la papauté tout ce qu'il avait mérité en la recnerchant : beaucoup de maux , très-peu de gloire, et nulle compassion. »

« On a souvent reproché au Pape Vigile, > dit l'abbé Receveur, « ses variations dans l'affaire des trois chapitres ; mais si Ton se reporte aux circonstances où il s'est irouré, on reconnaîtra sans peine que toutes les critiques faites à ce sujet n*ont aucun fondement. Il est certain que les trois chapitres étaient réellement condamnables, et le Pape Vigile n'a jamais soutenu ni encore moinf défini le contraire. Mais ce qu'ils contenaient de répréhensible offrait-il assez de danger pour qu'il fût nécessaire ou expédient de prononcer contre ces écrits une condamna* tion dont s'était abstenu le concile de Chaieédoine, et de flétrir ainsi la mémoire de leurs auteurs, morts dans la communion de l'Eglise? C'était une question d'opportunité qui pouvait recevoir des solutions différentes selon les circonstances. Vigile, appelé à Constanlinople par Justinien, et forcé de partir malgré lui par Bélisaire, ne vit d'abord dans l'affaire des trois chapitres qu'une intrigue insidieuse, imaginée par les acéphales contre le concile de Chalcédoine, et une coupable entreprise sur les droits de l'Eglise par l'autorité temporelle, qui osait décider souverainement des ques* tions graves et délicates sur lesquelles ui les conciles ni le Saint-Siège n'avaient rien prononcé. On conçoit donc que ce motifi assurément bien fondé, dut l'engager à sé^ parer de sa communion les évéques qui avaient eu la faiblesse de souscrire à redit de l'empereur. Mais, bientôt après, voyant l'opiniâtre entêtement de Justinien, Tolssé* quieuse servilité de quelques évdques, et les troubles dont l'Eglise (TOrient était agitée, il crut |K>uvoir remédier au mal en coo* damnant lui-mftme les trois chapitres, arec défense de remuer davantage cette nuestion, et sous la réserve expresse de fautoriiê inviolable du concile de Cbalcédoine, afin d*6ter ainsi aux acéphales tout mojfeo d'abuser de cette condamnation. Toutefois* son jugement plein de sagesse n'eut pat

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Teffet qu'il en espérait. JusUnien et les ecépbales voulaient une condamna;ion pure et ^ipple» sans aucune mention du concile deiCbalcédoine. Le Pape s'y refusa avec une constante fermeté qui déjoua les projets des sectaires, et les Orientaux prirent le parti de reconnaître solennellement Tautorité de ce concile» avant de rien prononcer sur les trois chapitres. D*un autre côté la décision du Pape souleva en Occident de vives et nombreuses, réclamations. Il jugea donc expédient de la retirer, et de faire convoquer un concile où )a question serait examinée par un certain nombre d'évèques de toutes les provinces, et terminée par un jugement commun qui rétablirait la paix et Tunion entre les Eglises. Il persista constamment dans cette détermination, et ce fut la source des persécutions exercées contre lui. Quand ensuite les Orientaux, pressés par Justinien, résolurent de tenir un concile en l'absence des évoques d'Occident, le Pape refusa d'y assister; et craignant qu'une déci* sion trop absolue, telle que la voulait Justinien, ne servit à perpétuer les divisions, il voulut la prévenir par une constitution rédigée avec tant de ménagements qu'elle devait tout à la fois calmer les inquiétudes des Occidentaux relativement au concile de Chalcédoine, et satisfaire les ennemis des trois chapitres. Enfin, quand il vit que la décision du concile de Constantinople était reçue de tout l'Orient et que TopiniAtreté de Justinien ne permettait plus d'eu ei^pérer û révocation, il ne lui resta plus ^d'autre

Krli .à prendre, pour conserver la paix de Sglise et prévenir un schisme déplorable, que de confirmer, p^r son autorité, la décision orthodoxe du concile pour la faire recevoir par les Eglises de l'Occident. »

VITALIEN (Saint), soixante - seizième

Pape et successeur de saint Euoène 1*', fut le contemporain des empereurs Constant 11, Constantin Pogonat, et des rois de France Clovis II , Clotaire III , Théodoric et ChiU péric IL — Saint Vitalien était originaire de Segnia, en Cam|>anie, et fils d'Anastase. 11 fut élu le 30 juillet 657 et il envoya, selon la coutume, des légats à Constantinoplo»

Eour faire part de sou élection h remperenr onstant et au patriarche Pierre. Lempereur les reçut, renouvela les privilèges do l'Eglise, et envoya k Saint-Pierre, par les légats du Pape, un livre des Evangiles» couvert d'or et orné de pierres précieuses d'une grandeur extraordinaire. Le patriarche, dans sa réponse à la lettre du Pape, semblait témoigner une grande union atec lui ; mais sa lettre contenait divers passages des Pères, tronaués exprès pour établir l'unité de volonté et d'opération en Jésu^ Christ. Nous n'avons plus la réponse de Vitalien à la lettre du patriarche. Du reste, les actions de ce Pape sont restées dans une grande obscurité. Il envoya des mission* naires dans la Grande Bretagne, et sacra, en 667, saint Théodore ponr le siège de Caatorbéry. Ce Pontife, aussi savant que pieux, gouverna l'Eglise avec zèle et fermeté. Il tint, en 667, un concile k Rome où Jean, évéque de Lappe, qui avait été condamné par un concile de Tlle de Crète, fut absous. C'est de son temps que commença l'usage des orgues dans les églises. Saint Vitalien mourut le 27 janvier 672, arirès 14 ans et environ 6 mois de pontificat. Il fut enterré à Saint-Pierre, et le Saint-Siège vaqua deux mois et treize jours, après lesquels on élut pour lui succéder Adéodat que plusieurs, en traduisant son nom, appellent Dieu« donné.

ZACHARIE (Saint), quatre-vingt-onzième Pape, fut élu le 28 novembre 741, et tint le Saint-Siége 10 ans 3 mois et 13 jours. — Grec de naissance, Zacharie fut élevé avec uo grand soin dans la piété et les sciences, et, après la mort de Grégoire III, il fut choisi

Kur lui succéder. On avait besoin d'un m me qui eût la prudence et la modération nécessaires pour rétablir les affaires de l'Eglise et de l'Etat en Italie. C'est ce qu'on trouvait dans le prêtre Zacharie, dont on (xmnaissait la venu et la capacité. L'inno- Dencc de sa vie et l'intégrité de ses mœurs étaient accompagnées d'une bonté naturelle (t d'une douceur qui charmaient tout le [uonde : « Homme d'une bonté incomparable, » dit Anastase; « le vrai père du :iergé et de tout le peuple romain ; aussi >roriipc à pardonner que lent à punir ; ne roulant triompher de ses ennemis qu'en les brçant au repentir par la continuité de ses lîenfoUs; et possédant, au souverain degrét *art des eipédients et des ressources» le

talent de s'insinuer dans les esprits, de se faire tout à tous et de gagner, jusqu'à ses plus opiniâtres persécuteurs. »

On était alors dans des circonstances bien tristes. La ville de Rome était dans les alarmes au sujet des Lombards. Luitprand» qui régnait sur ces barbares en Italie, était indisposé contre les Romains. Constantin Copronyme était irrité contre les peuplés d'Italie, et s'était déclaré contre le culte des images. Zacharie, résolu de s'exposer è tout pour le salut'de son peuple, envoya d'abord un nonce, avec des lettres pleines de bonté, au roi Luitprand. Ce prince en fût si touché, qu'il résolut d'acquiescer k tout ce qui serait

Eroposé de sa part. Zacharie profita de ces eureuses dispositions. Il alla lui-même, accompasné des principaux de son clergé, trouver Luitprand è Terni, en Ombrie. Ce roi le reçut avee les plus grands honneurs ; il lit avec lui un traite de paix, et rendit au Saint-Siége les villes qu'il avait prises sur les terres do l'Eglise. Plus tard il envoya

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